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  • Le pari des ennemis de l’Europe

    Le pari des ennemis de l’Europe

    L’Europe a l’habitude des crises. Il s’agissait jusqu’alors de crises internes, crises de croissance. Cette fois, c’est différent : Jamais elle n’avait eu à affronter de crises extérieures, avec de vrais ennemis.

    La crise du coronavirus montre que beaucoup parient sur l’éclatement de l’Europe. La Russie, on le savait depuis l’origine, aimerait une Europe divisée. Elle essaierait ainsi de reprendre pied dans les pays de son ancien glacis, du moins le croit-elle. Alors qu’elle a perdu les pays qui ont rejoint l’Union Européenne, puis la Serbie, puis l’Ukraine, elle rêve encore de panslavisme.

    L’Europe a de vrais ennemis

    Les Etats-Unis, c’est nouveau, affichent de plus en plus leur éloignement, leur mépris, voire leur adversité. Jusqu’à présent, ils soutenaient l’Union Européenne, mais pensent qu’elle leur échappe. A juste titre. Le Royaume-Uni espère les rejoindre. Si l’Europe échoue et se divise, ils deviendront les brillants seconds de l’Amérique. La Turquie, poussée aussi bien par la Russie que par les Américains s’exercent à un chantage migratoire (en Grèce) et militaire (en Lybie). Quant à la Chine, elle avance pas à pas, sans croire que cette Objet Politique Non Identifié qu’est l’Union Européenne puisse compter sans force, sans parti, ni chef.

    Partout où il passe, le coronavirus montre que les Etats réagissent avec l’égoïsme naturel qui est le leur, à courte vue. Sur la crise sanitaire, même si chaque quidam a un avis alors que personne ne sait rien, il faudra attendre quelques mois au moins, la fin de la crise, pour faire le bilan des bonnes et des moins bonnes décisions. Pour l’instant, la catastrophe, heureusement, n’est pas certaine.

    Sur la crise économique et financière, en revanche, on sait déjà que l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique, la France, tous les pays en somme, vont devoir affronter une crise économique, financière et sociale. La mise en panne de l’activité a déjà des conséquences. Qui paiera, et comment ?

    L’Italie en danger

    L’Italie peut elle faire face à une nouvelle crise financière ? Et la France ? Le gouvernement pense que la crise actuelle coutera plusieurs dizaines de milliards. L’Allemagne envisage une récession. Pourtant, elle est la seule à pouvoir apporter, avec ses excédents, garantie financière (pour les dettes) et investissements (pour l’activité). Le fera-telle ?

    L’Allemagne a toujours refusé de prendre ses responsabilités de première puissance européenne. Elle. L’économie l’y obligera-t-elle ? Sinon, peut-elle envisager l’Europe sans l’Italie ? Et la France ? Car la situation de la dette française suit la pente italienne et non celle de l’Allemagne.

    Le choix de l’Allemagne pour ou contre l’Europe

    Ce serait bien sûr son intérêt, car les succès économiques allemands n’existeraient pas sans la construction européenne. Mais l’Allemagne comprendra-t-elle à temps, c’est-à-dire maintenant ? Merkel est sur le départ, sans successeur. L’AFD, créé initialement contre l’Euro, menace le système politique allemand. Les Verts, qui remplacent la gauche allemande, sont obligés de s’en remettre au gaz russe contre le nucléaire et à un antimilitarisme qui les met paradoxalement dans la main … des Américains. Ils votent régulièrement contre les programmes de défense européenne.

    Des forces politiques et financières contre l’Europe

    Drôle de période pour l’Europe. La Commission débloque des milliards, la Banque centrale aussi, mais tout crédit est une affaire de confiance. C’est le même mot. Qui a confiance en l’Allemagne en cas de crise financière en Italie ? D’autant que le gouvernement italien n’a pas de véritable assise électorale et qu’il inspire une confiance modérée.

    Pour la première fois, de grandes forces se coalisent à travers le monde contre l’Europe. Des forces politiques et financières. Ici la guerre en Syrie, la crise migratoire, les batailles du pétrole et du gaz, là-bas une pandémie qui ferme le commerce et les frontières, enfin une dette qui explose. Etats-Unis, Royaume-Uni, hier alliés, attendent la faille financière et la dislocation politique. Seule l’Allemagne a la capacité d’assurer la cohésion européenne. Elle est forte, mais sa solitude en fait le maillon faible. A la France de la convaincre.

  • Mobilisation internationale face à la crise économique

    Mobilisation internationale face à la crise économique

    Cantonnée du mois de novembre à février à la Chine, voire à une région de Chine, la diffusion rapide du coronavirus semble avoir pétrifié dans un premier temps les pouvoirs publics. L’absence de précédent et les interrogations sur sa dangerosité expliquent le retard pris au début de la crise.

    Dans un premier temps, la crainte d’apeurer la population et d’affoler les marchés a certainement joué. L’accumulation de mauvaises nouvelles en provenance d’Italie et la multiplication des décès ont changé la donne en ce milieu de mois de mars. La crise est devenue totale : sanitaire, économique (offre, demande) et financière.

    Les dirigeants des différents pays sont tenaillés entre la mise en œuvre de politique à tendance nationaliste et la nécessité de jouer sur la coordination et la coopération internationale. Face aux défis de santé publique, le chacun pour soi a d’abord été de mise. En fin de semaine, plusieurs initiatives ont été prises par de nombreux Etats et organismes internationaux afin de limiter l’impact économique et social de cette crise sans précédent.

