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  • Crise au Moyen-Orient : les expatriés français en première ligne

    Crise au Moyen-Orient : les expatriés français en première ligne

    Les expatriés français vivant en Israël, en Iran ou au Liban vivent un quotidien particulier, notamment depuis le 7 octobre dernier et l’attaque du Hamas. La mort d’Ismaïl Haniyeh, le chef du mouvement islamiste et nationaliste palestinien, tué le 31 juillet dernier lors d’une opération attribuée à l’Etat Hébreu, a fait croître la tension au Proche-Orient. Le Quai d’Orsay appelle d’ailleurs les Français à ne pas se rendre dans ces pays pour le moment. Parallèlement, ce sont dans ces situations où les Conseillers des Français de l’étranger, les élus locaux de nos compatriotes installés dans ces pays, jouent un rôle important d’écoute et de conseils. Ils sont, en effet, en première ligne pour aider nos ressortissants sur place. Ils analysent également le contexte avec des éléments venus du terrain. Et ils partagent leurs recommandations. Lesfrancais.press a ainsi souhaité les interroger. 

    Mise à jour le 04 août à 11h40

    Premier pays concerné, Israël.

    Sur le site du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères il est écrit que « face aux risques d’escalade militaire au Proche-Orient, il demeure formellement recommandé aux ressortissants français, sauf pour des raisons impératives, de ne pas se rendre en Israël et dans les Territoires palestiniens, y compris pour des visites touristiques et familiales. » Contactée par notre média, Daphna Poznanski-Benhamou, conseillère des Français pour la circonscription d’Israël et Territoires palestiniens, évoque « une vague inquiétude », quand on lui demande ce qu’elle vit actuellement. 

    «Les ayatollahs ne peuvent pas ne pas attaquer. Ils ont perdu la face»  

    Daphna Poznanski-Benhamou, Conseillère des Français pour la circonscription d’Israël et des Territoires palestiniens

    Pour autant, depuis la mort du chef du Hamas, l’élue à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) ressent « assurément » une tension plus grande. Cependant, selon son analyse, «les ayatollahs ne peuvent pas ne pas attaquer. Ils ont perdu la face» car «Ismaïl Haniyeh était invité à l’investiture du nouveau président iranien». Et, «on l’oublie souvent…» poursuit-elle dans un entretien avec notre rédaction, « mais l’Iran et Israël sont deux pays asiatiques. Or, en Asie, perdre la face… » Si Daphna Poznanski-Benhamou ne termine pas sa phrase, il est pour autant facile de comprendre ce que l’ancienne députée suggère.

    Le système de défense aérienne israélien « Dôme de fer » a intercepté des milliers de roquettes depuis sa mise en service en 2011 ©AFP

    Sur place, la vie reste active. Pour maintenir ce quotidien, la conseillère des Français pour la circonscription d’Israël et Territoires palestiniens conseille aux Français résidant en Israël de « prendre connaissance en continu, via les TV et les téléphones portables et les applications dédiées, de l’évolution de la situation et de suivre les instructions données par les autorités israéliennes ». 

    Daphna Poznanski-Benhamou

    « En Israël, la vie continue, les plages et les cafés sont bondés »

    Daphna Poznanski-Benhamou, Conseillère des Français pour la circonscription d’Israël et des Territoires palestiniens

    Et, faut-il toutefois reporter les déplacements de nos compatriotes vers l’Etat hébreu ? Daphna Poznanski-Benhamou ne le pense pas. Elle assure que « la vie ici continue, les plages et les cafés sont bondés ». Alors oui note-t-elle « en parallèle, il y a cette guerre qui n’en finit pas, avec ses horribles conséquences. Mais les touristes, eux, ne sont pas touchés, contrairement aux Israéliens et parmi eux, nos Franco-Israéliens.» Elle rappelle aussi que « parmi ces Franco-Israeliens, beaucoup ont dû quitter la France à cause d’un antisémitisme qui n’a pas attendu les dernières élections législatives en France pour se manifester. Ceux-là serrent les dents et se rappellent cette sorte de mantra juif :

    « Le monde entier est un pont très étroit. L’essentiel est de ne pas avoir peur« .

    Daphna Poznanski-Benhamou, Conseillère des Français pour la circonscription d’Israël et des Territoires palestiniens

    Presque (malheureusement) habituée par ce qui se passe, elle nous confie « cette nuit, je vais aussi aller dormir », comme si les tourments de ce monde ne pouvaient pas davantage accroître une inquiétude que tous comprendraient. 

    Iran : « Le risque d’une guerre ouverte entre l’Israël et l’Iran est grand »

    Les autorités françaises rappellent sur le site du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) que l’Iran, en tant qu’autre belligérant, a tout son territoire classé en rouge sur la carte des conseils aux voyageurs.

     » Il est donc formellement déconseillé aux ressortissants français de se rendre en Iran, quel qu’en soit le motif. En raison du risque aggravé d’escalade militaire dans la région, les Français de passage qui se trouveraient encore en Iran sont invités à en partir au plus tôt  » .

    Site du Ministère des Affaires étrangères

    Armand Meimand, président du conseil consulaire pour les Français d’Iran, revient sur l’attaque du 31 juillet et « pense que ces provocations sont délibérément irresponsables et visent à entraîner une confrontation régionale voire mondiale de grande ampleur ». Au cours de notre échange, il ajoute que « l’immunité totale et inconditionnelle accordée par les États-Unis encourage les excès et les imprudences ». Il « rappelle que le temps des croisades est révolu ».  Au regard du climat actuel, Armand Meimand estime que « nous n’avons pas intérêt à renoncer à nos principes fondamentaux de paix et des droits de l’homme tels qu’inscrits dans la charte des Nations unies car à long terme ils nous protègent bien plus efficacement que les armes. » 

    Son collègue, Baki Manèche élu également, estime que la situation est « aujourd’hui très tendue car le risque d’un embrasement régional et d’une guerre ouverte entre l’Israël et l’Iran est grand. » »

    «Ne pas renoncer à nos principes fondamentaux. Ils nous protègent plus que les armes»

    Armand Meimand, président du conseil consulaire des Français d’Iran
    Baki Manèche

    Baki Manèche évoque aussi de son côté la position des Etats-Unis et la possibilité d’« une intervention forcée mais non désirée des USA qui ne souhaitaient pourtant pas ouvrir le front iranien ». L’action attribuée à Israël contre Ismaïl Haniyeh s’est également déroulée à un moment particulier partage-t-il : « Cette attaque de par son timing (le jour de la prestation de serment du président qualifié de réformateur), la cible et le lieu ne laisse que peu de choix aux Iraniens, ils vont attaquer fort ». Et, sans doute, estime-t-il, de « donner l’occasion à Benyamin Netanyahou de déclencher une guerre ouverte »

    « La population vit dans une certaine lassitude de ces moments de tension qui souvent accouchent d’une souris ».

