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  • Après le Brexit, le Brexin

    Après le Brexit, le Brexin

    Le Premier ministre britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont décidé de poursuivre les discussions autour d’un accord post-Brexit, a déclaré la présidente de la Commission, dimanche midi, après un appel téléphonique « constructif et nécessaire » avec le Premier britannique.

    Dernières discussions, comme d’habitude. Boris Johnson estime un échec «très, très probable». Ursula von der Leyen juge «faibles» les espoirs d’un accord. Pour le Brexit, le compte à rebours est enclenché. Même si l’Europe est la spécialiste  des accords de dernière minute, la possibilité pour l’Union européenne et le Royaume-Uni de signer avant le 31 décembre se réduit d’heure en heure. Pourtant personne n’a à gagner d’un « hard Brexit ».

    Sans accord de libre-échange avec Bruxelles au 31 décembre, les échanges du Royaume-Uni avec son principal partenaire se feront selon les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane et de quotas. 

    En 2019, le montant des échanges entre l’Union européenne était de 830 milliards d’euros. Le Royaume-Uni est jusqu’à maintenant le pays d’Europe ayant le déficit commercial le plus élevé. A ce titre, la France dégage un de ses rares excédents commerciaux européens avec ce pays.

    L’UE est le premier partenaire du Royaume-Uni

    Plusieurs points de blocages empêchent la conclusion d’un accord. Ainsi, le Royaume-Uni n’entend pas se soumettre aux normes techniques, fiscales et environnementales de l’Union. La Commission de Bruxelles considère que le gouvernement britannique entend faire de son pays une porte d’entrée aux marchandises des pays émergents qui ne souhaiteraient pas se soumettre à la réglementation européenne. Le Royaume-Uni se transformerait en Cheval de Troie du commerce européen au profit des pays tiers. 

    Le gouvernement britannique s’oppose également au système d’arbitrage des différends commerciaux. Logiquement, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) est compétente pour juger les cas de litige dans les prochaines années. Le Royaume-Uni ne se considère désormais plus lié aux lois européennes depuis son départ de l’Union en 2020, et récuse tout pouvoir à la CJUE. Bruxelles serait disposé à trouver sur ce point un compromis. 

    Tous les problèmes ont leur solution

    Le dossier de la pêche et des zones réservées est également dans l’impasse. Les eaux britanniques sont parmi les plus riches du monde en poisson et de nombreux pays de l’Union y pêchent 760 000 tonnes de poissons chaque année, soit 636 millions d’euros de marchandises. La France est le pays le plus concerné en y réalisant 30 % de ses prises. Or au 1er janvier 2021, le Royaume-Uni reprend le contrôle de cette zone économique exclusive et souhaite y imposer un système de droit de pêche et de quotas. Ces derniers seraient mis en place dans trois ans. Un délai estimé trop court par Bruxelles, qui propose plutôt de s’acquitter d’une taxe en reversant une partie des prises effectuées dans les eaux britanniques. Le gouvernement britannique estime les concessions européennes très insuffisantes.

    Johnson veut un vrai Brexit, donc un hard Brexit

    Désormais, aussi bien Boris Johnson que les dirigeants européens se préparent à un no deal. Boris Johnson vante les mérites d’un accord à l’Australienne ou à la Canadienne, pour citer deux pays avec lesquels le Royaume-Uni vient de conclure des accords de libre échange. Pourtant, ils n’ont rien à voir avec l’accès au marché européen. D’autant que ces accords ne sont pas meilleurs que ceux signés avec l’UE…

    Signe positif, le gouvernement britannique a récemment confirmé le retrait d’une loi, qui renonçait à l’établissement d’une frontière entre l’Irlande du Nord et l’Eire, invalidant l’accord dit de sortie. Or, sans accord d’accès au marché unique, on comprend mal comment le gouvernement gérera l’absence de frontière entre les deux Irlandes.

    Quant à la pêche, difficile de penser qu’une question à 630 M€, sur un volume d’échanges de 830 milliards, ne trouve pas de solution. Enfin la question de l’arbitrage semble pouvoir être résolue par un autre système d’arbitrage que la CJUE. 

    Le plus important semble être la question des normes européennes. Ils emble évident qu’en cas de no deal, les produits britanniques devront de toute façon les appliquer. Une certification semblerait permettre un compromis. 

    En fait, aucun problème ne semble insurmontable. 

    La raison fondamentale à l’absence d’accord c’est le refus d’avoir un accord. Comme s’il fallait une rupture en bonne et due forme, afin que personne ne croie que le Brexit puisse être un faux Brexit.

    Les Britanniques continueront à négocier plus tard, un peu trop tard. 

    Une fois que le Royaume-Uni sera sorti, les Britanniques commenceront à négocier sérieusement. Mais l’échec laissera des traces, et ce temps de latence aura des effets dévastateurs sur l’économie britannique, et en Europe. En France en particulier, puisque le Royaume-Uni est un de ses principaux partenaires. 

    Laisser la porte ouverte

    Il faudra absolument mettre les rancœurs de coté de tenter de trouver avec le Royaume-Uni les meilleures relations possibles. Un partenaire fort et heureux est préférable un voisin divisé et isolé, ou entièrement dans l’orbite américaine.

