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  • La Réforme des régimes de retraite s’exporte..

    Les Français de l’étranger aussi concernés.. Une situation encore plus complexe.

    La réforme des retraites va s’exporter. S’il n’est pas encore possible de présenter dans le détail la façon dont seront prises en compte les années passées à l’étranger, la création d’un régime universel à points pose deux questions principales : quel sera l’impact de l’expatriation sur le montant des pensions et comment sera pris en compte le conjoint accompagnant de l’expat’ ?

    « La réforme ne devrait pas remettre en question les règles actuelles de portabilité des pensions, notamment avec les pays ayant un accord de Sécurité sociale avec la France » –

    Alexis de Saint-Albin

    La réponse varie en fonction du statut du salarié. S’il est “détaché”, c’est-à-dire envoyé par une entreprise française à l’étranger, il continue à cotiser à la retraite comme s’il était toujours en France. Pour lui, les répercussions de la réforme seront les mêmes que pour un salarié resté dans l’Hexagone. Ce sont les actifs qui ont le statut d’expatrié qui pourraient sentir la différence.

    Actuellement, si le pays dans lequel ils partent a signé un accord de Sécurité sociale avec la France, ce qui est le cas notamment dans toute l’Union européenne, le nombre de trimestres travaillés à l’étranger est retenu pour le calcul de la durée d’assurance nécessaire pour obtenir le taux plein. Dans les autres pays, les périodes travaillées ne sont pas prises en compte. Sur ce sujet Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites se montre positif : “Cette réforme pourrait être l’occasion de retravailler les différents accords que nous avons signé avec les pays et d’en signer de nouveau”, a-t-il annoncé, à l’occasion de son audition devant la Commission des Affaires sociales du Sénat, le 24 octobre dernier. La réforme ne devrait pas remettre en question les règles actuelles de portabilité des pensions, notamment avec les pays ayant un accord de Sécurité sociale avec la France”, estime encore de son côté Alexis de Saint-Albin, directeur développement activités internationales du groupe Malakoff Médéric Humanis qui gère la caisse de retraite complémentaire pour expatriés. Ainsi, dans le nouveau régime, les jours travaillés à l’étranger seraient toujours intégrés dans le calcul de la durée d’assurance s’il y a un accord de Sécurité sociale

    Reste que la réforme risque d’avoir une autre conséquence pour les expat’ nés après 1975

    Pour comprendre, revenons à une autre subtilité de notre système actuel. Aujourd’hui, si les jours travaillés par un expat’ sont bien pris en compte, ce n’est pas forcément le cas pour ses cotisations car le salarié cotise dans le régime du pays dans lequel il est installé. Il peut cependant choisir, pour s’assurer un niveau de pension en France, de cotiser volontairement pour sa retraite de base via la Caisse des Français de l’étranger (CFE) ou pour une retraite complémentaire Agirc-Arrco auprès de Malakoff Médéric Humanis International Agirc Arrco. Or, dans les pays où le taux de cotisation salariale est peu élevé (par exemple 3 % en moyenne au Royaume-Uni), de nombreux expatriés décident de cotiser uniquement dans le régime local et non en France. Une option qui leur permet de toucher un salaire net plus élevé et qui n’a pas de répercussion pour ceux qui restent uniquement quelques années à l’étranger. En effet, pour ceux nés avant 1975 le calcul de la pension est effectué uniquement sur les 25 meilleures années, celles effectuées à l’étranger “disparaissent”. Pour ceux né après 196, le scénario du régime universel par points prenant en compte l’ensemble de la vie active étant retenu, ces années à l’étranger – au cours desquelles aucune cotisation n’a été versée en France – pourraient devenir pénalisantes. Les expatriés ont donc  tout intérêt à cotiser volontairement en France auprès de la CFE.

    Autre point qu’interroge la réforme : la situation du conjoint qui cesse son activité pour accompagner son mari ou sa femme à l’étranger. “Pour ceux nés avant 1975 et à condition qu’ils ont déjà été salariés en France, ils peuvent continuer à cotiser pour leur retraite de base même si, désormais, il n’a plus d’activité”, précise Alexis de Saint-Albin. Un principe qui est transformé par la réforme. “Dans le cas d’un couple, si l’un des deux quitte son travail pour accompagner celui qui s’expatrie, il reste à réfléchir au système par points qui pourrait être accordé pour un parcours conjugal, a envisagé Jean-Paul Delevoye lors de son audition au Sénat. Cela permettrait à celui qui cesse son activité de continuer à contribuer pour sa retraite”.

