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  • L’Etat, un come-back qui n’en est pas un

    L’Etat, un come-back qui n’en est pas un

    Avec la crise sanitaire, à lire ou en croire certains, l’État serait de retour. Est-ce à dire qu’il serait parti ? Décryptage d’un faux come-back !

    Depuis la Seconde Guerre mondiale, de part et d’autre de l’Atlantique, sous des formes diverses, l’État, de manière plus globale les administrations publiques, jouent un rôle clef sur le terrain de l’économie et du social, rôle à peine écorné durant la période des années 1980/1990 avec l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan et Margaret Thatcher. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, face à la menace soviétique, les économies capitalistes ont maintenu un effort important de défense et ont développé un important système d’État providence. En Europe, et tout particulièrement en France, la reconstruction s’est effectuée en ayant recours à la planification voire à des nationalisations. Aux États-Unis, l’interventionnisme associé à une certaine forme de protectionnisme n’a pas cessé avec la guerre. Les programmes des agences notamment ceux de la Nasa ou concernant la défense ou la santé ont financé l’effort de recherche de nombreuses entreprises. Au Japon, un gouvernement classé libéral a utilisé le ministère du Commerce international et de l’Industrie pour promouvoir des champions nationaux sur l’ensemble de la planète. 

    Depuis 1945, les dépenses sociales ont constamment augmenté au sein des pays de l’OCDE au point de représenter, en France, un tiers du PIB. Certes, la Chine, à compter de 1978, et la Russie à compter de 1991, se sont ouvertes et ont accepté certaines règles de l’économie de marché mais en prenant soin de maintenir un fort secteur public. Les quatre plus grandes banques du monde en termes d’actifs sont entièrement ou partiellement détenues par le gouvernement de Pékin.

    Les Etats contrôlent 10% de la capitalisation boursière mondiale 

    La période la moins favorable à l’État en tant qu’acteur public correspond aux années 1990 marquées par une dérégulation des marchés. Les privatisations se sont multipliées. Une certaine stabilisation des dépenses publiques a été constatée, sauf en France. Pour autant, le poids de l’État au sein des économies reste élevé. Si de 1990 à 2016 les États ont vendu à l’échelle mondiale 3600 milliards de dollars d’actifs, en ayant organisé plus de 160 privatisations, ils détenaient pour plus de 11 000 milliards de dollars d’actions de sociétés cotées fin 2020, soit 10 % de la capitalisation boursière totale. Les gouvernements ont souvent laissé la gestion des entreprises au secteur privé tout en conservant des minorités de blocage ou d’influence. 

    En France, l’État contrôle directement ou indirectement des grandes entreprises comme EDF, la SNCF, la RATP, Air France voire Renault. Il a pu, ses dernières années, prendre des participations chez PSA ou dans les Chantiers de Saint Nazaire. 

    Si l’État s’est légèrement désengagé de la production, il a renforcé son poids dans la protection sociale. Ce changement de centre d’intérêt n’est pas sans lien avec la montée en puissance des dépenses sociales qui dépassent dans les pays de l’OCDE les budgets de l’État. 

    Le pouvoir d’influence politique est plus important en jouant sur les prestations sociales que sur la direction d’une entreprise soumise à la concurrence internationale. Si après-guerre, la possession des entreprises était le moyen privilégié pour infléchir le cours de l’économie, les pouvoirs publics ont compris qu’aujourd’hui l’édiction de normes était plus simple en transférant le risque sur l’acteur économique final. Depuis une vingtaine d’années, la multiplication des lois et règlements témoigne de ce changement de mode d’action.

    Même s’il a été une illusion le cycle de recul de l’État semble avoir pris fin

    Même s’il a été une illusion d’optique, le cycle de recul de l’État semble avoir pris fin avec la crise financière de 2008/2009. Cette crise a contraint ou incité les gouvernements à s’immiscer dans la vie économique plus fortement qu’auparavant. L’idée que le marché était une source de déséquilibres et d’injustices est revenue à la mode. La stagnation des salaires a conduit les pouvoirs publics à multiplier les aides, les crédits d’impôt, les exonérations de charges sociales aboutissant à une socialisation croissante des revenus. Avec les années 2000, la mondialisation est perçue comme un facteur de déstabilisation des sociétés occidentales sur fond de désindustrialisation et de destruction des classes moyennes. Les marchés sont accusés, par ailleurs, de myopie face à la question du réchauffement climatique, myopie qui légitimerait l’intervention publique. 

    Depuis 2020, la crise sanitaire a souligné tout à la fois les risques d’une situation de dépendance par rapport aux importations en provenance des pays émergents et de la Chine, en premier lieu. La réindustrialisation, la relocalisation sont des thèmes récurrents des débats publics au sein des pays avancés. 

    En Chine, au nom de la « prospérité commune », les autorités entendent contrôler les entreprises et notamment celles du digital. La résurgence de la rivalité géopolitique, opposant les démocraties libérales aux régimes autoritaires ou populistes incite les gouvernements à tenter d’aligner les intérêts commerciaux sur les intérêts stratégiques nationaux.

    Réinventer le capitalisme 

    Les dirigeants de grandes entreprises conscients de la remise en cause du capitalisme en appellent eux-mêmes à sa refondation. Jamie Dimon, directeur général de JPMorgan Chase, s’inquiète de « l’effilochage » du rêve américain. Ray Dalio, fondateur de Bridgewater, un grand fonds d’investissement, demande « une réforme total du capitalisme » pour éviter le surendettement, la baisse de la productivité et la polarisation des emplois. Doug McMillon, le directeur général de Walmart déclare « il est temps de réinventer le capitalisme ». Paul Polman, ancien directeur général d’Unilever, considère qu’il y a urgence à « sauver le système capitaliste ». Ces déclarations peuvent apparaître surprenantes au moment où les bénéfices et la valeur des actions des entreprises atteignent des sommets. 

