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  • Législatives partielles : Deborah Abisror – De Lieme se présente dans la VIIIème circonscription

    Législatives partielles : Deborah Abisror – De Lieme se présente dans la VIIIème circonscription

    A quelques jours du premier tour de l’élection législative partielle dans la VIIIème circonscription des Français de l’étranger soit l’Est du bassin méditerranéen (Chypre, Grèce, Israel, Italie, Malte, Saint Marin, le Saint Siège et la Turquie), on reçoit la candidate du parti présidentiel (Renaissance) Deborah Abisror – De Lieme.

    Ecoutez le podcast avec Deborah Abisror – de Lieme

    Une élection annulée pour fraudes

    Ainsi, Le Conseil constitutionnel, saisi par Mme Deborah Abisror – de Lieme, déjà candidate en juin 2022, a statué le 03 février 2023 sur la validité des opérations d’assistance au vote qu’avaient mis en place le député élu Meyer Habib (UDI) ainsi que sur la légalité des soutiens que ce dernier avait reçus de la part d’élus israéliens le jour du vote.

    Listant les soutiens de personnalités israéliennes reçus le jour du vote et constatant l’absence de secret du vote lorsque les électeurs participaient au scrutin via la plateforme d’assistance mise en place par M. Habib, le Conseil constitutionnel a donc invalidé l’élection. Une position que Deborah Abisror de Lieme ne peut que soutenir et pour laquelle elle se félicite.

    « J’ai été soulagée que la République, comme les valeurs républicaines, soient respectées »

    Deborah Abisror – de Lieme

    Dans le podcast, on en profite pour faire un point avec la candidate de Renaissance sur le vote en ligne. En effet, le week-end du 02 avril, deux autres circonscriptions, vont revoter suite à un bug technique lié à ce mode de participation au scrutin.

    « Le vote en ligne est voué à perdurer et à être simplifié« 

    Deborah Abisror – de Lieme

    Attaqué par certains, ce dispositif est pourtant indispensable à la participation des expatriés alors qu’il est impossible de couvrir le monde entier de bureaux de vote.

    Une candidate rodée aux rouages ministérielles

    Après cette mise au point, on s’intéresse au parcours de Deborah Abisror – de Lieme. Sur son CV, on apprend qu’elle a tenu les fonctions de directrice de cabinet d’Olivier Véran, alors ministre de la Santé, pendant la pandémie.

    « Ce fut pour moi la plus belle expérience de ma vie, tout en étant la plus dure (…) J’ai servi mes concitoyens. J’en tire de la fierté mais aussi de l’humilité »

    Deborah Abisror de Lieme

    Logiquement, on ne peut pas revenir sur cette période qui fut, pour certains expatriés, et particulièrement pour ceux hors de l’Union Européenne, comme Israël et la Turquie, un véritable traumatisme au fil que les possibilités de rentrer en France s’amenuiser.

    Sans renier les problèmes, elle a voulu souligner aussi toutes les procédures qui ont été mises en place pour rapatrier les Français qui le désiraient, sans oublier l’envoi de vaccins dans les pays qui n’en distribuaient pas ou des vaccins non reconnus par l’Union européenne (afin de leur permettre de rejoindre l’espace Schengen). On apprend aussi dans l’interview que la France avait rapatriée des femmes victimes d’une grossesse non voulue et bloquées dans des pays où l’avortement n’est pas légal.

    « Je suis fière français dans ces moments là »

    Deborah Abisror – de Lieme

    Apprentissage du Français

    Au coeur du podcast, on s’intéresse aux problématiques qui frappent les pays de sa circonscription. Premier sujet l’Education et la transmission de la langue française.

    Pour Deborah Abisror – de Lieme, du fait des spécificités du bassin méditerranéen de l’Est qui comprend des pays dans l’Union européenne et hors de celle-ci, il faut créer des solutions propres à chaque communauté et aux Etats où elles vivent.

    L’occasion pour la candidate de nous réveler un premier défi qu’elle se donne, intégrer l’Etat hébreux au sein de l’Organisation de la Francophonie.

    « Un pays comme Israël, qui a plus de 500 000 personnes qui parlent français sur son territoire, doit être membre de la Francophonie »

    Deborah Abisror – de Lieme

    Sur les pays de l’Union européenne, elle veut amplifier le programme « FLAM » (dispositif associatif de cours de français aux tout-petits, aux tarifs largement plus accessibles que le réseau AEFE) en augmentant les aides en équivalent temps plein pour les associations y participant.

    La protection sociale

    Naturellement, on glisse sur le sujet de la couverture sociale de nos compatriotes. En effet, depuis la modification des prises en charge par la CFE, une rupture d’égalité se produit selon son lieu de résidence.

    Ainsi selon le pays de résidence, qu’on soit dans l’Union européenne, il y a une discontinuité dans l’égalité de traitement des citoyens français. Une logique qu’elle applique aussi à la débancarisation, un sujet auquel elle compte s’attaquer avec le député des Français d’Amérique du Nord dont les résidents sont frappés par des fermetures de comptes en France.

    La sécurité

    En terme de protection, la sécurité des personnes et des biens semblent une évidence. Avec Israël dans sa circonscription, c’est un sujet clé pour nos compatriotes.

    « En Israël, on a une angoisse liée aux actes terroristes islamiques. Ma soeur, mes nièces sont dans l’armée, j’y pense aussi »

    Deborah Abisror – de Lieme

    Pour elle, résoudre le conflit est la seule solution afin de retrouver un climat serein dans ce pays. Une compétence qui échappe à un député des Français de l’étranger. Mais ce fut aussi l’occasion pour Deborah Abisror – de Lieme d’évoquer avec nous, la sécurité des Franco-israéliens lors de leur visite en France qui peuvent être victimes d’un antisémitisme, toujours présent dans certaines franges de la société.

    ©Qualita – juin 2022

    Une campagne qui se termine

    Dans la dernière partie du podcast, on s’intéresse à la campagne. Un exercice toujours difficile pour une élection partielle, et d’autant plus chez les Français de l’étranger, comment fait-elle pour mobilier ?

    « Je crois au terrain, je suis allé partout. Je veux aller à la rencontre des citoyens »

    Deborah Abisror – de Lieme

    Son choix c’est une présence sur le terrain, non une lubie de campagne, mais un engagement d’être présente et pour cela sa première mesure c’est la mise en place d’une permanence itinérante. Mais ce n’est pas la seule mesure sur laquelle, elle s’engage.

    Deborah Abisror – de Lieme conclue le podcast en indiquant que si les Français de la circonscription l’élisent, cela permettra d’ajouter une voix, une pression de plus à l’Assemblée nationale pour créer le statut de résidence de replis afin que les Français résidant hors de France ne soient plus considérés comme des étrangers mais bien des citoyens à part entière.

    Télécharger la présention de Deborah Abisror – de Lieme

  • Francophonie : où en sommes nous ?

    Francophonie : où en sommes nous ?

    A l’occasion de la journée de la francophonie, organisée par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), ce 20 mars, nous avons décidé de faire un point sur le dynamisme de la francophonie en 2023. L’occasion pour nous, Français de l’étranger, de mieux connaitre ceux qui font vivre notre langue à travers le monde.

    La 5e langue la plus parlée au monde

    Avec 321 millions de locuteurs, la langue française demeure la 5e langue la plus parlée au monde. En tant que langue étrangère, le français est la 2e langue la plus apprise dans le monde par plus de 50 millions d’individus.

