Alors que le premier tour de l’élection présidentielle française approche à grands pas, EURACTIV France et Lesfrancais.press en partenariat avec Europe Elects, ont réuni tous les sondages et projections dont vous avez besoin pour y voir plus clair, par les chiffres. Vous pouvez aussi retrouver la consultation des expatriés sur cette élection cruciale.
Le premier tour, le 10 avril 2022
Près de 48 millions d’électeurs français sont appelés à voter ces dimanches 10 et 24 avril 2022 pour élire le prochain président de la Ve République.
En métropole et dans la plupart des postes consulaires, les bureaux de vote seront ouverts à 08h et fermeront à 19h. Dans certaines grandes villes, les bureaux resteront ouverts jusqu’à 20h. Le premier tour débutera dès le samedi 9 avril dans certaines collectivités d’outre-mer et dans les pays des Amériques pour tenir compte du décalage horaire : Guadeloupe, Guyane, Martinique, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre et Miquelon et en Polynésie française. À La Réunion, Mayotte et en Nouvelle-Calédonie, il se déroulera comme en métropole.
Le second tour, le 24 avril
Le second tour opposera le 24 avril les deux candidats arrivés en tête au premier tour. Il aura eu lieu la veille dans les mêmes entités d’outre-mer et dans les pays des Amériques comme lors du premier tour. La campagne officielle de second tour débutera le jour de la publication au Journal officiel des noms des deux candidats qualifiés et s’achèvera le vendredi 22 avril à minuit. Sous la Ve République, aucun candidat n’a été élu au premier tour au suffrage universel.
Le 12 février était publiée la tribune “AEFE le coup de tonnerre !”. Rédigée conjointement par les professeurs syndiqués Annie Delporte et Jérôme Nassoy, elle questionne la quasi suppression des personnels résidents pour la rentrée 2022.
“Il ne sera plus possible d’obtenir un poste dans le réseau depuis la France ou un autre pays”. Lorsque les syndicalistes du SNES-FSU, Annie Delporte et Jérôme Nassoy, publient leur tribune conjointe le 12 février, c’est “le coup de tonnerre”dans le monde de l’enseignement français à l’étranger.
La fin des “faux-résidents” dès la rentrée
L’Agence française pour l’enseignement à l’étranger (AEFE) met ainsi un terme aux contrats dits de résidents au recrutement différés (RRD), autrement appelés “les faux-résidents”. Il s’agit de professeurs détachés de l’Éducation nationale, qui, contrairement aux résidents “classiques”, sont soumis à un contrat de droit local durant leurs trois premiers mois en poste à l’étranger. Pourquoi ? Car, pour être assigné résident, il est nécessaire de justifier d’un rapprochement de conjoint sur place ou d’habiter le pays concerné depuis plus de trois mois. Or, les “faux-résidents” ne répondent pas à ces critères. De plus, il fallait pouvoir les différencier clairement des professeurs dits expatriés. La règle des trois mois a alors été trouvée.
Effectivement, les “expatriés” sont des professeurs mandatés par le gouvernement pour former de futurs enseignants localement. Ils sont sur place le temps de leur mission et perçoivent, entre autres, des aides au déménagement au départ et à l’arrivée.
Le procès qui a tout chamboulé
Ce système des RRD fonctionne depuis plus d’une vingtaine d’années, et s’il mettait dans une certaine précarité les professeurs y étant soumis – non cotisation pour la retraite, salaire revu à la baisse au moment des trois mois sous contrat local – personne n’a véritablement essayé de changer la règle. Non seulement car il permettait à l’AEFE de recruter du personnel, mais aussi car les professeurs avaient la possibilité de s’exiler sans justifier d’un rapprochement de conjoint ou d’une vie sur place depuis plus de trois mois. Ils pouvaient donc arriver directement de France et de l’étranger et avoir une plus large flexibilité de déplacement.
Toutefois, tout a basculé lorsqu’une enseignante a saisi la Cour administrative d’appel de Nantes pour ses trois mois passés sous contrat local. L’AEFE a, par conséquent, été condamnée pour “détournement de pouvoir et de procédure” le 15 mai 2020. Des procédures juridiques et deux ans plus tard, le Conseil d’administration de l’Agence a annoncé mettre un terme aux RRD, dès septembre 2022.
Pour le syndicaliste du SNES-FSU Patrick Soldat, “la situation était bancale et il fallait qu’elle explose”. Alors qu’il se demande quelle va être la suite, il révèle que l’Agence travaille actuellement sur un nouveau décret par rapport aux RDD, conjointement avec les ministres concernés et les organisations syndicales. Un point que l’AEFE a confirmé, en ajoutant que l’Agence souhaite continuer à recruter du personnel détaché “dans un cadre renouvelé tenant compte des besoins de mobilité”.
Un nouveau décret
Si les parties prenantes travaillent donc actuellement à l’élaboration d’un nouveau décret, aucune date de sortie n’est annoncée pour l’instant. D’après le professeur syndiqué, il réside un problème de calendrier, car si l’AEFE aimerait pouvoir le coucher le plus tôt possible pour relancer la campagne de recrutement du personnel détaché, les syndicats souhaitent une négociation longue afin de revoir le texte dans son ensemble.
“Dans tous les cas, un problème de calendrier se présente. Soit le texte est modifié et il y a une deuxième phase de recrutement mais faite dans la précipitation. Soitil ne l’est pas et là la rentrée se présage mal”.
Patrick Soldat, professeur syndiqué du SNES-FSU
“Une bombe à retardement”
“Nous sommes assis sur une bombe à retardement” souffle Mehdi Benlahcen, professeur au collège installé depuis quinze ans au Portugal. Si lui peut rester indéfiniment sur place, c’est parce qu’il dépend de l’ancienne réglementation, ne limitant pas la durée des contrats de résidents à l’étranger. Or, depuis la rentrée 2019-2020, les professeurs sont restreints à des contrats de trois ans, renouvelables une fois. Une norme ayant entraîné une baisse du nombre de postulants détachés d’après l’instituteur. Effectivement, selon les chiffres des rapports d’activités de l’AEFE publiés sur leur site internet, le réseau a enregistré 21 964 candidatures pour les postes de résidents lors de la campagne 2018, contre 17 892 en 2019 et 16 191 en 2020. Un nombre en baisse constante.
Si la crise sanitaire a dû jouer un rôle dans cette diminution, pour Mehdi Benlahcen, elle n’est pas l’unique raison. Selon lui, s’installer à l’étranger nécessite un certain budget, comme pour le déménagement. Pour sa part, il avait contracté un emprunt à la banque pour couvrir les frais d’installation dans le pays lusophone. Mais il savait qu’il allait pouvoir y construire une vie et y rester indéfiniment, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Effectivement, le problème est tout autre lorsque les fonctionnaires savent que leur implantation a une date de péremption. Par conséquent, investir une forte somme tous les trois ou six ans, peut en réfréner certains.
