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  • Une nouvelle convention fiscale entre la France et la Belgique : immobilier, actions, etc.

    Une nouvelle convention fiscale entre la France et la Belgique : immobilier, actions, etc.

    Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance de la République française, et Vincent Van Peteghem, ministre des Finances du Royaume de Belgique, ont signé une nouvelle convention fiscale bilatérale le mardi 09 novembre. Plus de 250 000 Français vivent en Belgique tandis que 100 000 frontaliers travaillent et habitent des deux côtés de la frontière, l’enjeu est donc important pour les deux pays. Les nouvelles règles s’appliqueront en 2023.

    Cette nouvelle convention modernise les règles prévues par la convention, en vigueur depuis le 10 mars 1964, qui n’étaient plus adaptées aux derniers standards internationaux, notamment les avancées du projet « BEPS » de l’OCDE (érosion de la base d’imposition et le transfert des bénéfices), auquel les deux Etats sont attachés.

    Concrètement, dès le premier janvier 2023 les nouvelles dispositions vont avoir de lourdes conséquences pour les résidents belges (Belges ou Français) tant sur les revenus issus de l’immobilier et que pour ceux tirés des actions et autres placements.

    Tout l’immobilier taxé en France

    Alors qu’en Belgique, la taxation sur les biens immobiliers est quasiment inexistante (des évolutions sont en cours suite à une décision de la cour européenne), en France celle-ci est lourde.  Afin de l’alléger, les Sociétés civiles immobilières ont été créées.

    La SCI permet de profiter de nombreux avantages tels qu’une gestion et transmission facilitées. En effet, créer une SCI offre la possibilité de confier la gestion du patrimoine immobilier à une personne unique afin d’éviter les conflits familiaux liés à une mésentente. De plus, elle garantit la pérennité du patrimoine sur plusieurs générations. La SCI exclut la vente forcée du bien. L’associé qui souhaite partir peut seulement vendre ses parts sociales aux associés. S’il souhaite vendre ses parts à un tiers , il devra obtenir l’agrément préalable des autres associés. La SCI permet également de démembrer la propriété des parts de façon à affecter aux parts sociales des droits différents. La nue-propriété confère les droits politiques relatifs à la gestion alors que l’usufruit donne la jouissance du bien, dont les revenus.

    Du côté belge de telles sociétés n’existent pas. Se basant sur la convention fiscale de 1964, les revenus tirés de telles sociétés n’étaient donc pas soumis à l’impôt sur la plus-value immobilière en France (qui peut atteindre 19%). La Belgique ignorant l’assimilation fiscale française, considérait que les revenus distribués par la SCI, société disposant de la personnalité juridique, devaient être considérés comme des dividendes visés à l’article 15 de la convention préventive de la double imposition de 1964 qui attribue le pouvoir d’imposition à l’Etat de résidence du bénéficiaire des dividendes (la Belgique). Les revenus tirés étaient donc soumis à l’imposition belge. Ce qui n’était pas forcément un avantage jusqu’en 2021, nous aborderons ce point dans la deuxième partie de l’article.

    Signature de la nouvelle convention fiscale le mardi 9 novembre

    Imposition par la France de l’immobilier détenu en propre ou en société

    Ainsi, la nouvelle convention prévoit une clause qui confère à l’État où les immeubles sont situés le pouvoir d’imposer les gains de cession d’actions de sociétés à prépondérance immobilière.

    Concrètement, « dès l’entrée en vigueur de la nouvelle CPDI, qui devrait intervenir en 2023, la France pourra taxer les plus-values de cession de parts de sociétés immobilières françaises par des résidents belges », explique Denis-Emmanuel Philippe, avocat-associé chez Bloom, au quotidien belge L’Echo, qui estime « considérable » l’impact que cela va avoir sur les nombreux particuliers et entreprises belges qui détiennent de l’immobilier en France au travers d’une société.

    Les dividendes français plus taxés que les belges

    La nouvelle convention fiscale entre la Belgique et la France réserve une autre mauvaise surprise aux investisseurs résidant en Belgique qui détiennent des actions de sociétés françaises.

    De fait, la disposition relative à la quotité forfaitaire d’impôt étranger (QFIE) a disparu. Or, c’est sur base de cette disposition que le fisc accepte (après une longue bataille juridique), depuis 2021, de déduire, à hauteur de 15%, le précompte sur le dividende payé en France du précompte mobilier payable en Belgique. Ainsi, le dividende français n’est plus frappé d’un double précompte, il est même moins taxé qu’un dividende belge.

