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  • 148 000 Français bloqués à l’étranger ont été rapatriés

    148 000 Français bloqués à l’étranger ont été rapatriés

    Le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, affirme qu’il reste encore « quelques milliers » de ressortissants bloqués.

    « On a ramené 148 000 Français à la maison ». Voici ce qu’a expliqué ce mardi matin le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, au micro de France Bleu Provence. Un décompte opéré depuis le début des mesures de confinement liées à l’épidémie de coronavirus en France, alors que « quelques milliers » de ressortissants restent encore bloqués à l’étranger, a-t-il encore précisé.

    « Nous allons poursuivre les vols affrétés par Air France pour aller les chercher, aux Philippines, au Pérou », a ensuite détaillé Jean-Baptiste Lemoyne.

    Depuis le 16 mars, jour où Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’un dispositif d’accompagnement pour les touristes ou visiteurs français en déplacement à l’étranger, c’est une vaste opération de rapatriement qui a été lancée.

    Une « prouesse », selon Macron

    Vendredi, le président de la République avait qualifié cette opération de « prouesse », lors d’un déplacement au Centre de crise et de soutien du ministère des Affaires étrangères, où quelque 260 personnes travaillent. Le nombre officiel de Français rapatriés était alors de 132 000.

    Selon un responsable du ministère des Affaires étrangères vendredi, des touristes français « restaient encore disséminés » à travers le Pérou, ainsi qu’aux Philippines, « dans beaucoup d’îles ».

    De même des Français étaient encore à bord du Zaandam, qui a accosté jeudi en Floride, et du Coral Princess, un autre bateau de croisière situé au large des côtes américaines. Parmi eux, une centaine présentaient des problèmes de santé « très sévères ».

  • La France propose un fonds corona équivalent à 3 % du PIB de l’UE

    La France propose un fonds corona équivalent à 3 % du PIB de l’UE

    Dans un document confidentiel consulté par Euractiv, la France invite l’UE à créer un fonds d’émission de dette qui représenterait jusqu’à 3 % du PIB européen pour soutenir les États membres les plus touchés par la crise sanitaire.

    Les ministres européens des Finances se retrouvent le 7 avril pour évoquer une série de mesures qui pourraient s’élever à pratiquement 500 milliards d’euros. Elles incluraient des instruments et des garanties dépendants du Mécanisme européen de stabilité (MES), de la Commission européenne et de la Banque d’investissement européenne (BEI).

    Mais les institutions de l’UE et les États membres s’accordent à dire que l’Europe s’apprête à connaître une grave récession et que davantage de mesures devront être prises pour relancer l’économie une fois la pandémie enrayée.

    Alors que la Commission européenne place le cadre financier pluriannuel (CFP) au centre de son plan de relance, au moins neuf États membres, dont la France, souhaitent adopter une stratégie plus ambitieuse, comme l’émission d’une dette commune.

    À ce titre, dans une ébauche de document, le Ministère des Finances français propose un nouvel instrument d’émission de dette conjointe, une « entité ad hoc » semblable au Fonds européen de stabilité financière (FESF) créé au début de la crise financière de 2009. Le nouveau mécanisme ne mutualiserait pas la dette passée ou future des États membres.

    « Cet instrument témoignerait de l’unité et de la solidarité européennes, parce qu’il bénéficierait principalement aux pays ou aux régions les plus affectés de l’Union européenne », indique le document.

    Des détails fournis par le gouvernement français sur la proposition la semaine dernière ont aussi été ajoutés au document.

    Le mécanisme serait couvert par des garanties émises par les États membres, individuellement ou conjointement.

    Pour l’instant, Paris suggère de lever des fonds d’un montant équivalent à 2-3 % du PIB de l’UE sur cinq ans, soit environ 420 milliards d’euros — mais cette proposition sera évaluée par les autres leaders européens et pourrait être revue.

    Par ailleurs, la France a amendé la formule de remboursement qu’elle avait mise en place la semaine dernière. Alors que la première esquisse de document évoquait une « taxe de solidarité », la proposition actuelle parle de « scénario central », auquel les États membres devraient contribuer en fonction de leur Revenu national brut (RNB).

    Et pourtant, le document inclut encore la possibilité de mobiliser une « ressource européenne spécifique, exceptionnelle et temporaire » allouée au mécanisme tant qu’il est en vigueur.

    Ces ressources pourraient être redistribuées, puisqu’elles ne dépendront pas du RNB mais des conséquences socioéconomiques de la pandémie sur les pays et les régions de l’UE. En clair, l’Italie et l’Espagne pourraient bénéficier de fonds plus importants que leur poids économique.

    En ce qui concerne les objectifs post-coronavirus, la France appelle à financer les projets liés au « Green Deal » européen. Elle plaide aussi pour le financement de la stratégie industrielle, et en particulier la relocalisation des chaînes de valeur stratégiques en Europe.

    Le document invite également à se concentrer sur les programmes « destinés à atténuer les effets d’une crise symétrique externe et à répondre aux besoins financiers mieux couverts au niveau européen ».