“Nous sommes à la veille de frais de scolarité sans précédent. Si on n’a plus de résidents, nous allons recruter des gens en contrat local, ça veut dire 100% à la charge des établissements”.
Mehdi Benlahcen, professeur au Portugal
Effectivement, les professeurs sous contrat de droit local sont directement gérés et donc payés par leur établissement. Leurs salaires sont couverts grâce aux frais de scolarité déboursés par les parents d’élèves. Ainsi, si nous pouvons nous attendre à une baisse du nombre de professeurs résidents, nous pouvons également prédire une augmentation des professeurs sous droit local et donc un accroissement des frais de scolarité, déjà très onéreux.
Promotion des IRF
“Arrive maintenant le temps du développement” appuie Samantha Cazebonne dans un entretien accordé à Lesfrancais.press. Elle symbolise ce temps de l’avancement par sa dernière proposition de loi en date, qui vise à “faire évoluer la gouvernance de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et à créer les instituts régionaux de formation”. Le premier de ces instituts a été officialisé le 4 janvier dernier à Dakar et a, comme les prochains, vocation à former le personnel de l’AEFE. Pour la sénatrice LREM, de nouveaux professeurs pourront être formés de manière continue, certifiante et également en formation initiale. Pour l’Agence, les IRF veilleront à former du personnel et par conséquent des professeurs qui pourront prétendre à tous les contrats différents.
On se souvient qu’aux prémices du conflit, le gouvernement n’avait pas invité les Français à quitter le territoire ukrainien à la différence des autres chancelleries occidentales. Pourquoi ? Car Emmanuel Macron était sûr du résultat de ses échanges avec Vladimir Poutine et était persuadé de maintenir la paix. Malgré l’investissement de la diplomatie française, la guerre et ses fléaux ont déferlé sur l’Ukraine ! Hier, le 28 février, Jean-Yves Le Drian, Ministre des affaires étrangères, invitait les Français encore sur place (600 à 800 personnes) à quitter le pays par les routes !
L’ambassade de France déménage
Depuis plusieurs jours, des unités du GIGN sont sur place. Non pour secourir nos compatriotes, mais pour assurer le repli de l’administration consulaire et des diplomates.
En effet, à la surprise générale, alors que le discours sur le site de l’ambassade indiquait toujours aux expatriés de rester chez eux, Paris annonçait que son personnel était évacué de la capitale ukrainienne pour la ville de Lviv à quelques kilomètres de la frontière polonaise. Les Français sur place se retrouvent donc seuls. Avant la France, les États-Unis, le Canada et Israël avaient notamment déjà opéré ce transfert vers Lviv.
Agence consulaire à Lviv en Ukraine
« La France ne pourra pas assurer la sécurité des personnes quittant Kiev »
Ils sont seuls et livrés à eux-même. Car le Ministre des Affaires étrangères, depuis Paris, annonçant le déménagement, indiquait que les Français pouvaient désormais quitter Kiev mais que notre pays ne pouvait assurer leur sécurité. Seul soutien, les autorités partageront leurs informations sur les combats.
«Il existe une opportunité de quitter la ville»
Si le gouvernement invite les expatriés sur place à quitter la ville et le pays, c’est parce que Vladimir Poutine le concède. Ce lundi 28 février, le porte-parole du ministère russe de la Défense Igor Konachenkov a déclaré à la télévision russe que «Tous les civils de la ville peuvent quitter la capitale ukrainienne librement par l’autoroute Kiev-Vassylkiv».
C’est donc cette route qu’évoque Jean-Yves Le Drian pour les Français. Pourtant il concède que « Les routes pour sortir de Kiev par le sud ne sont pas totalement sûres« , alors comment faire ?
Un itinéraire mouvementé
Depuis le début de la guerre en Ukraine, des centaines de milliers d’habitants tentent de quitter le pays pour éviter les combats et trouver refuge dans les pays voisins, et notamment en Pologne. D’après l’ONU, ce lundi, ils sont déjà plus de 500.000 à avoir passé la frontière.
Mais y parvenir n’est pas simple. En effet, face à l’afflux massif de personnes, l’accès à la frontière est saturé, entraînant des kilomètres de files d’attente. Une équipe de BFM-TV a fait la route entreprise par ces Ukrainiens. Arrivés à 13h30 samedi à la frontière, les journalistes n’ont atteint la Pologne qu’à 1h30 du matin ce lundi.
Pour éviter ces attentes trop longues pour les réfugiés, l’ambassade des États-Unis en Ukraine publie régulièrement sur les réseaux sociaux les temps de passage aux différents postes frontières du pays. Ce lundi à 18h par exemple, il fallait compter entre 20 et 24 heures d’attente pour passer en Pologne, contre 7 à 11 heures pour entrer en voiture en Slovaquie.
Pour passer la frontière, il faudra se munir des papiers d’identité français ou ukrainiens pour chaque membre de la famille (des familles se sont retrouvées bloquées quelques heures ou jours car elles ne disposaient pas des papiers des plus jeunes). Il faut aussi s’équiper en vêtements chauds, eau et nourriture. Une épreuve que les Français sur place auraient préféré éviter si on leur avait dit de partir quand la situation était encore controlée.
Chacun tient pour évidente la candidature d’Emmanuel Macron. Il a déjà ses parrainages. Tous les sondages, face à n’importe quel candidat, le donnent vainqueur. Et si, pour une raison ou pour une autre, obsédé par l’Ukraine, fatigué par la Covid, lassé des gilets jaunes, agacés par ses fidèles et vexé d’un soutien qui ne correspond pas à une adhésion, il renonçait ?
Quel choix sans Macron ?
Personne d’autre de son camp n’aurait le temps de recueillir les parrainages. Alors le choix resterait entre deux candidats d’extrême droite, et peut-être un candidat d’extrême gauche. Resterait une candidate de la droite républicaine en perte de confiance. Bien sûr, toutes les cartes seraient redistribuées. Mais cette absence montrerait à quel point il a réussi à diviser, affaiblir, écarter tout concurrent, toute force organisée qui le gênerait.
Le paysage politique actuel ressemble à des pièces de puzzle éparses. C’est d’autant plus curieux que les oppositions, les conflits dans la société française sont relativement légers par rapport à ce que l’on a connu dans le passé. Personne ne prône la dictature du prolétariat ou la fin de la République. Personne ne veut mettre l’adversaire en prison, ni museler les journaux. La société française est, en fait, et pour la première fois depuis la Révolution, d’accord sur l’essentiel.
Notre démocratie fonctionne-t-elle mal ?
