Le podcast dédié à la sphère football des français à l’étranger.
Chaque épisode s’ouvre sur les dernières actualités puis vous propose une interview d’un joueur professionnel qui joue dans un championnat étranger. Nous donnons également la parole aux responsables des clubs de supporter installés pour nous expliquer comment ils arrivent à faire vivre leur passion loin de la France.
Animé par Caroline Ettori et Jérémy Michel.
Le FC Expat, c’est le football de nos Français de l’étranger. Dans ce numéro, Anthony Losilla nous accueille en Allemagne. Capitaine du VfL Bochum, notre compatriote nous parle de son arrivée sur l’autre rive du Rhin et de son acclimatation. « Ce n’était pas un pays qui m’attirait » nous confie-t-il.
Anthony Losilla : plus d’une décennie en Bundesliga
Originaire de Firminy, formé à l’AS Saint-Etienne, passé par Cannes, le Paris FC ou encore Laval, 2024 signe la dixième année d’Anthony au sein du VFL Bochum. Le Vonovia Ruhrstadion prend parfois des accents français. Devenu un joueur majeur du onze bleu et blanc de la Ruhr, il éprouve « une certaine fierté » à avoir redonné de l’enthousiasme aux supporters. Le club a ainsi retrouvé l’élite allemande en Bundesliga 1.
Au sein du vestiaire « c’est fou » nous dit-il. On y parle toutes les langues, c’est multiculturel. Pour autant, à Bochum, c’est aussi important d’avoir des joueurs allemands pour la transmission des valeurs du club. L’apprentissage de la langue est important pour s’intégrer. « Quand on veut, on y arrive » affirme notre invité, l’un des plus germanophiles de nos tricolores.
Franz Beckenbauer ou Michel Platini ?
L’actuel numéro 8 des Graue Maus évoque aussi sa reconversion. « Tu commences à être vieux » ose-t-il partager. Mais il nous annonce qu’il va prolonger d’un an son contrat de joueur. La saison 2024 – 2025 se passera donc sur les terrains d’Outre-Rhin. En conclusion, il est quasi impossible de parler du football en Allemagne sans évoquer le nom de Beckenbauer. Alors entre le kaiser et l’idole bleu blanc rouge Michel Platini, de quel côté le cœur d’Anthony balance-t-il ? Réponse en écoutant le podcast.
Les Gones de Montréal
OL Gones World au Canada
Ce numéro du FC expat donne aussi la parole aux amoureux de l’Olympique Lyonnais depuis Montréal. Les Gones, Damien et Joël, nous ouvrent les portes de leur fan-club au Canada. L’OL comme passion à 6000 km du Groupama Stadium.
65.000 Français inscrits au consulat à Montréal
Né en 2015 un soir de Trophée des champions entre l’OL et le PSG, le fan-club mobilise nos compatriotes lors de la diffusion des matchs. Il y a beaucoup de Français à Montréal. Ils sont près de 65.000 à être répertoriés au registre consulaire. Ils seraient près de 120.000 en réalité. Laurent Courtois, ancien lyonnais, nouvellement nommé entraîneur du club de l’Impact Montréal vient de rejoindre cette communauté. Pour autant, « en hiver, quand il fait moins 20 degrés, il faut être motivé pour sortir voir le match dans un bar » déclare Damien.
Damien Meunier (Gones de Montréal)
L’Olympique Lyonnais dorlote ses fan-clubs
Le bar les « Enfants du Rock » est le point de ralliement des Gones dans la ville la plus peuplée du Québec. Les jours de matchs, des concours de pronostics sont organisés. On y gagne de nombreux goodies donnés par la direction de l’Olympique Lyonnais. « Nous sommes régulièrement en contact avec l’OL Gones World » le point de contact des supporters, nous informe Joël. Le club du Rhône attache de l’importance au développement de ces fan-clubs partout dans le monde.
Joel Modrin (Gones de Montréal)
OL et la remontée de l’ASSE en Ligue 1
Ne pas confondre OM et OL. Quand la langue fourche pendant l’interview, attention aux conséquences. Mais toujours dans la bonne humeur. Avec nos fanatiques du club de la capitale des Gaules on parle même du retour parmi l’élite française du rival ancestral, l’AS Saint-Etienne. Les Lyonnais du Québec seraient-ils tombés sur la tête ? Nous vous laissons le soin d’y répondre en écoutant ce numéro du FC Expat.
Ce samedi 10 février 2024 a marqué le passage vers la nouvelle année lunaire, placée sous le signe du Dragon de bois. Pour évoquer avec nous le Nouvel An Chinois et les traditions qui s’y attachent, nous recevons David Attali, fondateur et directeur de la compagnie « The Hong Kong Fixer ». A travers sa société, David aide les marques à transmettre leurs messages en produisant pour elles des contenus cinématographiques. Réalisateur, producteur de films et de vidéos (et donc fixeur), notre invité réside à Hong Kong depuis 28 ans.
Ecoutez le podcast avec David Attali
Au revoir au Lapin d’eau et bienvenue au Dragon de bois
Le Nouvel An Lunaire ou Nouvel An Chinois, également appelé Fête du Printemps ou Fête du Têt au Vietnam a fait ses adieux au Lapin d’eau pour s’inaugurer sous le signe du Dragon de bois. Cette année chinoise 4722 qui a commencé le samedi 10 février, s’achèvera le 28 janvier 2025 pour laisser la place au Serpent de bois.
A ce propos, il est bon de rappeler que l’astrologie chinoise, ou shengxiao (en chinois), correspond à un cycle de douze années, chacune d’elles étant représentée par un animal et un élément. Dans l’ordre, les 12 signes chinois en question sont le Rat, le Buffle, le Tigre, le Lapin, le Dragon, le Serpent, le Cheval, la Chèvre, le Singe, le Coq, le Chien et le Cochon. Les 5 éléments susmentionnés sont quant à eux le Bois, le Feu, la Terre, le Métal et l’Eau.