    La France propose en outre d’établir une période de remboursement de la dette plus longue que celle fixée par le MES, sous certaines conditions qui font actuellement l’objet de discussions.

    Tandis que le MES assure maximum dix ans de délais de remboursement, Paris suggère de prolonger ceux-ci jusqu’à 20 ans, voire plus, pour alléger le fardeau des économies nationales.

    Le groupe des socialistes et des démocrates au Parlement européen, le S&D, plaide aussi pour une entité ad hoc similaire à la proposition française.

    Lors d’une vidéoconférence lundi 6 avril, Jonás Fernández (S&D), un porte-parole de la Commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen, a déclaré à la presse que « davantage de taxes » seraient nécessaires pour rembourser la dette commune émise au travers de ce mécanisme. Cela pourrait inclure un nouvel impôt sur les sociétés et la taxe sur les entreprises numériques.

  • À l’origine du projet de création d’un fonds de solidarité en faveur des Français de l’étranger, Joëlle Garriaud-Maylam répond aux questions des Français.press

    À l’origine du projet de création d’un fonds de solidarité en faveur des Français de l’étranger, Joëlle Garriaud-Maylam répond aux questions des Français.press

    Lesfrancais.press : Vous avez déposé une proposition de loi de création d’un Fonds de Solidarité en faveur des Français de l’étranger. Pourquoi une telle initiative ?

    Joëlle Garriaud-Maylam : C’est un projet ancien, qui remonte à bien des années, avant ma première élection au Sénat en 2004. Il me semblait alors qu’un fonds de solidarité européen dont pourraient bénéficier l’ensemble des Européens habitant dans un autre pays que le leur s’intégrerait parfaitement dans les dispositions du Traité d’Union Européenne relatives à la citoyenneté européenne et donneraient corps à ce concept qui était une coquille un peu vide. J’avais d’ailleurs présenté cette idée (avec celle d’une représentation spécifique des expatriés au Parlement européen) lors d’une audition par la commission des affaires institutionnelles du Parlement européen en 2001 .  L’accueil fait à ces deux idées avait été extrêmement favorable, mais hélas, rien n’avait bougé ensuite, malgré les promesses reçues…

    Après mon élection au Sénat en 2004, et dans la mesure où le projet de fonds de solidarité à l’échelle européenne semblait définitivement enlisé, je décidais de reprendre le dossier en limitant le champ d’application aux Français expatriés. Avec le soutien des élus de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) je déposais dès 2008 une proposition de loi, cosignée par tous mes collègues UMP représentant les Français de l’étranger, et visant à créer au niveau national ce « fonds de solidarité pour les Français établis à l’étranger et victimes de catastrophes naturelles ou de crises politiques graves »

    Malheureusement ma proposition de loi ne fut jamais inscrite à l’ordre du jour du Sénat, et l’on me dit qu’elle n’aurait aucune chance d’aboutir, sauf en cas de crise vraiment majeure, car on estimait que les expatriés français étaient déjà très gâtés avec leur représentation institutionnelle de 12 sénateurs, une Caisse des Français de l’étranger, un réseau de lycées très performants et qu’ils ne sauraient en demander davantage encore …  N’étant pas d’une nature à me décourager facilement, et convaincue du bien-fondé de ma démarche, je redéposais cette proposition de loi en 2016 mais là encore je me heurtais à un refus pour les mêmes raisons.

    Avec la crise sanitaire du coronavirus qui affecte et affectera gravement nos communautés françaises aux quatre coins du monde, il m’a semblé indispensable de la redéposer une nouvelle fois et de me battre pour qu’elle soit enfin débattue au Parlement et que mes collègues parlementaires reconnaissent la nécessité de création d’un tel fonds, afin de pouvoir en urgence aider nos compatriotes démunis face à une crise particulièrement grave.

    Joëlle Garriaud-Maylam au Sénat

    Lesfrancais.press : Comment ce fonds de solidarité, si le Parlement le vote, sera-t-il financé ?

    Joëlle Garriaud-Maylam :  C’est une excellente question car vous savez que les parlementaires ne sont pas censés demander de nouvelles dépenses à l’Etat sans avoir trouvé les moyens spécifiques de les financer… Il est tellement facile de vouloir faire œuvre de démagogie en proposant une idée généreuse en laissant à l’Etat la charge de trouver les moyens de la financer. Ce n’est évidemment pas sérieux, surtout à un moment où tous les économistes prévoient une récession pire que celle de 2008 !

    Dès 2008 nous avions travaillé à élaborer un mode de financement solide pour ce Fonds de Solidarité. J’avais eu l’idée d’utiliser, outre des dons et legs, une partie des contrats de succession en déshérence, ainsi qu’un pourcentage du prix des passeports. Nous avions en outre travaillé avec l’AFE et sa commission de sécurité à une possibilité d’assurance volontaire des expatriés dont le produit serait affecté à ce fonds. Mais nous nous sommes aperçus alors, après une étude approfondie, qu’aucune compagnie d’assurance n’accepterait de s’engager sur cette voie, la plupart des expatries consultés refusant le principe de s’assurer pour ce risque de catastrophe naturelle ou de crise politique grave à l’étranger… La proposition de loi de 2016 avait donc écarté tout recours à un financement par produit d’assurance.