Tous les partis sont démocrates et républicains, même les plus extrémistes, et la démocratie fonctionne mal. La preuve, si Macron n’était pas candidat, apparaitrait un grand vide. C’est dire s’il a éliminé ses concurrents, ou s’ils se sont éliminés eux-mêmes : qui pense encore à Villepin, Hollande, Sarkozy, Fillon, Royal ou Aubry, toutes figures qui eurent du succès et qui ont pu songer à revenir ? On peut saluer son habileté, ou sa chance ; on peut aussi déplorer le fait qu’un grand pays ne devrait pas être à ce point dépendant d’un homme. Un grand pays a toujours plusieurs options possibles, et plusieurs hommes ou femmes d’Etat en réserve. D’autant que le Président Macron n’est pas un héros, ni un dirigeant exceptionnel qui écrase la concurrence. Le vide des projets, le vide de la campagne, n’est pas que de son fait, mais en dit long sur la société française.
C’est le signe d’un grand bonheur, ou d’un immense laisser-aller. Les Russes disent pareil : hors Poutine, qui ? Beaucoup en France disent : Macron, sinon qui ? C’est une première dans un pays passionné de politique et de débats, d’assister à une campagne dans laquelle, malgré tous leurs efforts, -et ils sont humainement remarquables- les candidats n’arrivent pas à incarner un espoir. Seul Zemmour étonne, mais autant qu’il est rejeté. Une démocratie vivante ne fait pas que des choix par défaut. Drôle de vide.
On peut aussi se dire que c’est le début de la sagesse, que les Français ne croient plus aux promesses, aux discours, encore moins aux partis, et ne s’en remettent pas non plus au charme, ni au pouvoir d’un seul. Alors pourquoi Macron, parce qu’il est en place ? Parce qu’il est au centre ? Et que finalement la société est plus consensuelle, modérée qu’on ne le croit ? Alors il faudrait aller plus loin : ne pas confier tant de pouvoir à un seul, fut-il Président, construire une République qui fonctionne avec des pouvoirs équilibrés.
Elu sans faire campagne ?
Si Emmanuel Macron est candidat, il a de grandes chances d’être réélu, sans même faire campagne. L’hebdomadaire The Economist lui donne 88% de chances. Ne seront discutés ni son bilan, ni son projet. On sait ce qu’il a fait, ce qu’il n’a pas fait, on ne sait pas vraiment ce qu’il fera. L’opposition étant totalement éclatée, il aura plus de pouvoir qu’aucun autre Président avant lui.
Pourtant, dés qu’il sera réélu -s’il est candidat, s’il est réélu- il aura tout le monde contre lui. Y compris dans son propre camp, puisque commencera aussitôt la course à sa succession, et son autorité diminuera de jour en jour.
Il lui reste une chance : désigner son successeur, le faire élire, puis lui succéder pour dix autres années. En fait, il lui faut son « Medvedev », l’homme qui ne lui fera pas d’ombre, ni comme Premier ministre, ni comme Président intérimaire. Et là il y a beaucoup de candidats.
Et s’il n’était, pour une raison ou pour une autre, vraiment pas candidat ?
Ce vendredi 25 février 2022, Edouard Philippe était à Londres. Il fut le Premier ministre d’Emmanuel Macron de 2017 à 2020, il était en fonction lors du début de la pandémie en 2020.
L’actuel maire du Havre venait dédicacer ses livres à une centaine de Français à la librairie française, La Page, située dans le quartier français de South Kensington. Cette rencontre chaleureuse a duré près de 2 h 30. Il a pris le temps de prendre des selfies avec certains d’entre eux. Ce n’est pas tous les jours qu’un ancien Premier ministre français se rend dans le quartier.
À Matignon, Gilles Boyer l’avait accompagné en tant que conseiller. Aujourd’hui sa carrière a évolué, il est devenu député européen (Renew Europe). Ensemble, ils ont écrit « Dans l’ombre », sorti en avril 2011 et qui est en cours d’adaptation pour une série TV. Le livre vient d’être traduit en anglais. En avril 2021, ils ont sorti « Impressions et lignes claires » aux Éditions JC Lattès sur les années passées à Matignon.
Lesfrancais.press est allé à la rencontre d’Édouard Philippe.
Edouard Philippe à la librairie française La Page à Londres
Un comité Horizons à Londres
Dans le froid, quelques expats faisaient la queue à l’extérieur de la librairie, parmi eux se trouvait Baptiste Roda qui vit à Londres depuis deux ans et demi. Il est venu rencontrer Édouard Philippe.
“Je fais partie actuellement du comité Horizons de Londres. C’est le parti créé par Édouard Philippe en octobre 2021. Pour l’instant nous sommes une petite dizaine et nous sommes dans une phase de développement où nous essayons d’identifier quelles sont les attentes des Français pour pouvoir leur proposer la meilleure offre politique possible et tenter de répondre au mieux à leurs besoins. C’est dans le but des législatives qui se profilent à l’horizon. Tout d’abord je vais me présenter à lui et lui dire qu’il a mon plein soutien dans tout ce qu’il entreprend. D’ailleurs s’il a deux ou trois conseils à me donner, évidemment je suis preneur !”
Baptiste Roda, Français de Londres
Nous avons aussi rencontré Léonore Mascarell, la déléguée du comité Horizons à Londres (Horizons est le nouveau parti fondé par l’ancien Premier ministre). Elle nous a expliqué que dans la capitale britannique, “les estimations du nombre de Français oscillent entre 200 000 et 300 000« . Ces derniers ont tous des profils différents et sont plus ou moins impliqués dans la vie politique française. Le comité « Horizons » de Londres s’agrandit donc progressivement.
Léonore Mascarell
« Nous sommes rejoints régulièrement par des femmes et des hommes qui souhaitent s’engager au service de la réflexion et contribuer à un dialogue constructif. Dans les prochains jours, nous allons lancer une consultation en ligne pour mieux comprendre les préoccupations des Français expatriés à Londres. Sur la base de ces résultats, un calendrier d’ateliers et de débats sera ouvertà tous et mis en place. Notre priorité est de reconnecter les Français expatriés avec la politique, qu’ils expriment leurs opinions, puis qu’ils construisent avec nous la France de demain. Lors de son intervention au King’s College London, devant une salle comble d’étudiants, Édouard Philippe a échangé avec le public sur plusieurs thématiques essentielles. Ces formats d’échanges, directs, francs, et sans langue de bois, c’est l’ambition même d’Horizons.”
Léonore Mascarell, la déléguée du comité Horizons à Londres
Rencontre avec les expatriés
À l’intérieur de la librairie, les Français attendaient leur tour pour parler à Édouard Philippe, prendre un selfie avec lui. Ce fut le cas de Charles Bilger, Président des Alsaciens à Londres. Il a partagé avec nous son ressenti.
