Bonjour à tous et à toutes, merci d’écouter le flash quotidien des expatriés. Ce mercredi 06 février dans nos titres : La francophonie chez elle sur TV5MONDE – Salon de l’expatriation à Paris – FB en rade et le monde est fébrile
Francophonie et Olympisme
Sur TV5MONDE, pour le mois de la francophonie, les téléspectateurs auront droit à une programmation spéciale : du cinéma avec « Atlantique » de Mati Diop, des séries dont « Baraki » une version belge des « Tuche » ou encore la sixième saison de « Les pays d’en haut », une série québécoise, des documentaires, des rendez-vous jeunesse… « Une programmation riche pour ceux qui aiment le français dans tous ses accents. » Par ailleurs, année olympique oblige, TV5 Monde renforce son offre sportive déjà bien fournie et sera le diffuseur des JO de Paris en Afrique subsaharienne. La chaîne suivra et commentera en direct les athlètes et équipes africaines. Rappelons que le français est la première langue officielle des JO, son utilisation est obligatoire et ce quel que soit le pays où ils se déroulent.
Le salon de l’expatriation à Paris, c’est aujourd’hui
Des proches veulent s’expatrier ? Aujourd’hui, à la Cité Internationale Universitaire de Paris, tous les acteurs nécessaires à l’organisation du départ des Français de l’hexagone, sont réunis. Ainsi au fil des heures, de nombreuses conférences ponctuent la journée avec des thèmes concrets comme « comment sont imposées vos pensions de retraite ? ». France Travail, le nouveau Pôle Emploi, tiendra des rendez-vous réguliers dans son kiosque à jobs. Avec les experts « France Travail », il est ainsi possible de découvrir les opportunités de travail dans les pays francophones limitrophes de la France mais pas que…
1h de panne pour Facebook
Ce mardi 5 mars 2024, il n’était plus possible d’accéder aux différentes plateformes de Meta, notamment Facebook et Instagram, mais aussi Threads et Messenger, le réseau social lancé l’été dernier en réponse à X (anciennement Twitter). Si la panne a duré moins d’une heure, la panique a envahi le net. Pour les expatriés, ces nouveaux outils sont cruciaux, ils ont modifié en profondeur les liens familiaux et amicaux qui étaient dans le passé souvent distendus au plus le nombre de kilomètres était important.
C’est sur cette touche plus légère, quoi que, que nous concluons ce bulletin des Français de l’étranger. Bon mercredi où que vous soyez ! Et à demain
A la tête de la chaîne internationale TV5 Monde et de la Fondation des Alliances Françaises, Yves Bigot revient sur la place de la langue française dans le monde. Ce fervent défenseur des cultures francophones évoque les enjeux et les défis des prochaines années. Dans cette interview, il souligne également les forces et l’enthousiasme qui participent au rayonnement du français sur tous les continents.
Ecouter le podcast avec Yves Bigot
Aux Etats-Unis, le français est un atout
Le constat est implacable et la tendance inexorable. L’anglais est désormais lingua franca incontournable dans la sphère économique autant que dans les organisations internationales, au sein des institutions européennes, et même au Comité International Olympique au détriment du français. Et c’est précisément parce qu’Yves Bigot peut passer d’une langue à l’autre qu’il a choisi de s’engager en faveur du français.
Pourtant, la langue de Molière ne semble jamais s’être si bien portée. Selon l’Organisation Internationale de la Francophonie, en 2022, 321 millions de personnes étaient capables de s’exprimer en français dont 255 millions de locuteurs quotidiens. Un élan porté selon Yves Bigot par la démographie africaine mais également par un engouement plus inattendu aux Etats-Unis ou en Chine où le français est un « plus » pour obtenir un travail ou décrocher un marché notamment en Afrique francophone.
Mars, mois de la francophonie
Plus qu’un observateur privilégié de ce mouvement, Yves Bigot en est l’un des acteurs. Avec l’ensemble des équipes de TV5 Monde qui fêtera son 40eme anniversaire cette année, il vit la francophonie au quotidien. D’où un certain « casse-tête » quand arrive le mois de mars, officiellement mois de la francophonie. « Que peut-on faire de plus ? On essaie que ce mois de mars soit encore plus francophone que les 11 autres mois. » D’autant plus que 2024 sera particulièrement dense. Mars marque en effet le lancement d’une série d’événements en version française, des JO de Paris cet été au sommet des chefs d’Etat francophones en octobre prochain voulu ardemment par le président de la République, Emmanuel Macron.
Une programmation riche pour ceux qui aiment le français dans tous ses accents
Ainsi, les téléspectateurs auront droit à une programmation spéciale : du cinéma avec « Atlantique » de Mati Diop, des séries dont « Baraki » une version belge des « Tuche » ou encore la sixième saison de « Les pays d’en haut », une série québécoise, des documentaires, des rendez-vous jeunesse… « Une programmation riche pour ceux qui aiment le français dans tous ses accents. » Par ailleurs, année olympique oblige, TV5 Monde renforce son offre sportive déjà bien fournie et sera le diffuseur des JO de Paris en Afrique subsaharienne. La chaîne suivra et commentera en direct les athlètes et équipes africaines.
La francophonie sur TV5 Monde passe aussi par le numérique. Plus de 2 millions de connexions chaque mois, des primo-apprenants aux universitaires sont comptabilisées sur la plateforme TV5 Monde Plus pour apprendre le français. Le site et maintenant l’application sont entièrement libres d’accès et gratuits.
