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  • Coronavirus: quelles conséquences pour les expatriés après l’annonce choc de Trump

    Coronavirus: quelles conséquences pour les expatriés après l’annonce choc de Trump

    L’annonce en a pris beaucoup de court : Donald Trump a décidé de suspendre tous les déplacements en provenance de l’Union européenne, avec l’exception du Royaume-Uni qui compte pourtant plusieurs centaines de cas de personnes infectées par le coronavirus.

    Annonce confuse, un correctif a été par la suite envoyé par la Maison-Blanche, cela ne concerne que les personnes, pas les marchandises, et les citoyens américains et les résidents permanents aux Etats-Unis ne sont pas concernés. La mesure prendra effet à partir de vendredi minuit

    Donald Trump a pris tout le monde par surprise

    Les modalités pratiques ne sont pas claires non plus et le secrétaire d’Etat aux transports Jean-Baptiste Djebarri attend des autorités américaines des clarifications : quid des citoyens UE qui transitent par Londres ? Les avions au départ des aéroports du continent vont-ils tourner à vide ou quasiment malgré tout afin de conserver leurs slots ? Une mesure de suspension comme en Europe sera surement demandée par les compagnies aériennes.

    Les visiteurs aux Etats-Unis dans l’expectative

    L’application newyorkcity.fr a reçu de nombreux témoignages de touristes décontenancés

    Les Français des Etats-Unis sont également dans l’expectative. De très nombreuses personnes devant se rendre dans le pays de l’oncle Sam font preuve de leur désarroi sur l’application newyorkcity.fr dont nous avions déjà parlée. De très nombreuses personnes qui avaient prévu de se rendre sur place sont consternées. Ceux qui sont déjà sur place cherchent d’urgence des vols retours, car la suspension devrait valoir dans les deux sens. Son application technique risque de virer au cauchemar logistique. Le tourisme en provenance d’Europe, 14 millions de visiteurs en 2018,  va être totalement gelé pendant un mois, mettant à mal l’économie américaine, tout comme l’économie européenne. Les bourses ne s’y sont pas trompées, dévissant une nouvelle fois très largement.

    Les Français des Etats-Unis normalement peu touchés

    Qu’en est-il de la communauté française sur place ? Elle est considérable, réunie autour des 13 consulats, elle compte plus de 150 000 ressortissants enregistrés. Pour autant ils ne devraient pas être fortement impactés.

    Olivier Piton, conseiller AFE et conseiller consulaire aux Etats-Unis nous a indiqué plusieurs éléments. Il convient, de manière générale, d’être très prudent tant il reste sur plusieurs aspects des incertitudes mais devraient pouvoir continuer à circuler librement entre les Etats-Unis et l’Union européenne, les personnes titulaires :

    -de la double nationalité

    -d’un permis de travail, de la carte verte

    -rejoignant aux Etats-Unis leur famille américaine ou leur famille ayant une carte verte

    Ainsi, semble-t-il, certains vols seraient maintenus pour ces catégories de personnes. En revanche, les voyageurs de l’Europe pouvant rentrer aux Etats-Unis subiraient un contrôle de santé renforcé dont la procédure reste à définir.

    Ceux qui n’entrent pas dans l’une de ces trois catégories, touristes et hommes d’affaires, seront en revanche dans l’incapacité de se rendre aux USA. Ceux qui essaieraient de passer en transitant à Montréal ou Londres devraient se faire refouler à l’atterrissage. Attention donc aux fausses bonnes idées !

    Quid en revanche des personnes de nationalité française résidant par exemple au Royaume-Uni, leur nombre est estimé à environ 300 000. Théoriquement ils ne seront pas concernés par les restrictions. Dans les faits les contrôles pourraient évoluer vers des reflux en fonction du lieu de départ mais aussi de la nationalité. Les prochains jours permettront espérons-le, de clarifier la situation.

  • Les USA ferment leurs frontières aux voyageurs de l’espace Schengen

    Les USA ferment leurs frontières aux voyageurs de l’espace Schengen

    Devant une crise qui prend de l’ampleur, Donald Trump s’est adressé mercredi soir aux Américains depuis le bureau ovale, annonçant des mesures d’aide et la suspension des voyages vers les États-Unis « en partance de l’Europe ».

    Certaines des actions qu’il a présentées ont semé la confusion, obligeant même le président à revenir sur un élément de son allocution.

    La décision de prononcer un discours à la nation, un événement exceptionnel, contraste avec le ton rassurant employé depuis des semaines par le président Trump, qui, contrairement aux membres de son équipe, a minimisé à répétition la crise du coronavirus.

    J’ai décidé de mener plusieurs actions fortes, mais nécessaires pour protéger la santé et le bien-être de tous les Américains, afin d’éviter que de nouveaux cas atteignent notre territoire, a-t-il soutenu au fil de son allocution solennelle d’une dizaine de minutes, lue sur un télésouffleur.

    La fermeture des frontières, à laquelle échappe le Royaume-Uni, s’appliquera dès vendredi, à minuit, pour 30 jours, a précisé le président Trump.