    Mais cet avantage va disparaitre dès 2023 ! Dès l’entrée en vigueur du texte (au plus tôt au 1er janvier 2023), pour un dividende français de 100 euros, la France prélèvera sa part de 12,8%. Sur les 87,2 euros qui passent la frontière, la Belgique prélèvera le précompte mobilier de 30%, soit 26,16 euros. Au final, sur un dividende de 100 euros, il restera 61,04 euros à l’investisseur-contribuable (contre 70 euros s’il s’agit d’un dividende d’action d’une société belge).

    Entrée en vigueur

    L’entrée en vigueur du nouveau texte interviendra à l’issue du processus de ratification législatif à venir et au plus tôt le 1er janvier 2023.

  • « Dictionnaire des Belgicismes » : le français des belges

    « Dictionnaire des Belgicismes » : le français des belges

    Michel Francard présente la 3ème édition du « Dictionnaire des Belgicismes ».

    2 000 belgicismes pour mieux connaître la Belgique d’aujourd’hui, humer sa gastronomie, vibrer avec ses traditions et son histoire, s’immerger dans son quotidien. Pour tous les Belges qui parlent un français aux couleurs de la Wallonie et de Bruxelles… Et pour tous ceux qui pensent que les Belges parlent belge et que chacune de leurs phrases se termine par oufti ou une fois… Parce que la langue vit, cette nouvelle édition s’est enrichie de propositions de lecteurs qui ont eu à coeur de faire partager « leurs » belgicismes.

    Regardez l’interview sur TV5MONDE

  • Droits voisins : Google et l’AFP trouvent un accord

    Droits voisins : Google et l’AFP trouvent un accord

    Google et l’Agence France-Presse ont annoncé mercredi 17 novembre avoir trouvé un accord pour la rémunération du contenu journalistique réutilisé par le géant du numérique, au titre du droit voisin.

    « Cet accord est une reconnaissance de la valeur de l’information », s’est réjoui Fabrice Fries, PDG de l’AFP, dans un communiqué commun. Au terme de 18 mois de négociations, les deux parties se sont accordées sur la rémunération, dont le montant reste confidentiel, auquel l’agence de presse pourra prétendre en contrepartie de la réutilisation de son contenu par Google.

    « On a bataillé pour que les agences soient pleinement éligibles aux droits voisins. La différence avec un partenariat commercial, c’est qu’un contrat de droits voisins a vocation à être durable », a déclaré le PDG de l’AFP. L’accord couvrira toute l’UE, y compris au sein des pays qui n’ont pas encore transposé la directive européenne ouvrant le droit voisin, pour les cinq prochaines années.

    « Cet accord avec l’Agence France-Presse démontre notre volonté de trouver un terrain d’entente avec les éditeurs et les agences de presse en France sur le sujet des droits voisins », s’est félicité pour sa part Sébastien Missoffe, Directeur Général de Google France.

    Google et l’AFP ont également précisé que ce partenariat devrait être bien complété par un programme portant sur la lutte contre la désinformation.

    Un combat de longue haleine

    La question du droit voisin fait couler beaucoup d’encre en France depuis son introduction en 2019.

    Depuis la loi du 24 juillet 2019, le Code de la propriété intellectuelle prévoit que les agences et éditeurs de presse peuvent prétendre à une contrepartie pour la réutilisation de leurs contenus journalistiques par des moteurs de recherches, comme Google, ou des plateformes, comme Facebook. La loi fait suite à une directive européenne, promulguée en avril 2019, que la France a été la première à transposer dans l’UE.

    Mais les négociations n’ont pas toujours été simples, et il reste du chemin à parcourir.

    Le 13 juillet dernier, l’Autorité de la Concurrence avait condamné Google à une amende de 500 millions d’euros pour ne pas avoir négocié « de bonne foi » avec les éditeurs de presse, en dépit d’un accord-cadre trouvé quelques mois plus tôt avec une partie des éditeurs de presse français.

    De son côté, Facebook a annoncé le 21 octobre avoir conclu un accord avec l’Alliance de la Presse d’Information Générale (APIG), qui regroupe un grand nombre de titres français dont Le Monde, Le Figaro, et Libération.

    « Les termes auxquels nous sommes parvenus permettront à Facebook d’appliquer la directive et la loi française, tout en générant des financements importants pour les éditeurs de l’Alliance, notamment les plus petits d’entre eux », s’était alors félicité le président de l’APIG, Pierre Louette.

    Pour mener à bien ces négociations, un organisme de gestion collective, la société des Droits Voisins de la Presse (DVP), a vu le jour le 26 octobre dernier pour fédérer les éditeurs et agences de presse français et essayer de ne parler que d’une seule voix face aux géants du numérique. Il bénéficiera de l’expertise de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem).