Un désir de France
Et ce bouillonnement culturel ne s’arrête pas à la sphère médiatique. Yves Bigot le ressent plus encore au sein des Alliances Françaises, ces associations locales dont les membres « décident qu’ils aiment le français et s’investissent très souvent bénévolement » pour son rayonnement. « En Colombie, en Chine, au Mexique, en Inde (…) Ce désir de France existe. »
Un désir qui oblige. Dans les prochaines années, le plus grand défi que les acteurs de la francophonie devront relever sera de maintenir ce lien entre la culture et la population « au-delà des polémiques politiques et plus encore de la présence militaire française en Afrique qui n’est plus admise aujourd’hui par les jeunes générations ». Surmonter les dissensions pour fortifier « la francophonie des peuples, la francophonie des êtres ».
C’est du 16 au 18 Mai 2024 que se dérouleront à New-York les prochaines Rencontres des auteurs francophones. 25 auteurs venus de trois continents sont attendus pour ces trois jours de débats et d’échanges autour de la figure de Romain Gary, dont on célébrera cette année le centenaire de la naissance.
L’écrivain diplomate, gaulliste fervent, exerça de 1956 à 1960 comme consul général de France à Los Angeles et représenta dignement notre pays aux Etats-Unis tout en faisant rayonner les Lettres francophones dans la cité du cinéma. Cette référence majeure et singulière de la littérature, seul écrivain double Goncourisé, fait pleinement sens pour cette édition américaine.
Trois journées placées sous le signe du partage
Une conférence sur les destins croisés de Camus et Gary sera animée par Mona Azzam et un livre hommage sera présenté à cette occasion dans les locaux chargés d’histoire du National Arts Club qui fut fondé en 1898 par le poète et critique du New York Times, Charles De Kay.
Benoît Cohen sera cette année l’invité d’honneur. Cet auteur peut s’enorgueillir d’écrire et de vivre à New-York tout en ayant également un lien avec le cinéma comme Romain Gary, puisque son ouvrage « Mohammad, ma mère et moi » (Flammarion) vient de connaître une adaptation à l’écran avec l’iconique Fanny Ardant. Ce récit engagé évoque l’accueil d’un réfugié afghan dans le très bourgeois 7ème arrondissement de Paris et peut être analysé comme une réponse littéraire au Trumpisme xénophobe qui traque les migrantssud-américains.
Rencontres des auteurs francophones
La convivialité sera également au rendez-vous avec des moments musicaux et apéritifs littéraires qui égayeront ces trois journées placées sous le signe du partage. Les rencontres francophones sont avant tout un réseau de plus de trois cent cinquante auteurs nés à l’occasion de la célébration des 50 ans de la Francophonie. Ce réseau organise ses activités autour de cafés et blogs littéraires et participe à l’animation d’évènements en ligne ou en présentiel sur plusieurs continents. Washington, Mons en Belgique, Kuala Lumpur pour ne parler que des plus récents, les évènements se succèdent et la librairie en ligne, la chaîne Youtube, ou les publications collaboratives permettent de valoriser le travail des auteurs. Une maison d’édition fournit un support de publication à des auteurs qui peuvent rencontrer des difficultés à être publiés dans leurs pays d’origine. Dans un contexte littéraire parfois déprimé, les Français lisent moins et transforment leurs habitudes de lecture, un tel réseau de valorisation des auteurs sur plus de 50 pays prend une dimension collective forte et rayonnante.
Les principaux auteurs du réseau : Marc Lévy est devenu Parrain de cœur du réseau et Amanda Sthers, la marraine et Yasmina Khadra le parrain pour l’Algérie. Le réseau compte aussi parmi ses membres André-Comte-Sponville, Jean-Baptiste Andrea (Prix Goncourt 2023), Alexandre Jardin, Line Papin, Monique Proulx, Philippe Vilain, Marek Halter, Olivia Elkaïm, Isabelle Bary, Annie Préaux, Laurent Seksik pour ne citer que les plus connus.
» Le monde littéraire francophone nous offre de véritables pépites «
Nous avons interrogé Sandrine Mehrez Kukurudz, la fondatrice du festival et du réseau d’auteur, sur les enjeux de cette édition New-Yorkaise.
Boris Faure : “Vous êtes la fondatrice d’un réseau francophone qui compte plus de 350 auteurs. Comment peut-on devenir membre de ce réseau et comment valorisez-vous les œuvres de ces auteurs ?”
Sandrine Mehrez Kukurudz :“Il y a aujourd’hui plusieurs cas de figures pour que chacun puisse être un acteur du réseau. Pour les auteurs en maison d’édition (à compte d’éditeur), la demande est acceptée de facto. Si une maison d’édition a retenu un texte, c’est qu’il a un vrai intérêt et nous sommes alors ravis d’accueillir l’auteur. Il y a également 25% d’auteurs auto-édités dans le réseau. Ceux-là soumettent un ouvrage aux comités de lecture. Si l’ouvrage est de qualité, ils deviennent alors membre au même titre que les autres. Enfin, pour les auteurs recalés qui ont cependant des qualités dans leur écriture, ils peuvent devenir Membres pour demain, ce qui leur permet de participer à certains rendez-vous et proposer des textes pour le blog ou les livres collaboratifs par exemple. Le réseau s’appuie sur une plateforme dense, avec une activité quotidienne et autant d’outils de visibilité pour les auteurs : Le blog qui permet de donner la parole aux auteurs avec des textes inédits ou des extraits de livres, des réactions ou des réflexions. Les émissions de la chaîne YouTube dédiée permettent de mettre en avant les auteurs autour d’une thématique avec quelques émissions spéciales également. Les livres collaboratifs édités par la maison d’édition francophone américaine Rencontre des Auteurs Francophones sont un magnifique outil de promotion. Tous les deux mois, un ouvrage célèbre un auteur ou un événement et appelle les auteurs membres du réseau à participer avec un texte inédit.