    Baki Manèche, conseiller des Français d’Iran
    Une photo fournie par le bureau du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, le montre dirigeant la prière sur le cercueil du défunt leader du Hamas Ismail Haniyeh et de son garde du corps, lors de son cortège funèbre à Téhéran le 1er août 2024. © AFP

    Dans ce contexte, les Iraniens et nos ressortissants s’inquiètent-ils beaucoup ? Baki Manèche observe qu’«à part les militaires, les gardiens et les ultras religieux qui sont sous tension et sur le pied de guerre, la population vit dans une certaine lassitude de ces moments de tension qui souvent accouchent d’une souris. Cependant, cette fois il faut avouer que beaucoup suivent la réponse iranienne avec attention, tant en Iran que dans la région, car une guerre ouverte pourrait être dévastatrice

    En Iran, un conseil : « se tenir loin des manifestations qui peuvent surgir ici ou là »

    Baki Manèche recommande de « suivre absolument les instructions de sécurité délivrées par l’Ambassade de France et le MEAE ». Il conseille aussi, « comme d’habitude se tenir loin des manifestations qui peuvent surgir ici ou là ». Il rappelle qu’en Iran, « nous avons des moyens de communication et d’information à la disposition de nos compatriotes avec l’organisation d’îlots et chefs d’îlots en cas de crise grave ou catastrophe naturelle ». Aussi, il conseille vivement « à tout le monde de bien revoir et utiliser ce système en cas de conflit ». L’élu estime également que « pour ceux qui ont la possibilité de quitter le pays et la région ce serait le moment idéal ». 

    Quant au président du conseil consulaire Armand Meimand estime que sur place « les Français résidant en Iran ne sont pas plus en danger que les Iraniens ». Actuellement « seul un noyau dur de la communauté française est resté sur place, il s’agit d’un millier de personnes à peu près » explique-t-il. Ces Français « vivent avec leurs proches et pour la plupart n’ont pas l’intention de partir ». S’appuyant sur son expérience, il estime pourtant que « certains d’entre eux pourraient avoir besoin d’une aide financière pour quitter le pays en cas de confrontation militaire ». 

    « Actuellement en Iran, un millier de Français encore présents »

    Armand Meimand, Président du Conseil consulaire des Français d’Iran
    Armand Meimand

    Ce départ possible doit cependant s’organiser. Ainsi, « en tant que président du Conseil consulaire de la circonscription », Armand Meimand a « demandé à l’ambassadeur de France en Iran de bien vouloir procéder à un recensement des familles concernées afin d’être en mesure de leur venir en aide en cas de besoin. La condition sine qua non de leur consentement à quitter l’Iran est qu’ils soient accompagnés de leurs proches ».  

    Et qu’en est-il de nos ressortissants qui souhaitaient venir sur Téhéran ou dans d’autres régions de ce pays ? Armand Meimand précise qu’«au cas où il serait impossible reporter son déplacement en Iran, il est fortement recommandé de s’inscrire sur le fil d’ariane sur le site web du ministère de l’Europe et des affaires étrangères afin d’informer le centre de crise dudit Ministère de sa présence sur le territoire iranien. ». Dans de telles situations, décider de partir entraîne aussi des possibles conséquences sur celles et ceux qui pourraient être amenés à devoir vous récupérer. Baki Manèche plaide aussi en ce sens : ne venez pas pour le moment « du moins le temps de voir si cette nouvelle provocation va aboutir à une guerre ou pas ».

    Liban : « Nous vivons donc dans un état de stress considérable »

    Quant à la situation au Liban, la recommandation française est-elle différente ? Sur le site internet de notre diplomatie, il est écrit que « face aux risques d’escalade militaire au Proche-Orient, il demeure formellement recommandé aux ressortissants français, sauf pour des raisons impératives, de ne pas se rendre au Liban. » 

     « Nous vivons donc dans un état de stress considérable« 

    Lucas Lamah, Conseiller des Français du Liban et de Syrie

    Pour faire le point, nous avons interrogé Lucas Lamah, Conseiller pour nos expatriés résidant au Liban et en Syrie. « La région est en situation de conflit depuis le 7 octobre 2023 et traverse actuellement une phase extrêmement délicate, nécessitant une vigilance accrue de la part de nos compatriotes » déclare-t-il à notre média. Ainsi, « les deux récentes attaques vont clairement contribuer à une montée des tensions sur tous les fronts » constate-t-il. Il poursuit en indiquant également que « tout le monde s’attend à une riposte très importante, mais personne ne sait ni la forme, ni le lieu, ni la date. Pour l’élu consulaire au Liban, « nous vivons donc dans un état de stress considérable ».

    Lucas Lamah
    Lucas Lamah

    « Assurez-vous d’être bien inscrits auprès des services consulaires »

    Lucas Lamah, Conseiller des Français du Liban et de Syrie

    C’est dans ce climat que Lucas Lamah « encourage vivement les Français vivant au Liban à s’assurer que leurs coordonnées soient bien enregistrées auprès des services consulaires (..) Cela permettra à nos compatriotes de recevoir toutes les communications du consulat en cas de besoin ».

    Au Liban, « les récents événements ont fait basculer le conflit dans une nouvelle dimension »

    Et pour celles et ceux qui avaient prévu de se rendre au Pays du Cèdre, l’ancien candidat aux élections législatives souhaite « relayer les recommandations du ministère des Affaires étrangères, qui invite nos compatriotes à éviter absolument de se rendre dans cette partie du monde. » Sur ce point Lucas Lamah est effectivement sans ambages : « la situation est très délicate. Les récents événements ont fait basculer le conflit dans une nouvelle dimension, et la région pourrait sombrer dans un conflit ouvert à tout moment. » Cependant, pour les plus téméraires, pour les « visiteurs en courts séjours », ceux-ci « doivent quant à eux s’inscrire sur le Fil d’Ariane » informe-t-il.

    Patrouille de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINU) à la frontière libano-israélienne en juillet 2023 ©AFP

    Cependant ce 04 août, la situation au Liban a évolué. Les risques encourus pour nos ressortissants sur place augmentent. Aussi la France vient de changer son message sur le site dédié envers notre communauté : « nous appelons à nouveau l’attention des ressortissants français, en particulier ceux de passage, sur le fait que des vols commerciaux directs et avec escales vers la France sont encore disponibles, et nous les invitons à prendre leurs dispositions maintenant pour quitter le Liban dès que possible. »

    C’est donc ainsi que vivent nos ressortissants en Israël, en Iran et au Liban. L’inquiétude est certes présente, mais le quotidien semble, le plus souvent, prendre le pas sur les événements. Et, même si une actualité peut en chasser une autre, les recommandations des élus sur place et du ministère de l’Europe et des Affaires européennes restent à suivre avec la plus grande attention. Il en va aussi de l’existence de chacune et de chacun. 