    « La création de cet organisme de gestion collective constitue une étape décisive pour la reconnaissance effective d’un juste partage de la valeur entre les éditeurs et agences de presse et ces nouveaux acteurs du numérique qui jusqu’à présent profitaient de manière indue des contenus produits par la presse », a déclaré son président, l’ancien eurodéputé Jean-Marie Cavada.

  • Eric Zemmour à Londres  : levée de boucliers contre sa venue

    Eric Zemmour à Londres : levée de boucliers contre sa venue

    Vendredi 19 novembre, le presque candidat à la présidentielle française, Eric Zemmour, doit se rendre à Londres pour renforcer les soutiens à sa candidature aux élections de 2022. Lors de cette courte visite, le polémiste y tiendrait des rencontres avec des expatriés.

    Eric Zemmour, connu sous le nom de « Donald Trump français », a déclaré dimanche au Sun: « Je suis un homme assez simple – j’ai été invité, et comme vous le savez, il y a beaucoup de Français là-bas. »

    Le discours de Zemmour annulé par la Royal Institution!

    Selon nos confrères de LCI, Eric Zemmour avait prévu de s’adresser aux Français de l’étranger au sein de la Royal Institution. Cette même société savante, lotie au coeur de Londres, qui avait accueilli l’ancien candidat aux présidentielles pour Les Républicains, François Fillon en 2016.

    Nous pouvons désormais vous révéler que la Royal Institution a décidé d’annuler le discours d’Eric Zemmour, après avoir suivi le processus de diligence raisonnable.

    Des expatriés déçus

    Les expatriés à Londres qui attendaient avec impatience le discours du polémiste, seront sans doute déçus de son annulation. Comme Shalini, une Britannique qui se faisait un plaisir d’aller à sa rencontre : « Je pense que sa visite est une excellente idée. Ici, outre Manche, ils sont nombreux mes compatriotes britanniques et expatriés français à ne pas vouloir la réélection de Macron. J’attends avec impatience le message qu’adressera Zemmour aux Britanniques aussi. Et oui, je fais partie de groupes pro Zemmour.”

    Une fan qui sera sans doute frustrée.

    “Je trouve ses propos racistes”

    Patricia Connell, conseillère des Français de l’étranger (Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord) de La République en Marche, nous a confié ne pas être sûre de vouloir lui faire encore plus de publicité, qu’il ne reçoit déjà des autres médias.

    “Ce monsieur, à ma connaissance, ne s’est pas encore déclaré en tant que candidat à la Présidence de la République. N’est-il pas en train de promouvoir son livre? Je trouve néanmoins qu’il a un certain culot de venir chercher des soutiens parmi les expatriés de Londres alors qu’il est anti-immigration. Il accuse les Britanniques d’être le pire ennemi de la France et dit en passant que la France aurait dû s’allier à l’Allemagne contre le Royaume-Uni. On marche sur la tête. Personnellement, je le trouve répugnant au possible. C’est tout ce dont j’ai horreur. Ces propos sont racistes, homophobes, misogynes, islamophobes, et j’en passe. Il réécrit l’histoire en nous expliquant que le gouvernement Vichy aurait sauvé les juifs de France. Ben oui, bien sûr. C’est normal de retirer aux Français leur nationalité parce qu’ils sont arrivés en France après 1927 (15 000 Français au total) et de les envoyer vers les camps de la mort. Ce ne sont malheureusement pas les seuls Français juifs ou autres à y avoir péri. Ce monsieur est tellement à l’opposé de ce que je crois et porte que je ne peux même pas essayer de le comprendre. Une chose est sûre, nous ne pouvons pas laisser cet homme nous dire ce à quoi la France doit ressembler.” 

    Patricia Connell, conseillère des Français de l’étranger
    The Royal Institution – Londres

    “Eric Zemmour n’est pas le bienvenu à Londres”

    Dans son communiqué de presse, Europe Écologie-Les Verts annonce que le presque candidat n’est pas le bienvenu dans la capitale britannique.

    « Cette semaine les 19 et 20 novembre, le probable candidat d’extrême droite a l’élection présidentielle Éric Zemmour, condamné à deux reprises pour provocation à la haine raciale, se rend à Londres pour une réunion publique afin de gagner des soutiens auprès de la communauté française installée au Royaume-Uni. Nous demandons au Maire de Londres Sadiq Khan de déclarer, comme l’ont fait les autorités de la ville de Genève la semaine dernière, qu’il n’est pas le bienvenu. Cela enverrait un signal fort pour montrer que Londres est une ville qui s’oppose fermement à ses prises de positions haineuses et discriminantes. »

    Charlotte Minvielle, conseillère consulaire EELV à Londres

    En 2019, les Londoniens étaient descendus dans les rues en grand nombre pour boycotter la visite du Président Trump. La députée britannique du Green Party, Caroline Lucas, avait déclaré lors de la manifestation à propos de M. Trump: « C’est un homme qui n’est pas digne de notre respect. Il n’est pas digne de la fonction de Président et nous disons rentrez chez vous. » 

    “EELV au Royaume-Uni s’oppose fermement de la même façon à cette visite d’Éric Zemmour et nous demandons aux Londoniens de se tenir à nos côtés”, peut-on lire dans le communiqué.