    Certes, il n’y aura pas de Brexin, mais la porte doit rester ouverte. Il faut absolument conserver les meilleures relations possibles, dans tous les domaines, avec le Royaume-Uni. C’est l’intérêt des Européens, et c’est l’intérêt des Britanniques. D’autant qu’il risque d’y avoir bientôt la question de l’Ecosse. Un  Scotix qui se transformerait en Scotin n’est pas impossible : la meilleure façon de résoudre la question écossaise, et la question irlandaise sera, pour les Britanniques,  un accord avec l’UE.  

  • La France vaccinera ses expatriés

    La France vaccinera ses expatriés

    Le gouvernement veut que sa stratégie de vaccination des citoyens français prenne, dès sa genèse, en compte les Français de l’étranger. Jean-Baptiste LEMOYNE, le secrétaire d’Etat aux Français hors de France a réuni vendredi 11 décembre les parlementaires pour leur exposer son plan.

    Tirer les leçons du H1N1

    EN 2009-2010, 550.000 doses de vaccin contre le H1N1 avaient été envoyées pour 1,4 million de Français inscrits au registre à cette date. Seulement 62 800 expatriés se sont fait immuniser à travers le réseau consulaire.

    Cette faible participation s’explique en partie par un défaut d’information de nos compatriotes. Mais en 10 ans la communauté des Français de l’étranger a doublé et s’est organisée. En s’appuyant sur les consulats, les alliances françaises, les accueils des Français et le réseau scolaire, de nombreuses associations se sont épanouies. Avec la création en 2014 des élus consulaires, les territoires sont mieux maillés. Cependant, comme l’a démontré la disparité de l’information transmise tout au long de la pandémie actuelle, des consignes claires et communes sont attendues de leur ministère respectif par tous les acteurs de la communauté.

    L’autre explication à ce faible taux de couverture de la campagne de vaccination de 2009-2010 : Le H1N1 est incomparable à la Covid-19. 10 000 décès pour le premier, la moitié de la planète touchée, tandis qu’aujourd’hui, alors que la maladie fait encore rage, le monde entier compte ses morts avec un total de 1 600 000 (au 11/12/20).

    Equité de traitement et  subsidiarité 

    Lors de la réunion avec les députés et sénateurs, le secrétaire d’Etat, Jean-Baptiste LEMOYNE, a indiqué que sa stratégie pour les Français de l’étranger reposera sur deux grands principes : équité de traitement entre Français de l’étranger/Français de France et subsidiarité.

    Déploiement similaire à celui réalisé en France

    La campagne de vaccination contre la Covid-19 pour les expatriés sera effectuée en 3 phases comme en France : janvier à février (EHPAD, personnels en contact avec des personnes âgées), phase 2 : personnes à risque ; phase 3 : reste de la population. Et là aussi comme sur le territoire national, 4 principes s’appliqueront : non obligatoires, gratuits, disponibilité, déploiement via la médecine de ville. 

    Retenant une suggestion d’Amelia LAKRAFI, Députée (LREM), Jean-Baptiste LEMOYNE proposera au gouvernement de faire appel aux Instituts Pasteurs,  aux centres médicaux sociaux (OLEF) et aux médecins des ambassades.

    Marc Villard (PS), qui préside l’Assemblée des Français de l’Etranger, suggère lui d’ouvrir le réseau médical de la CFE aux non-adhérents. La caisse rembourserait ou prendrait en charge tous les expatriés et l’Etat la rembourserait à son tour.

    Adapter la campagne aux enjeux locaux

    Anne Genetet, députée (LREM), s’est opposée à un déploiement systématique et massif, rappelant que tous les pays n’homologueront pas le même vaccin, que cette démarche peut amener à des tensions géopolitiques, etc. Elle propose d’intervenir uniquement en dernier recours comme au Koweit où les vaccins seront refusés aux étrangers.

    Claudine Lepage, sénatrice (PS), la rejoint, au moins partiellement. Dans certains pays, la couverture proposée par les pays de résidence sera similaire à celle française. C’est particulièrement le cas au sein de l’Union européenne, en vertu de l’égalité de traitement des européens, nos compatriotes dans ces pays seront pris en charge par l’Etat d’accueil. Elle s’interroge pour les autres pays.

    C’est aussi l’inquiétude de son collègue, Christophe Frassa (LR), il se demande « comment envisager la campagne dans les pays où il n’y a pas de campagne nationale de vaccination ? »

    Une « Task Force » contre la Covid-19 au Quai d’Orsay

    Axel CRUAU, responsable de la « Task force Covid » au Ministère des affaires étrangères français, présent à la réunion, a exposé les actions qui seront mises en place au cours des prochaines semaines. Des questionnaires pour les postes diplomatiques, des relances des partenariats avec les autres états de l’Union européenne, un dialogue pour retour d’expérience avec la CFE sur la campagne de 2009-2010.. Finalement beaucoup de papiers mais encore peu d’actions…

    Et comme l’indique dans un courrier envoyé aux élus consulaires à la suite de la réunion, le sénateur Robert del Picchia (LR), les vraies questions sont en suspens : « quid des pays qui obligeraient à se vacciner ? Quid des agents de l’État et des agents locaux ? (..) Quels pays choisiront le nationalisme vaccinal ? »

  • Le Foot français en danger

    Le Foot français en danger

    Le contrat monumental avec Mediapro avait été accueilli en 2018 avec tambours et trompettes. Les clubs et la fédération de Football pensaient avoir décroché le gros lot en cédant 80% des droits TV pour la Ligue 1 et la Ligue 2 pour la période 2020-2024, pour un montant de 830 millions d’euros.