    L’Etat d’urgence aux Etats-Unis

    Vendredi 13 mars, le Président américain Donald Trump a décrété l’état d’urgence nationale. Cette décision permet de débloquer près de 50 milliards de dollars en faveur des Etats pour faire face à l’épidémie. L’action sera ainsi coordonnée par la Federal Emergency Management Agency (Fema), qui a l’habitude de venir en aide aux victimes d’ouragans et d’inondations. L’agence pourra assister les autorités locales. L’état d’urgence permet aussi aux hôpitaux de contourner certaines restrictions pour faire face à la situation.

    L’Allemagne sort du bois

    Les ministres allemands de l’Economie et des Finances, Peter Altmaier et Olaf Scholz, ont déclaré que « toutes les armes sont sur la table » et que « nous ferons tout ce qui est nécessaire pour protéger les entreprises et les emplois ». Ils ont prévenu que les mesures coûteront « des dizaines de milliards d’euros ». La possibilité de recourir à l’endettement n’est plus un tabou. Comme en France, l’objectif est d’assurer les acteurs économiques du soutien déterminé du gouvernement pour qu’ils maintiennent leur activité. Le dispositif de chômage partiel qui avait bien fonctionné en 2008, est réamorcé. Un bouclier en faveur des entreprises a été adopté. Il prévoit des facilités fiscales, notamment des reports d’impôts à hauteur de plusieurs milliards d’euros, mais aussi et surtout un programme illimité de crédits pour assurer la liquidité des entreprises. Une enveloppe de 500 milliards d’euros de crédits sera dégagée. L’idée de nationaliser des entreprises en difficulté est également prévu pour éviter un effet domino au sein des secteur stratégiques.

    La France, la santé publique, les entreprises et l’emploi

    En France, le Président de la République a annoncé, lors de son intervention jeudi 12 mars, que la priorité était la santé publique. Il a également souligné que le Gouvernement veillerait à soutenir l’économie pour éviter une paralysie du pays et pour faciliter la reprise. Plusieurs mesures économiques exceptionnelles sont prises afin d’atténuer les effets de la crise pour les entreprises et les salariés. Ainsi, les entreprises qui le souhaitent pourront également « reporter sans justification, sans formalité, sans pénalité, le paiement des cotisations et impôts dus en mars ». Le chômage partiel sera facilité avec une prise en charge possible de l’Etat. 5 117 entreprises ont déjà demandé à bénéficier du chômage partiel pour un total de 80 000 salariés et un coût de 242 millions d’euros selon le Ministre de l’Economie. Ces chiffres devraient augmenter fortement dans les prochains jours.

    Jusqu’à présent, le chômage partiel était indemnisé pour le salarié à hauteur de 70 % du salaire brut et 84 % du salaire net. La prise en charge par l’Etat n’était effectuée qu’à hauteur du Smic. Le Président de la République a indiqué le dispositif serait déplafonné.

    Emmanuel Macron a également promis la mise en place d’un plan de relance national et européen et a indiqué que la dégradation des comptes publics était inévitable. En l’état de la situation financière, il est difficile d’apprécier le coût de la crise. Ce dernier sera fonction de la durée de l’épidémie et de son ampleur.

    La suspension de la règle des 3 %

    En Europe, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a garanti vendredi une « flexibilité maximale » dans l’application des règles communautaires sur les déficits et sur les aides d’Etat. Elle a porté à 37 milliards d’euros le montant du fonds européen de soutien aux entreprises.

    Les banques centrales à la manœuvre

    Les banques centrales ne peuvent pas tout mais elles sont des acteurs clefs dans cette crise. En tant que banquiers en dernier ressort, elles doivent calculer au mieux leurs décisions en fonction des besoins des économies sachant qu’elles ont notamment comme missions d’assurer la liquidité ainsi que la pérennité de la sphère financière. Leurs décisions sont décortiquées en temps réel par les investisseurs au point de surréagir.

    Après avoir baissé de 0,5 point ses taux directeurs la semaine dernière, la Fed a annoncé jeudi 12 mars qu’elle injecterait un total de 1 500 milliards de dollars en trois tranches pour éviter des perturbations inhabituelles sur le marché. Les investisseurs anticipent, par ailleurs, une nouvelle baisse des taux directeurs américains mercredi prochain.

    La réunion de la Banque centrale européenne du jeudi 12 mars était attendue après celle de la FED de la semaine dernière qui avait abouti à une diminution des taux de 0,5 point. Il y a quelques jours, Christine Lagarde avait affirmé face aux chefs d’Etat et de gouvernement européens que la Banque centrale européenne était prête à utiliser tous les outils à sa disposition pour limiter, autant que possible, les conséquences économiques de l’épidémie de coronavirus. Contrairement aux attentes de nombreux investisseurs, la BCE a décidé de maintenir inchangé ses taux. Le taux de dépôt reste ainsi fixé à -0,5 %, ce qui constitue un niveau bas historique. Elle a, en revanche, annoncé des mesures en faveur du système bancaire et des Etats souverains. Ainsi, la BCE offrira aux banques commerciales de nouveaux prêts et des taux encore plus favorables sur les liquidités mises à leur disposition, et elle envisage d’ajouter une enveloppe supplémentaire pour ses achats d’actifs sur les marchés de 120 milliards d’euros d’ici la fin de l’année, ce qui devrait faciliter le financement des Etats.

    En injectant ces liquidités, la banque centrale devrait maintenir à des niveaux très bas les coûts d’emprunt des Etats et des entreprises.

    Cette augmentation n’est pas sans poser des problèmes. En effet, elle ne peut pas acheter plus d’un tiers d’une ligne d’obligation émise par un Etat. Comme la dette de l’Allemagne s’est réduite ces dernières années, la BCE risque d’atteindre assez rapidement ce plafond sachant que la répartition des rachats est proportionnelle aux poids des Etats de la zone euro.