  • Lettre à la France : Chiara de Sicile, la langue de feu d’une Franco-Italienne de tempérament.

    Lettre à la France : Chiara de Sicile, la langue de feu d’une Franco-Italienne de tempérament.

    Quand nous avons rencontré Chiara à Catane, elle avait revêtu son très agréable manteau d’hiver. À l’échelle de la météo clémente de la Sicile, cela se traduisait par des douces journées qui voyaient les touristes flâner dans les rues de la ville plantée aux pieds de l’Etna en quête d’aventures volcaniques.

    Chiara faisait l’article pour une petite agence touristique locale. C’est en français qu’elle nous avait abordés mes enfants et moi, et c’est toujours dans une langue de Molière impeccable à peine matinée d’un charmant accent italien qu’elle avait énoncé les avantages innombrables de la sortie à la journée proposée pour un prix « absolument modique ». Il était impossible en réalité de résister au bagou de Chiara.

    Nous avons passé ce jour-là un moment inoubliable sur les pentes du volcan à chercher les fumerolles annonciatrices d’une éruption qui, fort heureusement, ne vint pas. Mais Chiara avait entretenu le suspense toute la journée avec des dons de conteuse émérite et une doudoune chamarrée et extravagante. Impossible de lâcher notre guide du regard avec une telle panoplie ! 

    A la fin de la journée nous avons échangé nos coordonnées et c’est ainsi que cet été… j’ai repris le contact avec Chiara pour lui proposer d’écrire sa « Lettre à la France » et de participer à un petit échange téléphonique.

    « Ma lettre à la France c’est un doigt dressé à la France rance »

    « La France parfois ça pue comme un camembert. Il n’y a qu’à avoir le résultat des dernières élections. Mais la France aussi c’est crémeux comme un Saint nectaire. J’adore la France des petits villages et des campagnes du Sud qui me rappelle ma Sicile chérie. Ma lettre à la France c’est un doigt dressé à la France rance, mais c’est un baiser salé à la France métissée qui me fait rêver ».

    Chiara de Catane

    Boris Faure : Chiara, tu m’as écrit une lettre à la France de tempérament…Tu es franco-italienne et je sais que tu es née un peu par hasard à Marseille. Tu nous racontes ton histoire ?

    Chiara : Mon père était un marin italien. Il tournait sur des cargos en Méditerranée. Il a fait cela pendant une bonne vingtaine d’années. Puis je crois qu’il s’est lassé de l’ambiance masculine et un peu crasseuse des bateaux rouillés. Il était dans le doute à ce moment-là, et il a fait une escale un peu plus longue que d’habitude à Marseille. Il dit qu’il a rencontré ma mère au stade vélodrome un soir de victoire de coupe d’Europe mais c’est surtout un gros mytho. En vérité il l’a draguée au comptoir d’un troquet branché près du vieux port. Et la suite a été tumultueuse. Je suis née quelques mois plus tard. Le coup de foudre. Même si mes parents se sont beaucoup disputés par la suite. Et que c’est maman qui m’a élevé seule au final. 

    Boris Faure : Comment tu te retrouves en Sicile à Catane alors ?

    Chiara : Papa avait insisté pour rentrer en Italie. Les Marseillais le fatiguaient visiblement. Il trouvait les Siciliens civilisés en comparaison ! (rire). Et puis je crois qu’il avait trouvé un boulot bien payé sur les quais du port. Me demandez pas ce qu’il faisait exactement. C’était pas forcément parfaitement légal. Moi j’avais déjà 8 ans et je parlais le français. Ici j’ai ramé avec l’italien au début. Puis les deux langues me sont devenues familières. Maman a bien accroché avec Catane, la ville un peu délabrée qui lui rappelait Marseille, le climat du sud si clément, et puis l’Etna pour qui elle a encore une adoration, comme si ce dieu colérique qu’est le volcan était un membre de sa famille. 

    Papa s’est barré assez rapidement. Il est reparti sur un cargo rouillé et il doit rouiller dessus à l’heure qu’il est (rire à nouveau…)

    « Notre Etna est plus paisible dans ses colères, ce n’est pas comme moi.« 

    Boris Faure : Et la passion du volcan s’est transmise visiblement ?

    Chiara : Oui clairement, c’est l’héritage familial. Ce volcan, c’est un peu notre propriété privée (clin d’oeil appuyé). En fait j’ai voulu commencer des études de géologie car je m’intéressais à tout ce qui concernait les volcans. L’histoire des stromboliens et de leur dôme explosif, les nuées ardentes assassines, ça me faisait kiffer. Heureusement notre Etna est plus paisible dans ses colères, c’est pas comme moi.

    Boris Faure : Tu as fait tes études à quel endroit ?

    Chiara : En fait nulle part. Les études n’ont jamais démarré. J’avais la flemme de quitter Catane. Je me suis dit aussi que j’apprendrais sur le tas l’histoire de l’Etna et qu’avec mon bagout je pourrais aller baratiner quelques touristes pour leur extorquer de quoi gagner ma vie (rire).

    J’ai débuté dans une agence qui n’existe plus aujourd’hui. Puis je me suis fixé sur mon agence actuelle. C’est ce que j’ai de plus stable dans ma vie d’ailleurs. Le boulot. Au niveau vie privée c’est plus catastrophique. Je crois que je suis trop volcanique dans la vie…

    « Ici on vivote mais on vivote bien« 

    Boris Faure : Parle-moi de la vie ici en tant que Française…

    Chiara : Je ne suis pas française je suis franco-italienne. Nuance ! Je ne choisirais jamais entre le pays de la botte et le pays des camemberts. Ici la vie est douce. On peut dire que ça correspond au cliché de la dolce Vita même si on n’est pas à Rome mais dans un pays de fou où à la fois la terre est généreuse pour ceux qui cultivent, le ciel est généreux en intempérie rares, les gens sont généreux, car on a toujours su accueillir les étrangers ici…mais malgré cette générosité d’âme, il y a quelque chose ici qui déconne (rire…). Va savoir, les histoires de mafias peut être, une classe politique un peu pourrie, ou disons pas au niveau, et des gens qui ne se donnent pas le mal qu’il faudrait pour faire vraiment décoller la Sicile…

    Bref, ici on vivote mais on vivote bien. On mange bien. On boit des bons vins. Et les garçons sont charmants…Enfin, parfois.

    « Meloni, une grande menteuse »

    Boris Faure : Et la situation politique ?

    Chiara : Moi j’aime bien Meloni, figure-toi. Mais uniquement en tant que femme. Un tempérament de tueuse, une nana qui a mis les mecs au pli. Après dans ses idées pour moi c’est une grande menteuse. Elle promet des choses qu’elle ne tiendra pas. Sur l’immigration elle a fait des étrangers des boucs émissaires. Elle a aussi promis la lune en matière d’expulsion. Et elle n’y arrivera pas. Une grande menteuse je te dis.