    325 millions d’euros non versés

    La décision de la Ligue de mettre fin à son contrat avec son principal diffuseur, la chaine Téléfoot ce vendredi 11 décembre, ouvre une ère d’incertitude économique pour le football français. La défaillance du groupe sino-espagnol (Mediapro) est apparue de plus en plus évidente depuis sa décision de ne pas honorer son échéance en octobre, puis en décembre, invoquant la crise sanitaire. La somme non versée s’élève désormais à environ 325 millions d’euros en tout.

    Julien Bergeaud DG Mediapro

    Une source ayant accès au dossier a expliqué à l’AFP que la Ligue devait récupérer ses droits de diffusion d’ici au 21 décembre. Contacté par l’AFP, Mediapro n’a pas souhaité faire de commentaire. Mais sous couvert d’anonymat, un journaliste de Téléfoot, la chaîne ad hoc créée par Mediapro, raconte que ses salariés ont été « réunis » par visioconférence vendredi matin. Son directeur général Julien « Bergeaud nous a dit, très ému et même au bord des larmes que c’était fini« , « le coup est monumental« . Il a été indiqué aux salariés de continuer à travailler les prochains jours, poursuit-il.

    Survie jusqu’au 23 décembre

    Via un communiqué transmis par mail, Mediapro est sorti du silence : 

    «Mediapro Sport France et la Ligue de Football Professionnel annoncent avoir défini ensemble les termes d’un accord qui permettrait d’aboutir à la restitution des droits de diffusion des matches de Ligue 1 et de Ligue 2 à la Ligue de Football Professionnel à brève échéance. Cet accord sera soumis au Tribunal de commerce de Nanterre dans les prochains jours afin que ce dernier puisse entrer en vigueur dans les meilleurs délais. »

    Mediapro 

    La sortie du diffuseur sino-espagnol doit, donc, encore être validée par le tribunal de commerce de Nanterre qui avait engagé une procédure de conciliation le 19 octobre. Il s’agira alors de connaître précisément les conditions de la sortie de Mediapro. Plusieurs sources proches du dossier ayant évoqué ces derniers jours l’hypothèse du versement d’un dédommagement par Mediapro en échange de promesses de non-poursuites judiciaires. D’après Le Parisien, cette somme s’éleverait à 100 millions d’euros. 

    En revanche, la chaîne Téléfoot ne va pas cesser d’émettre du jour au lendemain, elle assurera la télédiffusion des matchs jusqu’au 23 décembre 2020.

    Et après ? Qui paiera pour les matchs ?

    Quand le contrat de plus de 800 millions d’euros par an (sur un total record d’1,153 milliard pour la L1) avait été signé par Mediapro, nouveau venu en France, de nombreux experts avaient émis des doutes quant à sa viabilité. Et en octobre, le patron de Mediapro le Catalan Jaume Roures avait indiqué que Téléfoot comptait 600.000 abonnés, bien loin de l’objectif des 3,5 millions nécessaires à long terme pour rentabiliser le projet.

    Les regards vont désormais se tourner vers Canal+, diffuseur historique du Championnat de France qui reste discret sur le dossier et a déjà indiqué via son patron Maxime Saada qu’il ne réinvestirait pas « à perte » dans le football. Cela laisse craindre une décote de plusieurs centaines de millions d’euros par an. Une forte baisse qui risque d’être difficile à encaisser pour de nombreux clubs déjà fragilisés par la crise sanitaire et des stades vides. Sollicité par l’AFP, Canal + n’a pas donné suite.

  • Monaco : des Français viennent savourer un moment de liberté malgré la Covid-19

    Monaco : des Français viennent savourer un moment de liberté malgré la Covid-19

    Dans la principauté de Monaco, de nombreux Français de la région se pressent pour profiter des restaurants qui, ici, peuvent rester ouverts, moyennant un strict protocole sanitaire pour lutter contre l’épidémie de Covid-19.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • L’Europe va réduire de 55 % ses émissions de CO2 d’ici 2030

    L’Europe va réduire de 55 % ses émissions de CO2 d’ici 2030

    l’Union européenne célèbre l’anniversaire de l’Accord de Paris. Les 27 pays de l’Union européenne ont conclu vendredi, à l’issue d’une nuit de négociations, un accord pour réduire d’« au moins 55 % » leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990, contre un objectif précédent de 40 %, ont annoncé plusieurs responsables européens.

    Une ambition écologique

    Les chefs d’Etat et de gouvernement ont adopté « une proposition ambitieuse pour un nouvel objectif climatique », s’est félicitée sur Twitter la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. « Dix ans, c’est demain. Alors, mettons tout en œuvre pour réussir, maintenant, tous ensemble. Car il n’y a pas de plan B », a également réagi le président français Emmanuel Macron.