    La mesure, qui cible des personnes ayant séjourné dans la zone visée au cours des 14 jours précédant leur entrée prévue aux États-Unis, s’apparente à celle prise en janvier dernier relativement aux non-Américains s’étant rendus en Chine.

    Ces interdictions s’appliqueront non seulement aux énormes échanges commerciaux et au fret, mais aussi à plusieurs autres choses au fur et à mesure que nous obtiendrons l’autorisation, a-t-il indiqué, son annonce tirant aussitôt les marchés boursiers asiatiques vers le bas et faisant chuter les prix du pétrole de plus de 2 %.

    Dans un tweet envoyé quelques minutes après son allocution, le président a semblé corriger le tir. Il est très important que tous les pays et les entreprises sachent que le commerce ne sera en aucun cas touché par la restriction de 30 jours sur les voyages en provenance d’Europe. La restriction arrête les personnes, pas les marchandises, a-t-il écrit.

    Accusant au cours de son discours l’Union européenne d’avoir tardé à agir, il a affirmé qu’un nombre important de lieux où se concentraient les cas de COVID-19 avaient été ensemencés par des voyageurs venant d’Europe.

    Le département d’État a par ailleurs conseillé aux Américains de reconsidérer les voyages à l’étranger.

    Ces annonces surviennent dans un contexte où le nombre de cas de COVID-19 recensés sur le territoire américain a doublé en quelques jours à peine, passant selon l’Université Johns Hopkins à plus de 1300, le virus n’épargnant plus que huit États et faisant au moins 38 morts.

    L’état d’urgence a été déclaré dans une quinzaine d’États américains, dont Washington, New York et la Californie, qui cumulent à eux trois près de 800 cas et la quasi-totalité des victimes. Dans l’État de Washington, la ville de Seattle, principal foyer du virus, a fermé ses écoles publiques pour au moins 14 jours.

  • Elections consulaires: les listes sont déposées

    Elections consulaires: les listes sont déposées

    Alors que la France est en pleine campagne des municipales, les Français de l’étranger, eux, vont pouvoir suivre une autre campagne : celle des élections consulaires.

    L’Assemblée des Français de l’étranger

    Le rôle des élus consulaires sera renforcé, ils présideront les conseils consulaires, fonction qui est actuellement dévolue à l’ambassadeur ou au consul, leur nom va changer de conseillers consulaires à conseillers des Français de l’étranger. Mandat parfois méconnu, il est pourtant essentiel pour les Français de l’étranger : attribution des bourses, permanence consulaire, association à la gestion du lycée français …

    Les listes des différents candidats ont été déposées dans les Consulat. Les chiffres sont importants : il y a 130 circonscriptions, 447 conseillers consulaires et 77 délégués consulaires (dont le seul rôle consiste à participer en tant que grands électeurs à l’élection des 12 sénateurs des Français de l’étranger).

    Alliance solidaire, qui soutient Jean-Pierre Bansard, présente des candidats dans de très nombreuses circonscriptions

    Belgique, Côte d’Ivoire, Corée du sud, Japon, Suisse, Liban, Luxembourg, Madagascar, Indonésie, Turquie, à Rabat, à Montréal, … les listes Alliance Solidaire sont très largement présentes dans ce scrutin. Présidée par la Sénatrice Evelyne Renaud-Garabedian, rattachée au groupe Les Républicains, l’association est bien connue des élus des Français de l’étranger tant elle est active dans l’information et l’assistance des représentants des expatriés.

    Evelyne Renaud-Garabedian

    Jean-Pierre Bansard, puissant homme d’affaire dont Mme Renaud-Garabedian est depuis longtemps la principale collaboratrice historique. Il est le fondateur de l’ Alliance Solidaire et était devenu Sénateur des Français de l’étranger en 2017 avant de voir son élection invalidée par la commission nationale des comptes de campagne pour irrégularité dans ses comptes de campagne.

    Avec cette force de frappe aux quatre coins du monde, il espère sans doute réitérer l’exploit de 2017 face aux listes des partis « traditionnels » PS et LR. D’ailleurs après l’effondrement en France de ces deux partis, leurs candidats ont décidé dans de nombreuses circonscriptions de ne pas toujours indiquer clairement être de ces familles politiques.

    Des listes dissidentes à LREM

    Le Sénat, l’autre enjeu des élections consulaires

    Pour LREM et ses alliés, l’enjeu est considérable. Comme nous l’indiquions, ce sont les élus consulaires qui élisent les 12 sénateurs des Français de l’étranger. La Haute Assemblée compte actuellement, pour 348 sénateurs au total, 144 membres au sein du groupe LR, 71 dans le groupe socialiste. Le groupe centriste, qui inclue certains alliés du gouvernement comme le MoDEM mais pas seulement compte 51 membres. LREM n’a que 23 sénateurs. Autant dire que, à l’occasion du renouvellement de la moitié du Sénat en octobre, chaque grand électeur comptera.

    LREM pour autant n’a pas été en mesure de présenter des listes indépendantes partout. La majorité présidentielle n’a pas de liste propre à Istanbul, Madagascar, en Indonésie par exemple.

    Le parti présidentiel devra aussi dans certaines circonscriptions faire face à des listes dissidentes. Une liste « Agir », parti de centre-droit membre de la majorité présidentielle, est présente face à une liste « En Marche » à Montréal, un ancien candidat du MoDEM aux élections européennes de 2009 présente sa liste en Belgique.

