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  • Législatives partielles : Karim Ben Cheïkh, candidat à sa succession dans la IXème

    Législatives partielles : Karim Ben Cheïkh, candidat à sa succession dans la IXème

    Karim Ben Cheïkh, privé de son siège par décision du Conseil constitutionnel, suite à des bugs majeurs dans le vote en ligne, se présente naturellement à sa succession.

    Nous l’avons rencontré entre deux meetings dans sa circonscription, la IXème couvrant les pays du Maghreb (Algérie, Libye, Maroc, Tunisie) et l’Afrique de l’Ouest (Burkina Faso, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Sierra Leone).

    Ecoutez le podcast avec Karim Ben Cheïkh

    Une élection annulée à cause du vote en ligne

    Souvenez-vous, nous étions le 27 mai 2022 à midi, les bureaux de vote en ligne ouvraient, et pourtant de nombreux Français de l’étranger n’avaient toujours pas reçu leurs identifiants ou les avaient reçus en double (avec deux identifiants et deux mots de passe différents). La raison : des erreurs dans l’organisation mais aussi des incompatibilités avec les opérateurs de certains pays comme, dans ce cas, en Algérie.

    Des problèmes qui ont, à un moment, remis en cause la poursuite du vote en ligne alors que ce dernier est un outil majeur pour les électeurs dispersés dans des circonscriptions de la taille de plusieurs pays. Et ils sont souvent très vastes dans cette région du monde. Mais finalement Docapost, le prestataire, a réussi à trouver une disposition qui devrait assurer la bonne tenue du vote cette fois.

    C’est dans ce contexte que Karim Ben Cheïkh se présente de nouveau aux suffrages des Français de la IXème circonscription.

    Dans le podcast ci-dessous, on fait le point avec lui sur la décision de l’élection par le Conseil constitutionnel, on se penche sur les problématiques de la circonscription avant de faire un point sur la campagne en cours. Bonne écoute à tous !

  • Un nouveau Conseil d’administration de l’AEFE

    Un nouveau Conseil d’administration de l’AEFE

    Conséquence de la loi du 22 février 2022, le Conseil d’administration de l’AEFE s’est enrichi de 6 nouveaux administrateurs. Cet organe dirigeant du réseau de l’Education française hors de France s’est réuni pour la première fois, dans son nouveau format, mardi dernier, le 14 mars.

    Ce fut l’occasion pour les 26 membres du Conseil d’administration de l’AEFE  : un président, deux parlementaires, 13 représentants de l’administration (dont 7 du Ministère des Affaires étrangères, 3 du Ministère de l’Education Nationale, 1 du Ministère du Budget), 5 parents d’élèves et 5 représentants des personnel, de faire un point sur la création des Instituts régionaux de formation (IRF) voulus par la sénatrice Samantha Cazebonne. Ils se sont aussi penchés sur les établissements en gestion directe (EGD), les opérations immobilières et ont validé les comptes 2022.

    Succès de la création des Instituts régionaux de formation

    Le Conseil a débuté par la bonne nouvelle. Le défi de lancer 16 Instituts régionaux de formation à travers le monde a été relevé. Les « IRF » sont désormais opérationnels d’un point de vue budgétaire et comptable. Même s’il reste encore des points pratiques à gérer dans certaines zones comme la répartition dans les locaux des établissements et parfois des tensions autour du recrutement des formateurs.

    Etablissements placés en gestion directe, ces « IRF » sont des services déconcentrés de l’AEFE chargés d’identifier les besoins de professionnalisation de tous les personnels dans les régions du monde et de mettre en place des formations adaptées, mais aussi d’enrichir les pratiques pédagogiques et de développer des partenariats. Ils portent les actions communes de la zone et doivent définir et mettre en œuvre un projet régional triennal. 

    Carte des 16 Instituts régionaux de formation ©AEFE

    Validation des comptes

    Autre bonne nouvelle, les comptes 2022 ont par été certifiés sans réserve par le cabinet d’expert-comptable indépendant Mazars pour la 2e année consécutive. Logiquement, le compte financier 2022 de l’Agence a été validé par les administrateurs et administratrices.

    Rappelons que l’AEFE a longtemps été sous les critiques du fait de l’opacité de ses comptes, au point que la Cour des comptes avait émis à plusieurs reprises des alertes. Mais depuis, l’AEFE s’est investie dans cette démarche exigeante afin de renforcer sa transparence et confirmer, ainsi, le sérieux de l’opérateur public dans sa gestion financière, tant au niveau des services centraux que des établissements en gestion directe.

    Plusieurs opérations immobilières ont, aussi, été validées, notamment en Chine, où des travaux de sécurité seront réalisés, et en Espagne, où les espaces de demi-pension et les installations sportives seront rénovés au bénéfice des élèves et des personnels.

    Des établissements en difficulté

    Les Lycées français en difficulté sont ceux sous tension financière mais aussi ceux au coeur de conflits.

    Des Lycées au coeur des conflits

    Dans cette deuxième catégorie, on retrouve l’Ukraine. Dans ce pays, les deux établissements de Kiev demeurent opérationnels. Ces bulles d’espoir résistent grâce à l’engagement des personnels et l’engagement politique fort de la présence française (écoutez le podcast avec la proviseure du Lycée Anne de Kiev).

    Mais il y aussi ceux basés dans les pays du Sahel. Dans cette vaste région d’Afrique, le contexte sécuritaire s’est dégradé mais le maintien d’un dispositif d’enseignement du français est une priorité. Au Burkina Faso et au Mali, il existe une forme de stabilité qui a permis de maintenir les établissements ouverts et de conduire les épreuves du baccalauréat malgré une grande vigilance marquée par des missions sécuritaires.

