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  • Reportage au coeur de l’association PSE : “Pour un sourire d’enfant”

    Reportage au coeur de l’association PSE : “Pour un sourire d’enfant”

    Sophie Gueydier, Française installée à Hong Kong, est engagée depuis trois ans au sein de l’association PSE, elle nous explique son engagement et nous présente les activités de l’association et plus particulièrement le programme de “mentoring” mis en place par l’ONG.

    Reportage au coeur de l’association réalisé par Catherine Boulet-Gercourt

    Ils sont des centaines dans cette cour d’école. Au garde-à-vous devant le drapeau du Cambodge qui se lève doucement. Tous en uniforme – Il est 6h45 ce matin de mars. A l’unisson des autres écoliers du pays, les enfants de PSE chantent et commencent leur journée.

    Ecoutez le podcast avec Sophie Gueydier

    PSE : Pour un sourire d’enfant.

    Quand l’ONG est créée, il y a presque 30 ans, c’est un pari un peu fou de deux Français, un couple, Christian et Marie-France des Pallières. Sortir les enfants les plus pauvres de Phnom Penh de la décharge où ils passent leurs journées. Leur offrir une autre vie.

    Aujourd’hui PSE accompagne 6500 enfants et leurs familles tous les ans.

    Des repas, des soins, une éducation, et tout simplement du temps pour grandir.

    La petite paillotte du début est devenue une ruche qui résonne de leurs jeux.

    Les premières cohortes d’enfants pris en charge par PSE grandissaient, alors l’Institut PSE a été créé en 2002 pour les accompagner vers la vie active. Un institut de formation professionnelle, aujourd’hui reconnu par le ministère du travail cambodgien. Cet institut comprend une école hôtelière, où ils apprennent les métiers du service, de l’accueil, de la cuisine ou encore de la coiffure.

    Mais aussi une école de cinéma et des formations en mécanique et en construction. Et enfin, la School of Business, l’école de vente et de gestion.

    La « School of Business » de PSE

    Dans cette école, les étudiants ont entre 17 et 25 ans. Ils sont sélectionnés sur leurs performances académiques, mais surtout sur des critères sociaux. Les mêmes que pour tous les bénéficiaires de PSE. Ils viennent des familles les plus pauvres des alentours de Phnom Penh. Sebastien Clouet est le directeur de la School of Business.

    Quand ils sortent d’ici, après des cursus de 2 ou 3 ans, c’est avec un diplôme en poche, et 95% de chances de décrocher un emploi tout de suite.    

    School of Business à Phnom Penh ©PSE

    Piseth a 21 ans, elle est en 2e année de comptabilité. Elle a fait un stage à la Chambre de Commerce européenne l’an dernier. Une très bonne première expérience pour cette jeune fille.

    Un stage qui s’est bien passé, parce qu’elle y a été bien préparée selon elle.

    Piseth voudrait un jour monter sa propre entreprise. C’est le grand défi et la belle réussite de cette école. Mettre ces jeunes qui n’avaient rien sur le chemin de la réussite. Ici ils gagnent le droit à l’ambition. Eux, dont les parent s sont chiffonniers ou vendeurs de rue. Eux, que rien ne destinait à travailler un jour dans un bureau.     

    Le slogan de Pour un sourire d’enfant, c’est de la misère à un métier.

    Un métier, un vrai métier, Dalin en a un aujourd’hui. Ancienne élève de la School of Business de PSE, elle travaille dans le secteur de la restauration.

    Son salaire, de 250$ pendant les 18 premiers mois de son contrat, passera à 350$ le mois prochain. Elle aura plus de responsabilités, et si tout se passe bien, une nouvelle augmentation à la clé à la fin de sa période d’essai. Pour elle, le vrai plus de cette école, ce sont les opportunités de stages qu’elle donne à ses élèves.      

    L’École met l’accent sur la formation pratique. Entraînements aux entretiens d’embauche, cours de langue, stages, apprentissage… L’idée, c’est de proposer des enseignements qui collent au plus près des besoins du marché. Ils n’auront peut-être pas de 2e chance s’ils ne sont pas efficaces tout de suite.

    Cette voix, c’est celle de Suoming. Lui est en deuxième année de ressources humaines.

    Suoming aussi voudrait poursuivre ses études, à l’université. Il se sent prêt.

    Ici, ces jeunes gens acquièrent des outils pour s’intégrer dans le monde du travail. Quand ils sortent de l’école, ils ont les clés en main pour se construire un futur, avec les armes les plus puissantes à leur disposition : la confiance en eux, et l’ambition.        

    ————-

    Pour en savoir plus sur PSE :

    Site Internet : https://www.pse.ong/

    Page facebook de PSE HK : https://www.facebook.com/PSEHK

    Un reportage diffusé le 28 mars sur La French Radio Hong-Kong

  • Coup d’œil sur le soulèvement en Iran – Jour 192

    Coup d’œil sur le soulèvement en Iran – Jour 192

    Le soulèvement en Iran est entré dimanche dans son 192e jour. Les gens sont descendus dans la rue dans plusieurs villes du pays pour protester contre leurs mauvaises conditions de vie, alors que la monnaie nationale, le rial, a de nouveau commencé à chuter par rapport au dollar américain. Les politiques économiques désastreuses du régime en place ont ruiné la vie des Iraniens ordinaires, 80% des 85 millions d’habitants du pays vivant dans la pauvreté.