“Très proche, aimable, une rencontre sans bousculade où nous avons pu trouver le temps pour un échange. La librairie a très bien organisé la communication et l’événement est d’autant plus plaisant. C’est une chance incroyable d’avoir un Premier ministre à Londres en ces temps très politiques.”
Charles Bilger, Président des Alsaciens à Londres
Enfin, nous avons rencontré Edouard Philippe qui a bien voulu répondre à quelques questions !
Comment l’ancien locataire de Matignon a-t-il trouvé sa rencontre avec les Français de Londres ?
Édouard Philippe nous répond que “c’est très agréable de rencontrer les gens, quelles que soient les circonstances. Ça fait aussi plaisir de connaître des personnes qui ont envie de vous lire parce que l’écriture d’un livre prend du temps, c’est un travail de fond. Certains sont venus juste pour me dire qu’ils sont originaires de Normandie ou qu’ils approuvaient ce que j’avais dit à un moment ou à un autre.”
Quels seront les projets d’Édouard Philippe dans les cinq années à venir ?
Quand l’ancien Premier ministre a créé son parti « Horizons » en octobre dernier, la plupart des personnes pensaient qu’il allait se présenter à la présidentielle de 2022. Comme l’a fait Emmanuel Macron après avoir créé son mouvement, « En Marche », où il est devenu candidat en 2017. Mais pour l’instant, son parti ne bénéficie d’aucun financement public. Car la fusion avec le parti « Agir » a échoué. En effet Franck Riester, le patron d’Agir et le ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, a mis son véto à cette alliance. Une censure exigée par Emmanuel Macron en personne d’après France Info. C’est pourquoi Édouard Philippe nous a expliqué qu’il va continuer à écrire des livres.
“Je vais aussi m’occuper de la ville du Havre. Je vais également essayer de participer au débat public et à la vie politique de mon pays.”
Édouard Philippe à Londres le 25 février 2022
Quel sera le rôle d’Édouard Philippe pendant la campagne ?
La presse française parle désormais des circonscriptions pour les législatives de 2022. Combien de circonscriptions le parti « Horizons » va-t-il obtenir ? Est-ce que des tensions entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe existeront si « Horizons » n’a pas assez d’élus et de circonscriptions ? Comme ce fut le cas entre François Bayrou et Emmanuel Macron en 2017.
Édouard Philippe nous répond qu’il soutient un candidat à l’élection présidentielle qui ne s’est pas encore déclaré pour des raisons que tout le monde comprend et qui sont liées à la crise internationale notamment en Ukraine.
« Ce candidat, c’est le Président de la République. Donc je vais faire le maximum pour l’aider à se faire élire, parce que je pense qu’il a bien travaillé depuis cinq ans. Je pense que nous n’avons pas tout réussi, que nous avons fait beaucoup de choses. Je pense aussi qu’il est le plus à même de conduire les affaires de la France et donc, sans aucune hésitation et avec beaucoup d’enthousiasme, je vais l’aider à demeurer Président de la République et continuer surtout à agir.”
Édouard Philippe à Londres le 25 février 2022
Mais la question est de savoir si Édouard Philippe se prépare pour 2027.
Son message pour les expatriés au Royaume-Uni
Les Français au Royaume-Uni ont eu deux années très difficiles liées au Brexit et à la pandémie de Covid-19, de nombreux Français du Royaume-Uni se sont posés la question de quitter le pays ou de rester et certains d’entre eux n’ont pas pu retourner en France voir leur famille à cause des fermetures de frontières. Au début de la pandémie quand le Royaume-Uni a tardé à confiner sa population, Édouard Philippe lorsqu’il était Premier ministre a annoncé dans une émission télévisée sur France 2 que la France allait fermer sa frontière avec le Royaume-Uni. Du jour au lendemain il fallait des motifs impérieux pour voyager. Édouard Philippe connaît les difficultés d’être loin de la France, car il a été lui-même expat. C’est pourquoi il a un message pour les Français au Royaume-Uni pour la présidentielle de 2022.
“Mon message est d’abord un message d’amitié. J’étaismoi-même pendant quelques années expatrié à Bohn en Allemagne. Je sais que c’est une vie extraordinaire, même s’il y a parfois des inconvénients et des difficultés, compte tenu des années que nous venons de passer. Comme l’isolement et les difficultés à se déplacer. Beaucoup de gens vivent ici et n’ont pas pu cultiver le lien qui les unit à la France comme ils auraient souhaité. Tout d’abord, c’est un message d’amitié, mais aussi un message pour leur dire qu’ils sont français même s’ils vivent à l’étranger. Ils demeurent quand même français et nous avons besoin de leurs intérêts pour la France. Et à ce qu’ils s’intéressent à ce qui se dit, à ce qui se décide dans notre pays. Et qu’ils continuent à participer à la vie publique et aussi à voter.”
Édouard Philippe à Londres le 25 février 2022
Les Français au Royaume-Uni sont-ils entendus par leurs représentants ?
La plupart des expats au Royaume-Uni ont l’impression qu’ils sont abandonnés notamment avant les présidentielles ou en temps normal. Certes le Consulat de France existe ainsi que des élus, mais ils ne se sentent pas représentés surtout pendant ces dernières années avec le Brexit et la Covid-19. Ils souhaitent que leurs voix soient entendues à l’Assemblée nationale. Car c’est à la suite de la réforme de la constitution française de juillet 2008 et en profitant du redécoupage de 2010 que 11 circonscriptions législatives ont été créées à l’étranger, pour permettre aux Français établis hors de France d’élire des députés à l’Assemblée nationale (une première sous la République française). Pour la bonne raison que ces Français hors de France n’étaient pas représentés auparavant au Sénat. Ces 11 députés sont élus selon les mêmes modalités [scrutin uninominal majoritaire à deux tours] et disposent des mêmes pouvoirs que les députés élus sur le territoire français. Ils ont été élus pour la première fois lors des élections législatives de 2012 et siègent dans la XIVe législature de la Cinquième République française.
Édouard Philippe a tenu à répondre à leurs préoccupations.
“Aujourd’hui, ils ont des députés qui parlent, qui comptent et qui représentent leurs intérêts à l’Assemblée nationale et au Sénat. Peut-être que dans le débat public national nous ne parlons pas assez des Français de l’étranger. Actuellement, les questions que se posent les Français de l’étranger à Londres ne sont pas les mêmes que celles qui taraudent les Français résidant dans les pays de l’Union européenne ou à l’autre bout du monde. Mais leurs questionnements sont pris en compte.”