    Boris Faure : Tu peux nous parler de ta vision de l’avenir pour Catane ?

    Chiara : Non. Je réalise que je t’ai dit assez de bêtises pour aujourd’hui. Donc on va en reste là, l’ami. Et puis je t’attends sur le volcan, car la dernière fois tu ne faisais pas trop le malin en altitude…Et peut-être que la prochaine fois tu auras plus le pied marin…Pour naviguer au sommet.

    Boris Faure : Et les photos que tu as choisies ?

    Chiara : Juste des endroits de Catane où je me sens bien. Les rues animées, colorées. Les gens qui ont ici du tempérament de feu. Et puis le volcan où je me sens chez moi. Tu verras la maison ensevelie sous la lave sur la photo. Parfois j’ai vraiment l’impression que c’est chez moi et que le volcan vient juste me saluer en déversant la lave à mes pieds…

  • À Francfort, le P’tit Victor organise les olympiades grâce au STAFE

    À Francfort, le P’tit Victor organise les olympiades grâce au STAFE

    Écouter le podcast d’Aurélie Ullrich Dauban

    Direction l’Allemagne et plus précisément Francfort pour ce numéro d’« Initiatives Expats », la série qui met en avant les expatriés engagés. C’est Aurélie Ullrich Dauban qui nous reçoit. Elle gère notamment les finances de l’association « Le P’tit Victor ». Et avec le soutien du STAFE, cette structure a proposé aux jeunes de vivre leur propre olympiade. C’est dans cette optique que « Les P’tits Jeux » ont pu émerger. Comment se sont préparées les épreuves ? Un dossier de subvention est-il si compliqué à monter ? Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a-t-il pu finalement contribuer à cet événement ? C’est à ces questions, et à d’autres encore, auxquelles notre invitée a bien voulu répondre pour Lesfrancais.press.

    Francfort Aurelie Ullrich Vauban LePtitVictor

    Arrivée à Francfort en 2015, Aurélie a auparavant vécu en France et en Ukraine. Mariée à un allemand, elle trouve « très agréable la vie » sur les bords du Main. Elle a rejoint l’association « Le P’tit Victor » il y maintenant quatre ans. « C’est comme une petite entreprise mais à but non lucratif », nous dit-elle au cours de notre échange. Au quotidien, cette structure a pour vocation de proposer des activités aux jeunes après l’école. En Allemagne, les journées d’école se terminent en effet plus tôt qu’en France. 

    Les P’tits Jeux (olympiques) s’installent à Francfort

    En 2024, les Jeux Olympiques de Paris ont également eu un écho outre-Rhin. C’était l’occasion pour l’association de prévoir une activité en lien avec l’actualité. Ainsi est né le projet des « P’tits Jeux ». Il s’articule autour de compétitions sportives, et se déroule sur une semaine. La transmission des valeurs de l’Olympisme est également un des objectifs de ces journées. Des médailles sont aussi à gagner. Cependant, celle récompensant le panache figure-t-elle au palmarès ? Nous avons interrogé sur ce point l’organisatrice. 

    Le STAFE a permis de mieux structurer le projet en faveur des jeunes

    En plus des efforts des membres de l’association et de la préparation intense effectuée par l’équipe de la structure, les « P’tits Jeux » ont pu devenir une réalité grâce à l’apport du Stafe. Le « soutien au tissu associatif des Français à l’étranger », créé par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, a contribué, dans le cas présent, à hauteur de 14.000 € pour le succès de cet événement. Pour notre invitée, le montage du dossier a véritablement permis de formaliser et préparer de façon « un peu plus professionnelle et plus structurée » le projet. Vous découvrirez pour quelles raisons Aurélie partage ce vécu en écoutant son interview. 

    Les bons conseils pour préparer son dossier STAFE

    Au cours de ce podcast, vous entendrez aussi les très bonnes suggestions délivrées par Aurélie pour monter et déposer un dossier STAFE. Ses propos seront sans doute très utiles pour les responsables d’associations françaises à l’étranger. Du statut aux charges du personnel, en passant par les coûts des équipements, le public ciblé, et les bonnes relations avec le Consulat, … Tout y passe. Aussi, n’hésitez pas à cliquer sur le podcast pour récupérer les conseils de notre invitée. « Le jeu en vaut la chandelle » nous confie-t-elle. 

    Francfort LePtitVictor animation
    Animation Écologie
    Francfort LePtitVictor animation ballons.jpg
    Animation Ballons
    Francfort LePtitVictor animation escalade
    Animation Escalade
    Francfort LePtitVictor animation yoga
    Animation Yoga

    De plus, très souvent, l’aide financière vient en plus récompenser les actions de la structure. Cette aide, c’est donc également une reconnaissance officielle du travail effectué par les membres d’une association. Découvrez tout cela, et bien plus encore, en écoutant l’intégralité de ce podcast « Initiatives Expats », la série qui met en avant nos expatriés engagés.

  • Assassinat d’Ismaël Haniyeh

    Assassinat d’Ismaël Haniyeh

    Le Hamas, mouvement islamiste et nationaliste palestinien, en guerre ouverte avec Israël depuis octobre dernier, annonce ce mercredi la mort de son chef depuis 2017, Ismaël Haniyeh, dans un raid mené contre sa résidence à Téhéran.

    Un responsable du Hamas déclare que « l’assassinat d’Ismaïl Haniyeh est un acte lâche, qui ne restera pas impuni ». Ismaël Haniyeh s’était rendu à Téhéran pour assister mardi à la prestation de serment du nouveau président iranien Massoud Pezeshkian devant le Parlement.

    Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, condamne le « lâche assassinat » du chef politique du Hamas, et appelle les Palestiniens à « rester unis« .

    Quel avenir pour Gaza ?

    Le Premier ministre du Qatar, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, s’est interrogé sur l’opportunité de poursuivre la médiation entre Israël et le Hamas après l’assassinat du chef du mouvement palestinien, Ismaïl Haniyeh. 

    « Les assassinats politiques et le fait que des civils continuent d’être pris pour cible à Gaza (…) nous amènent à nous demander comment une médiation peut réussir lorsqu’une partie assassine le négociateur de l’autre partie », a écrit cheikh Mohammed sur X. « La paix a besoin de partenaires sérieux », a-t-il dit, alors que les négociations sur une trêve à Gaza piétinent.

