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  • A New-York, le STAFE fait monter les Français sur scène avec l’Atelier Théâtre 

    A New-York, le STAFE fait monter les Français sur scène avec l’Atelier Théâtre 

    Écouter le podcast de Guillaume Roper-Sirvent

    Les Etats-Unis accueillent cet épisode d’« Initiatives Expats », la série qui parle des expatriés engagés. C’est à New-York que nous avons rencontré Guillaume Roper-Sirvent, le directeur de l’« Atelier Théâtre ». Sa structure promeut la culture française. Elle permet aussi à nos compatriotes de découvrir le jeu d’acteur. C’est dans cet univers que nous embarque ce podcast. De Beaumarchais au soutien du STAFE et du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, il n’y a qu’un pas. Voire même qu’à un fil pourrait évoquer Feydeau. Pourquoi cela ? C’est à cette question, et à d’autres encore, auxquelles notre invité a répondu pour Lesfrancais.press

    Guillaume Roper-Sirvent a posé ses valises sur la Côte Est américaine en 2013. Il est enseignant, il est, en effet, professeur d’histoire. Venant de Seine-Saint-Denis, il nous confie avoir eu « envie de voyager et de vivre à l’étranger ». Ainsi, sélectionné pour intégrer une école française à New-York, il débarque dans Big Apple, mais il ne vient pas seul. Il apporte aussi avec lui sa passion du théâtre.

    New York Guillaume Roper Sirvent
    Guillaume Roper Sirvent

    Le STAFE s’offre Beaumarchais

    Notre invité rejoint alors l’ « Atelier Théâtre ». Cette association, à but non lucratif, existe depuis 2014. Fondée par Roxane Revon et Laura Elkeslassy, elle a pour vocation de « donner des cours de théâtre en français à des amateurs (…) et de monter des spectacles à destination de la communauté française et francophone de New-York ». Dans le cadre de ses activités, un programme spécial autour de Beaumarchais a été développé, et soumis au dispositif STAFE

    Quand une « folle journée » est soutenue par le Ministère des Affaires étrangères

    Le STAFE, le « soutien au tissu associatif des Français à l’étranger » a été créé par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Ce sont les consulats, avec le relais des Conseillers de Français de l’étranger, qui gèrent les dossiers d’aides. En l’occurrence, le projet de l’« Atelier Théâtre » à destination des adolescents Français de New York a été retenu. « Le mariage de Figaro » (ou la folle journée) sera ainsi prochainement à l’affiche. Notre invité nous donne tous les détails de cette opération au cours de cette interview. 

    New York Atelier Théâtre - Funerailles d_hiver
    New York Atelier Théâtre - Les Loges de la Folie
    New York Atelier Théâtre - Un fil à la patte

    Les conseils pour déposer un dossier

    Les responsables associatifs œuvrant pour nos expatriés pourront ainsi retrouver les conseils précieux de notre invité à l’écoute du podcast.  On rassure tout de suite les possibles inquiets, « même si le travail est assez long » nous dit Guillaume, il loue en même temps le travail des autorités. Il déclare avoir pu avancer avec un « consulat (qui) a été très aidant ». Néanmoins, il y a des étapes à connaître et à respecter. Et c’est en suivant correctement le processus qu’une aide de 14.000 € a pu être débloquée. 

    Au théâtre, que se passe-t-il avant de monter sur scène ?

    Pour conclure, généralement nous questionnons notre invité sur son quotidien dans sa ville d’accueil, et les recommandations à suivre pour nos compatriotes qui souhaiteraient s’y installer. Cette fois-ci, nous avons opté pour une autre voie, celle de l’acteur. Et oui, Guillaume Roper-Sirvent est un comédien, il connaît les minutes qui précèdent le début d’une représentation. Alors, que ressent-on véritablement durant les quelques secondes qui s’écoulent avant de monter sur scène ? Sa réponse, très inspirante, et bien plus encore, vous la découvrirez en écoutant l’intégralité de ce podcast « Initiatives Expats », la série qui met en avant nos expatriés engagés.

  • Marre d’attendre vos valises à l’aéroport ? Nos astuces

    Marre d’attendre vos valises à l’aéroport ? Nos astuces

    Les Français de l’étranger sont souvent dans les aéroports, déplacements professionnels ou personnels, vers ou depuis la France ou ailleurs. Et partout où l’on soit, il y a toujours une étape fastidieuse, en particulier lors des arrivées à Paris, vous le savez, malheureusement, que trop bien, récupérer ses valises à l’aéroport ! Pour celles et ceux qui n’ont plus envie de patienter inlassablement dans le hall de l’aéroport à regarder défiler les bagages d’inconnus en attendant le sien, le site Travel+Leisure a dévoilé deux astuces qu’on partage avec vous. N’hésitez pas à nous écrire pour nous dire si cela marche ou non. En tout cas, l’équipe va essayer cet été pendant ses vacances.

    Les objets fragiles

    Le tour de passe-passe en question consiste à demander, au moment de l’enregistrement de ses bagages, que ceux-ci soient considérés comme « fragiles ». Pour celles et ceux qui veulent aller encore plus loin, des autocollants sont même disponibles en ligne pour l’apposer sur sa valise. Il semblerait que cette simple mention incite le personnel de l’aéroport à traiter avec une attention particulière votre bagage, en le chargeant tout simplement en dernier. De cette façon, une fois arrivés à bon port, vos bagages seront déchargés en premier et arriveront donc en priorité sur le fameux tapis.

    L’astuce n’est évidemment pas garantie, mais elle maximise tout simplement les chances de récupérer votre valise plus tôt. Attention néanmoins, pour que la technique fonctionne, il faut impérativement que l’étiquette « fragile » soit neuve, et ne paraisse pas ancienne. Ensuite, il s’agit d’avoir sur sa valise un autocollant de la compagnie aérienne à laquelle vous avez fait appel de préférence. Finalement, la méthode aurait plus de chances de fonctionner avec une valise en bon état, rigide, et à coquille dure.

    Dernier arrivé, premier parti

    Une deuxième astuce est souvent citée. Et elle risque de ravir les experts du départ en last minute, puisque cette dernière consiste tout simplement à faire passer ses valises en dernier au moment de l’enregistrement.

    Ainsi, il semblerait que les sacs enregistrés en dernier soient également les premiers à être retirés de l’avion une fois que celui-ci a atterri. Évidemment, puisque les systèmes de chargement et de déchargement varient selon les vols et les compagnies, cette technique n’est pas garantie à 100%.

    Le mieux reste donc de tenter le coup lors de vos prochains vols et de constater si l’une de ces deux techniques fonctionne réellement. Inutile donc de s’affoler si votre bagage ne sort pas en premier sur le tapis après avoir tenté l’expérience, ils arriveront sauf s’ils ont été perdus ou volés. Si vous êtes confrontés à cette situation, vous trouverez des conseils sur notre site.