    La langue française est langue de scolarisation dans les systèmes éducatifs de 36 États et gouvernements dans le monde (dont 24 se trouvent dans les zones Afrique-océan Indien et Proche-Orient), seule ou aux côtés d’autres langues ; 80 % des élèves scolarisés en français étant concentrés sur le continent africain, où le français occupe généralement la fonction de langue d’enseignement, mais aussi de communication entre les populations (qui ont pour langue première une ou plusieurs autres langues, parfois transnationales, sur des territoires qui se caractérisent par une grande diversité linguistique et culturelle)

    La valorisation des atouts des formations de français à usage professionnel permet de dépasser l’image traditionnelle d’une langue académique ou élitiste vers une fonction favorable à l’employabilité, aux mobilités professionnelles et étudiantes.

    700 millions de locuteurs en 2050

    D’ici 2050, la population de ce continent va doubler, de 1,3 à 2,4 milliards de personnes. Annuellement, ses villes devront absorber 30 millions de nouveaux habitants ; ses écoles, 40 millions de nouveaux élèves ; et le marché du travail, 20 millions de nouveaux travailleurs. Un chantier colossal ! Heureusement, les ressources du continent, son marché en croissance et ses 650 millions d’utilisateurs d’Internet suscitent un vrai intérêt.

    En Afrique comme ailleurs, plus qu’ailleurs, l’apprentissage de la langue française est intimement lié à la fréquentation scolaire. Un programme d’appui à la scolarisation universelle faisant appel aux technologies les plus avancées, et financé à un haut niveau, doit être urgemment mis en place. L’excellent Institut de la Francophonie pour l’éducation de Dakar pourrait en assurer la mise en oeuvre. Oubliez les 700 millions de locuteurs de la langue française en 2050 si la scolarisation des enfants africains ne porte pas, entre autres signatures, celle de la Francophonie. Oubliez-les, aussi, si la question de la circulation dans l’espace francophone ne trouve pas une réponse convaincante.

    À défaut de cette refondation, la Francophonie ira en déclinant, comme un projet d’un autre temps. Les possibilités que la langue française soit l’une des grandes langues internationales, dans ce siècle, seront progressivement épuisées mais un autre avenir est possible.

    Dynamiser la francophonie ?

    Faut-il créer un institut francophone du développement économique pouvant comprendre l’investissement, l’énergie, le commerce équitable et le développement durable, dont l’Afrique a un urgent besoin, et ainsi s’obliger à préciser les domaines et les objectifs chiffrés de cette entreprise ?

    Faut-il reconfigurer ou abandonner la coopération politique de la Francophonie ? Présentement, elle ne dispose pas des ressources humaines et financières, des services de renseignement et d’une capacité d’intervention susceptibles d’infléchir les dérèglements dévastant plusieurs des États partie de l’OIF.

    Faut-il changer le logiciel dans les domaines de la culture et de l’éducation, hausser l’action dans ces domaines constitutifs en y déployant de grandes initiatives, les plus exigeantes de l’histoire de la Francophonie ?

    De nombreux chantiers auxquels devront répondre la France mais aussi les autres pays. Car en 2050, les Français ne représenteront plus que 10% des locuteurs de la langue de Molière. En Francophonie, comme en économie, le temps de la Francafrique est fini, place aux partenariats.

  • Industrie verte de l’UE : feu vert pour le nucléaire ?

    Industrie verte de l’UE : feu vert pour le nucléaire ?

    Après de nombreux rebondissements, la Commission intègre finalement le nucléaire dans sa proposition pour une industrie européenne décarbonée et autonome. Les défenseurs de l’atome saluent un « signal politique positif », mais restent très vigilants sur la substance réelle de cette reconnaissance.

    Jeudi 16 mars, la Commission européenne dévoilait sa proposition visant à ce que d’ici 2030, 40% des besoins de l’UE pour développer ses technologies énergétiques soient couverts par des capacités industrielles européennes. 

    Après le Chips Act sur les semi-conducteurs et le Critical Raw Materials Act sur les métaux stratégiques, le Net Zero Industry Act (NZIA) « s’inscrit dans la réponse européenne à l’IRA », avance Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, en conférence de presse de présentation de la proposition. 

    Pour redévelopper l’industrie en Europe, le texte liste ainsi les technologies « à émissions nettes » susceptibles de faire l’objet d’un soutien de l’UE pour leur montée en puissance. Entre le solaire, l’éolien, le stockage ou encore les pompes à chaleur, peut-on ainsi retrouver le nucléaire. 

    « Et oui, nous avons pu converger sur le besoin de couvrir le nucléaire dans cette proposition. Car il est temps de dépasser les idéologies » s’est félicité M. Breton.

    Inclusion du nucléaire

    Le ministère de l’Économie français, qui confirmait mardi 14 mars en conférence de presse son soutien à l’intégration du nucléaire dans le texte, peut donc pousser un « ouf » de soulagement. 

    Surtout que l’affaire n’était pas réglée d’avance.

    Dans la première fuite du document dans la presse, le nucléaire figurait en bonne place. Mais dans les jours qui ont suivi, le doute s’était progressivement installé. Mardi (15 mars), le média britannique Financial Times avançait que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, épaulée par M. Breton, avait ferraillé avec Frans Timmermans, commissaire au Climat, soutenu par Margreth Vestager, commissaire à la Concurrence, sur l’introduction ou non du nucléaire dans le texte.

    Les discussions auraient même duré jusqu’à quelques minutes avant la présentation officielle du texte, selon une journaliste du média européen Politico

    Finalement, les commissaires sont parvenus à un compromis selon lequel font partie des « technologies nette zéro » les « technologies avancées pour produire de l’énergie à partir de nucléaire avec un minimum de déchets et les petits réacteurs modulaires ».

    Exclusion du nucléaire existant

    De fait, les technologies nucléaires existantes, comme les réacteurs de 2ème génération à eau pressurisée [REP] que la France souhaite développer, sont exclues. 

    Mais pour l’eurodéputé français du groupe Renew (centre) Christophe Grudler, à ce stade,  « l’essentiel était que le nucléaire soit dans le texte. Il l’est », glisse-t-il à EURACTIV France. 

    L’industrie nucléaire française s’inquiète tout de même. « Que le nucléaire apparaisse dans la proposition de la Commission est un signal politique positif », avance Erkki Maillard, directeur des affaires européennes d’EDF, auprès d’EURACTIV France. 

    En revanche, « le fait que les technologies [de réacteurs nucléaires] de 2ème et 3ème générations ne soient pas incluses […] témoigne de blocages au sommet de la Commission », complète-t-il. 

    Pire, « c’est une porte ouverte aux concurrents extraeuropéens qui sont, par exemple, déjà implantés en Pologne, comme l’Américain Westinghouse, le sud-Coréen KHNP et le Britannique Rolls Royce », confie à EURACTIV France une source au sein de l’industrie nucléaire française. 

    M. Grudler se veut toutefois rassurant : « il y a encore des négociations avant de trouver un accord. Le Parlement européen va prendre la main et permettra d’améliorer le texte, sur l’inclusion du nucléaire existant notamment »

    Zones d’ombre sur le futur nucléaire

    Au-delà du nucléaire existant, même pour les technologies nucléaires du future inscrites dans le texte, des zones d’ombre persistent. 

    D’abord, parce que si elles figurent dans la liste des « technologies nette zéro », elles ne figurent pas dans l’annexe de la proposition. Or, l’annexe liste les « technologies nette zéro » dites « stratégiques », auxquelles « est limité l’accès au marché », explique un haut fonctionnaire de Bruxelles. 