    La Russie inquiète

    « Nous condamnons fermement cette attaque (…) Nous estimons que de tels actes sont dirigés contre les tentatives de rétablir la paix dans la région et peuvent considérablement déstabiliser une situation déjà tendue », a affirmé à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

    Washington veut apaiser

    Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken s’est refusé à commenter directement la mort du chef du Hamas palestinien Ismaïl Haniyeh, tué à Téhéran, mais souligné l’ »impératif » de parvenir à un cessez-le-feu à Gaza. « Bien sûr, j’ai vu les informations et tout ce que je peux vous dire pour l’instant, c’est que rien ne remet en question l’importance de parvenir à un cessez-le-feu », a-t-il affirmé interrogé lors d’un forum de discussion à Singapour.

    « Tout d’abord, nous n’étions pas au courant et nous ne sommes pas impliqués », a-t-il ajouté dans une interview télévisée dont des extraits ont été rendus publics par son entourage.

    Air France et Transavia prolongent la suspension des vols vers Beyrouth

    Les compagnies aériennes Air France et Transavia France ont décidé de prolonger la suspension de leurs vols vers Beyrouth, au Liban, jusqu’a samedi inclus « en raison de la situation sécuritaire », annonce leur maison mère, Air France-KLM. Cette mesure est appliquée depuis lundi. 

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • Sahara occidental : la position européenne à l’épreuve des dernières annonces de l’Elysée

    Sahara occidental : la position européenne à l’épreuve des dernières annonces de l’Elysée

    Emmanuel Macron a estimé dans une lettre mardi 30 juillet que le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental était la « seule base de règlement » au conflit qui oppose ces deux territoires depuis plus de trente ans. Un positionnement qui s’éloigne de celui de l’UE.

    Le plan présenté en 2007 par le Maroc serait « la seule base pour aboutir à une solution politique juste, durable et négociée conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies », a souligné l’Élysée dans une lettre adressée au roi du Maroc Mohammed VI, dont l’AFP a obtenu une copie.

    C’est la première fois qu’Emmanuel Macron se positionne si clairement en faveur de la proposition de Rabat, qui prévoit de créer un parlement autonome pour les populations du Sahara occidental, doté de nouvelles compétences régionales, tout en gardant la main sur la souveraineté du territoire, les affaires étrangères, la douane, la défense ou encore la monnaie.

    Les autorités marocaines et le Front Polisario indépendantiste du Sahara occidental sont en conflit ouvert depuis la décolonisation espagnole en 1975 quant à la souveraineté de cette vaste étendue de terre largement désertique, qui longe l’océan Atlantique.

    Dans les faits, le Maroc exerce un contrôle économique et administratif sur la région, contre lequel le Front Polisario lutte, soutenu par l’Algérie. Un accord de cessez-le-feu conclu en 1991 prévoit l’organisation d’un référendum d’autodétermination, qui n’a jamais vu le jour, alors que l’identification des électeurs potentiels s’est révélée être la principale difficulté. Le Front Polisario a toujours rejeté le plan marocain de 2007.

    Cette décision diplomatique française soudaine, alors que les yeux du monde sont rivés sur les Jeux olympiques et que la vie politique nationale est au point mort, a notamment exaspéré l’Algérie, qui a annoncé quelques heures plus tard mardi le retrait de son ambassadeur à Paris.

    Cette affaire ne manquera pas de prendre une dimension européenne – alors que la position du haut représentant de l’UE aux Affaires étrangères sur ce conflit a toujours été, dans la droite ligne de l’ONU, l’appel à la tenue d’un référendum d’autodétermination, que la proposition marocaine reléguerait au second plan.

    UE v France

    Selon Angelica Vascotto, chercheuse au sein du Conseil européen pour les relations étrangères (European Council on Foreign Relations – ECFR), un think tank, l’annonce d’Emmanuel Macron s’inscrit dans un souci d’« éviter le développement de zones politiques à risque » qui pourrait renforcer l’insécurité dans la région sahélienne.

    Charge à l’UE d’agir en tant que « médiateur » afin de maintenir des liens diplomatiques forts autant avec Alger qu’avec Rabat, souligne la chercheuse — un jeu d’équilibriste alors que la haute représentation pour les Affaires européennes a toujours soutenu la tenue d’un référendum, sans pour autant reconnaître le Front Polisario.

    En 2020, le haut représentant Josep Borrell déclarait que « l’Union européenne considère le Sahara occidental comme un territoire non autonome, dont le statut final sera déterminé par le résultat du processus de l’ONU en cours », y compris la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination (MINURSO).

    L’ONU considère le Sahara occidental comme un territoire non autonome – ainsi qu’elle le fait pour la Nouvelle-Calédonie, par exemple – qu’elle définit comme un territoire « dont le peuple n’a pas encore atteint un degré complet d’autonomie ».

    Une résolution de l’ONU datée de 2022 appelle le Maroc et le Front Polisario à « parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, fondée sur le compromis, qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ».

    Le droit à l’autodétermination des peuples du Sahara occidental était également au cœur d’un arrêt du Tribunal de la Cour de Justice de l’UE en 2021, qui annulait un accord commercial sur la pêche entre l’UE et le Maroc au motif qu’il ne respectait pas le statut « séparé et distinct » du Sahara occidental.

    « Il appartient à chaque État membre d’adopter ses propres positions. La position commune de l’Union européenne sur le sujet reste inchangée », a déclaré une porte-parole de la Commission européenne à Euractiv.

    Avec la décision de mardi, Paris adopte donc une position à rebours de celle de l’UE et emboîte le pas à une série d’autres États membres qui ont également soutenu le plan marocain. L’Espagne, dernière en lice, a aussi dû faire face à la colère d’Alger, qui a rompu ses liens diplomatiques avec Madrid et menacé de suspendre un traité commercial bilatéral vieux de vingt ans.

    Il appartient désormais à l’UE, et à sa – très probable – future haute représentante aux Affaires étrangères Kaja Kallas, de trouver le juste équilibre afin de garder les meilleures relations possibles avec Rabat et Alger.

    Les relations commerciales entre l’UE et l’Algérie sont très stratégiques, souligne Angelica Vascotto, Alger étant un exportateur clé de produits minéraux vers l’Union.

    Parallèlement, le Maroc est un pays politiquement stable qui dispose d’un accès facile à la côte atlantique et de ressources halieutiques abondantes.

    Le désert du Sahara occidental et la côte marocaine regorgent en outre de minéraux stratégiques, notamment de phosphate et de pétrole, qui ne manquera pas d’intéresser l’UE.

  • Devez-vous vendre votre bien en France ?

    Devez-vous vendre votre bien en France ?

    Parmi les Français de l’étranger, nous sommes nombreux à avoir gardé ou acquis un bien en France. Que ce soit un héritage, l’ancienne résidence principale ou un investissement locatif, le marché français de l’immobilier par sa croissance constante et son environnement légal attirent un grand nombre d’investisseurs. Pourtant, les notaires interrogés par Immonot sont plus pessimistes qu’auparavant et sont moins nombreux à anticiper une hausse de leur activité dans les mois à venir.