    En Haïti, les conditions de vie se sont effondrées, obligeant l’agence à décider de la suspension du conventionnement au lycée Alexandre Dumas. Le ministère de l’Éducation nationale a accepté que les futurs bacheliers puissent passer les épreuves du bac en formation continue de manière exceptionnelle. Une catastrophe selon les candidats à l’élection législative partielle de cette circonscription du 01 avril, tous promettent une réintégration à la rentrée prochaine.

    Des lycées confrontés à l’inflation

    La situation inflationniste mondiale a des conséquences sur la hausse des frais de fonctionnement des établissements, ce qui risque de se répercuter sur les frais de scolarité. Dans les établissements en gestion directe (EGD) du rythme nord, la moyenne d’augmentation des frais de scolarité est de l’ordre de 8%, et pour le rythme sud, cette augmentation est de l’ordre de 6%. L’augmentation des droits de scolarité aura un impact sur les bourses.

    En réponse, plusieurs aides ont été votées pour soutenir nos établissements au Liban avec une contribution spécifique aux familles. Des aides propres pour répondre à la situation exceptionnelle que connaît la Chine ont également été votées pour prendre en charge à hauteur de 500 euros par résident et par ayant-droit (conjoint et enfant) une partie du voyage en France durant les prochains congés d’été.

    Des blocages persistants

    Si les points précédents ont fait l’objet d’un consensus, la tension est montée d’un cran lorsqu’il fallu aborder les problèmes liés aux ressources humaines.

    Concernant l’indemnité spécifique de vie locale, pour les syndicats, le blocage est total. Des problèmes liés à la valorisation de la base comptable pour déterminer les montants des indemnités sont apparus. Pire, pour appliquer les critères de l’AEFE, l’enveloppe sera dépassée de 3 M€, les syndicats s’interrogent sur le financement. Un forfait mobilité pour les agents des services centraux a aussi été voté mais les syndicats ont regretté que cette prime ne concerne pas les agents du réseau.

    Les syndicats ont aussi pointé du doigt la faiblesse de l’attractivité dans le réseau. Pour les syndicats, d’après les remontées dont ils disposent, la crise de recrutement s’amplifie. Les viviers se sont appauvris dans toutes les zones y compris proches. Progressivement, le lien avec le système d’enseignement français se distend, ce qui va à l’encontre des missions de service public dévolues à l’AEFE, voire même de certains principes de rayonnement affichés à travers le plan Cap 2030.

  • Focus : entreprises sur la traduction automatique

    Focus : entreprises sur la traduction automatique

    Le marché de la traduction automatique était évalué à 153,8 millions USD en 2020 et devrait atteindre 230,67 millions USD d’ici 2026, enregistrant un TCAC de 7,1%, au cours de la période 2021-2026. Le marché de la traduction automatique connaît une demande excédentaire due à l’utilisation croissante d’outils assistés par ordinateur. La nécessité d’utiliser la technologie en faveur d’un processus de traduction plus efficace ne cesse donc d’augmenter.

    Cette augmentation continue peut être attribuée à la croissance des économies émergentes et à l’internationalisation de nombreuses entreprises qui souhaitent proposer leurs contenus, produits et services dans le plus de langues possible. Cette exigence pourrait inciter les entreprises de traduction à s’appuyer de plus en plus sur la traduction automatique en tant qu’outil.

    Grâce à la technologie de traduction automatique, le texte est traduit à des vitesses de plus en plus rapides. Plusieurs sociétés de traduction l’utilisent pour générer du contenu multilingue. De plus, cette technologie augmente la productivité des traducteurs lorsqu’ils effectuent des travaux de traduction, de localisation et de terminologie. Google Translate est l’un des outils de traduction automatique les plus utilisés en raison de son intégration étroite avec le moteur de recherche et le système d’exploitation Android. Google Traduction prend en charge environ 130 langues.

    Un marché en croissance

    Certains des facteurs clés qui augmentent la croissance du marché de la traduction automatique sont la demande croissante de localisation de contenu et le besoin croissant de traduction rentable et rapide. Alors que les applications de traduction automatique atteignent des niveaux de précision nettement plus élevés, elles sont de plus en plus utilisées dans divers domaines d’activité, introduisant de nouvelles applications et des modèles d’apprentissage automatique améliorés.

    Les secteurs de l’automobile, de l’armée, de la défense et de la santé sont les principaux utilisateurs finaux de la technologie de traduction automatique. Comme des milliers de langues sont utilisées à travers le monde, le segment militaire et de la défense exige la traduction rapide de contenus volumineux, pour communiquer avec des populations multilingues en temps réel.

    De plus, la technologie a gagné en popularité avec son utilisation pendant la pandémie. Par exemple, les services de traduction Google AI et ML aident les responsables de la santé à communiquer avec les personnes dans des langues qu’ils comprennent pour diffuser les informations sur la COVID-19. La société a l’intention d’atteindre 51 millions de migrants dans au moins 350 langues rien qu’aux États-Unis.

    Systran, un géant français

    Véritable traducteur instantané, SYSTRAN Translate est un outil linguistique disponible gratuitement en ligne. Vous pouvez vous en servir comme d’un dictionnaire, mais aussi pour traduire une phrase ou même une page web complète. Ultra performant, SYSTRANet est un traducteur en ligne qui vous épaule au quotidien pour tous vos besoins en traduction simultanée de langue étrangère.

    Regardez l’entretien sur TV5MONDE

  • Climat : après la publication du GIEC, la COP28 en ligne de mire

    Climat : après la publication du GIEC, la COP28 en ligne de mire

    Pour Frans Timmermans, commissaire européen au Climat, la dernière publication du GIEC, synthétisant ses travaux depuis 2015, « devrait être la base d’une plus grande ambition lors de la COP28 ».

    Lundi (20 mars), le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du Climat, dit « GIEC », a publié une synthèse (en anglais) reprenant ses travaux depuis 2015.