  • Lettre à la France : « Anne Henry, nomade enracinée »

    Lettre à la France : « Anne Henry, nomade enracinée »

    Voilà quatre décennies que cette traductrice indépendante vit en Allemagne. Depuis les environs de Francfort elle nous livre sa lettre à la France toute en sensibilité et en émotion. Interviewer Anne Henry c’est aussi partir à la rencontre d’une femme engagée, dont la notoriété dans les rangs de l’association Français du Monde n’est plus à faire. Elle assume la présidence de la section locale de Francfort, et a également été élue conseillère consulaire et à l’assemblée des Français de l’étranger. Elle milite activement au sein de FLAM Monde, ce réseau dédié au dispositif en faveur du français langue maternelle qu’elle préside désormais. 

    Ce portrait personnel est l’occasion de contourner la figure de la femme engagée et d’explorer la relation franco-allemande en allant au-delà des agendas diplomatiques et internationaux. Comprendre aussi le chemin de l’intégration qui est parfois fait de mélancolie pour la terre perdue et de questionnement sur l’identité.

    Sa lettre à la France : À MA France !

    « Je t’ai quittée depuis presque quatre décennies, avide de nouveaux horizons, de découvertes et emplie d’un intense besoin de larguer les amarres pour pouvoir me construire, reproduisant inconsciemment le rythme de nomade de mon enfance … Et pourtant Tu es finalement restée plus proche de moi que si je n’étais jamais partie !

    J’ai tout d’abord bien tenté de t’oublier, voire de te renier en me plongeant à corps perdu dans l’intégration à mon pays d’accueil et sa culture. Allant même jusqu’à refouler les émotions récurrentes de nostalgie et de mélancolie… Peine perdue et source d’inutiles souffrances. Troubles et désorientation identitaire. 

    Alors, à petites touches, je t’ai assumée pleinement et je t’ai réintégrée dans ma vie, découvrant émerveillée la richesse que tu m’as offerte en cadeau depuis la naissance et celle que m’a offerte au fil des ans ma vie à l’étranger. C’est acté, nous ne nous quitterons plus jamais ! 

    L’éloignement et la distance m’ont amenée à mieux te connaître, te comprendre, t’apprécier et t’aimer telle que tu es mais sans prétention d’exclusivité. Prendre de la hauteur et du recul, vivre au quotidien dans la comparaison entre des systèmes de valeur, voir des principes dogmatiques opposés, ou complémentaires selon la perspective que l’on choisit d’adopter, aide à analyser, remettre en question, relativiser. 

    Aujourd’hui, je t’observe avec une tendresse un peu triste, alors que tu sembles avoir perdu la boussole et que tu es en proie à des divisions indignes de la devise inscrite au préambule de ta constitution… Reprends-toi MA France et retrouve l’humanisme et la douceur de vie qui te caractérisent.

    Le nomadisme ?

    Boris Faure : Dans ta lettre tu évoques ton nomadisme. Peux-tu préciser ce que tu entends par là ?

    Mes premiers souvenirs d’enfance ce sont des flashs sur le Niger. Je vis donc à l’étranger très jeune alors qu’il y a beaucoup de coopération entre la France et le Niger en matière de défense. Mon père était militaire. Niger, Martinique la Réunion, on déménageait tous les trois ans pour le suivre même si nous avons eu aussi une période de 6 années passées en région parisienne.

    Pour dire d’où je viens en France, si je fais la version courte je parle de Bordeaux où mes parents se sont installés à la retraite. SI je veux faire la version longue, je dis que je n’ai pas d’attache à une région donnée mais un attachement à la France dans son  ensemble.

    Je pensais mener une vie de nomadisme aussi en tant qu’adulte et je me suis sédentarisée en Allemagne. Mais dans mon cœur et mes actions je suis et je reste une nomade.

    Boris Faure : Peux-tu nous dire comment s’opère l’installation en Allemagne ?

    Au départ ce sont des actes sûrement inconscients à la sortie de l’adolescence. J’ai eu besoin de larguer les amarres. Je suis partie assez vite vers 19 ans pour continuer mes études à Paris. J’ai fait l’école supérieure d’interprète et traducteur à la Sorbonne après un Deug à Bordeaux. J’étais bien meilleure en anglais qu’en allemand, mes deux langues d’étude, et je voulais améliorer mon allemand. Je me suis donc retrouvée en Allemagne à travailler à la poste comme factrice. Cela a été une découverte merveilleuse. Avec un job peu contraignant et sympa. J’aimais beaucoup marcher en plus. Et j’ai eu des contacts avec des amis étudiants qui travaillaient eux aussi, dans une communauté bien intégrée. J’ai fait mon trou en Allemagne comme cela. Je bossais chaque été là-bas. On parlait déjà en France pendant les années 80 de difficulté d’intégration pour trouver du boulot. Je me suis donc tournée naturellement vers l’Allemagne. Je connaissais celui qui allait être mon premier mari. Je me suis marié et j’ai commencé une carrière dans le commercial, formation qui me manquait après des études linguistiques. 

    Mon mariage s’est écourté et je me suis retrouvée seule avec mon enfant. J’étais jusque-là très plongée dans ma vie Allemande à Francfort. Je retournais en France pour les vacances mais là je n’étais plus sûre de vouloir rester en Allemagne. La rupture émotionnelle liée au divorce provoquait beaucoup de remises en question. Je suis restée finalement pour ne pas séparer ma fille de son père. Je réalise que je me suis éloignée fortement de la France.  Pour la première fois j’ai laissé s’exprimer ma nostalgie. J’ai travaillé sur moi-même. J’ai réalisé que les différences culturelles avaient été sous-estimées entre nos deux pays. 

    Dans mon deuxième mariage on a tenu compte de ces différences et on a mis cela à plat pour s’accepter avec mon futur mari. On partait de références différentes, lui d’un milieu modeste ouvrier et socialiste, moi venant d’un milieu militaire catholique et conservateur.

    On ne se prépare pas forcément aux différences avec un pays limitrophe comme l’Allemagne. Elles sont sous-estimées. Et malgré tout il y a des cultures différentes. La petite dernière qui est née de notre union a été la petite goutte de ciment qui manquait.

    Mon mari pourrait être français, notre culture ne lui déplaît pas, même s’il se contente de baragouiner notre langue.

    De mon côté je me suis souvent sentie en infériorité de ne pas pouvoir m’exprimer dans ma langue maternelle mais d’être obligée de passer par des paraphrases faute de vocabulaire. Désormais je parle l’allemand quasiment comme ma langue maternelle.

    Au fond le couple interculturel c’est un défi permanent et c’est une richesse que l’on peut transférer à d’autres domaines de la vie. Ça ouvre sur un grand-angle. 

    Un engagement pour l’humain

    Boris Faure : Et ton ouverture sur le politique, vient-elle de là ?