     

    Le chantier est loin d’être fini..

     

  • Cop 25 à Madrid : déception

    Les quelque 200 signataires de l’Accord de Paris sur le climat ont voté un accord a minima ce matin à Madrid, en séance plénière. La conférence internationale des Nations Unies sur le climat devait se terminer vendredi mais les parties prenantes ne sont pas arrivées à dégager un consensus sur les mesures à prendre pour limiter le réchauffement du climat dans les prochaines années.

    La nuit dernière, la jeune militante pour le climat Greta Thunberg a partagé son exaspération sur Twitter. On pouvait lire sur le compte de la jeune Suédoise que « quoi qu’il arrive, nous n’abandonnerons pas. Nous ne faisons que commencer. »

    « Le langage sur l’ambition est toujours faible, mais c’est mieux. Cela passera probablement », a parié Yamide Dagnet, du World Resources Institute. Au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre, le mercure pourrait gagner jusqu’à 4 ou 5°C d’ici la fin du siècle. Même si les quelque 200 signataires de l’Accord de Paris respectent leurs engagements, le réchauffement dépasserait 3°C.

    Les gros émetteurs refusent de revoir leurs ambitions à la hausse

    Tous les Etats doivent soumettre une version révisée de leurs engagements d’ici à la COP26 à Glasgow. A ce stade, quelque 80 pays se sont engagés à présenter un rehaussement de cette ambition mais ils ne représentent qu’environ 10% des émissions mondiales.

    Et quasiment aucun des plus grands émetteurs, Chine, Inde ou Etats-Unis, ne semble vouloir rejoindre ce groupe. Seule l’Union européenne a « endossé » cette semaine à Bruxelles l’objectif de neutralité climatique d’ici 2050. Mais sans la Pologne, très dépendante du charbon. Et les Européens ne se prononceront pas avant l’été sur le relèvement de leurs engagements pour 2030.

    Dans le collimateur des défenseurs du climat, outre les Etats-Unis qui sortiront de l’Accord de Paris en novembre 2020, la Chine et l’Inde, qui insistent, avant d’évoquer leurs propres engagements révisés, sur la responsabilité des pays développés à faire plus et à respecter leur promesse d’aides financières aux pays en développement. Mais aussi l’Australie et le Brésil, tous deux accusés de vouloir introduire dans les discussions sur les marchés carbone des dispositions qui selon les experts saperaient l’objectif même de l’Accord de Paris.

    L’exaspération de Greenpeace

    Une COP pour rien précise le communiqué de l’association publié ce matin. Malgré des mobilisations sans précédent de la part de la société civile et un constat scientifique très clair, la communauté internationale n’est pas parvenue à aller significativement de l’avant à la COP 25 de Madrid.

    Pour Greenpeace encore, on ne sait toujours pas si et comment les pays vont combler l’énorme écart par rapport à l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degrés; les lacunes des règles d’application de l’Accord de Paris ne sont toujours pas réglées et la question de la justice climatique reste tragique (les pays riches qui portent la plus grande part de responsabilité dans le réchauffement du climat, hésitent à indemniser les dommages climatiques et à financer la protection du climat dans les pays les plus pauvres.

  • Relais – Colis : une solution pour recevoir les produits vendus qu’en France

    Vous commandez sur internet depuis les DOM-TOM ou l’étranger mais le site vendeur ne livre qu’en France ?

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  • Amsterdam Light Festival – Podcast Vidéo de la French Radio Benelux

    Il s’agit déjà de la 8è édition de ce festival qui permet une mise en lumière différente, mais très photogénique de la capitale batave. Avec un programme varié, qui permet de découvrir Amsterdam sous un nouveau jour. Et cette année, fini ou presque les canaux historiques de la ville, place à la découverte de quartiers moins connus des touristes.

     

  • Grève pour les vacances en France ?

