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  • Succession internationale : rappel des règles

    Succession internationale : rappel des règles

    Le décès d’Alain Delon, en France, alors qu’il est résident en Suisse, aura-t-il des conséquences pour les héritiers ? On le sait le débat entre les frères qui voulaient qu’Alain Delon rentre en France alors que leur sœur voulait qu’il reste en Suisse. Les mauvaises langues disaient que c’était pour la fiscalité. On fait le point sur les règles pour une succession internationale pour les Français de l’étranger.

    Le défunt réside à l’étranger, les héritiers en France

    Tout d’abord, il faut savoir que la déclaration de succession d’une personne décédée dans un pays étranger est à déposer par ses héritiers dans les 12 mois à compter de son décès à la Recette des impôts des non-résidents. À ce dépôt doit être joint le paiement des droits de succession.

    Aussi, depuis le 17 Août 2015 et l’entrée en vigueur du règlement UE 650/2012 sur les successions, les règles de détermination de la loi applicable à la succession sont régies par un système unique. Ce règlement a été adopté par l’ensemble des pays de l’Union Européenne sauf l’Irlande et le Danemark. Ces deux États sont considérés comme États tiers et conservent, en matière successorale, leurs propres règles de droit international privé.

    Ce règlement ne se limite pas au règlement des successions européennes ou intra-européennes, mais s’applique à toutes les successions internationales. La loi retenue pour régler la succession civilement peut être celle d’un État membre ou d’un État tiers.

    L’ensemble de la succession sera soumis à une seule et même loi, peu importe le lieu de situation du patrimoine. Le critère de rattachement de la loi applicable a été fixé à la résidence habituelle du défunt au moment du décès et non le lieu où la personne est effective décédée (attention, en cas de séjour prolongé plus de 6 mois, la résidence fiscale du défunt peut être contestée par un des États concernés).  

    Pour renforcer la sécurité juridique et la prévisibilité des successions internationales, le règlement offre la possibilité de choisir la loi de sa nationalité applicable à sa succession en faisant une professio juris, c’est-à-dire un testament reconnu dans votre pays de résidence.

    Mais le règlement européen ne régit pas les règles fiscales relatives aux successions. Il conviendra donc de se reporter au droit interne des pays et le cas échéant aux conventions fiscales. La France a conclu une quarantaine de conventions applicables au droit des successions, ce qui est relativement peu. La convention fiscale détermine les règles de taxation entre le pays de résidence du défunt et le pays de situation du patrimoine transmis. Elle permet également d’éviter la double imposition.

    En présence de convention fiscale, celle-ci permettra de définir le domicile fiscal, de répartir les biens imposables entre les États et de fixer les règles d’élimination de la double imposition.

    Les règles de droit interne n’ont vocation à s’appliquer que sous réserve des dispositions des conventions internationales. Dans la majorité des cas, les conventions répartissent les droits d’imposer en fonction du lieu du domicile du défunt et du lieu de situation des biens.

    En l’absence de convention fiscale, si les héritiers sont résidents en France ce sont les principes du droit interne français soit l’article 750 ter CGI. Et donc l’ensemble des biens transmis (situés en France ou à l’étranger, meubles ou immeubles) sont imposables en France.

    Mais en l’absence de convention fiscale, il peut en résulter des cas de double imposition. La France dispose toutefois d’un mécanisme de crédit d’impôt égal aux droits acquittés à l’étranger. Il sera cependant long et compliqué de faire valoir ce droit, il faut mieux anticiper.

    Le défunt réside en France, les héritiers à l’étranger

    Dans le cas, où ce sont les héritiers qui ne sont pas domiciliés en France, seuls les biens situés en France sont imposables en France. Mais si les bénéficiaires ont été résident en France pendant plus de 5 ans au cours des 10 dernières années, alors c’est de nouveau le droit fiscal français qui s’appliquera.

    Dans l’État de domiciliation du non-résident français, il peut exister le même type de règles. Ce mécanisme peut donc engendrer des problèmes de double imposition. Dans ce cas, une même opération peut se voir taxée dans deux pays, par exemple dans le pays de résidence du Français expatrié et dans le pays de résidence de ses enfants.

    Par ailleurs, la nature des biens transmis peut différer d’un État à l’autre. Ainsi, certains biens sont considérés en France comme des immeubles alors que dans d’autres pays, il s’agit de biens mobiliers. Il en est de même pour les assurances-vie contractées en France. Là encore, des risques de double imposition peuvent exister.

  • France : l’automne de tous les dangers

    France : l’automne de tous les dangers

    La France a connu, une croissance honorable de +0,3 % au deuxième trimestre, soit le taux moyen de la zone euro. C’est mieux que l’Allemagne qui, une nouvelle fois, a enregistré un recul de son PIB. C’est, en revanche, moins bien que l’Espagne dont le taux de croissance a été de 0,8 % et qui pourrait être proche de 3 % sur l’ensemble de l’année. Ces derniers mois, la France bénéficie d’un effet « Jeux ». La nécessité de terminer les équipements à temps, ainsi que les besoins en services de sécurité, d’hébergement, de restauration ou de transports, ont porté l’activité. Un contrecoup n’est pas impossible à la fin du troisième trimestre. Quoi qu’il en soit, en avoisinant 1 %, la croissance de 2024 sera bien insuffisante pour amorcer l’assainissement des finances publiques.

    Depuis le 26 juillet, l’Union européenne a placé la France, en procédure de déficit public excessif. La Belgique, la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie, Malte et la Roumanie sont également concernées. Tous ces pays sont amenés à présenter, d’ici le 20 septembre prochain, leur plan de redressement de leurs comptes publics. À partir de ce plan, la Commission présentera, au mois de novembre, une contre-proposition agrémentée de recommandations. Les Etats ont entre 4 et 7 ans pour respecter les critères de Maastricht : 3 % pour les déficits publics et 60 % pour la dette publique. En cas de non-respect du Pacte de Stabilité et de la trajectoire, la Commission de Bruxelles peut prononcer des sanctions pouvant atteindre 0,1 % du PIB mais, jusqu’à maintenant, aucun Etat membre n’a été sanctionné financièrement.

    La France a déjà vécu les affres de la procédure de déficit excessif entre 2009 et 2018, mais c’est la première fois que celle-ci intervient en pleine crise politique de grande ampleur. Depuis le 16 juillet dernier, le gouvernement expédie les affaires courantes. Or, durant l’été, logiquement, le Ministère de l’Economie et Matignon sont censés finaliser les projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale. Les mois d’août et de septembre sont consacrés aux derniers ajustements et arbitrages. Ne connaissant pas, en l’état actuel, l’orientation du futur gouvernement qui devrait être constitué après les Jeux Olympiques, le Ministère de l’Economie est contraint de bâtir des projets à l’aveugle en tentant de respecter une trajectoire conforme aux accords européens.