    On a tous un petit germe de politique au fond de nous. Et je pense que j’étais quelqu’un d’engagée très jeune. Je voulais analyser la société. Mais j’étais assez introvertie. Mon remède pour lutter contre cette tendance a été de m’engager et de m’exposer. J’ai d’abord commencé par le scoutisme, cela venait de mon éducation mais c’était une première forme d’engagement. 

    Quand j’ai eu des enfants je me suis engagée très fortement dans la représentation des parents d’élèves. Je ne connaissais pas le système allemand. Les parents allemands gèrent l’établissement avec la direction et cela m’a appris à connaître les coulisses, à gratter derrière la façade. Et j’ai fait cela pendant 18 ans pour mes deux filles et à tous les niveaux. J’ai pris goût à cet engagement citoyen.

    À la fin des années 90 est revenu le besoin de bouger de façon différente. Je pensais avoir fait le tour de la question. J’aurais pu m’engager au niveau de la politique allemande locale. Mais c’est à ce moment-là que j’ai découvert l’existence des structures de représentation des Français de l’étranger. En découvrant ADFE Français du monde, j’ai renoué avec mes attaches françaises et je suis rentrée dans le deuxième temps de mon engagement. Cet engagement-là m’a passionné. Il y avait quelque chose qui me parlait de rencontrer ces Français venus de partout dans le monde. Le plus de notre association c’est l’ouverture sur le monde. J’incite d’ailleurs les adhérents à aller à l’AG de l’association l’été pour rencontrer des adhérents du monde entier. J’ai pris la présidence de Français du Monde ici à Francfort en 2011. Le dispositif FLAM est, par ailleurs, né à Francfort et a ensuite été porté par la Sénatrice Monique Cerisier Ben Guiga pour être institutionnalisé.

    Le FLAM c’est la problématique du sens : comment faire pour que nos enfants parlent français dans des familles binationales et biculturelles ? 

    Cet univers m’a passionné et je me suis lancée à fond dans toutes ces initiatives et je n’en suis pas sortie. J’ai pris la présidence de l’association FLAM monde en 2023. 

    Boris Faure : Venons sur le terrain politique. La France vient de connaître une séquence électorale intense. Le RN est en forte progression. Est-ce que le multiculturalisme qui t’est si cher est mis en accusation en France ?

    En 2015/2016 je me suis beaucoup engagée pour les réfugiés ici en Allemagne. La société civile s’est organisée très vite et on a mis en place de l’aide, des vêtements, des rencontres. J’ai vécu deux années d’une richesse humaine incroyable et qui m’ont ouvert les yeux. Les Syriens que je rencontrais étaient médecins, avocats, architectes. Ce sont des gens qui, socialement parlant, sont au même niveau que nous et qui se retrouvent du jour au lendemain à mendier, à demander de l’aide et à être déboussolés. J’ai réalisé avant tout que nous étions des humains, et je me suis demandé pourquoi ces différences et ces difficultés ? Cela a été une expérience forte.

    Quand je vois en France ces déchirements, les boucs émissaires désignés, cela me fait mal.

    Je n’ai pas de solution immédiate mais je pense que l’éducation, le brassage des cultures, pourra faire beaucoup. Il faut remettre de l’humain. Pourquoi s’est-on si éloigné que cela de l’humain ?

    La France est aussi un petit paradis. Et c’est ce que je voudrais dire en conclusion. Nous avons un beau pays, avec une culture et un art de vivre, une gastronomie qui sont extraordinaires. On ne doit pas casser tout cela.

    Les photos transmises ont été prises en France. Celle où l’on voit le coucher de soleil, c’est la quintessence du bonheur à Trouville, depuis notre camping-car. Je pouvais passer des heures à regarder le jeu du soleil de la mer et des nuages. Et l’autre photo a été prise à la Ciotat j’ai besoin de me ressourcer au contact de la mer. Les choses sont moins planifiées en France qu’en Allemagne. Elles sont plus simples. En camping je suis une nomade heureuse.

  • Lancement de la campagne STAFE 2025 

    Lancement de la campagne STAFE 2025 

    La rentrée se profile, premier signe chez les expatriés, l’administration des Français de l’étranger vient de lancer la campagne STAFE 2025. Petit rappel des objectifs, du fonctionnement de ce dispositif de financement des associations dédiées aux résidents français dans le monde entier.

    2 millions pour vos projets

    Doté de deux millions d’euros, le STAFE a été créé en 2018. Il repose sur l’attribution de subventions à des projets dont l’objet est de nature éducative, caritative, culturelle ou d’insertion socio-économique et qui contribuent au soutien des Français à l’étranger, comme le précise le site Diplomatie.gouv.fr. Les associations locales peuvent présenter des projets, mais aussi les associations de droit français (Loi 1901), si le droit associatif local est contraignant.

    Après les JO, l’écologie

    Si en 2023, l’appel pour les projets financés en 2024, année des Jeux Olympiques, faisait un focus sur les projets sportifs, cette année c’est l’écologie qui sera mise à l’honneur.

    En effet, sur le site officiel, la direction des Français de l’étranger du Quai d’Orsay, précise qu’ « une attention particulière est portée aux projets d’associations :

    • visant à la sensibilisation de la communauté française à l’écologie et aux risques climatiques, d’une part, et à l’égalité entre les femmes et les hommes et aux droits des femmes, d’autre part ;
    • promouvant la pratique du sport ;
    • reposant sur des critères sociaux. »

    Et ces consignes ne sont pas à prendre à la légère. Cette année, de nombreuses associations ont pu mener à terme des projets, qui sans l’angle JO 2024, n’auraient jamais pu se concrétiser comme les « Petits jeux » à Francfort, une compétition de juniors à Casablanca ou le tournoi de pétanque à Los Angeles. Des initiatives d’expatriés auxquelles on rend hommage tout l’été avec la série de podcasts dédiés réalisée par mon collègue Jeremy Michel.

    Comment déposer son dossier ?

    Pour candidater au STAFE, le ou la responsable de l’association candidate doit retirer un dossier de demande de subvention auprès de l’ambassade ou du consulat du pays de résidence au plus tard le 18 octobre 2024. Les dossiers doivent être complétés et retournés auprès de l’ambassade /du consulat au plus tard le 25 octobre 2024.

    Les dossiers sont examinés par l’ambassade/le consulat puis présentés à un conseil consulaire local qui émet un avis motivé et détaillé. Une commission consultative nationale, associant élus, associations représentatives des Français de l’étranger et administration, se réunira en mars 2025 afin d’examiner l’ensemble des dossiers soumis au titre de la campagne.

    Les décisions d’attribution de subvention et montants accordés par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères sont ensuite notifiées par le poste diplomatique ou consulaire aux associations à compter de fin mars/début avril 2025.

    Bien sûr, les projets doivent bénéficier directement aux Français établis à l’étranger. L’objet du projet peut être de nature éducative, caritative, culturelle ou d’insertion socio-économique, dès lors qu’il présente un bénéfice concret aux expatriés français.