Ces livres sont diffusés dans le monde entier et offerts à des centaines de personnalités du monde littéraire et culturel, les institutionnels et représentants dans les différents pays du monde où nos ambassadeurs sont présents. Les auteurs bénéficient des campagnes de newsletters au nombre de trois par semaine, dont l’une est dédiée aux nouveautés de la semaine et l’autre aux nouveaux membres. Leur livre sont proposés à la vente dans la librairie en ligne internationale et font l’objet d’une vidéo promue sur les réseaux sociaux. Les auteurs participent aussi aux rendez-vous virtuels comme le forum des auteurs qui permet de partager des informations, des conseils, des problèmes entre auteurs ou le Café Littéraire, moment de partage de coups de cœur entre auteurs et lecteurs. Et bien sûr, les auteurs peuvent participer au Festival des Auteurs Francophones, véritable vitrine du réseau avec une 6e édition en France pour la première fois. Le festival des auteurs francophones est né en 2021 à New York et fêtera le 18 mai sa 3e édition, mais aura posé ses valises le 24 mars pour la première fois en Malaisie et traversera l’Atlantique les 31 mai, 1er et 2 juin prochain. Autant d’outils disponibles tout au long de l’année qui permettent aussi la connexion entre les auteurs. Aujourd’hui, le réseau est une vraie famille. On dîne ensemble, on se retrouve sur les événements et lors d’activités en marge des Festivals ou salons, on se lit et on s’écrit…”
Boris Faure : “Pour l’édition New-yorkaise du printemps, Romain Gary sera mis à l’honneur. C’était un personnage fascinant autant qu’un écrivain. La France possède-t-elle encore des figures aussi rayonnantes parmi ses écrivains ?”
Sandrine Mehrez Kukurudz : “Vaste question ! Oui la France a de vrais talents et des auteurs qui se lisent avec bonheur. Et nous avons l’honneur d’en avoir certains comme membres d’honneur du réseau. Personnellement, quand je découvre un auteur et que j’ai un coup de cœur, je commande dans la foulée tous ses livres. Après on parle d’auteurs français, mais le monde littéraire francophone nous offre de véritables pépites littéraires. La littérature actuelle offre une variété d’écriture vaste. Elle permet de satisfaire chacun. Ce que l ‘un encense va être décrié par l’autre. Question de goût et d’affinité. Personnellement il est des écritures fortement reconnues que je suis incapable de lire et d’apprécier. Et heureusement que chacun diverge dans ses goûts littéraires.”
Rencontres des auteurs francophones
Boris Faure : “Quelles littératures francophones valorisez-vous en particulier ? Y a-t-il des pays qui vous semblent particulièrement prometteurs ou sous-exposés aujourd’hui sur le marché littéraire francophone ?”
Sandrine Mehrez Kukurudz :“Tous les livres en français ont un intérêt pour les lecteurs auxquels nous nous adressons. De ce fait, il n’y a pas que de la fiction dans la librairie en ligne. On y trouve même de beaux livres d’art, des livres de cuisine originaux, des ouvrages sociétaux… Cette diversité me paraît essentielle. Après, il y a des genres sous représentés par rapport à leur impact sur les ventes de livres : J’ai très très peu de romance et de fantaisie. Certainement parce que le comité et moi-même ne sommes pas très sensibles à ces genres. Mais il n’empêche que nous sommes ravis d’en présenter quand le texte est bon.
L’Afrique est sous-représentée. Parce qu’il est compliqué pour l’Afrique d’exporter ses livres et d’être présente en France notamment. L’Algérie par exemple regorge de talents mais ils restent bloqués dans les frontières du pays, à part quelques grands noms qui sont édités en France. Un phénomène étendu à l’ensemble du continent. Après, il y a des talents dans chaque pays du globe mais il reste compliqué pour un auteur non-français de se faire éditer dans les maisons françaises et d’être visible sur le marché, même si de mon point de vue les choses changent. C’est là que le réseau intervient. Avec sa dizaine d’antennes et d’ambassadeurs dans le monde, les auteurs sont visibles à l’international. Avec les Festivals, ils vont à la rencontre de nouveaux publics. Vous vous rendez compte de l’aventure d’un auteur africain ou même français de participer à la plus grande réunion littéraire francophone aux États-Unis, dans un lieu exceptionnel et iconique au cœur de Manhattan ? C’est cette magie qui fait que ce réseau est unique, soutenu par des bénévoles impliqués dans le monde. Le réseau a mille missions dont la première est de faire connaître les auteurs ! Et c’est avec cette belle mission de cœur que je commence mes journées, 7 jours sur 7 et presque 24 heures sur 24 avec des auteurs venant de 4 continents sur des fuseaux horaires différents des miens. Il y a encore mille choses à faire d’où l’idée de chercher aujourd’hui des investisseurs pour démultiplier notre influence et notre action dans le monde.”