    Sans un minimum de consensus, la France risque d’entrer en terre inconnue durant cet automne.

    Pour réduire le déficit public, certainement plus de 5 % du PIB en 2024, des efforts conséquents seront nécessaires, supposant la réalisation d’économies budgétaires et/ou le relèvement des prélèvements, soit autant de mesures impopulaires. Compte tenu de la fragmentation de l’Assemblée nationale en trois blocs, le risque de rejet des projets de loi de finances existe avec à la clef l’adoption possible d’une motion de censure provoquant la chute de gouvernement.

    Sans un minimum de consensus, la France risque d’entrer en terre inconnue durant cet automne. À défaut de pouvoir faire adopter dans les temps le projet de loi de finances, le gouvernement pourra demander, en urgence, au Parlement, d’approuver une loi lui permettant de lever les impôts et ainsi ouvrir les décrets d’avance pour les services votés. À défaut, le pays pourrait connaître un « shutdown » à l’américaine. Sans loi de finances en tant que telle, le déficit pourrait continuer sa dérive plaçant la France en mauvaise position tant sur le plan européen qu’au niveau des investisseurs. La crise politique pourrait déboucher sur une crise européenne et financière.

    Pour la protection sociale, la situation serait moins tendue car la loi de financement de la Sécurité sociale est avant tout une loi de projection, une loi-cadre. Sa non-adoption n’empêcherait pas de verser les pensions de retraite ou de rembourser les soins. En revanche, cela signifierait qu’aucune mesure de rétablissement des comptes ne serait prise. Or le déficit de la Sécurité sociale pourrait atteindre 16 milliards d’euros en 2024.

    L’Allemagne pourrait railler le front des pays exigeant une application stricto sensu du pacte de stabilité.

    L’Union européenne s’apprête à vivre un automne tourmentée avec la deuxième économie de la zone euro, la France, confrontée à une double crise, politique et budgétaire, sachant que l’Allemagne, elle-même, connaît depuis près deux ans une stagnation économique. Au gré des fluctuations de la coalition au pouvoir composée de sociodémocrates, d’écologistes et de libéraux, l’Allemagne pourrait railler le front des pays exigeant une application stricto sensu du pacte de stabilité. Ce groupe qui comprend essentiellement les Etats d’Europe du Nord et les Pays-Bas est peu enclin à se montrer conciliant avec la France qui est, avec l’Italie, le pays le plus souvent en situation de déficit excessif.

    En cas d’absence de solutions tant à l’intérieur des frontières françaises qu’à Bruxelles, l’euro se dépréciera et les écarts de taux pourraient s’accroître entre l’Allemagne et les autres Etats membres. Quelle sera alors la réaction de la Banque Centrale Européenne et de sa Présidente, Christine Lagarde ?

    L’intervention de la BCE en faveur de la France ne pourra intervenir que de manière conditionnelle pour éviter tout soupçon de complaisance ou de complicité. À compter du mois de septembre, les journées à Paris, à Bruxelles ou à Francfort risquent d’être longues…

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 20.08.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 20.08.2024

    Bonjour à toutes et à tous, que vous soyez en France en vacances ou chez vous de retour dans le quotidien, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés. Ce mardi 20 août dans nos titres : Emmanuel Macron destitué ? – Caroline Yadan s’attaque à Rima Hassan – Deux Algériens arrêtés pour transport de fonds illégal à Roissy

    Mélenchon veut destituer Macron

    Dans un texte publié ce dimanche 18 août dans La Tribune Dimanche, La France insoumise (LFI) menace d’engager une procédure de destitution contre Emmanuel Macron, accusé de « coup de force institutionnel contre la démocratie ». En cause, selon les élus d’extrême-gauche, le dessein du président de la République «de nommer un chef de gouvernement sans tenir compte du résultat politique » des élections législatives anticipées de juillet. LFI s’appuie sur l’’article 68 de la Constitution qui indique que le président de la République «ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ». Reste qu’une telle procédure doit franchir plusieurs obstacles. Dans un premier temps, les parlementaires à l’initiative du processus doivent convaincre l’Assemblée nationale et le Sénat de se constituer en «Haute cour». Il n’y a donc aucune chance.

    Caroline Yadan et Rima Hassan

    Deux députées, une à l’Assemblée nationale pour « Ensemble ! » représentant les Français de l’étranger de la 8ème circonscription dont fait partie Israël, l’autre députée LFI au Parlement européen se déchire sur les réseaux sociaux. Sur X ce lundi 19 aout, Caroline Yadan a indiqué qu’elle allait procéder à un « signalement au Procureur sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale pour provocation à la haine raciale et apologie du terrorisme mais également d’une demande de levée de l’immunité et de sanctions de celle qui soutient constamment le Hamas, auprès du Parlement européen. »

    Ne pas voyager avec plus de 10 000 euros

    C’est une règle qu’on peut oublier, mais il est bien interdit de pénétrer sur le territoire européen avec plus de 10 000 euros en espèce sans avoir procédé à une déclaration auprès des douanes. Une règle que Deux passagers en partance pour la Turquie avaient « oubliée ». Ils ont été arrêtés ce dimanche 18 août, à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle après que les douaniers ont eu découvert 2,4 millions d’euros en liquide dans leurs bagages, rapporte BFMTV. Les deux hommes, de nationalité algérienne, âgés de 32 et 39 ans, et se présentant comme commerçants dans le textile, ont été placés en garde à vue pour « manquement à l’obligation déclarative de capitaux à l’exportation » et « suspicion de blanchiment douanier ».

    C’est ainsi que se termine ce flash quotidien des expatriés, toute la rédaction se joint à moi pour vous souhaiter un bon mardi où que vous soyez.

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 19.08.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 19.08.2024

    Bonjour à toutes et à tous, quel plaisir de vous retrouver après la pause estivale. C’est donc parti pour une 4 ème saison de votre flash quotidien des expatriés. Ce lundi 19 août dans nos titres : Retour sur le succès des JO – Décès du sénateur Jean-Pierre Bansard – Coup dur pour l’AEFE et la diplomatie française en Turquie

    Les Jeux olympiques du siècle

    Qui aurait pu le croire ? Alors que d’innombrables cassandres avaient annoncé un désastre sécuritaire, des Jeux olympiques sans public et une humiliation nationale, la réalité a dépassé tous les discours lénifiants. Les Jeux de Paris ont offert à la capitale et à la France entière plus de deux semaines de ferveur et de bonheur d’autant plus inattendues et appréciées qu’elles venaient après une séquence politique dominée par les passions tristes du déclin et de la xénophobie, qui a laissé le pays plus divisé que jamais et sans gouvernement. Les Français de l’étranger l’ont d’ailleurs salué puisque vous étiez plus de 80% à avoir été séduits selon notre consultation. Mais finalement moins que les Français de l’hexagone, et vous l’avez expliqué dans les commentaires. En effet, il semblerait que vous avez été nombreux à devoir expliquer les tableaux qui ont composé la cérémonie d’ouverture qui, il faut le dire, ont cassé les codes. Mais au final, pour 75% d’entre vous, l’opération est une réussite pour la France et les Français.