    Surprise : l’UPR de François Asselineau également présent

    Autre formation qui a décidé de présenter quelques listes, l’UPR de François Asselineau. Le parti du « Frexit »est par exemple présent aux Pays-Bas et y a déposé une liste, comme en Belgique. Alors que les Français de l’étranger ont très largement soutenu Emmanuel Macron et les candidats de la majorité présidentielle à l’occasion de l’élection présidentielle et des législatives de 2017, les partis protestataires espèrent que la situation a changé et que la colère contre l’exécutif leur sera bénéfique.

    C’est aussi le cas pour le Rassemblement National. Ce dernier est cependant largement inexistant chez les Français de l’étranger et ne présente que peu de listes, dont une en Thaïlande. Cependant c’est le Portugal qui cristallise toute son attention à la vue du scores de ce parti aux élections européennes. Cependant,  le parti de Marine Le Pen mise probablement beaucoup plus sur les élections municipales et ses fiefs locaux que sur les Français de l’Etranger.

    Des listes associatives présentes partout

    Autre présence importante, celle de listes associatives. Elles sont souvent composées de représentants locaux d’associations de Français de l’étranger et revendiquent leur caractère souvent largement apolitique. Une fenêtre possible face aux partis politiques qui suscitent aussi à l’étranger le rejet d’une partie de la population. Elles sont présentes à Dubai, au Maroc, en Belgique etc..

    La gauche et la droite tenteront de se maintenir

    Enfin, les listes de gauche et de droite, qui sont à l’heure actuelle massivement présentes au niveau du réseau des élus de l’étranger, n’ont naturellement pas dit leur dernier mot. Dans toutes les circonscriptions ou presque elles présentent des listes, avec bien souvent des élus sortants habitués à mener des campagnes électorales et ancrés localement. Leur expérience et leur connaissance du terrain seront, sans nul doute, mis en avant durant cette campagne lors des prochaines semaines.

    Chacun joue ainsi sa partition, espérant sortir victorieux les 16 et 17 mai prochains (vote par internet possible du 8 au 13 mai 2020).

    Aux Français de l’étranger de s’exprimer. Le taux de participation est le vrai enjeu de ces élections à l’aune d’une réforme institutionnelle qui pourrait être douloureuse pour la représentation des Français de l’étranger au niveau national… 

  • Emmanuel Macron s’adressera aux Français pour les rassurer !

    Emmanuel Macron s’adressera aux Français pour les rassurer !

    Emmanuel Macron s’exprimera jeudi soir lors d’une allocution télévisée consacrée à la crise du coronavirus. Le président de la République ne devrait pas annoncer le passage au stade 3, mais plutôt tenter de rassurer les Français.

    Emmanuel Macron va s’exprimer pour la première fois aux Français depuis le début de la crise du coronavirus. Alors que l’épidémie se propage dans le pays, le chef de l’État fera une déclaration télévisée jeudi soir, à 20h. « Il est important d’avoir la parole du président, dans une crise sanitaire inédite pour notre pays, aux conséquences économiques inédites, qui nous rappellent celles de la crise financière de 2008 », a précisé la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, jeudi soir à l’issue d’un conseil des ministres. Selon nos informations, Emmanuel Macron ne prévoit pas de décréter le passage au fameux stade 3 de l’épidémie, mais plutôt de tenter de rassurer les Français.

    « Rassurer et anticiper les prochaines étapes de la crise »

    Le gouvernement le répète depuis plusieurs jours : le passage au stade 3 de l’épidémie de coronavirus est inévitable. Mais le président de la République ne devrait pas en faire l’annonce jeudi soir. L’allocution télévisée devrait être courte, à un moment où le président veut rendre compte « en toute transparence » de la situation, selon l’Élysée.

    Emmanuel Macron a eu l’occasion, ces derniers jours, de parler et de se rendre sur le terrain, notamment à la cellule de crise du ministère de la Santé ou dans des hôpitaux et des EPHAD. Mais jeudi soir, ce sera sa première prise de parole formelle. « L’objectif, c’est de rassurer et d’anticiper les prochaines étapes de la crise », explique l’un de ses proches.

    En filigrane, l’Elysée explique qu’il faut aussi que les Français se saisissent des enjeux sanitaires. Trop peu de Français font les gestes barrières pour limiter la propagation du virus, croit savoir un conseiller. Emmanuel Macron veut donc tenter un peu de pédagogie.

  • Une entreprise chinoise au chevet de l’Italie !

    Une entreprise chinoise au chevet de l’Italie !

    Au vu de la situation difficile dans laquelle se retrouve la péninsule, une entreprise a décidé de venir à son secours. La société chinoise d’électronique Xiaomi a annoncé faire don de dizaines de milliers de masques FFP3 au gouvernement italien, afin de l’aider à enrayer la propagation du coronavirus, rapporte le média Newsweek.