    Interrogé sur ces dichotomies en conférence de presse, Frans Timmermans a simplement répondu que le collège des commissaires avait conservé une « position neutre » sur les choix technologiques, se référant « exactement au libellé de la taxonomie verte de l’UE » qui identifie les activités économiques durable bénéficiant de facilités de financements.

    Le commissaire au Climat en a profité pour appeler les États membres défenseurs du nucléaire à se responsabiliser : « ne faites pas un choix idéologique, faites les comptes », car selon lui, « les énergies renouvelables sont presque chaque jour de moins en moins chères, ce qui n’est pas le cas du nucléaire ».

  • Crise du crédit, crise de l’Etat, crises de foi

    Crise du crédit, crise de l’Etat, crises de foi

    Le Crédit Suisse est au bord du gouffre. L’actionnaire saoudien, 10% du capital, ne veut plus payer. Son investissement fond comme neige au soleil suisse. L’action a plongé de 98% depuis 2008, moins 30% ces derniers jours. Tant pis pour l’Emir. Le pétrole, c’est plus sûr. Voir : le cours du pétrole chute aussi. Moins 40% depuis les sommets de juin 2022. Finis les superprofits, bien fait. 

    Plus personne ne croit en rien. Ni dans les banques suisses, ni dans les obligations d’Etat. 

    Si la banque suisse va mal, toute montagne devient marécage. Plus personne ne croit en rien. Ni dans les banques suisses, ni dans les obligations d’Etat. Crédit vient de credere, croire. Avoir foi, confiance.

    La Silicon Valley Bank, spécialiste de la new tech, a été sauvée par le gouvernement américain. Elle était saine, dit-on. Pourquoi, frappés d’un vent fou, des geeks californiens sont-ils venus en masse retirer leurs billes de la SVB ? Par précaution, onze banques américaines ont déposé 30 milliards dans la First Republic, 14ème banque américaine, dont l’action avait décroché de 73%. « Le système bancaire dispose d’un crédit solide, de liquidités abondantes, d’un capital important et d’une forte rentabilité. Les événements récents n’ont rien changé à cette situation« , disent en chœur les banques. De quoi s’inquiéter. 

    Pourquoi les banques seraient-elles fragiles ? Avec la hausse des taux d’intérêt, elles devaient retrouver des marges et des couleurs. Sauf qu’elles ont un paquet d’obligations d’Etat. A priori du solide, la dette des Etats, mais quand les taux montent, leur valeur baisse. Quand les banques centrales ont augmenté les taux, le poids de la dette a changé, pour les banques comme pour les Etats : tout dépend comment est constituée la dette, en quelle monnaie, à quels taux, variables ou non, etc.

    En 2022, la dette mondiale, selon l’Institute of International Finance, était de 305.000 milliards de dollars, soit 348% du PIB mondial. Moitié dette privée, moitié dette publique. En 2007, avant la crise financière, elle était de 142.000 milliards ; soit 243% du PIB mondial. Constat : la dette publique a explosé. Pas grave, tant que l’on peut payer, c’est-à-dire tant que la croissance reste supérieure aux taux. Et tant que quelqu’un croit que l’on va payer. 

    « La France dans le trio de tête pour la dette, aux côtés de l’Italie et de la Grèce »

    La France, avec 3000 milliards de dettes, est le premier emprunteur d’Europe.  La France a profité de l’euro et des taux bas. Mais la BCE a encore augmenté ses taux de 0.5%. « La sortie du “quoi qu’il en coûte” est loin d’être faite », explique l’ancien ministre socialiste Moscovici, désormais premier président de la Cour des Comptes. Elle a encore augmenté (hors inflation) de 3,5 % en 2022, observe-t-il d’un œil sévère, lui qui fut si gourmand. « En 2027, nous pourrions nous retrouver dans une situation où la France serait dans le trio de tête pour la dette, aux côtés de l’Italie et de la Grèce ». Les pays du « Club Med », se moquent les argentiers de l’Europe protestante du Nord. Ils pratiquent moins la confession, qui efface les péchés et les dettes.

    Grèce, Portugal, Espagne ont fait de remarquables efforts. La France a poursuivi le « quoi qu’il en coûte » après l’épidémie. 35 milliards cette année, cette fois contre l’inflation. Une stratégie originale, qui consiste à donner des chèques pour maintenir le pouvoir d’achat, jusqu’à ce que les règles de l’économie se vengent : la France a donc connu une inflation plus basse que les autres pendant six mois, elle est désormais plus haute. 10, puis 20% de hausse pour les prix alimentaires. On résiste difficilement au vent, surtout celui des fous. 

    Déclaration en 2020 d’Emmanuel Macron ©AFP

    Comme la dette atteint 113% du PIB, la hausse des taux inquiète. La France emprunte pour boucler ses dépenses : 57% du PIB, record.

    Economiser 10 milliards par an, de qui se moque-t-on ?  

    Alors quand le gouvernement demande, « pour des raisons financières », dit Emmanuel Macron, de repousser l’âge légal de la retraite, (même si l’âge légal est le plus bas de tous les pays européens, même s’il le restera après la réforme, même si une vraie réforme, par points, supprimerait l’âge légal), tout le monde est contre.

    Economiser 10 milliards par an, alors qu’on en trouve pour la covid, l’essence, la défense, l’inflation : de qui se moque-t-on ? 

    Les ministres ont beau torturer les trimestres et les amendements : bras d’honneur, insultes, la colère est devenue plus légitime que l’élection, les voitures brûlent comme des cierges : crise de foi. La parole publique ne vaut même pas un communiqué de banquiers.

    Heureusement, le billet vert tient. L’euro aussi. Si les émirs doutent des banques suisses, si les geeks sabordent la spéculation sur la high-tech, les pauvres du tiers monde mettent leurs économies en dollar. Ils ont raison : les pays les plus pauvres, émergents ou endettés seront les plus touchés. Pas besoin de théorie de la domination pour cela, le petit peuple mondial sait, sans les aimer, que les douteux banquiers de Wall Street feront moins de bêtises que les guides suprêmes et autres tribuns. La preuve : en initiés, les actionnaires des banques fragiles se sont précipités pour vendre leurs actions. 

    Si tout tombe, les derniers à tomber, ce seront les dollars.

    En cas de crise, le dollar reprend les couleurs de l’or. Les Gafams font la révolution digitale. L’Amérique musèle les Russes ; vit du pétrole et du gaz de schiste, (interdit en Europe mais importé), investit dans les puces et les nouvelles énergies. Si tout tombe, les derniers à tomber, ce seront les dollars.

    D’ailleurs ils montent : le PIB par habitant aux États-Unis augmente depuis 15 ans plus vite que celui des Allemands ou des Français. Selon le FMI, il est 80% au-dessus de celui des Français. Il y a mieux, plus près : les voisins suisses sont 100% au-dessus des Français : pour le revenu, pas pour l’estime de soi. Nous sommes 20% moins riches que les Allemands, un écart qui s’est creusé depuis 2007, après les réformes Hartz. Ceux qui défendent le mieux le pouvoir d’achat des travailleurs ne sont pas en France. La France est descendue au 25e rang mondial en revenu par habitant. Et les diplomates se demandent pourquoi la France perd en influence ? 

    Un immense chantier s’ouvre donc, qui ne coûte rien : la réforme de l’Etat.

    La seule façon de réduire la dette, d’augmenter le pouvoir d’achat, est d’augmenter la croissance. Pour cela, mener des réformes structurelles : l’énergie (produire plutôt qu’interdire) ; l’éducation (libérer plutôt qu’uniformiser), l’industrie (supprimer les entraves plutôt que subventionner), les services (s’ouvrir au monde plutôt que se « protéger »). 