    Lesfrancais.press :  Mais nous avons appris qu’il y avait deux autres propositions de loi visant le même sujet ?

    Joëlle Garriaud-Maylam : Effectivement, c’est une caractéristique assez peu glorieuse de la vie politique que de reprendre à son compte les idées et le travail des autres, notamment à l’occasion de campagnes électorales. On change un ou deux mots et on essaie alors de faire croire que son idée est originale, ce qui ne trompe évidemment que bien peu de monde. Dire par exemple que l’originalité d’une PPL est de proposer ce  «fonds d’urgence» alors qu’il est évident qu’un fonds de solidarité l’est déjà puisqu’il doit être créé pour justement  répondre aux urgences ou qu’une  PPL serait basée sur un système d’assurances alors que c’est totalement faux ne saurait grandir les auteurs de telles  accusations…

    Cela m’est souvent arrivé dans le passé que l’on me reprenne mes idées (on me dit souvent que je devrais en faire un livre !) Cela m’avait choqué la toute première fois où cela m’est arrivé. Il s’agissait d’une proposition de loi visant à faire passer l’âge du mariage des filles de 15 à 18  ans pour les protéger des mariages forcés.   Personne ne voulait auparavant de cette mesure qui avait été proposée en vain par des ONG pendant de très nombreuses années, mais à partir du moment  où l’actualité a fait qu’elle  avait une chance d’être acceptée (je l’avais alors transformée en un amendement pour gagner du temps) ont fleuri toute une série d’amendements quasi-similaires qu mien, chaque auteur prétendant que le sien était plus original… J’avoue que j’en avais été alors  assez stupéfaite… Aujourd’hui cela me fait sourire, je n’ai jamais eu de problème d’ego et je trouve que l’essentiel est d’arriver au résultat voulu….

    Je trouve cependant que les parlementaires s’honoreraient de davantage travailler ensemble… Je crois depuis toujours aux vertus du collectif et déplore toute « course à l’échalotte » (pour reprendre l’expression d’un élu des Français de l’étranger) qui ne peut que nuire à l’intérêt général.

    Plus que jamais en cette période de coronavirus, nous devons nous serrer les coudes, ne serait-ce que par respect pour nos compatriotes et toutes ces familles qui souffrent et qui attendent qu’on leur porte secours.

     

  • Rentrer en France ? Téléchargez votre attestation de déplacement international

    Rentrer en France ? Téléchargez votre attestation de déplacement international

    A partir du 6 avril à 18h, heure de Paris, toute personne française ou étrangère se rendant en France depuis l’étranger devra se munir d’une attestation de déplacement international à présenter aux compagnies aériennes avant l’embarquement.

    Cette attestation sera exigée pour une entrée ou un transit sur le territoire français.

    Elle sera à présenter aux compagnies de transport avec les pièces justificatives prouvant le statut indiqué sur l’attestation. Ce processus doit être effectué avant l’utilisation du titre de transport, par les passagers qui souhaitent voyager à destination du territoire français. Elle sera aussi présentée aux autorités en charge du contrôle frontières, cela pour tout type de frontière :

    - aux frontières extérieures de la France (liaisons aériennes, maritimes, terrestres, dont les liaisons ferroviaires) ;
    - aux frontières intérieures de la France.

    Les personnes voyageant à destination des collectivités d’outre-mer françaises y sont en outre informées qu’elles seront soumises, à leur arrivée dans la collectivité, à un contrôle sanitaire qui peut donner lieu à l’adoption d’un arrêté de placement en quarantaine dans une structure dédiée ou à domicile.

    TELECHARGEZ ICI VOTRE ATTESTATION POUR RENTRER EN FRANCE 

    TELECHARGEZ ICI VOTRE ATTESTATION POUR RENTRER DANS LES DOM-TOM

     

     

  • Faire du bruit à l’est et frapper à l’ouest : Taïwan aux avant-postes des stratégies chinoises

    Faire du bruit à l’est et frapper à l’ouest : Taïwan aux avant-postes des stratégies chinoises

    Comme le rappelait récemment le sinologue Stéphane Corcuff, la diplomatie tonitruante de Pékin en matière d’« assistance » aux pays touchés par le Covid-19 est une application claire du stratagème « faire du bruit à l’est et frapper à l’ouest », issu du recueil datant de la Chine classique des 36 Stratagèmes. En ce sens, Taïwan, gros caillou dans la chaussure de la politique étrangère de Pékin, pourrait faire l’objet d’une affirmation militaire de la RPC, qui pourrait ainsi se débarrasser de l’un des « cinq poisons » (Taïwan, les Ouïghours, les Tibétains, le Falungong et les militants pro-démocratie) définis par le régime communiste.