    Le constat est sans appel : « la lenteur du monde à agir pour s’attaquer à la crise climatique est en train de miner nos chances de limiter le réchauffement à un seuil viable »a commenté l’Organisation des Nations-unies (ONU) après la sortie du texte du GIEC. 

    Sur son compte Twitter, le commissaire européen au Climat, Frans Timmermans, en a profité pour rappeler l’échéance internationale à venir, à savoir la COP28 à Dubaï en novembre prochain, dont la survenance permettra de rehausser, au plus vite, les ambitions climatiques mondiales, a-t-il avancé.

    Surtout après une COP27 en Égypte qu’il qualifiait de décevante.

    « Beaucoup de parties prenantes, beaucoup trop, ne sont pas prêtes à faire plus d’efforts aujourd’hui dans la lutte contre la crise climatique », s’était-il désolé au sortir de la conférence climatique de l’ONU (COP) en novembre 2022. 

    Rehausser les objectifs européens

    À la COP27, le commissaire au Climat s’y était pourtant rendu optimiste, assurant avant l’évènement que l’UE pouvait faire mieux en matière de réduction de gaz à effet de serre en rehaussant son objectif à -57 % d’ici à 2030 par rapport à 1990, soit deux points de plus que les 55 % sur lesquels travaillent actuellement les parties prenantes européennes au travers du paquet de règlementation « Fit for 55 ». 

    D’autant que pour M. Timmermans, la réduction des émissions de gaz à effet de serre est un préalable à la compensation des pertes et dommages, l’un des points clés de discussions lors des COP. 

    «  Si nous ne réduisons pas radicalement nos émissions, aucune somme d’argent ni aucun effort consacré à l’adaptation ou aux pertes et dommages ne permettra à l’humanité de faire face aux catastrophes qui se produiront  », avait-il déclaré aux journalistes avant la COP27.

    Suite à la sortie de la synthèse du GIEC, l’ONU a avancé en ce sens que pour contenir la « hausse des menaces climatiques », il était nécessaire de « plafonner les émissions mondiales d’ici 2025 au plus tard, puis de les réduire de près de moitié d’ici à 2030 ».

    Objectif : atteindre la neutralité climatique « le plus près possible de 2040 »a complété António Guterres, secrétaire général de l’ONU.

    Pour cela, les pays devront non seulement « arrêter toute expansion des réserves existantes de pétrole et de gaz », mais aussi, pour les pays développés, dont ceux membres de l’UE, « garantir une production nette d’électricité nulle d’ici 2035 ».

    L’UE sur de bons rails ?

    De nombreuses réglementations du « Fit for 55 » qui sont encore en négociations visent à atteindre ces objectifs, comme la directive sur les énergies renouvelables qui projette qu’elles couvrent au moins 40 % de la consommation énergétique de l’UE d’ici à 2030.

    Pour cela, Timmermans a appelé lundi les États membres de l’Union européenne à entreprendre « des politiques nationales solides pour faire le travail ».

    « Chaque fraction de degré compte et chaque pas fait la différence », a-t-il conclu. 

    Au sortir de la COP27, la ministre française de l’Énergie, Agnès Pannier-Runacher, s’était elle aussi faite la porte-voie d’un rendez-vous international miné.

    Dans une tribune publiée samedi (18 mars) dans le JDD, la ministre prend Frans Timmermans au mot, rappelant que sa mission première est de « diminuer notre consommation [d’énergie] de 40 % d’ici 2050 ».

    Pour cela, la ministre assume « qu’être écologiste, c’est faire le choix des énergies renouvelables ET du nucléaire contre les énergies fossiles ».

    Le nucléaire fait pourtant l’objet de querelles entre Européens. Certains États membres, comme la France, souhaitent que ses bénéfices climatiques puissent être comptés au même titre que les efforts de déploiements des énergies renouvelables, voire qu’ils soient directement comptabilisés dans la directive renouvelables.

    Enfin, comme M. Timmermans, Mme Pannier-Runacher insiste sur l’importance de la future COP28. Ce rendez-vous « doit aussi marquer une nouvelle étape pour la communauté internationale », avance-t-elle.

    « Après la déception de Charm-el-Cheikh [COP27], la COP de Dubaï doit permettre de rehausser nos ambitions en embarquant tous les pays du monde, et en particulier ceux qui émettent le plus », concluant que « les efforts de l’Union européenne seule ne suffiront pas »

  • Tensions bancaires, quelles conséquences pour les épargnants ? 

    Tensions bancaires, quelles conséquences pour les épargnants ? 

    Les difficultés de la Silicon Valley Bank (SVB) et de plusieurs autres banques américaines ainsi que du Crédit Suisse rappellent l’importance du secteur bancaire dans le bon fonctionnement de l’économie. Elles rappellent la crise des subprimes même su dans les faits les causes et les conséquences sont bien différentes. 

    La Silicon Valley Bank (SVB), 16e banque américaine, a été confrontée à d’importantes demandes de retraits de liquidités de la part de ses clients, essentiellement des entreprises du secteur de la haute technologie. Cette banque, spécialisée dans le financement des start-ups, gérait les liquidités de ces entreprises qui, jusqu’en 2022, levaient des sommes importantes grâce à des fonds de capital-risque ou de capital investissement. En parallèle, elle prêtait également de l’argent à ces fonds ou aux dirigeants des start-ups. Selon Reuters, elle était le partenaire bancaire de près de la moitié des start-ups américaines financées par capital-risque cotées en Bourse en 2022. La forte croissance des valeurs technologiques et l’engouement des fonds de capitalrisque pour ce secteur ont contribué à l’augmentation des dépôts à la SVB qui sont passés de 102 à 189 milliards de dollars en 2021. La banque a investi cet excès de liquidités dans des placements de long termes jugés sûrs, des obligations et des bons du Trésor qui étaient alors faiblement rémunérés.