  • Numérique européen derrière la Chine et les Etats-Unis

    Numérique européen derrière la Chine et les Etats-Unis

    L’Europe n’a toujours pas réussi à créer un grand marché unifié du numérique, un handicap qui explique l’absence de géants européens à l’instar de Google et Facebook aux Etats-Unis, ou Tencent et Alibaba en Chine.

    Elle est pourtant loin d’être un désert numérique et les nouveaux projets de régulations (DSA/DMA) qui seront annoncés le 15 décembre par la Commission européenne pourraient favoriser son essor, à condition d’être complétés par une politique industrielle ambitieuse.

    Retard européen

    Les Etats-Unis ont donné naissance aux cinq géants du numérique Google (moteurs de recherche), Apple (téléphonie mobile), Facebook (réseaux sociaux), Amazon (vente à distance) et Microsoft (logiciels), regroupés sous l’acronyme Gafam. Chacun de ces champions de la valorisation boursière pèse des centaines de milliards d’euros.

    La Chine a su produire l’équivalent avec Baidu (moteurs de recherche), Alibaba (vente à distance), Tencent (jeux vidéo et réseaux sociaux) et Xiaomi (téléphonie mobile).

    Mais l’Europe est inexistante dans cette catégorie poids lourds.

    Dans l’intelligence artificielle, l’UE dépose trois fois moins de brevets que la Chine et 3,4 fois moins que les Etats-Unis, selon l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Dans ce domaine, à l’échelle mondiale, plus de la moitié des 51 « licornes » – sociétés non cotées valant plus d’un milliard de dollars – sont américaines, un quart chinoises. L’UE en compte une seule.

    Les raisons d’un échec

    En Europe, « on n’a pas encore un grand marché numérique (…), on a un patchwork de règles », constate Alexandre de Streel, professeur de droit à l’université de Namur et expert des régulations numériques. Même quand on se dote de règles communes, comme la Réglementation générale sur la protection des données (RGPD), elles sont appliquées différemment, relève-t-il: « le régulateur irlandais de la vie privée est par exemple plus souple que son homologue français ».

    Une start-up européenne fait face à 27 règlementations différentes qui freinent son développement et la poussent à chercher son salut aux Etats-Unis. Ceci d’autant plus que la culture du « capital-risque » est peu développée sur le Vieux continent.

    L’Europe souffre aussi de l’absence de politique industrielle commune, les fonds publics étant dispersés dans une multitude de projets nationaux.

    « Chaque pays essaye de créer ses propres hubs », des régions concentrant universités, start-ups et grandes entreprises dans un domaine d’excellence, « mais aucun d’eux n’a la taille critique », contrairement à la Silicon Valley ou aux plus grandes métropoles chinoises, souligne François Candelon, directeur du centre de réflexion BCG Henderson Institute.

    Des raisons d’espérer

    « L’idée qu’il pourrait y avoir un ‘Gafam’ européen, c’est terminé. Oublions cela », tranche M. Candelon. Selon lui, l’Europe a déjà perdu la bataille de l’internet grand public (réseaux sociaux, moteurs de recherche…) et l’enjeu est désormais « la numérisation des leaders européens dans les différentes industries ». Par exemple, dans l’automobile où l’informatique devient décisive pour que Volkswagen, Daimler ou Renault réussissent à rester à la pointe.

    Les Européens ont déjà réussi à imposer plusieurs grandes plateformes numériques spécialisées: Spotify (musique), Blablacar (transports), Zalando (vente à distance), Booking (tourisme)…

    Selon l’investisseur Matthieu Lattes du fonds White Star Capital, l’Europe, où les grosses levées de fonds se multiplient, est en train de monter en puissance: « On a vu émerger de nouvelles générations d’entrepreneurs (…) qui disent ‘moi aussi je peux créer un géant mondial’ ».

    « La valeur des entreprises de technologie européennes a été multipliée par quatre ces cinq dernières années. L’Europe compte le plus grand nombre de scientifiques de haut niveau dans l’intelligence artificielle (…) et plus de développeurs de logiciels que les Etats-Unis », a souligné la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, au salon Web Summit.

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Castex douche les espoirs d’un déconfinement en France

    Castex douche les espoirs d’un déconfinement en France

    La déclaration du Premier ministre ce jeudi 10 décembre à 18 h était très attendue par tous les Français à deux semaines des fêtes. Jean Castex a précisé les conditions de la nouvelle étape du déconfinement le mardi 15 décembre. 

    L’évolution de l’épidémie de coronavirus n’est pas conforme aux conditions posées par Emmanuel Macron pour lever le confinement à cette date. Il avait fixé le cap à 5 000 nouveaux cas positifs au maximum et moins de 3 000 patients en réanimation en France. 

    Avec plus de 10 000 nouveaux cas enregistrés ces derniers jours, on est loin du compte. Le deuxième point en revanche est proche d’être atteint avec 3 031 patients admis en réanimation à l’heure actuelle en France. 