    Récurrence des incursions militaires chinoises à Taïwan

    Depuis 1949, une règle tacite interdit aux avions militaires et civils des deux pays de franchir la ligne médiane du détroit de Taïwan. Le développement de la RPC et son ascension se sont accompagnés d’une affirmation de souveraineté tout autour de sa géographie, particulièrement maritime en mer de Chine de l’est et du sud. Si la mer de Chine méridionale constitue un véritable laboratoire stratégique de la Chine en Asie, l’île de Taïwan représente le dernier espace politique et stratégique à conquérir. Rappelons que Taïwan, depuis 1987 et l’abolition de la loi martiale, bénéficie d’un véritable régime démocratique, se distinguant pleinement de son voisin chinois.

    Le 1er février, en pleine crise du Covid-19 en Asie orientale, un bombardier stratégique Xian H-6 (copie d’un appareil soviétique)et un nombre incertain d’autres appareils assurant son escorte ont effectué une nouvelle incursion dans l’espace aérien de Taïwan, en écho à celles de 2011 ou de mars 2019, où des chasseurs chinois avaient déjà procédé de la sorte. Une opération qui est venue s’ajouter à la liste des mouvements aériens (chasseur, bombardier stratégique et avion renifleur) et navals (porte-avions, frégates, etc) effectués par la RPC autour de l’île depuis deux décennies – manière pour Pékin de tester la puissance américaine, d’intimider Taïwan et d’éprouver ses propres capacités.

    En réponse, les forces aériennes de Taïwan ont fait décoller plusieurs F16 pour intercepter les aéronefs chinois. Durant l’été 2019, Washington avait approuvé la vente de 66 nouveaux chasseurs F-16V Block 70 de Lockheed Martin à Taïwan. Conformément au Taïwan Relations Act, en vigueur depuis 1979 – et que Donald Trump tient plus que jamais à honorer – l’île bénéficie du matériel et du savoir-faire technologique américains, mais a perdu la supériorité stratégique face à Pékin. Les efforts de modernisation des armées chinoises depuis plus de trente ans, très polarisés sur la question de Taïwan, en attestent (nombre d’appareils, marine modernisée, système balistique, bulle de déni d’accès).

    Le verrou stratégique de Taïwan

    Dans la stratégie chinoise, l’île de Taïwan, encore plus que la mer de Chine méridionale, constitue un verrou stratégique pour une sortie discrète de ses sous-marins nucléaires. La configuration hydrographique des grandes profondeurs ouvrant sur l’océan Pacifique permettrait une dilution de ses sous-marins. La mer de Chine méridionale n’est pas assez profonde et trop « fermée » par des détroits surveillés et étroits. Ainsi, la prise de Taïwan assurerait à Pékin à la fois la crédibilité de sa dissuasion à la mer, mais aussi sa supériorité stratégique. Par conséquent, la « prise » par la force de l’île n’est pas exclue. Dans son discours de début d’année en 2019, Xi Jinping le rappelait. La militarisation accruedes approches maritimes et continentales de la Chine contraste brutalement avec les discours officiels, centrés sur la connectivité et le commerce international. La montée en puissance de la marine chinoise, en particulier de ses sous-marins, tend à modifier les équilibres stratégiques en Asie-Pacifique.

    S’y ajoute un contexte crisogène entretenu par Pékin : velléités d’infiltrations chinoises dans le processus électoral taïwanais, escarmouches récurrentes entre gardes-côtes taïwanais et hors bords venant du continent, intimidations de l’Armée populaire de Libération (APL) contre le destroyer lance-missiles américain McCampbell naviguant dans les eaux territoriales des îles Paracels, le 10 mars, menaces enfin de la presse chinoise – Global Times – contre les autorités américaines dans la partie de bras de fer qui les oppose à Pékin au sujet de Huawei en brandissant le spectre d’une coupure de l’approvisionnement en matériel médical vers les États-Unis

    « Bastion de liberté dans l’Indo-Pacifique »

    La situation de Hongkong depuis mai-juin 2019 a galvanisé l’électorat taïwanais qui s’est rassemblé en janvier dernier autour de la présidente sortante Tsai Ing-wen. Plus encore : les ingérences répétées de Pékin redonnent un souffle nouveau à l’île, malgré un isolement diplomatique accru. En vingt ans de diplomatie très offensive de la part de la RPC, partout dans le monde, le nombre d’États reconnaissant Taïwan est passé de plus d’une trentaine à quinze.

    Le discours de la présidente réélue insiste sur la souveraineté et la démocratie de l’île, faisant de Taïwan un « bastion de liberté » dans l’Indo-Pacifique. L’élection du mois de janvier à Taïwan révèle aux Chinois et au reste du monde que le modèle « un pays, deux systèmes » proposé par Pékin ne séduit pas. Ce modèle a très largement montré ses limites dans la situation traversée par Hongkong, véritable repoussoir aux yeux d’une majorité de Taïwanais.