    Les décisions de la BCE ont été mal comprises par les investisseurs qui souhaitaient une baisse des taux. Or, actuellement, la crise du coronavirus fait peser plutôt un risque de solvabilité tant pour les administrations publiques que le secteur privé. Les taux sont déjà à un niveau extrêmement bas. Les entreprises ne se lanceront pas dans des investissements importants tant que l’épidémie ne sera pas jugulée.

    L’important est de passer le cap de la crise sans tensions financières importantes. Dans ce contexte, la BCE a fait preuve de sagesse et de courage. La décision de la FED de baisser ses taux n’a eu qu’un effet passager et n’a pas empêché la forte baisse des marchés constatée depuis lundi 9 mars. François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France et membre du conseil de la BCE, a déclaré vendredi 13 mars sur Radio Classique que « s’il y a des risques de fragmentation dans la zone euro nous utiliserons toutes les flexibilités possibles. Nous l’avons déjà fait dans le passé et le ferons à l’avenir chaque fois que cela est nécessaire ». Par ce discours, il confirme le rôle de banquier en dernier ressort de la BCE.

    La banque centrale norvégienne a annoncé également vendredi une baisse surprise de 50 points de base de son principal taux directeur à 1%. Pour enrayer la chute des marchés, vendredi 13 mars, la Banque du Japon a injecté des liquidités sur le marché bancaire et offert de racheter 1,9 milliard de dollars d’obligations. Elle a par ailleurs annoncé l’achat de plus de 101 milliards de yens (10,4 milliards de dollars) d’ETF (trackers qui répliquent les indices boursiers).

  • Cent semaines avec vous

    Cent semaines avec vous

    Voici la centième édition de l’hebdo digital lesfrancais.press. La semaine dernière, 96.000, lecteurs 478.000 pages vues sur notre site. : 26.000 par jour sur notre page Facebook.  Vous êtes de plus en plus nombreux à lire notre hebdomadaire, envoyé à plus de 300.000 abonnés. En cent semaines, c’est une progression spectaculaire. En dix-huit mois, plus de 1.2 Millions de visiteurs uniques. Plus d’un quart des Français d’Amérique, du Royaume-Uni ou du Benelux nous suivent (selon Google).

    Pourquoi ? Vous avez besoin de plus d’information. Une information, ciblée et diverse, qui multiplie les sujets et les points de vue.

    Analyser les budgets qui concernent la vie des lycées français à l’étranger, les subventions aux associations, les élections consulaires, le vote électronique, la fiscalité appliquée en France aux expatriés ou dans leur pays de résidence, suppose de donner la parole à beaucoup d’interlocuteurs : avoir des nouvelles des Français de l’étranger par les Français de l’étranger. C’est notre principe.

    Et personne ne vous a décortiqué certains dossiers comme nous l’avons fait, que ce soit par exemple sur le budget ou les subventions, parce qu’on ne se contente pas de reprendre les informations qui nous sont données.

    Comment ? Tout d’abord grâce à notre équipe de correspondants  coordonnée par Fabien Ferasson, de Bruxelles qui travaille en équipe avec la French Radio, déployée à Lisbonne, à Amsterdam, à Hong Kong, demain à Tel Aviv, Madrid, Bruxelles. Ensuite grâce à nos partenaires : Trait d’Union, en Asie, Euractiv, mais aussi l’agence d’analyse économique Lorello Ecodata.

    Si les Français de l’étranger doivent avoir des informations qui touchent leur vie quotidienne, ils ont aussi besoin d’avoir un regard sur le monde. Les Français qui vivent hors de France sont en effet plus sensibles- et plus ouverts- sur les soubresauts du monde.

    Nous proposons des analyses politiques, diplomatiques, économiques originales, que l’on ne trouve pas ailleurs.

    Par exemple, dés le début de la crise du coronavirus, lesfrancais.press ont alerté sur les difficultés des Français de Wuhan, la mobilisation des Consulats, mais aussi sur les conséquences économiques, notamment sur le cours du pétrole et la crise financière qui ne manqua pas de se produire. Il faut suivre le jeu des acteurs – et les manipulations.

    Aujourd’hui, lesfrancais.press s’interrogent sur la capacité de résistance et de solidarité de l’Europe dans la crise. L’Italie est en première ligne, avec l’Espagne. La France est fragile. L’unité de l’Europe dépend de la réponse allemande face à la crise économique annoncée.

    Notre ambition est de devenir le premier réseau indépendant de media de proximité pour les expatriés et le public francophone. Notre force est là : nous sommes indépendants. Et divers. Nous ne craignons pas de publier des analyses d’horizons différents. Toutes les tendances politiques s’expriment chez nous. Et ont aussi le droit d’être critiqués.

     

    Nous souhaitons aller plus loin. Chaque jour nous publions de nouveaux articles. Nous avons testé une Lettre premium, tout d’abord en Amérique du nord, où nous avons notre lectorat le plus important (200.000). Nous travaillons désormais à la diffusion d’une lettre quotidienne dans le monde entier. Et à la création d’un club, très bientôt. Cela demande beaucoup de travail, d’investissements et de retours. C’est pourquoi n’hésitez pas à nous faire de suggestions et des propositions.

     

    Bientôt, malgré le coronavirus, les élections consulaires. Nous souhaitons qu’elles soient maintenues. Les Français de l’étranger peuvent voter à distance, par le vote électronique, et il est important qu’ils montrent qu’ils existent.

     

    C’est aussi pour cela que nous avons créé lesfrancais.press. Les Français de l’étranger sont trop souvent oubliés. Or ils sont en première ligne. C’est ce qui rend toute vie à l’étranger passionnante : on y apprend autant sur la France que sur son pays de résidence.