    Mais tout commence par le haut. Par la question de confiance. Qui a confiance en l’Etat ? Partout où il s’exerce, il est affaibli, dénigré, d’autant qu’il est, maladroitement, partout. Justice, police, diplomatie, défense, finances, retraites, santé, éducation, logement, énergie, transports, médias, la crise de l’Etat est un virus partout débilitant. 

    Un immense chantier s’ouvre donc, qui ne coûte rien, que des efforts intellectuels : la réforme de l’Etat. La Cour des Comptes dénonce la fausse décentralisation, l’empilement des compétences, la multiplication des normes, la superposition des responsabilités : c’est-à-dire l’irresponsabilité. La crise du crédit est une crise de confiance, mais une banque peut restaurer son crédit, une garantie suffit. Mais la confiance placée dans la parole publique, comment la reconstruire ? En reconstruisant l’Etat. Fastoche ! Surtout sans majorité ni gouvernement. Autant commencer dès maintenant. Des volontaires ?

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 20.03.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 20.03.23

    Bienvenue dans le flash quotidien des expatriés de ce lundi 20 mars. Jour J pour le gouvernement, tombera-t-il, quel avenir pour la réforme des retraites ? Mais c’est aussi la journée internationale de la Francophonie. Enfin on bouclera cette édition avec la fermeture de 60 opérateurs d’IPTV la semaine dernière. 

    Tensions autour de l’Assemblée nationale 

    Plusieurs centaines de personnes ont été interpellées samedi et dimanche en France dans le cadre des violences ayant éclaté pendant des manifestations sur la réforme des retraites sur la place de la Concorde mais aussi partout en France. Ce lundi, les manifestations vont ponctuer toute la journée tandis que les députés seront réunis pour étudier les mentions de censure. Selon les derniers décomptes, ces dernières ne devraient pas passer, le gouvernement resterait donc en place et la réforme serait adoptée. Mais qu’en sera-t-il de l’avenir d’Élisabeth Borne, la Première ministre ? 

    La journée internationale de la Francophonie 

    Chaque année, à la date du 20 mars, la Journée internationale de la Francophonie est célébrée dans le monde entier, dans les pays francophones mais aussi dans ceux où la langue française est moins répandue. Cette année, la Journée internationale de la Francophonie célèbre la création culturelle francophone, sa diversité, mais aussi la nécessité de valoriser son accès en ligne : sa « découvrabilité » (sic). Plus de 321 millions de locuteurs sont invités à y participer à travers le monde. 

    francophonie

    Adieu Streamzz

    Lancée en 2019, Streamzz était l’une des plus grosses plateformes illégales de streaming. Elle offrait un accès à plus de 75.000 films et 15.000 séries en streaming à plus de 60 plateformes d’IPTV dans le monde. La plateforme rémunérait les “uploaders” – les internautes qui partagent des contenus en ligne, illégalement -, avec des cryptomonnaies, pour proposer toujours plus de contenus. Depuis la fin de la semaine dernière, la plateforme n’est plus disponible. Streamzz comptait plus de 7 millions d’utilisateurs mensuels. Le service était particulièrement populaire en Europe, et plus spécifiquement en Allemagne.

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin ! 

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Législatives partielles : Grégory Zaoui se présente dans la IXème circonscription des expatriés

    Législatives partielles : Grégory Zaoui se présente dans la IXème circonscription des expatriés

    Grégory Zaoui, ce nom vous dit quelque chose ? C’est normal, il fut le cerveau de la fraude massive à la taxe carbone à la fin des années 2000. Plusieurs milliards d’euros de TVA avaient été détournés au profit d’une bande d’ »affairistes ».

    Nous l’avions rencontré, il y a tout juste un an, pour qu’il partage avec nous ces années particulières d’expatriation puisqu’il était en cavale. Une interview, menée par Mathieu Hutin, oscillant entre moments de vérité et anecdotes cocasses qu’on partage de nouveau avec vous.

    L’interview « Une expatriation en cavale » de mars 2022 :

    Candidat dans la IXème circonscription des Français de l’étranger

    Mais si on le recoit, aujourd’hui, c’est pour un tout autre sujet. En effet, Grégory Zaoui est le candidat surprise dans l’élection législative partielle du 02 avril dans la IXème circonscription des Français de l’étranger, soit le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest.

    Une élection annulée à cause du vote en ligne

    Souvenez-vous, nous étions le 27 mai à midi, les bureaux de vote en ligne ouvraient, et pourtant de nombreux Français de l’étranger n’avaient toujours pas reçu leurs identifiants ou les avaient reçus en double (avec deux identifiants et deux mots de passe différents). La raison : des erreurs dans l’organisation mais aussi des incompatibilités avec les opérateurs de certains pays comme, dans ce cas, en Algérie.

    Des problèmes qui ont, à un moment, remis en cause la poursuite du vote en ligne alors que ce dernier est un outil majeur pour les électeurs dispersés dans des circonscriptions de la taille de plusieurs pays. Et ils sont souvent très vastes dans cette région du monde. Mais finalement, Docapost, le prestataire, a réussi à trouver une disposition qui devrait assurer la bonne tenue du vote cette fois.

    C’est dans ce contexte que Grégory Zaoui, interdit de gérer une société mais auteur à succès d’un livre dévoilant les rouages de la fraude massive à la taxe carbone, qui fut même transcrit à l’écran dans un documentaire Netflix, se présente aux suffrages aux Français de la IXème circonscription.

    Dans le podcast ci-dessous, on fait le point avec lui sur son parcours, sa vision pour la circonscription et ce qu’il pourrait apporter à nos compatriotes installés au Maghreb ou en Afrique de l’Ouest.

    Gregory Zaoui
    Grégory Zaoui – Photo tous droits réservés

    Ecoutez le podcast avec Grégory Zaoui

    En toute transparence, Grégory Zaoui fait un point sur son parcours de vie et nous explique pourquoi il veut désormais s’engager auprès des Français sans élaguer ses motivations personnelles.

    Entre projets cinématographique, théâtral, on lui découvre une passion pour la géopolitique et la politique en général. Une envie qu’il retenait depuis l’adolescence.

    « Je savais que j’allais être attaqué immédiatement sur mon passé, mais c’est tellement facile »

    Grégory Zaoui

    Une fois, ces points mis à plat, on explore avec le candidat les thématiques importantes pour les résidents des Français de la circonscription.

    Pourquoi cette circonscription ?

    Par son parcours, on aurait pu imaginer une candidature sur la VIIIème circonscription des Français de l’étranger où Meyer Habib fut aussi disqualifié comme député.

    Si Grégory Zaoui a choisi la IXème c’est par ses racines. Ses grands-parents sont nés en Algérie et en Tunisie. Sa femme est marocaine, elle en est partie à l’âge de 14 ans et leurs enfants, de fait, aussi.

    « On a toujours eu dans la famille une culture franco-judéo-maghrébine »

    Grégory Zaoui

    Cet enracinement pour lui justifie ce choix, c’est celui du coeur.

    Le vote en ligne

    Comme avec les autres candidats, nous évoquons avec lui l’avenir du vote en ligne, qui aurait pu être remis en cause suite à l’annulation par le Conseil constitutionnel.

    Pour lui, la dématérialisation est la bonne voie, tant pour les démarches administratives que pour le vote en ligne. Il n’en oublie pas, pour autant, les seniors qui doivent être accompagnés.