    Le modèle taïwanais dans la gestion de la crise du Covid-19

    Le 13 mars, le New York Times publiait un article intitulé : « Ils ont contenu le coronavirus. Voici comment ». L’analyse expliquait comment l’épidémie avait été contrôlée à Taïwan, Hongkong et Singapour, sans recourir aux mesures draconiennes chinoises de confinement généralisé : mise en œuvre, dès début janvier, de contrôles serrés aux frontières, y compris par des équipes montées à bord des avions venant de Wuhan ; fermeture des vols avec la Chine début février ; traçages détaillés des malades et de leurs contacts ; quarantaine stricte pour les malades et les contaminés.

    Dans l’île, quatre mois après la détection des premiers cas en Chine, la rigueur préventive semble avoir porté ses fruits. En dépit de la forte densité de population (649 hab/km2, soit cinq fois plus qu’en France), au 26 mars, le bilan était de 252 cas cumulés de Covid-19, et de seulement 2 décès. Ce qui, rapporté à la population, classe l’île parmi les régions de la planète les moins touchées, grâce à une gestion exemplaire de la crise. Le 21 mars, dans Asialyst, Jean‑Yves Heurtebise proposait une analyse de la réaction taïwanaise à l’épidémie qu’il comparait à celle, très laxiste, de la France, calquée sur les recommandations de l’OMS et de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Constatant que ces deux organisations se sont initialement montrées trop rassurantes, il les accuse d’avoir sciemment réduit leur niveau d’alerte pour ne pas indisposer Pékin.

    L’OMS et l’OACI : deux organisations sous influence ?

    La vérité, écrit Heurtebise, est que les autorités sanitaires françaises « se sont mises au diapason de l’OMS et de l’OACI, dont l’impartialité est douteuse ». Le Directeur général de l’OMS Tedros A. Ghebreyesus, originaire d’Éthiopie, « porte d’entrée des Nouvelles routes de la soie chinoises en Afrique », assurait le 3 février, dix jours après le durcissement des mesures chinoises, que « les restrictions de vols étaient inutiles ». Huit jours plus tard, la Chinoise Fang Liu, directrice de l’OACI, recommandait d’assouplir les restrictions de vol alors que les compagnies américaines venaient de suspendre leurs vols vers la Chine. Avec le recul, nous savons d’ores et déjà que la Chine s’est notoirement opposée à ce que l’Organisation mondiale de la santé proclame une urgence de santé publique de portée internationale.

    C’est dans le contexte de cette cécité à la fois collective et consentie que Taïwan a réussi à exfiltrer du continent, et plus particulièrement de la province du Hubei, foyer originel du Covid-19, plusieurs centaines de ses ressortissants – et ce, malgré les tensions et les suspicions réciproquement entretenues entre Pékin et Taipei. Le gouvernement taïwanais a pu s’appuyer sur son réseau d’industriels et d’hommes d’affaires, lesquels ont fait preuve d’une remarquable solidarité à l’égard de leurs concitoyens, dans des initiatives qui relèvent à la fois de la diplomatie informelle et d’une extraordinaire résilience.

    Hub inter-régional et économique non moins important, Taïwan est toutefois exclue de l’OMS comme de l’OACI. Pourtant, Taïwan est un acteur majeur et incontournable de la santé mondiale, comme vient de le prouver sa gestion de la crise. Signe des temps : l’île et ses représentants n’ont pas été conviés à participer à la prochaine session annuelle de l’OMS, qui devrait se tenir du 17 au 21 mai prochain à Genève. Loin est cette année 2009 lorsque Taïwan y avait été sollicitée en tant qu’observateur. L’absence de Taïwan au sein de ces organisations mondiales n’invite-t-elle pas à reconsidérer leur mode de fonctionnement et, aussi, à envisager un rééquilibrage des choix européens et français en matière de politique étrangère ?

    Pékin est en passe d’assumer un rôle hégémonique dans nombre d’organisations internationales. Parmi les grandes organisations dépendant de l’ONU, quatre (FAO, ONUDI, UIT, OACI) sur quinze ont à leur tête un directeur installé par la RPC.

    Taïwan : l’angle mort des diplomaties française et européenne

    La gouvernance autoritaire que la Chine érige en modèle pour endiguer l’épidémie n’est pas un exemple à suivre. Taïwan en apporte la preuve. Si la menace politique qui pesait initialement sur les dirigeants de la RPC – présentée par certains, à tort, comme un possible Tchernobyl chinois – se transforme pour le régime de Pékin en opportunité géopolitique, il n’en demeure pas moins que Taïwan, plus que jamais, se retrouve aux avant-postes de la ligne de front qui oppose désormais les démocraties aux régimes autoritaires.

    Face au Léviathan chinois, la vigueur avec laquelle Taïwan défend son modèle politique intéresse et interroge le reste du monde. Son besoin de sécurité et d’indépendance est en accord avec l’humanisme défendu par les nations démocratiques. Cette crise nous le rappelle avec force. Elle nous invite à questionner nos choix et maintenir au sein même du système politique international une diversité de choix quant à ses représentants. Ceci demeure pour nous, démocraties, absolument vital.