    Pour pouvoir déposer le dossier, les associations doivent être enregistrées localement et le cas échéant en France (loi 1901) si le droit associatif local est contraignant et que ces dernières ou leur représentation locale n’exercent aucune activité en France (le consulat doit pouvoir en attester). Aussi, les entités juridiques doivent exister depuis plus d’un an au moment du dépôt du dossier (enregistrement des statuts et réalisation d’activités depuis plus d’un an. En sus, le budget annuel global (recettes totales 2023) de l’association ne doit pas excéder 1 M€.

    Si vous correspondez aux critères vous pourrez donc candidater avec un projet, qui doit avoir plusieurs sources de financement (au moins 20% à 50% du besoin financier doivent être autofinancés). La subvention ne pourra pas excéder les 25 000€.

    Vous trouverez sur les sites internet des ambassades et consulats l’annonce d’ouverture à projets et les modalités de contact pour retirer un dossier de demande de subvention.

  • Bangladesh : le jour d’après

    Bangladesh : le jour d’après

    Après la fuite de la Première ministre du Bangladesh hier, se pose maintenant la question de la transition démocratique. La dissolution du Parlement ce matin ouvre la voie à de nouvelles législatives. Pour autant, la crise est loin d’être résolue.

    C’est la fin d’un régime qui a duré 15 années.

    Après d’importantes manifestations, réprimées dans le sang, la Première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, a démissionné et quitté le pays.

    Lundi, des protestataires ont notamment investi sa résidence officielle dans la capitale Dacca, malgré des barrages érigés par les forces de sécurité. Sheikh Hasina a été exfiltrée par un hélicoptère militaire. Son départ a provoqué des scènes de liesse et de joie dans les rues de la capitale.

    Dans la foulée, le chef de l’armée s’est exprimé, appelant au retour au calme. « J’ai invité les dirigeants de tous les partis politiques [ndlr : sauf la Ligue Awami au pouvoir], ils sont venus ici. Nous avons eu une discussion constructive. Nous allons former un gouvernement intérimaire, qui administrera toutes les activités du pays », a indiqué Waker-Uz-Zaman.

    Au moins 56 personnes ont été tuées dans de nouvelles violences dans la capitale

    Au lendemain d’un dimanche marqué par des violences qui ont fait une centaine de morts, la capitale a de nouveau été lundi le théâtre d’affrontements meurtriers : au moins 55 personnes y ont perdu la vie, et une autre dans la ville portuaire de Chittagong, ont rapporté des sources policières et hospitalières à l’AFP. 

    Un prix Nobel pour diriger le Bangladesh ?

    Au lendemain de la prise de contrôle du pays par l’armée et la fuite à l’étranger de la Première ministre, le chef de file du principal mouvement à l’origine des manifestations a proposé le nom de Muhammad Yunus pour diriger le gouvernement intérimaire. «Nous avons décidé que le gouvernement» serait formé avec, en tant que «conseiller principal», «le Dr Muhammad Yunus, qui jouit d’une renommée internationale et est largement reconnu», a assuré dans une vidéo Nahid Islam, le principal leader du collectif Students Against Discrimination (Etudiants contre la discrimination) ce mardi 6 août.

    «Nous faisons confiance au Dr Yunus», a réitéré sur Facebook Asif Mahmud, l’un des autres dirigeants du collectif. Des déclarations qui interviennent alors que le chef de l’armée bangladaise, le général Waker uz Zaman, doit rencontrer les dirigeants du mouvement étudiant ce mardi. La veille, il avait annoncé la formation prochaine d’un gouvernement intérimaire, promettant de réparer «toutes les injustices».

    Regarder le reportage de TV5MONDE

  • Droite et gauche font monter la pression sur Emmanuel Macron pour un Premier ministre

    Droite et gauche font monter la pression sur Emmanuel Macron pour un Premier ministre

    Droite et gauche font monter la pression sur Emmanuel Macron pour qu’il nomme rapidement un Premier ministre à l’issue des Jeux olympiques dimanche 11 août, en suggérant des noms de personnalités pour Matignon susceptibles aussi de bâtir un budget.

    Emmanuel Macron pourrait à l’issue des Jeux olympiques qui se terminent le 11 août, et avant les Jeux paralympiques le 28 août, désigner un chef de gouvernement qui exhalerait une « odeur de cohabitation » pour tenter de bâtir une coalition, selon la formule d’un proche du président.

    La ministre démissionnaire chargée de l’Égalité Aurore Bergé a avancé dimanche trois noms de responsables de droite : Xavier Bertrand, actuel président de la région des Hauts-de-France et ex-ministre de Nicolas Sarkozy, Michel Barnier, ancien commissaire européen et ex-ministre de Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac, ou l’actuel président du Sénat Gérard Larcher.

    Ils « ont une expérience solide de gouvernement, du Parlement et du compromis », a fait valoir dans Le Figaro la députée des Yvelines, issue elle-même de la droite.

    Elle écarte de ce fait la possibilité que Lucie Castets, candidate de l’alliance de gauche Nouveau Front populaire, arrivée en tête aux élections législatives anticipées, soit nommée à Matignon parce que, vu la configuration de la nouvelle Assemblée divisée en trois blocs, « personne ne peut dire « tout mon programme, rien que mon programme » ».

    Mme Bergé espère que ce gouvernement parviendra « à aller au-delà de la droite, jusqu’aux sociaux-démocrates » à condition que ceux-ci sortent « de leur alliance contre nature avec LFI ».

    Le président Emmanuel Macron s’adresse aux journalistes alors qu’il visite les compétitions de tir à l’arc aux Jeux olympiques de Paris, aux Invalides à Paris, France, le 2 août 2024. ©EPA-EFE/ANDRE PAIN / POOL

    « Postures »

    L’ancienne candidate de la droite à la présidentielle Valérie Pécresse choisirait aussi Xavier Bertrand qui est « un très bon candidat ». « Aujourd’hui le sujet c’est la compétence »« l’expérience » et « la capacité à gérer le pays », a-t-elle souligné sur France Inter.

    Et il n’y a « pas de match » à cet égard avec Lucie Castets, selon elle. Car il faudra « un sacré esprit de responsabilité et sortir des postures » pour faire des milliards d’économies dans le budget.

    L’actuel ministre délégué des Comptes publics Thomas Cazenave a lui-même appelé tous les groupes politiques à engager un « dialogue » autour du budget pour 2025, mettant en garde contre les conséquences « graves » d’un blocage politique pour les finances publiques.

    L’adoption du projet de loi de finances s’annonce complexe alors que l’Assemblée nationale est dépourvue de majorité claire et que l’Union européenne a engagé une procédure contre la France pour déficit public excessif.

    La France doit économiser 25 milliards d’euros en 2024 pour redresser ses finances, selon le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, qui a envoyé à Gabriel Attal des propositions de plafonds de dépenses ministère par ministère, avec une « baisse des crédits de l’État », dans le but de ramener le déficit sous les 3 % du PIB en 2027.