Au cours de notre entretien, David Attali nous confie que depuis toutes ces années qu’il vit à Hong Kong, il apprécie toujours autant que « la ville se pare de rouge » lors des festivités du Nouvel An. Il nous explique parallèlement qu’à cette occasion, il ne manque jamais d’installer devant sa porte les fameux « couplets de printemps » dont il fait désormais la collection et évoque aussi leur signification (il en possèderait plus de 60). Ceux-ci apporteraient d’ailleurs de nombreuses vertus aux foyers pour l’année à venir.
Durant ce podcast, notre interlocuteur revient aussi sur l’origine du Nouvel An Chinois. Jadis, il y a plus de 4000 ans, « dans un village perdu au fond des montagnes chinoises », un homme âgé aurait repoussé par d’astucieux moyens le monstre Nian qui revenait tous les réveillons du Nouvel An pour attaquer et dévorer les habitants. Les leurres qu’il aurait utilisés pour faire fuir la bête font d’ailleurs écho aux couplets de printemps tant affectionnés par David Attali. La couleur rouge, portée lors de ces mêmes festivités par les Chinois ne serait pas non plus sans lien avec cette histoire. Depuis ces événements, cette tradition s’est perpétuée jusqu’à ce jour et est désormais devenue un moyen important de célébrer la nouvelle année.
Les aliments du Nouvel An chinois
Le fondateur et directeur de la compagnie « The Hong Kong Fixer » nous décrit ensuite le « banquet familial » tenu traditionnellement pour le Nouvel An. En effet, durant ce moment unique, « les familles se retrouvent souvent au restaurant pour un long repas, composé de beaucoup de plats qui généralement ont une connotation phonétique auspicieuse ». Concrètement, chaque aliment compris au menu porterait une signification symbolique. Par exemple, le poisson, élément incontournable de ces festivités, serait un signe de prospérité, la sonorité du mot (Yù, en chinois), se rapprochant du mot abondance. De même, les raviolis chinois amèneraient une grande richesse. Les gâteaux de riz gluant seraient quant à eux synonymes d’un revenu ou d’une position plus élevée.
Le Nouvel An chinois est également marqué par les célèbres enveloppes rouges appelées hongbao ou lai see contenant de l’argent. David Attali précise que leur réception « dépend de qui vous êtes car si vous êtes mariés, si vous êtes plus âgé, si vous êtes le patron, vous allez offrir des lai see, vous allez donner de l’argent dans des enveloppes rouges ». En effet, selon votre état ou votre situation, « vous allez donner aux enfants, aux personnes qui sont mariées avec vous ou aux employés ». L’heure numérique aurait même converti les lai see au digital…
De même, le passage à la nouvelle année s’accompagne aussi d’offrandes aux divinités. Attention, lors de vos dévotions, « il y a tout un protocole » à connaître. Mieux vaut vous renseigner avant en lisant l’almanach chinois pour ne pas prier envers ou contre le mauvais «Taïsui » et « avoir le mauvais œil ». Notre invité nous en dit plus à ce propos et nous parle parallèlement de la journée de « la langue rouge ou langue de feu » durant laquelle il est préférable de ne pas sortir… Découvrez pour quelles raisons…
Pour finir, David Attali qui nous expose que « le nouvel an dure généralement 15 jours et se termine par la fête des lanternes » en profite pour nous exprimer ses vœux en cantonais et en mandarin tout en nous traduisant comment souhaiter fortune et prospérité en Chine.
Caractères chinois/Pinyin/Traduction en français
新年好/Xīnnián hǎo / Bonne année
新年快乐/Xīnnián kuàilè / Joyeux Nouvel an chinois
恭喜发财 / Gōngxǐ fācái/Réussite et prospérité
年年有余 / Niánnián yǒu yú/Revenu excédentaire d’année en année
万事如意 / Wàn shì rú yì/Que tout se déroule selon vos désirs
龙马精神 / Lóng mǎ jīngshén/La vigueur du dragon et du cheval
La coupe d’Afrique des nations va bientôt rendre son verdict. Qui remportera cette prestigieuse compétition ? Tous les favoris de la CAN ne sont pas au rendez-vous du dernier carré. Nous attendions le Maroc, et c’est l’Afrique du Sud qui a émergé.
L’Égypte a cédé devant les léopards de la République démocratique du Congo. Le Cameroun, quintuple vainqueur, n’a pas résisté au Super Eagles du Nigéria. La Côte d’Ivoire, pays hôte du tournoi, est un miraculé du premier tour. C’est une quasi-surprise de la retrouver dans les quatre dernières nations.
4 expatriés Français nous parlent de la CAN
Les supporters s’activent pour soutenir leurs équipes. Certains sont des habitués des tribunes des stades, d’autres un peu moins. Pour savoir quelle place le football occupe dans les Etats du dernier quatuor africain, nous avons interrogé quatre de nos compatriotes qui y vivent, qu’ils soient élus ou cadres au sein de grands groupes français.
Un match amical entre le vainqueur de la CAN et la France?
En questionnant nos compatriotes expatriés, nous avons également voulu savoir si les Français sont mobilisés pour encourager les joueurs. Et si, ce parcours à la coupe d’Afrique des nations, les rendait fiers de leur pays d’adoption. Enfin, nous avons consulté nos ressortissants sur place pour connaître les liens entre le football hexagonal et les clubs locaux. Enfin, pensent-ils l’idée d’organiser un match amical entre le vainqueur de la CAN et la France pertinente ?