    UN ARTICLE PUBLIE SUR LE SITE

  • Le Comité tricolore – la solidarité française en action à Washington D.C

    Eve Chaudard - Présidente du Comité Tricolore - Washington D.C
    Eve Chaudard – Présidente du Comité Tricolore – Washington D.C

    Eve Chaudard est présidente du Comité Tricolore. Premier réseau de français dans la région de Washington D.C. Fondé il y a plus de 20 ans, cette fédération d’associations françaises basées dans la région anime la communauté à travers de nombreux évènements et activités tout au long de l’année. Aujourd’hui en pleine crise du Coronavirus, les associations et les bénévoles sont mobilisés pour aider les plus fragiles alors que le chômage s’abat sur l’Amérique.

     

    Lesfrancais.press : Votre comité est présidé à titre honorifique par le consul de France, ce qui est assez rare pour une association. Apolitique, communautaire, comment définissez-vous le comité et ses objectifs pour les Français de Washington D.C.

    Oui, nous avons la chance de bénéficier du soutien du consulat et le l’ambassade de France. Le Comité Tricolore a été créé par un Consul, M. Jean-Yves DEFAY, il y a plus de vingt ans.

    Il est en effet apolitique.  Nous sommes une fédération d’associations et nos membres sont donc les organisations françaises et franco-américaines de la région. Nous avons aussi quelques membres individuels.

    Notre rôle est de promouvoir et coordonner nos organisations membres et de les fédérer pour qu’ensemble, nous levions des fonds pour venir en aide aux Français de la région qui en ont besoin. Nous aidons des personnes âgées isolées, des familles en situation difficile suite à une perte d’emploi, un divorce, une maladie etc.

    Le Comité Tricolore organise son Bastille Day
    Bastille Day du 14 juillet 2015 – Copyright FrenchDistric.com

    Lesfrancais.press : En 20 ans, animés par vos valeurs, quelles sont les réalisations qui ont le plus marqué ce parcours au service des Français de la « région capitale » des USA ?

    Le comité organise chaque année autour du 14 juillet le Bastille Day, une belle soirée prestigieuse à l’ambassade de France où la gastronomie Française est mise en valeur.  Les Chefs locaux nous aident beaucoup.  Cette soirée permet de lever des fonds pour venir en aide à notre communauté et est aussi une occasion pour tous les membres du Comité Tricolore de travailler ensemble à notre cause.

    Nous organisons aussi pour la communauté Française le « Déjeuner sur l’Herbe », un déjeuner en plein air, familial, dans les jardins de l’Ambassade, au mois d’octobre.  Nous espérons bien pouvoir le maintenir cette année !  Nos organisations membres peuvent ce jour-là, présenter leurs activités aux Français de la région, y compris les nouveaux arrivés qui ont emménagé pendant l’été, et recruter des membres.

     

    Nos réserves nous permettent de continuer à aider nos allocataires pendant un moment mais il nous faut trouver d’autres financements rapidement.

    Lesfrancais.press : Au cœur de votre politique de création du lien entre les français expatriés, il y a les évènements. Évidemment, face au Covid-19, vous avez dû prendre la décision de l’annuler. Cependant, si les liens entre français doivent être renforcés, c’est bien au cours de cette crise sans précédent. Vous avez mis en place une opération de soutien aux plus fragiles, pouvez-vous nous en dire plus ?

    Nous avons malheureusement dû annuler Bastille Day cette année.  Nos réserves nous permettent de continuer à aider nos allocataires pendant un moment mais il nous faut trouver d’autres financements rapidement.  Nous avons donc organisé une campagne de dons et prévoyons aussi une soirée Solidarité en décembre, en espérant qu’à ce moment-là, les restaurateurs auront suffisamment récupéré de la crise pour pouvoir nous aider. Ce n’est pas sûr…  La campagne de dons est donc notre priorité.

    Nous organisons aussi un forum d’entraide aux restaurateurs et métiers de bouche, à l’initiative d’un de nos membres.  Ce forum prend deux formes : des rencontres par vidéoconférences et un groupe Google dont voici l’adresse : https://groups.google.com/forum/?hl=en#!forum/le-reseau-des-metiers-de-bouche

     

    Lesfrancais.press : Donc pour participer à votre opération, cruciale pour nos compatriotes qui sont souvent sans filets sociaux en Amérique du Nord, quelles sont les possibilités qui s’offrent à nos lecteurs ? (argent, temps, dons physiques, etc.)

    Vous avez raison de signaler que nos compatriotes sont souvent sans filet sociaux. Le plus urgent pour nous aujourd’hui est de lever des fonds.  Donc, pour nous aider, le mieux est de participer à notre campagne de dons.

    CLIQUEZ SUR LE LOGO POUR PARTICIPER

    Nous suggérons aussi de venir en aide aux Chefs français en profitant de leurs offres de Take-out ou livraison ou encore l’achats de bons cadeaux.  Vous trouverez des idées dans notre google group que j’ai mentionné.