    Le 8 mars, sur la page Facebook officielle de Xiaomi Italia, l’entreprise a posté une photo des premières caisses remplies de masques de protection envoyées au département de la protection civile d’Italie. La publication était accompagné d’une citation de Sénèque:

    «Nous sommes des vagues de la même mer, des feuilles du même arbre, des fleurs du même jardin.»

    Xiaomi explique ce geste de soutien en évoquant l’accueil chaleureux qu’aurait reçu la société au moment de son implantation sur le sol italien, deux ans auparavant. L’envoi de masques est un moyen pour l’entreprise chinoise de montrer sa gratitude envers ce peuple qui l’a «profondément intégrée».

    Selon Ouest-France, l’Italie a commandé près de 800.000 masques à l’Afrique du Sud, mais le pays aurait encore besoin d’une dizaine de millions d’autres pour faire face à la situation.

    En Europe, plusieurs responsables politiques ont pointé du doigt le manque de solidarité concernant le partage du matériel de protection entre les vingt-sept pays. L’Allemagne et la France sont notamment critiquées pour avoir interdit l’exportation de certains produits afin d’éviter l’épuisement trop rapide de leurs stocks.

    La pénurie est telle que les masques se vendent désormais à prix d’or de l’autre côté des Alpes. En ligne, ils ont vu leur prix bondir de 1.700%, souligne la Codacons, une association de défense des consommateurs.

    Outre des prix exorbitants, un trafic de faux masques se serait développé dans le pays. La police italienne aurait arrêté plusieurs personnes qui vendaient ces faux masques –jusqu’à 5.000 euros l’unité– qui ne protégaient même pas du virus.

  • Le Royaume-Uni avance ses pions dans les négociations commerciales avec l’UE

    Le Royaume-Uni avance ses pions dans les négociations commerciales avec l’UE

    Le Royaume-Uni va dévoiler sa version d’un accord commercial avec l’UE afin de faire monter les enchères auprès de Bruxelles avant le deuxième cycle de négociations post-Brexit qui aura lieu la semaine prochaine.

    Dans une déclaration écrite publiée lundi 9 mars, Michael Gove, le ministre du Bureau du Cabinet, a annoncé aux députés que les négociateurs britanniques déposeraient un certain nombre de textes juridiques, dont un projet d’accord de libre-échange avec l’UE, avant la reprise des négociations.

    Le prochain cycle de négociations aura lieu du 18 au 20 mars à Londres.

    Michael Gove, le ministre du Bureau du Cabinet britannique. [EPA-EFE/ANDY RAIN]
    Michael Gove a ajouté que le premier cycle de négociations, qui s’est tenu à Bruxelles la première semaine de mars, avait « dans certains domaines » permis d’« identifier un niveau de compréhension commune du terrain que les futures négociations pourraient couvrir ».

    « Dans d’autres domaines, tels que la pêche, la gouvernance, le règlement des différends, ainsi que sur les « conditions de concurrence équitables », il y a eu, comme prévu, d’importantes différences », a-t-il ajouté.

    Le gouvernement britannique veut conclure un nouvel accord sur la pêche, fondé sur la méthodologie scientifique qui avait été employée pour élaborer le pacte entre l’UE et la Norvège dans ce secteur.

    La pêche, tout comme l’aviation, le nucléaire civil et la coopération policière et judiciaire, fait partie des secteurs que le Royaume-Uni voudrait négocier indépendamment de l’accord de libre-échange principal avec l’UE.

    Des approches contrastées

    À Bruxelles, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a une nouvelle fois mis en garde le Royaume-Uni : si celui-ci souhaite conserver un accès facile au marché unique de l’Union, il doit adhérer aux règles de l’UE.

    « Nous sommes conscients qu’il existe des différences d’approche à propos du périmètre que le futur accord doit couvrir et des règles du jeu que tout le monde doit respecter », a déclaré Ursula von der Leyen aux journalistes à Londres.

    « Il est donc important que le Royaume-Uni se décide – plus il voudra être proche d’un accès au marché unique, plus il devra respecter les règles du jeu qui le régissent », a-t-elle ajouté.

    De leur côté, les responsables britanniques insistent sur le fait que leur gouvernement n’entend ni affaiblir « les protections existantes » ni nuire aux politiques de l’UE en matière de concurrence et de subventions. « Concernant le respect de règles du jeu équitables, nous nous engageons à discuter d’une concurrence ouverte et loyale. Nous ne diluerons aucune des protections existantes », ont-ils assuré.

    C’est le pacte commercial UE-Canada que le Royaume-Uni voudrait voir servir de modèle à son propre accord avec l’Union. Selon les représentants britanniques, le gouvernement de Boris Johnson n’acceptera, à l’avenir, ni un alignement sur les règles de l’UE, ni sur toute juridiction de la Cour de justice européenne basée à Luxembourg.

    Bataille à l’horizon

    Les premières salves, dans le cadre des négociations sur le futur partenariat, ont révélé un sentiment belliqueux encore plus net que celui qui avait marqué le processus d’application de l’article 50, deux fois prolongé, sur l’accord de retrait.

    Le Premier ministre Boris Johnson a déclaré à plusieurs reprises que si le Royaume-Uni n’obtenait pas un accord similaire à celui conclu entre l’UE et le Canada, les échanges commerciaux entre l’Union et le Royaume-Uni seraient régis selon les règles de l’Organisation mondiale du commerce.