    La Silicon Valley Bank victime de la hausse des taux.

    En 2022, le marché des valeurs de la haute technologie s’est retourné après la forte croissance provoquée par la crise sanitaire. Le resserrement de la politique monétaire par la Réserve fédérale américaine (Fed) se traduisant par une hausse des taux d’intérêt a conduit les investisseurs à se détourner des valeurs technologiques au profit des obligations. Les taux directeurs sont passés en un an de 0 à 4,75 %. Les start-ups qui, en outre, subissent le ralentissement de leur activité ont besoin, de liquidités pour faire face à leurs charges. Ne pouvant plus compter sur l’argent issu des levées de fonds, elles ont puisé dans leurs dépôts placés à la SVB. Celle-ci, ne disposant pas de liquidités suffisantes, a été contrainte de vendre en urgence les titres monétaires et obligataires qu’elle possédait. Or, la hausse des taux a eu pour conséquence de diminuer la valeur de ces derniers. En effet, sur le marché secondaire, les obligations s’échangent au même taux en prenant en compte la durée et le risque liés à l’émetteur. De ce fait, une obligation émise à un taux de 1 % aura une valeur bien plus faible qu’une obligation émise à 4 %. En vendant ses obligations, la SVB a ainsi accusé une perte de 1,8 milliard de dollars et indiqué avoir besoin d’une recapitalisation. 

    « Bank run »

    Face à cette annonce de la banque, les clients inquiets ont perdu confiance et ont commencé à vouloir retirer les sommes qu’ils y avaient placées provoquant ainsi un « bank run ». Sur la seule journée du jeudi 9 mars, environ 42 milliards de dollars d’ordres de retraits ont été passés. En quelques heures, SVB s’est ainsi retrouvée dans l’incapacité à faire face aux demandes nécessitant l’intervention des autorités fédérales. 

    Dans la foulée, d’autres banques américaines ont rencontré d’importantes difficultés pour des raisons similaires : la Silvergate Bank le 8 mars, la Signature Bank le 12. A cette liste, il faut également ajouter la First Republik Bank.

    La réaction des pouvoirs publics américains a été rapide 

    Vendredi 10 mars, les autorités américaines ont fermé la SVB pour protéger les dépôts et limiter le risque de contagion. Son administration a été confiée à la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), l’agence qui gère l’assurance des dépôts bancaires. Cette procédure garantit jusqu’à 250 000 dollars par déposant. 90 % des sommes de la SVB ne seraient néanmoins pas assurés. Dimanche 12 mars, face au risque de panique, les autorités ont donc décidé d’étendre la garantie et de permettre aux clients de récupérer l’intégralité de leur dû. 

    ©AFP

    Pour limiter l’effet de contagion, après la faillite de la Signature Bank, la Fed s’est engagée à prêter des fonds aux autres banques qui feraient face à d’importantes demandes de retrait. Le Président américain a déclaré que l’État fédéral prendra toutes les mesures nécessaires pour éviter une crise financière. 

    Quels sont les risques de contagion aux États-Unis ? 

    La faillite d’une banque n’est jamais anodine car elle touche le cœur de l’économie à travers des mécanismes de financement qui reposent en grande partie sur la confiance. Néanmoins, la faillite de la SVB ne devrait pas provoquer un effet domino. Le risque de contagion est relativement faible. Depuis la crise financière de 2008, les pouvoirs publics suivent avec attention les problèmes de liquidité et de solvabilité des acteurs financiers. Des crash test sont réalisés régulièrement. Le portefeuille obligataire des grandes banques américaines est réévalué à la valeur de marché, lors des publications trimestrielles de résultats. 

    Les banques, dont les résultats étaient bons ces dernières années, disposent d’importantes réserves de liquidités, limitant d’autant leur besoin de vendre des obligations. Le cas de la SVB est particulier avec la conjonction de trois problèmes : la hausse des taux, les besoins de cash des start-ups, et un bilan dégradé du fait d’une gestion hasardeuse. L’économie américaine comprend un grand nombre de banques de taille régionale qui sont moins régulées qu’en Europe. D’autres faillites sont donc possibles. Les grandes banques américaines pourraient profiter d’un éventuel transfert de dépôts de la part de clients qui avaient placé des liquidités dans des institutions locales. Aucune banque de taille systémique n’est aujourd’hui concernée par la crise. 

    https://laplace-groupe.com/

    Les problèmes du Crédit Suisse sont d’une autre nature 

    Le « Crédit Suisse », deuxième banque helvétique, est confrontée depuis 2019 à d’importants problèmes. Par son poids et par le jeu des interconnexions financières au sein du continent européen, ses difficultés inquiètent les investisseurs qui ont préféré réduire leur exposition aux valeurs bancaires. Son bilan bancaire s’élève à environ 1 000 milliards d’euros. Cet établissement est jugé par les régulateurs comme systémique, signifiant que son éventuelle faillite pourrait mettre en danger le système financier européen et mondial. 

    En 2019, le Crédit Suisse est au cœur d’un scandale d’espionnage provoquant le départ en février 2020 de Tidjane Thiam, son directeur général. Depuis, trois dirigeants lui ont succédé. En 2021, la banque a été touchée par la faillite de la société de services financiers Greensill dans laquelle elle avait investi 10 milliards de dollars et par l’implosion du fonds américain Archegos qui lui a coûté 5 milliards de dollars. 

    Malgré un plan de restructuration, le Crédit Suisse éprouvait les pires difficultés à restaurer ses comptes et à regagner la confiance de ses clients. La publication retardée de son rapport annuel faisant suite à une demande du régulateur américain des marchés financiers (SEC) mardi 14 mars a relancé la crise. Ce rapport mentionne que les responsables de la banque ont « identifié des faiblesses substantielles » dans son « contrôle interne ». 