    Incertitude politique

    C’est le signe que le moral n’est pas au beau fixe. La plateforme Immonot interroge régulièrement les notaires sur leur perception du marché. Et en juillet, la majorité d’entre eux (78% des notaires interrogés) conseillent de vendre en raison, selon le sondage, des « incertitudes liées au résultat des élections ».

    À l’inverse, 15% des notaires interrogés restent orientés sur l’achat, une part non négligeable selon l’étude, signe que « l’immobilier a toujours l’image de valeur refuge ». Enfin, 7% préfèrent patienter. Ces proportions sont globalement en phase avec les précédents sondages d’Immonot, où la majorité des notaires conseillaient déjà de vendre.

    Ce qui change en revanche, c’est leur inquiétude croissante. Alors que fin avril 18% des notaires interrogés anticipaient une augmentation de leur activité et seulement 11% une baisse, fin juin la proportion d’optimistes descend à 8% contre 58% de pessimistes prévoyant une chute des transactions.

    Et encore une fois, c’est l’incertitude politique qui est à blâmer, selon Immonot. « Tout changement politique a un effet plus ou moins désastreux sur l’activité immobilière », écrivent les auteurs.

    Enfin concernant les prix, ils sont de plus en plus nombreux (67% en juin contre 32% en avril) à anticiper la poursuite de la baisse.

    Quel impact fiscal ?

    Mais vendre son bien, pour bon nombre de Français, c’est source d’inquiétude. A quel taux vais-je être taxé ? La CSG me sera-t-elle appliquée ? Comment vais je récupérer les fonds ?

    Pourtant, l’imposition des plus-values immobilières des non-résidents est allégée puisqu’ils bénéficient d’un régime fiscal avantageux applicable depuis le 1er janvier 2019.

    Ainsi :

    – La vente de l’ancienne résidence principale en France peut être exonérée de la taxe sur la plus-value ;

    – La vente d’un logement en France peut être exonérée sur la plus-value plus fréquemment ;

    Par ailleurs, l’assujettissement des non-résidents aux prélèvements sociaux est maintenu, mais le taux peut être minoré. Pour les résidents dans l’Union européenne, si vous ne bénéficiez plus de la sécurité sociale française, vous pouvez demander l’exemption.

    Enfin, pour récupérer vos fonds, il vous faudra un compte européen, à minima, voire français. En effet, les notaires refusent le plus souvent de transférer les fonds en dehors de l’espace SEPA. Pour cela, vous pouvez ouvrir un compte dans une banque en ligne, comme France Pay, la nouvelle app bancaire dédiée aux expatriés ou en faisant valoir votre droit au compte auprès de la Banque de France.

  • La première promotion de candidats AEFE au « baccalauréat français international »

    La première promotion de candidats AEFE au « baccalauréat français international »

    La session 2024 fut une année particulièrement importante pour le réseau d’enseignement français à l’étranger. En effet c’est l’aboutissement de plusieurs années d’efforts pour l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE), avec la première promotion du nouveau Baccalauréat Français International (BFI) qui a passé l’examen. Et les élèves n’ont pas eu à rougir, ils font encore mieux que l’ensemble des candidats présentés par l’ensemble des établissements des réseaux affiliés à l’AEFE (98,6% d’obtention) avec un taux de réussite de 99% et 98,3% de mentions, dont 49 % de mention « très bien ».

    Pour l’AEFE, dans comme elle l’indique dans son communiqué, « ces résultats exceptionnels viennent confirmer que le baccalauréat français international est particulièrement adapté aux élèves de l’enseignement français à l’étranger et que ceux-ci y excellent« .

    Qu’est-ce que le BFI ?

    Le baccalauréat français international (BFI) est une option du bac qui concerne exclusivement le cycle terminal. Mais il est possible de postuler au BFI sans avoir suivi de section internationale avant la classe de première. En effet, il suffit d’attester du niveau de langue B2 pour la langue vivante A et B1 pour les langues vivantes B et C. Une épreuve écrite et une autre à l’oral organisées par l’établissement, en plus d’un dossier de candidature, sont attendues afin de s’inscrire, si résultat positif, à ce format. Il est ouvert à tous lycées inscrits dans un établissement français en France comme à l’étranger.

    Quelles différences ?

    Le BFI contient des enseignements spécifiques de discipline non-linguistique et d’approfondissement linguistique et culturel. Ces derniers sont approfondis par le nouvel enseignement de connaissance du monde. Les élèves sont eux valorisés dans un projet mené avec un partenaire international.

    Contrairement à l’OIB (l’ancienne option internationale du baccalauréat), l’objectif du baccalauréat français international (BFI) est d’acquérir plus de visibilité dans le monde. Cette nouvelle option garantie aux élèves de répondre à leurs attentes en leur faisant découvrir des enseignements innovants. La place des langues sera très importante, car trois parcours linguistiques seront proposés selon les établissements. Ces derniers ont pour objectif d’apporter aux élèves des sections internationales, une ouverture et un approfondissement culturel. Le pays de résidence, ou la zone géographique, sera bien sûr particulièrement mis en avant.

    Le baccalauréat français international (BFI), se divise en trois parcours linguistiques distincts disponibles selon les établissements scolaires :

    • Le parcours bilingue  : Français + Langue vivante A (langue de section) + Langue Vivante B
    • Le parcours trilingue  : Français + Langue vivante A (langue de section) + Langue vivante B (renforcée)
    • Le parcours quadrilingue  : Français + Langue vivante A (langue de section) + Langue vivante B (renforcée) + Langue vivante C (renforcée).

    Comment préparer son enfant ?

    En tant que famille d’expatriés, vos enfants sont plongés au quotidien dans une dimension internationale. Et l’AEFE accompagne depuis des décennies des élèves dans une telle situation. Ça fait donc longtemps, que celle-ci, en partenariat avec tous les acteurs, a créé des sections internationales (SI). Celles-ci « offrent un cadre pédagogique et didactique de très grande qualité pour un enseignement en langues et culture intégré. Elles sont propices à la construction de compétences bilingues et plurilingues et développent chez les élèves une aptitude véritable à l’interculturalité« , selon l’AEFE.

    Le nouveau BFI apparaît donc, dans ce cadre, comme le prolongement naturel de la scolarité des petits Français de l’étranger. Mais malheureusement, il y a encore trop peu d’établissements qui passent le cap. Pourtant, l’AEFE propose un accompagnement auprès des écoles, collèges et Lycées avec son pool d’ »experts des services centraux et son réseau d’inspecteurs pédagogiques et d’enseignants-formateurs en poste dans le réseau, et en lien avec le ministère chargé de l’éducation ». 