    Hassan Karami, le commandant des forces spéciales de sécurité, l’une des unités les plus répressives du régime iranien, a exprimé la crainte du régime iranien face à la perspective d’un soulèvement en 1402 (le nouvel an iranien, qui a commencé le 21 mars), Il a déclaré : « Notre objectif est de couvrir au moins 400 villes et régions du pays pour faire face aux troubles et aux éventuels mouvements de l’ennemi. En 1402, nous devons doubler notre capacité par rapport à la situation actuelle ».

    Le samedi 25 mars, après la manifestation massive à Zahedan, capitale de la province du Sistan et Baloutchistan, au sud-est du pays, des milliers de courageux habitants baloutches sont descendus dans la rue en scandant des slogans contre le régime et ses forces de sécurité, en appelant à la fin de la théocratie et en dénonçant l’ancien régime dictatorial, à savoir la monarchie du Shah.

    Les jeunes en colère

     Dans tout le pays, des jeunes en colère ont lancé une campagne massive de 12 actions de protestation dans la nuit de vendredi à samedi 24-25 mars, ciblant divers sites du régime impliqués dans la répression, ainsi que des affiches et des bannières du régime. Ces actions comprenaient :

    – L’incendie d’un centre à Shahrekord, dans le sud-ouest de l’Iran, utilisé par les mollahs pour diffuser leur idéologie de haine, de misogynie et de fondamentalisme.

    – Des attaques au cocktail Molotov contre le bureau de l’imam local du régime chargé de la prière du vendredi, qui est également le représentant de Khamenei à Khomeini Shahr, dans le centre de l’Iran.

    – Attaques au cocktail Molotov contre des bases paramilitaires du Basij du CGRI à Téhéran, Chiraz, Kermanshah et Zahedan.

    – Des affiches et des bannières de Khamenei et du fondateur du régime, Ruhollah Khomeini, ont été incendiées à Téhéran et Ispahan.

    – Tard dans la nuit, à Bandar Anzali, dans la province septentrionale de Mazandaran, des jeunes ont utilisé des cocktails Molotov pour cibler une succursale de la Banque nationale du régime, qui, avec d’autres institutions financières du régime, pille les richesses de la nation et se livre au blanchiment d’argent pour échapper aux sanctions internationales.

    © Rana Rahimpour September 20, 2022

    L’opposition iranienne

    Maryam Radjavi, chef de la coalition de l’opposition iranienne, a déclaré que « Je salue les habitants de Zahedan qui ont commencé la nouvelle année en scandant « Mort à Khamenei ». Des milliers de nos compatriotes baloutches sont descendus dans la rue le premier vendredi de la nouvelle année persane 1402, en scandant « Liberté pour l’Iran » et « Mort à l’oppresseur, qu’il s’agisse du Shah ou du guide suprême (des mollahs) ». Ils ont une fois de plus démontré leur engagement ferme en faveur d’un Iran libre. « 

    Le 25 mars, les travailleurs de la Haft Tappeh Sugar Cane Company dans la ville de Shush, dans la province de Khuzestan, dans le sud-ouest de l’Iran, ont organisé un rassemblement pour protester contre les salaires extrêmement bas fixés par le Conseil suprême du travail du régime. Ces travailleurs opprimés organisent des rassemblements depuis longtemps, dont un le 11 mars, pour protester contre le refus des responsables de l’entreprise de répondre à leurs demandes.

    Par ailleurs, à Saqqez, les chauffeurs de taxi se sont mis en grève le samedi 26 mars pour protester contre les prix élevés des pièces détachées et leurs faibles revenus. 

    Ainsi que de nombreuses autres grèves et manifestations dans tout l’Iran…

  • Le Parlement européen face à la difficile réforme de l’asile

    Le Parlement européen face à la difficile réforme de l’asile

    Au coeur d’âpres négociations, la réforme européenne de l’asile a passé une étape clé mardi 28 mars, avec un vote au Parlement sur plusieurs textes majeurs, notamment sur la solidarité entre États membres dans l’accueil des exilés.

    La question migratoire est revenue en haut de l’agenda européen : les demandes d’asile sont reparties à la hausse dans l’UE et des migrants meurent régulièrement en tentant de traverser la Méditerranée sur des embarcations de fortune.

    La Commission européenne a présenté en septembre 2020 un « Pacte sur la migration et l’asile » afin d’assurer une meilleure répartition des demandeurs d’asile au sein du bloc, une nouvelle tentative de réforme après l’échec des quotas obligatoires décidés dans la foulée de la crise des réfugiés de 2015.

    « Les règles actuelles ne sont pas claires et le dispositif n’est pas efficace, c’est à ces défis que veut répondre le pacte », souligne l’eurodéputée française Fabienne Keller (Renew Europe, centristes et libéraux), rapporteure de l’un des textes qui sera soumis au vote de la commission des libertés civiles et des affaires intérieures.