    Par ailleurs, en 2022, la banque a enregistré une perte de 7,3 milliards de francs suisses (près de 7,4 milliards d’euros), la plus importante depuis la crise financière de 2008. En tant que telle, la banque n’est pas en faillite mais elle est confrontée à un risque de bank run. Ses clients auraient retiré 110,5 milliards de francs suisses en quelques jours. Le refus du premier actionnaire de Crédit Suisse, la Saudi National Bank, de monter au capital a créé une onde choc sur les places financières. Ne pouvant pas compter sur son actionnaire de référence et pour éviter une contagion de la défiance sur l’ensemble des places financières, le Crédit Suisse a fait appel à la banque centrale suisse et à l’autorité des marchés financiers (Finma) qui y ont répondu favorablement. Il pourra ainsi accéder à un prêt pouvant atteindre jusqu’à 50 milliards de francs suisses (50,6 milliards d’euros) auprès de la banque centrale helvétique. 

    La Banque centrale européenne (BCE), qui supervise les banques de la zone euro, a établi en urgence une cartographie des risques liés à l’exposition des établissements financier au Crédit Suisse. Selon les informations disponibles, l’exposition directe des banques françaises à l’ancien fleuron helvétique serait limitée. Le problème du Crédit Suisse est également suivi par le département du Trésor américain qui suit l’évolution de la situation en relation étroite avec les autorités européennes.

    Quelles conséquences pour les banques de la zone euro ? 

    Les banques européennes ont des bilans solides. Ces dernières années, elles n’ont pas accru leur exposition aux obligations. Leur financement provient essentiellement des commissions et des dépôts de leurs clients. Les banques européennes ont peu investi dans le secteur de la haute technologie. Dans le passé, cette prudence leur était même reprochée. Les banques européennes sont plus diversifiées et bien régulées. 

    Quelles conséquences pour le marché des actions ? 

    La crise bancaire aux États-Unis et en Suisse pourrait être positive pour les marchés actions. Les banques centrales pourraient, en effet, être amenées à tempérer le durcissement de la politique monétaire mise en œuvre pour lutter contre l’inflation. De moindres hausses des taux directeurs favorisent les actions. Par ailleurs, les investisseurs pourraient être incités à privilégier les grandes entreprises cotées aux résultats publiés régulièrement au détriment des start-ups. La baisse des cours en Europe est intervenue après une période de hausse exceptionnelle qui ne pouvait guère perdurer au vu des incertitudes qui demeurent sur le terrain de l’inflation. Cette baisse offre par ailleurs des opportunités d’acquisition pour les épargnants souhaitant se renforcer sur le marché « actions ».

  • Adoption de la réforme des retraites à 9 voix près

    Adoption de la réforme des retraites à 9 voix près

    Lors de son discours la Première ministre a défendu « les avancées » du débat parlementaire pour « améliorer la réforme des retraites », en citant par exemple les carrières longues et la pension des mères de famille. De quoi faire dire à Élisabeth Borne qu’elle n’a « jamais été aussi loin » dans « le compromis ». Si ces quelques phrases n’ont pas été suffisantes, la peur de déstabiliser un peu plus le pays et de renvoyer les députés vers leurs électeurs l’ont été et les motions de censure ont été rejetées lors des votes qui se sont finalisés à 18h45.

    De facto, la réforme tant décriée est donc adoptée. Fin de l’histoire ? Pas sûr !

    Le vote

    Deux mentions de censure étaient mises au vote ce lundi 20 mars. La première réunissant plusieurs partis autour des élus de l’outre-mer a failli réussir l’exploit de faire tomber le gouvernement. A 9 voix près, le gouvernement reste donc en place et la réforme est adoptée.

    La deuxième était présentée par le Rassemblement national et n’a réuni que 94 votes.

    Si le résultat est conforme à ce qu’attendait Elisabeth Borne, le faible écart de voix est aussi un message d’alerte qui risque de précipiter son départ.

    Réunion de crise à Matignon

    Élisabeth Borne recevra ce soir à 21h à Matignon les présidents des groupes de la majorité à Matignon. Autour de la table, se trouveront donc du côté de l’Assemblée nationale Aurore Bergé (Renaissance), Laurent Marcangeli (Horizons), et Jean-Paul Mattei (Modem). Pour le Sénat, François Patriat (Renaissance) et Claude Malhuret (Les Indépendants) seront également présents, tout comme Yaël Braun-Pivet, la présidente du Palais-Bourbon.

    Au cours de la soirée, les convives devront inventer une stratégie pour calmer la colère du peuple qui s’est exprimée immédiatement Place Vauban et qui redoublera dès jeudi pour la journée de grève générale.

    Manifestations dans les rues de Paris – ©AFP

    Dans les couloirs, certains voient cette invitation comme un « pot de retraite » de la Première ministre alors que le nom de Gérald Darmanin circule pour la remplacer à l’hôtel de Matignon.

    Les Français de l’étranger partagés

    Du côté des Français de l’étranger, nous avons mené une consultation à laquelle plus de 3300 personnes ont répondu en 48h.

    On y apprend que 51% des expatriés qui ont participé à cette enquête soutiennent le mouvement social, 4% d’entre eux n’ont pas d’avis, tandis que 45% sont favorables à la réforme, mais pas forcément au gouvernement, ils ne sont que 21,5% à soutenir la réforme et le gouvernement.

    Certains pourront dire que c’est tout simplement car les Français de l’étranger ne sont pas concernés par cette réforme. Que nenni, parmi les 3347 personnes qui ont répondu, ils sont 45% à compter principalement sur leurs droits acquis en France pour liquider leur retraite.