    Au début du mois de mars, Michael Gove a prévenu que le Royaume-Uni était prêt à se retirer des négociations en juin si Londres estimait que les progrès réalisés en vue de finaliser un pacte commercial d’ici à l’automne étaient insuffisants.

    Les responsables britanniques ont cependant relativisé l’importance de l’échéance de juin, date à laquelle un sommet doit avoir lieu à Bruxelles. Ils ajoutent qu’il est peu probable que Londres établisse un ensemble de critères spécifiques pour juger de l’avancée des discussions. Mais l’exécutif souhaiterait que d’ici là, l’UE soit prête à faire des compromis sur les équivalences concernant le lucratif secteur des services financiers du Royaume-Uni.

  • Le coronavirus immunise Poutine.

    Le coronavirus immunise Poutine.

    Le virus chinois ne passera pas. Poutine est là. Et pour longtemps.

    Pendant que l’épidémie gagne, l’Assemblée russe a voté une proposition d’amendement à la Constitution qui remet les compteurs à zéro pour l’exercice de la Présidence de la Russie. On se demandait comment Poutine allait respecter son engagement de ne pas se représenter. La réponse est simple : en ne le respectant pas. Il avait bien annoncé une révision de la Constitution, en précisant que le mandat présidentiel ne serait désormais exercé que deux fois, que ce soit en continue ou non. L’engagement était si clair et si précis que l’on s’interrogeait sur la façon dont Poutine allait s’y prendre pour rester au pouvoir, personne ne songeant qu’il se retirerait en Angleterre pour diriger un club de football fortune faite.

    La crise du Coronavirus a montré, selon les plus fins observateurs politiques moscovites, que la Russie avait besoin de stabilité. Aussi les députés ont-ils proposé que, si la Constitution devait être révisée pour ne permettre que deux mandats, ce qui était une excellente idée puisqu’elle venait de Poutine lui-même, ce serait pour l’avenir. Les mandats précédents n’entreront plus en ligne de compte. Remarque d’autant plus judicieuse que la Constitution actuelle interdit déjà plus de deux mandats successifs.

    Heureusement que les députés ont pensé à remettre « les compteurs à zéro » !

    On commençait à s’inquiéter. En pleine crise coronavirusienne, Poutine, cédant à la pression, a annoncé qu’il resterait encore un peu, de quoi rassurer les angoissés.

    Non que ce soit vraiment le Coronavirus qui inquiète. La frontière avec la Chine est fermée. Aucun cas sérieux n’est signalé jusqu’à présent. Il faut dire que le premier qui tousse a compris qu’il devait rester discret : Poutine ayant fait savoir que quoiqu’il arrive, il fallait minimiser les chiffres.

    Plusieurs précautions valant mieux qu’une, les personnes arrivant de plusieurs pays comme la France, l’Iran, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne ou la Corée, sont mis en quarantaine pour quatorze jours. A Moscou, le Maire a annoncé des amendes pour ceux qui ne respecteraient pas ces obligations (950 €).  Une première amende a été édictée, pour un suspect revenant d’Italie, qui sortait ses poubelles. Un inconscient. Les caméras de vidéosurveillance avec reconnaissance faciale (170.000) l’ont dénoncé.  Si la violation des règles sanitaires devait entrainer la mort d’une personne, une peine d’emprisonnement de cinq ans pourrait être prononcée. Cela reste encore très théorique puisqu’on ne sait que difficilement qui contamine qui. Mais à bon entendeur salut.

    Pour l’instant, la Russie a expulsé 88 étrangers. Seuls 20 cas sont officiellement recensés. Beaucoup s’interrogent sur la réalité des chiffres, d’autant que le Forum économique de Saint-Pétersbourg, prévu seulement en juin, a déjà été annulé. Poutine dénonce les manipulations de fausses informations venant de l’étranger qui cherchent à « répandre la panique dans la population ». La sainte Russie est saine.

    En attendant, rien ne rassurera mieux les Moscovites que de savoir que Poutine restera en place encore au moins dix ans, de quoi affronter plusieurs mutations du virus.

    Le moment pour le Président russe est opportun. Le virus inquiète moins Poutine que le pétrole. Le prix du baril descend, les finances russes dévissent, l’économie menace de plonger. Qui plus est, les aventures extérieures se passent assez mal. La Syrie ne rapporte rien sinon des ennuis avec la Turquie, l’Algérie est toujours malade et ne risque pas d’aller mieux, l’Iran est touché, la Chine est fermée. Même l’Ukraine se met à vouloir résister. Ce n’était donc pas le moment de laisser libre cours aux spéculations, aux rumeurs et au doute : les virus passent, Poutine reste.

  • Elections Consulaires 2020 : Frédéric Petit répond, malgré sa quarantaine volontaire, pour la majorité présidentielle à nos questions

    Elections Consulaires 2020 : Frédéric Petit répond, malgré sa quarantaine volontaire, pour la majorité présidentielle à nos questions

    A 9 semaines des élections consulaires, la rédaction du site Lesfrancais.press finalise sa série de rencontres avec les élus représentant les Français de l’Etranger. Députés, Sénateurs, mais aussi ceux que vous, électeurs inscrits sur la liste électorale consulaire, allez renouveler le 17 Mai : les conseillers des Français de l’étranger .