    Si vous aviez l’intention de rentrer au pays pour passer Noël sous la neige à la montagne, ou auprès de votre famille… cet article va vous intéresser. En effet, la mobilisation en France contre la réforme des retraites, qui paralyse les transports, est entrée dans sa deuxième semaine et pourrait se prolonger jusqu’à Noël malgré de nouveaux appels au « dialogue » du gouvernement.

    Coté Ciel

    La grève des contrôleurs aériens du mardi 17 décembre, débutera lundi soir 16 décembre à 19h et se terminera le mercredi 18 décembre à 6h du matin. Normalement, elle ne devrait pas être reconduite.. Les aéroports seraient donc pleinement en activité pour les vacances.

    Lors des deux dernières grèves les 5 et 10 décembre, ils a eu 20% des vols annulés, principalement les courts et moyens courriers.

    Coté Rail

    La grève dans les transports ne connaît pas de trêve. Pas même celle dite « des confiseurs », pour les fêtes de fin d’année. La CGT-Cheminots, un des principaux syndicats dans les chemins de fer, a annoncé que le blocage continuera « sauf si le gouvernement revient à la raison » en retirant son projet. Résultat, ce vendredi, deux tiers des conducteurs de train sont toujours à l’arrêt et la situation pourrait se prolonger encore de nombreux jours, quitte à impacter les vacanciers de Noël.

    Du côté de la SNCF, seul un quart des TGV, des Intercités et des Transiliens circulent. Tandis que quatre TER (Transport Express Régional) sur 10 sont assurés, essentiellement par bus. Si vous prévoyez de traverser l’hexagone en train, armez-vous de patience. Ou alors, optez pour un autre moyen de transport. Avec, là aussi, une nécessaire anticipation.

    Coté Route

    La région parisienne sera bien entendu encore la plus encombrée suite aux grèves. Les fortes perturbations dans les transports en commun entraînent chaque jour d’importants retards sur les routes et autoroutes, en particuliers celles pour accéder à la capitale française. Bref, ces fêtes de fin d’année ne semblent pas le meilleur moment pour envisager un petit break au pied de la Tour Eiffel. En ce qui concerne le réseau des bus, des métros et des RER, le trafic reste très perturbé avec neuf lignes de métro fermées et un peu plus de 50% des bus à l’arrêt. Selon les lignes, un RER (desservant la banlieue) sur deux ou trois circule.

    En revanche, si vous deviez prendre l’avion depuis Paris CDG, la position périphérique de l’aéroport permet d’éviter les encombrements parisiens. Pour le reste, les principaux axes vers le sud ne connaissent de perturbations particulières. Pas de risque donc si vous rejoignez la montagne. Evitez toutefois certaines zones sur votre parcours. Les zones industrielle et portuaire du Havre ont été bloquées jeudi, tout comme les entrées du Grand Port maritime de Marseille, par des manifestants mobilisés à l’appel de la CGT. Des dockers ont également organisé des blocages au port de La Rochelle ou à Rouen.

     

  • Théâtre: les pièces françaises à l’étranger

    Nous l’ignorons parfois, mais le théâtre français s’exporte très bien, dans sa langue originale ou dans la langue du pays d’accueil. Des pièces classiques aux œuvres contemporaines, il y en a pour tous les goûts !

    Sacha Guitry à Londres

    La vie de Sacha Guitry intéresse le public londonien

    A Londres et depuis plusieurs années, la pièce « Sacha Guitry, ma fille et moi » connait un incontestable succès. Déclamée en français avec des sous-titres en anglais, la pièce reprend de manière libre la vie du célèbre auteur français. La pièce évoque en particulier sa passion pour les femmes et sa façon étonnante de mélanger la fiction et la réalité.

    Une offre particulièrement riche à Bruxelles

    Dans la capitale de l’Europe et de la Belgique, très majoritairement francophone, l’offre est particulièrement riche. Les grands classiques comme Cyrano de Bergerac au célèbre Théâtre Royal du Parc, mais aussi des offres originales comme le cycle proposé par « ouvrir les portes« . Cette organisation, qui officie dans les centres culturels d’Uccle et d’Auderghem, propose une sélection éclectique allant de Chance! une comédie musicale, en passant par vipère au poing et la machine de Turing.