    Sur les pages Facebook des Français à Londres, la venue d’Eric Zemmour à Londres partage l’opinion. Si la plupart des utilisateurs s’opposent à sa venue, d’autres vont aller à sa rencontre et ont partagé le lien pour assister à sa conférence vendredi 19 novembre 2021.

    Selon quelques sources, Éric Zemmour annoncera sa candidature le 5 décembre 2021. Londres, un passage obligé pour lui? 

  • CFE : ce qu’en pensent les expatriés !

    CFE : ce qu’en pensent les expatriés !

    La Caisse des Français de l’étranger (CFE) est en pleine mutation depuis 3 ans. Changement de tarification, modification des conditions de remboursement, les sujets s’accumulent contre la sécurité sociale des expatriés ?

    Mais est ce que cet organisme est vraiment une branche de notre Sécurité sociale nationale ? Non et peu de Français hors de France le savent comme le révèle notre consultation.  Vous étiez 1904 à y répondre entre le 09 et le 15 novembre 2021.

    On décrypte avec vous les résultats !

    La CFE est bien identifiée

    76% des personnes ayant répondues à notre consultation connaissaient la CFE. Près de 50% y sont même adhérents. Ce résultat confirme la notoriété de la caisse des Français de l’étranger.

    Les résultats obtenus d’après un sondage réalisé par LesFrancais.press

    Une réforme tarifaire mal comprise

    Depuis 2019, la CFE demande une cotisation forfaitaire liée à son âge et sa situation familiale. En sus, les remboursement eux désormais dépendent de l’emplacement géographique de l’assuré. Le sentiment général est que vous cotisez plus si vous êtes âgé(e), quel que soit vos revenus, et vous êtes moins remboursé(e) si vous êtes dans un pays où la Santé est onéreuse. Il y a donc eu un manque de pédagogie lors de cette mutation comme le révèle notre consultation avec plus de 55% des adhérents ayant participés qui ne comprennent pas cette évolution tarifaire.

    La santé, la priorité des expatriés

    La majorité des participants à notre enquête ont adhéré principalement à la couverture santé. La possibilité de cotiser au système de retraite français de façon volontaire via la CFE ne séduit que 6,25% des répondants. Autre chiffre clé, près du tiers des expatriés renoncent à une couverture « à la française » du fait de la tarification pratiquée par la Caisse des Français de l’étranger.

    L’État appelé à la rescousse

    Si la CFE se présente comme un organisme d’Etat, elle est une société de droit privée, détenue par des acteurs publics et disposant de la garantie de l’Etat, et ayant une mission de service public. Cependant, elle n’est pas une branche de notre sécurité sociale et ne peut assurer une égalité de traitement entre les Français résidant en France et ceux hors de France.

    Dans notre consultation, ils sont moins de 8% à se satisfaire de cette situation. Ils sont nombreux à vouloir une intégration de la CFE à la sécurité sociale nationale sur le modèle allemand.

    A la veille d’élections majeurs pour notre pays, la santé et la retraite seront des sujets centraux pour les expatriés. Certains comme LREM ont mis la réforme de la CFE sur leurs tablettes pour 2022. Les autres partis ne sont pas encore exprimés sur ce sujet qui pourtant est au cœur de la vie des Français établis hors de France.

  • Vous avez dit « pénurie » ?

    Vous avez dit « pénurie » ?

    Jusqu’à ces derniers mois, le mot « pénurie » était une abstraction pour une grande partie de la population. La dernière grande expérience en la matière datait de 1973, lors de la guerre du Kippour, avec la décision des pays de l’OPEP de fermer le robinet du pétrole aux pays occidentaux accusés de soutenir Israël. À celle-ci, il convient d’ajouter celle, plus ponctuelle mais tout aussi symbolique concernant le sucre. Pour des raisons climatiques mais surtout spéculatives, du mois d’octobre 1973 à novembre 1974, le prix du sucre fut multiplié par 80, entraînant des ruées dans les magasins d’alimentation. Le prix s’effondra quelques mois plus tard.