    Les Jeux méritent pourtant quelques petits sacrifices alors que la France - qui en est à l’origine dans leur forme contemporaine - ne les a pas organisés depuis cent ans.

    Le sénateur Jean Pierre Bansard est mort

    L’Alliance solidaire des Français de l’étranger a annoncé, ce vendredi 16 août, le décès de son fondateur et bienfaiteur, Jean-Pierre Bansard. Ce chef d’entreprise qui exerça ses talents dans des activités aussi variées que le transit, la logistique, le transport, internationaux, l’hôtellerie et plus récemment, il a ajouté une dimension industrielle à ses activités en redonnant vie au groupe Solex. À côté, il s’engagea auprès de la communauté juive, dont il est issu, en tant que dirigeant du consistoire de Paris et fondateur de la maison France-Israël. Enfin, né à Oran, ce Français de l’étranger a créé en 2009 l’Alliance solidaire des Français de l’étranger dont il devient sénateur en 2017. Depuis l’annonce, les messages de condoléances comme les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux du Ministre (démissionnaire) aux Français de l’étranger, Franck Riester qui a publié un message sur X (ex Twitter) aux élus de tous bords. Tous les détails dans l’article dédié.

    Jean-Pierre Bansard
    Jean-Pierre Bansard

    Turquie : les écoles françaises dans le collimateur

    Ce samedi 10 août, à la surprise générale, la Turquie a interdit avec effet immédiat toute nouvelle inscription dans les classes primaires et maternelles des écoles françaises du pays. C’est aussi, et surtout, une façon pour le président Erdogan de mettre la pression sur la France alors qu’un nouvel accord sur l’enseignement de la langue turque en métropole est en cours de négociation. Cette crise prend, en effet, ses racines dans le conflit qui oppose les deux pays sur l’apprentissage du turc en France. En effet, en 2020, Emmanuel Macron avait renforcé l’encadrement de la présence des enseignements envoyés par la Turquie dans nos écoles suite à des dérives idéologiques.

    Lycée français Pierre-Loti Istanbul, Turquie
    Lycée français Pierre-Loti Istanbul, Turquie

    On ne pouvait finir ce premier flash quotidien des expatriés de la saison, sans nous rendre hommage à celui qui a fait rayonner la France, à l’icône cinématographique du XXème, Alain Delon. Décédé ce dimanche 18 août, le monstre sacré aura marqué la société française pendant plus de 60 ans. C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition.

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • N’oubliez pas le pourboire !

    N’oubliez pas le pourboire !

    Il est un point sur lequel Trump et Harris sont d’accord : le pourboire. Tous les deux proposent de le défiscaliser. Les mauvais esprits diront qu’au Nevada, l’élection se joue à quelques milliers de voix, celles de barmans, taxis, croupiers liftiers et autres professions vivant des Tips ( to ensure prompt service). Ce serait prendre le bulletin de vote par le petit bout du bulletin de paie. 2,5 % des Américains, environ 4 millions de personnes, sont rémunérés en pourboires. Le pourboire peut décider du sort du monde, ce qui est justifié.  

    Défiscaliser le pourboire, cela revient à baisser les impôts. En France, il y eut la défiscalisation des heures supplémentaires. Que le travail paie. Folie, disent les uns : Cela ferait un trou dans les dépenses publiques. Aux Etats-Unis, défiscaliser le pourboire annulerait 10 à 20 milliards de recettes fiscales par an. L’heure, en France, est plutôt à un consensus pour l’augmenter : revoilà l’ISF, l’Exit-tax et la suppression de l’abattement pour les plus-values. Il y aura d’autres idées, à n’en pas douter. Augmenter les impôts permet-il de réduire le déficit ?

    Retour d’expérience à travers quelques pays, à commencer par les plus heureux, les pays nordiques; agaçants à force d’être bien classés.

    Face à la crise financière, la panne de croissance, un nouveau gouvernement décida de réduire les impôts. 

    La Suède, le modèle social-démocrate des années 70, ne l’était plus en 1991. Face à la crise financière, la panne de croissance, un nouveau gouvernement décida de réduire les impôts.  Et les dépenses publiques. Il ouvrit l’éducation, la poste, l’électricité, le chemin de fer, la santé, à la concurrence. Résultat : une baisse de 14% de la dépense publique par rapport au PIB, moins grâce à des « économies » qu’à la croissance retrouvée. En trente ans, le niveau de vie des Suédois par rapport à celui des Français s’est accru de 40%. Chaque année la dépense augmente en France, et diminue en Suède, par rapport au PIB. Exception : la crise du Covid s’est traduite par des dépenses publiques de +3% en Suède, mais +6% en France. Il n’y eut pas plus de décès par rapport à la population en Suède qu’en France.

    La Suède n’est pas devenue plus inégalitaire et a toujours un taux élevé de dépenses sociales. L’éducation ne s’est pas effondrée avec la mise en place d’un « chèque éducation ». Au contraire, pour l’éducation, comme pour la santé, la Suède est mieux classée que la France. La baisse des impôts (suppression des droits sur les successions…) a dopé la croissance, l’investissement, la création de richesse. Les Suédois sont plus riches, les services publics mieux financés, mais ils pèsent moins.  

    Autre pays agaçant, avec un haut niveau de dépenses publiques, (45% du PIB), en excédents budgétaires: le Danemark. Là encore, le Danemark a décidé dans les années 90 de baisser les dépenses publiques : -14% en trente ans par rapport au PIB, comme la Suède. Là encore, ce sont moins des coupes budgétaires qui ont permis de baisser le ratio que la libération de la croissance. Quand le Pib croit plus vite que la dépense publique, la part de la dépense publique diminue. Résultat : le PIB par habitant des Français représentait 75% du PIB par habitant danois en 2000. Il n’est plus que de 60%.

    Comment ont fait les Danois ?  En indexant le système des retraites sur l’espérance de vie et en introduisant la capitalisation. Le taux de travail des seniors (de 55 à 65 ans) atteint 73% ; 57% en France. Les Suédois, eux, avaient généralisé la retraite par point, projet auquel renoncé Emmanuel Macron pour y substituer la réforme comptable actuelle.

    Les Danois se sont imposés des plafonds de dépenses stricts; le gouvernement ne peut présenter un budget en déficit de plus de 0.5%. En France il faut remonter à Raymond Barre pour un tel exploit. Qui se souvient de Raymond la science ?

    En 1995, le Pib par habitant des Français était 30% plus élevé que celui des Irlandais. Aujourd’hui, il est inférieur de 60%.  