    « Austérité »

    La perspective d’un compromis semble encore loin. La cheffe des Verts Marine Tondelier a dénoncé lundi sur le réseau X un budget « d’austérité qui nuira aux Français », craignant des arbitrages « sans considération de la justice sociale » ou « environnementale ».

    Alors que la gauche fait toujours bloc derrière Lucie Castets, elle s’inquiète d’une nomination tardive à Matignon qui empêcherait son locataire d’« intervenir réellement ».

    « Cette trêve olympique, c’est pas juste parce qu’Emmanuel Macron est fatigué, c’est parce qu’il veut du temps » et « faire obstruction à toute tentative de changement politique, de rupture avec le macronisme », estime l’écologiste.

    Le sénateur de droite Philippe Bas, proche de Gérard Larcher, trouve lui aussi que « le président ne doit pas ajouter la procrastination à la dissolution », car « retarder la formation d’un gouvernement n’augmente pas les chances de trouver une majorité », alors que le budget doit être présenté au Parlement avant le 1er octobre.

    Il mise lui sur le fait que les députés pourraient « accepter de donner sa chance » à un gouvernement minoritaire.

    L’ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve, cité lui aussi dans la presse pour ce poste, a démenti auprès de l’AFP avoir échangé récemment avec Emmanuel Macron.

    Un candidat de centre gauche aurait en fait moins de chances, selon le politologue Bruno Cautrès, car « le point capital du choix (du président) est la non remise en cause des acquis macronistes » comme la réforme des retraites ou la baisse des impôts, ce qui plaide pour un Premier ministre de « centre droit ».

    Mais ces hypothèses sont à prendre avec des pincettes, car le président « aime surprendre », rappelle-t-il.

  • Paris 2024 : ce qu’en pensent les Français de l’étranger !

    Paris 2024 : ce qu’en pensent les Français de l’étranger !

    Notre capitale vibre au rythme des Jeux olympiques depuis déjà un peu plus d’une semaine. Une cérémonie d’ouverture grandiose sur la Seine suivie d’épreuves dans des sites iconiques sont les points forts reconnus par tous. Une exposition à l’international qui renforce encore davantage l’attractivité de la Ville Lumière. Pourtant, alors que la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024 a été qualifiée d’inédite en France et à l’étranger, faisant entrer ce grand rendez-vous dans une nouvelle ère, elle s’est également attiré quelques ennemis qui s’en sont pris à ses organisateurs. Ces derniers ont déposé, samedi 3 août, une plainte pour menaces de mort, a indiqué le parquet de Paris, dimanche, confirmant une information du Parisien. Mais qu’en pensent les Francais et en particulier nos lecteurs, les Français de l’étranger, pour cela nous avons organisé une consultation du samedi 27 juillet au samedi 03 août. Malgré les vacances, vous avez été plus de 1800 à y répondre, merci !

    85% des Français ont jugé la cérémonie « réussie »

    On commence par les Français en général. Malgré les polémiques sur certaines séquences, la cérémonie des JO de Paris, qui a regorgé de trouvailles artistiques, a suscité émotion, surprise et un enthousiasme quasi unanime, y compris à l’étranger comme vous le savez.

    Selon un sondage de l’institut Harris Interactive, dont les éléments ont été communiqués par le comité d’organisation des JO, dimanche 28 juillet, plus de 85% des Français ont jugé que la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris était « réussie ».

    Selon cette enquête en ligne réalisée le 27 juillet sur un échantillon de 1 488 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, 44% des Français ont trouvé la cérémonie sur la Seine « très » réussie et 42% « plutôt réussie ».

    De plus, près de 80% des sondés sont « optimistes » pour la réussite des JO, contre 21% de « pessimistes ». Dans le détail, 77% ont une image « très positive » ou « plutôt positive », et 83% trouvent que c’est une bonne chose que la cérémonie ait eu lieu sur la Seine.

    80% des expatriés séduits

    Du côté des Français de l’étranger, si l’engouement est bien là, ils ne sont « que » 80% à avoir été séduits. 41% des répondants ont même donné une note de 4/4 à la cérémonie d’ouverture.

    « J’ai adoré l’inclusion d’artistes étrangers dans le relais de la flamme, le clip Jamel-Zizou, Aya Nakamoura-garde républicaine, le cheval au galop, l’artiste dansant et signant, et surtout, le mélange des sportifs au relais final avec des athlètes para-olympiques.« 

    Une des personnes ayant répondu à la consultation

    Pour les 20% de participants n’ayant pas aimé le spectacle, offert au monde par notre pays, les principaux reproches sont l’excès de Wokisme, l’angle irrespectueux qui aurait été pris par le metteur en scène Thomas Jolly et la présence d’artistes et athlètes étrangers.

    « Magnifique, original et audacieux à beaucoup d’égards mais trop WOKE !! Ras le bol de la ‘dictature woke’. La démocratie c’est protéger les minorités, pas les imposer et faire du lavage de cerveau…Je ne suis pas croyante mais aurait-on osé avec d’autres religions ce qui a été fait avec le Banquet ! Tableau vulgaire trop ressemblant à l’Eurovision 2024 provocante et vulgaire« 

    Une des personnes ayant répondu à la consultation
    Que pensent les Francais et en particulier nos lecteurs, les Français de l'étranger, de la cérémonie d'ouverture et plus globalement des JO Paris 2024. Nous avons organisé une consultation et malgré les vacances, vous avez été plus de 1800 à y répondre, merci !
    Philippe Katernie lors du tableau du Festin des Dieux à Paris pour la cérémonie des JO 2024 © JO PARIS 2024

    Certains d’ailleurs sont au diapason du ressenti de leur pays de résidence, comme en Australie. On le sait, les Australiens n’ont pas vraiment apprécié la cérémonie ni les mises en scènes des épreuves dans des lieux historiques ou culturels. Et preuve que les Français peuvent s’intégrer, ceux sur place ont partagé avec nous leur indignation.

    « Une honte totale. Preuve, certains pays l’ont censuré. L’abruti qui l’ a organisé ne se rend pas compte que c’est une cérémonie que les gens regardent en famille. Aujourd’hui je voulais me cacher au boulot en Australie car j’en avais marre qu’on me demande pourquoi! Tout le monde n’est pas homo et tout le monde ne fait pas de ménage à trois. Ces scènes ont gâché les belles parties. Aussi pourquoi une Américaine, lady gaga ? Nous avons de bons chanteurs en France.« 

    Une des personnes ayant répondu à la consultation

    Une opération de communication réussite ?

    Les Américains, Allemands, Brésiliens sont venus en nombre. Ces Jeux, ce sont des sites très plébiscités. Le Club France, est archi plein. La Villette, on y constate 35 % de visiteurs en plus. Porte de Versailles (XVe), personne n’y va d’habitude l’été, il n’y a pas d’événement, pas de salon. C’est ouvert, mais personne ne vient. Là, on est à 167 % de visiteurs supplémentaires. Pareil en Seine-Saint-Denis. Il y a un afflux de visiteurs sur des lieux où d’habitude, il y a moins de monde.