     

    Dans 100 numéros, que sera le monde ? Il ne sera ni sans vous, ni sans nous ! Parce que quoiqu’il arrive, ce sera inédit, inquiétant, nouveau, passionnant, et qu’on a tous quelque chose à y faire – ou, comme nous, à décrire.

  • Municipales 2020 : taux d’abstention, doute sur le second tour, échec de l’implantation du parti présidentiel

    Municipales 2020 : taux d’abstention, doute sur le second tour, échec de l’implantation du parti présidentiel

    Parmi les quelque 47,7 millions d’électeurs appelés à élire leur maire, moins de la moitié aura au final glissé un bulletin dans l’urne, dans une ambiance générale surréaliste après que le gouvernement a décrété samedi soir la fermeture de tous les «lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays».

    Un chiffre historique pour un scrutin généralement mobilisateur chez les Français, en dépit d’une lente érosion d’un mandat à l’autre: en 2014, l’abstention avait été de 36,45% au 1er tour. Une forte interrogation pèse désormais sur la tenue du second tour, dimanche prochain, dans un pays où l’épidémie (127 morts et 5.423 cas dimanche soir) n’en est qu’à ses débuts, selon tous les spécialistes.

    Dans ce contexte, Edouard Philippe a annoncé depuis Le Havre qu’experts scientifiques et partis politiques seraient consultés «en début de semaine», en espérant obtenir un «consensus républicain» autour de la tenue ou non du second tour.

    Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, a d’ores et déjà appelé au report, l’heure étant à la «guerre sanitaire», mais elle souhaite «considérer comme acquises» les victoires du 1er tour. Le chef des députés LR Damien Abad, et Yannick Jadot (EELV) ont également demandé à différer le scrutin.

    Alors que les premiers résultats donnent une avance plus forte que prévu à Anne Hidalgo à Paris (30%) et confirment la vague écologiste née aux Européennes, notamment à Lyon, Bordeaux et Strasbourg, les regards sont tournés vers Le Havre, fief d’Edouard Philippe, où celui-ci est mis en ballottage avec 43,59% des voix par le communiste Jean-Paul Lecoq (35,87%).

    Le Premier ministre, qui avait été élu au 1er tour en 2014, est sous la menace d’une large coalition face à lui: son adversaire parviendra-t-il à capitaliser sur le vote sanction pour attirer les voix de l’écologiste Alexis Deck (8,28%) et du candidat du Rassemblement national Frédéric Groussard (7,31%), qui devraient ne pas pouvoir postuler au deuxième tour ? Battu, sa position à Matignon deviendrait intenable.

    «Important de voter»

    Plus largement, M. Philippe est soumis à une intense pression après avoir choisi de maintenir ce premier tour malgré le contexte sanitaire qui n’épargne pas la classe politique, à l’image du président des Républicains Christian Jacob, testé positif au coronavirus dimanche.

    Selon le constitutionnaliste Didier Maus, interrogé par l’AFP, un report du second tour conduirait à annuler le résultat du premier tour, et obligerait les électeurs à revoter pour les deux tours

    Le président Emmanuel Macron a souligné dimanche qu’il était «important de voter dans ces moments-là», après s’être rendu dans l’isoloir avec son épouse Brigitte au Touquet.

    Le ministère de l’Intérieur a indiqué que tous les bureaux de vote du territoire avaient pu ouvrir, au prix d’un respect scrupuleux des consignes de distanciation et de priorisation des personnes âgées et fragiles, et en dépit de difficultés dans nombre d’endroits.

    Dans ce contexte inédit, l’attention portée aux premiers résultats est diluée. Pourtant, le scrutin est crucial pour Les Républicains, arrivé largement en tête en 2014, comme pour le Parti socialiste mis en déroute aux dernières élections nationales.

    La bonne nouvelle pour le PS est venue de Paris où la sortante Anne Hidalgo était créditée d’une solide avance (autour de 30%), bien au-delà de ce que lui prédisaient les sondages, sur la candidate LR Rachida Dati (22%) et l’ancienne ministre de la Santé LREM Agnès Buzyn (17%).

    Le RN en tête à Perpignan

    La candidate LR à Marseille Martine Vassal, confrontée à une dissidence, était pour sa part donnée au coude-à-coude avec la liste de gauche de Michèle Rubirola, devant Stéphane Ravier (RN). A Toulouse, le sortant Jean-Luc Moudenc, soutenu par LR et LREM, était pour sa part bien placé (35,3%).

    Mais dans la Ville Rose comme dans de nombreuses autres grandes villes, les écologistes ont enregistré une forte poussée, comme à Bordeaux, Strasbourg, Lyon, Grenoble ou encore Besançon, où les candidats estampillés EELV sont en tête, créant parfois la surprise. A Rennes (25%), Lille (23,5%) Nantes (19%), ils s’affirment aussi comme d’avantage que des forces d’appoint pour les maires sortantes PS Nathalie Appéré (32%), Martine Aubry (30%) et Johanna Rolland (32%)

    Le Rassemblement national semble pour sa part bien parti pour conquérir Perpignan, puisque le candidat Louis Aliot était en tête à 36%. Le RN a aussi fait réélire dès le premier tour ses places fortes de Fréjus et Hénin-Beaumont, mais ne semblait pas en mesure d’enlever Denain.

    Parmi les dix membres du gouvernement impliqués dans ces élections, Gérald Darmanin, tête de liste, à Tourcoing (Nord) a été réélu dès le 1er tour, tout comme Franck Riester à Coulommiers (Seine-et-Marne). Le ministre de la Culture est toujours à l’isolement après avoir été contaminé au coronavirus.

    Mais ces succès ne devraient pas masquer les difficultés de La République en marche qui ne paraissaient pas en mesure d’enlever une grande ville.