    Les résultats élevés interviennent dans un contexte de baisse des gains de productivité ce qui pourrait signifier que des situations de rente se soient installées au sein de l’économie capitaliste par manque de concurrence. Or celle-ci n’a plus bonne presse. Les gouvernements veulent renouer avec les mécanos industriels, organiser des relocalisations en particulier de productions dites stratégiques. La transition énergétique en provoquant une obsolescence accélérée de certains équipements et en nécessitant un important effort d’investissements place les États au cœur de la bataille.

    Nouvelle progression des dépenses publiques 

    Ces derniers entendent être à la fois des planificateurs du changement énergétique, des investisseurs et des producteurs de normes. Ce retour de l’État maître des horloges se traduit par une nouvelle progression des dépenses publiques ce qui pose la question de leur financement. 

    Vue du ministère de l’économie à Paris depuis la Seine ©adobestock

    Pour les économistes de la nouvelle théorie monétaire, l’augmentation du déficit public n’est pas en soi un problème tant qu’il ne débouche pas sur de l’inflation ; or, celle-ci, justement est de retour, de manière plus rapide que prévu. Le financement monétaire qu’ils prônent n’est pas sans limite. L’accroissement des dépenses publiques pourrait se traduire par des effets d’éviction au détriment du secteur privé et de la consommation en captant l’épargne et en obligeant à une augmentation des impôts.

    Le nouvel étatisme 

    Le nouvel étatisme diffère de celui de l’après Seconde Guerre mondiale. Ce dernier s’accompagnait d’une libéralisation des échanges commerciaux mondiaux et d’une coopération internationale, du moins à l’Ouest, puissantes que ce soit à travers le Plan Marshall ou de la Construction européenne. Aujourd’hui, la tendance est à l’isolationnisme et aux politiques peu coopératives entre les zones économiques, voire au sein des zones économiques. Les dépenses publiques comme privées ne peuvent pas échapper au principe d’efficience. Toute ressource est rare et ne doit pas, par voie de conséquence, donner lieu à un gaspillage. La subsidiarité devrait être au cœur de l’action des pouvoirs publics qui devraient s’interroger sur le meilleur niveau d’intervention pour régler les problèmes.

  • Fin des tests PCR pour circuler en Europe ?

    Fin des tests PCR pour circuler en Europe ?

    Les Vingt-Sept ont convenu ce mardi de mieux coordonner les règles applicables pour circuler en Europe et de ne pas imposer de restrictions aux détenteurs d’un certificat sanitaire européen, comme certains pays l’ont fait face à l’émergence d’Omicron. Plusieurs pays, dont l’Italie, exigent que les voyageurs, même vaccinés ou guéris du Covid, présentent des tests négatifs pour entrer sur leur territoire.

    Pas d’obligation juridique

    Lors d’une réunion à Bruxelles, les ministres des Affaires européennes ont adopté une nouvelle recommandation – un acte non contraignant juridiquement – pour coordonner leurs mesures en matière de libre circulation. Cette mise à jour des règles applicables répond à l’augmentation significative de la couverture vaccinale (près de 70% de la population européenne est pleinement vaccinée, selon l’agence de santé ECDC) et au déploiement du certificat Covid numérique de l’UE (attestant d’un vaccin, d’un test ou d’un rétablissement après une infection par la Covid-19 de moins de six mois). La Commission européenne a appelé les Etats membres à « mettre en application sans délai les règles agréées ».

    « C’est une recommandation, donc je ne peux pas garantir que cela aboutira à ce que tous les pays se mettent dans ce cadre commun, mais (…) tous les Etats ont signalé leur intention de s’y conformer »

    Clément Beaune, secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes
    Clément Beaune

    Recommandation pour le premier février

    La Commission européenne a appelé les Etats membres à «mettre en application sans délai les règles agréées». 

    «Omicron s’est désormais répandu dans toute l’Europe et il est temps d’envisager l’abandon des mesures supplémentaires qu’un certain nombre d’Etats membres ont introduites pour les voyages ces dernières semaines, rendant les déplacements plus difficiles et moins prévisibles dans toute l’UE»

    Les commissaires européens à la Santé Stella Kyriakides et à la Justice Didier Reynders dans un communiqué.

    Actuellement, plusieurs nations, dont l’Italie, exigent des voyageurs, même vaccinés ou guéris de la Covid, qu’ils présentent des tests négatifs pour entrer sur leur territoire. Cette recommandation entrera en vigueur le 1er février, de même que la mesure fixant à neuf mois (270 jours) la durée de validité des certificats de vaccination, faute d’une dose de rappel, pour les voyages dans l’Union. La France, elle, réduira la durée de validité à 4 mois le 15 février. Toutes les recommandations ne seront donc pas suivies…

  • Benjamin Brière déclaré coupable d’espionnage en Iran

    Benjamin Brière déclaré coupable d’espionnage en Iran

    Le Français avait été arrêté il y a un an et demi pour avoir pris des images d’une zone « interdite » d’un parc naturel iranien à l’aide de son drone.

    Le Français Benjamin Brière a été condamné à huit ans de prison pour « espionnage » par un tribunal révolutionnaire iranien, a annoncé ce mardi son avocat. Le touriste lyonnais avait été arrêté pour avoir pris des images d’un parc naturel en Iran à l’aide de son drone.