Nos expatriés français en Côte d’Ivoire et au Nigeria, les deux pays finalistes de la CAN
Baptiste Heintz, Conseiller des Français de Côte d’Ivoire
Baptiste Heintz est Conseiller des Français de Côte d’Ivoire depuis 2021. Il siège également à l’Assemblée des Français de l’étranger. Dans ce pays, la communauté française est estimée entre 20 000 et 25 000 personnes.
Yann Gilbert, Conseiller des Français du Nigeria
Yann Gilbert est Conseiller des Français du Nigéria depuis 2021. Près de 1.000 de nos compatriotes vivent actuellement dans ce pays.
Nos compatriotes vivant en Afrique du Sud et en République Démocratique du Congo qui s’affrontent pour la 3ème ou 4ème place de la CAN
Alexandre Barrière-Izard, Conseiller des Français d’Afrique du Sud
Thierry De Jaham, Directeur Général du groupe Accor en République Démocratique du Congo
Thierry De Jaham est Directeur Général du groupe Accor en RDC. Il a auparavant exercé une position similaire en Côte d’Ivoire. Thierry est également Conseiller du Commerce Extérieur de la France. Près de 2.300 de nos compatriotes Français vivent en RDC, selon le registre officiel des expatriés.
Baptiste Heintz, Conseiller des Français de Côte d’Ivoire
« Je crois beaucoup dans la diplomatie par le sport. »
Baptiste Heintz
Jérémy Michel : « Le football occupe-t-il une place importante dans la société ivoirienne? »
Baptiste Heintz : « C’est le moins qu’on puisse dire ! On trouve des terrains partout, même improvisés (qu’on appelle par euphémisme un « maracana »), et tout le monde joue, à tout âge, filles et garçons. »
Jérémy Michel :« Les Français de Côte d’Ivoire sont-ils mobilisés pour soutenir les “Eléphants” lors de cette coupe d’Afrique des nations ? »
Baptiste Heintz : « Énormément ; déjà, une très grande majorité des foyers sont binationaux. Donc pour la paix des ménages, il vaut mieux être raccord et patriotique dans le sport. Mais au-delà, toutes les associations françaises, certainement sans exception, relaient les messages d’encouragements et ceux de joie lorsque les éléphants mettent un but. Même l’ambassadeur se prête au jeu avec des vidéos de dribble, de danse et d’exultation… Les Ivoiriens savent que les Français qu’ils accueillent sont à fond avec eux. D’ailleurs, les autres nationalités aussi ; même les nationalités africaines parfois alors que leurs propres équipes nationales jouent ! Mais ça, c’est le karma ou en tout cas le juste retour de l’hospitalité ivoirienne… »
Jérémy Michel : «Ce bon parcours en CAN vous rend-il fier d’habiter en Côte d’Ivoire ?»
Baptiste Heintz : « Je l’étais déjà sans ce beau parcours. Mais il ajoute « de la viande dans la sauce » comme on pourrait dire en Côte d’Ivoire ! »
Jérémy Michel : « Où serez-vous le soir de la finale ? »
Baptiste Heintz : « Je pense au bar du quartier avec les voisins, amis et riverains, comme pour les précédents matchs. »
Jérémy Michel : « Le football français devrait-il développer davantage ses liens avec les clubs en Côte d’Ivoire ? »
Baptiste Heintz : « Je ne m’y connais pas vraiment, mais j’ai l’impression que c’est d’ores et déjà énormément le cas. Beaucoup de joueurs ivoiriens jouent dans les clubs en Europe et particulièrement en France. Certains évoluent même en première division. Dans le sens inverse, nous avons aussi des anciens joueurs français ou professionnels qui viennent parfois appuyer les équipes et centres de formation ici. »
Jérémy Michel :« Pensez-vous que la France devrait proposer d’organiser un match amical contre le vainqueur de la CAN ? »
Baptiste Heintz : « Je crois beaucoup dans la diplomatie universitaire, la diplomatie par la culture et l’art ainsi que la diplomatie par le sport. Elles permettent de partager beaucoup et parfois l’essentiel : le maintien du dialogue pour la connaissance mutuelle et l’amitié entre nos peuples. Donc la France ne devrait pas proposer ce genre de match qu’aux vainqueurs… et pas que dans le foot! »
Yann Gilbert, Conseiller des Français du Nigeria
« La communauté (française) est derrière le Nigeria, souvent plus que les Nigérians eux-mêmes. »
Yann Gilbert
Jérémy Michel : «Le football occupe-t-il une place importante dans la société nigériane?»
Yann Gilbert : « Non pas vraiment. C’est ce qui permet à l’équipe de ne pas subir trop de pression et garder une tête froide »
Jérémy Michel : « Les Français du Nigeria sont-ils mobilisés pour soutenir les “Super Eagles” lors de cette coupe d’Afrique des nations ? »
Yann Gilbert : « Oui. Dans l’ensemble, la communauté est derrière le Nigeria, souvent plus que les Nigérians eux-mêmes. »
Jérémy Michel: «Ce bon parcours en CAN vous rend-il fier d’habiter au Nigeria? »
Yann Gilbert : « C’est surtout une bonne nouvelle pour le pays et le nouveau gouvernement. Cela donne de l’espoir et des bonnes nouvelles au peuple. »
Jérémy Michel : « Où serez-vous le soir de la finale ? »
Yann Gilbert : « A Lagos, dans un club de sport de la ville. »
Jérémy Michel : « Le football français devrait-il développer davantage ses liens avec les clubs au Nigeria ? »
Yann Gilbert : « Tout à fait. Les Espagnols sont déjà bien présents. »
Jérémy Michel : « Pensez-vous que la France devrait proposer d’organiser un match amical contre le vainqueur de la CAN ?