    La bonne nouvelle que l’on découvre dans cette consultation, c’est que 48% des Français de l’étranger comptent revenir en France pour vieillir heureux et en paix dans leur pays.

    Les intersyndicales et la gauche vent debout

    En France, comme chez les Français de l’étranger, les forces de gauche, partis politiques comme syndicats, sont vent debout face à ce « passage en force ».

    Pour le réseau scolaire hors de France, l’intersyndicale appelle déjà dans tous les cas à la grève jeudi 23 mars si la réforme n’est pas retirée par le Président de la République. Il faut donc s’attendre à un mouvement de masse dans les Lycées et écoles à travers le monde.

    « Avec le rejet de cette motion de censure, le texte issu de la Commission mixte paritaire est adopté. À l’ UNSA Éducation, nous demandons au président de surseoir à la promulgation de cette loi. Cette réforme reste pour nous inutile, injuste et brutale. Plus que jamais, nous appelons les personnels en poste à l’étranger à se mettre en grève jeudi 23 mars et à participer aux rassemblements d’initiative locale devant les représentations françaises à l’étranger.« 

    Adrien Guinemer – Chargé de mission « Hors de France » : AEFE, MLF, MEAEtrésorerie, numérique, communication et Hors de France

    Du côté de nos élus, nous avons sollicité les élus de la majorité qui ont préféré décliner notre proposition. A droite, comme leur groupe à l’Assemblée nationale, deux camps, pro et contre la réforme, se dessinent et naturellement eux non plus n’ont pas voulu s’exprimer. Tandis que le RN à travers son nouveau président de fédération des Français de l’étranger, l’eurodéputé Jean-Lin Lacapelle nous a fait parvenir sa réaction, alors qu’il était en déplacement en Afrique du Sud.

    « 9 petites voix seulement nous en séparent. C’est évidemment un échec de la part du gouvernement qui doit en tirer des conclusions. Borne doit démissioner ! Macron doit respecter la majorité des Français et retirer son texte ! « 

    Jean-Lin Lacapelle – Député européen et responsable des Français de l’étranger pour le Rassemblement national

    A gauche, évidemment, les réactions furent plus nombreuses. Yan Chantrel, ancien élu consulaire à Montréal et sénateur PS des Français de l’étranger, nous annonce que lui et ses collègues vont saisir le conseil constitutionnel tout en préparant le dépôt d’un projet de loi pour un référendum d’initiative partagée. Une astuce constitutionnelle qui permettra le gel d’éventuels décrets d’application de la réforme adoptée ce jour pour au minimum 9 mois.

    « Cette réforme est massivement rejetée par les Français et Françaises et n’est couverte par aucune onction démocratique et parlementaire. C’est pourquoi nous saisissons le Conseil constitutionnel pour la faire censurer. Ce gouvernement n’ayant aucun mandat et aucune légitimité pour faire cette réforme, nous avons déposé une proposition de loi afin de permettre le lancement d’un référendum d’initiative partagé afin de donner la parole au peuple.« 

    Yan Chantrel – Sénateur des Français de l’étranger

    La présidente de la fédération des Français de l’étranger et élue consulaire en Belgique, Cécilia Gondard, se félicite évidemment des actions proposés par ces parlementaires mais s’inquiète aussi, dans un communiqué de presse, du « risque insensé de la fracturation du pays » et des conséquences qui vont accroître la défiance de nos compatriotes à l’égard des institutions.

    « Les Français ne veulent pas de cette réforme. Le PS se bat contre cette réforme. Les syndicats la rejettent également. Et il n’a manqué que 9 voix pour que la motion de censure ne passe. Il est temps que le gouvernement retire cette réforme. Le combat continue. Nous avons déposé un RIP au Conseil constitutionnel. Nous ne lâchons rien. Les prochains jours seront donc propices à la fracture de la nation française et à l’émergence de mouvements violents dans l’Hexagone.« 

    Cécilia Gondard, présidente de la fédération des Français de l’étranger du parti socialiste et élue consulaire en Belgique

    Adoptée ou non ? Injuste ou non ? Cette réforme restera comme une cicatrice dans les mandats d’Emmanuel Macron et peut-être la porte ouverte à une séquence de violences urbaines et d’immobilisme politique. Dans tous les cas, ce fut une mauvaise affaire pour le gouvernement.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 21.03.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 21.03.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans le bulletin d’information des Français de l’étranger du mardi 21 mars. On ouvre évidemment ce flash sur l’échec des motions de censure entraînant l’adoption de la réforme des retraites de facto, on fera aussi un point sur le nucléaire dans l’UE avant de se réjouir de la libération de notre compatriote Olivier Dubois, journaliste otage au Sahel pendant 2 ans. 

    Elisabeth Borne à senti le vent du boulet…

    A l’Assemblée nationale hier, la motion de censure du groupe Liot a échoué à seulement 9 voix près. Une surprise car les députés LR pressentis pour la voter n’était pas si nombreux sur le papier à la mi-journée. Des LR qui apparaissent donc plus divisés que jamais car leur président de groupe avait appelé à ne pas voter ces motions. Après 2 mois de débats, d’échanges tendus parfois violents, de manifestations et de grèves contre la réforme des retraites, la loi est désormais adoptée mais le gouvernement, la majorité et l’opposition à l’assemblée en ressortent tous affaiblis. Emmanuel Macron reçoit ce mardi la première ministre et les patrons de groupes majoritaires. La contestation continue dans la rue comme c’était le cas hier dés l’annonce du résultat et en attendant le prochain RDV des intersyndicales. En France comme à l’étranger, elles restent mobilisées et appellent à des grèves et manifestations massives ce jeudi 23 mars. 