    « Je suis pour la dématéralisation totale et le développement massif de la biométrie »

    Grégory Zaoui

    L’occasion pour le candidat de partager avec nous des anecdotes de fraudes, récoltées en prison, qu’il faut combattre. L’avantage de l’expérience !

    Les visas : le bras de fer

    On évoque, évidemment, dans le podcast, la politique de chantage, décriée par les opposants et les élus locaux, mise en place par Emmanuel Macron sur l’obtention des visas par les citoyens des pays du Maghreb.

    Loin des partis, Grégory Zaoui admet, en toute humilité, que ce domaine ne fait pas partie du champ de compétence des députés. Ce qui est vrai, mais surtout il souligne que de fait cela ne concerne pas les électeurs qui sont français.

    La fraude aux aides sociales

    Autre thème d’actualité, la lutte contre les fraudes sociales, que Gabriel Attal a promis de combattre en déployant un nouveau plan d’ici la fin du premier semestre 2023.

    Là aussi, l’expérience de Grégory Zaoui vient nourrir son potentiel politique. Car en prison, en 2010, il a rencontré des organisateurs de ce type de fraudes à l’international.

    « C’est dans l’intérêt de tous. Moins il y a de fraudes, plus il y a de l’argent dans la caisse de l’Etat et cela ouvre des possibilités de redistributions intelligentes.« 

    Grégory Zaoui

    D’ou son étonnement que le sujet ne soit pris en compte qu’en 2023, d’ailleurs il propose d’aller plus loin que les recommandations du gouvernement, soit le contrôle des listes de passagers, en développant les détecteurs de VPN et en déployant plus d’outils de biométrie. C’est tout est un ensemble de dispositions qu’il propose, non guidé par une boussole politique mais par le pragmatisme, ce qui peut parfois manquer en politique.

    « Si je devais créer un parti, ça serait celui des pragmatiques »

    Grégory Zaoui

    Les risques sécuritaires

    Avec Grégory Zaoui, on s’attarde aussi sur les risques liés à la sécurité dans certains pays depuis le retrait des troupes françaises au Mali et ailleurs.

    L’occasion pour Grégory Zaoui de nous raconter une autre anecdote qui dévoile finalement les racines du mal africain, soit la corruption qui gangrène ces pays, entraînant les violences qu’on peut y rencontrer.

    Le quotidien des Français de l’étranger

    Enfin dans la dernière partie du podcast, on aborde les sujets liés au quotidien des Français de la circonscription.

    En premier lieu, il veut mieux sécuriser la couverture sociale dispensée par les CAF ou la CFE, là aussi en utilisant la biométrie et en échange, il voudrait voir se développer le tiers-payant.

    Il aborde aussi, évidemment, les coûts liés à la scolarité. Pour lui, il fait le lien entre l’explosion des frais d’écolage depuis le changement de tutelle de l’AEFE de l’Education nationale au ministère des Affaires étrangères et européennes.

    Une campagne difficile

    On conclut le podcast en faisant un point sur les derniers jours de campagne que Grégory Zaoui va mener en ligne. Sans parti et dans le cadre d’une partielle, il fut difficile de lever les fonds.

    Mais c’est surtout l’occasion pour lui de nous préciser qu’il ne fait pas ça pour l’argent, ses indemnités seront saisies pour rembourser l’Etat français. C’est donc un engagement pur placé sous le signe du pragmatisme que propose Grégory Zaoui aux électeurs des Français de la IXème circonscription des Français de l’étranger.

    Les autres candidats dans la circonscription

    Karim Ben Cheïkh  
    Samira Herbal  
    El Guerrab M’Jid  
    Sébastien Perimimoni  
    Ouma Ba  
    André Tchouk  
    Hervé Diaz  
    Nacim benlemouss  
    Thiaba Bruni  
    Nicolas Oulkhouir  
    Caroline Traverse  
    Brahim Ouero  
    Fatou Sagna Sow  
    Edouard de Castellans

  • Un premier album lancé par des expatriés de Lisbonne : longue vie aux Badoites !

    Un premier album lancé par des expatriés de Lisbonne : longue vie aux Badoites !

    La communauté expatriée de Lisbonne fait entendre depuis quelques jours de nouveaux accords majeurs. Le groupe « The Badoites Band » vient en effet de publier son premier opus.

    Ses membres ont en commun le Lycée français dont ils sont personnels ou parents d’élèves. Mais les « Badoites » c’est avant tout une bande de copains créatifs et inspirés : Hervé, Joaquim, Diogo, Fred et Mehdi ont d’abord rodé leurs compositions dans les bars de la capitale portugaise, accumulant les cachets et améliorant les 12 titres d’un album qui se nomme « Cool that way » pour souligner l’ambition de donner du plaisir au public en toute décontraction.

    Écoutez « When I was young », le premier extrait de l’album « Cool that way »

    De la scène au premier album

    Nous avons voulu les interroger sur leurs débuts, leurs influences, sur les joies de la scène comme sur le défi que représente la diffusion d’un premier album. Une interview au long court qui ravira les mélomanes qui souhaitent rentrer dans les coulisses de la composition et les vicissitudes d’un groupe en formation.

    Lesfrancais.press : Vous vous appelez « The Badoites Band » : le nom du groupe vient d’où ? Vous êtes visiblement des expatriés français de Lisbonne ?

    Hervé : Arrivé du Maroc à Lisbonne en septembre 2005, étant déjà chanteur, choriste et chef de chœur, j’ai tout de suite cherché des gens pour faire de la musique. Invité chez Joaquim un soir, on a parlé de ça et il a sorti sa guitare (qui n’avait pas servi depuis un certain temps si je me rappelle bien) et on a commencé à taper quelques chansons. On a eu un bon feeling et on a commencé à se réunir régulièrement pour établir un petit répertoire, mi chansons françaises, mi pop/rock anglaise. 

    Joaquim : Ensuite on nous a proposé d’animer une soirée, on a donc recruté un batteur : Denis qui est resté 6 ou 7 ans avec nous puis est parti par manque de temps.

    En 2006 ou 2007 est arrivé Diogo, pour une seconde guitare. Membre quasi fondateur car il est toujours avec nous. Et enfin, on a complété avec un bassiste en 2007 remplacé depuis par Fred, en 2013.

    Fred : Fondamentalement nous nous sommes graduellement connus à travers le Lycée français de Lisbonne, soit comme parents d’élèves soit comme enseignants au Lycée. 

    La communauté du Lycée français de Lisbonne

    Lesfrancais.press : La caractéristique de ce groupe c’est d’être issu de la communauté du Lycée français de Lisbonne ?

    Mehdi : La caractéristique de ce groupe c’est d’être issu de la communauté du Lycée français de Lisbonne. Hervé a été professeur d’anglais au lycée de septembre 2005 à juin 2022, la femme de Joaquim est professeure de lettres, la femme de Diogo est professeure des écoles, et Fred était parent d’élève. Pour ma part j’ai intégré le lycée en septembre 2008. 

    Une de mes premières soirées lisboètes s’est d’ailleurs passée chez Joaquim qui comme à la fin de chaque repas a sorti sa guitare pour pousser la chansonnette avec Diogo qui était aussi présent. 

    Mais c’est surtout dans le cadre de mes fonctions de conseiller consulaire que j’ai travaillé au départ avec Les Badoites. En décembre 2014, j’avais organisé un concert de récolte de fonds pour le Téléthon et j’avais demandé aux Badoites de se produire sur scène. Ils avaient d’ailleurs chanté une grande partie des chansons présentes sur l’album.