    Jugé depuis jeudi, le Français âgé de 36 ans a été en outre condamné à huit mois de prison supplémentaires pour « propagande » contre le régime iranien, a précisé son avocat, Me Philippe Valent, qui dénonce également une « mascarade de procès » dans un communiqué transmis à l’AFP.

    Il était emprisonné depuis plus d’un an et demi dans une geôle de la prison de Vakilabad, à Masshad, au nord-est du pays.

    Une famille désemparée

    Depuis son incarcération, son avocat et sa famille martelaient que Benjamin Brière était innocent. Interrogée sur Stéréochic/Lesfrançais.press, sa soeur, Blandine, dénonçait « une détention complètement arbitraire ».

    Benjamin Brière et sa soeur Blandine / ©famille Brière

    Le Français avait entamé une grève de la faim à la fin du mois de décembre afin de protester contre ses conditions de détention, une décision qui l’avait fortement affaibli. Comme ses proches, Benjamin Brière a toujours clamé son innocence.

  • Pays sans Covid-19 : ces endroits qui ont su se préserver du virus

    Pays sans Covid-19 : ces endroits qui ont su se préserver du virus

    Depuis décembre 2019, le monde entier connait une épidémie sans précédent. La Covid-19 s’est rapidement propagée et on dénombre au total plus de 350 millions de cas dans le monde. Récemment, le virus a même infiltré une base scientifique située en Antarctique, soit sur le continent le plus isolé du monde. Face à cette menace, certains États ont pris des mesures radicales dès le début de la pandémie. Et certains d’entre eux ont réussi à empêcher la circulation du Covid sur leur territoire, du moins pour le moment. Quels sont ces pays sans Covid-19 ? Comment ont-ils fait ? Voici un tour d’horizon des destinations qui affichent toujours zéro cas. 

    La Corée du Nord et le Turkménistan

    Officiellement, ces deux pays n’enregistrent aucune contamination liée au Covid-19. Des témoignages d’habitants et de journalistes suggèrent cependant le contraire. Rappelons que ce sont des dictatures et qu’il est très difficile de savoir ce qu’il s’y passe vraiment. Petit retour sur ces deux pays sans Covid.

    La Corée du Nord est l’un des premiers États à avoir fermé ses frontières. 

    Depuis le mois de janvier 2020, aucun vol n’a décollé ni atterri sur le sol nord-coréen et le pays n’a plus aucun contact avec le reste du monde. L’absence d’infections paraît toutefois peu probable : la Corée du Nord entretient des relations commerciales importantes avec la Chine. Par ailleurs, le gouvernement ne cesse de renforcer les restrictions sanitaires envers les habitants. La ville de Pyongyang a, par exemple, été confinée en début d’année 2021. Des campagnes de dépistage ont également été organisées dans tout le pays. Des mesures qui semblent étonnantes pour un pays qui annonce ne pas avoir de cas Covid. Officiellement, la Corée du Nord reste malgré tout considéré comme un pays sans Covid-19.

    Crédit : Unsplash

    Le Turkménistan aurait banni le mot « coronavirus » de son vocabulaire. 

    Cette République d’Asie centrale est pourtant entourée du Kazakhstan, de l’Iran ou encore de l’Afghanistan, autant de pays qui sont durement touchés par l’épidémie. La fermeture des frontières du pays et la prolongation des vacances scolaires laissent aussi penser que la réalité est toute autre. Cependant, les autorités ne laissent passer aucune information relative à la situation sanitaire sur place. La police turkmène serait même chargée d’arrêter toute personne portant un masque ou évoquant le virus dont il ne faut pas prononcer le nom.

    Les micro-États du Pacifique ont plusieurs pays sans covid

    Parmi les pays sans covid, on retrouve plusieurs îles de l’océan Pacifique. En effet, sur ces petits territoires difficiles d’accès, l’inexistence du virus semble plus réaliste. C’est le cas de l’archipel des Kiribati, des îles Cook ou encore de la Micronésie. La crise sanitaire n’en reste cependant pas moins désastreuse pour ces régions qui se retrouvent coupées du monde.

    Tuvalu, au cœur de la Polynésie

    Avec moins de 200 touristes par an, l’État insulaire des Tuvalu est l’un des pays les moins visités au monde. La faible population de l’île a sans doute permis de contrôler plus facilement l’arrivée du virus. Pour l’heure, aucun cas de Covid-19 n’a été enregistré. En contrepartie, la pandémie a affaibli le pays, déjà très vulnérable aux catastrophes climatiques. De plus, les exportations de poissons sont au ralenti. Le gouvernement a annoncé un plan de relance de l’économie pour faire face à ces difficultés. En attendant, l’île n’est pas accessible pour le tourisme et les vols y sont très rares. 

    Crédit : Unsplash – Tuvalu

    Nauru, la plus petite République du monde

    L’île de Nauru, large de 21 km², est l’une des plus petites îles du monde. On peut la traverser à pied en une seule journée. Sa population résiste au Covid, malgré un état d’urgence déclaré en mars 2020. Tous les habitants de Nauru sont vaccinés et c’est en partie grâce à cela que le pays est sans covid. De plus, les vols en provenance d’Australie et de Nouvelle-Zélande ont été fortement réduits. Même si l’épidémie n’a pas bousculé la vie quotidienne sur l’île, l’économie du pays a été touchée de plein fouet. De nombreux citoyens se sont aussi retrouvés bloqués à l’étranger, faute de vol retour. Depuis 2020, les déplacements vers Nauru ne sont autorisés qu’en cas « d’absolue nécessité ».