Édouard Philippe à Londres le 25 février 2022
Les tensions franco-britanniques
Les tensions entre la France et le Royaume-Uni ne sont pas au beau fixe en ce moment avec la guerre sur les licences de pêche, les migrants qui tentent de traverser la Manche et bien d’autres sujets qui fâchent. L’ancien Premier ministre est allé même signer un registre de condoléances, le 22 mai 2017 après l’attentat à Manchester à l’Ambassade de la Grande-Bretagne à Paris.
Quand nous lui avons posé la question sur ce qu’il pense de l’avenir des relations entre les deux pays post Brexit il nous dit :
“C’est un avenir qui sera long, qui sera fait de moments glorieux et difficiles. Ce sera comme depuis toujours. Nous sommes tellement proches, nous sommes tellement cousins, mais tellement différents. Pourtant nous sommes très liés et ce sera toujours indispensable, utile et difficile.”
Édouard Philippe à Londres le 25 février 2022
Comment la rencontre s’est-elle passée ?
Isabelle Lemarchand, de la librairie « La Page » nous a confié que “la rencontre a eu lieu autour de son livre. Sauf de façon très rare, ce n’est pas l’auteur qui fait signe en général ».
Nous sommes en contact avec les éditeurs. Nous n’intervenons pas du tout au niveau politique. L’intervention se fait uniquement au niveau de la littérature. C’est pour cela que nous recevions l’écrivain et pas du tout l’homme politique, mais bien entendu les gens sont intéressés de le rencontrer pour toutes ses casquettes. Mais nous le rencontrions uniquement autour de son livre parce que « Dans l’ombre » est sorti en anglais donc c’était la publication » The shadows ». C’est pourquoi il y avait son éditeur anglais et son éditrice française qui l’accompagnaient. C’était vraiment un événement de librairie avant tout.”
Isabelle Lemarchand, de la librairie La Page
Isabelle Lemarchand ajoute qu’Édouard Philippe était très content de cette rencontre “qui s’est fort bien passée, très bien terminée. C’était tout à fait convivial et ça s’est passé comme nous l’attendions. Beaucoup de monde était présent. Je pense qu’il était très content de retrouver ses lecteurs.”
La librairie La Page nous a indiqué qu’elle est prête à accueillir d’autres événements, mais uniquement dans le domaine de la littérature. “En aucun cas nous n’avons fait des réunions politiques. C’est toujours en relation avec notre métier et notre volonté de promouvoir la culture et la littérature françaises à Londres. Les grands événements c’était François Hollande en 2019 et Édouard Philippe récemment qui intéresse particulièrement les gens. Nous recevons des personnalités politiques quand ils sont là pour vendre des livres”, a conclu Isabelle Lemarchand.
En ces temps d’incertitude au Royaume-Uni les expats ont besoin de plus de culture et de littérature françaises.
Depuis ce lundi 28 février 2022, le port du masque en France cesse d’être obligatoire dans les lieux fermés mais sous passe vaccinal. Les règles évoluent aussi pour les personnes cas contact et complètement vaccinées. On fait le point sur les dispositions prises par le gouvernement.
Dans quel lieu peut-on enlever le masque en France ?
Depuis ce lundi 28 février 2022, le port du masque n’est donc plus obligatoire dans certains lieux. Il s’agit de lieux clos, par ailleurs soumis au passe vaccinal. C’est notamment le cas :
Des restaurants et bars,
Des cinémas,
Des théâtres,
Des musées et monuments,
Des établissements sportifs.
#COVID19 | À partir d’aujourd’hui, le port du masque n’est plus obligatoire dans les lieux clos soumis au #PassVaccinal (restaurants, cinémas…), sauf dans les transports 😷 pic.twitter.com/aBctKRtYla
Mais attention, cette règle ne s’applique pas dans les transports (trains, bus, etc.) , où le port du masque continue donc d’être exigé. Le port du masque en intérieur est également maintenu dans les lieux non soumis au passe vaccinal. Le port du masque reste obligatoire dans les commerces, les entreprises et les hôpitaux. Pour rappel, il n’est plus obligatoire de porter le masque en extérieur depuis le 2 février.
Vous êtes cas contact lors de votre voyage en France ?
Même si la pandémie recule, le taux de circulation du virus est encore important en France. Lors d’un voyage d’un expatrié, il n’est pas impossible de se retrouver cas contact. Jusqu’à présent, le voyage se transformait en un séjour qui se limitait à son lieu de résidence, quarantaine oblige ou à une longue succession de tests (trois tests, le premier jour, à J+2 puis J+4).
Bonne nouvelle ! Depuis ce 28 février, Les personnes cas contact avec un schéma vaccinal complet (avec des vaccins reconnus par l’UE) n’ont plus qu’à réaliser un unique test (autotest, ou test antigénique, ou test PCR) deux jours après avoir été informées qu’elles ont été en contact avec une personne positive.
Si le test s’avère positif, il sera nécessaire de refaire un test de confirmation (PCR ou antigénique). Les règles d’isolement, elles, ont aussi évolué : les personnes avec un schéma vaccinal complet ne sont pas tenues de s’isoler, tant qu’elles n’ont pas de symptômes.
Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les Occidentaux ont, pour l’heure, brandi la carte des sanctions économiques. Le gel des avoirs financiers russes et l’exclusion de certaines banques du pays du système de transactions internationales Swift devraient déstabiliser l’économie nationale. La dernière salve de sanctions décidée samedi soir par l’UE devrait perturber fortement le fonctionnement de l’économie russe. Autre série de mesures qui vont avoir un lourd impact : la fermeture des espaces aériens. L’Union européenne a fermé le ciel des 27 pays aux compagnies russes comme le Japon et d’autres pays de la planète, en retour Vladimir Poutine a fermé l’espace russe à ces pays. Les Français de Russie se retrouvent donc théoriquement isolés en Russie et sans accès à d’autres fonds que ceux détenus sur place en roubles.
Des solutions existent et la communauté française comme le consulat se mobilisent ce lundi matin pour apporter des réponses aux Français installés sur place et à ceux de passage. Ces derniers doivent quitter le pays « sans délai » comme l’a demandé le Quai d’Orsay hier soir. Nous recevons dans ce podcast Franck Ferrari, le nouvel élu du Conseil consulaire des Français de Russie issu des élections de mai 2021.
En fin d’article, vous trouverez, en complément, le témoignage de Julien lors de l’émission des expatriés sur Stéréochic.fr, ce lundi 28 février 2022. Ce jeune Français est expatrié à Oufa, une ville de l’Ouest de la Russie. Située à une centaine de kilomètres des monts Oural, elle est la capitale et la plus grande ville de la République fédérée à la Russie de Bachkirie. Julien était parti de France en V.I.E. dans une société française qui fabrique du fromage sur place. Depuis il est ingénieur dans cette usine où un CDI lui a été offert après son V.I.E., il y réside désormais et ne compte pas rentrer à ce jour.