    Ces votes doivent ensuite ouvrir la voie à des négociations avec les États membres qui ne seront « pas simples », reconnaît l’élue, rappelant toutefois l’objectif commun d’aboutir à un accord final avant février 2024.

    « Nous sommes face à un choix : soit l’UE va vers une impasse dans le domaine de la politique migratoire, soit nous nous efforçons de trouver des solutions constructives et communes », exhorte aussi l’eurodéputé suédois Tomas Tobé (PPE, droite), rapporteur d’un autre texte.

    En vertu des règles actuelles (« règlement de Dublin »), le pays généralement responsable du traitement d’une demande d’asile est celui par lequel un migrant est arrivé dans l’UE, ce qui fait peser sur des pays comme Malte, l’Italie, la Grèce ou l’Espagne une charge qu’ils jugent démesurée.

    La question migratoire est revenue en haut de l’agenda européen : les demandes d’asile sont reparties à la hausse dans l’UE et des migrants meurent régulièrement en tentant de traverser la Méditerranée sur des embarcations de fortune. [EPA-EFE/Juan Manuel Blanco]

    « Combinaison équilibrée »

    La proposition de réforme veut renforcer le critère de la présence d’un membre de la famille d’un demandeur d’asile dans un État membre. Elle élargit la notion de lien familial et introduit un nouveau critère, selon lequel le pays européen de délivrance d’un diplôme est responsable du traitement de la demande d’asile de son titulaire.

    Un mécanisme de solidarité est prévu envers les États membres confrontés à une pression migratoire, notamment à des débarquements de migrants après une opération de sauvetage en mer.

    La Commission prévoyait que les États membres pouvaient, à défaut d’accueillir des demandeurs d’asile arrivés dans un pays de première entrée (relocalisations), aider ces pays en prenant à leur charge le retour de migrants en situation irrégulière, mais ce mécanisme a été abandonné.

    « Les relocalisations sont la principale contribution à l’allègement de la pression migratoire. Toutefois, les États membres peuvent également apporter leur contribution par des mesures » de soutien financier, matériel ou humain, a expliqué M. Tobé, évoquant « une combinaison bien équilibrée, qui offre à la fois solidarité et flexibilité ».

    Un autre texte du paquet prévoit des procédures d’asile accélérées aux frontières pour les ressortissants de pays considérés comme sûrs et ayant statistiquement le moins de chances d’obtenir un statut de protection dans l’UE.

    En 2022, plus de 880 000 premières demandes d’asile ont été déposées dans l’UE, principalement par des Syriens, Afghans, Vénézuéliens et Turcs, essentiellement en Allemagne, en France, en Espagne et en Autriche, selon les dernières données d’Eurostat, qui note une augmentation de 64% par rapport à 2021.

    La Hongrie, connue pour sa politique anti-migrants, est le pays de l’UE ayant enregistré le moins de demandes d’asile (45).

  • L’Allemagne, une nouvelle année « zéro » ? 

    L’Allemagne, une nouvelle année « zéro » ? 

    L’Allemagne avait fait un sans-faute lors des deux premières décennies du XXIe siècle. Grâce à l’abondance de l’énergie en provenance de la Russie et au recours à des sous-traitants en Europe de l’Est, elle avait réussi à maintenir les chaînes de production sur son territoire. 

    En se positionnant sur des produits à forte valeur ajoutée, elle est parvenue à équiper en machines-outils les pays émergents (la Chine en premier lieu) et à leur fournir des voitures « made in Germany ». Cet édifice qui a permis de dégager d’abondants excédents commerciaux et de réduire le poids de la dette publique au point qu’elle était inférieure à 60 % du PIB avant la survenue de la crise covid est aujourd’hui menacé, tant par la guerre en Ukraine que par la transition énergétique et la rivalité croissante entre la Chine et les États-Unis.

    La Chine, première cliente de l’Allemagne 

    Or la première est, depuis sept ans, le premier client de l’Allemagne avec des exportations et des importations combinées, en 2022, de plus de 298 milliards d’euros, en hausse d’environ 21 % par rapport à 2021. L’Allemagne dépend de la Chine pour l’importation de terres rares indispensables dans les batteries et les semi-conducteurs. Réciproquement, les entreprises allemandes sont de plus en plus présentes en Chine. BASF a investi 10 milliards d’euros dans une nouvelle usine dans le sud de la Chine. Volkswagen, le premier constructeur automobile européen, dépend de la Chine pour 40 % de ses ventes. 

    Un porte-conteneurs de l’armateur chinois Cosco, dans le port de Hambourg (Allemagne). (AXEL HEIMKEN / AFP)

    L’Allemagne est, en retard dans son programme de décarbonation. Son électricité est en partie issue de centrales au charbon. Parmi les pays de l’Union européenne, l’Allemagne arrive en tête pour les émissions de gaz à effet de serre. L’arrêt des centrales nucléaires ne devrait pas améliorer la situation. Son économie souffre de pénuries de main-d’œuvre malgré un recours à l’immigration. Les PME et les entreprises intermédiaires peinent à recruter or, elles sont à la base du tissu économique allemand.