    L’île de Sainte-Hélène

    Enfin, le dernier pays sans covid se situe dans l’Atlantique Sud. Il s’agit plus exactement de l’île britannique de Sainte-Hélène. En effet, elle est épargnée de la Covid-19, en raison de sa géographie particulière ainsi que l’arrêt des vols commerciaux depuis le 21 mars 2020. La situation est tristement ironique pour cette île, qui se retrouve coupée du monde même sans aucun cas de coronavirus. Sainte-Hélène connaît bien le confinement. Avant 2017, elle n’était atteignable que par bateau, au terme d’un voyage de plusieurs jours. 

    Depuis la mise en place de liaisons aériennes avec l’Angleterre, les autorités locales comptaient sur le tourisme pour créer de nouveaux emplois et diversifier les revenus du territoire. 

    Située au cœur de l’océan, à mi-chemin entre l’Afrique et le Brésil, l’île est connue pour avoir été le lieu d’exil de Napoléon Ier. Des vols spéciaux ont été mis en place jusqu’en mars 2022 pour commémorer le bicentenaire de la mort de l’empereur à Sainte-Hélène. 

    Si vous souhaitez vous rendre sur place, il faudra tout de même présenter une demande auprès du gouvernement anglais. À votre arrivée, vous devrez vous soumettre à un test de dépistage et effectuer une quarantaine de 10 jours, avant de pouvoir vous déplacer librement sur l’île. Plus d’informations sont disponibles sur le site de l’Office du tourisme de Sainte-Hélène.

    Les pays sans Covid-19 sont donc rares, 2 ans après le début de la pandémie. Les îles ont ainsi bénéficié de leur situation quelque peu isolée pour éviter les cas. Seul le temps nous dira si ces régions isolées resteront sans cas éternellement.

    Merci à Valéria Giaconia pour sa contribution à l’article.

  • Le Fipadoc joue les prolongations sur TV5MONDEplus

    Le Fipadoc joue les prolongations sur TV5MONDEplus

    Alors que l’édition 2022 Festival international du documentaire de Biarritz s’est achevée ce dimanche 23 janvier, TV5MONDE partenaire de l’évènement, propose ce mois-ci une sélection spéciale « coups de cœur» de documentaires francophones. À voir sur sa plateforme gratuite TV5MONDEplus.

    Un festival pour les fous de documentaires 

    Le Fipadoc se consacre entièrement au documentaire sous toutes ses formes. Pendant plusieurs jours, les professionnels (réalisateurs, producteurs, distributeurs…) et le grand public se rencontrent pour découvrir la richesse de la production documentaire française et internationale. L’ambition du festival est de créer, grâce à des regards d’auteurs singuliers, un moment de pause, de réflexion et d’évasion. Cette année, le territoire mis en avant était le Bénélux avec une sélection dédiée et une place particulière lors des journées professionnelles.

    Le festival a diffusé en une semaine une sélection de près de 170 films (longs et courts métrages, œuvres numériques). Cette sélection se découpait en deux parties : la compétition avec 9 rubriques et 15 récompenses dont les 4 Grands Prix :

    Documentaire international (dotation de la Région Nouvelle-Aquitaine)

    Documentaire national

    Documentaire musical

    Documentaire Impact

    Un festival de passionnés 

    Si Biarritz a réussi à se faire un nom en quelques années dans le milieu des documentaristes, c’est qu’il est dirigé avant tout par une équipe de passionnés. Aujourd’hui nous vous proposons de découvrir Christine Camdessus, sa directrice générale. Depuis 15 ans, en plus de sa société de production, Christine Camdessus est présidente du jury et experte permanente au NIPKOW (Berlin), experte pour l’IDFA Academy, DOKIncubator et EDN. Elle a été vice-présidente de l’USPA de 2014 à 2018.

    Christine Camdessus

    Elle est membre du European Documentary Network et de l’European Film Academy. Elle occupe aussi des fonctions chez Unifrance. En 9 minutes, découvrez cette femme dynamique et laissez-vous emporter par son amour du documentaire et du Fipadoc. 

    Une sélection pour tous 

    TV5MONDE a fait une sélection de documentaires pour accompagner ce rendez-vous international de premier plan. C’est l’esprit des festivaliers qui vient à vous. Comme toujours, les œuvres sont disponibles gratuitement et sans géo-blocage sur la plateforme francophone mondiale TV5MONDEplus. 

    Rejoindre l’univers TV5MONDEplus 

    Pas besoin de s’abonner pour découvrir les 6000 heures de programmes dénichées par l’équipe de TV5MONDEplus, un simple clic et vous accédez à l’émission ou à l’œuvre cinématographique sélectionnée. Envie d’être guidé avec une sélection personnalisée ? Alors abonnez-vous, naturellement, au fil de vos visites, la plateforme vous proposera de nombreuses productions francophones inédites ou cultes. En plus c’est gratuit ! Bon Fipadoc sur TV5MONDEplus .

  • L’économie du pourboire a-t-elle encore un avenir ?

    L’économie du pourboire a-t-elle encore un avenir ?

    Le pourboire apparaît au XVIIIe siècle dans un restaurant du Royaume-Uni. Le responsable de ce restaurant a installé, sur son comptoir, un pot avec l’inscription To Insure Promptness (TIP). Les clients qui souhaitaient être servis en priorité devaient placer quelques pièces dans le pot. En France, la pratique s’est étendue au cours du XIXe siècle. Le pourboire, tel que son nom l’indique, signifiait un verre que l’on offrait en remerciement. En Allemagne ainsi qu’au Portugal, le pourboire était aussi destiné à l’achat d’un verre au profit du serveur (“drinkgeld” en allemand) en échange d’un bon service. En Espagne, la “Propina”, pourboire, est une ancienne coutume consistant à boire la moitié d’un verre et de donner l’autre moitié à la personne qui a servi ou à une autre personne.