Franck Ferrari est né à Nouméa (Polynésie française) en 1972, Corse d’origine, il a commencé sa vie d’adulte à Paris où il rencontre sa future épouse, russe. Marié et papa de deux filles, il vit depuis dix ans à Moscou. Professeur de Technologie au LFM et élu au Conseil d’établissement du Lycée depuis 2021, il est très investi dans les différentes missions pédagogiques ou institutionnelles. Membre du parti Les Républicains, il est un des 3 élus représentant la communauté française en Russie.
« On a du mal à réaliser »
Avec Franck Ferrari, nous découvrons les conséquences des mesures prises par les occidentaux. Comme nous, en Russie, la population et la communauté française découvrent et tentent d’imaginer les conséquences. Sollicités par les Français sur place, l’élu partage avec nous les difficultés pour trouver les informations pour répondre aux 45000 de nos concitoyens répartis sur le territoire russe (essentiellement à Moscou, St Petersbourg et proches de l’usine Renault du pays).
Un vent de panique à relativiser
Dimanche soir, le Quai d’Orsay a demandé aux Français de passage de quitter le territoire russe. Les expatriés n’étaient pas concernés à l’inverse de ceux en Biélorussie. Cependant, l’information partielle a provoqué un vent de panique parmi les Français de Russie. Le consulat et les élus se sont retrouvés confrontés à une explosion des demandes de visas pour les conjoints, à un assaut des expatriés sur les dernières places d’avions disponibles.
L’occasion pour Franck Ferrari de rappeler qu’il existe encore des solutions. En effet, on peut encore utiliser, pour partir ou revenir, les lignes aériennes suisses (attention la Suisse vient d’annoncer qu’elle va reprendre les mesures européennes), serbes et des émirats ou turques. Des lignes qui risquent de disparaitre à leur tour face aux risques de pénuries de pièces détachées qui immobiliseraient les avions sur le territoire russe.
Un avenir incertain
Alors que les décisions ont été prises en pleines vacances scolaires, la question du retour se pose. Les écoles françaises vont-elles rouvrir ? Les professeurs comme les familles ont-ils envie de revenir ?
Du côté des entreprises, la situation est gérée au cas par cas. Selon la taille de l’entreprise et son activité dans le pays, les expatriés sont mutés dans d’autres pays ou rapatriés en France.
A ces problèmes de mobilité s’ajoutent ceux liés à l’exclusion du Swift. Si actuellement les plus grands établissements ne sont pas déconnectés du système international, qu’en sera-t-il demain ? Déjà dès ce lundi 28 février, il n’est plus possible de récupérer des devises étrangères.
Cette vague de sanctions inédites complètent celles toujours en vigueur depuis 2014. Les commerçants français sur place vont devoir continuer à faire preuve d’imagination car les produits français ne re circuleront pas rapidement dans la Grande Russie. Et pourtant, les clients sont toujours là, comme nous l’explique l’élu consulaire, aucune animosité envers les Français n’a été rapportée à l’inverse des précédents conflits sous Nicolas Sarkozy ou François Hollande.
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Une majorité de Français (77 %) a déjà entendu parler des cryptos. Ce résultat provient du sondage réalisé par KPMG/Ipsos, du mois de décembre 2021, pour l’Association pour le développement des actifs numériques (Adan). 15% des sondés connaîtraient par ailleurs les NFT (jetons non fongibles). Selon la dernière enquête du Cercle de l’Épargne réalisée en septembre 2021, 11% des Français estimaient que le bitcoin était un placement rentable contre 2% en 2019. La forte appréciation du bitcoin et sa notoriété croissante ont contribué à cette évolution.
Plus de cryptoactifs que d’actionnaires en France
Aux États-Unis, 11% de la population auraient acquis des cryptoactifs. En France, en 2021, 8 % des Français ont déclaré avoir déjà investi dans les cryptos, selon le sondage précité réalisé par KPMG. Ils n’étaient que 3 % en 2020.
Les détenteurs de cryptoactifs seraient ainsi plus nombreux que les détenteurs d’actions en direct (6,7 % des Français, selon l’Autorité des marchés financiers). Les Français qui sont réticents à prendre des risques avec des actions le seraient moins à l’encontre des cryptoactifs.
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Une affaire de jeunes de moins de 35 ans.
La «cryptomania » est une affaire de jeunes de moins de 35 ans. Selon l’enquête du cercle de l’Épargne, 22 % des 25/34 ans jugent cet actif particulièrement rentable, contre seulement 3 % des plus de 65 ans. Parmi les 8 % de détenteurs de cryptoactifs, en France, 61 % se sont lancés il y a moins de trois ans, notamment pendant le premier confinement de 2020.
Ce sont les indépendants qui sont les plus susceptibles d’investir dans le bitcoin et autres cryptoactifs. Ils sont 37 % à juger ce placement rentable.
Lors d’une conférence en ligne sur le projet gazier Nord Stream 2 organisée par EURACTIV Bulgarie jeudi 24 février, un panel d’experts a partagé ses points de vue sur la situation actuelle en Ukraine, le besoin de sécurité énergétique et l’éventail de sanctions qui convient à l’intensité de la crise en cours.
Nord Stream 2 et sécurité énergétique
Organisée à un moment où la certification du gazoduc controversé était toujours en cours, la conférence, intitulée « Nord Stream 2 » — pas une monnaie d’échange », s’est concentrée sur le tableau général de l’affrontement géopolitique avec la Russie.
Même si le gazoduc Nord Stream 2, d’une valeur de 11 milliards de dollars, reliant la Russie à l’Allemagne sous la mer Baltique, est terminé et prêt à être mis en service, les experts sont unanimes : le projet n’a pas d’avenir.
« Nord Stream 2 est mort et enterré », a déclaré Andrius Kubilius, eurodéputé lituanien et membre de la commission des affaires étrangères. « Je ne vois pas comment il pourrait être redémarré. Peut-être si la Russie devenait démocratique, mais pour l’instant, je soutiens la décision du chancelier Scholz de l’arrêter », a-t-il ajouté.
M. Kubilius a en outre exhorté l’UE à « résoudre » son problème de sécurité énergétique. « 40 % du marché européen du gaz est approvisionné par la Russie et plus de 50 % du marché allemand de l’énergie est approvisionné par Gazprom. Ce n’est pas une question de monopole, c’est une question de sécurité géopolitique pour l’Allemagne et l’Europe et la possibilité pour nous de prendre des décisions indépendantes », a déclaré M. Kubilius.
Il a également souligné, avec Aura Sabadus, auteure à l’Independent Commodity Intelligence Services (ICIS), le besoin tout aussi urgent pour l’Europe de pouvoir inverser les flux de gaz dans les gazoducs existants entre la Grèce et l’Ukraine afin d’assurer l’approvisionnement du pays.