    Un couvre-feu plus strict que prévu

    Le couvre-feu doit se substituer au confinement à partir du 15 décembre. Les déplacements sans attestation sont autorisés à partir de cette date. Prévu entre 21 h et 7 h du matin (avec des exceptions pour les réveillons du 24 mais pas pour celui du 31 décembre), le couvre-feu a été avancé à 20h au lieu de 21h comme prévu initialement.

    Maintien de la fermeture des cinémas, théâtres et musées

    le Premier ministre a décidé, après avis du conseil scientifique, de reporter la réouverture des salles de cinéma, théâtres et musées prévue ce 15 décembre. Une douche froide pour le monde artistique en peine depuis le début de l’épidémie de coronavirus.

    Déplacement inter-régional autorisé

    Pour éviter l’effet Thanskgiving avec une flambée de la propagation de coronavirus aux Etats-Unis après des réunions en famille et des déplacements à travers le pays, le gouvernement avait envisager de les limiter entre régions, cette option n’est pas retenue.

    Quelles conséquences pour les expatriés ?

    Pour les expatriés, il n’y a pas de changement majeur. Tout Français peut revenir à tout moment sur le territoire national. Il faut pour cela tout de même se plier à quelques règles.

    Pour ceux habitant dans l’Union européenne ou provenant des pays de la liste verte (elle comprend désormais 30 pays), il n’y a plus besoin d’attestation dérogatoire d’entrée sur le territoire. A partir du 15 décembre, vous n’aurez pas, non plus, à prévoir d’attestation de circulation comme tous les Français à cette date.

    Pour ceux hors de l’Union européenne, il faudra vous munir de l’attestation dérogatoire d’entrée sur le territoire. Il suffit de cocher « nationalité française ». Cependant, il vous sera demandé de présenter un test PCR négatif réalisé dans les 72 heures avant votre arrivée ou vous devrez en effectuer un à l’aéroport d’arrivée en France (attention seulement possible pour les nationaux français).

  • Olive, Citizen Kane et un canard enroué : Rencontre matinale pour un deal littéraire

    Olive, Citizen Kane et un canard enroué : Rencontre matinale pour un deal littéraire

    Le rendez-vous a été fixé près du ponton du Bois de la Cambre. L’étendue d’eau est glacée. La brume se dissipe mollement en un lever de rideau diaphane que percent les timides rayons du soleil de Novembre. Un canard enroué s’époumone  à distance respectable d’un chien blanc  court sur patte qui le nargue depuis la berge humide. C’est le monde à l’envers. Le canard qui tente d’impressionner le chien. Il y a décidément quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce monde confiné. Si Olive le Bouledogue français le plus connu de Bruxelles est là, c’est que son maître n’est pas loin ! 

    Fabien est à l’heure (le rédacteur en chef du site lesfrancais.press). On sent  un sourire engageant poindre à ses lèvres derrière le masque. On va parler littérature autour d’un café à emporter. Un food truck voisine une clairière calme.  Les éternuements bruyants d’un joggeur possiblement contaminé ne parviennent pas à perturber la quiétude de la conversation.  Le canard enroué a rendu les armes et barbotte à distance respectable d’Olive qui fait semblant de chercher des truffes au pied d’un grand chêne immobile. Fabien me fait un résumé de son parcours de vie et de ses projets de presse, lui le citizen Kane ayant navigué entre les deux rives du Quiévrain avec bonheur. Nous discutons à moins de deux mètres cinquante l’un de l’autre, la prise de risque Covidienne est mesurée. A 9h du matin il est parfaitement rafraichissant d’oublier  la politique un instant, la côte mal taillé du dernier gouvernement belge et les projets sécuritaires d’Emmanuel Macron. Le café est aussi brulant que mon envie de collaborer avec lesfrancais.press. 

    Le deal est donc conclu rapidement. `

    Carte blanche à la littérature dans les colonnes de Francais.press

    Carte blanche m’est donnée chaque mois pour tenir la rubrique littéraire. Avec un focus sur le livre du mois qui fera l’objet d’une discussion collective dans le club de lecture destiné à devenir le plus couru de tout Bruxelles. Un article illustrera également mes coups de coeur littéraires du moment.

    Olive se campe près du canard et lève la patte arrière en aspergeant une bûche abandonnée d’un long jet d’urine. Provocation évidente. Le canard rameute illico ses congénères qui froncent de l’oeil et agitent des plumes menaçantes. La clairière est cernée. Ils sont une dizaine à entonner ce qui constitue probablement des slogans guerriers en langue canard. On se croirait à Fort Apache.

    Il est donc temps de filer pour éviter le drame. Fabien a bien du mal à empêcher Olive de sauter au milieu du cercle des canards enragés. Le bouledogue français partage avec le gaulois réfractaire ce tempérament de matamore plein de panache qui lui fait ignorer le danger.  

    Ma première chronique peut donc commencer. 

    Un polar passionnant sur les origines de l’islamisme

    Le chien Olive a fait une erreur grossière. Partir à la guerre contre plus nombreux que lui en oubliant la saine pratique de la taqîya, cet art de la dissimulation pratiqué par les islamistes quand ils n’ont pas le dessus au combat.