    Loi pour le pouvoir d'achat

    Le nucléaire peut être vert 

    C’est le chemin que semble prendre la Commission européenne, sous pression du gouvernement français. Ainsi les technologies nucléaires du future figurent ainsi dans la liste des « technologies nette zéro » contenue dans la directive européenne en cours de préparation sur les nouvelles énergies. Mais l’industrie nucléaire française s’inquiète tout de même et a promis de rester vigilante jusqu’au vote final. 

    Olivier Dubois est enfin libre 

    Otage depuis sept cent onze jours au Sahel, le journaliste Olivier Dubois a été libéré, lundi 20 mars. Travaillant à la pige – à l’article – pour le quotidien Libération et pour les hebdomadaires Le Point et Jeune Afrique, le journaliste indépendant avait été enlevé à Gao, dans le nord du Mali, le 8 avril 2021, où il s’était rendu pour interviewer un cadre jihadiste.

    Olivier Dubois

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau flash quotidien des expatriés ! 

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Législatives partielles : Deborah Abisror – De Lieme se présente dans la VIIIème circonscription

    Législatives partielles : Deborah Abisror – De Lieme se présente dans la VIIIème circonscription

    A quelques jours du premier tour de l’élection législative partielle dans la VIIIème circonscription des Français de l’étranger soit l’Est du bassin méditerranéen (Chypre, Grèce, Israel, Italie, Malte, Saint Marin, le Saint Siège et la Turquie), on reçoit la candidate du parti présidentiel (Renaissance) Deborah Abisror – De Lieme.

    Ecoutez le podcast avec Deborah Abisror – de Lieme

    Une élection annulée pour fraudes

    Ainsi, Le Conseil constitutionnel, saisi par Mme Deborah Abisror – de Lieme, déjà candidate en juin 2022, a statué le 03 février 2023 sur la validité des opérations d’assistance au vote qu’avaient mis en place le député élu Meyer Habib (UDI) ainsi que sur la légalité des soutiens que ce dernier avait reçus de la part d’élus israéliens le jour du vote.

    Listant les soutiens de personnalités israéliennes reçus le jour du vote et constatant l’absence de secret du vote lorsque les électeurs participaient au scrutin via la plateforme d’assistance mise en place par M. Habib, le Conseil constitutionnel a donc invalidé l’élection. Une position que Deborah Abisror de Lieme ne peut que soutenir et pour laquelle elle se félicite.

    « J’ai été soulagée que la République, comme les valeurs républicaines, soient respectées »

    Deborah Abisror – de Lieme

    Dans le podcast, on en profite pour faire un point avec la candidate de Renaissance sur le vote en ligne. En effet, le week-end du 02 avril, deux autres circonscriptions, vont revoter suite à un bug technique lié à ce mode de participation au scrutin.

    « Le vote en ligne est voué à perdurer et à être simplifié« 

    Deborah Abisror – de Lieme

    Attaqué par certains, ce dispositif est pourtant indispensable à la participation des expatriés alors qu’il est impossible de couvrir le monde entier de bureaux de vote.

    Une candidate rodée aux rouages ministérielles

    Après cette mise au point, on s’intéresse au parcours de Deborah Abisror – de Lieme. Sur son CV, on apprend qu’elle a tenu les fonctions de directrice de cabinet d’Olivier Véran, alors ministre de la Santé, pendant la pandémie.

    « Ce fut pour moi la plus belle expérience de ma vie, tout en étant la plus dure (…) J’ai servi mes concitoyens. J’en tire de la fierté mais aussi de l’humilité »

    Deborah Abisror de Lieme

    Logiquement, on ne peut pas revenir sur cette période qui fut, pour certains expatriés, et particulièrement pour ceux hors de l’Union Européenne, comme Israël et la Turquie, un véritable traumatisme au fil que les possibilités de rentrer en France s’amenuiser.

    Sans renier les problèmes, elle a voulu souligner aussi toutes les procédures qui ont été mises en place pour rapatrier les Français qui le désiraient, sans oublier l’envoi de vaccins dans les pays qui n’en distribuaient pas ou des vaccins non reconnus par l’Union européenne (afin de leur permettre de rejoindre l’espace Schengen). On apprend aussi dans l’interview que la France avait rapatriée des femmes victimes d’une grossesse non voulue et bloquées dans des pays où l’avortement n’est pas légal.

    « Je suis fière français dans ces moments là »

    Deborah Abisror – de Lieme

    Apprentissage du Français

    Au coeur du podcast, on s’intéresse aux problématiques qui frappent les pays de sa circonscription. Premier sujet l’Education et la transmission de la langue française.

    Pour Deborah Abisror – de Lieme, du fait des spécificités du bassin méditerranéen de l’Est qui comprend des pays dans l’Union européenne et hors de celle-ci, il faut créer des solutions propres à chaque communauté et aux Etats où elles vivent.

    L’occasion pour la candidate de nous réveler un premier défi qu’elle se donne, intégrer l’Etat hébreux au sein de l’Organisation de la Francophonie.

    « Un pays comme Israël, qui a plus de 500 000 personnes qui parlent français sur son territoire, doit être membre de la Francophonie »

    Deborah Abisror – de Lieme

    Sur les pays de l’Union européenne, elle veut amplifier le programme « FLAM » (dispositif associatif de cours de français aux tout-petits, aux tarifs largement plus accessibles que le réseau AEFE) en augmentant les aides en équivalent temps plein pour les associations y participant.

    La protection sociale

    Naturellement, on glisse sur le sujet de la couverture sociale de nos compatriotes. En effet, depuis la modification des prises en charge par la CFE, une rupture d’égalité se produit selon son lieu de résidence.

    Ainsi selon le pays de résidence, qu’on soit dans l’Union européenne, il y a une discontinuité dans l’égalité de traitement des citoyens français. Une logique qu’elle applique aussi à la débancarisation, un sujet auquel elle compte s’attaquer avec le député des Français d’Amérique du Nord dont les résidents sont frappés par des fermetures de comptes en France.