    L’exemple le plus agaçant n’est pas celui des pays nordiques. Ils prouvent que l’on peut mener une politique dite libérale, et préserver un système de solidarité, voire que seule une politique libérale préserve un système de solidarité. Le pays le plus vexant, c’est l’Irlande. En 1995, le Pib par habitant des Français était 30% plus élevé que celui des Irlandais. Aujourd’hui, il est inférieur de 60% à celui des Irlandais. Décrochage stupéfiant ou miracle ? Il n’y a pas de miracle en économie. La multiplication des petits pains s’explique par celle du crédit.

    L’Irlande était un pays pauvre qui décida de diminuer continuellement le ratio de dépenses publiques par rapport au Pib national, il devint le pays européen où ce ratio est le plus faible : 24%. (La France est à 56%). Les Irlandais ont mené une politique systématique de dépenses publiques inférieures au taux de croissance, ce qui a dopé la croissance à un taux moyen de 5%, ce qui  permis, en valeur, d’augmenter les dépenses publiques. Contrôle des dépenses publiques et … baisse des impôts !

    L’Irlande a fortement bénéficié des aides européennes. Moins que la Grèce, le Portugal ou l’Espagne. Depuis 2006, l’Irlande est un contributeur net à l’Union Européenne. Lors de la crise des subprimes, l’Union européenne a demandé aux Irlandais d’augmenter les impôts. Ils ont refusé, ils ont eu raison. L’Irlande agace parce qu’elle est accusée de dumping fiscal; il n’y aurait pas de dumping si les taux d’imposition étaient mesurés.

    La France peut-elle rattraper le Danemark, la Suède ou l’Irlande ?  Rien n’est impossible. Pas même de se faire dépasser par l’Argentine, comme elle l’a été par l’Irlande. Celle-ci était, jusqu’aux années 30, par habitant, aussi riche que la France. Depuis, le Pib par habitant argentin a baissé de façon continue, la pauvreté est passée de 5% de la population à plus de 50% aujourd’hui. Péronistes de droite et de gauche, militaires et civils n’ont jamais juré que par les « descamisados » (les sans chemises), l’Etat, les subventions et la corruption. Vint El Loco, le fou, Mileï, qui coupant à la hache dans les budgets, retrouve un excédent budgétaire, réduit l’inflation, et après la purge, entrevoit une croissance de pays émergent : +5% l’an prochain selon le Fmi.

    L’impôt ne porte ni sur le pourboire ni sur la fortune mais sur l’économie toute entière, comme de l’encre dans un liquide.  

    Ce qu’enseignent ces pays réformateurs, c’est qu’une fois que le pli de la maîtrise de dépenses est pris, aucun gouvernement ne revient sur cet acquis. Tous comprennent que la lutte contre la pauvreté ne se fait pas par l’impôt mais par la création de richesse, qui permet de financer les services publics. Un BA Ba combattu par les élites, dont le pouvoir repose sur l’octroi de subventions, autorisations, dérogations et autres services, quel que soit le régime. L’explication du populisme dans les pays démocratiques vient de là, pas seulement de l’immigration. Les « descamisados » ont compris que l’inflation était un impôt sur les pauvres, que les droits de douane en était un autre, que l’aide sociale alimentait les petits chefs et les caisses noires, que l’impôt des riches était  in fine payé par les pauvres, parce que l’impôt ne porte ni sur le pourboire ni sur la fortune mais sur l’économie toute entière, comme de l’encre dans un liquide.   

    Comme la France est un pays élito-populaire, les seules recettes consensuelles qui émergent aujourd’hui passent par l’impôt. Trop intelligents, les Français : Il suffit de lire le Monde ou le Monde diplomatique, organes de presse d’inspiration trotskiste modéré que l’on croit centristes,  pour s’en apercevoir.

    Taxer le travail est une injustice.

    C’est un frein économique à la production de richesse et la créativité. Trump et Harris savent d’instinct, y compris électoral, que taxer le travail diminue le travail; que le « travailleur » n’est pas quelqu’un qui travaille mais qui n’a pour richesse que son travail, à la différence des actionnaires, « rentiers », retraités ou agents publics. Taxer le travail est une injustice. C’est un frein économique à la production de richesse et la créativité.

    Pour payer sa dette, il faut (et il suffit) que le rythme  (le taux) de création de richesse soit supérieure à son remboursement. Que le taux d’intérêt soit toujours inférieur au taux de croissance. L’inverse tue. Or nous y sommes presque.

    La dette ne peut être remboursée que par la croissance. Ni par la purge, ni par l’impôt. Par un surplus de croissance qui ne peut venir, non d’un plan de relance, mais d’un surplus de travail et d’investissement.

    Voilà pourquoi, au moment où l’on parle du retour de l’ISF, de l’exit-taxe, de la fin de l’abattement sur les plus-values, d’impôt exceptionnel, on devrait considérer l’inverse. Baisser les impôts dans un pays où les pays prélèvements obligatoires battent les records du monde est un impératif vital.

    Fusionner l’Impôt sur le Revenu et la CSG serait une simplification bureaucratique

    Supprimer l’impôt sur les médailles olympiques et les pourboires ? Au-delà : supprimer l’impôt sur le revenu, impôt sur le travail et la création de richesse ! Taxer les riches ? À condition de les multiplier auparavant, par le travail. En supprimant la taxation du travail, on peut justifier la taxation du patrimoine. Sinon, c’est anti-économique.  Et injuste.  Pour commencer, fusionner l’Impôt sur le Revenu et la CSG. Ce serait une simplification bureaucratique.

    En attendant, voici une proposition d’urgence pour doper la croissance sans couper dans le vif du périmètre de l’Etat : un moratoire fiscal. Que personne ne paie plus d’impôts l’an prochain qu’il n’aura payé cette année. La pause fiscale serait un moteur de croissance pour l’économie. Les recettes fiscales ne diminueraient pas : elles augmenteraient avec la croissance.

    Que le taux de croissance des dépenses de l’Etat soit toujours inférieur au taux de croissance de l’économie.

    Simplement veiller à ces deux principes, qui sont les leçons suédoises, danoises, irlandaises, mais aussi canadiennes, australiennes, tchèques, autrichiennes, néo-zélandaises, néerlandaises … : Que le taux de croissance des dépenses de l’Etat soit toujours inférieur au taux de croissance de l’économie ; que le taux de croissance de l’économie soit toujours supérieur au taux d’intérêt. Alors vous combattrez la pauvreté autrement que par de l’idéologie, toujours oppressive. 

    Cette recette est à l’épreuve des faits ; elle fut appliquée – et son contraire, hélas – partout dans le monde. Oublier le pourboire, c’est commettre une injustice, diminuer la qualité du service, ruiner le serveur comme le cuisinier et le patron. Le taxer le pourboire, le diminuer. Le détaxer, c’est l’augmenter. N’oubliez pas le pourboire ! Non seulement c’est le moteur de l’économie, mais même des élections.