Toutefois, lors d’une séquence sur l’indépendance gazière européenne, Ilian Vassilev, ancien ambassadeur bulgare en Russie et expert en politique étrangère, est resté optimiste en évoquant les alternatives au gaz russe.
« Il y a deux semaines, les Russes ont réduit de moitié leur production de gaz en trois jours », a déclaré Vassilev. « Les gens ont pensé que c’était la fin. Mais non. Nous avons obtenu du GNL des États-Unis et non seulement cela a suffi à équilibrer la demande, mais les prix ont baissé ».
Il a ajouté que l’invasion de l’Ukraine n’était que le premier coup dans le jeu de Poutine et que son impact sur le secteur énergétique restait à voir.
Lors d’une émouvante intervention en direct de Kiev, Svitlana Zalishchuk, conseillère Affaires internationales de Naftogaz Ukraine, a décrit la situation sur le terrain, appelant la communauté internationale à ouvrir les yeux sur la gravité de la situation.
« Je ne peux pas appeler cela une guerre contre l’Ukraine. C’est une guerre contre le monde démocratique et le monde occidental », a déclaré Mme Zalishchuk, ajoutant que « ce n’est pas seulement à l’armée ukrainienne et au peuple ukrainien de combattre. C’est à la communauté internationale ».
Mme Zalishchuk a ensuite été contrainte de quitter la conférence en ligne en raison d’appels à l’évacuation lancés par les autorités ukrainiennes.
M. Kubilius a qualifié les attaques russes contre l’Ukraine de « crime international » et a exhorté les États membres de l’UE à soutenir l’Ukraine comme l’a fait son pays, en fournissant des fonds et des équipements militaires.
Mme Sabadus, a quant à elle regretté que les avertissements répétés d’une invasion russe n’aient été suivis d’aucune action concrète. « Personne n’a écouté », a-t-elle déclaré, ajoutant que « c’est le moment où l’Occident doit se réveiller ».
Mme Sabadus s’est toutefois félicitée de la démission de responsables européens de conseils d’administration d’entreprises russes, comme l’ancien Premier ministre Matteo Renzi qui a quitté Delimobil, le plus grand service de covoiturage de Russie, et l’ancien Premier ministre finlandais Esko Aho qui a démissionné de son poste à la Sberbank.
Le monde selon Poutine
Interrogés leur avis sur les projets de M. Poutine pour l’Ukraine, les membres du panel ont exprimé des points de vue très similaires.
« Vladimir Poutine veut reconstruire une sorte d’Empire russe », a déclaré Mme Zalishchuk. Elle a ajouté qu’il s’agissait d’une sorte de « guerre coloniale » menée sur la base de fausses revendications historiques, en utilisant un « faux narratif » et en formulant de « fausses demandes ».
Selon l’ancien Premier ministre lituanien Kubilius, la situation en Ukraine est la « guerre d’un homme fou » que la Russie finira par perdre.
M. Vassilev, pour sa part, a dressé un tableau plus sombre. « Il faut s’attendre au pire, il faut s’attendre à tout. Parce qu’il a franchi le Rubicon. Il n’y a pas de retour possible pour lui », a-t-il déclaré en parlant du président russe. Il a ajouté que les contrats n’ont pas d’importance pour M. Poutine puisqu’il n’a pas respecté les accords de Budapest (sur la dé-nucléarisation post-soviétique de l’Ukraine) ni les accords de Minsk (sur le Donbass).
« Tout nouvel accord que [Poutine] signerait ne signifierait rien tant qu’il est au pouvoir », a-t-il conclu.
Selon M. Vassilev, le président russe essaiera de « prendre tout ce qu’il peut » et d’obtenir une nouvelle conférence de Yalta avec des sphères d’influences définies.
« Il est dangereux car il a cette obsession d’être le prochain Alexandre Nevsky qui restaurera la fierté de l’empire russe. Aucun sacrifice n’est assez grand pour lui ». Alexandre Nevsky est considéré comme une figure clé de la Russie médiévale.
Sanctions
Face aux événements en cours en Ukraine, le panel d’experts qui a participé à la conférence a convenu que des sanctions sévères devaient être prises pour dissuader la Russie de nouvelles agressions.
Mme Zalishchuk a plaidé en faveur de sanctions sévères contre le Belarus et d’un isolement total de l’État russe sur la scène internationale.
« De lourdes restrictions doivent être mises en œuvre, notamment sur les équipements technologiques et sur l’électronique », a déclaré Mme Zalishchuk de Naftogaz. « Je m’attends à un ensemble de sanctions dévastatrices, contre Poutine, contre son entourage, contre ses enfants et ses proches », a-t-il ajouté.
Cette opinion est partagée par Mme Abadus de l’ICIS. « Les sanctions les plus importantes seraient celles dirigées contre les oligarques de M. Poutine et, bien sûr, contre M. Poutine lui-même », a-t-elle déclaré, ajoutant que « la Russie devrait être complètement exclue du système de paiement SWIFT ».
Toutefois, M. Vassilev a préconisé une approche plus prudente, notant que l’UE est encore largement dépendante du gaz russe. Si les sanctions sont nécessaires, il a déclaré qu’elles doivent être pensées intelligemment.
« Vous pourriez exclure les banques russes et les communautés financières russes de SWIFT, mais ensuite vous devez toujours payer le gaz. C’est donc délicat, si vous commencez à faire une exception, cette faille sera utilisée pour créer d’autres exceptions », a déclaré M. Vassilev.
Le courage : plus de 650 scientifiques russes ont signé une pétition contre la guerre en Ukraine. 1800 manifestants ont été arrêtés à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Les civils ukrainiens portent des kalachnikovs, le Président ukrainien et son prédécesseur appellent à la résistance.
La saloperie : Kadyrov, le tyranneau tchétchène, s’est porté volontaire pour nettoyer l’Ukraine ; Bachar Al Assad, Maduro, Loukachenko, le Kazakhstan, la Chine, l’Iran, le Pakistan, Nicaragua, Cuba, ouvertement ou discrètement, soutiennent la Russie. Une coalition se forge, réunissant les despotes de tout bord et de toute religion, unis par la haine de la démocratie, maladie occidentale, maladie contagieuse.
La crainte de Poutine : être victime d’une révolution démocratique en Russie
L’Ukraine ne menaçait en rien la Russie. Ceux qui trouvaient toutes les excuses du monde au gentil Poutine contre Otan le méchant n’ont pas compris que la crainte de Poutine était plus profonde : être victime d’une révolution démocratique en Russie. L’Ukraine était encore, en 2014, avec Ianoukovytch, un satellite russe. Ce dernier avait effacé la « Révolution orange » de 2004. Les oligarques ukrainiens versaient leur dime au Kremlin. Puis il y eut la révolte de Maïdan. Déjà, Ianoukovytch n’hésitait pas à « tirer sur la foule », comme le recommande encore Tokaïev, le nouveau satrape kazakh. Mais l’attrait de l’Occident et de la démocratie fut trop fort. L’Ukraine s’échappa du contrôle russe, les oligarques du clan de « Donetsk » durent fuir. En représailles, Poutine prenait la Crimée et armait les séparatistes du Donetsk.