    Montée en gamme de la production 

    Le Chancelier a, le 6 mars dernier, souligné que « nous sommes à une époque de grands bouleversements ». Il promet de transformer l’économie allemande à grande vitesse en une économie étincelante et climatiquement neutre. Durant le second semestre 2022, les prévisions étaient sombres, avec la survenue possible d’une récession. L’industrie butait tout à la fois sur la hausse des coûts, des goulets d’étranglement concernant les biens intermédiaires importés et sur une baisse de la demande chinoise, touchée par l’abandon de la politique du zéro covid. Contrairement aux craintes anticipées, l’industrie fait preuve de résilience en réussissant à réduire sa consommation énergétique. La baisse des prix du pétrole et du gaz est également une aubaine, permettant d’améliorer la compétitivité des produits allemands. 

    Les chocs subis par l’économie accélèrent la montée en gamme de la production. Les sidérurgistes abandonnent la production de métaux classiques pour des métaux sophistiqués. En revanche, la fabrication d’ammoniac, de zinc ou d’aluminium devrait se délocaliser à l’étranger.

    Le combat de la décarbonation 

    L’Allemagne a pris l’engagement de devenir une économie neutre pour le climat d’ici 2045. L’effort à réaliser est important car, actuellement, chaque habitant émet plus de neuf tonnes de gaz à effet de serre par an, montant supérieur d’environ 50 % à celle de la France, de l’Italie ou de l’Espagne. L’Allemagne a choisi de donner la priorité à l’énergie éolienne et solaire, ainsi qu’aux réseaux d’hydrogène vert. Afin d’accélérer le processus de verdissement de la production électrique, le gouvernement a fait adopter une loi visant à raccourcir les délais d’approbations des projets de développement des nouveaux réseaux électriques. Cette année, le gouvernement d’Olaf Scholz a plus que doublé le nombre d’appels d’offres pour les parcs éoliens terrestres. Chaque année, quatre à cinq éoliennes doivent être installées en Allemagne où la population se montre moins opposée que celle de la France face à ce type d’énergie. D’ici 2030, 80 % de la production électrique allemande devraient provenir d’énergies renouvelables. 

    Le défi de la digitalisation 

    Comme la France, l’Allemagne est en retard en matière de digitalisation. Elle se classe seulement autour de la moyenne parmi les membres de l’Union européenne en ce qui concerne l’intégration des technologies numériques par les entreprises. Son administration publique est bien plus en retard que celle de la France.

    Le plan de digitalisation prévu par une loi de 2017 qui devait s’achever en 2022 n’a pas été respecté. 50 % des ménages et des entreprises allemands devraient être connectés au réseau de fibre optique d’ici 2025. En France, près des trois quarts le sont en 2022. 

    Le vieillissement démographique 

    De 2022, en l’état actuel de la démographie, la population active pourrait perdre 7 millions de personnes, soit une diminution de plus de 15 %. Les marges de manœuvre sont faibles car le taux d’emploi est déjà un des plus élevés de l’OCDE (77 % contre 68 % pour la France). L’âge de départ à la retraite atteint 67 ans outre-Rhin. Les pénuries de travailleurs qualifiés se multiplient. Le taux de chômage est désormais de 3 %. Face aux tensions du marché du travail, les salaires ont tendance à augmenter, ce qui pourrait nuire à la compétitivité des produits allemands. 

    Le gouvernement actuel de l’Allemagne est constitué de trois partis, le SPD, les Verts et les libéraux, qui ne partagent pas les mêmes convictions sur les moyens de relever les défis. Les Verts souhaitent accélérer le verdissement de l’économie contrairement aux libéraux du FDP. Les membres du SPD essaient de concilier les uns et les autres. Attachés à l’Europe, ils sont sur ce sujet confrontés au scepticisme de leurs alliés libéraux qui apparaissent par ailleurs avant tout conservateurs. Les mauvais résultats du FDP aux dernières élections locales fragilisent la coalition. Un risque d’immobilisme n’est pas à écarter au moment où l’Allemagne se doit de changer son modèle.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 29.03.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 29.03.23

    Bonjour à tous, bienvenue dans le flash du mercredi 29 mars 2023. Dans cette édition, on revient sur la 10 ème journée de mobilisation contre la réforme des retraites, on fait le point sur la situation en Israël, avant de prendre des nouvelles du déploiement de France consulaire. 

    Mobilisation en baisse en France comme à l’étranger 

    450.000 personnes manifestent mardi à Paris pour la dixième journée de mobilisation contre la réforme des retraites, a annoncé la CGT à l’AFP. C’est presque moitié moins que lors de la dernière journée de mobilisation. Du côté des consulats et des ambassades, aucun gréviste n’a été recensé et même dans le réseau des établissements scolaires, le nombre de grévistes a chuté drastiquement. Mais pour les syndicats, c’est juste une pause suite à l’impact financier des précédentes journées, la preuve étant que les dons aux caisses de grève se multiplie. L’intersyndicale nous donne déjà rendez-vous pour d’autres actions qui devraient ponctuer l’actualité au moins jusqu’à la décision du Conseil constitutionnel. 