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app bancaire des expatriés France Pay

  • Décès d’un monstre sacré : Alain Delon nous a quittés

    Décès d’un monstre sacré : Alain Delon nous a quittés

    « Alain Fabien, Anouchka, Anthony, ainsi que (son chien) Loubo, ont l’immense chagrin d’annoncer le départ de leur père. Il s’est éteint sereinement dans sa maison de Douchy, entouré de ses trois enfants et des siens. (…) Sa famille vous prie de bien vouloir respecter son intimité, dans ce moment de deuil extrêmement douloureux »

    Communiqué de la famille d’Alain Delon

    Alain Delon avait été célébré à Cannes, en 2019, où il avait reçu une Palme d’honneur, pour l’ensemble de sa carrière. « Ce soir c’est un peu un hommage posthume, mais de mon vivant », avait lancé l’acteur, ému. « Je vais partir, mais je ne partirai pas sans vous remercier ». Très affaibli depuis un AVC en 2019, l’acteur vivait dans sa propriété de Douchy, alors que ses trois enfants, Anthony (59 ans), Anouchka (33 ans) et Alain-Fabien (29 ans), très divisés sur l’état de santé de leur père et la façon de s’en occuper au mieux se déchiraient dans les médias. Il y est décédé entouré de tous ses proches.

    De Fresnes à Cannes

    Né à Sceaux en 1935, le petit Alain n’a que quatre ans lorsque ses parents divorcent. Il est confié à une famille d’accueil, dont le père était gardien de prison. « Combien sont-ils à savoir que j’ai passé mon enfance en prison? Du moins dans la cour de la prison de Fresnes – mon père adoptif y était gardien -, où je jouais avec d’autres enfants de gardiens », confiait-il à TV Mag en 2015.

    Sa mère s’étant remariée à un boucher-charcutier, Paul Boulogne, le jeune Alain Delon passe un CAP de charcuterie. Mais à 17 ans, pour échapper à un destin qui l’emballe peu, il devance l’appel et fait son service militaire dans la marine. Impliqué dans un vol de matériel de l’armée, il doit choisir entre la prison et l’Indochine et se retrouve à Saïgon, jusqu’à la fin de la guerre d’Indochine.

    De retour en France, il vit de petits boulots, comme débardeur aux Halles. L’acteur Jean-Claude Brialy repère sa beauté et l’emmène au Festival de Cannes. C’est là qu’il reçoit ses premières propositions cinématographiques. Yves Allégret lui offre son tout premier rôle, en 1957 dans Quand la femme s’en mêle. La machine est lancée.

    Une passion nommée Cinéma

    Le cinéma est un heureux hasard pour celui qui n’avait aucune idée de ce que serait son avenir. « Je ne savais pas du tout ce que j’allais faire et j’étais ouvert à tout », racontait-il en 1979, dans l’émission télévisée Les oiseaux de nuit. Il n’a d’ailleurs jamais appris la comédie et jamais suivi de cours ni fréquenté d’école, contrairement à ses contemporains Jean-Paul Belmondo, Jean Rochefort, ou encore Jean-Pierre Marielle qui se sont rencontrés au Conservatoire.

    Il est pourtant un acteur-né dont la beauté magnétique irradie à l’écran et aimante les plus grands réalisateurs de l’époque. « C’est un acteur très animal, c’est un fauve même, dans le bon sens du terme. Il a une présence incroyable », soulignait Bertrand Blier dans un documentaire intitulé Alain Delon: La naissance du mythe. Dans les années 1960, les films s’enchaînent, dont plusieurs chefs-d’œuvre.

    Deux ans plus tard, il incarne le séduisant Tom Ripley dans Plein soleil de René Clément. Puis joue le jeune et innocent Rocco, face à Annie Girardot, Rocco et ses frères, de Luchino Visconti, la même année. Suivent L’éclipse, de Michelangelo Antonioni, avec Monica Vitti, Mélodie en sous-sol, de Henri Verneuil, avec Jean Gabin, une des ses idoles, Le guépard, encore avec Visconti.

    Romy Schneider

    En 1958, il rencontre sur le tournage de Christine, une jeune actrice allemande, connue pour son rôle dans Sissi. C’est Romy Schneider, qui sera l’un des grands amours de sa vie.

    Il joue aussi dans L’insoumis, d’Alain Cavalier, en 1964, et dans Les félins, de René Clément face à Jane Fonda en 1964. La même année il est La tulipe noire, le héros d’Alexandre Dumas dans le film de Christian-Jacque. En 1966, il incarne Jacques Chaban-Delmas dans Paris brûle-t-il?. Autant de films qui sont devenus des classiques et le font entrer dans la légende.

    En 1963, il quitte Romy Schneider, pour une jeune photographe, Nathalie, qu’il épouse en 1964. Un an plus tard naît leur fils, Anthony. Malgré une relation passionnelle, Nathalie finit par quitter Alain Delon. Ils divorcent en 1968.

    Le Samouraï

    En 1967, il tourne son premier film avec Jean-Pierre Melville. Une rencontre marquante pour le cinéaste et pour l’acteur. Entre les deux hommes, c’est un véritable coup de foudre professionnel. Delon racontait, ainsi, dans un entretien au Figaro comment il avait reçu Melville chez lui, avenue de Messine, avec sa femme Nathalie.

    « On s’assied. Il me dit: ‘J’ai un film que je veux absolument faire avec vous, personne d’autre. Ça s’appellera Le Samouraï. » Il commence à lire le scénario. Au bout d’un moment, je l’arrête: ‘J’accepte. Cela fait six ou sept minutes et mon personnage n’a toujours pas prononcé un mot. C’est moi! N’en parlons plus. Allons-y! ».

    Ensemble ils tournent Le Samouraï, donc, puis le Cercle Rouge, avec Bourvil et Yves Montand, en 1970, et Un flic, en 1972, avec Catherine Deneuve. Des rôles de héros assez mutiques qui conviennent bien à Delon. L’acteur aux yeux bleu acier enchaîne les polars, avec Melville, mais aussi Henri Verneuil. Il retrouve le réalisateur de Mélodie en sous-sol pour Le clan des Siciliens en 1969, avec Jean Gabin et Lino Ventura.

    Alain Delon retrouvera Romy Schneider en 1968, dans le film La Piscine de Jacques Deray. Le film scelle les retrouvailles d’un couple mythique, au sommet de sa beauté. Delon confiera plus tard que ce tournage est l’un de ses plus beaux souvenirs. « Mon plus beau souvenir, c’était l’été 1968. La maison à Saint-Tropez, la lumière y était magnifique. Romy… J’avais l’âge du Christ, 33 ans, l’âge idéal pour un homme ».