    Alors peut-on dire que ces Jeux Olympiques à Paris en 2024 sont une réussite pour l’image de notre pays. Malgré quelques bémols, les autorités comme les professionnels de la communication mais aussi du tourisme, y croient. Comme les expatriés qui sont, dans notre consultation, 65% à penser que oui !

    « Une cérémonie parfaite pour commémorer l’ouverture des olympiques 2024 à Paris, la France dans son ensemble fut bien représentée et les spectacles furent ornés de costumes et de chorégraphies magnifiques. Enfin le bouquet final et la présence de Céline Dion qui a fait honneur à notre Piaf !« 

    Une des personnes ayant répondu à la consultation

    D’ailleurs, le phénomène Philippe Katerine, tant décrié pour sa prestation en bleu dans une interprétation du Festin des Dieux du peintre flamand Jan van Bijlert, est devenu un phénomène en Asie.

    Démonstration faite que les points de repère culturels changent d’un continent à l’autre, ce qui a pu défrayer la chronique dans la prude Amérique ou chez les bigots européens, a enchanté l’autre partie du monde.

    Fier d’être Français(e) après cette cérémonie ?

    Enfin, dans notre consultation, nous avons posé la question si la cérémonie et plus globalement les Jeux Olympiques parisiens vous rendent plus fièr(e) d’être Français(e) ? Et la réponse fut plus mitigée, les controverses à droite et à gauche faisant leurs effets, les répondants ne sont que 58% à avoir répondu par l’affirmative. Notons qu’ils sont 15% à réserver leur jugement, tandis qu’1/4 des participants à répondre par la négative.

    Pourtant, la presse internationale, dans l’ensemble, a accueilli avec enthousiasme le spectacle proposé par le pays organisateur qui s’est représenté “tel qu’il est”, parvenant même à faire oublier les trombes d’eau déversées sur sa capitale.

    Ainsi, pour le quotidien belge Le Soir (pourtant toujours prêt à critiquer la France), “Paris lance ses Jeux avec un spectacle audacieux et réussi” et une belle “entrée en Seine”. “D’humeur maussade, le ciel parisien a crachoté puis carrément déversé sa tristesse de voir la plus belle ville du monde se regarder le nombril et ronchonner sans se rendre compte que la planète la regarde”.

    Tandis que pour le correspondant à Paris du New York Time, Roger Cohen, “Dans un moment de confrontation politique aiguë qui a laissé le pays dans une impassela cérémonie a été une invitation à repenser le sens de la nation et la possibilité d’une compréhension mutuelle.

    Aussi, le Corriere della Sera considère pour sa part que “Paris a présenté au monde une version adoucie, irénique et idéalisée de son histoire”, “plus Édith Piaf que Napoléon, plus Vénus que Mars”, pleine de “chansons d’amour et de films qui finissent bien” avec le rose comme “couleur dominante”. Il s’est ainsi agi tour à tour d’une “Biennale d’art contemporain”, d’une “Gay Pride” et d’un “défilé de mode”.

    Mais pour ceux qui veulent faire honneur à la réputation de râleurs des Français, il y a le très conservateur Daily Mail (Royaume-uni) pour qui cette cérémonie d’ouverture fut un “désastreuse, gâchée par des pluies torrentielles” et, plus étonnamment, par un drapeau olympique “renversé” – impardonnable “gaffe”. Malgré la “performance incroyable de la superstar américaine Lady Gaga qui a époustouflé les foules en interprétant une superbe Folie Bergère entièrement en français”, le journal britannique estime que l’idée d’organiser la soirée en plein air plutôt que dans un stade fut un “échec spectaculaire”.

    Alors oui tout n’était pas parfait, quelques pays ont pu être choqués (bloquant la retransmission de certaines séquences), il a fallu aussi, parfois, décrypter les tableaux comme celui qui fut pris pour une parodie de la Cène, mythique œuvre pour les Chrétiens. Mais la France, un siècle après ses derniers jeux, a su une nouvelle fois poser de nouvelles références pour cet évènement mondial, inventé dans sa version moderne, par le Français Pierre de Coubertin. À moins d’une semaine de la fin de cette olympiade, un point mettra tout le monde d’accord, le talent de nos athlètes qui maintiennent la France parmi les meilleures nations (3ème au tableau général ce 05 août 2024).

    Leon Marchand, la révalation de ces JO PARIS 2024 – Natation ©AFP
  • Êtes-vous heureux ?

    Êtes-vous heureux ?

    Aujourd’hui à Paris, les Jeux Olympiques rendent heureux.

    « Si la nuque de l’homme est faite pour la poigne du bourreau si ses bras sont promis à la croix Le bonheur existe et j’y crois » écrivait Aragon, un connaisseur qui aimait aussi bien Staline le bourreau qu’Elsa.  

    Les bourreaux forment une amicale qui témoigne d’une profonde concordance de moyens, goûts et pensées ainsi que d’une solidarité sans faille. Ainsi, les amis Poutine, Erdogan, Maduro, Khamenei, Diaz-Canel, Ortega, ont détesté les Jeux de Paris, menacé quelques pays ou populations, envoyé croupir ou mourir un peu de chair humaine, pleuré l’élimination des chefs du Hezbollah et du Hamas,  félicité l’élection de Maduro, ponctuée d’une dizaine de morts. Il fallait être naïf pour penser que Maduro respecterait l’accord de la Barbade qui avait décidé d’élections libres en échange de la levée des sanctions. Huit millions de Vénézuéliens, un quart de la population, ont quitté leur pays. Ils fuient le bonheur du paradis chaviste. Ceux qui restent sont-ils heureux ?

    Comment mesurer le bonheur ?

    Comment mesurer le bonheur ? Où se vit-il le mieux ? N’est-ce qu’un sentiment ? Le Wall Street Journal ironise: « La plus grosse surprise des Jeux de Paris : Même les Français n’ont rien à dire. » Les Jeux rendent heureux.

    «  Le bonheur est une idée neuve en Europe » écrivait Saint Just. Elle s’inscrivait déjà le 16 juin 1776 dans  la Déclaration des Droits de la Virginie : « Tous les hommes sont, par nature, également libres et indépendants, et possèdent certains droits inhérents, desquels, lorsqu’ils entrent dans l’état de société, ils ne peuvent être privés ou dépouillés par aucun accord, et qui sont les suivants : la jouissance de la vie et de la liberté, avec les moyens d’acquérir et de posséder la propriété, et de chercher et d’obtenir le bonheur et la sécurité. »

    Le « droit au bonheur » a été reconnu comme un droit effectif par la Cour suprême américaine en 1923.