En 2023, le salon « S’expatrier mode d’emploi » faisait son retour en présentiel. Cette année, il se déroulera, une fois de plus, à la Cité Internationale Universitaire de Paris le mercredi 6 mars.
Aussi, notons qu’afin de faciliter l’accès aux informations, une partie des conférences qui s’y tiendront seront aussi diffusées en direct et en replay.
Salon « S’expatrier mode d’emploi »
Retraite, succession, Immobilier, etc.
Le salon « S’expatrier mode d’emploi » est une véritable institution pour tous les candidats à l’expatriation. Dans un seul lieu, tous les acteurs nécessaires à l’organisation du départ des Français de l’hexagone, sont réunis. Ainsi au fil des heures, de nombreuses conférences ponctuent la journée avec des thèmes concrets comme « comment sont imposées vos pensions de retraite ? ».
France Travail, le nouveau Pôle Emploi, tiendra des rendez-vous réguliers dans son kiosque à jobs. Avec les experts « France Travail », il est ainsi possible de découvrir les opportunités de travail dans les pays francophones limitrophes de la France mais pas que…
Salon « S’expatrier mode d’emploi »
La CFE fait son show en 2 conférences
Si le salon se donne l’objectif de faire découvrir le successeur de Pole Emploi, France Travail, les institutions propres aux Français de l’étranger seront bien sûr présentes comme la Caisse des Français de l’étranger (CFE). Cette dernière organisera le 6 mars deux conférences : une sur le thème « S’expatrier au féminin, mode d’emploi » à 13 h 25 et à 14 h 10. Une initiative appréciée à 2 jours de la Journée internationale de la Femme.
À 16 h 15, la CFE animera une seconde intervention dédiée à « la protection sociale : partir couvert et serein », co-animée avec le Cleiss et Malakoff Humanis. Les deux conférences seront retransmises en direct le jour J sur le site internet puis seront disponibles en replay.
Pour profiter des conseils au salon « S’expatrier mode d’emploi », il suffit de se rendre, entre 09h et 18h au 17 boulevard Jourdan – 75014 Paris le 06 mars en ayant pris le soin de s’inscrire gratuitement en amont sur le site du site en cliquant sur le bouton ci-dessous :
La Russie comme l’Iran ou la Corée du Nord font l’objet d’un blocus commercial et financier de grande ampleur par les Occidentaux. Le nombre de sanctions a connu ces dernières années une croissance exponentielle. Il est passé de moins de 200 dans les années 1970 à plus de 800 en 2022. Ces dernières semaines, l’Union européenne comme les États-Unis ont adopté de nouvelles mesures visant à restreindre les échanges avec la Russie. Les entreprises chinoises commerçant avec cette dernière pourront être désormais sanctionnées. Plus de 500 personnes et organisations ont rajoutées à celles soumises à des restrictions économiques et financières par les États-Unis après la mort d’Alexeï Navalny. L’application de ces sanctions se révèle néanmoins de plus en plus complexe, les moyens pour les contourner étant nombreux.
Selon la direction du Trésor américain, le Hezbollah a réussi à se financer en vendant des œuvres d’art et des pierres précieuses grâce à des galeries en Côte d’Ivoire, à des family offices aux Émirats arabes unis et à des sociétés écrans à Hong Kong. Ce mouvement disposerait également de comptes bancaires aux États-Unis.
Punir certains responsables et pénaliser l’économie
Les sanctions sont de multiples natures. Elles visent tout à la fois à punir certains responsables des pays ciblés et à pénaliser l’économie. Des dirigeants politiques ou des chefs d’entreprises sont ainsi interdits de déplacement en Occident et leurs actifs financiers ont été gelés. Des embargos ont été institués afin d’éviter que des biens fabriqués par les Occidentaux puissent contribuer à l’effort de guerre par exemple de la Russie. Il est ainsi interdit aux entreprises américaines ou européennes d’exporter tout ce qui pourrait être réutilisé par l’armée russe, depuis les drones jusqu’aux roulements à billes.
Les restrictions à l’importation de matières premières ou le plafonnement des prix du baril de pétrole russe à 60 dollars ont comme objectifs d’affaiblir l’économie. Des mesures ont été prises à l’encontre des établissements financiers afin de compliquer les relations commerciales des pays incriminés. Les réserves des banques centrales russes en Europe (la moitié de leur total) ont été gelées, 80 % de ses banques sont soumises à des sanctions et sept sont bloquées sur Swift, un des principaux services de messagerie bancaire utilisé pour effectuer des transactions.
Un sixième train de sanctions européennes à l’encontre de la Russie devrait être institué « très bientôt », a déclaré mardi la commissaire européenne chargée de l’Energie, Kadri Simson. /Illustration diffusée le 28 février 2022/REUTERS/Dado Ruvic
Le contournement des sanctions
Cet arsenal juridique, économique et financier comporte de nombreuses failles. La complexification des relations commerciales et financières facilite le contournement des sanctions. En soi ce phénomène n’est pas nouveau, Napoléon avait connu la même mésaventure avec l’instauration de son blocus continental contre l’Angleterre. L’efficacité des sanctions commerciales européennes et américaines est réduite par la non-adhésion des pays dits non-alignés. Ces 120 pays dont le Brésil et l’Inde représentaient 38 % du PIB mondial en 2022. Ils disposent de cinq places financières figurant parmi les vingt plus importantes du monde.