    Vous en avez assez d’entendre parler d’islamisme et de terroristes sur BFM sans jamais approfondir le sujet ? Alors précipitez-vous sur « La guerre est une ruse » de Frédéric Paulin. Une phrase tirée du Coran qui illustre parfaitement la taqîya.

    Ce polar finement documenté retrace les origines de l’islamisme terroriste en France. Trente ans d’histoire tumultueuse depuis  les années noires algériennes et l’importation de cette guerre sans nom dans l’hexagone.  L’itinéraire meurtrier d’un Khaled Kelkal en est la parfaite illustration. Le romancier, un ex professeur d’histoire-géo,  a sans doute fréquenté de près les diplomates et la DGSE :  Il met en scène la quête de vérité de Tedj Benlazar, un agent à la réputation sulfureuse en poste auprès de l’Ambassade de France à Alger. Face à une hiérarchie militaire incrédule, Benlazar dévoile la connivence existant entre les généraux algériens et les maquis terroristes du GIA. Entre manipulations en tout genre et assassinats collectifs d’innocents, le polar baigne dans une atmosphère de cynisme politique et de brutalité. Il rappelle le James Ellroy d’American Tabloïd pour la densité du récit mêlant personnages historiques et héros  de fictions désabusés et solitaires. 

    Les lectrices et lecteurs ambitieux pourront s’atteler aux deux tomes suivants, « prémices de la chute » et « la fabrique de la terreur » qui reviennent sur la préparation du 11 septembre et  les attentats de Paris de 2015.  Une trilogie pour plonger au racines de l’islamisme dans le sillage de ces hommes de l’ombre de la DGSE qui mènent une guerre sans pitié contre l’hydre tentaculaire du terrorisme. Palpitant et instructif.

    Faire du Yoga avec Emmanuel Carrère ? 

    Pour les adeptes d’aventures plus introspectives, comment échapper en cette fin d’année au dernier Emmanuel Carrère, « Yoga » ? L’auteur d’auto-fictions, gros vendeur et bête médiatique,  s’est affiché partout  cet automne. Une présence insistante au point qu’une polémique éclate avec son ex-épouse qui lui reproche d’avoir utilisé contre son grès certains épisodes de sa vie.

    Il faut dire que « Yoga » n’échappe pas à la traditionnelle mise à nue de l’auteur qui après avoir évoqué dans son précédent opus, « Royaume » (2014),  sa foi catholique et les origines du christianisme, va discourir longuement sur sa passion du Yoga. Un récit en apparence éthéré qui va vite emprunter des chemins de traverse entre perte brutal d’un ami et moment de crise existentielle profonde. Ce livre à tiroirs sera apprécié par les aficionados de Carrère mais pourrait désorienter ceux qui viendront à lui pour la première fois. Je conseille d’y préférer alors « d’autres vies que la mienne » (2009) et « Limonov » (2011) comme portes d’entrées littéraire plus accessibles vers son oeuvre.

    Et si le Yoga ne vous satisfait pas pour trouver la paix de l’âme, achetez un chien ! Même si Olive n’est pas à vendre, pas de méprise !

    Et du côté de la « non fiction » me direz-vous ? 

    Les mémoires vives d’Edward Snowden, héros de la liberté

    Je vous conseille de vous procurer rapidement « Mémoires vives » d’Edward Snowden qui vient de sortir en poche. Comment un simple américain moyen, Geek et patriote, va devenir le plus célèbre lanceur d’alerte du monde ? Abasourdi par la découverte du système d’écoutes et d’espionnage massif des USA  il décide d’en révéler l’existence jusque là secrète. On découvre l’itinéraire de ce jeune passionné d’électronique qui n’hésite pas à démonter sa première console de jeux pour comprendre son fonctionnement. Celui qui devient vite un génie de l’informatique grâce à une sagacité et une curiosité exceptionnelles fait tout pour s’engager dans l’armée après le 11 septembre afin de servir son pays et de le défendre de son mieux. La suite ? Vous la découvrirez dans cette autobiographie qui se lie comme un roman et vous emportera aux côtés de ce héros des temps modernes et de ses paradoxes :  individualiste mais soucieux du bien commun, adepte de la maitrise des technologies les plus pointues mais conscient des conséquences de leur usage sur les libertés publiques. 

    Ceci dit, grâce au système d’espionnage massif américain, si un jour Olive se perd dans les rues de Bruxelles on pourra facilement le retrouver 🙂

    Humour et second degré avec « Bienvenue chez les Gaulois »

    Non-fiction toujours, du côté des auteurs indépendants, un ouvrage humoristique commis par  Gaspard Chevallier qui s’emploie à explorer tous les clichés qui concernent notre beau pays à travers son « Bienvenue chez les Gaulois ». Vous y découvrirez que « les Français sont ces gens impossibles qui répètent qu’impossible n’est pas français » comme le disait le regretté Robert Sabatier. Un pays rebelle, amoureux de l’amour et de l’humour, volontiers moqueur de ses voisins (Britanniques et Belges sont ainsi gentiment malmenés dans l’ouvrage) pour un livre qui fait sourire de bout en bout qu’on soit expatrié, comme l’auteur installé au Royaume-Uni,  ou qu’on ne le soit pas.