    Le montant du pourboire a peu de lien avec la qualité des plats servis 

    Au fil des siècles, d’autres professions sont devenues éligibles aux pourboires, telles que les coiffeurs, les chauffeurs de taxi, les livreurs, le personnel hôtelier, le personnel qui place dans les salles de spectacle, etc. En revanche, d’autres secteurs ne le pratiquent pas ou peu (vendeurs dans une boutique d’alimentation ou de vêtements). 

    Des études réalisées par des économistes américains de l’Université Cornell ont prouvé que le montant du pourboire a peu de lien avec la qualité des plats servis. Un serveur faisant un tour de magie gagne automatiquement plus d’argent que celui qui n’en fait pas à prestations équivalentes. De même, le fait de laisser une friandise ou même une simple carte augmentent automatiquement le montant du pourboire.

    L’octroi d’un pourboire vise à éviter une culpabilité 

    Selon une étude de l’Université Ben Gourion en Israël, 85 % des pourboires obéiraient à une norme sociale. Il ne s’agit pas de récompenser le service en tant que tel mais de se plier à une convention sociale. Pour 60 % des personnes ayant participé à cette étude, l’octroi d’un pourboire vise à éviter une culpabilité. 

    Depuis la crise sanitaire, le montant des pourboires aurait tendance à augmenter. Les serveurs, qui sont exposés à la Covid, provoquent une empathie plus importante. 

    La pratique du pourboire diffère d’un pays à l’autre. Aux États-Unis, il est quasi obligatoire mais pas intégré dans la note. Dans de nombreux pays européens, des frais de service sont inclus dans la facture et les clients ne sont pas censés payer beaucoup plus, mais ils complètent le montant. Dans certains pays asiatiques, le pourboire est très mal vu. Au Japon, par exemple, il est considéré comme une insinuation insultante. Une attitude similaire prévaut en Corée du Sud. À Hong Kong, les pourboires de restaurant ne sont généralement pas attendus. En Inde et en Afrique, où l’écart entre la classe moyenne aisée et les personnes à faibles revenus est souvent important, les pourboires sont de mise. 

    Une étude menée dans 30 pays a suggéré que le pourboire était plus courant dans les sociétés où les inégalités étaient monnaie courante et où les sentiments de culpabilité des personnes les plus aisés sont plus aigus. Avec les applications, le pourboire fait l’objet de notation. Par exemple, à Doha, la capitale du Qatar, les utilisateurs d’applications de covoiturage craignent que sans donner de pourboire en espèces, leur notation en tant que client soit dégradé, ce qui rendra plus difficile pour eux de prendre un taxi à l’avenir.

    Fréquemment, l’objectif est avant tout d’être perçu comme généreux

    La justification économique est d’inciter le serveur à maintenir ou à améliorer la qualité de son service. Fréquemment, l’objectif est avant tout d’être perçu comme généreux. Il a été constaté que les habitués d’un restaurant ne donnent pas plus que ceux qui ne sont que de passage, semblant prouver que le pourboire n’est pas l’achat anticipé d’un service de meilleure qualité. 

    Si les pourboires fonctionnaient comme des incitations, ils devraient également concerner des secteurs comme la santé, l’automobile, or ils y sont assez rares. Seuls 14 % des Américains ont déclaré avoir donné un pourboire pour éviter un mauvais service à l’avenir. L’étude américaine précitée constate que la qualité de service explique une variation de moins de 5 % du montant du pourboire. Dans une étude sur les trajets utilisant Uber, où seuls 15 % des trajets donnent un pourboire, les caractéristiques du passager se sont avérées trois fois plus pertinentes que celles du conducteur pour expliquer la taille du pourboire. 

    Les pourboires transmettent également une part importante du risque des propriétaires des restaurants aux serveurs, en particulier quand entre 20 % et 60 % de la rémunération de ces derniers en dépendent. En Grande-Bretagne et en Allemagne, par exemple, les pourboires ne comptent pas dans le salaire minimum. Mais dans certaines régions d’Amérique qui ont un « salaire minimum pourboire », les employés perdent en fait les premiers pourboires qu’ils gagnent au profit de leur employeur. La redistribution du pourboire peut poser un problème d’égalité entre les employés. 

    L’ancien Premier Ministre britannique travailliste Tony Blair, lors de son intervention devant les députés à l’Assemblée nationale, avait indiqué avoir pris une leçon de socialisme à la française en ayant effectué un stage d’été dans un café en France. Il avait alors décidé de remettre les pourboires qu’il recevait au sein de l’urne prévue à cet effet afin qu’ils puissent être partagés entre tous les serveurs. À la fin de la journée, il constata qu’il était le seul à avoir mis les siens dans la fameuse urne…

    Avec le recours croissant aux cartes ou au paiement avec le smartphone, les pourboires tendent à disparaître 

    Les pourboires constituaient un avantage en nature non fiscalisé dans la plupart des pays. Selon l’estimation de l’Internal Revenue Service américain, en 2018, 10 % de la sous-déclaration de l’impôt sur le revenu des particuliers était due au fait que les employés n’avaient pas déclaré de revenus sous forme de pourboires, bien que cela soit devenu plus difficile car les pourboires sont, aux États-Unis, plus souvent versés sur des cartes de crédit. 

    Avec le recours croissant aux cartes ou au paiement avec le smartphone, les pourboires tendent à disparaître. Les pouvoirs publics en France ont émis l’idée de permettre de verser un supplément par carte qui serait défiscalisé. Les pourboires surtout dans les restaurants et hôtels de luxe constituent des compléments importants de rémunération permettant de recruter des bons éléments et de les fidéliser. Leur disparition pourrait amener une augmentation des salaires qui se répercuterait sur les notes des clients. 