    En charge localement d’animer et de gérer la vie commune des expatriés français, ils vont aussi élire parmi eux les Conseillers de l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE). Informant et conseillant le gouvernement, ils sont vos relais à Paris.

    Après le format avec le président du Groupe d’Union de la Gauche à l’AFE, Mehdi Benlahcen, suivi d’Alexandre Château Ducos, Conseiller élu à l’AFE et Co-secrétaire EELV  (Europe Ecologie Les Verts) de la région Hors de France, nous avons reçu ce dimanche 01 Mars 2020 Meyer Habib – Député des Français de l’Etranger suivi de Florence Poznanski , conseillère des Français du Brésil, pour la France Insoumise. Aujourd’hui nous vous proposons de découvrir l’analyse des actions menées depuis 2017 par Frédéric Petit, député de la circonscription d’Europe Centrale (Modem/Majorité présidentielle). Nous conclurons cette série avec la sénatrice Les Républicains Joelle Garriaud-Maylam dans les tous prochains jours. 

     

    Lesfrancais.press : Après une phase d’accroissement inédite de la communauté des Français de l’étranger au cours des années 2010, le phénomène s’est tassé depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Dans certains pays, un reflux s’est même amorcé. Comment expliquez-vous cette évolution et quelles perspectives anticipez-vous pour notre communauté ?

    Frédéric Petit : Peut-être que rester en France devient de plus en plus attractif, notamment en raison de l’amélioration de la situation économique intérieure, grâce à l’action du gouvernement qui commence à porter ses fruits ?

    Je pense surtout que les itinéraires personnels de nos concitoyens sont de plus en plus marqués par la mobilité, la volonté de changer d’environnement, de créer ailleurs, et cela est valable pour toutes les générations et tous les profils : jeunes à la recherche de leur premier emploi, séniors qui veulent transmettre ou tester leurs convictions, fonctionnaires en disponibilité, engagements dans des ONG, etc. Cette population n’a pas immédiatement le réflexe de l’enregistrement stable sur les listes consulaires.

    Lesfrancais.press : Une « diaspora » qui réussit, n’est-ce pas l’effilement du lien avec la France ? Mais avec nous, FdE, qui par essence, avons peu d’attitudes communautaires, comment entretenir une « envie de France » ?

    Comme le dit avec justesse le président de la Répubique, les Français sont aussi un peuple d’innovateurs, de bâtisseurs, de gens qui osent. « Entrepreneur » est bien un mot français.

    Frédéric Petit : Au contraire, il me semble qu’une diaspora qui réussit ne peut que renforcer et faciliter le lien entre la France et le pays d’accueil. Chaque citoyen français à l’étranger est un ambassadeur de la France, un représentant de son pays.

    Je fais tout pour aider les Français à réussir, où qu’ils soient, à entreprendre, à initier des projets, qu’ils soient économiques, sociaux, culturels, éducatifs. Il y en a beaucoup, nous sommes riches d’idées et de projets, et je me réjouis que nous ayons transformé la réserve parlementaire en fonds STAFE (Soutien au Tissu Associatif des Français établis à l’Etranger). Comme le dit avec justesse le président de la Répubique, les Français sont aussi un peuple d’innovateurs, de bâtisseurs, de gens qui osent. « Entrepreneur » est bien un mot français.

    Loin de l’image caricaturale de Français dits « de l’étranger privilégiés », bénéficiant de hauts salaires, pour qui tout est facile et qui voyagent à l’étranger pour faire des affaires, j’ai toujours eu à cœur de rappeler que la majorité des électeurs français établis à l’étranger sont des hommes et des femmes qui ont fait le choix de s’établir dans un autre pays depuis de nombreuses années, comme moi, souvent pour des raisons de choix de vie personnels. Et, beaucoup ne sont pas dans des situations privilégiées, loin s’en faut…

    Ces Français ont en revanche, développé de précieuses qualité d’autonomie, de plurilinguisme, d’adaptation et d’ouverture culturelle qu’il est important de reconnaître, et qui sont particulièrement utiles à la nation et à notre réflexion collective sur l’avenir du pays. Beaucoup sont également binationaux et portent dans l’intimité de leur personne ces confrontations : ils sont bien évidemment une richesse pour notre pays.

    Notre réseau d’enseignement, unique au monde, est un autre atout majeur de la présence française à l’étranger. L’effort d’investissement de notre pays dans l’éducation à l’étranger est symbolique des valeurs que porte la France dans le monde, de l’importance que nous accordons à la culture et au développement de la personne humaine. Le soutien à l’enseignement français à l’étranger est d’ailleurs l’une des lignes directrices de mon mandat.

    Lesfrancais.press : Concernant les élections consulaires qui approchent à grand pas, êtes-vous confiant pour les listes de la majorité présidentielle dans votre circonscription ? Allez-vous participer à la campagne ? Et êtes-vous inquiet concernant un des enjeux de la campagne : la participation ?