    La barre relativement basse (10% des suffrages exprimés au 1er tour), au-dessus de laquelle une liste peut se maintenir, devrait se traduire par une multiplication des triangulaires, voire des quadrangulaires, au second tour. Les candidats autorisés à se maintenir auront jusqu’à mardi 18H00 pour trouver des alliés ou fusionner leurs listes en vue du second tour. S’il a lieu.

  • AEFE : les mesures prises dans le réseau scolaire français à l’étranger

    AEFE : les mesures prises dans le réseau scolaire français à l’étranger

    224 écoles et lycées ont été fermés provisoirement, pour certains en Asie depuis deux mois.

    Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères,  a demandé l’Agence des Etablissements Français de l’Etranger (AEFE) de mettre en place des mesures, en liaison permanente avec le centre de crise et de soutien et avec la direction générale de la mondialisation du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, et avec les ambassadeurs. Ces mesures sont adaptées au changement du contexte et par nature évolutives.

    Les principales mesures qui ont été prises sont les suivantes :

    Fermeture d’établissements ou mesures de quarantaine

    Partout où cela a été nécessaire, les ambassadeurs ont décidé la fermeture des établissements en liaison avec nous, soit lorsque les autorités locales le demandaient dans le cadre de mesures générales pour tous les établissements scolaires du pays, soit lorsque une suspicion de cas ou un cas avéré (ils ont heureusement été très rares) parmi la communauté scolaire l’imposait. Le principe de l’agence a toujours été celui du risque zéro pour la communauté scolaire.

    Ailleurs, lorsque l’établissement peut être maintenu en activité, il a été demandé aux équipes de renforcer les mesures préventives qui doivent être suivies par toutes et tous avec la plus grande rigueur.

    Tous les établissements, en l’absence de règles édictées par les autorités locales, doivent appliquer une règle de mise en quatorzaine pour les personnels ou les élèves venant de zones de circulation active du virus, suivant les règles édictées par le ministère de la Santé. Ces règles valent pour tout élève ou tout personnel revenant de France métropolitaine, sans distinction de région.

    Annulation des festivités pour les 30 ans de l’AEFE

    Tous les événements majeurs qui devaient se tenir jusqu’en juin  dans le cadre de la célébration du 30e anniversaire de l’AEFE, ont été annulés : Orchestre des lycées français du monde, Ambassadeurs en herbe, Jeux internationaux de la jeunesse. Seul le rassemblement des boursiers Excellence-Major fin juin à Science Po est maintenu pour le moment.

    Mais concernant le système ADN d’échanges des jeunes lycéens entre établissements du réseau, tous les échanges qui ne sont pas encore réalisés sont suspendus. S’agissant des élèves qui sont déjà arrivés dans leur famille d’accueil, les  proviseurs des lycées concernés doivent prendre contact avec les familles d’envoi et d’accueil pour vérifier si elles souhaitent poursuivre l’échange ou si elles souhaitent y mettre fin prématurément.

    Mise en place d’un enseignement à distance

    Mais l’Agence, opérateur de l’État en charge du bon fonctionnement de l’ensemble du réseau, s’est aussi attachée immédiatement à mettre en place un dispositif de continuité pédagogique pour pallier la fermeture physique des établissements. Dès le 4 février, avec le soutien du CNED, les équipes de direction et les enseignants des lycées fermés en Asie les modules pédagogiques ont pu développer des solutions informatiques pour permettre, autant que possible, aux  élèves de continuer de travailler. Ce dispositif fonctionne dans certains lycées depuis huit semaines, depuis vendredi 13 Mars 2020 toutes les équipes de direction des 522 lycées ont reçu un kit pour leur permettre de le mettre en place le plus rapidement possible si leur établissement venait à être fermé.

    Infographie sur les gestes barrières, gestes simple pour se protéger et protéger les autres

  • Quarantaines, confinements, fermeture des frontières, le point sur les mesures dans le globe !

    Quarantaines, confinements, fermeture des frontières, le point sur les mesures dans le globe !

    Pour se protéger face au coronavirus, de nombreux pays se replient sur eux-mêmes. Fermeture de frontières, suspension des liaisons aériennes… Différentes méthodes ont été choisies à travers la planète pour enrayer la propagation de la pandémie.

    Tout d’abord conseillé d’éviter de se rendre dans les zones où le virus (Covid-19) circule activement (le ministère de la santé a établi une liste des zones à risque sur son site), en attendant que la situation se rétablisse.

    Mais la France est elle-même une zone à risque. Détenteur d’un passeport français vous êtes donc suspect !

    Si vous êtes résident d »un pays où le coronavirus est absent ou quasi-absent, vous avez une chance de pouvoir circuler plus facilement. Pour cela, il vous faut vous munir de vos attestations de résidence, de preuve d’imposition, de preuve de domicile (acte de propriété, facture d’internet et d’énergie), du maximum d’élément pouvant démontrer aux autorités que vous ne résidez pas en France ou dans un des pays dit à risque. La décision finale reste la prérogative de l’agent des douanes qui contrôlera la frontière lors de votre passage.

    Si vous venez d’un pays à risque et que vous disposez que d’un passeport français, voilà les pays où vous ne pouvez plus voyager ou avec beaucoup de difficulté.

    L’Italie

    L’Italie est presque coupée du monde en raison des mesures de confinement concernant ses résidents. Aucune restriction n’empêche de passer la frontière mais les déplacements sont limités sur tout le territoire, sauf pour des raisons professionnelles attestées ou de première nécessité.