    Pour certains, les pourboires sont des pratiques d’un autre temps peu morales et qui avantagent ceux qui servent au détriment de ceux qui sont en cuisine. Ils faussent les prix et permettent le maintien de salaires faibles au sein des secteurs où ils se pratiquent. Pour d’autres, ils sont incontournables dans le monde de la restauration, le serveur y trouvant une satisfaction morale et financière quand le client peut avoir le sentiment d’avoir le contrôle sur la prestation.

  • La loi européenne sur les services numériques est votée

    La loi européenne sur les services numériques est votée

    Une large majorité de députés a voté en faveur de la loi sur les services numériques (DSA) jeudi 20 janvier, après que des amendements en plénière ont introduit des changements importants au texte.

    Le DSA est une législation horizontale pour le marché unique numérique, avec des exigences de transparence et des obligations de diligence raisonnable proportionnelles à la taille du prestataire de services.

    « Nous avons l’occasion de créer un nouvel étalon-or mondial pour la réglementation des technologies, qui inspirera d’autres pays et régions », a déclaré Christel Schaldemose, chef de file des députés européens sur ce dossier.

    Si le texte de compromis négocié au sein de la commission parlementaire principale a introduit quelques nouveaux éléments significatifs par rapport à la proposition initiale, d’autres modifications ont été introduites par des amendements de dernière minute lors du vote en plénière.

    Publicité ciblée

    L’amendement le plus important a été déposé par la Tracking-free Ads Coalition, un groupe multipartite de députés européens qui milite pour une interdiction des publicités ciblées. La demande d’une interdiction totale n’ayant pas abouti, un compromis a été trouvé pour interdire uniquement le ciblage des mineurs.

    La Coalition a réussi à faire passer des amendements étendant la limitation aux données personnelles sensibles telles que les convictions politiques et religieuses et l’orientation sexuelle lors du vote en plénière.

    En outre, les plateformes en ligne ne doivent pas rendre le refus de consentement pour le traitement des données personnelles plus complexe que son octroi, et le refus de consentement ne doit pas être pénalisé par la désactivation de fonctionnalités.

    Exemption pour les médias

    Une longue discussion au Parlement a porté sur le contenu éditorial, que les plateformes ne devraient pas retirer arbitrairement, selon les éditeurs. La proposition initiale d’une « exemption pour les médias » a été rejetée car des médias malhonnêtes pourraient devenir des vecteurs de désinformation.

    Les amendements apportés en plénière ont donné des résultats mitigés. Une disposition qui permettait aux éditeurs de contester les décisions de modération de contenu des plateformes a été rejetée. En revanche, les députés ont approuvé une modification des exigences relatives aux conditions générales, demandant aux plateformes de prendre en compte la Charte des droits fondamentaux, y compris la liberté des médias.

    Un autre amendement déposé par la commission des libertés civiles (LIBE) précise que si les conditions générales violent les droits fondamentaux, ils ne devraient pas être contraignants pour les utilisateurs.

    Traçabilité des utilisateurs professionnels

    Un autre point important de discussion tout au long des négociations sur le DSA était de savoir dans quelle mesure les marchés en ligne devaient être responsables des produits illégaux distribués sur leurs plateformes.

    L’approche repose sur le principe de la «  connaissance du client commercial  ». En d’autres termes, les plates-formes ne sont pas directement responsables des produits illégaux, mais elles doivent s’efforcer de vérifier l’identité des fournisseurs de services pour s’assurer qu’ils peuvent être tenus légalement responsables.

    Ces obligations d’information étaient initialement limitées aux places de marché en ligne. Pourtant, un amendement en plénière a modifié le préambule du texte en l’étendant à tout service intermédiaire, y compris plusieurs couches de l’internet comme les registres de noms de domaine et les réseaux de distribution de contenu.

    « Il a été inséré pour que les titulaires de droits puissent poursuivre les gens plus facilement », a déclaré un fonctionnaire du parlement européen opposé au texte, notant que «  toutes les informations fournies par les entreprises devront être vérifiées avant qu’elles puissent ouvrir un site web. Ce sera un cauchemar bureaucratique pour toutes les entreprises en Europe, grandes ou petites.  »

    Un autre amendement introduisant un nouvel article avec une disposition similaire n’a pas réussi à atteindre la majorité à une voix près.

    Interfaces truquées

    Les députés conservateurs ont réussi à obtenir un vote séparé sur les mesures contre les dark patterns ou interfaces truquées en français (art. 13a) mais ont échoué dans leur tentative de supprimer l’article.

    Les dark patterns sont des techniques conçues « pour déformer ou altérer la capacité des destinataires de services à prendre une décision ou à faire un choix libre, autonome et informé ».

    L’article interdit explicitement l’utilisation de techniques spécifiques pour extorquer le consentement à la collecte de données personnelles, par exemple via l’affichage répété de pop-ups. Il empêche également les plateformes de demander un tel consentement si les utilisateurs choisissent déjà par des « moyens automatisés », qui peuvent être un paramètre du navigateur web ou du système d’exploitation.

    « Cela renforcerait le rôle de garde-barrière des acteurs dominants et aurait un effet disproportionné sur les petits éditeurs », a déclaré Greg Mroczkowski, directeur des politiques publiques à l’IAB Europe.

    Représentation collective

    Le DSA suit une approche asymétrique, mettant en place des obligations plus strictes en fonction de la taille de l’entreprise. Cependant, la question de savoir dans quelle mesure les PME devraient être exemptées a fait l’objet de discussions animées, les législateurs soucieux du monde des affaires s’opposant aux députés européens plus soucieux de la protection des consommateurs.