    Plus loin dans le temps, durant la Seconde Guerre mondiale et les années qui suivirent, les Européens supportèrent de longs rationnements. Entre 1945 et 1949, les pénuries étaient la conséquence des destructions massives provoquées par cinq années de guerre à outrance. Faute d’argent, le redémarrage des centres de production et la réfection des moyens de transports étaient lents. Il a fallu la mise en œuvre du plan Marshall à partir de 1947 pour changer réellement la donne.

    Après une forte compression, l’économie connait une forte décompression

    En 2021, la situation est tout autre car, depuis le début de la crise sanitaire, l’outil de production a été préservé et le pouvoir d’achat des ménages en Occident préservé. Dès les confinements achevés, la demande a rebondi grâce notamment aux multiples plans de relance engagés par les gouvernements. Après une forte compression, l’économie connait une forte décompression générant de multiples tensions inflationnistes. Les problèmes d’approvisionnement se multiplient. Le secteur du bâtiment est privé de bois, de ciment, de poutrelles métalliques. Les usines d’automobiles s’arrêtent faute de microprocesseurs. Le papier et les jouets pourraient venir à manquer. Les pénuries de 2021 sont tout à la fois le produit de l’augmentation de la demande et de la désorganisation des circuits d’approvisionnement provoquée par les réductions d’activité durant les phases de confinement.

    Les sorties de crise sont propices à la spéculation

    Par ailleurs, les sorties de crise sont propices à la spéculation, les producteurs souhaitant compenser les pertes passées en profitant du ressaut de la demande. Les États membres de l’OPEP et la Russie livrent actuellement trois millions de barils/jour de moins qu’avant-crise, participant ainsi à la hausse des cours. Les goulets d’étranglement naturels et artificiels génèrent des effets domino sur l’ensemble des chaînes de valeur provoquant des arrêts de production et des hausses de prix. Le rétablissement des circuits d’approvisionnement, la montée en puissance de l’offre et la normalisation de la demande contribueront à une réduction des tensions économiques dans les prochains mois.

    plan de relance commun
    Ursula von der Leyer, la présidente de la Commission européenne, Emmanuel Macron et Angela Merkel réunis pour parler du plan de relance européen

    Avec la fin progressive des politiques monétaires ultraaccommodantes et la diminution des déficits publics, le dopage de l’économie s’estompera à partir du milieu de l’année 2022. Si certains craignent que le soutien monétaire et budgétaire engage l’économie mondiale dans un cycle inflationniste, d’autres estiment que sa suppression pourrait entraîner un ralentissement brutal de la croissance voire une récession. Si la thèse de ces derniers se vérifie, les pressions inflationnistes devraient rapidement disparaître.

    Inquiétudes sur la croissance  

    En Europe, la non-transmission des hausses de prix sur les salaires, malgré les problèmes de recrutement, semble aller dans ce sens, du moins pour le moment. D’un côté, les gouvernements ne veulent pas revivre une sortie de crise comme celle qui a prévalu après la crise de 2008, avec une cure d’austérité imposée alors durement ressentie par la population. De l’autre côté, l’emballement budgétaire n’est pas sans risques, tant pour les finances publiques que pour la crédibilité des monnaies. Nul ne sait encore réellement ce que signifie le retour à la normale après des années exceptionnelles, ni surtout quelle voie suivre. Le Président Joe Biden est décidé à maintenir un fort volant d’interventionnisme tout comme le Président Emmanuel Macron quand, dans le même temps, le FMI commence à s’inquiéter des conséquences du laxisme budgétaire.

    À partir de 2023, voire d’ici la fin de l’année prochaine si la situation sanitaire se stabilise, un état des lieux des forces et des faiblesses sera sans nul doute réalisé par les investisseurs sachant que l’illusion de l’argent pas cher devrait être moins vive. L’objectif des pouvoirs publics et des banques centrales sera d’éviter d’être confrontés à une crise des dettes sur le modèle vécu, en 2012, avec la Grèce.

    Si la croissance s’étiole, le risque sera élevé. Si, en revanche, elle demeure forte avec à la clef des gains de productivité, un nouveau cycle pourra s’engager. Le véritable danger pour les économies n’est donc pas les actuelles pénuries mais bien celles qui, demain, pourraient concerner la croissance.

  • Diplomatie culturelle : quel budget en 2022 ?

    Diplomatie culturelle : quel budget en 2022 ?

    Les Américains l’ont inventé, les Japonais, les Sud-Coréens, les Britanniques, les Islandais, les Scandinaves, les Chinois l’ont repris, avec succès. Le « soft power », c’est l’art de la diplomatie créative et du rayonnement international d’une culture nationale. Le tout encadré dans une stratégie de développement ou de relance économiques.