    Des cours de théâtre à Berlin et Rome

    Autre possibilité pour les amateurs de théâtre, celle de bénéficier de cours. Le théâtre français de Rome en propose pour les enfants, les ados, les adultes, les amateurs comme les personnes plus confirmées. Même chose à Berlin avec le TFB, pour les initiés comme les non initiés ainsi qu’à Prague.

    L’institut français de Tokyo propose aussi régulièrement des représentations théâtrales, tout comme ses établissements frères à travers en particulier le programme Théâtre Export.

    Autre acteur majeur, l’UNESCO. A travers son institut international du théâtre, elle promeut partout dans le monde cet art présent depuis des millénaires sur tous les continents. Une sortie idéal à l’occasion des fêtes!

  • Pendant les grèves : la campagne de publicité pour une retraite au Portugal

    Certains organismes ont pris un contre-pied cette semaine pour évoquer la grève liée à la Réforme des Retraites.

    Le portail immobiliser Green-Acres.com, qui compte près de 5 millions de visites par mois, en a ainsi profiter pour vanter les mérites du Portugal auprès des retraités français. Jusqu’au 10 décembre, 250 affiches publicitaires étaient visibles sur le site, avec notamment une mamie Rock’N’Roll, sur un fond rouge, pour rappeler la lutte de la CGT contre la réforme, présentée par Edouard Philippe.

    Et les atouts portugais sont nombreux pour les retraités français. D’abord, le coût de la vie y est 27% moins élevé qu’en France, selon l’OCDE. Ce sont donc près de 9% d’internautes français qui ont pris des renseignements sur le Portugal, lors des 6 dernières années, sur le site Green-Acres.com

    Ensuite, le prix de l’immobilier y est bien plus abordable. Le prix au mètre carré est l’ordre de 6 000€ à Lisbonne, là où il affiche 10 000€ à Paris. Mais la région de l’Algarve attire aussi largement, pour sa proximité avec la mer.

    Enfin, le régime fiscal proposé aux retraités est très avantageux. Ils peuvent bénéficier d’une exonération fiscale sur les pensions non imposables en France, pendant 10 ans. Seule condition, qu’ils demeurent au moins 183 jours par an au Portugal. Le nombre de ressortissants français installés au Portugal a donc augmenté de 29%, rien que sur l’année 2018. Avec 20 000 français, dont 1/3 de retraités, il s’agit de la 7è communauté étrangère au Portugal, derrière le Brésil et le Cap Vert.

  • Revue de Presse : Victoire de Johnson.. Brexit confirmé !

    Plus rien ne s’oppose au Brexit : le Premier ministre britannique Boris Johnson a réuni jeudi aux élections législatives une majorité écrasante lui donnant les coudées franches pour sortir son pays de l’Union européenne le 31 janvier, selon les premières projections. Le succès semble sans appel pour le dirigeant conservateur, déterminé à mettre fin à trois ans d’une saga qui a déchiré le pays et à 47 ans de mariage tumultueux entre le Royaume-Uni et l’UE.

    « Merci à tous ceux à travers le pays qui ont voté, qui se sont portés volontaires, qui se sont présentés. Nous vivons dans la plus grande démocratie du monde », a réagi Boris Johnson, élu pour un mandat de cinq ans, sur Twitter.

    Sans surprise, c’est la victoire écrasante de Boris Johnson qui fait la Une de tous les journaux britanniques. « Un raz-de-marée électoral », titre le Daily Telegraph, qui reprend la photo du Premier ministre britannique, qui est allé voter avec son chien, lançant une mode aux bureaux de vote et souligne la défaite « catastrophique » des travaillistes. « Le mur rouge s’est bel et bien effondré », note une collaboratrice du journal.

    Le Guardian ne cache pas son choc face aux résultats de ces élections législatives et prédit même un « changement de la politique anglaise ». « La victoire est indéniablement celle de Johnson. Il y a un an, il se trouvait encore sur les banquettes arrières. Cet été, la majorité des députés conservateurs ne voulaient pas qu’il soit leur chef. Aujourd’hui, il est le maître de la scène politique britannique », remarque le quotidien.