    Le « droit au bonheur » a été reconnu comme un droit effectif par la Cour suprême américaine en 1923 (arrêt Meyer/Nebraska). Sur ce fondement, en 1967, elle a déclaré inconstitutionnelle l’interdiction des mariages interraciaux en Virginie (arrêt Loving day). Au Brésil, la Cour suprême l’a utilisé en 2011 pour valider l’union civile entre personnes du même sexe. Le Japon, la Corée du Sud ont eux aussi inscrit le droit au bonheur dans leur Constitution. L’Équateur en 2008, la Bolivie en 2009, ont inclus une notion proche : le « Buen Vivir ». Au Bhoutan, selon l’article 9, l’État doit promouvoir les conditions permettant d’atteindre le « Bonheur National Brut ».

    Y est-on heureux ? Non. L’Onu a défini un indice du « bonheur national brut » ; le Bhoutan y est à la 97éme place. L’État ne garantit pas le bonheur. Il peut y contrevenir.  Le World Happiness Report repose sur des évaluations réalisées par le Gallup World Poll, le Well being Research Center d’Oxford et le Réseau des solutions de développement durable des Nations-Unies. Les variables sont le revenu, l’espérance de vie en bonne santé, le soutien social, la liberté de faire des choix de vie, la générosité et l’absence de corruption, et le ressenti des citoyens.

    Aznavour se trompait en chantant « Emmenez-moi Au pays des merveilles II me semble que la misère Serait moins pénible au soleil. », le soleil n’est pas gage de bonheur : En 2023, La Finlande est le pays le plus heureux du monde pour la septième année consécutive. Alors que les pays européens sont en tête, les pays nordiques dominent. Les dix premiers, dans l’ordre : Finlande, Danemark, Islande, Suède, Israël, Pays-Bas, Norvège, Luxembourg, Suisse, Australie.

    Dans le top 20, des nouveaux venus : Costa Rica (12ème) et Koweït (13ème). Des sorties : États-Unis et Allemagne ont été relégués aux 23ème et 24ème rangs. Taiwan menacé est 31éme, la Chine 60éme. La Russie 72éme est un modèle pour ses amis, Venezuela 79éme, Turquie 98éme ou Iran 100éme.

    L’Europe de l’Est rejoint  l’Europe de l’Ouest en tête : la République tchèque (18ème) et la Lituanie (19ème) conservent leur place dans le top 20, la Slovénie est 21ème, La France 27eme, en recul de six places. Ce sont les jeunes, « moins heureux », qui baissent la position française comme américaine.

    Le soleil n’est pas gage de bonheur : les pays nordiques dominent.

    Chez les moins de 30 ans, l’indice de bonheur met la France à la 48e place. Les États-Unis à la 62e. Norvège, Suède, Allemagne, France, Royaume-Uni, Espagne sont des pays où les personnes âgées sont plus heureuses que les jeunes, tandis que le Portugal et la Grèce affichent une tendance inverse. Ceci s’explique par la « remontada » de ces deux pays après leur crise monétaire. Preuve de l’impact économique sur le bonheur et la jeunesse. Dans le reste du monde, avec la croissance, les niveaux de bonheur des jeunes et des adolescents ont largement augmenté.

    Une différence de genre ? Les courbes hommes/femmes évoluent parallèlement, mais, sauf dans quelques pays, les femmes sont toujours un peu heureuses que les hommes. Le veuvage ?

    Quels sont les pays les plus malheureux ? Le champion du malheur est l’Afghanistan, le vice-champion est un ancien paradis, le Liban. Puis les pays africains :  Lesotho, Sierra Leone, Congo, Zimbabwe, Botswana, Malawi, Eswatini, Zambie…

    Pas de surprise : Les pays disposant d’un revenu moyen par habitant plus élevé affichent des moyennes de satisfaction de vie également plus élevées. Le niveau de richesse par habitant est directement lié au bonheur ressenti, même si le lien n’est pas automatique. Ainsi l’indice du bonheur est plus élevé dans les pays d’Amérique latine que ce qu’il devrait être au seul vu des statistiques.

    Les femmes sont toujours un peu plus heureuses que les hommes. Le veuvage ?

    Et les inégalités ? Le General Social Survey aux États-Unis couvre chaque année un échantillon de 1 500 personnes, depuis 1972. Sur cette base la moyenne américaine reste globalement stable, mais les inégalités dans le bien-être subjectif ont diminué.  Les deux tiers de l’écart entre Américains blancs et Africains-Américains ont disparu.

    Dans le monde, la part de gens satisfaits de leur vie augmente avec le temps. Parfois, l’amélioration est spectaculaire. Les pays qui connaissent une croissance économique voient croître la part de leur population qui s’estime heureuse. Autre relation claire: les pays dans lesquels les personnes se sentent plus libres ont des niveaux de satisfaction plus élevés. Il n’existe aucun pays où le sentiment de liberté serait faible et la satisfaction élevée.

    A contrario, peut-on évaluer de façon indubitable le taux de malheur ? N’a-t-on pas souvent dit que les pays nordiques avaient un taux de suicide parmi les plus élevés du monde ? Erreur. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le taux mondial de suicide est estimé à 10,5 pour 100 000 habitants contre 11,6 en 2008. Avec de fortes variations : Lesotho 87 suicides pour 100.000 habitants; Guyana et Eswatini, 40 ; Kiribati et Micronésie,  les paradis du Pacifique, 30; Suriname, 25; Zimbabwe, Afrique du Sud, Mozambique, République centrafricaine, 23; Russie  21. En Europe, la moyenne est à 10.  (France : 9,7).

    Si la carte des suicides n’est pas l’exact opposé de celle du bonheur, elle ne la contredit pas. Elle dépend, comme toute étude, de la fiabilité de statistiques. Seuls 80 États membres sont dotés de systèmes satisfaisants. En général, pays pauvres, pays en guerre ont des taux de suicide élevés.

    Que retenir de ces études ? D’une part, que la croissance économique fait partie du bonheur. « Je préfère pleurer dans une Jaguar plutôt que dans un autobus. » est un cliché bien connu de Sagan. D’autre part, que la question du bonheur est peut-être mal posée. Sagan, encore, prétendait que les premières questions que l’on devrait oser poser à quelqu’un devaient être : « Etes-vous amoureux ? Quel livre lisez-vous ? ». La vie pleine mieux que le bonheur.

    Aucun pays où le sentiment de liberté serait faible et la satisfaction élevée.

    Au-delà du roman, le bonheur est bien une question politique. Saint Just et avait raison. Avec cet additif de Jefferson: « La constitution américaine donne le droit au bonheur. Mais c’est à chacun de l’attraper ».  Au lieu de vouloir l’assurer à chacun, que personne, puissance publique ou privée, ne l’entrave. Il n’est pas de bonheur sans liberté. C’est en quoi l’état de droit y contribue.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Karim Ben Cheïkh : « Il faut trouver la parade efficace à l’évasion fiscale » 

    Karim Ben Cheïkh : « Il faut trouver la parade efficace à l’évasion fiscale » 

    Les 2,5 millions de Français résidants à l étranger serontils imposables en France quels soient leurs pays de résidence ? Serontils « taxés » sur les mêmes bases que les Français vivant en France ? Pour Karim Ben Cheïkh, Député Nouveau Front Populaire (NFP) de la 9ème circonscription des Français établis hors de France, « c’est tout à fait faux de présenter le débat ainsi ». Nous l’avons reçu pour comprendre la proposition de Lucie Castets, étayée depuis par Éric Coquerel.