    En 2023, on recensait 304 sections internationales dans 140 établissements du réseau de l’enseignement français à l’étranger et 59 pays,  pour les langues suivantes : allemand, anglais (sections britanniques et américaines ainsi qu’une section australienne), arabe, chinois, espagnol, italien, japonais, néerlandais, polonais, portugais (sections portugaises et brésiliennes), russe et suédois. Les plus nombreuses sont les SI américaines, britanniques et arabes.

    Le baccalauréat général et technologique 2024 dans l’enseignement français à l’étranger : les chiffres clé.

    22 084 candidates et candidates

    98,3% de réussite

    81% de mentions                                                               

    Ø  25,8 % de mentions « très bien » (inclus TB avec félicitations du jury)

    Ø  29,4 % de mentions « bien »

    Ø  25,8 % de mentions « assez bien »

  • Paris, drôle de reine d’un drôle de monde

    Paris, drôle de reine d’un drôle de monde

    Toute la planète n’a d’yeux que pour les J.O.  Paris en fête, « Reine du monde ». Oubliés les ingérences russes, les espions, les fake news ; oubliés les sabotages des voies ferrées, les touristes bloqués, les grillages, les barrières, les QR codes, les ponts fermés, les menaces d’attentats : la Seine, transformée en piste de cirque, avec danseurs, funambules, pianos en feu ou détrempé, cheval métallique et drag queen à gogo, a mené en bateau un milliard de téléspectateurs et des milliers d’athlètes jusqu’à la tour Eiffel.

    Le commandant de la Garde républicaine, Frederic Foulquier a dansé, avec Aya Nakamura, sur les rythmes de Djadja : « C’était incroyable pour nous, cette rencontre entre deux mondes (…) On a immédiatement perçu que le show était réussi. Tout le monde était aux anges ».

    Capture écran @France Télévision

    Critiques et éloges sont compétition entre « élites bourgeoises » plus ou moins cultivées que toute querelle amuse.  

    Ils s’amusaient les anges, goûtant ou non les provocations, dans un ciel de Paris illuminé comme jamais, berçant la vasque olympique débordant de feu d’or sa montgolfière. Bien sûr, tout n’était pas réussi. Bien sûr, c’était un show télévisé, une parade. Bien sûr, il y a des polémiques, des ratés, des clichés. Et puis ? On peut préférer Jean Genet à Benjamin Constant, ou l’inverse, écrivit le second. Critiques et éloges sont compétition entre « élites bourgeoises » plus ou moins cultivées que toute querelle amuse. Le principe des jeux, de la fête, c’est forcément l’audace, l’excès, le bon et le moins bon. Il en faudra plus désormais. Qu’est-ce que l’on va imaginer pour les J.O. d’hiver dans les Alpes :  Mahomet en danseuse étoile du patinage artistique ? Déjà vu. Avec mille célébrités, des milliers de champions, à l’évidence, la seule star, c’est Paris.

    Quelques pays ont censuré telle ou telle scène. Paris censuré ! Eh bien Paris a osé, comme, en leur temps, le French cancan ou Michou. Ils avaient l’air heureux, les athlètes, reçus comme les invités du Roi Soleil un soir de pluie, avec des masques et des bouffonneries ; jamais ville ne leur avait accordé une telle voie triomphale : la Seine.

    Philippe Katherine a performé lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, ce vendredi 26 juillet. | PHOTO ©EUROSPORT

    Désormais, personne n’accueillera plus les Jeux dans un stade. Le monde défilait, un monde en joie, malgré la pluie, autant de larmes oubliées dans la joie : Toutes les délégations agitaient les drapeaux, émues.

    Souriaient les réfugiés, les Syriens, les Iraniens, les Palestiniens, les Israéliens, les Vénézuéliens, les Haïtiens, Soudanais, Ukrainiens, autant de peuples malheureux, meurtris. À regretter que les Russes ne soient pas là, eux aussi, pour voir que le monde peut être autre chose que la guerre, le poison et la prison.

    Oubliés les malheurs du monde, la bêtise, la misère, la guerre… Les obèses affalés dans les canapés, la corruption du CIO, les dopages, les tricheries… 

    Oubliés les dévoiements du sport, les obèses malheureux affalés dans les canapés à commenter les exploits sportifs, (15% de la population mondiale selon l’OMS, un tiers d’Européens obèses), les tristes écoles où l’on dresse des enfants dans l’espoir d’en faire des champions cousus d’or ; oubliés la corruption du CIO, de la FIFA, les achats de voix, les dopages, les tricheries, la course aux médailles de dirigeants avides de gloriole ; oublié tout ce qui est malsain dans le sport business depuis que les Jeux ont renoncé à l’amateurisme, depuis que les Etats achètent des clubs de foot, que le loto broie vrais et fausses stars. Pour un moment, les images, les lumières, les regards naïfs gommaient un drôle de monde, pas très différent des mondes d’avant.

    « Du pain et des jeux », tranchaient les Romains pour contenter, de peu, le peuple. Des jeux, il y en a. Du pain, cette année, un peu moins.

    « Du pain et des jeux ». Pour la première fois la malnutrition a augmenté dans le monde.

    Depuis 1900, depuis que les Jeux sont les Jeux, hormis les périodes de guerre mondiale, la formidable révolution économique industrielle a permis de nourrir de mieux en mieux la planète, avec une population passant de 1,6 milliard à huit milliards aujourd’hui.  Échec monumental, pour la première fois la malnutrition a augmenté dans le monde. L’objectif du Millénium des Nations Unies, éradiquer la faim d’ici 2030, ne sera pas atteint. En cause : les guerres, la perturbation des circuits de distribution, la « démondialisation ».  La part de la population mondiale en état de malnutrition était de 12,7% en 2000. Elle a baissé jusqu’à 7, 5% en 2019. Elle augmente, depuis le Covid, atteint, 9,2%. 22,5 % en Afrique.

    Il en faudrait peu, pourtant, pour éviter la malnutrition : 12 milliards par an, selon la Banque mondiale. Ce n’est pas l’argent qui manque. C’est le système, l’organisation, l’inadéquation des systèmes politiques. On a beau dire, dans les démocraties, on a moins faim. Amartya Sen a expliqué la mécanique de pouvoir entre la démocratie et la disparition de la famine en Inde.

    Le G20 propose de taxer les riches pour réduire la misère. Des taxes, pour qui ? Pour les vraies gens ou pour les dirigeants ?  

    Au Brésil, le G20 propose de taxer les riches pour réduire la misère. Tout le monde applaudit. Pauvre idée, en fait. Les taxes ne créent pas de richesse. La démagogie ne rend pas les pauvres plus riches. Derrière cette bonne volonté de réduire les inégalités frappantes et scandaleuses, la volonté des Etats de se renforcer. Des taxes, pour qui ? Pour les vraies gens ou pour les dirigeants ? Pour acheter du pain ou des armes ? Démonstration est faite que les meilleurs systèmes d’allocations sont ceux qui vont directement aux personnes, qui ne passent pas par des organismes de coopération ou des Etats.

    En vérité, à nouvelle économie, nouvelle fiscalité, nouveaux circuits de distribution. C’est l’ensemble des systèmes fiscaux qu’il faut repenser, des systèmes de financement pour lutter contre la misère. C’est possible, nécessaire. Tout enfant mal nourri, au-delà de son malheur, est une chance qui s’amenuise pour le monde.

    Démonstration est faite que les meilleurs systèmes d’allocations sont ceux qui vont directement aux personnes.

    Les J.O. ont saisi Paris. Aucun incident, aucun attentat, pour l’instant : Un exploit. La foule fait partie du spectacle. Paris est devenu théâtre. Images planétaires, émotion reine, l’immédiat gouverne, la peur de l’immédiat aussi. D’où une société de contrôle, de surveillance. C’est ce monde étrange qu’il faut penser. Un drôle de mélange étonnant, détonnant. Ce qui est vrai pour le sport spectacle l’est aussi pour l’économie et la géopolitique. On ne reviendra plus jamais aux Jeux d’avant, confinés dans un stade. On ne reviendra plus jamais au sport amateur. On ira toujours plus haut, toujours plus vite, toujours plus fort. Qu’on le veuille ou non. Beaucoup rêvent de revenir en arrière, de faire une pause, parce que le monde est de plus en plus compliqué à comprendre, de plus en plus perturbant. Les solutions ne sont pas dans la maîtrise et le surcontrôle, plutôt dans le pari d’accepter la pluie pendant une fête de quatre heures en plein air. Et d’inventer. Surtout de nouvelles ressources.

    Oser, se tromper, accepter l’orage et les critiques, accepter l’imprévu, danser malgré tout. « Paris, reine du monde » chantaient Misstinguett il y a un siècle (qui se souvient d’elle ? sic transit gloria mundi). Paris fait le pari d’un monde ouvert au monde, un monde, grossier, subtil, drôle et tragique, le nôtre.

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • NFP : l’imposition au passeport pour les Français de l’étranger ?

    NFP : l’imposition au passeport pour les Français de l’étranger ?

    Les candidats du Nouveau Front Populaire, pendant la campagne des élections législatives anticipées, l’avaient martelé : « Non, le Nouveau Front populaire ne veut pas mettre en place l’impôt universel ». Les marketeurs de la gauche avaient même produit un visuel. Mais lors d’une interview, donnée ce dimanche 28 juillet à la Tribune du dimanche, de la seule candidate raisonnable au poste de Premier ministre, Lucie Castets, on apprend que son modèle c’est l’imposition au passeport comme le font les USA. Sur les réseaux sociaux, les électeurs de gauche, et ils sont nombreux, crient à la trahison. On fait le point sur le projet d’imposition au passeport pour les Français de l’étranger.

    L’impôt universel

    Tout d’abord, on vous rappelle ce qu’est l’impôt universel. Le raisonnement suivi par les partisans d’une telle extension de l’impôt sur le revenu aux personnes de nationalité française vivant à l’étranger se fonde en général, sur un souhait de faire participer ces personnes au budget de l’État français, sur la base prétendue d’un « pacte républicain ». Nous savons bien que, tout comme le « contrat social », un tel pacte n’a jamais été signé par personne, et n’engage en réalité personne non plus, sauf si on le limite à la Constitution.

    Telle n’est évidemment pas la conception des partisans de l’instauration d’un tel impôt : ils se basent sur une notion large de ce prétendu « pacte républicain ». Rien n’est évidemment plus facile que d’élargir la portée d’un texte qui n’existe pas et de lui faire dire ce que l’on souhaite.

    L’idée même de faire participer des personnes au budget en fonction seulement de leur nationalité se heurte au principe traditionnel de la territorialité de l’impôt. Dans la quasi-totalité des pays du monde, l’impôt est perçu sur des situations qui présentent un lien avec le territoire national. Il s’agit en général de la résidence des contribuables, mais parfois il peut également s’agir de la situation de certains de leurs biens, notamment immobiliers ou encore de l’origine du revenu. Mais, en matière fiscale, ce n’est pas la nationalité qui peut servir de critère de rattachement.

    L’exemple américain

    Dans l’interview donnée ce dimanche à La Tribune Dimanche, Lucie Castets déclare vouloir faire en sorte que « les expatriés fiscaux paient leurs impôts au fisc français comme le font les Américains expatriés vis-à-vis du fisc des États-Unis ». Mais pourquoi ce qui est possible pour les Américains ne peut l’être pour les Français ?

    La règle américaine est un dispositif unique fondé sur l’extraterritorialité de la législation américaine. Tandis que les autres pays retiennent le critère géographique du lieu de résidence pour collecter l’impôt, les Etats-Unis se fondent sur la nationalité. Ainsi, les expatriés américains sont imposables aux Etats-Unis puisqu’ils doivent déclarer leurs revenus au fisc américain tous les ans. Des Américains peuvent être soumis à la double imposition car ils sont imposables même lorsqu’ils ont déjà payé l’IR dans leur Etat de résidence.

    Mais la France n’est pas les USA, elle n’a pas les moyens d’imposer une extraterritorialité de sa législation. En sus, même si par alignement des planètes, les gouvernements étrangers concèderaient une part de souveraineté en laissant la France imposer ses citoyens où qu’ils soient, il faudrait réviser toutes les conventions fiscales. Des travaux titanesques qui ne pourraient être réalisés qu’au bout de nombreuses années.

    Pourquoi taxer les expatriés ?

    Si Lucie Castets veut imposer les Français de l’étranger, c’est bien sûr pour financer le programme plus que généreux du Nouveau Front Populaire.

    En effet, la candidate proposée par le Nouveau Front populaire a notamment affirmé, dans l’interview de ce dimanche, qu’elle n’avait pas pour « objectif premier de respecter le pacte de stabilité » européen qui limite le déficit public à 3%. En 2023, le déficit public avait atteint 5,5% du PIB, entraînant une procédure de la part de la Commission européenne. À l’inverse, Lucie Castets entend plutôt initier « une grande réforme fiscale » si elle devait s’installer à Matignon. Selon elle, le pacte de stabilité et de croissance aurait été « mal renégocié ». « La France proposera une nouvelle discussion », a-t-elle expliqué.

    Pour les Français de l’étranger qui vivent pleinement l’Europe où tout simplement qui respectent la souveraineté de leur pays de résidence, les propos de Lucie Castets démontrent une totale impréparation à ce poste dans un monde où la France n’est qu’un acteur parmi d’autres. Heureusement, Emmanuel Macron a d’ores et déjà balayé la candidature de la prétendante du NFP, le nouveau gouvernement ne sera pas choisi d’ici à la fin des Jeux olympiques à la mi-août, a-t-il précisé.

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