    La sécurité

    En terme de protection, la sécurité des personnes et des biens semblent une évidence. Avec Israël dans sa circonscription, c’est un sujet clé pour nos compatriotes.

    « En Israël, on a une angoisse liée aux actes terroristes islamiques. Ma soeur, mes nièces sont dans l’armée, j’y pense aussi »

    Deborah Abisror – de Lieme

    Pour elle, résoudre le conflit est la seule solution afin de retrouver un climat serein dans ce pays. Une compétence qui échappe à un député des Français de l’étranger. Mais ce fut aussi l’occasion pour Deborah Abisror – de Lieme d’évoquer avec nous, la sécurité des Franco-israéliens lors de leur visite en France qui peuvent être victimes d’un antisémitisme, toujours présent dans certaines franges de la société.

    ©Qualita – juin 2022

    Une campagne qui se termine

    Dans la dernière partie du podcast, on s’intéresse à la campagne. Un exercice toujours difficile pour une élection partielle, et d’autant plus chez les Français de l’étranger, comment fait-elle pour mobilier ?

    « Je crois au terrain, je suis allé partout. Je veux aller à la rencontre des citoyens »

    Deborah Abisror – de Lieme

    Son choix c’est une présence sur le terrain, non une lubie de campagne, mais un engagement d’être présente et pour cela sa première mesure c’est la mise en place d’une permanence itinérante. Mais ce n’est pas la seule mesure sur laquelle, elle s’engage.

    Deborah Abisror – de Lieme conclue le podcast en indiquant que si les Français de la circonscription l’élisent, cela permettra d’ajouter une voix, une pression de plus à l’Assemblée nationale pour créer le statut de résidence de replis afin que les Français résidant hors de France ne soient plus considérés comme des étrangers mais bien des citoyens à part entière.

    Télécharger la présention de Deborah Abisror – de Lieme

  • Francophonie : où en sommes nous ?

    Francophonie : où en sommes nous ?

    A l’occasion de la journée de la francophonie, organisée par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), ce 20 mars, nous avons décidé de faire un point sur le dynamisme de la francophonie en 2023. L’occasion pour nous, Français de l’étranger, de mieux connaitre ceux qui font vivre notre langue à travers le monde.

    La 5e langue la plus parlée au monde

    Avec 321 millions de locuteurs, la langue française demeure la 5e langue la plus parlée au monde. En tant que langue étrangère, le français est la 2e langue la plus apprise dans le monde par plus de 50 millions d’individus.

    La langue française est langue de scolarisation dans les systèmes éducatifs de 36 États et gouvernements dans le monde (dont 24 se trouvent dans les zones Afrique-océan Indien et Proche-Orient), seule ou aux côtés d’autres langues ; 80 % des élèves scolarisés en français étant concentrés sur le continent africain, où le français occupe généralement la fonction de langue d’enseignement, mais aussi de communication entre les populations (qui ont pour langue première une ou plusieurs autres langues, parfois transnationales, sur des territoires qui se caractérisent par une grande diversité linguistique et culturelle)

    La valorisation des atouts des formations de français à usage professionnel permet de dépasser l’image traditionnelle d’une langue académique ou élitiste vers une fonction favorable à l’employabilité, aux mobilités professionnelles et étudiantes.

    700 millions de locuteurs en 2050

    D’ici 2050, la population de ce continent va doubler, de 1,3 à 2,4 milliards de personnes. Annuellement, ses villes devront absorber 30 millions de nouveaux habitants ; ses écoles, 40 millions de nouveaux élèves ; et le marché du travail, 20 millions de nouveaux travailleurs. Un chantier colossal ! Heureusement, les ressources du continent, son marché en croissance et ses 650 millions d’utilisateurs d’Internet suscitent un vrai intérêt.

    En Afrique comme ailleurs, plus qu’ailleurs, l’apprentissage de la langue française est intimement lié à la fréquentation scolaire. Un programme d’appui à la scolarisation universelle faisant appel aux technologies les plus avancées, et financé à un haut niveau, doit être urgemment mis en place. L’excellent Institut de la Francophonie pour l’éducation de Dakar pourrait en assurer la mise en oeuvre. Oubliez les 700 millions de locuteurs de la langue française en 2050 si la scolarisation des enfants africains ne porte pas, entre autres signatures, celle de la Francophonie. Oubliez-les, aussi, si la question de la circulation dans l’espace francophone ne trouve pas une réponse convaincante.

    À défaut de cette refondation, la Francophonie ira en déclinant, comme un projet d’un autre temps. Les possibilités que la langue française soit l’une des grandes langues internationales, dans ce siècle, seront progressivement épuisées mais un autre avenir est possible.

    Dynamiser la francophonie ?

    Faut-il créer un institut francophone du développement économique pouvant comprendre l’investissement, l’énergie, le commerce équitable et le développement durable, dont l’Afrique a un urgent besoin, et ainsi s’obliger à préciser les domaines et les objectifs chiffrés de cette entreprise ?

    Faut-il reconfigurer ou abandonner la coopération politique de la Francophonie ? Présentement, elle ne dispose pas des ressources humaines et financières, des services de renseignement et d’une capacité d’intervention susceptibles d’infléchir les dérèglements dévastant plusieurs des États partie de l’OIF.

    Faut-il changer le logiciel dans les domaines de la culture et de l’éducation, hausser l’action dans ces domaines constitutifs en y déployant de grandes initiatives, les plus exigeantes de l’histoire de la Francophonie ?

    De nombreux chantiers auxquels devront répondre la France mais aussi les autres pays. Car en 2050, les Français ne représenteront plus que 10% des locuteurs de la langue de Molière. En Francophonie, comme en économie, le temps de la Francafrique est fini, place aux partenariats.