    En 2019 j’ai obtenu de l’ambassadeur Jean-Michel Casa qu’il mette à disposition des associations reconnues d’utilité publique les jardins de l’ambassade pour organiser la Fête de la musique. Cette autorisation tardive (fin mars) nous obligeait à prévoir un plateau musical en urgence. J’ai décroché mon téléphone pour appeler Joaquim, et savoir s’ils voulaient en être. C’était une période où le groupe était un peu en pause. Il a contacté tout le monde, m’a dit « on est ok mais Hervé est encore un peu hésitant, on est pas sur d’avoir un chanteur ». Un peu provocateur j’ai alors répondu à son grand étonnement “qu’à cela ne tienne si c’est le seul problème je peux chanter”.C’est comme cela que je me suis “incrustré”.

    Joaquim :  On a fait le concert à l’ambassade en mode acoustique, mais très vite on s’est mis en recherche d’un nouveau batteur. Notre batteur actuel, Zé Luis, est arrivé en  2020.

    On répétait dans un petit local très sympa à Lapa, où il y avait essentiellement les appareillages de musique et un grand frigo gavé de bières, et de la bonne ! On peut même dire que les Badoites étaient nourris à l’ « Estrella Damn ». Pour contrecarrer cela, on a choisi un nom d’eau très connu… nous sommes devenus « Les Badoites ».

    Lesfrancais.press : Les influences/inspirations ? On sent à la fois une influence pop anglaise marquée, mais aussi des touches de chanson française réaliste.

    Hervé : C’est ma (notre?) culture. J’ai grandi dans une famille française et mes parents étaient fans des grands chanteurs français à textes des années 60/70 , Brassens, Brel, Piaf, Ferré, Barbara…, qu’ils avaient d’ailleurs presque tous vus sur scène à l’époque, donc j’ai été baigné dans cet univers musical et linguistique. En même temps, j’ai découvert la musique anglo-saxonne, les Beatles, les Stones, Pink Floyd, The Who, Led Zeppelin… et j’ai été subjugué. Je suis devenu amoureux de la langue anglaise, de son rythme, de sa sonorité, de son pouvoir d’évocation. Finalement, tout ça, et bien d’autres choses comme le jazz, la musique classique, les musiques du monde, s’est mélangé et a fait la culture musicale et linguistique à l’intérieur de laquelle je me suis exprimé.

    Joaquim : Bien sûr, chacun s’inspire de son vécu. Pour ma part Pink Floyd est une grande référence, je pense qu’on peut l’entendre dans « When I was young ». Dans ma jeunesse j’ai beaucoup joué dans les « balloches », je suis donc à l’aise sur des rythmes plus festifs tels que « la Falaise » ou encore  « Sting like a bee ». On peut trouver aussi un peu de Radiohead dans  « Barbed wire » où apparaissent des amorces d’accords avec une grosse distorsion…

    Globalement les compositions se faisaient de façon collégiale sans revendiquer individuellement telle ou telle autre compo… Hervé proposait un texte qu’on essayait de mettre en musique ou bien on partait d’un riff de guitare et on construisait musique et paroles autour. Rien n’était figé, on pouvait tout rallonger, couper, modifier. Hervé est à cet effet un spécialiste de l’adaptation du texte en instantané. Maintes fois il corrigeait le texte directement sur le vif… Tout était raccommodé en repet. Un travail collégial. 

    Fred : Nos chansons s’inscrivent dans la musique des années 1970. Par exemple, en ce qui concerne ma partie, la basse, sur “Bloody Liars”, est très semblable à « Hurricane”, de Dylan, sur “Tiny Little Smell”, chanson moins rapide, j’ai utilisé un style de basse assez fourni, typique par exemple des séries américaines des années 70, mais qu’on retrouve aussi dans “l’Aigle Noir” de Barbara. Ailleurs, une ligne de basse à la Bowie, “Like a Bee” a une basse latino alors que “Cool that Way” est country.  Je n’ai pas joué ça pour faire du Dylan ou du Barbara ou du Bowie, mais parce que les compositions du groupe appellent ce style de basse. Et puis nous les Badoites, nous sommes  tous nés dans les années 60 (à part Mehdi), et je pense que nous reproduisons, consciemment ou pas, l’univers musical de notre adolescence. 

    Dans « La Falaise » ou « Victoria bar », ce qui a guidé les musiques que j’ai apportées, c’était le texte d’Hervé, sa prosodie, sa couleur vocale et ce que cela a déclenché dans mon imaginaire musical à moi. 

    4 mois de préparation et d’enregistrement pour leur premier album

    Lesfrancais.press : la réalisation de l’album. Où, quand et avec quels moyens ? 

    Fred : La décision d’aller en Studio  s’est précipitée fin 2021 par l’annonce de Hervé (notre chanteur/parolier) qu’il allait quitter définitivement le Portugal pour retourner vivre en France.

    Panique et désolation des membres du groupe, tristesse aussi parce que nous nous étions fait un joli petit nid de francitude musicale à Lisbonne où se cultivait aussi l’amitié et le savoir-vivre gaulois.

    Je me suis dit que décidément c’était trop bête d’avoir composé des chouettes chansons et que rien n’en restera, à part quelques enregistrements de qualité très moyenne pris au téléphone portable. Je me suis donc appliqué à convaincre les copains d’aller enregistrer en studio. 

    On a commencé par  faire le tri dans la trentaine de chansons originales du groupe. Une grosse quinzaine de titres furent sélectionnés tout en sachant qu’il ne serait pas possible de les enregistrer tous, certains n’ayant plus été jouées depuis des années, car sur ces quatre dernières années on était surtout connu dans Lisbonne pour faire des concerts de covers français.  

    Mehdi : De février à juin 2022 nous avons répété une à deux fois par semaine les quinze chansons choisies, tout en continuant à faire vivre notre répertoire de covers car on avait des engagements à honorer. Mi juin 2022 nous sommes rentrés en studio d’abord tous ensemble pour enregistrer la bande témoin, puis chacun séparément. L’enregistrement s’est achevé fin juillet 2022. 

    Fred : Sur les 13 chansons enregistrées, une fut délaissée en cours de route (I Was Alone). Elle présentait trop de problèmes. Le CD a donc 12 titres.

    Joaquim : Nous avons totalement auto-produit cet album, en grande partie grâce aux cachets de nos concerts de l’an dernier. mention spéciale à Henrique, le propriétaire du studio, un grand professionnel, alors que nous n’étions que des amateurs. Nous lui en avons donné du fil à retordre avec nos imprécisions et erreurs en tous genre qu’il a su patiemment corriger.    

    Lesfrancais.press : Ferez-vous un peu de promo ? Des concerts prévus ? 

    Fred :  Mehdi est notre manager à présent… On va faire un concert de présentation du CD prochainement. Un projet qu’on voudrait bien faire avec Hervé qui devrait revenir au Portugal pour cela. C’est en gestation. On est également en préparation d’un vidéo clip.

    Puis on a déjà un deuxième CD à enregistrer, avec les titres des Badoites qu’on n’a pas eu le temps d’enregistrer, un jour peut-être, un voeu pieu…..  

    Hervé : Si on nous propose Wembley ou le Stade de France, j’irai.

    Joaquim : On aimerait bien faire  une tournée promotionnelle, il nous faudrait un producteur ou un sponsor… Si quelqu’un nous entend?

    Lesfrancais.press : Comment vous organisez-vous au plan créatif ? Qui écrit  ? qui compose ? 

     Fred :  La composition est de Jo et Diogo. Hervé est le parolier. 