Les responsables du Brésil, de l’Inde et du Mexique ont clairement exprimé leur refus de participer à la guerre économique occidentale engagée peu après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le porte-parole indonésien pour les affaires étrangères a fait de même. Les interdictions d’importation de matières premières sont globalement ignorées par les pays non alignés ce qui a permis à la Russie d’accroître, en 2023, son excédent de la balance des paiements courants.
Malgré le plafonnement du baril de pétrole russe à 60 dollars, de nombreux pays ont accepté de le payer plus cher. Le Brésil, la Chine et l’Inde ont accru leurs achats depuis le début de la guerre en Ukraine. Les Émirats arabes unis et la Turquie ont importé du pétrole russe à faible prix pour un usage domestique, réservant leur production à l’exportation. En 2022, la Chine, l’Inde, Singapour, la Turquie et les Émirats arabes unis ont importé ensemble 50 milliards de dollars de pétrole de plus en provenance de Russie qu’en 2021. L’Union européenne a accru ses importations de brut en provenance de ces pays de plus de 20 milliards de dollars. La Russie n’est pas entravée et les pays du Golfe ont augmenté leurs recettes au détriment des pays occidentaux. L’Iran qui logiquement est soumis à des quotas d’exportations stricts a réussi à les dépasser sans problème en 2023 en vendant un montant record de pétrole.
Les pays d’Asie centrale plaques tournantes du trafic de biens technologiques
La Russie qui fait logiquement l’objet d’un embargo strict en ce qui concerne les biens de haute technologie, arrive néanmoins à s’en procurer. En 2023, elle aurait ainsi acheté pour plus d’un milliard de dollars de microprocesseurs américains, taïwanais ou coréens. La moitié du matériel militaire assemblé par la Russie l’année dernière contenait de la technologie occidentale. Les pays de l’Asie centrale sont devenus les plaques tournantes du trafic de biens technologiques. Les exportations de ces biens en provenance de l’Europe ont plus que doublé entre 2021 et 2023. Les services de logistiques dans cette région ont connu une croissance de 20 % en 2023.
Pour éviter le contournement des sanctions, les États-Unis appliquent avec de plus en plus de sévérité la règle de l’extraterritorialité permettant de poursuivre des entreprises d’autres pays qui contreviennent aux sanctions. Des mesures ont été ainsi prises à l’encontre de banques qui aidaient à faire passer clandestinement de la technologie militaire en Russie. Selon Bloomberg, deux institutions financières publiques chinoises ont été contraintes de refuser des paiements russes pour l’achat de biens interdits. Si elles n’avaient pas obtempéré, elles risquaient de perdre leur accès au marché américain. Il en est de même pour des transporteurs maritimes.
Dubaï, Hong Kong et Sao Paolo
Pour contrer les Occidentaux, les Russes ont réagi. Ils ont ainsi proposé aux armateurs de les assurer pour leur permettre de transporter du pétrole russe ayant été acheté au-dessus des 60 dollars le baril réglementaire. La flotte assurée par la Russie transporte désormais 75 % des expéditions de pétrole de ce pays. Pour les opérations financières, les Russes comme les Iraniens passent par des pays accommodants comme les Émirats arabes unis. La place financière de Dubaï connaît une forte croissance depuis une dizaine d’années en accueillant notamment des capitaux russes. D’autres places comme Hong Kong et São Paulo sont également dynamiques en matière de recyclage de capitaux logiquement soumis à sanction. De nombreux pays tiers participent à des systèmes de paiement fondés sur le rouble et le yuan. Les Émirats arabes unis et la Russie se sont associés pour travailler sur un système de paiement régulé par Dubaï. L’Indonésie participe aux essais de la monnaie numérique internationale chinoise qui a vocation à supplanter le dollar.
Les pays sanctionnés continuent à recourir au dollar et à l’euro en se jouant des mesures prises
Les banques centrales occidentales suivent de près cette initiative qui pourrait modifier en profondeur les systèmes de paiement. Le recours à la blockchain pourrait priver les banques commerciales d’une grande partie de leurs missions d’intermédiation et de contrôle. Pour le moment, le dollar et l’euro continuent à dominer le système financier. Le dollar est de loin la première monnaie de réserve. Son poids n’a pas baissé depuis trois ans. Il s’est même renforcé en bénéficiant de son rôle de valeur refuge. Les pays sanctionnés continuent à recourir au dollar et à l’euro en se jouant des mesures prises.
La complexité des sanctions qui comportent de nombreuses exceptions ou dérogations permet de les contourner. Les politiques d’aides humanitaires sont ainsi utilisées pour la vente de produits agricoles. Selon The Economist, la banque allemande Varengold est accusée d’avoir financé les Gardiens de la révolution iraniens sous couvert d’une aide alimentaire.
Des entreprises russes pour échapper aux mesures de rétorsions occidentales ont créé de nombreuses filiales dans des pays tiers. Plus de mille ont été ainsi créées en Turquie depuis 2022 et 500 aux Émirats arabes unis avec fréquemment la présence dans les conseils d’administration d’occidentaux.