    « Désormais, la question est de savoir si cette victoire a davantage à voir avec ‘mettre en œuvre le Brexit’ ou s’il s’agit plutôt d’un soutien plus large au conservatisme johnsonien », s’interroge le quotidien, qui voit un deuxième enseignement dans le score du parti national écossais. Il prédit une confrontation entre l’Ecosse et Johnson, qui a clairement fait savoir qu’il ne concéderait pas un deuxième référendum sur l’indépendance.

    Le quotidien écoassais The Herald annonce d’ailleurs une « crise constitutionnelle » en perspective concernant le futur de l’Ecosse. Le journal estime qu’un rejet pur et simple par Boris Johnson susciterait davantage de réactions défavorables à son égard et ne ferait que renforcer le soutien à l’indépendance. Sans compter sur les élections de 2021 : si le SNP répète sa majorité absolue de 2011, cette victoire constituerait un « mandat démocratique » pour un second référendum, selon plusieurs politiciens écossais.

    The National, un journal en faveur de l’indépendance écossaise, va encore plus loin et voit dans les résultats de ces élections que l’Ecosse « est un pays différent », reprenant les mots d’Angus MacNeil, membre du SNP.

    Le Daily Mail, lui, ne cache pas sa joie et se « réjouit » » de la victoire « écrasante » des conservateurs. Au contraire, le Daily Mirror ne cache pas sa déception et n’hésite pas à titrer « Le cauchemar avant Noël ». Tandis que le Daily Express note une victoire également pour le Brexit.

    Le Sun, lui, n’a pas décidé de faire dans la finesse en titrant « The dog’s Bollox ». Le terme ‘bollocks’ (ou ‘bollox comme il est écrit ici) est un terme d’argot vulgaire pour désigner les ‘testicules’. Mais dans le cas présent, il reflète la langue vernaculaire londonienne qui utilise régulièrement ce terme pour désigner quelque chose de très positif.

     

  • Alger, après le fantôme de Bouteflika, l’élection fantôme.

    Toute manifestation est interdite à Alger depuis 2001. Pourtant, depuis six mois, les Algérois manifestent tous les vendredis. Une des manifestations les plus importantes a eu lieu vendredi dernier. Justement parce que le Général Salah, chef d’Etat-major de l’Armée, avait dit que le temps des manifestations était fini et que celui de l’élection était venu. Alors la foule a scandé « Mackache le vote » (pas de vote), en se moquant de Salah bardé de décoration comme un maréchal soviétique. C’est bien normal, c’est à Moscou que Salah a appris l’art des casernes et de la démocratie populaire.

    Ce 11 décembre, une nouvelle manifestation, exceptionnelle, un jour de semaine, a affronté la police. C’est normal : le 12 a lieu le vote. Le successeur de Bouteflika, fantomatique chef de l’Etat algérien, sera élu. Par qui ? Par le peuple bien sûr, et sans le peuple. Peuple fantôme dans une démocratie fantôme, avec des candidats fantômes, qui n’osent rien dire, qui n’ont même pas osé faire campagne dans tout le pays (aucun par exemple n’est allé à Tizi Ouzou), qui ne se sont prononcés ni sur le régime, ni sur les opposants, ni sur les arrestations, ni sur Bouteflika, sur rien.

    En France, les bureaux de vote sont ouverts depuis dimanche, des manifestants conspuent ceux qui viennent voter. Le Président de l’autorité organisatrice admet quelques ratés mais considère que le taux de participation est « normal », sans donner de chiffres. La transparence, ce sera plus tard.

    On se demande comment cela peut-il tenir. Quel que soit l’élu, il sera dévalué par la rue, par son appartenance au « système ». Comment pourrait-il en être autrement ? Le système est le même depuis l’indépendance : le FLN, l’Armée, les luttes de clans pour la répartition de la rente pétrolière.

    Dans cette lutte de clan, depuis que Salah a retourné sa veste, celui de Bouteflika est le grand perdant. Saïd Bouteflika, « Monsieur 15% » selon Bernard Bajolet, ancien Ambassadeur de France à Alger, est toujours en prison. Deux anciens Premiers ministres ont été condamnés, des hommes d’affaires. Personne n’est dupe : ils ont certainement beaucoup de choses à se reprocher, ils ne sont pas les seuls. Grâce à eux, Salah a pu faire peur et asseoir son pouvoir. Il a fait un peu le ménage dans l’armée, écartant les personnalités les plus fortes. Comme il n’a jamais brillé par ses talents d’organisateur ou d’innovateur, il y a peu de chances qu’il ait fait la promotion de moins terne que lui.

    L’élu, demain soir, pourrait-il prendre le pouvoir ? Parfois, l’apparence du pouvoir peut prendre le pouvoir. L’armée n’est pas si solide, elle a besoin de paravents. Il y a des gens intelligents en Algérie, très bien formés, très bien informés, bien plus ouverts sur la réalité que les dirigeants actuels. Ils auront peut-être, par un moyen ou un autre, accès au nouvel élu, qui de toute façon, se sentira à la fois bien seul, et très -trop- entouré. L’avantage, dans les régimes sclérosés, c’est qu’une petite brèche peut faire s’effondrer tout l’ensemble. Il faut un réformateur à la tête du pays. Salah a été incapable de prendre ce rôle, peut-être que le nouveau Président y sera contraint par la rue.

    Des cinq candidats qui concourent au poste de Président de la République tous sont des anciens du système. Seul l’ancien Premier ministre Ali Benflis s’était opposé à Bouteflika et avait osé se présenter contre lui. On verra s’il représente le choix des militaires, car personne n’imagine qu’un candidat vraiment indépendant, qui n’aura pas donné les garanties nécessaires, puisse l’emporter. D’ailleurs la Commission ad hoc n’a retenu que ces cinq noms.

    Hors d’Algérie, beaucoup attendent, inquiets. La France se tait, de crainte d’être accusée par le pouvoir de manipuler les manifestants, ou par les manifestants de soutenir le pouvoir. Le 2 décembre, l’Ambassadeur inaugurait la campagne Campus Franceen Algérie sans qu’un mot ne sorte de l’ordinaire. Pourtant, la moitié de la population algérienne a moins de trente ans, et manifeste. Partir en France est devenu l’espoir des étudiants qui pensent n’avoir aucun avenir dans leur propre pays. Le même Ambassadeur avait été plus audacieux en juillet dernier, confessant « Nous autres diplomates, n’avons peut-être pas vu juste. Il faut l’avouer, nombre d’entre nous n’avions pas perçu la formidable force de changement qui sommeillait dans ce pays ».Il serait temps de s’en apercevoir.

    Le Parlement européen a voté une résolution pour condamner les arrestations arbitraires et les attaques contre les manifestants. 150 personnes auraient été arrêtées. Le Général Salah a répondu en déclarant qu’il ne tolérerait aucune ingérence. Sauf de Moscou, qui manifeste sa totale confiance dans le « processus démocratique » et explique que les manifestants ne sont qu’une poignée. Se rendent-ils compte qu’ils ont quitté les années 80 ?

    La Tunisie, elle aussi, s’interroge, avec son nouveau Président et son assemblée à nouveau dominée par le parti islamiste, mais sans majorité. Enfin tous regardent le cours du pétrole, qui décide, in fine, de la survie du régime.

    Soit, se moquer du Général Salah, hors d’Algérie, est un exercice facile. Il prête facilement à la caricature. Il n’a en aucune façon la figure d’un vainqueur. Pourtant, s’il réussit à faire rentrer dans sa boîte le génie de l’Algérie, à faire rentrer chez eux ces manifestants, à remettre une chape de silence sur la société algérienne, alors il deviendra un modèle politique, plus emblématique que Jaruzelski. Mais peut-être est-ce cela qui manque au « Hirak », une figure comme celle d’un Walesa, un syndicat comme « Solidarnosc », qui existe peut-être en exil ou en prison. A moins, que, parmi les cinq miraculés de l’ère Bouteflika qui sollicitent les suffrages, quelqu’un se sente pousser les ailes d’un Gorbatchev.

    Parfois les fantômes prennent corps. Il y a toujours des surprises en politique. Si la réforme ne peut venir d’en bas, elle peut venir d’en haut, ce serait la surprise du chef. Et si elle ne vient pas, le « Hirak » continuera, un peu de désespoir en plus.

    Jeudi, élection. Vendredi, manifestation.

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