    Il n’y a pourtant entre eux plus rien de sentimental. Romy Schneider partage la vie du metteur en scène allemand Harry Meyen et Alain Delon vient de rencontrer Mireille Darc, avec qui il vivra pendant quinze ans.

    Alain Delon et Jean-Paul Belmondo

    Jacques Deray, encore lui, signe la plus flamboyante rencontre entre Delon et son « rival » de toujours, Jean-Paul Belmondo. C’est Borsalino, en 1970, un film qui suscitera d’ailleurs une brouille entre les deux acteurs, amis dans la vie. Lorsque Belmondo découvre l’affiche du film, il est furieux. Il y a en effet marqué « Alain Delon présente: Alain Delon et Jean-Paul Belmondo dans Borsalino », car Delon en était également le producteur. « Le contrat précisait bien qu’il n’y aurait pas deux fois le nom de Delon sur l’affiche », raconte sur RMC Laurent Bourdon, auteur de Définitivement Belmondo. Fâché, Jean-Paul Belmondo refusera même d’assister à la première.

    Les deux héros, l’un populaire et sympathique, l’autre ténébreux et solitaire sont souvent comparés.

    « Jean-Paul est mon ami. (…) J’ai tourné avec lui, j’ai vécu avec lui, j’ai vibré avec lui, j’ai pleuré et ri avec lui sur des plateaux de cinéma qu’on ne refera plus. Je l’aime et je l’admire, n’en déplaise à ceux qui nous ont opposés dans une rivalité ­absurde. Justement parce que nous sommes uniques dans notre genre, et incomparables, nous n’avons jamais été en concurrence. Ni dans nos vies de cinéma, ni dans nos vies privées », écrivait Delon en 2006 dans Paris Match.

    S’ils partagent l’affiche dans d’autres films (Les 101 nuits de Simon Cinéma, Les acteurs), il faudra attendre 1995 pour qu’ils apparaissent vraiment ensemble à l’écran, dans 1 chance sur 2, de Patrice Leconte, avec Vanessa Paradis. Le film, qui réunit les deux monstres sacrés, est un succès relatif.

    En 1976, Alain Delon tourne un autre chef-d’œuvre, Mr Klein, de Joseph Losey. Il tâte aussi du cinéma américain avec L’assassinat de Trotsky, de Joseph Losey, en 1972, avec Richard Burton et Romy Schneider, ou Soleil rouge, un western avec Charles Bronson et Ursula Andress.

    Une deuxième page à partir des années 80

    Dans les années 1980, Alain Delon enchaîne les rôles de super héros solitaires: super flic, super médecin ou des gangsters… presque jusqu’à la caricature. Il tourne dans Le toubib, Pour la peau d’un flic, Le battant (dont certains qu’il réalise lui-même). A la télévision, il incarne des flics encore, Fabio Montale, dans la série tirée de la trilogie marseillaise de Jean-Claude Izzo et Franck Riva, au côté de Mireille Darc.

    En 1987, il rencontre Rosalie van Breemen, mannequin néerlandais. Deux enfants naîtront de leur union, Anouchka, en 1990 et Alain-Fabien, en 1994. Le couple se sépare en 2001.

    En 1997 et 98, l’acteur devient malgré lui une « star » des Guignols de l’info sur Canal+. Maniant la troisième personne pour parler de lui (le fameux ‘il vous en prie’) , sa marionnette joue du côté immodeste d’Alain Delon. Une de ses dernières apparitions au cinéma, date de 2008. Il campait dans Astérix et les jeux olympiques, un Jules César plein d’autodérision. « J’ai eu une vie extraordinaire », confiait-il en 2016 à Léa Salamé, expliquant alors qu’il n’avait pas peur de mourir.

    Une star internationale

    Iconique en France, Alain Delon l’est aussi à l’international. Ainsi, l’acteur était “une star de l’âge d’or du cinéma français”, écrit le site de la BBC, connu pour son personnage de dur à cuire à l’écran dans des films à succès tels que Le Samouraï (1967) et Borsalino (1970). “Fascinant et beau”, Alain Delon était “l’une des stars les plus mystérieuses du cinéma”, souligne pour sa part The Guardian. Mondialement connu, “star et fier de l’être”, il était “le dernier grand mythe du cinéma français”.

    “Vrai dur à gueule d’ange”, l’acteur a “irradié les années 1960 de son magnétisme”, rappelle le quotidien suisse Le Temps. Pour sa part, La Tribune de Genève évoque “un monstre sacré du cinéma, qui fascinait et divisait à la fois”, tandis que Blick parle de la disparition d’un “véritable monument du cinéma français”. L’acteur français “au physique ténébreux et séduisant” a pu être surnommé “le Brigitte Bardot au masculin”, rappelle de son côté The Hollywood Reporter qui, outre ses rôles dans Le Guépard (1963) et Le Samouraï, mentionne son interprétation de Tom Ripley dans Plein Soleil (1960).

    Hommage général

    Depuis l’annonce de son décès ce dimanche 18 août au matin, les messages lui rendant hommage sont nombreux. En France, tout d’abord, avec les messages d’Emmanuel Macron et de Franck Riester. En effet, rappelons-le, Alain Delon était un Français de l’étranger, installé en Suisse depuis 1985.

    Bien sûr, les membres de la famille Cinéma et plus largement le monde culturel francophone ont inondé les réseaux sociaux comme les médias de leurs messages.

    « Après Belmondo, Delon s’en va. C’est le dernier témoin de toute une époque du cinéma. […] C’était mon Dieu. C’est un grand chagrin qu’il soit parti, mais en même temps une libération pour lui, parce que cette époque, il ne l’aimait pas […] »

    S’est émue l’actrice, Véronique Jannot, au micro de BFM TV.

    « Il était le cinéma, par sa présence. Plus qu’un acteur, plus qu’un interprète, il était un symbole de la beauté française. […] Il était comme un animal blessé, il était un personnage extrêmement attachant. […] « Il était un homme retenu, timide, sauvage parfois, coléreux éventuellement, qui s’emportait parfois, mais il y avait au fond de lui-même quelque chose de tendre. »

    L’ancien ministre de la Culture, Jack Lang, a rendu un long hommage à Alain Delon, sur BFM TV.

    « C’est un soulagement pour lui, sa maladie était affreuse. C’était un personnage inouï qui a joué une centaine de rôles différents, mais il arrivait avec ses propres valises, c’est-à-dire avec cette vivacité, cette sobriété, cette classe ».

    L’ancien président du festival de Cannes, Gilles Jacob

  • Boy Band de Modern Liv, la B.O de l’été

    Boy Band de Modern Liv, la B.O de l’été

    Parigo-londonienne, ça se dit ? En tout cas ça se chante. Nous avions déjà repéré Modern Liv lors d’un concert à Londres il y a quelques mois. Cette toute jeune française résidente en Angleterre venait de sortir son premier titre, Together Tonight. Samedi 27 juillet 2024, dans un pub de Hackney, Modern Liv (c’est son nom de scène, hommage à Modern Love de Bowie, mais pour les amis c’est Liv) fêtait la sortie de son EP, intitulé Boy Band, du titre d’une des chansons (entendue sur la BBC, ainsi qu’un autre titre de l’album, Shake The Feeling). Un petit bijou d’album à l’univers chatoyant entre jazz et indie rock.