    Perpignan, le 28 Mars 2023. Mobilisation contre la réforme des retraites à l’appel de l’intersyndicale des Pyrénées-Orientales. ©AFP

    Benyamin Netanyahou recule sur son projet de réforme de la justice

    Il n’y a pas qu’en France que les citoyens battent le pavé depuis 3 mois, en Israël un mouvement de contestation sans précédent mobilise la population. Depuis dimanche, les manifestations se succèdent au point que le Premier ministre de l’Etat hébreux a dû annoncer une pause d’au moins 3 moins afin de réétudier son projet de loi. Un exemple que certains aimeraient voir Emmanuel Macron suivre ! 

    Réforme de la justice
    Dimanche à Tel-Aviv ©Reuteurs/AFP

    France consulaire en 2025 ou 2027 

    Hier lors de la première journée de l’Assemblée des Français de l’étranger à Paris, Olivier Becht, le ministre délégué aux Français de l’étranger, est revenu sur le déploiement du nouveau système d’information des Français de l’étranger. Censé remplacer les standards des consulats, France consulaire sera disponible 5/7 24/24. Actuellement, 130 postes diplomatiques ont basculé sur ce numéro, pour l’ensemble des pays il faudra attendre 2025 voire 2027 selon Olivier Becht.

    France consulaire
    France consulaire

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin dédié aux expatriés. Bonne journée à tous ! 

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Mobilisation contre la réforme des retraites en baisse en France et à l’étranger

    Mobilisation contre la réforme des retraites en baisse en France et à l’étranger

    Comme dans d’autres villes de Province, la mobilisation contre la réforme des retraites de ce mardi dans la capitale, est moins forte que celle de jeudi dernier. C’est aussi le cas chez les Français de l’étranger.

    450 000 personnes à Paris

    450.000 personnes manifestent mardi à Paris pour la dixième journée de mobilisation contre la réforme des retraites, a annoncé la CGT à l’AFP. C’est presque moitié moins que lors de la dernière journée de mobilisation, où le syndicat avait recensé 800.000 manifestants dans la capitale.

    Selon les premiers pointages en Province, dans des villes où la manifestation s’est déjà achevée, il semble que la mobilisation soit moins importante ce mardi que le 23 mars derniers. À Rennes, 13.600 personnes ont battu le pavé, selon la préfecture, contre 22.200 jeudi dernier. La tendance est similaire à Clermont-Ferrand (11.000 contre 13.500), Nantes (18.000 contre 25.000), Bordeaux (environ 10.000 contre 18.800) ou encore Nice (3700 contre 5200). 

    Perpignan, le 28 Mars 2023. Mobilisation contre la réforme des retraites à l’appel de l’intersyndicale des Pyrénées-Orientales.©AFP

    Taux de grévistes en berne mais…

    La grève a été moins suivie ce mardi dans la fonction publique. Dans les trois corps, les taux sont en recul par rapport au mouvement du jeudi 23 mars.

    Voici les taux provisoires de participation des agents de la fonction publique au mouvement de ce mardi 28 mars à la mi-journée :    
    – Fonction publique d’Etat : 6,5% (15,5% le 23 mars)   
    – Fonction publique territoriale : 3,4% (6,5%)
    – Fonction publique hospitalière : 5,4% (8,1%)

    Une chute du taux de grévistes qu’on a vu aussi dans l’administration consulaire puisqu’à notre connaissance aucun poste diplomatique n’a connu de débrayage ou de fermeture.

    Dans les réseaux de l’Education Française hors de France, le nombre de grévistes a aussi chuté. Pour cette dixième journée, aucun personnel détaché n’a débrayé par exemple au Burkina-Faso. Mais pour autant, l’opposition à la réforme des retraites ne faiblit pas.

    Pour Sébastien Villes du SNES, la fréquence des journées de grève et l’impact financier pour les personnels sont à prendre en compte. Si tous n’ont pu participer au mouvement de ce jeudi, certains étaient tout de même sur le pont comme dans le Lycée Daudet géré par La Mission Laïque française à Casablanca où ils étaient 40% à faire grève ou en Grèce dans le Lycée franco-héllénique où ils étaient 32%, à Djibouti aussi ils étaient 16% parmi les détachés du secondaire tandis qu’à Montréal, en primaire, ils étaient près d’un professeur sur deux à débrayer.

    Autre signal fort, le dynamisme des collectes des « caisses de grève » qui est nettement supérieur à ce que les syndicats ont pu connaître. En effet, après 10 journées de grève, la mobilisation est contrainte par les facteurs financiers.

    Un mouvement qui va durer ?

    Soutenu par ces dons et instaurant une politique de tournante entre les établissements, les syndicats des professeurs, du personnel administratif et des directions inscrivent leur action dans la durée. Ainsi à Madrid 8 instituteurs en grève (5 détachés et 3 salariés sous contrats locaux) ont contribué à la caisse de grève pour les collègues qui n’ont pas débrayé ce jour. Mais beaucoup de dons viennent de sympathisants et même parfois de parents d’élèves. Si vous désirez donner, direction les sites des syndicats.

    Ils suivront donc les appels à la grève que l’intersyndicale en France devrait lancer jusqu’à, au minimum, la décision du Conseil constitutionnel.