    Le Portugal

    Le Portugal n’empêche pas officiellement l’entrée des touristes, mais le pays a déclaré l’état d’alerte. Outre la fermeture de tous les établissements d’enseignement, universités comprises, jusqu’au 14 avril prochain pour le moins, ce plan prévoit la limitation de l’accès des centres commerciaux, ainsi que la réduction de la capacité des restaurants.

    L’Espagne

    Avec plus de 5.000 malades et 130 morts, l’Espagne est le deuxième pays le plus touché d’Europe et le gouvernement de Pedro Sanchez s’apprête à placer ses 47 millions d’habitants en situation de confinement. A partir de lundi, les Espagnols seront appelés à ne se déplacer que pour aller travailler, acheter des vivres ou aller à l’hôpital.

    S’il n’est pas question de fermer les frontières, c’est donc un territoire en situation d’urgence – transports publics limités, commerces fermés, usines réquisitionnées – que trouveraient des Français qui décideraient de se rendre en Espagne à compter de la semaine prochaine.

    Le Danemark

    La cheffe du gouvernement danois a annoncé le 13 mars la fermeture des frontières du pays aux étrangers à partir de samedi 14 mars.

    La Norvège

    L’exécutif norvégien a officialisé ce samedi la fermeture imminente de ses ports et de ses aéroports.

    La République tchèque

    Le gouvernement tchèque a annoncé que les frontières du pays seraient fermées tant aux étrangers voulant entrer dans le pays qu’aux Tchèques voulant partir à l’étranger, à compter de lundi 16 mars.

    La Pologne

    A partir du samedi 14 mars, la Pologne a décidé de fermer ses frontières aux voyageurs étrangers pour endiguer la propagation du virus. Les frontières sont fermées dans un premier temps pour dix jours, avec la possibilité de prolongation de 20 jours supplémentaires, puis d’un mois. 

    L’Autriche

    Vendredi 13 mars, l’Autriche a suspendu ses liaisons ferroviaires, quasiment fermé sa frontière terrestre avec l’Italie et impose depuis des contrôles sanitaires à l’entrée. Les liaisons aériennes avec l’Italie, la France, l’Espagne et la Suisse sont suspendues. Ces restrictions sont en vigueur pour une semaine, au terme de laquelle une évaluation sera faite.

    Slovaquie

    La Slovaquie a annoncé la fermeture quasi totale des frontières aux étrangers, prévoyant seulement une exception pour les Polonais.

    L’Ukraine

    L’Ukraine, qui a annoncé vendredi son premier mort du coronavirus parmi seulement trois cas recensés, va fermer ses frontières aux étrangers pour au moins deux semaines

    L’Allemagne

    La police allemande effectue des contrôles renforcés à la frontière française.

    La Belgique

    Il est possible de se rendre en Belgique mais les discothèques, cafés et restaurants sont fermés jusqu’au 3 avril. Hors alimentation et pharmacie, les magasins devront rester fermés le week-end. Tout rassemblement est prohibé.

    Grèce

    La Grèce n’a pas fermé ses frontières mais a annoncé qu’elle fermait tous ses commerces, cafés, restaurants, ainsi que ses musées et sites archéologiques.

    Malte

    Après l’Italie, les autorités maltaises ont annoncé la suspension de tous leurs vols avec la France, l’Allemagne, la Suisse et l’Espagne à compter du 11 mars.

    Chypre

    Les autorités chypriotes ont annoncé qu’à compter du 15 mars, pour une durée de 15 jours, les frontières du pays seront fermées, exception faite des citoyens chypriotes.

    Turquie

    Vendredi, la Turquie a annoncé la suspension pendant plus d’un mois de ses vols avec neuf pays européens, dont la France et l’Allemagne.

    Les Etats-Unis

    Aux Etats-Unis, avec plus de 2.000 cas et au moins 47 morts, Donald Trump a interdit l’accès du territoire américain à tout étranger ayant séjourné dans les deux semaines dans l’un des 26 pays de l’espace Schengen. Cette mesure est valable pendant trente jours à compter du vendredi 13 mars à minuit.

    Colombie

    La Colombie a fermé sa frontière avec le Venezuela et refuse l’entrée sur son territoire aux voyageurs ayant séjourné en Europe ou en Asie au cours des 14 derniers jours.

    Paraguay

    Au Paraguay, la Direction nationale de l’aviation civile a annoncé jeudi la suppression à partir de samedi et jusqu’à nouvel ordre des vols directs depuis et vers l’Europe.

    Argentine

    L’Argentine, où 31 cas ont été comptabilisés, a annoncé la suspension pour 30 jours des vols internationaux en provenance des pays les plus touchés. Les ressortissants français, comme les Britanniques ou les Chinois, se voient par ailleurs imposer une quarantaine de 14 jours à leur entrée sur le territoire.

    Guatemala

    Depuis le 12 mars et pour une durée indéfinie, les autorités du Guatemala interdisent l’entrée sur le territoire aux voyageurs ayant transité par une liste de pays dont la France, l’Allemagne ou la Corée du Sud dans les 30 jours précédant leur arrivée.

    Pérou

    Le Pérou, où 22 personnes sont infectées par le coronavirus, a suspendu à partir de vendredi 13 mars l’arrivée des vols en provenance d’Europe et d’Asie.

    Bolivie

    En Bolivie, pays andin sans accès à la mer où trois cas de coronavirus ont été confirmés chez des personnes en provenance d’Europe, le gouvernement a annoncé l’annulation de tous « les vols vers et depuis l’Europe » à compter de samedi 14 mars.

    Venezuela

    Le Venezuela, qui traverse par ailleurs une crise profonde depuis plusieurs années, a annoncé la suspension des vols en provenance d’Europe jusqu’au 15 avril.

    Jamaïque

    Comme les Allemands et les Espagnols, les voyageurs français sont pour le moment interdits d’entrée en Jamaïque.