    À cet égard, la commission de l’industrie (ITRE) a réussi à obtenir un amendement qui permettrait aux PME de se joindre à une représentation collective après avoir fait un «  effort raisonnable  » pour obtenir un représentant légal propre.

    Anonymat en ligne

    La commission LIBE a également réussi à faire adopter plusieurs amendements concernant l’anonymat en ligne. Ces dispositions exigent que les plateformes permettent aux utilisateurs d’utiliser et de payer des services de manière anonyme «  lorsque des efforts raisonnables peuvent le permettre.  »

    Négociations inter-institutionnelles

    Le Parlement européen est le dernier co-législateur à adopter le DSA, le Conseil de l’UE ayant arrêté sa position en novembre. Cinq trilogues politiques sont actuellement prévus, les 31 janvier, 22 février, 15 mars, 24-25 mars et 6-8 avril.

  • La démocratie n’est pas soluble dans la crise

    La démocratie n’est pas soluble dans la crise

    D’un coté les succès du « socialisme à caractéristique chinoise » de Xi Jinping qui rêve d’exporter son modèle révolutionnaire ; de l’autre les déboires de Biden et Johnson, l’assaut du Capitole et les apéros illicites à Downing Street. Hier, la démocratie se proposait pour modèle, aujourd’hui les régimes forts séduisent (surtout les dirigeants). La Tunisie, dernier espoir de démocratie après les Printemps arabes cède. Après la Turquie, la Birmanie, la Russie, le Venezuela, le Nicaragua et tant d’autres. Dans les démocraties libérales, « l’illibéralisme » gagne, et l’épidémie montre à quel point la santé passe avant les « libertés ».  

    D’après Freedom House, sur 41 pays classés «libres» de 1985 à 2005, 22 ont enregistré des baisses nettes de la liberté au cours des cinq dernières années.

    «Un homme fort qui n’a pas à se préoccuper du Parlement ni des élections».

    La Fondation pour l’innovation politique a mené une enquête dans 55 pays démocratiques. La menace extérieure, représentée par les pays autoritaires, est fortement ressentie : 60% des personnes interrogées estiment «inquiétante» l’attitude de la Chine sur la scène internationale. La menace intérieure est réelle : 51% sont d’accord avec l’idée que «les gouvernements autoritaires sont plus efficaces que les gouvernements démocratiques pour vaincre les pandémies ». Jugement curieux quand on mesure les effets de la pandémie en Russie.  Surtout, un tiers accepterait d’avoir à la tête de leur pays «un homme fort qui n’a pas à se préoccuper du Parlement ni des élections».

    Pourtant, la démocratie reste solide : «avoir un système politique démocratique avec un Parlement élu qui contrôle le gouvernement» obtient la meilleure évaluation parmi toutes les formes de régime proposées : 81%. Les deux tiers des personnes interrogées (67%) refuseraient de « réduire un peu les libertés même si cela rendait le gouvernement plus efficace »

    Les menaces sur la démocratie ne viennent pas, à tort ou à raison, des risques pour la liberté d’expression, de manifester, liberté de la presse, droit de vote, etc. Mais plutôt de son impuissance. Ainsi les Gafam sont vus comme un « pouvoir » incontrôlable et manipulateur. Le risque sur la liberté d’expression est plutôt dans la manipulation.

    Les citoyens n’arriveront pas à résoudre leurs désaccords de manière pacifique sans recourir à la violence  

    Plus grave, dans certains pays, beaucoup considèrent que « les citoyens n’arriveront pas à résoudre leurs désaccords de manière pacifique sans recourir à la violence ». On le comprend au Liban (76%), mais c’est aussi le cas en France (71%) et en Belgique (61%).

    En France, dans une autre étude sur la campagne présidentielle, 80% jugent le débat peu intéressant, 65% estiment que la campagne est trop violente (au moins dans les mots et les attitudes). A moins de 100 jours, la moitié des Français disent ne pas savoir pour qui voter. Inquiétant ou rassurant ? 

    Manifestation Gilets Jaunes à Paris en 2019 ©AFP

    La démocratie est par nature un système de gestion de crises

    La crise de la démocratie est une constante. Pour une raison simple : la démocratie est par nature un système de gestion de crises, qui ne peut fonctionner que dans la crise. La démocratie s’accompagne de démagogie, jugements péremptoires, caricatures, autant que de débats, explications, mesures et compromis. Provax ou antivax ? Gauche ou droite ? Vert ou bleu, noir ou blanc ?

    La bonne réponse, que l’on voit dans les modèles de « bonne gouvernance », les pays nordiques, est l’art des coalitions : que chacun se sente représenté, y compris au pouvoir, même l’opposition (car le signe d’une démocratie est que l’opposition compte).

    La démocratie est en crise depuis qu’elle existe. Aujourd’hui on parle de « guerre civile américaine ». Grande dépression, bataille des droits civiques, Watergate, c’était plus simple ? En France, quand a commencé  la crise démocratique? En 68 ? En 58 ?  En 48 ? En 38, 28, 18 ? C’est comme la décadence : elle commence avec Vercingétorix. Ces rappels historiques, qui relativisent les menaces, n’empêchent pas de les regarder. Le fait que la démocratie soit toujours en crise ne signifie pas qu’elle ne l’est pas. Identifier les menaces permet de les surmonter. Seuls survivent les systèmes qui apportent des réponses. Les démocraties peuvent s’enliser ou mourir. Ces trente dernières années, une vague démocratique a balayé la planète, notamment en Europe et en Amérique du sud. Il y a des régressions. Il y a aussi des degrés dans « la démocratie ».

    Les uns disent que la démocratie est un luxe. C’est l’inverse : la liberté facilite la richesse.  