Yann Gilbert : « Oui. Bonne idée. »
Alexandre Barrière-Izard, Conseiller des Français d’Afrique du Sud
« Nous avons de la chance de pouvoir assister à une CAN aussi unique, à l’image de l’Afrique du Sud. »
Alexandre Barrière-Izard
Jérémy Michel : « Le football occupe-t-il une place importante dans la société sud-africaine ? »
Alexandre Barrière-Izard : « Bien sûr. Le sport en général en Afrique du Sud prend une part importante dans la vie des Sud-Africains. En plus, le football c’est un sport unificateur, notamment parce qu’il est très accessible. Il a permis de mettre en avant les townships, notamment Soweto à Johannesburg avec des compétitions qui y ont eu lieu par le passé. C’est aussi la première année que les billets de la CAN peuvent être achetés en ligne et les prix commencent à R155 (environ 7,60 € ou 8,15 $), ce qui reste raisonnable. »
Jérémy Michel : « Les Français d’Afrique du Sud sont-ils mobilisés pour soutenir les « bafanas bafanas » lors de cette coupe d’Afrique des nations ? »
Alexandre Barrière-Izard : « Au début pas vraiment, c’est vrai que l’Afrique du Sud n’avait pas participé à la dernière CAN en 2021. C’est une agréable surprise de les voir aller aussi loin dans la compétition. Je sais que les Français se sont réunis dans des bars pour aller voir l’Afrique du Sud jouer contre le Maroc. Et leur victoire motive. Nous avons de la chance de pouvoir assister à une CAN aussi unique, à l’image de l’Afrique du Sud. »
Jérémy Michel : «Ce bon parcours en CAN vous rend fier d’habiter en Afrique du Sud?»
Alexandre Barrière-Izard : « On est toujours fier d’habiter en Afrique du Sud, mais voir tout l’amour qui peut ressortir dans ces moments sportifs ça rend d’autant plus fier. C’est un des pays les plus inégalitaires et tout comme le rugby, le ballon rond rassemble, il permet d’autant plus les rencontres sans aucun doute ! »
Jérémy Michel : « Où serez-vous le soir de la finale ? »
Alexandre Barrière-Izard : « Avec mes amis Sud-africains, autour d’un moment de partage et là je pense à un braai. Ca aussi, c’est une façon de célébrer qu’on vienne de n’importe où en Afrique du Sud. C’est l’équivalent du barbecue en France, et dans ces moments, on prend le temps de profiter. »
Jérémy Michel : « Le football français devrait-il développer davantage ses liens avec les clubs sud-africains ? »
Alexandre Barrière-Izard : « Ce sont deux pays pour qui le sport occupe une place de choix, c’est tellement unificateur. Il faut prendre exemple pour les événements dans le milieu du rugby. Il y a souvent des rencontres entre Français et Sud-Africains. Je pense sincèrement que l’on a beaucoup à apporter. »
Jérémy Michel : « Pensez-vous que la France devrait proposer d’organiser un match amical contre le vainqueur de la CAN ? »
Alexandre Barrière-Izard : « Absolument, et d’autant plus si c’est l’Afrique du Sud qui gagne. Au-delà du fait que ce soit un partenaire stratégique, c’est surtout un pays leader dans le sport et le football devrait s’inscrire dans cette continuité. »
Thierry De Jaham, Directeur Général du groupe Accor en République Démocratique du Congo
« Je suis très content pour mes amis Congolais. Ils le méritent. »
Thierry de Jaham
Jérémy Michel : « Le football occupe-t-il une place importante dans la société congolaise ? »
Thierry De Jaham : « Oui, très grande, et de façon positive. C’est plus que tout un sport fédérateur, permettant à toutes les composantes de la société de se réunir. De plus, le trajet des Léopards est spectaculaire, et fortement apprécié. »
Jérémy Michel : « Les Français de RDC sont-ils mobilisés pour soutenir les “léopards” lors de cette coupe d’Afrique des nations ? »
Thierry De Jaham : « Je n’en sais rien. Je sors peu en ce moment. Mais j’imagine que oui. » (La République Démocratique du Congo doit actuellement faire face à de violents combats, notamment dans l’Est du pays entre la rébellion du M23 et les forces congolaises).
Jérémy Michel : «Ce bon parcours en CAN vous rend-il fier d’habiter en RDC ?»
Thierry De Jaham : « Je suis très fier du parcours des Léopards, et je suis très content pour mes amis Congolais, ils le méritent. C’est une jeune équipe qui a beaucoup d’avenir. »
Jérémy Michel : « Où serez-vous le soir de la finale ? »
Thierry De Jaham : « Je serai dans l’un des salons organisés par le Pullman Kinshasa à l’occasion de la CAN et de la finale. »
Jérémy Michel : « Pensez-vous que la France devrait proposer d’organiser un match amical contre le vainqueur de la CAN ? »
Thierry De Jaham : « Pourquoi pas. Ca serait une belle initiative. »
Fanny Pigeaud et Ndongo Samba Sylla étudient un pan souvent méconnu de la politique française africaine : les élections. L’ouvrage analyse en détail comment la France utilise et manipule les scrutins dans le seul objectif de maintenir sa domination. Plongée dans les méandres de la Françafrique.
De la colonisation aux élections truquées
Sous la colonisation, l’enjeu était de limiter le poids électoral des autochtones. Consciente ensuite que la question de l’indépendance des pays africains ne pourrait être évitée, « la France aura donc finalement utilisé les élections pour fabriquer, sélectionner une élite dirigeante dotée d’un double profil bien caractéristique : une légitimité populaire souvent douteuse et une posture de dépendance vis-à-vis de l’ancienne métropole ».