    Rachid Hallaouy : Quelle est votre position sur la proposition de l’Alliance de la gauche et plus précisément celle de Lucie Castets, de taxer les Français de l’étranger comme ceux qui résident en France ? 

    Karim Ben Cheïkh : Le NFP et sa candidate Lucie Castets n’ont jamais proposé ou dit qu’ils “taxeraient les Français de l’étranger comme ceux de France”. C’est tout à fait faux de présenter le débat ainsi. Les propos auxquels vous faites référence portent sur la nécessité de lutter contre les “exilés fiscaux”, c’est-à-dire ceux qui installent leur résidence fiscale hors de France dans le seul but d’échapper à l’impôt. Ces propos ont été réinterprétés pour faire croire qu’ils visent tous les Français de l’étranger. Elle parle pourtant d’un sujet précis qui concerne un petit nombre de Français très fortunés qui se jouent des règles pour échapper à l’imposition de revenus générés en France et se déclarent résidents dans des pays à faible fiscalité. 

    Cet exil fiscal de grandes fortunes est une réalité insupportable en face du déficit budgétaire et de la situation sociale en France. Le NFP et Lucie Castets savent bien que les 2,5 millions de Français établis à l’étranger ne sont pas des fraudeurs et que, bien souvent d’ailleurs, ils paient bien plus d’impôts dans leur pays de résidence qu’ils n’en paieraient en France. Pour rappel, les résidents à l’étranger rapportent plus d’1,4 milliards d’euros par an à la France alors même que le volume des dépenses qui leur est consacré avoisine un bien maigre 140 millions d’euros. 

    Rachid Hallaouy : Comment expliquez-vous l’ampleur prise par l’annonce de cette mesure que certains considèrent comme « inapplicables » ? 

    Karim Ben Cheïkh : C’est plutôt à vous, journalistes, de l’expliquer. Ce que je remarque c’est que comme à son habitude la droite macroniste cherche à faire peur aux Français de l’étranger en racontant partout, comme lors de leurs campagnes législatives, que le Nouveau Front Populaire a le projet de les taxer. Probablement pour masquer un bilan anémique sur la question des services publics des Français de l’étranger, de leur protection sociale et de l’accès à la scolarité ou pour préparer une autre élection législative en cas de dissolution, qui sait ? 

    Rachid Hallaouy : Pour Roland Lescure, ministre démissionnaire en charge de l’Industrie, « cette mesure est complexe administrativement, faiblement rentable financièrement et injuste politiquement », êtes-vous de son avis ? 

    Karim Ben Cheïkh : Encore une fois, de quelle mesure parle-t-on ? D’une demi-ligne d’interview réinterprétée de manière politicienne? Libre à M. Lescure, ministre démissionnaire, vice-président de l’assemblée nationale, probable candidat législatif après la prochaine dissolution – on ne sait plus comment le désigner – de faire de la surenchère démagogique. Je ne suis pas élu pour répondre à des mesures fantasmées et prêtées, avec beaucoup de mauvaise foi, au Nouveau Front populaire. 

    « Ce que propose Eric Coquerel, c’est un outil fiscal de taxation limité dans le temps et ciblant les grandes fortunes françaises délocalisées dans des pays à basse fiscalité ». 

    Karim Ben Cheïkh, Député Nouveau Front Populaire (NFP) de la 9ème circonscription des Français établis hors de France.

    Rachid Hallaouy : Que pensez-vous de la proposition d’Éric Coquerel, président de la commission Finances à l’Assemblée nationale, visant à instaurer une taxe basée sur la nationalité et non plus sur le lieu de résidence fiscale ? 

    Karim Ben Cheïkh : Encore une fois, c’est une mauvaise façon de présenter ce que dit Eric Coquerel qui a travaillé avec sérieux sur la question de l’évitement fiscal. Ce que propose le président de la commission des finances, c’est d’élaborer un outil fiscal de taxation limité dans le temps et ciblé sur les grandes fortunes françaises et qui se sont délocalisées vers des pays à basse fiscalité. On parle de pays qui ont des taux d’imposition inférieurs de plus de 50% à ceux de la France, voire nuls. Ces revenus générés en France seraient alors taxés à la hauteur du différentiel existant avec le barème français de l’impôt sur le revenu. L’objectif serait donc de faire un dispositif pour recréer une forme d’ “exit tax” contre l’évasion fiscale qui avait été supprimée dès 2018 par les gouvernements de M. Macron, un cadeau fait aux ultra-riches. Ce “trou dans la raquette fiscale” permet aujourd’hui à de très grandes fortunes de ne pas payer d’impôt alors qu’elles font des profits substantiels en France. Personnellement je verrai et échangerai sur pièce lorsque cette proposition sera posée par écrit. Je souhaite qu’on évite les usines à gaz fiscales mais il faut trouver la parade efficace à l’évasion fiscale. 

    Rachid Hallaouy : Il se dit que la proposition faite par Lucie Castets pourrait être revue et reformulée sans pour autant être définitivement abandonnée, qu’est-ce que cela vous inspire ? 

    Karim Ben Cheïkh : Je ne commente pas les on-dit. Le Nouveau Front populaire s’est construit autour d’un programme qui est le fruit d’un consensus et qui ne mentionne nulle part cet impôt universel. Si le NFP est appelé à gouverner, il appliquera son programme et y a déjà beaucoup à faire ! Je ne nie pas, pour autant, qu’il y a une réflexion à gauche sur l’évasion fiscale, et heureusement, car c’est un fléau contre lequel il faut lutter sans relâche, au nom de la justice et de l’équité. Mais les débats ne se situent pas là où les macronistes veulent nous le faire croire. 

    D’autre part, avez-vous examiné le bilan des gouvernements sortants et battus électoralement sur la question de l’évasion fiscale? Leur avez-vous demandé leurs propositions pour lutter contre ce phénomène ? 

    Rachid Hallaouy : Comptez vous prendre position voire des dispositions sur le sujet auprès des Français établis dans la 9ème circonscription des FDE ? 

    Karim Ben Cheïkh : Qu’y a-t-il à en dire ? 16 pays composent la 9ème circonscription ; aucun ne peut être qualifié de pays à “fiscalité privilégiée” ! 

    Dans ma circonscription je vois davantage d’exilés sociaux que d’exilés fiscaux, des Français modestes qui viennent s’établir avec des pensions de retraite modestes et des petits compléments de revenus locatifs taxés par de la CSG-CRDS sans contrepartie sur leur protection sociale. Les Français de l’étranger sont en attente de justice fiscale et ce point de vue je le défends au sein du NFP. 

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