    Enfin, c’est une bonne occasion pour les français de la région de découvrir ou redécouvrir le formidable réseau associatif en consultant notre page « Membres » .  Il y a certainement une ou plusieurs associations auxquelles vous voudrez adhérer !

    Quand la situation sera normalisée, participez à nos Evènements et aidez-nous par des dons pour nos enchères en ligne ou silencieuses ou en vous portant volontaire.

     

    Lesfrancais.press : Et si on veut vous rejoindre à l’année en tant qu’expatriés, est-ce possible et quelles sont les modalités ?

    Nous sommes une fédération d’associations, ce sont donc des associations ou organisations françaises ou franco-américaines qui se joignent à nous.  Nous serions très heureux d’en accueillir de nouvelles !  Notre dernier membre est « Alsace-Wsahington DC association ».

    En tant qu’individu, vous pouvez adhérer à nos associations membres et participer à nos événements et ceux de nos membres !  Pour être tenu au courant de tous les événements et nouvelles de la communauté franco-américaine, inscrivez-vous à notre Newsletter sur notre site (https://www.comite-tricolore.org/?lang=fr) et suivez-nous sur Facebook et Twitter.

     

     

     

     

     

  • La Biélorussie serait un « foyer incontrôlé » du COVID-19, selon la Lituanie

    La Biélorussie serait un « foyer incontrôlé » du COVID-19, selon la Lituanie

    Situation « préoccupante ».

    Le président, le ministre des Affaires étrangères et le Premier ministre lituaniens critiquent la façon dont la Biélorussie voisine gère la pandémie. Celle-ci a annoncé recenser 254 cas confirmés et quatre décès, mais le président lituanien, Gitanas Nausėda, affirme que la réalité pourrait être bien pire que les chiffres officiels. Linas Linkevičius, le ministre lituanien des Affaires étrangères, qualifie la situation de « préoccupante ».

    Le Premier ministre lituanien, Saulius Skvernelis, a déclaré mercredi 1er avril que la Biélorussie pourrait être un « foyer incontrôlé » de la maladie. Afin d’éviter que le virus ne se propage davantage, il a annoncé que la Lituanie fermerait ses frontières si la Biélorussie ne formulait aucune réponse « adéquate » à la crise sanitaire. Les rapatriements par avion depuis Minsk, la capitale biélorusse, constituent en effet l’un des derniers moyens pour les Lituaniens à l’étranger de rentrer chez eux.

    Alexandre Loukachenko, le président biélorusse, a rétorqué au président lituanien de « s’occuper de [son] propre virus », tandis que le Ministère des Affaires étrangères de Biélorussie a appelé la Lituanie à ne pas alimenter « les spéculations et les rumeurs ». (Benas Gerdžiūnas | lrt.lt)

  • Boris Johnson en soins intensifs: le ministre des Affaires étrangères désigné pour assurer l’intérim

    Boris Johnson en soins intensifs: le ministre des Affaires étrangères désigné pour assurer l’intérim

    Le Premier ministre britannique a été transféré lundi soir en soins intensifs après une détérioration de son état dans l’après-midi. Le ministre des Affaires étrangères assurera l’intérim.

    Lundi à 14h20, un tweet de Boris Johnson avait été publié. Il y disait avoir un «bon moral» et être en «étroite relation avec son équipe gouvernementale» pendant qu’il subissait des «examens de routine» à l’hôpital. Et puis, vers 20h30, l’escalade et un début de panique. Un communiqué de Downing Street indiquait que le Premier ministre britannique avait été transféré vers 19 heures dans une unité de soins intensifs du St. Thomas Hospital. C’est là, dans cette énorme unité hospitalière située sur les rives de la Tamise juste en face du Parlement de Westminster, qu’il avait été admis la veille au soir, «par précaution». Ses médecins avaient recommandé une série de tests alors que, dix jours après avoir été testé positif au virus du Covid-19, Boris Johnson souffrait toujours de «symptômes persistants, notamment de la fièvre et une toux».

    L’état exact du Premier ministre n’était pas clair lundi soir. Selon Downing Street, il serait conscient et n’aurait pas été placé sous respirateur. Son transfert en soins intensifs aurait été dicté par «une détérioration de son état» dans l’après-midi et «par précaution au cas où il aurait besoin d’être assisté par un respirateur».

    Pas de pathologies antérieures

    «Le Premier ministre a demandé au ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab, de le remplacer» à la tête du gouvernement, précisait le communiqué de Downing Street. A peine une heure avant son transfert en soins intensifs, Raab avait été incapable de donner des détails sur l’état de Boris Johnson pendant la conférence de presse quotidienne du gouvernement sur la crise du coronavirus. Il avait révélé lui avoir parlé pour la dernière fois samedi, ce qui avait semblé curieux dans la mesure où, toute la journée, Downing Street avait insisté sur le fait que le Premier ministre restait pleinement «en charge du gouvernement» et communiquait avec son équipe depuis son lit d’hôpital.