    Intégré au budget de la mission Action extérieure de l’État du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le programme 185 « Diplomatie culturelle et d’influence » porte des crédits destinés à mettre en œuvre la politique d’influence de la France sur les plans culturel, linguistique et éducatif. Ces crédits promettent d’atteindre 730,8 M€ en loi de finances 2022, contre 715,4 M€ en 2021, soit une hausse de 2,1%.  

    L’objectif est de donner les moyens à la France de mener une diplomatie universelle. Le contexte de pandémie mondiale a démontré la puissance mais aussi les faiblesses de notre réseau diplomatique.

    4 axes pour 2022

    Parmi les quatre orientations majeures définies dans le projet annuel de performances figure « l’intensification des actions en matière de coopération culturelle », notamment dans le secteur des industries culturelles et créatives (ICC)et de l’expertise culturelle. Le directeur général de la mondialisation, de la culture, de l’enseignement et du développement international au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Michel Miraillet, a tenu à rappeler que « les industries culturelles et créatives constituent un levier majeur d’attractivité et de rayonnement international pour la France (…) et représentent des enjeux économiques considérables » : 3% du PIB, un million d’emplois et une balance commerciale excédentaire de plus de 300 M€.

    Afin d’intensifier le rôle joué par les industries culturelles et créatives dans le renforcement de la diplomatie culturelle et d’influence, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a émis plusieurs recommandations :

    • Confier une « mission prioritaire ICC » à 37 postes diplomatiques ;
    • Accorder une attention particulière au continent africain, « pour lequel les ICC représentent un important levier de croissance », comme l’a notamment montré la saison Africa 2020 organisée par l’Institut français de Paris qui a permis le déploiement de près de 350 événements sur l’ensemble du territoire français et a reposé sur une programmation panafricaine et pluridisciplinaire à destination de tous les publics ;
    • Saisir « l’opportunité d’une demande croissante d’expertise culturelle adressée à la France », en particulier dans les champs muséal et patrimonial, dont le succès du Louvre Abou Dhabi et la coopération en cours pour valoriser le site d’Al‘Ula en Arabie Saoudite constituent des exemples marquants ;
    • Continuer les actions de l’Institut français de Paris, qui se donnera comme priorités en 2022
      d’« accompagner le rayonnement de la culture et des industries culturelles et créatives (ICC) françaises et francophones, de promouvoir la langue française et de soutenir les centres de langue, de renforcer la démarche partenariale au service du développement international et de poursuivre la modernisation de la gestion de l’établissement ».
    Maison de France, Institut français à Berlin à l’adresse Kurfürstendamm 211

    Des promesses qui vont se concrétiser ?

    Le gouvernement a donc sorti un budget de campagne électorale pour la diplomatie culturelle qui porte aussi l’accès à la culture française pour les expatriés. Si le budget est en hausse, il faudra attendre le début de l’année pour connaître l’ampleur de la relance que promettent Jean-Yves Le Drian (Ministre des Affaires étrangères) et Jean-Baptiste Lemoyne (Secrétaire d’État aux Français établis hors de France). En effet, en 2021 le budget des Instituts français était en hausse, une première depuis 6 ans, et pourtant les fermetures se sont multipliées comme à Valence, il y a quelques semaines…

  • Transition numérique : les données révèlent des situations très différentes entre les pays de l’UE

    Transition numérique : les données révèlent des situations très différentes entre les pays de l’UE

    La Commission européenne a fixé un certain nombre d’objectifs pour la transition numérique des États membres dans le cadre de la « Boussole numérique » pour 2030, et les indicateurs annuels, publiés le 12 novembre, ont montré des résultats mitigés à travers le bloc.

    L’indice relatif à l’économie et à la société numériques (DESI) pour 2021 évalue les performances numériques des 27 États membres.

    L’édition de cette année de l’indice a été ajustée pour refléter les quatre points cardinaux de la « boussole numérique » : compétences, infrastructures, transformation numérique des entreprises et services publics. Cette stratégie, présentée en mars, a fixé des objectifs chiffrés que les États européens doivent atteindre d’ici à la fin de la décennie.

    En septembre, la Commission a lancé la proposition d’un cadre de gouvernance qui s’appuierait sur l’indice DESI pour suivre les progrès et élaborer des recommandations en fonction des performances de chaque pays.

    « Le message du DESI de cette année est positif. Tous les pays de l’UE ont progressé vers plus de numérique et plus de compétitivité, mais il est possible de faire davantage », a déclaré Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive pour une Europe adaptée à l’ère du numérique.