    Je reste à votre disposition pour toute demande de conseil ou d’information sur le mail [email protected]

    Boris Faure

    Boris Faure vit à Bruxelles depuis 2011 après avoir résidé à Varsovie (2006-2011) et à Albion (ile Maurice) (2002-2006). Il est en poste au syndicat UNSA où il est chargé des questions internationales et européennes pour les personnels exerçant hors de France. Elu consulaire en Belgique pour le PS, il eut aussi la charge de premier secrétaire de la fédération des Français de l’Etranger de 2012 à 2018.

  • Parler à un psy en français

    Parler à un psy en français

    Les états d’âme.. Voilà des humeurs et sentiments que nous connaissons tous.
    Parfois plaisant, plus souvent menaçant voir déstabilisant, ils viennent s’accumuler et peser sur des fragilités psychiques ou émotionnelles. 
    lI ne s’agit pas d’éviter ces états mais de les comprendre et les  maitriser. Ce travail thérapeutique mobilise une charge psychique et physique qui prend tout son sens dans l’outil de communication premier à savoir le langage. 

    Qu’est-ce qui est en jeu dans le processus thérapeutique et pourquoi la personne expatriée aurait tout intérêt de rencontrer un psychologue dans sa langue maternelle. 

    Aucun jugement

    Le psychologue est une personne extérieure, neutre avec laquelle il n’y a pas d’enjeux.

    Ainsi vous pouvez exprimer librement des ressentis, sensations et pensées de toutes natures sans être jugé(e) ou mal perçu(e) par rapport à ce que vous pouvez énoncer. 
    Ces fameux états d’âme jusqu’alors endossés peuvent donc surgir et laisser libre court aux manifestations psychiques et corporelles qu’ils peuvent éveiller sans que vous vous risquiez. 

    « Puis-je simplement parler à un ami ? » Oui les amis sont aussi là pour ça, mais seul un professionnel pourra réellement et durablement vous aider. Il ne viendra pas vous conforter dans un système qui alimente de manière inadaptée votre mental ou vos croyances mais vous donnera des outils et adaptera une clinique en fonction de vous et à votre rythme.

    Soutien, bienveillance, altérité, compassion, empathie; que de synonymes incarnés, nécessaires à toute tentative d’élaboration et repères humanisants.

    Un espace approprié

    L’espace proposé est dit thérapeutique, cela signifie qu’il y a des effets à la rencontre.

    Cet espace intime d’élaboration diffère des relations sociales et/ou amicales. Vous ne serez plus dans un environnement familier qui maintient vos mécanismes de défense lorsque vous vous confiez sur vos difficultés. C’est un nouveau lieu neutre où vous pourrez déposer ce que vous souhaitez au moment où vous le souhaitez. Il n’y a pas d’attentes particulière, c’est votre espace de travail intime. 
    Il apparait prudent de ne pas pleinement impliquer ses proches, respectons la place de chacun.

    Si le psychologue existe c’est qu’il y a une raison, une pensée construite et une fonction bien définit pour mener ce travail avec vous, auprès de vous. 

    Faire le premier pas 

    Voir un professionnel de santé n’est pas anodin. 
    Il né d’un désir, du besoin de répondre à vos difficultés, de vous re-connecter à votre « moi ». 

    Prendre soin de sa santé mentale ce n’est pas une simple dépense, c’est investir sur son bien-être mais aussi sur son avenir. Repensez à quel point vos troubles ont pu être un obstacle à votre bonheur, vous empêchant de vivre dans la sérénité. Et que dire de l’énergie gaspillée en combattant des pensées néfastes. 

    C’est se livrer à cet autre tenu au secret professionnel, le mettre à contribution dans votre processus d’analyse et le reconnaitre dans sa fonction de psychologue avec tout ce que la relation thérapeutique induit. Reconnaitre la valeur ajoutée d’un psychologue, c’est déjà un premier pas. 

    L’intérêt thérapeutique de la langue maternelle

    Ces enjeux thérapeutiques aussi subtils qu’ils soient n’ont pas la même résonance en fonction de ce qui est exprimé par l’individu. L’expatrié français qui maitrisera une langue étrangère n’aura peut-être pas la possibilité d’exprimer ses subtilités langagières qui, dans la dynamique thérapeutique, pourraient indéniablement avoir des effets. 

    Conjointement, le psychologue adopte des postures en fonction de ce que le patient met au travail durant la rencontre. La façon dont le patient s’exprime, les mots choisis, les contre-sens ou encore les lapsus font partis intégrante d’un mode de pensé qui pris dans une réflexion langagière (comme le fait de tenter de se faire comprendre ou choisir ses mots), n’aura d’autre effet que de masquer voire d’effacer la subjectivité du patient. 

    Pour le psychologue, les reformulerions et autres techniques liées au thérapeutique auraient du mal à être perçus et n’auraient pas l’impact escompté. 
    Le poids des mots… on parle bien de la structure langagière, celle qui inscrit chaque individu dans le monde qui l’entoure et avec laquelle il va devoir faire.
    Parler du langage c’est parler de l’individu, de l’être .. jusqu’aux lettres. 