La démocratie est contagieuse. L’an dernier, en Biélorussie aussi, il fallut tuer. Comme au Kazakhstan. Poutine se sent menacé par un Navalny, fait exécuter ou emprisonner des opposants, disparaitre des journalistes. Certes, il n’est pas le seul. Ailleurs, le risque de contagion est moins grand. Ce qu’il craint, ce ne sont pas les missiles de l’Otan, ce sont les Russes. Et s’ils se mettaient à aimer la démocratie comme des Ukrainiens ? A lui préférer un comédien ? Depuis des années, il se donne un mal de chien pour la singer, éloge du vice à la vertu. Quels sont les Russes qui y croient ? Ils ne voient rien pour le remplacer, il élimine toute possibilité de l’être.
Le PIB de la Russie a chuté en dix ans
Avant l’invasion de la Crimée, le PIB de la Russie dépassait les 2200 milliards de dollars par an. Il avoisine aujourd’hui 1500 milliards de dollars. Quelle puissance ! Le niveau de vie stagne. La population diminue. Le PIB par habitant est de 57% de celui des Grecs. Avec l’invasion de l’Ukraine, la valeur de l’Euro a été multipliée par quatre à Saint Petersbourg, la bourse de Moscou a chuté de 45%.
Les sanctions économiques, ça marche, pourrait-on dire. Huit ans après la Crimée, la Russie envahit l’Ukraine : les sanctions, ça ne marche pas. Tout simplement parce que les dictateurs ne sont pas atteints, ni eux, ni ceux qui les soutiennent. Au contraire, ils profitent d’une économie de pénurie pour organiser la contrebande et vendre des passe-droits. En Iran, les sanctions ont fait la fortune des Gardiens de la Révolution. Frapper Poutine, Lavrov et les députés de la Douma est symbolique, révèle leur richesse. Poutine n’accumule pas des fortunes pour en jouir. Il jouit du pouvoir absolu dans son périmètre, cela flatte son ego jusqu’à la démesure. Il n’a besoin d’argent, comme tous les dictateurs, que pour acheter les amitiés et les consciences. Un tyran se doit d’être généreux. C’est pourquoi dans tous les régimes de force, policiers et militaires sont riches : Algérie, Egypte, Pakistan, Birmanie, etc.
La première réaction est financière
Comment arrêter Poutine ? Américains et Européens se resserrent autour de l’Otan. Leur première réaction est financière. D’abord parce que le nerf de la guerre, c’est l’argent (mais seulement à long terme, une fois l’Ukraine étouffée). Ensuite parce que c’est la logique même de l’Occident : l’économie gouverne tout. Et son erreur : l’idéologie gouverne plus que l’économie, vieux débat ! Enfin parce que l’Occident vit dans la paix, surtout l’Europe, ce qui explique que l’Europe n’est pas prête et n’a pas son mot à dire dans une confrontation de « force ». Alors revient l’Otan et la nécessité d’une Europe militairement consistante et unie. L’Europe de la défense prendrait-elle du galon ? Seulement avec l’accord des Américains.
Un récent rapport parlementaire montre que l’armée française n’est pas prête à un conflit de longue durée. C’est embêtant puisque c’est la première armée européenne. « Dans un conflit de haute intensité, l’Armée de l’air n’aurait plus d’avions en dix jours et vraisemblablement plus de missiles au bout de deux jours ».
Les budgets militaires européens vont augmenter
Les budgets militaires vont donc augmenter. Il faudra du temps, mais cette augmentation – avec une coordination souhaitable – constituera une force bien plus importante que les forces russes. Déjà, les budgets militaires européens sont bien plus élevés que ceux de la Russie. Et puis ? Qui serait prêt à employer la force contre la Russie? Quand Jean-Yves Le Drian rappelle, face à la menace nucléaire de Poutine, que « l’OTAN aussi est une alliance nucléaire », ne frole-t-on pas l’inconscience ?
Désormais, chaque potentat voudra sa bombe, chaque pas : si l’Ukraine n’avait pas accepté sa dénucléarisation, en échange de la garantie de ses frontières, par la Russie, les États-Unis, et le Royaume-Uni, elle ne serait pas envahie.
Poutine était sûr que personne n’enverrait de soldats en Ukraine. Biden l’avait dit. Peut-être aurait-il fallu le faire, il y a des mois. Sa folie, son hybris, sa bêtise, (« Les cons, ça ose tout, c’est à ça qu’on les reconnait ») l’ont poussé à franchir la ligne autorisée : celle du Donbass. Si Poutine s’en était contenté, il ne se serait rien passé. Mais il a été emporté par son seul guide, la force. Face à une brute, un criminel, on doit aussi se défendre par la force. Nul ne doute donc que l’Europe va s’armer. Mais à partir de quelle attaque est-on prêt à mourir ? Les Sudètes, Dantzig, le Donbass, l’Ukraine, la Moldavie, les Etats baltes ? Quelle est la ligne rouge ? Le croira-t-il ? Une guerre nucléaire pour la Pologne ? Armer l’Europe est nécessaire, notamment pour éviter la montée aux extrêmes.
Armer l’Europe seulement avec des armes ne suffira pas
Mais armer l’Europe seulement avec des armes ne suffira pas, parce que l’Europe est fondamentalement un objet politique créé sur les ruines de la guerre, contre la guerre.
L’identité de l’Europe, c’est la paix, et c’est la démocratie. La seule chance de vaincre Poutine et ses sinistres admirateurs, ce n’est pas seulement de s’armer, comme le font les Ukrainiens, c’est de prendre exemple sur leur courage, leur volonté de vivre en démocratie. Rendre la démocratie contagieuse, comme le craint Poutine. C’est la démocratie qui renversera Loukachenko, Poutine, Tokaïev, et les autres.
La dissidence est à nouveau l’avenir de la Russie
La guerre est d’abord dans la tête. Elle est idéologique, politique. C’est pourquoi Poutine refait l’histoire, ferme les médias, dissout Memorial, la fondation de Sakharov, enferme le moindre manifestant. La dissidence est à nouveau l’avenir de la Russie. Ces quelques manifestants, ces 655 scientifiques, avec une intuition folle, montrent plus que de la lucidité, plus que du courage : de l’héroïsme. Il en faut pour gagner contre la guerre.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press