    La Commission européenne à Bruxelles

    Elle a souligné que Bruxelles devait collaborer avec les États membres « pour faire en sorte que les investissements essentiels soient réalisés par l’intermédiaire de la facilité pour la reprise et la résilience, afin d’offrir les meilleures opportunités numériques ». Un minimum de 20 % de l’argent du fonds de relance est censé être investi à cette fin.

    Le Danemark, la Suède et l’Irlande ont pris la tête du classement général pour 2021, tandis que la Grèce, la Bulgarie et la Roumanie arrivent en dernière position. À noter que l’indice utilise des données issues de 2020.

    Source : https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/desi

    Malgré les progrès globaux et les améliorations à venir que la pandémie de Covid-19 a laissés dans son sillage, des lacunes importantes subsistent dans les différents pays.

    Compétences

    Conformément aux engagements énoncés dans la boussole numérique 2030 de l’UE, au moins 80 % des citoyens de l’Union devraient posséder des compétences numériques de base. Il s’agit d’« un éventail de capacités permettant d’utiliser des appareils numériques, des applications de communication et des réseaux pour accéder à des informations et les gérer », selon les termes de l’UNESCO.

    Pour l’instant, seuls les pays nordiques, l’Allemagne et les Pays-Bas ont franchi le seuil des 70 %, tandis que la Bulgarie et la Roumanie sont à la traîne, avec moins d’une personne sur trois possédant des compétences numériques de base.

    La Finlande et la Suède offrent également la plus grande part de spécialistes des technologies de l’information et de la communication (TIC) parmi leur population active, avec respectivement 7,6 % et 7,5 %. La boussole numérique vise à atteindre 20 millions de travailleurs dans le domaine des TIC d’ici à 2030.

    L’un des objectifs secondaires de la stratégie de l’UE est la convergence vers plus de parité. Actuellement, la Bulgarie, la Grèce et la Roumanie sont les seuls pays où la proportion de femmes dans le domaine des TIC est supérieure à 25 %.

    Infrastructures

    Un autre objectif est d’avoir « le gigabit pour tous, la 5G partout ». D’ici à 2030, les citoyens de l’UE devraient pouvoir bénéficier de la 5G et de la couverture des réseaux à très haute capacité, où qu’ils se trouvent.

    Le rapport montre des écarts importants d’un pays à l’autre pour les deux. Toutefois, les données utilisées dans ce cas sont celles du premier semestre de 2020, alors que de nombreux pays n’avaient pas encore commencé à déployer la 5G.

    En ce qui concerne le très haut débit, ou la fibre optique dans la plupart des cas, on constate d’importantes inégalités. Malte affiche une couverture de 100% de ses foyers, alors que seulement 10% de la population grecque y a accès.

    Si dans le cas de Malte, cela peut s’expliquer par son petit territoire – ce qui le rend facile à couvrir – d’autres pays offrent également une couverture très élevée, comme le Danemark (94%) et l’Espagne (92%).

    Entreprises

    D’ici à 2030, au moins 90 % des petites et moyennes entreprises (PME) de l’UE devraient utiliser les technologies numériques. En 2020, selon l’indice, seulement 60 % des PME européennes avaient atteint ce niveau d’intensité numérique élémentaire.

    Le Danemark, la Finlande, l’Espagne et la Suède ont dépassé la barre des 80 %, tandis qu’environ un tiers des entreprises de Bulgarie et de Roumanie utilisent des technologies numériques.

    Quant à l’utilisation du Big Data, de l’intelligence artificielle (IA) ou du cloud, différentes tendances se dégagent.

    Les pays nordiques et l’Europe de l’Ouest semblent être plus enclins à utiliser le Big Data, tandis que les entreprises tchèques et autrichiennes arrivent en tête du classement lorsqu’il s’agit de l’IA.

    Le plus grand écart, cependant, concerne l’utilisation du cloud. Près des deux tiers des entreprises françaises le font, alors que ce chiffre s’élève à environ 14 % et 13 % pour les entreprises polonaises et roumaines respectivement.

    Services publics

    Enfin, la boussole numérique de l’UE fixe comme objectif que tous les services publics clés pour les citoyens soient entièrement en ligne d’ici à 2030.

    Là encore, il existe des disparités entre les États membres. Si un certain nombre de pays sont déjà sur le point d’atteindre cet objectif, quelques-uns n’en sont encore qu’à mi-chemin, ou à peine, comme la Roumanie, dont seulement 44 % des démarches administratives peuvent être effectuées en ligne.

  • Benjamin Mendy accusé de 6 viols

    Benjamin Mendy accusé de 6 viols

    Alors qu’il était déjà sous le coup de quatre chefs d’accusation pour viol et un pour agression sexuelle en Angleterre, Benjamin Mendy a été accusé de deux nouveaux viols ce mardi.