Entreprises turques, singapouriennes et émiriennes
Les zones franches permettent la réalisation de montages financiers complexes. En 2022, un réseau d’entreprises basé à Singapour a été sanctionné pour avoir facilité le transfert de plusieurs milliards de dollars provenant de la vente de pétrole iranien. Ce transfert a été rendu possible par l’intervention d’entreprises turques, singapouriennes et émiriennes qui ont réussi à placer en dollars les sommes dans des banques américaines. Ces montages sont facilités par l’attitude complaisante de certains gouvernements comme ceux de l’Indonésie, la Turque ou des Émirats arabes unis. L’Union européenne ou les États-Unis ne sont pas prêts à entrer en confrontation directe avec ces derniers compte tenu de leur rôle géopolitique.
La politique des sanctions a ses limites
Les Occidentaux manquent, par ailleurs, de moyens pour contrôler les flux financiers illégaux. Pour retrouver les propriétaires d’un compte opérant sur les marchés soumis à sanction, les coûts ont été multipliés par dix en dix ans. Les montages peuvent compter plus de trente sociétés écrans réparties sur toute la planète.
Le durcissement de la politique des sanctions a ses limites. Les mesures de contrôle de plus en plus envahissantes pourraient inciter un nombre croissant d’États à se détourner du dollar ou de l’euro. L’essor des monnaies digitales pourrait permettre aux pays émergents de bâtir, à faibles coûts, un système financier indépendant.
Les blocus commerciaux sont vieux comme le monde et leurs résultats à travers les siècles ambigus. Ils nécessitent du temps or, en politique, le temps est une valeur rare. Ils exigent qu’ils soient respectés ce qui n’est que rarement le cas. Ils ne peuvent pas suffire à eux seuls à régler les conflits. En Afrique du Sud, au temps de l’apartheid, des sanctions se sont appliquées pendant près de trente ans, de 1962 à 1991. La fin de l’apartheid tient peut-être avant tout à l’intelligence de Nelson Mandela et de Frederik de Klerk plutôt qu’à l’efficacité des sanctions.
Au Parlement européen, le centre-droit et les conservateurs sont fermement opposés à contracter une nouvelle dette commune au niveau de l’UE, alors que les appels à une Facilité pour la reprise et la résilience « 2.0 » se sont multipliés au cours des dernières semaines pour combler le déficit d’investissements publics.
En 2021, l’UE a mis en place un programme de financement considérable de 723 milliards d’euros pour aider les États membres à se remettre de la crise économique découlant de la pandémie de Covid et soutenir leurs transitions écologique et numérique, dans le cadre du plan « NextGenerationEU ».
La facilité prévoit des fonds permettant aux États membres d’investir 385 milliards d’euros sous forme de prêts, qui doivent être remboursés par les gouvernements nationaux, et de 338 milliards d’euros sous forme de subventions, ce qui signifie que les remboursements de la dette pour ces dernières seront financés par le budget de l’UE.
La date butoir pour les demandes de prêts étant désormais dépassée (août 2023) et les versements devant être finalisés d’ici 2026, les appels se multiplient pour créer un programme de suivi à la Facilité afin de garantir que les États membres puissent continuer à bénéficier de ces ressources vitales. En effet, de nombreuses économies nationales sont encore aux prises avec une croissance ralentie et font face à des obstacles à la transition énergétique (vraisemblablement à long terme).
Cependant, les eurodéputés de centre droit et conservateurs ne semblent pas favorables à de telles propositions, ce qui réduit la probabilité qu’un tel programme puisse voir le jour — du moins sous cette forme.
La Facilité pour la reprise et la résilience a été « conçue comme un instrument exceptionnel et unique dans une période de crise sans précédent », a expliqué Siegfried Mureşan, vice-président du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, à Euractiv.
« Je sais que les socialistes vous diront toujours que la solution est de dépenser davantage l’argent des contribuables, mais […] l’argent ne résout pas toujours les problèmes », a-t-il dit, en référence à une déclaration faite par le commissaire à l’Économie Paolo Gentiloni, du parti italien de centre gauche Partito Democratico (Socialistes et Démocrates européens, S&D).
En effet, M. Gentiloni a déclaré lors d’une conférence de presse de la Commission consacrée au rapport intérimaire sur la Facilité la semaine dernière qu’il ne pensait pas que « la nécessité d’un soutien commun pour des objectifs et des projets communs s’achèverait en 2026 ».
Des arguments similaires ont été avancés par plusieurs groupes de réflexion spécialisés dans les transitions écologique et numérique, qui ont averti qu’un déficit d’investissements publics serait à craindre après la clôture de la Facilité.
« Nous sommes simplement confrontés à un déficit d’investissement qui se creusera à partir de 2026, c’est-à-dire au moment où l’instrument de relance expirera », a expliqué Nils Redeker, directeur adjoint du Centre Jacques Delors de Berlin, à Euractiv.
« Il manquera des fonds pour les investissements écologiques, pour les investissements dans le numérique ainsi que pour de nombreuses mesures de politique industrielle qui sont en cours de mise en œuvre », a-t-il ajouté.
Bien que la Facilité ait été mise en place durant la pandémie de Covid et répartie dans les pays qui ont été particulièrement touchés par la crise, 37 % des dépenses globales doivent être consacrées à des mesures environnementales, tandis que 20 % doivent être utilisés pour aider la numérisation, selon les règles établies par l’UE.
L’eurodéputé belge du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) et président de la commission des Budgets du Parlement, Johan Van Overtveldt, a souligné que la Facilité était destinée à aider les États à améliorer leur résilience économique globale.