    J’espère que la participation sera en hausse le 17 mai, et j’encourage depuis déjà plusieurs semaines mes concitoyens à se saisir de cette occasion pour s’exprimer.

    Frédéric Petit : L’enjeu principal est d’augmenter le taux de participation et je me réjouis de la possibilité de voter en ligne en mai prochain grâce au ministère de l’Europe et des affaires étrangères qui a rendu cette modalité de vote possible cette année.

    Cette question de la participation des citoyens au débat public, dans ce que j’appelle les confrontations fraternelles, est également au cœur de mon mandat. La participation aux élections, si elle augmente, sera le signe que cette citoyenneté progresse au quotidien, et que les élections démocratiques en sont le signe : contrairement à ce que pensent certains partisans de la « démocratie directe permanente », nous ne sommes pas sensés « voter de temps en temps en abandonnant notre pouvoir de citoyen entre deux élections à des privilégiés ». Bien au contraire, les élections tous les cinq ou six ans ne viennent que conforter et rythmer le rôle éminent du citoyen au quotidien.

    J’espère que la participation sera en hausse le 17 mai, et j’encourage depuis déjà plusieurs semaines mes concitoyens à se saisir de cette occasion pour s’exprimer.

    Je ne souhaite pas participer directement à la campagne, qui est principalement centrée sur des enjeux locaux. D’ailleurs, je m’entends très bien et travaille régulièrement avec les 36 conseillers de ma circonscription, quelles que soient leurs options politiques. Mais, je ne fais pas pour autant mystère de mon appartenance au Modem (nous avons des sortants et des candidats), ni de mon soutien à la majorité gouvernementale, comme je le fais depuis le début du mandat, ni plus, ni moins.

    Lesfrancais.press : Au cœur des préoccupations des Français transfrontaliers, dont notamment ceux de votre circonscription, la réforme de la fiscalité ! En effet, certains transfrontaliers seront particulièrement impactés par la réforme ? Le moratoire est-il la solution et pouvez-vous nous expliquer la méthodologie adoptée pour le rapport d’étude ?

    Frédéric Petit : Un moratoire n’est jamais une solution, c’est un moyen de construire.

    Je travaille en ce moment sur une quarantaine de cas concrets qui constituaient un angle mort de la réforme, effectivement surtout dans des situations de « transfrontaliers au quotidien ». Nous proposerons au gouvernement des pistes pour adapter la réforme ; les principes en sont bons, qui tendent à rendre comparables les règles de la fiscalité des revenus français (seuls concernés, on l’oublie trop souvent), que l’on soit d’un côté ou l’autre de la frontière. Cette réforme encourage également la transparence, et je crois que c’est un atout pour éviter les amalgames sur les Français à l’étranger que certains qualifient à tort d’‘éviteurs’ d’impôt…

    Lesfrancais.press : Parlons de votre circonscription. Elle est relativement large, mais surtout elle est très diverse avec de nombreux pays avec des problématiques totalement différentes. Comment aborder vous votre rôle de député, quelle est votre façon de rencontrer les Français de la circonscription et d’entendre leurs revendications ?

    Frédéric Petit : Ma circonscription comporte 16 pays européens, ce qui est une taille moyenne pour les circonscriptions de l’étranger. Je l’appelle parfois la circonscription du « cœur de l’Europe ». Elle comporte des pays germaniques (Allemagne, Autriche), des pays d’Europe centrale (Pologne, Roumanie, Tchéquie, Slovaquie, Hongrie) et des pays des Balkans (Bulgarie, Serbie, Croatie, Slovénie, Bosnie-Herzégovine, Albanie, Macédoine du Nord, Kosovo, Monténégro).

    Contrairement à une idée reçue, il y a une grande unité autour de la construction de l’Union européenne, entre le couple fondateur, les entrants de 2004, et les futurs adhérents…

    Je me déplace souvent et circule dans tous les pays de ma circonscription, ce qui demande une bonne organisation, mais j’ai la chance de ne jamais me retrouver à plus d’une ou deux heures de vol de Paris (lorsque je ne prends pas le train depuis l’Allemagne), ce qui est tout à fait raisonnable.

    Je m’efforce de rencontrer mes concitoyens aussi souvent que possible, sans pour autant délaisser le travail parlementaire. Mon agenda est d’ailleurs accessible en ligne. Outre les réunions publiques habituelles, j’organise chaque année depuis le début de mon mandat, un cycle d’ateliers de réflexion citoyenne. Je prévois à chaque fois, une dizaine de dates dans une demi-douzaine de pays et les différentes régions d’Allemagne. En 2017-2018, nos séminaires citoyens étaient consacrés au budget de l’Etat, en 2018-2019, à l’Europe (en partenariat avec des responsables politiques locaux), et en 2019-2020, nous avons choisi le thème de la transition écologique et associer les jeunes générations, particulièrement engagées sur le sujet du climat. De plus, nous avons mené l’an dernier 16 rencontres du Grand débat national dans douze pays (les comptes-rendus sont disponibles sur mon site Internet).