    Enseignement le plus évident : les régimes démocratiques sont les pays les plus riches. Les uns disent que la démocratie est un luxe. Les Libéraux prétendent que c’est l’inverse : que la liberté facilite la richesse. France et Royaume-Uni étaient beaucoup moins riches il a un siècle que bien des pays pauvres d’aujourd’hui, non démocratiques. La démocratie n’est pas un prix à payer, un sacrifice, mais une chance de gagner. Comparer le décollage économique des anciens pays de l’Est et la Russie est éclairant. 

    Elle n’est pas réservée non plus à telle ou telle culture. Quand on interroge les gens, ils veulent tous, notamment dans les régimes autoritaires, plus de libertés. Aussi il n’est pas anormal de voir que c’est dans les pays les plus libéraux que la demande d’ « ordre » devient forte.

    Les pouvoirs n’aiment pas la concurrence 

    Alors on se demande pourquoi les démocraties ne sont pas plus nombreuses. C’est que, par définition, les pouvoirs n’aiment pas la concurrence. Mieux vaut être le premier dans son pauvre village que le second à Rome. C’est une première raison. Si Johnson quitte le pouvoir, c’est une péripétie. Si Xi Jinping ou Poutine s’en vont, c’est une révolution. C’est pourquoi les démocraties, par leur souplesse, sont plus solides que les régimes dits « forts ». Encore faut-il les rendre toujours plus vivantes, toujours plus efficaces : la démocratie ne doit pas manquer de démocrates.

    Invitations aux candidats

    En France, les élections présidentielles doivent permettre un vaste débat. Lesfrancais.press y prendra part : nous avons lancé des invitations aux candidats pour répondre aux questions des Français de l’étranger. Posez vos questions, ils répondront. 

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    Merci pour votre réponse. ✨

    Mais le plus important se passera peut-être après l’élection. Comment faire en sorte que les frustrations trouvent réponse ? Une élection ne signifie pas confier tous les pouvoirs à un seul, ou un seul parti. 

    Loin de voir dans les crises de la démocratie des menaces, il faut imaginer les moyens de faire en sorte que chacun se sente le plus près possible des processus de décision. Pour les Français de l’étranger, c’est encore plus difficile. Mais bien des pays ont des systèmes qui pourraient nous en apprendre beaucoup sur la gestion des crises, qu’elles soient sanitaires, économiques, ou … démocratiques. Trouver les moyens de faire vivre la démocratie hors élection, c’est sans aucun doute le défi majeur du XXI siècle. Et la vraie réponse à la Chine, bien plus que la guerre froide.

    Laurent Dominati

    a.ambassadeur de France

    a.député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • La MLF, un « réseau avant tout collectif »

    La MLF, un « réseau avant tout collectif »

    Le 17 janvier dernier, Jean-Marc Merriaux a été désigné comme nouveau directeur général de la Mission laïque française et de l’Office scolaire et universitaire international. Il remplace Jean-Paul Rebaud, parti en août 2021.

    Jean-Marc Merriaux est haut-fonctionnaire et n’en est pas à son premier poste de directeur général. Après l’obtention d’un DEA d’économie de l’industrie et des services à l’université Panthéon-Sorbonne, il entre chez France Télévision en 1996. Il y passe douze ans pendant lesquels il gravit les échelons, avant d’être promu à la direction du département éducation en 2008. L’éducation ne le quittera plus.

    Des programmes télé aux programmes scolaires

    A la sortie de la télévision publique, il entre chez Universciences où il devient, une nouvelle fois, directeur général du centre national de documentation pédagogique, devenu le réseau Canopé. Six ans plus tard, il entre à l’Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la recherche. Il se spécialise sur les questions liées au numérique et prend la direction du numérique pour l’éducation des ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Début janvier 2022, il est détaché par le ministère et devient directeur général de la MLF et de l’OSUI.

    La MLF et l’OSUI

    Au cours de l’échange avec Jean-Marc Merriaux, les sujets en rapport avec la crise sanitaire, la situation du Lycée français de Beyrouth, du nouveau baccalauréat international et de ses objectifs pour le réseau sont notamment évoqués.

    Le nouveau Directeur général voit sa mission s’inscrire dans une démarche collective, et non personnelle.

    « Un réseau c’est avant tout du collectif »

    Jean-Marc Merriaux, nouveau directeur général de la MLF et de l’OSUI

    Un podcast à retrouver sur toutes vos plates formes préférées

    Podcast liste
  • Mali : un soldat français tué

    Mali : un soldat français tué

    Un brigadier du 54ème régiment d’artillerie de Hyères, Alexandre Martin, âgé de 24 ans, a été tué dans une attaque au mortier du camp militaire de la force française à Gao.

    Alexandre Martin

    Né le 5 mars 1997 à Rouen, le brigadier Alexandre Martin a accompli toute sa carrière au sein du 54e régiment d’artillerie de Hyères. Engagé dans le cadre de l’opération Barkhane depuis le 19 octobre 2021, il a succombé à ses blessures causées par des tirs indirects visant la plateforme opérationnelle désert (PfOD) de Gao samedi.

    Décoré de la médaille de la défense nationale « argent » le 1er janvier 2021, il était en concubinage et sans enfant.

    L’émotion du chef de l’Etat

    Le chef de l’État a salué « avec respect la mémoire de ce soldat, mort pour la France dans l’accomplissement de sa mission ». Un communiqué fait part de la « très vive émotion » du président Emmanuel Macron dans lequel il « confirme la détermination de la France à poursuivre la lutte contre le terrorisme dans la région, aux côtés de ses partenaires ».

    Regardez le reportage de TV5MONDE