« Si la nécessité d’un second instrument se fait sentir, je répondrai tout simplement que nous n’avons pas bien utilisé l’argent de la Facilité initiale », a-t-il ajouté. « Et […] si l’argent a été bien dépensé, il n’y aura pas besoin d’un nouveau dispositif. »
« Donc, dans un cas comme dans l’autre, il faut l’arrêter. Certainement pas le renouveler », a-t-il conclu.
En 2021, l’UE a mis en place un programme de financement considérable de 723 milliards d’euros pour aider les États membres à se remettre de la crise économique découlant de la pandémie de Covid et soutenir leurs transitions écologique et numérique, dans le cadre du plan « NextGenerationEU ». [EPA-EFE/Andreu Dalmau]
Les socialistes veulent un nouveau fonds
La Facilité qui prend fin en 2026 et le cadre financier pluriannuel régissant le budget de l’UE se terminant en 2027, le prochain Parlement européen, qui entrera en fonction après les élections de juin, sera confronté à la tâche ardue de trouver de nouvelles solutions pour les financements à plus long terme.
Toutefois, la planification financière à long terme est généralement effectuée par les dirigeants de l’UE lors de réunions spéciales, comme cela s’est produit à l’été 2020 lors de l’adoption du programme européen « NextGenerationEU».
Selon les derniers sondages, le PPE restera le groupe le plus important du prochain Parlement européen, tandis que le groupe CRE pourrait se hisser en troisième position.
Le groupe S&D, qui arrive en deuxième position, est favorable à un nouveau programme pour succéder à l’actuelle Facilité.
« Les transitions numérique et climatique, la défense, la mise en œuvre du pilier européen des droits sociaux ou l’autonomie stratégique de l’UE — des priorités clés de l’UE — nécessitent d’énormes investissements », a déclaré Margarida Marques (S&D), vice-présidente de la commission des Budgets, à Euractiv.
« Il sera donc nécessaire de prévoir un niveau conséquent de capacité d’investissement de l’UE afin de mettre en œuvre ces priorités [tout en] évitant la fragmentation du marché et l’augmentation des divergences », a-t-elle ajouté, faisant référence à l’après 2026.
Comment rembourser la dette ?
M. Mureşan, du PPE, a toutefois déclaré qu’il serait prématuré de discuter d’un nouveau programme, notamment parce qu’on ne sait toujours pas comment la dette déjà perçue dans le cadre de l’actuelle Facilité sera remboursée.
Sur les fonds initialement disponibles, 291 milliards d’euros de prêts ont été demandés, et la part de subventions a été entièrement utilisée.
En ce qui concerne ces dernières, M. Mureşan a déclaré : « Il n’est pas clair qui et comment [nous] rembourserons cette moitié du programme européen “NextGenerationEU”».
« Et à moins que cela ne soit clarifié, je déconseille fortement, très fortement, de nous endetter davantage et de faire peser un fardeau de dette supplémentaire sur les épaules des citoyens européens », a-t-il poursuivi.
En 2021, la Commission européenne a proposé de nouvelles sources de revenus pour le budget de l’UE afin de financer le remboursement de la dette, notamment en utilisant une partie des recettes du système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE), qui sont actuellement principalement affectées aux budgets nationaux.
Cependant, « peu de progrès a été réalisé » sur ces propositions, a déclaré un porte-parole de la Commission à Euractiv.
D’autres propositions incluent le prélèvement d’argent sur le nouveau mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE (MACF) ainsi que des paiements supplémentaires provenant des budgets nationaux, comme par exemple ceux basés sur les bénéfices des entreprises.
« Toutes les propositions sont sur la table », a déclaré le porte-parole, ajoutant que « la Commission exhorte les États membres à se mettre d’accord sur de nouvelles ressources propres dès que possible ».
Si aucun accord sur de nouvelles sources de revenus ne peut être trouvé, le remboursement de la dette devra légalement être financé par le budget de l’Union, ce qui risquerait d’entraîner une réduction des fonds alloués à d’autres programmes européens.
« Même sans l’introduction de ressources propres, le remboursement du programme européen “NextGeneration” par le biais du budget de l’UE est garanti », a souligné le porte-parole.
Bonjour à tous nous sommes le mardi 05 mars et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Dans nos titres : l’IVG est inscrit dans la constitution – La semaine des médias, à l’AEFE aussi – le français la deuxième langue la plus apprise au monde
780 parlementaires ont voté la loi pour inscrire l’IVG dans la constitution
À Versailles, se sont réunis les députés et les sénateurs de France pour modifier la constitution afin d’inclure l’IVG dans la constitution. Avec 780 votes pour, soit plus de 2/3 des élus, cette modification est actée. La France est le premier pays dans le monde à l’inscrire dans sa constitution. Rappelons que cette démarche est née après la prise de position de la Cour suprême américaine contre la fédéralisation de l’IVG.
La 35e édition de la Semaine de la presse et des médias dans l’École
Cet évènement aura lieu du 18 au 23 mars 2024 que ce soit en France ou dans le réseau de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE). En tant que média, nous sommes particulièrement enthousiastes face à cette initiative qui fait naître des vocations mais qui forme, aussi et surtout, nos jeunes au décryptage des informations ! En ces temps où les fakes news pullulent, l’œil des jeunes doit être aguerri. Rapprochez-vous de l’établissement à proximité de votre lieu de résidence pour connaître le programme.