    J’utilise bien entendu les moyens modernes de communication à distance : tout citoyen peut m’écrire par email et suivre mon action sur les réseaux sociaux, sur mon site Internet ou en s’abonnant à ma lettre d’information. Tous les emails sont traités et pris en compte pour une réponse sur le fond (par exemple sur un sujet de réforme en cours ou de loi en discussion à l’Assemblée nationale) ou un renvoi aux autorités compétentes (notamment pour des questions qui dépendent des consulats).

    Je suis également très engagé dans le travail interparlementaire.

    En tant que membre de la commission des affaires étrangères, de l’assemblée parlementaire de l’OSCE et de nombreux groupes d’amitié parlementaires, je considère que j’ai également un rôle institutionnel à jouer dans la diplomatie parlementaire et la facilitation des échanges entre les différents pays de ma circonscription. En novembre 2019, j’ai par exemple célébré les 30 ans de la chute du rideau de fer en invitant à l’Assemblée nationale des parlementaires de l’ensemble des pays de ma circonscription, pour échanger sur ce qui nous rapproche, au-delà de nos différences politiques.

    Compte tenu de ma position au cœur de l’Europe, je suis sans doute plus sensible que la plupart de mes collègues à l’importance du projet européen pour notre avenir à tous. J’ai une conscience aigue du rôle fondamental que doit jouer le couple franco-allemand et de la coopération transfrontalière, des opportunités sous-utilisées du triangle de Weimar et de notre relation avec la Pologne, du dynamisme de la francophonie roumaine, de l’intérêt du groupe de Visegrad et de l’importance du renforcement de la présence française et européenne dans les Balkans.

     

    Lesfrancais.press : Une des problématiques des Français de l’étranger qui se retrouve partout est celle de l’éducation. Le Président est en la matière très ambitieux avec une volonté de doubler le réseau des lycées français. Certains, notamment parmi les syndicats, sont extrêmement sceptiques et voient en ceci une volonté de privatiser une partie importante du réseau. Etes-vous d’accord avec cette analyse ? Quelle est votre vision de l’avenir du réseau ? Quel rôle pourraient jouer les élus consulaires ?

    Frédéric Petit :

    C’est un beau projet et je crois que notre réseau d’enseignement français à l’étranger sera à la hauteur de cette ambition.

    Nous pouvons être fier de la « puissance éducative » de notre pays. Quel autre Etat au monde investit un demi-milliard d’euros chaque année pour soutenir et développer un réseau de plus de 500 établissements qui accueillent 360 000 élèves dans 137 pays ? Et je ne parle pas de la relance du Partenariat mondial de l’éducation en 2018…

    Là encore, le soutien de la communauté française, des parents-financeurs, des parents-décideurs, des citoyens engagés, est un levier déterminant. Ceux-ci jouent un rôle décisif dans la direction des établissements conventionnés et partenaires. J’aime à dire que ce sont des « héros » de la République.

    Au sein du réseau de l’AEFE, nous avons une grande majorité d’établissements conventionnés et partenaires, gérés par les parents d’élèves, et une minorité d’établissements gérés directement par l’Etat. Je pense que c’est un modèle mixte qui a fait ses preuves et qu’il est important de valoriser.

    En tant que rapporteur sur l’AEFE et sur le budget du programme budgétaire de la diplomatie culturelle et d’influence, je sais qu’il y a des débats. Je ne les fuis pas. Au contraire, je rencontre systématiquement, lors de mes visites à l’étranger, les lycées français, la direction, les parents d’élèves et le conseil d’administration, mais aussi les syndicats et représentants du personnel. Je crois à l’importance du dialogue et au respect mutuel dans nos désaccords. Je rejoins pleinement les syndicats des enseignants français à l’étranger pour défendre l’AEFE, son budget, son modèle de fonctionnement et ses valeurs. Je m’éloigne de leurs positions lorsqu’ils répandent parfois des rumeurs infondées et des contre-vérités dans des buts électoraux, ce qui a pu se produire lors de certaines élections internes aux établissements. Il est faux de dire que nous voulons « privatiser » l’enseignement français à l’étranger, qui est déjà largement géré par des acteurs privés et citoyens, en partenariat avec l’AEFE. Cela n’aurait d’ailleurs aucun sens, et je ne suis pas partisan du modèle anglo-saxon, dans lequel les frais d’écolages sont bien plus élevés. Oui, nous voulons agir main dans la main avec l’AEFE pour trouver des solutions lorsque des problèmes se posent et continuer à développer le réseau. Non, l’objectif de doublement n’est pas irréaliste. Oui, enfin, je suis convaincu qu’il est important d’essayer de négocier avec les autorités locales et de respecter les lois du pays d’accueil, pour créer des partenariats gagnants-gagnants avec une double reconnaissance de la formation par la France et par le pays d’accueil.

    Les élus consulaires sont déjà membres des conseils d’administration des lycées conventionnés à titre consultatif et c’est une excellente chose. Ils jouent un rôle important dans l’attribution des bourses. Ils savent aussi mobiliser leur expérience et leur réseau pour promouvoir de nouveaux projets éducatifs francophones en dehors des grandes capitales et des structures déjà existantes. Ils devront être associés de façon systématique aux « Plans Ecole » que chaque poste diplomatique est appelé à construire dans chaque pays. C’est un exemple de la vocation citoyenne de leur rôle d’élus à l’étranger.

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