    Un premier jugement en janvier 2022

    Le champion du monde 2018 devait être jugé à partir du 24 janvier 2022 avait annoncé la justice au mois de septembre à la suite de ses premières inculpations: trois viols en octobre 2020 et un viol en août 2021, commis à son domicile de Prestbury, dans le Cheshire. Certaines des accusatrices étaient mineures au moment des faits.;

    Ces révélations tombent à un mauvais moment pour Mendy qui doit annoncer cette semaine à la justice britannique s’il plaide coupable ou non pour ses quatre affaires de viols et l’agression sexuelle présumés.

    2 nouveaux viols

    Le défenseur international français de Manchester City Benjamin Mendy, 27 ans, a été inculpé de deux viols supplémentaires et comparaîtra devant un tribunal mercredi pour sa mise en accusation. Cette fois, les accusations concernent des plaignantes âgées de plus de 16 ans. 

    Un autre homme, Louis Saha Matturie, 40 ans, sans rapport avec le footballeur Louis Saha et dont les liens avec Mendy ne sont pas clairement établis, a lui aussi été accusé.

    L’international français avait aussi fait les choux gras des tabloïds à l’automne 2020 lors de la saisie de sa Lamborghini, d’une valeur de plus de 500.000 euros, qu’il conduisait sans permis ni assurance. Il avait plaidé coupable et avait été condamné à un peu plus de 1.000 euros d’amende.

    Paparazzis essayant d’obtenir une photo de Benjamin Mendy lors de son incarcération
  • Échanges automatiques de données avec l’Espagne et le Portugal

    Échanges automatiques de données avec l’Espagne et le Portugal

    Comme chaque fin d’année, le problème des certificats de vie pour les retraités installés hors de France s’impose dans le quotidien de nos compatriotes âgés.

    Comme vous le savez, il faut, pour continuer à percevoir sa retraite par une caisse de retraite française, produire un document attestant que le bénéficiaire est toujours en vie. Longtemps, c’était les consulats qui étaient en charge de produire ce document. Depuis 2019, l’administration consulaire ne rend plus ce service.  La seule possibilité est donc de se tourner vers les autorités locales.

    La barrière de la langue, l’absence d’administration nationale ou locale dans certains pays, posent de nombreux problèmes. Et la conséquence est rapide, les caisses peuvent couper le versement à partir d’un mois de retard.

    Un certificat de vie unique

    La première mesure pour simplifier la vie des retraités, c’est de centraliser la réception et la diffusion du certificat de vie. Depuis 2019, en effet, en passant par le site info-retraite.fr, il est possible de transmettre une seule fois la fameuse preuve de vie qui sera après envoyée aux différentes caisses dont dépend l’ancien salarié du privé (pour ceux dépendant de la retraite publique, il n’y a souvent qu’une caisse).

    Numérisation des états-civils

    Face aux fraudes constatées, surtout dans les pays du Maghreb, les députés ont poussé le gouvernement à multiplier les accords de transmission des états civils nationaux.

    La plupart des pays entrant dans une phase de dématérialisation, il est apparu logique aux élus de favoriser l’échange entre États.

    C’est un avantage certain pour les retraités qui n’ont plus à se soucier de devoir démontrer qu’ils sont en vie chaque année. S’ils décèdent dans leur pays de résidence et qu’il existe un accord de transmission numérique, l’État français sera averti rapidement et pourra informer les caisses de retraite concernées.

    Second avantage, c’est la lutte contre la fraude, dans certains pays il peut être aisé de se faire délivrer un certificat de vie contre quelques billets.

    L’Espagne et le Portugal rejoignent l’accord

    Grâce aux échanges de fichiers d’état civil, ainsi qu’à la mise en place de contrôles biométriques, les retraités résidant dans la circonscription de la péninsule ibérique ne devront donc bientôt plus présenter de « certificat de vie » en papier à leur caisse de retraite.

    Ces échanges de fichiers d’état civil commenceront dès janvier 2022 entre la France et l’Espagne et courant 2022 entre la France et le Portugal.

     Cela devrait permettre aux retraités concernés de ne plus recevoir de notification de demande de certificat de vie.

    Par ailleurs, on vous rappelle que depuis le 2 novembre dernier, une assistance téléphonique a été mise en place pour tout problème relatif au certificat de vie de retraités qui vivent à l’étranger. Ce service d’assistance vous permettra d’améliorer vos relations avec votre régime de retraite dans la gestion du paiement de votre pension de retraite et d’éviter tout risque de suspension dans leur versement. Vous pouvez découvrir le numéro de téléphone sur le site du consulat ou sur le site info-retraite.fr.