Un procédé de fabrication usant de fraude électorale et d’élimination des opposants qui sera repris par les potentats africains avec la complicité de l’ancienne puissance coloniale. Comme le soulignent les auteurs, la mise en place de la 5e République en France a permis d’octroyer au président un pouvoir sur les affaires africaines se révélant sans partage et sans contrôle. Désormais les pays du pré carré connaîtront une « démocratie de basse intensité ». Regards sur la Françafrique.
Regarder l’interview de la journaliste Fanny Pigeaud
Depuis le 06 février, et le déjeuner qui a réuni Emmanuel Macron et Gabriel Attal, la fin de la composition de l’équipe du Premier ministre se fait attendre. Au final, il a fallu plusieurs jours pour découvrir les « heureux élus ». Rappelons que les expatriés étaient depuis la démission d’Olivier Becht, avec Elisabeth Borne, sans titulaire, l’impair a été réparé avec la nomination de Franck Riester comme Ministre délégué aux Français de l’étranger et au Commerce extérieur, à l’Attractivité, et à la Francophonie.
Dans ce nouveau gouvernement, un député des Français de l’étranger, Roland Lescure, élu en Amérique du Nord, a réussi à conserver le portefeuille de l’Industrie qui est en plus élargi.
Franck Riester, ministre des Français de l’étranger
On le savait mais la nouvelle a été confirmée hier après-midi vers 15h, Olivier Becht n’a pas été reconduit. Et pour le remplacer, c’est Franck Riester, fidèle parmi les fidèles, qui a été nommé Ministre délégué aux Français de l’étranger. Un portefeuille qui viendra s’ajouter au Commerce extérieur, à l’Attractivité, et à la Francophonie. Sur son bureau, l’attendent de nombreux dossiers, comme la résidence de replis, le Service civique, le Pass culture, la crise à l’AEFE, la refonte du STAFE et bien d’autres.
Roland Lescure, l’Énergie en plus !
L’idée du retour du portefeuille de l’énergie au ministère de l’Économie et des Finances, dans la configuration qui existait avant le Grenelle de l’environnement de 2007, circulait depuis plusieurs semaines. Finalement, Bruno Le Maire a remporté son bras de fer et c’est Ronan Lescure, déjà Ministre de l’industrie, lors du précédent exercice, qui hérite de ce portefeuille.
À Bercy, on assure que ce changement de périmètre est le résultat d’une réflexion collective, et pas d’un desideratum de Bruno Le Maire. « Il y a eu une concertation entre le ministre de l’Économie et des Finances, le président de la République et le Premier ministre, et il est apparu que cela faisait sens de rapprocher industrie et énergie pour accélérer la réindustrialisation », explique un proche du numéro deux du gouvernement Attal.
Le rattachement de l’énergie au ministère de l’Économie faisait d’ailleurs partie des premières recommandations faites par la Commission d’enquête parlementaire sur la souveraineté énergétique , présidée par le député de Haute-Savoie, Antoine Armand.
Bonjour nous sommes le vendredi 09 février, et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Évidemment, on ouvre cette édition en vous révélant le nom du nouveau ministre des Français, on fera le point sur le député qui représente les expatriés et qui conserve sa place sur le banc des ministres, et on finira sur le nouvel an chinois, c’est demain !
Franck Riester devient ministre des Français de l’étranger
On le savait mais la nouvelle a été confirmée hier après-midi vers 15h, Olivier Becht n’a pas été reconduit. Et pour le remplacer, c’est Franck Riester, fidèle parmi les fidèles, qui a été nommé Ministre délégué aux Français de l’étranger. Un portefeuille qui viendra s’ajouter au Commerce extérieur, à l’Attractivité, et à la Francophonie. Sur son bureau, l’attendent de nombreux dossiers, comme la résidence de replis, le Service civique, le Pass culture, la crise à l’AEFE, la refonte du STAFE et bien d’autres.
Ronan Lescure reste au gouvernement
Le député des Français d’Amérique du Nord, Ronan Lescure, déjà Ministre de l’industrie sous Elisabeht Borne conserve son poste et hérite en plus de l’Energie. L’idée du retour du portefeuille de l’énergie au ministère de l’Économie et des Finances, dans la configuration qui existait avant le Grenelle de l’environnement de 2007, circulait depuis plusieurs semaines. Un signe de confiance de Bruno Le Maire envers notre élu.
Le Nouvel An lunaire ou Nouvel An Chinois (Nongli Xinnian) aussi appelé Fête du Printemps 春节 (Chunjie) ou Fête du Têt au Vietnam est le festival ancestral le plus important pour les communautés asiatiques à travers le monde entier. Cette année c’est demain le 10 février que l’Asie basculera dans l’année du Dragon de bois. Elle vient juste après l’année du Lièvre d’eau et se terminera le 28 janvier 2025 pour laisser la place au Serpent de bois.
C’est tout pour cette semaine à lundi pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger ! Bon week-end à toutes et à tous !
Le jeudi 15 février à 18h30 (heure de Londres) le député Alexandre Holroyd organise une table ronde sur les enjeux et les risques que présentent pour l’Europe les prochaines élections américaines de novembre.
L’Europe toujours exposée
Parce qu’ils sont les premiers partenaires directs des Etats-Unis, les Européens seront les plus exposés si Donald Trump est réélu, comme l’état actuel des sondages le laisse présager. Angela Merkel, son souffre-douleur favori, n’est plus là, mais il n’aura aucun mal à en choisir un autre. Le G7 et les sommets de l’OTAN redeviendront des moments imprévisibles mettant à mal l’institution et déstabilisant l’influence internationale des pays qui en sont membres.