    Lorsque je suis entré dans le groupe en 2013, j’ai demandé à Hervé si on ne ferait pas aussi des chansons en français. Il m’a répondu qu’il avait des textes qu’il m’a envoyés. J’ai mis en musique une bonne demi douzaine de chansons, qui n’ont pas réellement pris, parce que je composais dans un style et avec une technique de jeu assez différent de ce que nos 2 guitaristes avaient l’habitude de jouer   

    Hervé : J’ai déjà répondu en partie à cette question, mais plus tard, lorsque Fred est arrivé et qu’on s’est demandé comment élargir notre public, sachant qu’on pouvait toucher l’audience francophone de Lisbonne, on s’est dit que ça serait peut-être bien de faire des morceaux en français. Donc, je me suis mis à écrire des textes en français que j’envoyais à Fred et il mettait des musiques dessus. C’est comme ça que sont nées « Au Victoria Bar » et « La Falaise » ainsi qu’une bonne demi-douzaine d’autres chansons qui ne sont pas dans l’album. Il me semble que « Ligne de Vie » a été un effort plus collectif sur une proposition originale de Diogo.

    Joaquim : Comme je l’ai dit tout à l’heure, exception faite des 2 morceaux composés exclusivement par Fred : “La falaise” et “Au victoria bar”, ainsi que “Bloodie liars” que Denis avait en stock depuis longtemps, les textes sont écrits par Hervé ( on a d’ailleurs en préparation un texte de Mehdi), puis la composition musicale est collégiale. Ça se construit à partir d’une idée  qui évolue au cours des répètes  et qui se nourrit de la sensibilité dynamique de chacun.

    Pour ma part, en termes d’avenir, j’aimerais me concentrer sur des textes de langue française. Malheureusement je n’écris pas mais on va trouver..

    Je crois que les Badoites ont vocation à faire vivre la langue française ici au Portugal. J’imagine donc nos prochains mois en répète sur nos compos, mais en même temps à faire tourner toute la musique française dans diverses soirées 

    Lesfrancais.press : Des messages à faire passer, une dimension politique ? Mehdi, tu es engagé en politique, est-ce que la chanson est un pas de côté, une aération ? Est-ce que faire de la scène et prendre la parole en politique devant un auditoire c’est un peu la même adrénaline ? 

    Mehdi : Il ne s’agit pas d’une reconversion, pour cela il aurait fallu que la politique soit ma profession. Elle ne l’a jamais été. J’ai un côté hyperactif et touche-à-tout. J’aime faire des choses que j’aime et me passionne. La politique c’était une passion, la musique l’a toujours été beaucoup plus. Il y a 25 ans je chantais parfois avec ma petite soeur dans certains radio-crochets des Pyrénées-Orientales, mais je n’avais jamais vraiment voulu assouvir cette passion jusqu’à 2019. 

    Cela a sans doute correspondu à un moment où j’ai commencé à trouver la politique bien trop sale et violente, ce qui ne me correspond pas. La notion de plaisir n’y était plus. Elle y est à 100% avec la musique. 

    D’ailleurs j’en ai discuté avec Hervé, je sais qu’il a écrit ses chansons à une autre époque, mais “Ligne de vie” retranscrit pour moi exactement ce sentiment d’espérance puis de lassitude de la politique. 

    Je me souviens avoir eu un trac terrible lors de mon premier discours à l’AFE en septembre 2014, et c’est exactement la même boule au ventre qui m’a saisi lors de notre concert à l’ambassade en juin 2019. 

    Mais vraiment la scène c’est une adrénaline à part. Je m’y sens si bien que je ne voudrais pas en descendre. En novembre 2022, nous avons joué devant 1200 personnes pour les 70 ans du Lycée français. Cela a été une expérience incroyable !

    Hervé : En ce qui me concerne, mon positionnement est plus social que politique. Je déteste l’injustice mais je ne crois pas que la politique dans son fonctionnement d’appareils, d’égos surdimensionnés et de conflits d’intérêts permanents soit en mesure de corriger les injustices qui traversent nos sociétés. Je crois davantage à l’éveil des consciences individuelles à travers l’éducation et l’art. En ce sens, envoyer des messages en chantant des chansons participe de cet effort d’éveil des consciences.

    De l’anglais, aussi du français

    Lesfrancais.press : Vous chantez en anglais majoritairement et en français sur trois titres. Est-ce que c’est plus facile de « groover » en anglais et de faire passer un message en français ? 

    Hervé : Pour moi, c’est plus facile d’écrire en anglais, j’ai plus de liberté, dans le rythme, dans les sonorités, ça claque davantage, c’est plus économe en mots et plus efficace en termes d’impact, de beat. C’est une langue très rythmique quand le français est une langue très mélodique. J’aime aussi écrire en français qui est ma langue première mais c’est différent, on est peut-être plus effectivement dans un message intellectuel alors que l’anglais parle plus au corps dans une énergie physique directe. C’est comme ça que je le ressens, sans doute parce que l’essentiel de mon accès à la musique en anglais s’est fait par le rock.

    Joaquim : J’ai toujours demandé à Hervé de composer en français, il lui aura juste fallu quelques années, bravo.

    Fred : Chanter en anglais, je pense surtout que c’était naturel pour Hervé, qui est prof d’anglais. Mais il a aussi écrit en français.

    Lesfrancais.press : Dans « Sting like a bee », peut-être un hommage à la célèbre déclaration de Mohamed Ali quand il préparait son match du siècle contre Foreman, vous évoquez ceux qui se moquent de la différence, les railleries que subissent certains pour leur apparence ou leurs idées. Est-ce un message contre les discriminations ? 

    Hervé : C’est absolument ça et c’est cette citation de Mohamed Ali qui m’a inspiré le texte. Ce gamin noir, victime des pires discriminations à l’époque et qui s’est battu, au sens propre et au sens figuré pour à la fois devenir le plus grand et redonner de la dignité au peuple afro-américain. Le message s’adresse à tous ceux qui, pour une raison ou une autre, sont victimes de préjugés. C’est un message de résistance et de résilience.

    Mehdi : C’est une chanson que j’affectionne particulièrement. Déjà je trouve la mélodie entrainante et originale, et en plus « cherry on the cake » les paroles correspondent à ce que je suis. Quelqu’un qui a pu subir les discriminations, y compris en politique, où on est souvent jugé avec des étiquettes, mais surtout quelqu’un qui est engagé depuis 15 ans pour dénoncer ces discriminations. 

    Lesfrancais.press : Le Victoria bar, ce lieu qui réunit « les paumés, les éclopés, tous les frappés », un lieu visiblement unique, existe-t-il ? 

    Hervé : J’ai écrit ce texte lors d’un voyage en Allemagne, à Berlin, durant une période où j’écrivais (et buvais) beaucoup. Un soir, je me suis assis sur un banc dans une rue anonyme, il faisait froid, j’avais un peu bu, et j’ai remarqué un signe au néon quelques dizaines de mètres plus bas. Victoria Bar (ou peut-être Viktoria Bar). Et j’ai vu toutes sortes de gens y entrer, surtout des hommes, des gens qui semblaient assez paumés, hagards, amochés, et qui en ressortaient souriants, rassérénés, alors j’ai commencé à m’imaginer que le lieu avait une sorte de qualité magique qui réconfortait des gens en détresse. J’ai commencé à écrire. Finalement, j’y suis entré et j’ai vu ce long comptoir où les gens semblaient heureux en train de boire et d’échanger. C’est comme ça que le texte est né. Je ne me rappelle plus comment je suis rentré à ma chambre d’hôtel.