    Et ils pourront dans certains pays compter sur le soutien des communautés de Français installés sur place comme à Munich où l’Intersyndicale du lycée Jean Renoir de Munich FSU/FNEC FP FO appelle tous nos compatriotes à manifester devant le consulat demain, mercredi 29 mars, de 18h à 19h. Des appels qui ont connu leur petit succès lors des dernières éditions que ce soit à Barcelone, Berlin, Bruxelles, Vienne ou Rabat.

  • Réforme de la justice : Israël paralysé par une colère générale

    Réforme de la justice : Israël paralysé par une colère générale

    Une quinzaine de personnalités lancent un appel au Parlement Européen pour sauver la démocratie en Israël à la réforme de la justice voulue par Benyamin Netanyahou. Parmi les signataires de cet appel Élie Barnavi, historien, ex-ambassadeur d’Israël en France que TV5MONDE a reçu.

    Élie Barnavi

    Une contestation sans précédent

    Il n’y a pas qu’en France que les citoyens battent le pavé depuis 3 mois, en Israël un mouvement de contestation sans précédent mobilise la population. Depuis dimanche, les manifestations se succèdent et dans la foulée, un appel à la grève générale a été lancé par la plus grosse centrale syndicale de l’Etat hébreux.

    On vit donc l’apogée de l’un des plus grands mouvements de mobilisation populaire de l’histoire d’Israël, mais aussi un tournant puisque Benyamin Netanyahou a annoncé, ce lundi, mettre le projet « en pause », reportant l’adoption définitive des différents projets de loi de la réforme à la prochaine session parlementaire, au mois d’avril.

    Au cœur de cette contestation, donc, un projet de réforme du système judiciaire, qui entend « corriger un déséquilibre en renforçant le pouvoir des élus sur celui des magistrats » en s’attaquant au rôle de la Cour suprême. En voici les quatre points qui soulèvent la polémique.

    • Une « clause dérogatoire »

    Le texte prévoit « une clause dérogatoire », qui permettrait au Parlement, par un vote à la majorité simple, de prémunir une loi contre toute annulation par la Cour suprême. Il s’agit d’une sorte de « droit de veto » pour bloquer l’action de la Cour suprême. 

    • L’influence des conseillers juridiques revue à la baisse

    Le gouvernement souhaite également réduire l’influence des conseillers juridiques au sein des ministères. Aujourd’hui, leurs recommandations sont citées par les juges de la Cour suprême lorsqu’ils statuent sur la bonne conduite du gouvernement.

    • La nomination des juges entre les mains de la coalition

    Le projet entend aussi revoir le système de nomination des juges de la Cour suprême, pour donner davantage de pouvoir au gouvernement, aux dépens de la société civile et des avocats.

    • Les nominations ministérielles enlevées du portefeuille de la Cour suprême

    Enfin, dernier point de contestation de cette réforme, et non des moindres, un projet d’amendement à une loi fondamentale, surnommé « Deri 2 », vise à placer les nominations ministérielles hors du champ de compétence de la Cour suprême.

    La diaspora mobilisée

    Le Conseil représentatif des institutions juives de France a demandé lundi 27 mars au gouvernement israélien de « suspendre la réforme » judiciaire très contestée depuis des mois. Il invoque la nécessité de « préserver l’unité du peuple juif » et « les principes démocratiques ».

    Ce n’est pas la première fois dans l’histoire contemporaine que des mouvement juifs de la diaspora prennent part au débat sur les grandes questions qui concernent l’avenir de l’Etat d’Israël comme ce fut le cas lors du processus de paix et des accords entre Israël et l’OLP des années 1990.

    De façon générale cependant  la diaspora juive évite de commenter la politique israélienne. Mais cette fois, les organisations pro-israéliennes de gauche commencent à s’impliquer en Europe et aux Etats-Unis. Des associations et de personnalités juives qui justifient cette immixtion par le fait qu’ils s’inquiètent de « la dérive d’un Etat considéré jusqu’alors comme une démocratie à toute épreuve ».

    Ainsi JCall, le réseau juif européen pour Israël et pour la paix, et le CCLJ, le Centre communautaire laïc juif, ont ainsi lancé ce lundi soir au Parlement européen, à Bruxelles, un appel à «sauver la démocratie israélienne».

    Ecoutez l’interview d’Elie Barnavi sur TV5MONDE

  • Comment endiguer la dette publique ?

    Comment endiguer la dette publique ?

    Depuis une quinzaine d’années, les pays occidentaux ont eu recours à l’endettement pour juguler les crises qui se sont succédées à un rythme rapide, et pour compenser le déficit de croissance. Les émissions d’emprunts atteignent des records. L’abondance de l’épargne et les politiques monétaires accommodantes ont permis le financement des États à des coûts jusqu’à maintenant réduits. Avec l’augmentation des besoins d’investissement, en lien avec la transition énergétique, les taux d’intérêt pourraient être durablement orientés à la hausse d’autant plus que les banques centrales avec la résurgence de l’inflation sont contraintes de durcir leur politique monétaire.

    Aucun État n’a pas pu échapper à un moment ou un autre à une limite en matière d’endettement 

    La notion de dette publique acceptable ou soutenable est difficile à définir. L’idée que la dette soit inférieure à 60 points de PIB pour éviter son emballement a été longtemps soutenue. Cette barre est devenue inopérante avec la baisse des taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas, les États pouvant s’endetter sans limite ou presque. Le retour de l’inflation et les augmentation des taux d’intérêt pourraient changer la donne. Au-delà de la barre des 60 %, le passage des 100 % du PIB de dette était également censée rédhibitoire pour la pérennité de la croissance. 