En effet, une victoire républicaine lors du scrutin de novembre, quel que soit le candidat, menace de perturber gravement la politique étroitement alignée de l’Occident à l’égard de l’Ukraine. Les États-Unis sont le principal donateur d’aide militaire et financière à Kyiv, mais ce soutien a été interrompu par les appels de certains au sein du parti républicain à réduire les paiements.
Dans son rapport annuel, le cabinet de conseil en risques politiques, Eurasia Group, estime que le scrutin du 5 novembre « mettra à l’épreuve la démocratie américaine à un niveau que la nation n’a pas connu depuis 150 ans », une référence à la guerre civile américaine.
Si les Européens avaient voulu se préparer à une telle éventualité, ils auraient pu le faire en suivant l’idée française d‘autonomie stratégique. En l’état les pays d’Europe sont extrêmement dépendants des Etats-Unis d’Amérique sur le plan militaire et c’est pourquoi il aurait fallu réfléchir à la meilleure façon de développer des capacités militaires sur le vieux continent, de sorte à compenser l’éventuel départ des troupes américaines. N’oublions que Donald Trump, alors qu’il occupait encore le Bureau ovale, s’était ouvertement interrogé sur la pertinence de l’appartenance des Etats-Unis à l’OTAN.
Ce 15 février, le député des Français du Royaume-Uni et des Etats scandinaves, Alexandre Holroyd, organise à Londres, dans la capitale du pays qui tente de maintenir l’Europe et les USA amarrés, une table ronde avec des experts sur le sujet. Dans le cadre du Queen’s Gate House, 65-67, les spécialistes échangeront, directement, avec les Français du Royaume-Uni autour de discussions nourries.
Ainsi le parlementaire français recevra à cette occasion :
– Benjamin Haddad, député Renaissance, chercheur en relations internationales et auteur de l’ouvrage Paradis Perdu : l’Amérique de Trump et la Fin des Illusions Européennes, éditions Grasset, 2019.
– Sophie Pedder, cheffe du bureau et correspondante économique et politique de The Economist à Paris et anciennement au service Europe à Londres. Cette table ronde sera l’occasion de discuter des enjeux que revêtent les prochaines élections américaines, notamment les conséquences qu’elles vont avoir en Europe.
– Julie Norman, directrice adjointe du Centre on US Politics (CUSP) de UCL et maîtresse de conférences en politique et relations internationales à UCL.
L’Amérique change et la politique étrangère américaine change aussi avec elle
Pour la plupart des États Membres de l’UE, l’alliance européenne avec les États-Unis a longtemps été l’élément central de leur politique étrangère et de sécurité. Toutefois, le tumulte de l’administration Trump et la révolution plus policée de la politique étrangère des premières années du mandat Biden ont démontré une chose : l’ancien monde façonné par l’Amérique – et l’ancien marché qu’elle a conclu avec l’Europe – va peu à peu disparaître.
Pour les Européens, qui restent très dépendants des garanties de sécurité américaines, naviguer dans le monde turbulent de la politique intérieure et étrangère des États-Unis demeure une question existentielle. En conséquence, la crainte de l’arrivée au pouvoir d’un président républicain en 2025 est particulièrement élevée sur le continent.
On continue notre série sur le retour en France en se penchant cette fois sur le retour à l’activité professionnelle en France. Pour certains qui étaient détachés ou en mission, la reprise de poste peut paraître naturelle, quoique ! On le verra. Pour d’autres, il va falloir retrouver un emploi en France en valorisant son expérience à l’étranger ou ses diplômes. Ce qui n’est pas si évident !
Rentrer de détachement ou de mission pour un employeur français
Dans la pratique, les sociétés, qui expatrient leur personnel, incluent une clause dans l’avenant signé avant le départ. Ce document détaille le retour du salarié dans la société d’origine. Généralement, la société prévoit la réintégration du salarié à un poste aux fonctions équivalentes à celui qu’avait le salarié avant son départ de France.
Pourtant, le retour peut être très difficile pour le salarié et sa famille. Le salarié au cours de sa mission est souvent pris en charge dans le pays d’accueil, ce qui lui rend parfois la vie plus facile que dans le pays d’origine. Au cours de sa mission, il ou elle peut bénéficier d’avantages en nature tels que des cours de langue, d’un logement, d’aides à domicile, des frais de scolarité pour les enfants, qu’il ou elle perd au moment de son retour en France.
Ainsi, on le voit, le retour doit donc être minutieusement préparé pour permettre au salarié de se réadapter dans les meilleures conditions. Pour ce faire, il faut réfléchir au poste qu’occupera le salarié à son retour en France, à la zone géographique et le cas échéant l’aider à retrouver un nouveau logement. Notons que certaines entreprises proposent, en plus, une aide au conjoint du salarié pour retrouver un poste lors du retour en France.
La 1re étape sera de mesurer l’éventuel décalage entre votre expérience à l’étranger et l’évolution des profils recherchés en France. Vous pouvez avoir acquis des responsabilités en termes de management à l’étranger, mais ne pas avoir suivi les dernières évolutions techniques. Il y a là un véritable risque de dépassement opérationnel. De même, sur un plan managérial, la gestion des équipes est parfois fort différente. On parle alors d’un dépassement culturel.
Éloignement du siège, développement, création d’activités à l’étranger sont facteurs d’autonomie et de responsabilité. Sur ces points, vous ne retrouverez pas toujours, en France, un poste à la hauteur de celui que vous occupiez. De la même manière, si quelques dépenses courantes étaient prises en charge à l’étranger (éducation, transport, logement) vous pourriez voir baisser votre niveau de vie à votre retour.
Pour vous y préparer au mieux, investiguez votre marché du travail et plus particulièrement prenez connaissance des salaires par fonction. Chaque situation étant bien particulière, la rubrique de France Diplomatie sur le sujet, précise chacun des scénarios possibles. Pensez aussi à vous inscrire à France Travail, le nouveau nom de Pôle emploi. Des associations, comme France Retour Accueil, peuvent vous accompagner aussi dans vos démarches. L’Union des Français de l’étranger (UFE) propose aussi un service d’accompagnement au retour comme l’ADFE-Français du monde.
Aussi il est important de souligner que certains expatriés ont été confrontés, à leur retour, à un choc culturel inversé. Ce décalage n’est pas directement lié à la durée du séjour à l’étranger : 6 mois en Afrique seront plus dépaysants que 2 ans en Belgique. Ce choc se caractérise par une perte des repères, conjuguée à un sentiment d’incompréhension. À cet effet, il est essentiel de prendre en compte les regrets qu’on pourra avoir dans le cadre du retour pour agir au mieux.
Pour autant, l’expérience acquise à l’étranger devrait vous permettre de vous adapter rapidement.
Valoriser votre acquis qu’il soit le fruit d’une expérience professionnelle ou issu de diplômes n’est pas si évident.
Pour ceux qui ont travaillé pendant leur expatriation, il s’agira dans un premier temps de faire le point sur votre expérience à l’étranger afin de la présenter à autrui comme une plus-value pour votre projet professionnel. Autrement dit, expliquez dans quelle mesure ce vécu n’est pas une parenthèse dans votre parcours, mais un véritable choix.
Dans un second temps, il faudra identifier les compétences, les qualités (adaptation, autonomie, ouverture d’esprit, etc.) et les savoir-faire extra-professionnels (organiser un voyage à l’étranger, trouver un job sur place, etc.) que vous avez développés lors de cette expérience. Les compétences interculturelles, personnelles, communicatives et linguistiques acquises pendant votre séjour à l’étranger ne doivent jamais être sous-estimées.
Pour ceux qui ont étudié et obtenu leur diplôme ou pour ceux qui ont transformé leur expérience professionnelle en diplômes locaux, nous vous invitons à consulter l’article dédié « Reconnaissance des diplômes ! La galère pour tous ? ». Vous y découvrirez les différentes possibilités, à noter que les démarches seront facilitées si vous rentrez d’un pays membre de l’UE ou de l’EEE.
Apple connaît un début d’année 2024 difficile. La firme de Cupertino a été contrainte de supprimer des fonctionnalités sur deux modèles de montres intelligentes à la suite d’un litige en matière de brevets. La société américaine est poursuivie par le ministère américain de la Justice pour non-respect de la loi anti-trust. Elle perd des parts de marché en Chine qui représente son deuxième marché pour les smartphones. Plusieurs analystes de Wall Street ne manquent pas de souligner que le cours de l’action Apple est nettement surévalué, rappelant que cette dernière est avant tout un fabriquant de téléphones.
Le 11 janvier, face à l’accumulation de mauvaises nouvelles, Apple a cédé temporairement sa place de première capitalisation mondiale à Microsoft. Elle a un réel besoin de se réinventer pour maintenir son avance sur ses concurrents. Le 2 février, la firme de Tim Cook a lancé la commercialisation de Vision Pro, un casque de réalité augmentée sur lequel elle travaille depuis des années. Ce gadget haut de gamme, vendu 3 499 dollars, représente un pari important permettant de développer une nouvelle « plate-forme » technologique visant à remplacer, à l’avenir, le smartphone comme noyau de l’expérience numérique des consommateurs. Le pari est risqué comme en témoigne l’échec des lunettes connectées lancées il y a quelques années par Google.
Pour le moment, les réactions face au casque d’Apple sont mitigées. Netflix, Spotify et YouTube ont annoncé qu’ils n’adapteraient pas leurs applications de streaming populaires sur le casque jugeant les coûts de développement onéreux au vu du potentiel de diffusion de ce produit.
Apple, une société de plus en plus services
Apple a toujours connu des hauts et des bas depuis sa création même si, depuis 2010, sa capitalisation boursière figure parmi les dix premières mondiales. Longtemps considérée comme un fabricant de matériel informatique, son cours était faiblement attractif car son ratio cours/bénéfice était inférieur à 20. Ce niveau est comparable à celui d’entreprises d’ordinateurs comme HP ou Lenovo qui enregistrent de faibles croissances et des marges réduites. Ce ratio était, dans les années 2010, inférieur à la moyenne des grandes entreprises américaines de l’indice S&P 500.
À la fin des années 2010, la situation a évolué avec la montée en puissance des revenus de l’activité « services ». Apple tire 24 milliards de dollars de revenus de son service d’accès aux applications, App Store. Les recettes publicitaires s’élèvent également à 24 milliards de dollars. Apple Music et Apple TV génèrent par ailleurs des flux financiers de plus en plus importants. Tous les services ont représenté, en 2023, 85 milliards de dollars de chiffres d’affaires contre 24 milliards de dollars en 2016. Ils assurent désormais 10 % du chiffre d’affaires global et sont la deuxième source de revenus, derrière les iPhones (200 milliards de dollars sur un total de 380 milliards de dollars). La marge bénéficiaire brute pour la branche services d’Apple est de 71 %, contre 37 % pour les appareils.
Ces revenus offrent l’avantage d’être récurrents. Au fur et à mesure de la montée en puissance des services dans le chiffre d’affaires, la rentabilité globale d’Apple a également augmenté, passant de 38 % en 2018 à 44 % en 2023. Cette réorientation des activités avec, en parallèle, la montée en gamme des iPhones a permis une augmentation du cours de l’action. Le ratio cours/bénéfice d’Apple a été ainsi porté à 30, au-dessus de la moyenne du S&P 500 et supérieur à celui d’Alphabet (la société mère de Google). Il demeure néanmoins inférieur à celui de Microsoft (38) et d’Amazon (72), deux sociétés qui ont misé, il y a de nombreuses années, sur le service.