    Lesfrancais.press : Dans « ligne de vie » vous chantez « Tu as mordu la ligne, brisé le garde corps, passé ta vie par dessus bord » ? As-tu déjà ressenti ce type de moment dans ta propre vie, des moments de bascule, d’inflexion de ton propre destin ?

    Hervé : C’est une chanson que j’ai écrite après la mort d’une personne qui m’était chère. Une personne qui avait eu, comme la plupart d’entre nous, une vie remplie de passions, de croyances, de combats et de certitudes. J’ai moi-même très tôt côtoyé la mort, et à de multiples reprises, que ce soit parmi mes amis ou ma famille proche. J’en ai gardé un sens de la relativité. Qu’est-ce qui est vraiment important? Qu’est-ce qui est futile dans notre existence? Que reste-t-il à la fin? A quoi attachons-nous du prix ? Où est la sagesse?

    Mehdi : Comme je le disais tout à l’heure, pour moi cette chanson est celle qui résume le mieux mes 15 années passées en politique, les deux premiers couplets sont en ce sens très forts. 

    Ligne de vie
    Ligne de crête
    Des serments qu’on se prête
    Des formules qu’on répète
    Des désirs mimétiques
    Des voeux dont on se pique
    Et qu’on remballe ensuite
    Dans un fond de sa tête
    Ligne de vie
    Ligne de fuite
    Des drapeaux qu’on agite
    Des mensonges qu’on ébruite
    Des foules qui nous commandent
    Des mots d’ordre qu’on scande
    Et qui reviennent un jour
    Vous tendre leur verdict

    Mais au fond encore une fois c’est la chanson à laquelle je m’identifie le plus. Je ne peux que remercier Hervé d’avoir écrit un tel texte. 

    Lesfrancais.press : « La falaise », on retrouve peut-être sur ce titre l’influence de certains groupes réalistes français comme La Tordue ou Sanseverino. c’est peut-être sur ce titre ou vous êtes le plus à l’aise avec un mélange de gouaille et d’allant. À côté du blues, du groove ou de la pop, comment ressentez-vous le passage d’un style à l’autre ? 

    Hervé : C’est très facile. La Falaise, c’est un délire, une chanson pétillante, une tranche de vie disséquée avec un zeste d’humour et brillamment mise en musique sur un rythme endiablé par Fred Genin. C’est toujours un grand plaisir de la chanter, ça fait bouger le corps et il y a en même temps un message social sur une frange de la population qui, bien que vivant dans une certaine marge, n’en demeure pas moins traversée par les contingences et préoccupations qui sont le lot de tous les êtres humains.

    Mehdi : « La Falaise », pour moi l’enfant du sud-ouest, c’est la chanson de féria par excellence, celle qui nous fait communier et faire la fête.

    Lesfrancais.press : Sur « Bloody liars » ou « I still can rock and roll », il y a l’hommage de la fuite, l’ode au départ sur la route , un thème classique en musique ? 

    Hervé : « Bloody Liars », qui était au départ une chanson originale en français de Denis, notre batteur des débuts, et que j’ai adaptée en anglais, est pour moi une chanson sur la paranoïa et la fuite en avant d’un individu qui se sent coincé, accusé à tort, et qui va chercher à prouver son innocence. C’est comme la scène initiale d’un road movie avec en ligne de mire la quête de la vérité. La route risque d’être longue mais il va se battre.

    « I still can rock’n roll » est plus autobiographique sur l’âge et le décalage des générations. J’essaye d’y développer l’idée que la volonté intérieure peut compenser les atteintes du temps et de la fatigue, que le regard critique de l’autre, et les remarques pas toujours positives qu’on reçoit quand on est affaibli, ne devraient pas être une source de renoncement mais au contraire une source de motivation pour se prouver des choses.

    Lesfrancais.press : Et pour finir ce long interview une anecdote au sujet de l’album ou des concerts ?

    Fred : À nos 2 derniers concerts au Lycée français de Lisbonne, on s’est pris les flics à chaque fois.

    Mehdi : Dans les concerts il y a toujours des moments de grâce, des choses pas répétés que l’on garde parce que vraiment ça sonne super bien. 

    Je me rappelle que lors de notre dernier concert au lycée, on nous avait demandé un rappel… et on n’avait rien. Fred est venu me voir et il me dit : tu sais faire “machistador” de M ? J’ai dit allez on y va, sans répet’, 6mn d’impro’ incroyable avec un solo de notre batteur Zé Luis.

    Plus près de nous le 23 septembre dernier on nous a demandé de faire un concert privé pour un public exclusivement féminin, le rêve de tout rocker ! Pour l’occasion on avait choisi de changer notre répertoire pour faire des titres plus girly (Madonna, Britney Spears, Larusso, Céline Dion)… un vrai plaisir pour ma voix !

    Ecoutez les Badoites sur :

  • Le succès mondial du bouledogue français

    Le succès mondial du bouledogue français

    Le succès mondial du bouledogue français ou frenchie, pour les intimes, ne se dément pas en ce début de XXIème siècle. Notre petit animal de compagnie est ainsi devenu le chien le plus aimé de nos amis d’outre-Atlantique, les Américains.

    Un Parisien dans l’âme

    Le bouledogue français est né de croisements effectués à la fin du 19e siècle dans les quartiers populaires de Paris entre des bouledogues anglais et des terriers afin d’obtenir un chien de petite taille. Utilisé comme chien de garde, le bouledogue français était à cette époque le chien préféré des bouchers et des marchands de vin dont il surveillait les entrepôts.

    Depuis le début du 20e siècle, il a été adopté par les personnes aisées pour son intelligence et sa vivacité. C’est l’un des chiens les plus répandus en France aujourd’hui.

    De plus le bouledogue français est apprécié pour son caractère doux, sociable et joueur. C’est, en effet, un camarade de jeux idéal pour les enfants. Sa douceur en fait aussi un très bon animal de compagnie pour les personnes âgées, d’autant qu’il n’a pas besoin de beaucoup d’exercices physiques même s’il est plus actif que son cousin anglais. Dans tous les cas, c’est un chien très attaché à son maître et il est prêt à le défendre, ainsi que sa famille, s’il sent un danger.

    Le labrador K.O

    Mais revenons à nos moutons ou plutôt nos chiens. On l’a appris ce 15 mars, mais après 31 ans de règne, le labrador a été détrôné par le bouledogue français, raflant le titre prestigieux du chien le plus populaire aux États-Unis.

    C’est la première fois que le bouledogue français, le « Frenchie » comme l’appelle l’association American Kennel Club (AKC) fondée en 1884, se hisse au sommet de son classement de popularité auprès des Américains. Le hit-parade pour 2022, dévoilé dans un communiqué, place donc le bouledogue français devant le labrador retriever. Pour 2021, c’était l’inverse. Avec le golden retriever restant à la troisième place. 

    Passant du 14e rang en 2012 au premier dix ans plus tard, « le bouledogue français a vu sa popularité grimper en flèche au fil des années. Le classement de popularité établi chaque année par l’AKC se fait sur la base du nombre de chiens enregistrés pour chaque race canine. Sur dix ans, le nombre de bouledogues français enregistrés a augmenté de… 1 000 %. »

    Lady Gaga avec un de ses bouledogues français ©AFP

    Il faut dire que cette espèce rare est la préférée des stars américaines et donc des malfrats qui revendent ce petit animal des milliers de dollars au marché noir. De New-York à Los Angeles, de Miami à Chicago, les vols ciblant cette race canine se multiplient comme lors de l’incident en 2021 avec la personne chargée des bouledogues français de Lady Gaga.

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