    Salvador

    A compter du 12 mars, l’accès au territoire du Salvador est interdit pour 30 jours à tous les étrangers.

    Arabie Saoudite

    L’Arabie saoudite suspend tous les vols internationaux pour une durée de deux semaines, à partir de dimanche 15 mars.

    Jordanie

    Les autorités jordaniennes ont décidé d’interdire l’entrée sur leur territoire de toute personne arrivant de France, d’Espagne et d’Allemagne, à l’exclusion des Jordaniens.

    Israël

    Les étrangers ne sont plus autorisés à entrer en Israël, à l’exception de ceux prouvant qu’ils ont la possibilité de rester en isolement. Ils devront observer une quarantaine de deux semaines.

    Qatar

    A compter du 15 mars, l’entrée sur le territoire qatarien des passagers en provenance de France et d’Allemagne, quelle que soit leur nationalité, n’est plus possible.

    Liban

    Le 11 mars, les autorités libanaises ont annoncé l’interdiction d’entrée des voyageurs en provenance de plusieurs pays, dont la France.

    Oman

    Jusqu’au 15 avril, le sultanat a suspendu tous les visas touristiques pour tous les étrangers.

    Koweït

    Le Koweït a suspendu tous les vols commerciaux à destination et en provenance de l’aéroport international de Koweït City « à partir de vendredi 13 mars et jusqu’à nouvel ordre ».

    Iran

    En Iran, où l’épidémie est en pleine explosion, la quasi-totalité des compagnies aériennes internationales ont annulé ou suspendu leurs vols en provenance ou à destination du pays.

    Chine

    A partir de lundi, toutes les personnes entrant à Pékin en provenance de l’extérieur du pays seront transférées dans un centre d’isolement central pour 14 jours d’observation, a déclaré Chen Bei, secrétaire général adjoint du gouvernement municipal de Pékin, alors que le pays se démène pour empêcher d’autres cas importés.

    « Certaines personnes étaient asymptomatiques lorsqu’elles sont arrivées à Beijing, mais ont été confirmées [avec le coronavirus] plusieurs jours plus tard lorsque les symptômes se sont manifestés », a déclaré Chen dans Beijing News.

    Inde

    Par précaution, New Delhi a adopté cette semaine des mesures drastiques de fermeture de ses frontières. Presque toutes les délivrances de visas sont suspendues, empêchant les étrangers – à quelques exceptions près – d’entrer sur le territoire.

    Vietnam

    Les autorités vietnamiennes ont annoncé qu’à compter du 15 mars, toute personne en provenance de l’espace Schengen dans les 14 jours se verra refuser l’accès au territoire vietnamien.

    Mongolie

    La Mongolie a suspendu toutes les liaisons aériennes et ferroviaires internationales jusqu’au 28 mars inclus.

    Russie

    Les autorités russes ont annoncé réduire à partir de lundi 16 mars le nombre de liaisons aériennes avec l’Union européenne. Depuis le 5 mars, tous les Français débarquant dans le pays sont par ailleurs soumis à isolement obligatoire pendant quatorze jours.

    Kazakhstan et le Kirghizstan

    Depuis cette semaine, les Français n’ont plus le droit d’entrée au Kazakhstan et au Kirghizstan.

    Sri Lanka

    Jusqu’au 29 mars, tous les voyageurs en provenance de France sont interdits d’entrée sur le territoire sri lankais.

    Singapour

    Toutes les personnes ayant voyagé ou transité en France, en Allemagne, en Espagne et en Italie au cours des 14 derniers jours sont interdites d’entrée à Singapour.

    Maroc

    Le Maroc, qui ne recense que huit cas, a suspendu subitement ses liaisons maritimes et aériennes avec la France cette semaine. Les ressortissants français présents dans le pays vont toutefois pouvoir rentrer en France par avion, a annoncé ce dimanche Jean-Yves Le Drian.

    Tunisie

    A compter de samedi 14 mars et jusqu’au 4 avril, la Tunisie a fermé ses frontières maritimes et restreint fortement les dessertes aériennes avec l’Europe et l’Egypte, obligeant tous les voyageurs venant de l’étranger à s’isoler durant 14 jours à leur arrivée.

    Algérie

    La compagnie nationale Air Algérie a décidé de réduire fortement ses vols de et vers la France.

    Soudan du Sud

    Le Soudan du Sud a interdit jusqu’à nouvel ordre tous les vols en provenance des principaux pays touchés.

  • Maroc : Vols spéciaux pour les touristes et expatriés

    Maroc : Vols spéciaux pour les touristes et expatriés

    « Une quarantaine de vols vers la France sont opérés aujourd’hui et demain depuis plusieurs villes marocaines, et d’autres suivront dans les jours qui viennent pour permettre aux Français de rentrer.  » a annoncé sur son site l’ambassade de France ce dimanche midi.

    « faciliter le retour de nos compatriotes ». Jean-Yves Le Drian

    Procédure de désinfection à l’aéroport de Rabat

    Alors que les mesures restrictives liées au coronavirus sont de plus en plus nombreuses partout dans le monde, la situation semble se dégager pour les touristes et expatriés bloqués au Maroc. Les compagnies aériennes comme Transavia (filiale low-cost d’Air France) se mobilisent pour permettre un retour. L’ambassade de France au Maroc qui, comme d’autres, a ouvert une cellule de crise, a indiqué sur son compte twitter avoir répondu à plus de 7.000 appels entre vendredi et samedi. Et pourtant, le mécontentement est grand, avec sa grande communauté d’expatriés et ses nombreux touristes, le réseau consulaire, pourtant dense, est totalement dépassé par le volume de personnes à prendre en charge.