    Modern Liv

    Modern Liv

    Boy Band ? En vrai, Liv fait tout elle-même, accompagnée par son producteur. Elle écrit ses textes, chante, compose, tient la guitare. « Boy Band et Betting on Illusions » parlent de l’amitié, Boy Band sur le mode road trip, un rock anthem avec des éléments classiques du rock comme l’orgue, avec une lead guitar inspirée des Allman Brothers ; Betting on Illusions est plus electro, plus contemporaine. Together Tonight raconte comment on se met soi-même, parfois, des bâtons dans les roues, sentiment qui pourrait être sévère sans la production indie rock, plutôt douce. Shake The Feeling (on adore, sensible comme on est) est une ballade délicieuse avec des éléments de jazz et un clin d’œil rock avec de l’orgue Hammond et de la guitare inspirée par Pink Floyd. Et surtout une voix sublime, de satin et de velours tressés des aigus aux graves.

    Un album, des pages de vie

    Il ne faut pas se priver des visuels rigolos qui illustrent les chansons sur les sites de streaming. Together Tonight, ou la vie quotidienne avec des gants de boxe rouge pailleté, Betting on Illusions, une fille qui danse sans voir arriver derrière elle une armada de nuages. Shake The Feeling est plus bucolique, ballade oblige. Et Boy Band, l’histoire de deux gamines qui rêvent d’être grandes et d’avoir leur groupe (serait-ce autobiographique par hasard ?) racontée en vidéo avec des Pollypocket qui débarquent en hélico dans une salle de concert en forme de guitare géante. À écouter tout l’été.

  • Décès du sénateur Jean-Pierre Bansard

    Décès du sénateur Jean-Pierre Bansard

    L’Alliance solidaire des Français de l’étranger a annoncé, ce vendredi 16 août, le décès de son fondateur et bienfaiteur, Jean-Pierre Bansard (Bensaïd). Ce chef d’entreprise qui exerça ses talents dans des activités aussi variées que le transit, la logistique, le transport, internationaux, l’hôtellerie et plus récemment, il a ajouté une dimension industrielle à ses activités en redonnant vie au groupe Solex. À côté, il s’engagea auprès de la communauté juive, dont il est issu, en tant que dirigeant du consistoire de Paris et fondateur de la maison France-Israël. Enfin, né à Oran, ce Français de l’étranger a créé en 2009 l’Alliance solidaire des Français de l’étranger dont il devient sénateur en 2017 pour la première fois.

    Émotion chez les Français de l’étranger

    Depuis l’annonce, les messages de condoléances comme les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux. En premier, on évoque celui du Ministre (démissionnaire) aux Français de l’étranger, Franck Riester qui a publié un message sur X (ex Twitter).

    Aussi, très présents sur X comme sur Facebook, on retrouve les 70 élus conseillers des Français de l’étranger élus sous la bannière ASFE comme Ghassan Ayoub, élu au Liban ou Régine Mazloum-Martin de Suisse et bien d’autres.

    « Il aura concouru à nous représenter et nous défendre avec sa marque personnelle. Mes condoléances à sa famille, ses proches, son entourage.« 

    Michel Zucchero, Conseiller des Français de Tunisie et de Libye., à Conseiller Consulaire Tunisie et Libye.

    D’Orly à l’Avenue Marceau

    Jean-Pierre Bansard est un autodidacte qui, selon le site de l’ASFE, « a bâti sa réussite sous le signe du travail, de la volonté, de l’esprit d’entreprise et d’initiative. »

    Arrivé à Paris de son Algérie natale en 1978, il crée la société de transit Bansard International sur le site de l’aéroport de Paris-Orly, alors seule plateforme aéroportuaire de la région. Ses activités de transitaire l’amènent à se familiariser avec les diverses procédures parabancaires. Il crée en 1980 la société de caution Laficau (La financière de caution), agréée par la Banque de France.

    À la suite du déplacement des Halles de Paris à Rungis, Jean-Pierre Bansard est sollicité par de nombreux importateurs/exportateurs qui souhaitent trouver des entrepôts destinés au stockage de marchandises. Pour répondre à ces demandes, il achète des terrains sur le site de Rungis et y édifie ses premiers entrepôts.

    Usines Center et les Puces

    En 1984, sa rencontre avec Christian Liagre, initiateur en France des magasins d’usines, l’amène à introduire en France le concept de solderies d’usines en créant 11 Usines Center, chaîne de centres commerciaux spécialisés dans la vente de surplus de stocks.

    En 1985, il crée le groupe immobilier Compagnie Internationale Bansard Liagre Entreprises (CIBLE) et nomme Évelyne Renaud en qualité de président-directeur général (elle est désormais sénatrice des Français de l’étranger) avec laquelle il va progressivement investir tous les secteurs de l’immobilier puis de l’hôtellerie. En 1986, il rachète le restaurant Drouant et l’immeuble qui l’abrite. Il rénove l’ensemble pour sauvegarder le siège de l’Académie Goncourt.

    En 1989, il acquiert les deux « marchés » les plus emblématiques des Puces de Saint-Ouen : le marché Paul-Bert et le marché Serpette, qui totalisent 420 stands et couvrent l’ensemble des spécialités du marché de l’antiquité. Entièrement rénovés, remis aux normes et loués de façon sélective à des antiquaires, ces deux marchés sont revendus par le groupe en 2000.

    Hôtellerie et Solex

    Au début des années 2000, le groupe Cible s’intéresse au marché hôtelier parisien. Jean-Pierre Bansard crée des boutiques-hôtels et des établissements de prestige, tels que l’hôtel InterContinental de l’avenue Marceau, Le Placide à Saint-Germain-des-Près ou Le Colette à Cannes.

    En 2004, Jean-Pierre Bansard rachète les marques du groupe Solex, notamment le VéloSoleX à Magnetti Marelli, filiale de Fiat. Dessiné par Pininfarina et converti à l’électrique, le e-Solex voit le jour en 2007. Ce cyclomoteur désormais électrique se veut à la fois écologique, économique et sympathique. Dès 2010, la gamme s’élargit avec la conception et la mise sur le marché de vélos pliants à assistance électrique. Une nouvelle histoire est donc en train d’être créée pour le célèbre vélo à moteur.

    Depuis 2016, Jean-Pierre Bansard souhaitait réorienter les activités de son groupe autour de l’hôtellerie haut de gamme pour devenir un groupe notoire sur ce segment. Il possède déjà une dizaine hôtels dont ceux cités précédemment. Il était classé 230e fortune de France par le magazine Challenges en 2016. Il grimpe à la 147ème place en 2023, avec une fortune estimée à 900 millions d’euros.