Mars c’est le mois de la francophonie
Tout au long du mois de mars, nous ferons des zooms sur la francophonie. Première étape, l’état des lieux de la francophonie. Actuellement, avec 321 millions de locuteurs en 2022, la langue française demeure la 5e langue la plus parlée au monde (après l’anglais, le chinois, l’hindi et l’espagnol). En tant que langue étrangère, le français est la 2e langue la plus apprise dans le monde par plus de 50 millions d’individus. Les perspectives de croissance au cours du siècle sont importantes, faisant du français la potentielle première langue européenne parlée dans le monde en 2100.
Francophonie
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger ! Belle journée à toutes et à tous.
Ce lundi, les 925 parlementaires des deux Chambres sont convoqués par le président de la République, Emmanuel Macron, pour une réunion exceptionnelle du Congrès, au château de Versailles. Après le vote du Sénat, mercredi dernier, validant dans les mêmes termes que l’Assemblée le projet de loi visant à inscrire le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution, sénateurs et députés étaient appelés à se prononcer une dernière fois, dans le cadre d’un Congrès, sur le texte du gouvernement pour entériner l’inscription de ce droit dans la loi fondamentale.
« L’ère d’un monde d’espoir commence »
D’ailleurs, pour la première fois, c’est une présidente qui ouvre une séance du Congrès : « En traversant la Galerie des Bustes, j’ai pensé à Simone Veil », a déclaré Yaël Braun-Pivet évoquant un ensemble de bustes, « exclusivement » masculins.
Puis ce fut au tour du Premier ministre de monter à la tribune pour prononcer le discours d’ouverture. « 1972-2024 : il est long le chemin de la liberté », a déclaré Gabriel Attal faisant référence à l’année où Marie-Claire Chevalier, 16 ans, et son avocate, Gisèle Halimi, remportent une première victoire dans le combat pour la légalisation de l’IVG.
Après avoir rappelé l’ensemble des mesures du gouvernement pour l’avancée des droits des femmes, le rôle du gouvernement, notamment celui de Garde des sceaux qui a joué « l’infatiguable médiateur » et celui d’Aurore Bergé, Gabriel Attal déclare, ému, aux Françaises.
Enfin, le Premier ministre a salué une « étape fondamentale » qui « restera dans l’Histoire », rappelant la longue marche des militantes pour garantir le droit à l’avortement. Après être arrivé à Versailles accompagné du fils de Simone Veil, Jean. En conclusion, après avoir fait lever toute l’Assemblée en hommage à Simone Veil, Gabriel Attal a ré-évoqué le procès de Gisèle Halimi en déclarant « l’ère d’un monde d’espoir commence » pour les femmes.
Mélanie Vogel saluée pour son travail au Sénat
Parmi les réactions, on notera le tweet de Sandrine Rousseau (députée Les Écologistes) qui rend hommage au travail de la sénatrice des Français de l’étranger. Elle a ainsi rappelé le rôle de Mélanie Vogel (EELV) au Sénat et celui de Mathilde Panot à l’Assemblée nationale. Toutes deux avaient déposé des propositions de lois dès 2022 pour inscrire l’IVG dans la Constitution.
Mélanie Vogel au sénat ce 04 avril 2023
Pourtant, le Premier ministre a cité plusieurs figures de la gauche comme Marisol Tourraine ou encore Najat Vallaud-Belkacem, oubliant les actrices issues des Verts.
Blanc, vert, violet… Une arrivée colorée des députés
Quelques minutes avant le coup d’envoi du Congrès parlementaire à Versailles, on a pu voir les députées, en particulier EELV et LFI aborder des couleurs qui loin d’être anodines, sont hautement symboliques.
Du blanc « en solidarité avec les députées américaines démocrates qui étaient rentrées au Congrès en blanc en souvenir des suffragettes », comme l’a expliqué un peu plus tôt dans la matinée Sandrine Rousseau sur France info. On peut le voir sur cette photo prise devant les grilles du château de Versailles.
De l’autre côté de l’hémicycle, la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, Marine Le Pen ne s’est pas rendue à la tribune de l’hémicycle de l’aile du Midi à Versailles. Pour celle qui considère que cette journée de constitutionnalisation de l’IVG n’est pas « historique » et que le droit à l’avortement n’est pas menacé en France, le gouvernement et la gauche en font trop.
500 opposants aux grilles de Versailles
L’AFP a aussi rapporté que quelques centaines de manifestants sont rassemblés à Versailles à l’appel de la Marche pour la Vie, dans la rue Hoche proche du château où le Congrès se réunit pour voter l’inscription de l’IVG dans la Constitution.
Vers 16h30, ils étaient environ 550 selon l’AFP, « un millier » selon les organisateurs. « L’avortement consiste à éliminer un être humain dans le ventre de sa mère », résume la porte-parole de l’association, Marie-Lys Pelissier, 22 ans, interrogée par nos collègues de l’AFP.
« Moi aussi j’étais un embryon », peut-on lire sur une banderole soutenue par des militants. La notion de clause de conscience, chère aux sénateurs LR, apparaît également sur des pancartes sous le terme « objection de conscience. Un foetus en carton géant est également brandi par une jeune manifestante.
780 ont voté pour sur 925 parlementaires
Après le vote dans les 8 bureaux mis à disposition des 925 parlementaires, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet a annoncé ce lundi l’inscription de l’IVG dans la Constitution française avec 780 votes « pour » cette modification.