    Depuis vendredi, les touristes français ont donc tenté leur chance en regagnant l’aéroport de Marrakech, de Casablanca ou Rabat, souvent, en vain. Des centaines de Français se sont ainsi retrouvés bloqués au sein des édifices, dans une ambiance relativement tendue. « Macron, un avion ! », ont-ils notamment scandé

    En effet, Les vols sont suspendus au départ comme à l’arrivée depuis vendredi, mais des avions sont autorisés à partir du Maroc pendant quelques jours de plus. En effet, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a indiqué s’être « entretenu » avec son homologue marocain « pour faciliter le retour de nos compatriotes ». Face à la situation, les autorités marocaines ont donc accepté de discuter « au cas par cas » pour autoriser des vols spéciaux.

    Nous conseillons donc aux touristes Français présents sur place de saisir immédiatement une solution dès qu’elle se présente.

    Pour les français à Tanger, Nador, Oujda (Nord du Maroc), des départs sont possibles par Ceuta et Melilla pour les détenteurs d’un passeport européen et d’un billet de ferry. Les lignes maritimes des enclaves espagnoles sont maintenues.  Pour les autres, vous pouvez consultez les sites des compagnies aériennes et vous armez de patience.

    Maroc épargné par le Coronavirus

    Pour les expatriés qui seront définitivement bloqués, on rappelle que le Maroc reste relativement épargné avec 18 cas détectés, dont un est décédé et un autre guéri, selon le dernier bilan officiel.  Tous les cours ont été suspendus dans les écoles et les universités, tous les événements culturels et sportifs annulés et les rassemblements publics de plus de 50 personnes sont interdits. Aussi des mesures d’encadrement par l’armée à l’entrée des grandes villes est en cours d’instauration selon les média locaux afin de garantir de circonscrire tout foyer qui se déclarerait.

     

     

  • Les marchés saisis de vertige

    Les marchés saisis de vertige

    Le krach financier tant redouté a eu lieu sous forme de deux lames. La première s’est produite le lundi 9 mars sur fond de guerre du prix de pétrole ; la seconde, le jeudi 12 après les annonces de Donald Trump de fermer le territoire des Etats-Unis aux transporteurs de passagers avec les Etats de l’Union européenne, et la déception occasionnée par les décisions de la BCE.

    Vendredi, les cours étaient à la hausse. Les investisseurs se sont délestés de leurs actions par crainte d’une récession forte avec un risque de montée du protectionnisme. La difficile mise en œuvre d’une coordination internationale a aussi contribué à ce vent de panique. Le CAC 40 a connu le plus fort recul de son histoire avec un recul de 12,25 %. En un mois, il a perdu un tiers de sa valeur. Il a effacé tous les gains enregistrés depuis l’année 2016 qui avait été marquée par la forte baisse du cours du pétrole.

    En fonction de l’évolution de l’épidémie et des annonces gouvernementales, les marchés peuvent connaître encore plusieurs coups de tabacs et rester très volatils. Vendredi 13 mars, les marchés européens n’ont connu pas connu le rebond espéré. Ils ont avant tout stabilisé leurs positions, aidés en cela par les annonces de la Commission de Bruxelles indiquant clairement que les Etats européens ne seraient pas tenus de respecter les 3 % de PIB de déficit en 2020.

    La Commission s’est également engagée à soutenir l’économie des Etats membres. Le CAC 40 n’a repris vendredi que 1,83 %. En revanche, le rebond à New York, les indices « actions » après la déclaration de l’état d’urgence par Donald Trump ont fortement progressé, +9,36 % pour le Dow Jones et +9,34 % pour le Nasdaq.

    Dette publique, la France attaquée

    La semaine a été marquée également par un changement sur les dettes souveraines avec l’augmentation de l’écart de taux entre la France et l’Allemagne. Le taux de l’OAT à 10 ans français est redevenu positif et est supérieur de 540 points de base à celui de l’Allemagne. La France suit dorénavant les taux italiens, certes à distance. Le taux de l’obligation à 10 ans italien a atteint vendredi 13 mars s’élevait à 1,8 % contre 0,8 % avant le début de l’épidémie. Les investisseurs craignent le dérapage des finances publiques dans les prochains mois pour des pays qui sont déjà fortement endettés.

    Le pétrole sur tous les fronts

    Le baril de pétrole a perdu 25 % dans la semaine. Compte tenu du ralentissement de l’économie mondiale, la demande en pétrole actuelle et à venir est orientée à la baisse. Pour éviter une baisse trop importante des cours, les pays de l’OPEP avaient souhaité renégocier l’accord de régulation de la production en vigueur depuis la fin de l’année 2016, accord auquel la Russie était jusqu’à maintenant partie prenante. Cette dernière a refusé le durcissement des quotas de production. Elle souhaitait le simple maintien de la réduction de 2,1 millions de barils jour.

    Si aucune solution n’est trouvée, l’accord de régulation deviendra caduc d’ici la fin du mois de mars, ni l’OPEP ni les non-membres n’étant alors soumis à des restrictions de production. À partir du mois d’avril, l’Arabie saoudite pourrait ainsi augmenter sa production d’un million de barils jours à 11 millions de barils jour. Le Royaume saoudien s’engagerait dans une guerre des tarifs comme en 2014. À l’époque, le prix du baril était tombé à 26 dollars.

    La chute pourrait être encore plus brutale en raison des risques de récession que le coronavirus fait peser sur l’économie mondiale. Par sa décision, l’Arabie saoudite tente de faire pression sur la Russie qui a besoin d’un baril de pétrole à 60 dollars pour son économie et ses finances publiques. Depuis le 31 décembre, la baisse atteint près de 50%.

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