    Du consistoire aux Français de l’étranger

    Issu de la communauté juive de France, Jean-Pierre Bansard s’est investi dans les activités communautaires. Il a, aussi, rédigé un essai intitulé « Un judaïsme aux couleurs de la République. » Il a été porté à la tête du Consistoire régional de Champagne-Ardenne en 1991, puis en 1992, à la tête du Consistoire central, Union des communautés juives de France.

    La politique en 3 temps

    Lors des élections législatives de 1988, Jean-Pierre Bansard se présente comme candidat « majorité présidentielle » aux îles Saint-Pierre-et-Miquelon à l’invitation du sénateur-maire Albert Pen. Cependant, il ne va pas au bout et annonce son retrait du scrutin quelques jours avant celui-ci.

    En 2010, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, le désigne membre de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) au titre des « personnalités qualifiées ». À l’époque, les conseillers des Français de l’étranger n’existaient et n’élisaient donc pas les membres de l’AFE comme aujourd’hui.

    Toujours avec l’Alliance solidaire des Français de l’étranger, Jean-Pierre Bansard se présente aux élections de 2017 des sénateurs représentant les Français établis hors de France (série 1), à la tête d’une liste classée divers droite mais qu’il présente comme apolitique. Sa liste obtient deux sièges : lui-même et Évelyne Renaud-Garabedian. Pourtant, il ne put siéger que peu de temps car le 27 juillet 2018, son élection en tant que sénateur est invalidée après la saisine du Conseil constitutionnel par un conseiller consulaire. Ce n’est que partie remise puisqu’il se représente en 2021. Élection à laquelle il est réélu sénateur. Depuis, il siégeait au Sénat en tant que rattaché au groupe Les Républicains (LR).

    Sophie Briante-Guillemot, nouvelle sénatrice des Français de l’étranger

    Comme le veut la constitution, le décès d’un sénateur entraîne son remplacement par la personnalité suivante sur la liste. C’est, donc, la secrétaire générale de l’ASFE, Sophie Briante-Guillemot qui devient sénatrice.

    Sophie Briante-Guillemot et Evelyne Renaud-Garabedian ©Traitd’union AR

    Cette dernière est Française d’Argentine où elle suivit sa scolarité au Lycée français Jean-Mermoz à Buenos Aires. Et son expérience professionnelle a commencé au Consulat de Françe dans la capitale argentine avant qu’elle ne rejoigne la France où elle travailla pour la première banque de développement latino-américaine avant de rejoindre le cabinet de Myriam El Khomri, Adjointe au Maire de Paris chargée de la Prévention et de la Sécurité. Classée à gauche, Sophie Briante-Guillemot rejoignit l’ASFE et le Sénat comme collaboratrice des élus de la fédération fondée par Jean-Pierre Bansard, une première fois en 2018 puis en 2021.

  • Classement de Shanghaï 2024 : La France gagne des places

    Classement de Shanghaï 2024 : La France gagne des places

    À chaque publication du classement de Shanghaï, l’hégémonie des États-Unis reste inchangée, comme figée dans le marbre. Cette année encore, les prestigieuses universités américaines s’imposent en haut du classement établit par la ShanghaiRanking Consultancy, qui distingue les 1 000 meilleurs établissements du monde. Souvent habituées aux rangs inférieurs, les universités françaises ont de quoi se réjouir : alors qu’elles avaient déjà repris des couleurs en 2023, elles confirment cette année leur montée en puissance.

    Comment fonctionne ce classement ?

    Créé en 2003 par l’université chinoise Jiao Tong, à Shanghai, ce classement publié chaque année est une liste des 500 « meilleures » universités mondiales. Il est établi sur six critères, souvent critiqués par des spécialistes pour favoriser les plus grandes universités et de langue anglo-saxonne. 

    Les critères sont le nombre de Prix Nobel et de médaille Fields parmi les diplômés, le nombre de Prix Nobel et de médaille Fields parmi les anciens professeurs, le nombre de chercheurs les plus cités dans leurs disciplines, le nombre de publications dans les revues scientifiques Science et Nature, le nombre de publications rattachées à l’établissement et répertoriées dans les index de citations, ainsi que la performance académique des professeurs, reprenant les 5 indicateurs précédents divisés par le nombre d’enseignants-chercheurs permanents.

    Prédominance américaine

    Marqueur de la prédominance toujours de mise des établissements anglo-saxons dans le haut du classement, Harvard y brille, comme l’année précédente, aux côtés de deux autres universités des Etats-Unis, Stanford et le Massachusetts Institute of Technology (MIT). Elles sont suivies par la britannique Cambridge. Autre fleuron anglais, l’université d’Oxford gagne une place (6e), derrière Berkeley (5e) et devant Princeton (7e), toutes deux américaines.

    https://www.shanghairanking.com/rankings/arwu/2024

    4 universités françaises distinguées

    Du côté de la France, les quatre établissements qui se trouvaient déjà dans le top 100 mondial prennent du galon. Figure de proue de ces françaises, l’université Paris-Saclay grimpe ainsi de trois places dans le top 15. L’établissement, qui a connu une année mouvementée sur fond de crise pour l’élection de sa présidence, se hisse, pour la première fois, au 12e rang mondial, ex aequo avec l’université américaine Cornell.

    Après avoir été classée 15e en 2023, l’université française Paris-Saclay gagne trois rangs et se hisse à la 12e place. L’établissement public expérimental, né en 2020 et regroupant plusieurs écoles comme CentraleSupélec, AgroParisTech ou encore les instituts universitaires technologiques (IUT) de Cachan, Orsay et Sceaux, poursuit son ascension, puisqu’il avait déjà gagné une place l’année dernière. Un résultat dont Camille Galap, récemment élu président de l’établissement, « ne peut que se réjouir »« Ce classement est celui de toutes les équipes des 220 laboratoires qui donnent le meilleur dans leurs domaines respectifs et montrent qu’elles savent aller vers les ruptures scientifiques de demain », indique-t-il au Figaro.

    Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche évoque un « très bon cru » du classement cette année. D’autres universités progressent dans cette édition du classement de Shanghai 2024. C’est le cas de l’Université de Strasbourg (+50 ; cat 101-150), Nantes Université (+200 ; cat 501-600) et l’Université Paris Est-Créteil (+100 ; cat 701-800).

    Dans un communiqué, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche démissionnaire, Sylvie Retailleau, « félicite les 25 établissements français classés et remercie l’ensemble des chercheuses et chercheurs ainsi que l’ensemble des équipes »« Leurs travaux permettent à notre enseignement supérieur et à notre recherche de mieux répondre aux besoins de la société, des étudiants, mais aussi d’être plus visibles à l’international », termine-t-elle.

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