    A priori, Boris Johnson, 55 ans, ne souffre pas de pathologies antérieures et est plutôt en bonne santé. Il joue volontiers au tennis et son seul souci apparent, dont il a déjà parlé, est une tendance au surpoids. Sa compagne Carrie Symonds, 32 ans, est enceinte d’au moins six mois. Elle avait révélé samedi dans un tweet être restée alitée une semaine avec des symptômes du Covid-19, même si elle n’a pas été testée. Elle avait expliqué s’être bien remise et n’était pas confinée avec Boris Johnson à Downing Street.

    «Je sais sa force»

    Les réactions se sont multipliées dès l’annonce du placement de Boris Johnson en soins intensifs. Keir Starmer, le nouveau dirigeant du Labour élu samedi, a immédiatement réagi à cette «terriblement triste nouvelle»«Les pensées de tout le pays vont au Premier ministre et à sa famille pendant cette période incroyablement difficile», a-t-il tweeté. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, s’est dit convaincu que Boris Johnson allait «surmonter cette épreuve»«Je sais sa force, je suis convaincu qu’il va puiser dans ses ressources, qui sont grandes, la capacité de surmonter cette épreuve, a-t-il dit sur BFM-TV. C’est aussi le symbole de la gravité de la crise, qui touche tout le monde.»

    Sur Twitter, Emmanuel Macron a également transmis «tout son soutien à Boris Johnson, à sa famille et au peuple britannique dans ce moment difficile. Je lui souhaite de surmonter cette épreuve rapidement». Boris Johnson est entré en fonction à Downing Street le 24 juillet 2019, il y a exactement huit mois et douze jours.

  • L’euro, l’atout majeur dans la crise

    L’euro, l’atout majeur dans la crise

    Avec la crise du covid-19, l’Union européenne est mise au banc des accusés. Des voix se font entendre pour déclarer qu’elle a signé son arrêt de mort en raison de l’incapacité des États membres à s’entendre au sujet de la crise sanitaire. Au-delà des jérémiades et des polémiques, force est de constater que la monnaie commune, l’euro, est un paratonnerre extrêmement efficace, un atout majeur pour les États membres. Pour atténuer les effets de la crise, les gouvernements ont décidé de dépenser sans compter et par ricochet d’accroître la dette. Celle-ci est, en partie, reprise par la Banque centrale européenne qui joue le rôle de sauveur en dernier ressort. Sans la monnaie commune, les États auraient dû faire face avec leur monnaie nationale. La conséquence aurait été une envolée des taux d’intérêt et une dépréciation des taux de change.

    Pour les pays fortement endettés qui, comme la France, accumulent depuis des années des déficits commerciaux, la curée aurait été de mise. La Banque de France aurait certainement procédé à une monétisation de la dette mais au prix d’une dépréciation violente de la monnaie. Il en aurait résulté une fonte des réserves des changes et une incapacité à importer les matières premières, l’énergie et les biens nécessaires au bon fonctionnement de l’économie. Face à la défiance généralisée des investisseurs étrangers, afin d’éviter la banqueroute, la France aurait été acculée à demander le soutien du FMI.

    Ce scénario s’appliquerait de la même façon à l’Italie et à l’Espagne. La zone euro, malgré ses manques, malgré ses faiblesses, offre aux États membres un minimum de mutualisation. Un espace monétaire de plus de 300 millions d’habitants comptant en son sein des États gérés avec sérieux, tels que l’Allemagne et les PaysBas, est moins aisé à déstabiliser. L’euro ne s’est que faiblement déprécié depuis le début de la crise. Les taux ont légèrement augmenté mais tout en restant historiquement bas. Les simples annonces de la Banque centrale européenne ont permis une baisse de 0,5 points pour les taux français et italiens. L’euro permet à ces deux États d’économiser des dizaines de milliards d’euros au niveau du service de la dette.

    L’Europe du Sud bénéficie de la rigueur du Nord. Les accusations d’égoïsme de l’Allemagne sont à relativiser. Il ne faut pas oublier que la politique des taux bas qui favorise le Sud de l’Europe pénalise surtout les épargnants allemands, expliquant la réticence de ces derniers vis-à-vis des eurobonds ou des coronabonds. Ils ne veulent pas être co-responsables des déficits du Sud sans disposer de pouvoir de contrôle. Pour être acceptables, les coronabonds supposeraient l’instauration d’une direction du Trésor européenne ayant un droit de supervision sur les directions du Trésor de chacun des États. Peu de ces derniers sont prêts à accepter une perte de souveraineté budgétaire aussi importante.

    Après la crise, l’euro et la Banque centrale européenne seront des acteurs clef du redémarrage. Avec la monnaie unique, les échanges au sein des 19 États membres pourront se remettre en place sans être gênés par des dévaluations. La BCE veillera à la solidité des établissements financiers, banques et assurances. Les États profiteront d’un délai pour absorber le choc et assainir leurs finances publiques. L’euro est sans contexte un des atouts les plus précieux de tous les Européens qui en bénéficient.

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