Apple doit aujourd’hui faire face à des menaces d’importance variable. En octobre dernier, la Commission du commerce international, une agence fédérale américaine, a statué qu’Apple avait violé le droit des brevets en utilisant un capteur de mesure d’oxygène appartenant à Masimo, un fabricant d’appareils médicaux. Apple a arrêté de vendre les modèles contenant la technologie incriminée. Elle a repris les ventes quelques jours plus tard en ayant réussi à désactiver le capteur litigieux.
Le problème juridique le plus important concerne son activité de services. En mars, l’entrée en vigueur de nouvelles règles européennes obligeront Apple à autoriser l’installation d’applications sur ses appareils sans passer par son App Store. Or, actuellement, elle prélève 30 % sur tous les achats effectués sur son application. Elle pourra difficilement maintenir un tel montant de frais. Apple a intenté une action en justice contre ces règles, preuve qu’elles remettent en cause son activité de services.
Aux États-Unis, l’administration tente de prouver qu’Apple a recours à des pratiques anticoncurrentielles. À cette fin, elle cherche à savoir si la montre intelligente d’Apple fonctionne mieux avec l’iPhone qu’avec d’autres smartphones et pourquoi son service de messagerie n’est pas disponible sur les appareils concurrents. Globalement, 20 milliards de dollars de chiffres d’affaires sont en jeu.
La principale source de vulnérabilité pour Apple réside dans l’évolution de ses ventes de produits physiques. En 2023, Apple a vendu 220 millions d’iPhones, soit à peine plus que les 217 millions vendus en 2017. En 2024, ce chiffre pourrait être plus faible. Depuis plusieurs années, la marque à la pomme a compensé la stagnation de ces ventes par une augmentation des prix mais cette politique a atteint ses limites. La croissance annuelle des revenus est tombée à 2 % au cours des deux dernières années, contre une moyenne de 10 % entre 2012 et 2021.
Plusieurs de ses concurrents tentent de lui prendre des parts de marché dans le haut de gamme en offrant l’accès à des applications d’intelligence artificielle « générative » de type Chaptgpt. Samsung a lancé en début d’année une nouvelle gamme de téléphones intelligents. Ces nouveaux appareils incluent la traduction vocale en temps réel et l’édition photo et vidéo pouvant être exploitées automatiquement sur les réseaux sociaux ou sur les sites web. Les appareils sont en vente huit mois avant les prochains iPhones.
Par ailleurs, Apple communique peu sur les nouvelles technologies en-dehors de ses grandes conférences de presse. Les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis handicapent de plus en plus Apple. La Chine représente, en effet, 17 % de son chiffre d’affaires. Le concurrent chinois, Huawei, a augmenté ses parts de marché de six points environ en 2023. En août dernier, Huawei, ne pouvant plus accéder aux technologies américaines pour des raisons de sécurité nationale, a réussi à lancer son premier appareil 5G contenant des microprocesseurs de dernière génération fabriqués en Chine. Le gouvernement de l’Empire du Milieu incite, de plus en plus, ses habitants à acheter chinois.
Apple reste dépendant, par ailleurs, de la Chine en matière de production. 90 % des iPhones y sont toujours fabriqués. Il en est de même pour la plupart des ordinateurs Mac et des iPads. Apple serait exposé de manière importante en cas de tensions géopolitiques liées à des tentatives d’invasion de Taiwan par le gouvernement de Pékin.
Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche représente également une menace pour Apple. Le candidat à la présidence entend augmenter les droits de douane pouvant donner lieu à des mesures de rétorsion. Le gouvernement chinois prendra-t-il néanmoins le risque d’aller jusqu’à l’interdiction des ventes d’Apple sur son territoire sachant que plus de 3 millions de salariés chinois travaillent pour cette dernière ?
L’intelligence artificielle, porte de salut ?
Apple est confronté à un problème de renouvellement de ses produits qui jusqu’à maintenant ont réussi à concilier technologie de pointe, esthétisme et simplicité d’usage. En recourant aux techniques du secteur du luxe, Apple a un positionnement unique dans le secteur de la haute technologie. Sa place n’en demeure pas moins fragile. Apple a refusé d’innover au niveau de ses ordinateurs en ne les dotant pas d’écran tactile. Sur ce créneau, elle est de plus en plus concurrencée par Microsoft. Apple ne reste pas inactive en matière de recherche technologique.
Des avancées sont attendues en matière d’intelligence artificielle. En octobre dernier, des chercheurs de l’entreprise et de l’Université de Columbia ont publié un modèle d’IA open source appelé Ferret pouvant être intégré à terme sur des smartphones. Au mois de juin prochain, une mise à jour du système d’exploitation d’Apple, devrait inclure des améliorations de l’IA pour Siri, son assistant vocal. Une IA générative devrait être prochainement intégrée dans le moteur de recherche d’Apple afin de concurrencer celui de Microsoft.
Sur le terrain commercial, Apple entend se développer dans les pays émergents et en développement en-dehors de la Chine. Même si ses positions sont fragiles, Apple fait toujours rêver les consommateurs comme les investisseurs. Microsoft qui est la deuxième capitalisation mondiale a opté pour un développement axé essentiellement sur les services avec des revenus récurrents. Son succès avec Chaptgpt a favorisé l’augmentation du cours de son action. Ses ordinateurs sont certainement plus performants que ceux d’Apple mais ils sont moins tendance.