    Aujourd’hui, la grande majorité des États occidentaux ont des dettes publiques supérieures à 100 % et la croissance tend à s’éroder. Si la corrélation n’est pas en l’état prouvée, dans l’histoire des finances publiques, aucun État n’a pas pu échapper à un moment ou autre à une limite en matière d’endettement. Les taux d’endettement public sont élevés dans beaucoup de pays de l’OCDE. En 2022, la dette publique représentait 250 % du PIB au Japon, 145 % en Italie, 124 % aux États-Unis, 120 % en Espagne, 113 % en France, 100 % au Royaume-Uni et 68 % en Allemagne. 

    En dix ans, la dette publique a, en moyenne, progressé de 25 points de PIB au sein de l’OCDE. La transition énergétique devrait accroître les besoins d’investissement de 4 points de PIB afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Celle-ci pourrait réduire dans un premier temps la croissance économique, limitant d’autant l’épargne disponible. Elle est également une source d’inflation tout comme le vieillissement démographique qui réduit le nombre d’actifs. 

    Les banques centrales seront ainsi amenées à maintenir des taux directeurs plus élevés que dans le passé. Tout concourt à une hausse des taux d’intérêt à long terme. Si ces derniers passent au-dessus de la croissance potentielle, des contraintes de soutenabilité de la dette publique pourraient survenir, contraignant les pouvoirs publics à durcir leur politique budgétaire.

    Baisse des dépenses publiques ou augmentation de la pression fiscale

    Les déficits publics atteignent des niveaux records depuis le début de l’épidémie. En 2022, ils étaient, en moyenne, de 4 % du PIB en zone euro et de 5,5 % du PIB au Japon. Aux États-Unis, ils sont légèrement plus faibles, 2,5 % du PIB. Pour limiter un emballement des dettes publiques qui pourrait, à un moment donné, saper la confiance dans la monnaie, les États ont la possibilité de jouer sur deux variables : la politique budgétaire ou la politique monétaire. 

    Une diminution de la dette passe par un excédent budgétaire primaire (solde positif hors paiement des intérêts de la dette). Si les États-Unis dégagent un tel excédent, ce n’est pas le cas pour la zone euro, le Royaume-Uni et le Japon. La réduction des déficits peut passer soit par une baisse des dépenses publiques, soit par une augmentation de la pression fiscale. 

    Les exemples passés prouvent que la diminution des dépenses est plus efficace que l’augmentation des impôts. Depuis de nombreuses années, les États ont réduit les dépenses régaliennes et d’investissement au profit des dépenses sociales. Or, la diminution de ces dernières pose le problème de leur acceptabilité par les populations qui en bénéficient. 

    Compte tenu des besoins en matière de défense, de santé ou d’éducation, les marges de manœuvre sont faibles au sein des pays de l’OCDE, en proie à des tensions politiques et sociales croissantes. L’augmentation des impôts a été utilisée après la crise des subprimes, en particulier en Europe et plus spécialement en France. Elle a également contribué à l’exacerbation des populations.

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    Maintenir les taux d’intérêt le plus bas possible 

    La tentation populiste se traduit par une pression forte de taxation plus élevée des contribuables les plus riches, la question étant de savoir à partir de quel niveau de richesses et pour quelles conséquences économiques. Les pays de la zone euro, la France en tête, disposent de moins en moins de marges de manœuvre au niveau des prélèvements obligatoires. Il n’est pas néanmoins impossible qu’une augmentation des impôts et taxes ne soit pratiquée dans les prochains mois. 

    L’autre voie possible pour garantir la soutenabilité des dettes publiques est de maintenir des taux d’intérêt le plus bas possible. Cette solution a été pratiquée après la Seconde Guerre mondiale. En dix ans, de 1945 à 1955, la dette publique américaine avait été ramenée de 135 à 80 % du PIB. Les banques centrales pourraient accepter durablement une inflation plus importante qui érode la valeur du capital et permet des taux d’intérêt réel négatifs. Toujours aux États-Unis, entre 45 et 49, le taux d’inflation a été supérieur à 8 %. En France, de 1945 à 1948, il a dépassé, chaque année les 45 %. 

    Cette voie revient à taxer les épargnants. Elle contribue à la hausse des actifs (actions et immobiliers). Elle amène les États à intervenir en permanence pour compenser les effets de l’inflation sur les plus modestes. Elle alimente donc sans fin les déficits et la dette qu’elle est censée contenir. Dans les prochaines années, les gouvernements devront choisir entre deux maux : la réduction des déficits ou l’inflation afin d’endiguer la dette publique. L’évolution parallèle des États occidentaux limite les risques d’arbitrage entre les pays en fonction de leur degré d’exposition à la dette publique. En revanche, les États n’ayant pas une masse critique suffisante comme le Royaume-Uni pourraient être fragilisés. 