    Karine Mequelis a fondé le site www.seancedepsy.com

  • La Royal Navy veut redevenir la première marine d’Europe

    La Royal Navy veut redevenir la première marine d’Europe

    Le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé 16,5 milliards de Livres (17.7 MM €) supplémentaires de dépenses militaires au cours des quatre prochaines années – une augmentation annuelle de 10 pour cent, la plus forte augmentation en valeur ajustée de l’inflation depuis 30 ans. Avec les engagements précédents, cela représente une augmentation de 15% des dépenses militaires pour un montant de 24 milliards de Livres (26.5MM€). Le Royaume-Uni a le septième budget militaire du monde, derrière la France et l’Allemagne, pour un montant voisin de 49 milliards d’euros, soit 1.7% du PIB. 

    Ces dix dernières années, ses dépenses militaires ont baissé de 15%, Selon Boris Johnson, « La situation internationale est plus périlleuse et intensément compétitive que jamais depuis la Guerre Froide, la Grande-Bretagne doit être fidèle à son histoire et se tenir aux côtés de ses alliés ».

    Une augmentation du budget militaire sans précédent

    L’essentiel des nouvelles dépenses bénéficieront à la Royal Navy.  Le but est de rétablir « la position de la Grande-Bretagne en tant que première puissance navale en Europe ». De nouvelles commandes : treize frégates et de futurs navires de soutien du groupe aéronaval (le Royaume-Uni possède deux porte-avions, mais aucun à propulsion nucléaire). Avec ces investissements, le Royaume-Uni disposerait de la plus grande flotte de navires de surface modernes en Europe. 

    Les milliards promis seront aussi utilisés pour créer une « Cyber Force nationale » et un « Commandement spatial », établir une « agence militaire de l’intelligence artificielle » et développer les programmes d’avions de combat et de drones de nouvelle génération. 

    Boris Johnson projette la création d’un « commandement de l’espace »  pour protéger « les intérêts du Royaume-Uni dans l’espace » et « contrôler le premier satellite lancé à partir d’une fusée britannique en 2022 ». 

    Véhicules autonomes, drones en essaim, cyberarmes, armes à énergie dirigée, (lasers), recueilleront cet effort d’investissements. Il s’agit pour le Royaume-Uni de mettre ses armées à la page de la « guerre du futur ».

    Jouer son rôle avec l’allié américain

    « l’ambition du gouvernement est de sauvegarder les intérêts et les valeurs de la Grande-Bretagne en renforçant notre influence mondiale et en renforçant notre capacité à rejoindre les États-Unis et nos autres alliés pour défendre des sociétés libres et ouvertes. »

    Boris Johnson

    L’année prochaine, le nouveau porte-avions britannique HMS Queen Elizabeth effectuera son voyage inaugural en Extrême-Orient. Tout un programme.

    Guerres du futur : cyberguerre, intelligence artificielle, espace, drones…

    L’engagement du Premier ministre vise à démontrer aux Etats-Unis que le Royaume-Uni resterait leur principal allié avec un poids militaire significatif, notamment en Europe. Elle vise aussi à mettre fin à la disette budgétaire qui risquait de pénaliser l’industrie militaire britannique, d’autant qu’elle s’isolerait des autres industries européennes en raison du Brexit et des rapprochements entre la France et l’Allemagne.

    Pour autant, si la Royal Navy n’est plus ce qu’elle était, c’est aussi parce que le Royaume-Uni n’a plus d’empire à défendre. Les seuls interventions militaires britanniques ont été faites en accord et en coordination avec les Américains.

    En 2010, la France et le Royaume-Uni inaugurait une approche bilatérale originale avec les Accords de Lancaster House pour amplifier la coopération militaire dans tous les domaines.  Un rapport parlementaire vient d’être publié pour en faire le bilan[1]. Dix ans plus tard, beaucoup de projets ont été abandonnés comme le développement de drones communs, ou, plus significatifs, celui d’un système de combat aérien du futur (SCAF). Au départ engagé avec les Britanniques, il se fera avec les Allemands et les Espagnols, tandis que le Royaume-Uni cherche à s’associer l’Italie et la Suède.

    Quelle coopération avec la France ? 

    En revanche, la coopération joue à plein dans le domaine de nouveaux missiles, des drones marines pour la lutte anti mines, les simulations et les tests pour la dissuasion nucléaire. 

    Cette coopération, si elle n’a pas porté tous ses fruits, a malgré tout permis des avancés, y compris dans la coopération opérationnelle  comme on l’a vu dans l’intervention conjointe en Lybie. De plus, les Marines françaises et britanniques partagent les mêmes besoins en armement et ont des approches similaires, ce qui n’est pas le cas avec les Allemands.  

    La coopération en matière de satellites devrait se poursuivre, la France et le Royaume-Uni étant les seuls en Europe à voir des capacités de communication militaires par satellite.

    Si l’augmentation du budget militaire consiste à réaffirmer l’indépendance stratégique du Royaume-Uni post-brexit, à moins de se retrouver entièrement dans la main des Américains, les Britanniques, même pour développer la Royal Navy, devraient plutôt accélérer que freiner la coopération avec la France. 


    [1] Rapport d’information de Charles de La Verpillière et  Jacques Marilossian, Commission de la Défense, 29 octobre 2020.