    Aujourd’hui, la dette des États est considérée comme un placement sûr, qu’en sera-t-il demain si la croissance persiste à se dérober et que la fragmentation des populations s’accroît ?

  • Fin des aides PAC après 67 ans : une mesure « discriminatoire » pour certains agriculteurs

    Fin des aides PAC après 67 ans : une mesure « discriminatoire » pour certains agriculteurs

    Des agriculteurs ont récemment protesté contre la fin du cumul des aides PAC et des pensions de retraite. Une décision « discriminatoire » pour les uns, utile au renouvellement des générations pour les autres.

    Le 15 mars, la Chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne a voté une motion demandant à ce que « l’ensemble des agriculteurs puissent bénéficier des aides de la PAC sans aucune discrimination liée à l’âge tout en conservant leurs droits fondamentaux ». 300 exploitants du département portent cette revendication.

    Jusqu’à maintenant, les agriculteurs prenant leur retraite après l’âge de départ à taux plein, soit 67 ans, pouvaient continuer à percevoir des aides européennes en plus de leur pension, notamment pour de petites parcelles, dites de subsistance.

    Selon les chiffres du ministère de l’Agriculture de 2021, 10 % des bénéficiaires des aides PAC ont plus de 67 ans.

    Avec la nouvelle PAC 2023-2027, l’UE demande aux États membres de définir le statut de « travailleur actif », seule situation permettant de toucher les subventions de la PAC.

    Or, depuis le décret du 30 décembre 2022, l’agriculteur dit actif doit répondre à deux conditions : être en âge inférieur ou égal à l’âge légal de départ à la retraite à taux plein (67 ans) et être adhérent à une assurance contre les accidents du travail (ATEXA). L’exploitant peut tout de même continuer à percevoir les aides après 67 ans s’il renonce à ses droits de pension.

    « Cette définition doit permettre d’éviter qu’après 67 ans, un exploitant cumule les aides de la PAC et les droits à la retraite, particulièrement en cas de retraite d’un régime non agricole », expliquait l’ancien ministre de l’Agriculture Julien de Normandie en janvier dernier.

    L’objectif ? « Inciter à la transmission » et « freiner le phénomène de rétention du foncier par des agriculteurs retraités, qui constitue parfois un obstacle à l’installation de jeunes et nouveaux agriculteurs ».

    Cette loi est d’autant plus légitime, selon le ministère, depuis la récente loi de 2021 sur la revalorisation des pensions de retraite agricoles, à 85 % du SMIC pour les carrières complètes.

    Jusqu’à maintenant, les agriculteurs qui prennent leur retraite après l’âge de départ à taux plein, soit 67 ans, peuvent continuer à percevoir des aides européennes en plus de leur pension, notamment pour de petites parcelles, dites de subsistance. [Budimir Jevtic / Shutterstock]

    Disparition des parcelles de subsistance

    Pour le syndicat La coordination rurale et de nombreux agriculteurs, il s’agit d’une mesure « discriminatoire et contraire à la liberté d’entreprendre et de disposer de son patrimoine ».

    « De nombreux agriculteurs à l’âge de la retraite souhaitent maintenir une activité sociale. L’utilité sociale est très importante pour eux. Cette décision revient à leur dire qu’ils ne sont plus utiles, et qu’ils empêchent les jeunes de s’installer », regrette auprès d’EURACTIV Agnès Chabrillanges, directrice de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne.

    Pour elle, cette loi ne facilitera pas plus l’accès aux jeunes, puisqu’il s’agit de petites parcelles, de deux ou trois hectares, et non d’exploitations. Pire : cela mettrait en péril les parcelles de subsistance, ces petites cultures que le fermier peut garder légalement, pendant la retraite, pour ses besoins personnels.

    « Cela va entraîner la disparition des parcelles de subsistance, déplore Agnès Chabrillanges. Alors qu’elles donnent un sens à la vie de l’agriculteur retraité, une raison de se lever le matin ».

    « Les surfaces de subsistances sont plus rares, les agriculteurs veulent pouvoir profiter comme tout le monde de leur retraite », nuance Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA contacté par EURACTIV.

    Exception française

    Cette spécificité française au sein de l’Union reste en conformité avec les règles de l’UE, comme le confirme à EURACTIV la Commission européenne.

    L’exécutif explique avoir « revérifié que l’inclusion de ce critère n’était pas discriminatoire » en raison de l’âge, lors de l’évaluation du plan stratégique national, et qu’il ne l’était pas « puisque fondé sur l’objectif de renouvellement des générations ».

    Toutefois, devant la complexité des situations individuelles et les contestations qui se multiplient ces derniers mois, la FNSEA a demandé au gouvernement un moratoire d’un an, le temps de trouver des solutions.

    « Nous ne voulons pas que les agriculteurs découvrent le 15 mai, au moment des déclarations PAC, qu’ils n’auront plus de droits. Il faudra un peu de souplesse, et regarder presque au cas par cas, car les situations sont complexes », annonce Luc Smessaert.

    Alors que le décret devait s’appliquer à partir du 15 mai 2023, il devrait être repoussé en 2024 selon nos informations.

    « Notre motion vient d’être transmise au ministère. Nous espérons que ce vote fera avancer le débat », confie la directrice de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne.