La plate-forme illégale de streaming pour IPTV “Streamzz” a été fermée ce jeudi. Elle alimentait plus de 60 plates-formes d’IPTV dans le monde.
Potentiellement, ce sont des millions d’internautes qui sont impactés par ce nouveau coup de filet d’ACE, l’Alliance pour la Créativité et le Divertissement, une organisation qui a fait de la lutte contre le piratage sa mission principale. Et parmi les utilisateurs, ils sont nombreux à être Français de l’étranger pour suivre les programmes français où qu’ils soient dans le monde.
Adieu Streamzz
Lancée en 2019, Streamzz était l’une des plus grosses plates-formes illégales de streaming. Elle offrait un accès à plus de 75.000 films et 15.000 séries en streaming à plus de 60 plates-formes d’IPTV dans le monde. La plate-forme rémunérait les “uploaders” – les internautes qui partagent des contenus en ligne, illégalement -, avec des cryptomonnaies, pour proposer toujours plus de contenus. Depuis cette semaine, la plate-forme n’est plus disponible.
Streamzz comptait plus de 7 millions d’utilisateurs mensuels. Le service était particulièrement populaire en Europe, et plus spécifiquement en Allemagne.
“La fermeture de Streamzz est une preuve que personne dans le monde de la piraterie n’est hors d’atteinte. Nous allons continuer à cibler des services de piratage de différents types pour protéger l’économie créative”
Jan Van Voorn, le directeur d’ACE
Que risquent les utilisateurs ?
L’offre généreuse en contenus et les coûts d’abonnement très faibles poussent de nombreux consommateurs à sauter le pas et s’abonner à un IPTV. L’ennui, c’est que si le système fonctionne bien au début, il peut être coupé du jour au lendemain, sans aucune garantie qu’il refonctionnera un jour ni que le client sera indemnisé.
Légalement, les utilisateurs d’IPTV ne risquent pas grand chose. En revanche, l’abonnement à un IPTV est parfois un véritable parcours du combattant. Cela n’empêche pas le business de prospérer dans le monde entier, où les installateurs d’IPTV ne se cachent même plus.
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TikTok a confirmé mercredi 15 mars à l’AFP que le gouvernement américain avait recommandé la cession de l’application par son propriétaire, le groupe chinois ByteDance, alors que la pression monte aux Etats-Unis contre la populaire plateforme.
D’après le Wall Street Journal et d’autres quotidiens américains, la Maison Blanche a posé un ultimatum : si TikTok reste dans le giron de ByteDance, elle sera interdite aux Etats-Unis.
L’application est perçue comme une menace pour la sécurité nationale par de nombreux élus occidentaux à cause de son appartenance à une société chinoise.
Aux Etats-Unis, la destruction en février d’un ballon chinois supposé espion a suscité un regain d’efforts au Congrès pour bannir le service de courtes vidéos divertissantes, accusé de donner accès à Pékin à des données d’utilisateurs du monde entier, ce qu’il a toujours nié.
La requête de la Maison blanche vient du CFIUS, une agence gouvernementale chargée d’évaluer les risques de tout investissement étranger pour la sécurité nationale américaine.
Le gouvernement et le Trésor ont refusé de commenter.
« Si l’objectif est de protéger la sécurité nationale, une cession ne résout pas le problème : [le fait que l’application] change de propriétaire ne signifiera pas l’imposition de nouvelles restrictions sur la circulation des données ou leur accès », a réagi une porte-parole de TikTok, contactée par l’AFP.
« La meilleure façon de répondre aux inquiétudes concernant la sécurité nationale c’est d’utiliser les systèmes américains de protection des données des utilisateurs du pays, avec un contrôle solide et des vérifications par des tiers, ce que nous sommes déjà en train de mettre en place », a-t-elle ajouté.
« Au milieu du ring »
TikTok, qui fait de nombreux efforts pour rassurer les politiques et le public sur son intégrité, comptait sur le CFIUS pour trouver un compromis.
« La façon la plus rapide et la plus efficace de répondre à ces inquiétudes […] est que le CFIUS adopte l’accord proposé sur lequel nous travaillons avec eux depuis plus de deux ans », avait affirmé un porte-parole de TikTok fin février.
Il réagissait à l’examen d’un projet de loi porté par les républicains, qui donnerait l’autorité au président Joe Biden de bannir complètement TikTok.
La Maison Blanche a déjà interdit aux fonctionnaires des institutions fédérales d’avoir l’appli sur leurs smartphones, en application d’une loi ratifiée début janvier. La Commission européenne et le gouvernement canadien ont récemment pris des décisions similaires pour les téléphones portables de leurs fonctionnaires.
L’entreprise stocke les données des utilisateurs américains sur des serveurs situés dans le pays. Elle a admis que des employés basés en Chine y avaient accès, mais dans un cadre strict et limité, et pas le gouvernement chinois.
À l’été 2020, l’ancien président Donald Trump avait signé plusieurs décrets pour tenter de bannir la plateforme ou de la faire racheter par une entreprise américaine.
« TikTok est en train de revivre la saga de 2019/2020 », a souligné Dan Ives, de Wedbush.
« Avec les tensions qui empirent entre les Etats-Unis et la Chine, l’application se retrouve prise au piège, au milieu du ring », a ajouté l’analyste dans une note.
La popularité déjà considérable de la plateforme a explosé à la faveur de la pandémie, au-delà de son public originel, les adolescents.
L’appli compte plus de 100 millions d’utilisateurs aux Etats-Unis. Elle a dépassé ces dernières années YouTube, Twitter, Instagram et Facebook en « temps passé » par les adultes américains sur chaque plateforme, et talonne désormais Netflix, d’après Insider Intelligence.
La puissante association américaine de défense des droits civiques ACLU s’est opposée aux projets de loi anti-TikTok au nom de la liberté d’expression.
Ce 16 mars, les États généraux de la diplomatie se sont conclus en présence du Président de la République, Emmanuel Macron, qui a fait des annonces afin de mettre fin à la grogne qui avait conduit à une grève historique, par sa rareté, le 02 juin 2022.
La genèse de ces rencontres
La ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a lancé le vendredi 28 octobre les “États généraux de la diplomatie”. Le Président de la République, Emmanuel Macron, les avait annoncés à la fin de l’été. L’objectif de la tenue de ces États généraux de la diplomatie était de répondre aux attentes de la profession alors qu’une réforme ouvrant les métiers de la diplomatie à des personnalités publiques sème la discorde entre le corps diplomatique et le gouvernement.
En effet, tout a commencé avec une réforme de la haute hiérarchie du corps diplomatique. Celle-ci, actée par décret, entre les deux tours du scrutin présidentiel, mettait fin au corps diplomatique.
Plus qu’une simple disposition administrative, les fonctionnaires formés à la diplomatie pourraient être non seulement contraints de la quitter pour poursuivre leur carrière, éventuellement dans d’autres ministères, mais aussi faire face à la concurrence, pour des postes en ambassade, de non-diplomates. Une décision qui fut mal comprise par les concernés.
Pour les Français de l’étranger, nous avions reçu en décembre 2022, Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la France auprès des Nations unies à Genève, rapporteur général de ces États généraux de la diplomatie, et le secrétaire général Florian Escudié. Nous vous mettons le podcast de nouveau à disposition.
700 ETP en plus
Le chef de l’État français a annoncé, dans son discours de clôture, une augmentation « sur quatre ans des effectifs du ministère de 700 ETP (emplois temps plein) » et une hausse de ses crédits de « 20% » à 7,9 milliards d’euros.
C’est donc la conclusion qui découle du rapport réalisé par Jérôme Bonnafont et Florian Escudié avec la collaboration de plus de 5000 agents. Pour cela, le secrétariat des Etats généraux de la diplomatie avait déployé plus canaux de contacts comme des rencontres lors de déplacements à l’étranger, des participations aux séances organisées par les trois groupes de travail formés pour ces états généraux ou encore des questionnaires envoyés aux agents concernés soit près de 13 500 agents du ministère, ils furent plus de 700 à y répondre.
Une réserve diplomatique citoyenne
Mais Emmanuel Macron a voulu aussi répondre directement à la grogne liée à la fin du corps diplomatique. Une réforme qui avait fait grand bruit dans le cadre pourtant feutré de notre diplomatie. « Un métier n’a pas besoin de corps pour exister, ça n’a rien à voir », a-t-il lancé. « Mais le métier nous le défendrons bien », a-t-il assuré, avant d’indiquer vouloir « mettre les moyens en conformité avec nos ambitions ».
Il a par ailleurs annoncé la future création d’une « réserve diplomatique citoyenne », afin de « bâtir une intimité culturelle plus grande » entre le Quai d’Orsay et les Français sans pour autant détailler les paramètres de ce nouveau dispositif qui, si comme son nom l’indique, est ouverte à tous les citoyens, intéressera fortement les Français de l’étranger. Une nouvelle pierre pour rapprocher les expatriés de l’administration consulaire et diplomatique ?
Clarifier la stratégie française
Mais le Président de la République a aussi profité de ces rencontres pour définir le cap de notre politique internationale.
Ainsi il est notamment revenu sur le contexte mondial qu’aura à affronter la France dans les années à venir. Selon lui, le système diplomatique mondial sera « fait de coalitions mouvantes », en lien avec une multipolarité bien réelle. Il a surtout estimé que le monde à venir serait « querelleur et tenté par la renationalisation ». De fait, il estime que la France doit rester « sans cesse sur le qui-vive ».
Pour affronter ce monde mouvant, le locataire de l’Élysée a souhaité que la France réaffirme ou tisse de nouveaux partenariats. En « Europe, bien sûr », mais aussi dans d’autres zones du monde, comme « l’Indo-Pacifique », qui est une des zones prioritaires de son second mandat.
Emmanuel Macron entend également « organiser […] l’action d’influence » de la France. Il faut « ajouter à la grammaire de la solidarité celle de l’influence », a-t-il ainsi fait valoir, avant d’indiquer qu’il fallait « changer radicalement d’échelle » en la matière.
La France doit notamment « moderniser ses outils » informationnels et « prendre à bras-le-corps les réseaux sociaux », qui sont bien « un lieu de la guerre hybride ».
Il s’agit, pour le président de la République, d’un enjeu majeur puisque « lorsque nous perdons la bataille informationnelle, nous annihilons des efforts » financiers ou de solidarité réalisés dans certains pays, notamment en Afrique.
Bonjour bienvenue dans le dernier flash quotidien des expatriés de la semaine. Ce vendredi 17 mars, on ouvre le bulletin sur le déclenchement du 49.3 pour faire passer la réforme des retraites, on fait le bilan des Etats généraux de la diplomatie qui se sont clôturés aussi hier et on fait un point sur la réforme du marché de l’électricité en Europe.
Élisabeth Borne choisit le 49.3
Après une matinée sous tension, lors de laquelle les réunions au sommet se sont succédé, le chef de l’Etat a décidé de recourir à l’article 49.3 de la Constitution pour faire passer sa réforme des retraites sans vote à l’Assemblée. Un Conseil des ministres a été réuni en urgence à quelques minutes de la séance décisive pour autoriser le gouvernement à déclencher cet article. Ce qui n’a pas manqué de déclencher des réactions vives, tant au niveau des syndicats qui ont prévu de nouvelles actions dans les établissements du réseau AEFE qu’au niveau populaire, ils étaient nombreux hier Place de la Concorde à dénoncer ce coup de force.
Manifestations Place de la Concorde ce 16 mars 2023
Emmanuel Macron ouvre la bourse pour les diplomates
Le chef de l’État français a annoncé, dans son discours de clôture, une augmentation « sur quatre ans des effectifs du ministère de 700 ETP (emplois temps plein) » et une hausse de ses crédits de « 20% » à 7,9 milliards d’euros. Mais Emmanuel Macron a voulu aussi répondre directement à la grogne liée à la fin du corps diplomatique décrété en juin 2022. Une réforme qui avait fait grand bruit dans le cadre pourtant feutré de notre diplomatie. « Un métier n’a pas besoin de corps pour exister, ça n’a rien à voir », a-t-il lancé. « Mais le métier nous le défendrons bien », a-t-il assuré, avant d’indiquer vouloir « mettre les moyens en conformité avec nos ambitions ».
Big Bang pour le marché de l’électricité en Europe ?
La Commission européenne a publié sa proposition de réforme du marché de l’électricité de l’UE ce mardi (14 mars). Cette dernière se concentre sur les moyens de faire face à la volatilité des prix du gaz en offrant davantage de protection aux consommateurs, en stimulant le développement des énergies renouvelables et en soutenant les mesures agissant sur la demande.Pour exemple, il sera possible désormais d’approvisionner son quartier avec ses installations éoliennes ou solaires au lieu de le vendre aux opérateurs. Un long parcours législative attend ce dossier.
C’est tout pour cette semaine, on se retrouve lundi pour une nouvelle édition. Bon week-end à tous où que vous soyez.
En déclenchant le 49.3 pour faire passer en force sa réforme impopulaire des retraites, le gouvernement d’Elisabeth Borne vient de marquer l’histoire : il s’agit en effet de la 100e utilisation du recours de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution pendant la Ve République. Ce gouvernement est d’ores et déjà le deuxième le plus avide de 49.3 avec onze utilisations – pour l’instant –, derrière le gouvernement de Michel Rocard et ses 28 utilisations entre 1988 et 1991.
La Première ministre Élisabeth Borne a indiqué qu’ »on ne peut pas faire de pari sur l’avenir de nos retraites », pour justifier le recours au 49.3.
L’article 49.3
Pour les Français de l’étranger, la constitution peut être un lointain souvenir. On fait donc un petit rappel sur ce fameux « 49.3 ».
L’article 49.3 de la Constitution donne la possibilité au Premier ministre, après délibération du Conseil des ministres, d’engager la responsabilité du Gouvernement sur le vote d’un projet de loi de finances, un projet de loi de financement de la sécurité sociale et d’un autre projet ou une proposition de loi en débat à l’Assemblée nationale » peut-on lire sur le site de Vie Publique. En clair, quand le Premier ministre décide de recourir à l’article 49.3, la discussion du texte de loi est suspendue. Il est considéré comme adopté, sans vote, « sauf si une motion de censure est déposée dans les 24 heures qui suivent ».
Depuis la loi constitutionnelle de juillet 2008, l’usage de l’article 49 alinéa 3 est limité à un projet ou une proposition de loi par session, toujours selon le site Vie Publique. Cette limitation ne s’applique pas aux projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale « Avant cette révision de la Constitution le gouvernement pouvait […] avoir recours (au 49.3) aussi souvent qu’il le voulait et sur n’importe quel texte ».
Les députés qui s’opposent à l’utilisation du 49.3 mais aussi au texte de loi peuvent donc déposer une motion de censure. Elle doit être adoptée à la majorité des députés qui composent l’Assemblée. Le gouvernement est renversé si la motion de censure est adoptée. Pour renverser le gouvernement, il faut cependant que les groupes d’opposition se coalisent. Sous la Ve République, une seule motion de censure a été adoptée, en 1962, contre le gouvernement de Georges Pompidou. Le général de Gaulle avait alors dissous l’Assemblée et les législatives qui s’en étaient suivies s’étaient soldées par une large victoire de ses partisans.
Ce 49.3 ne peut être brandi devant le Sénat, celui-ci n’ayant pas le pouvoir de renverser le gouvernement. La chambre haute peut, en revanche, adopter ou rejeter le projet de budget, qui reviendra devant l’Assemblée nationale en nouvelle lecture puis en lecture définitive.
Le temps d’organiser ces dispositions et permettre aux partis de déposer les mentions de censure, le vote devrait avoir lieu lundi ou mardi.
Une décision d’Emmanuel Macron
Après une matinée sous tension, lors de laquelle les réunions au sommet se sont succédé, le chef de l’Etat a décidé de recourir à l’article 49.3 de la Constitution pour faire passer sa réforme des retraites sans vote à l’Assemblée. Un Conseil des ministres a été réuni en urgence à quelques minutes de la séance décisive pour autoriser le gouvernement à déclencher cet article.
Les réactions ne sont pas faites attendre après cette annonce. « L’Elysée n’est pas un parc pour abriter les caprices du président », a twitté Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste. Le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard a de son côté dénoncé « le coup de force permanent. Le peuple est contre eux. Dégageons-les », a-t-il plaidé. De son côté, le député PCF Fabien Roussel a jugé le gouvernement « indigne de la République ».
Une réaction populaire vive
Immédiatement après l’annonce, plusieurs milliers de personnes ont manifesté place de la Concorde à Paris. Sous les applaudissements et en chanson, un petit cortège de militants de Génération.s, du NPA et du Poing levé arrive.
Quelques minutes avant eux, c’était une délégation d’Insoumis qui attirait l’attention, Jean-Luc Mélenchon en tête, serrant les mains de manifestants et allant quelques instants au contact des forces de l’ordre. Inès et Lucas, étudiants en Sciences sociales à l’ENS, regardent les deux cortèges un sourire de satisfaction aux lèvres.
«On est là parce qu’on en a marre et qu’on ne veut pas déprimer tout seul chez nous. On lutte avec les outils qu’on a, et le seul qu’on a c’est la rue, souffle Inès. Quand j’entends Macron dire qu’il a été élu et qu’il est donc légitime, ça me fait rire. C’est du démagogisme pur et dur, il sait qu’il a été élu pour faire barrage à l’extrême droite. Aujourd’hui, je n’ai déjà plus aucun espoir dans le monde politique.»
Inès étudiante en Sciences sociales à l’ENS
Un peu plus positif, Lucas veut croire au retrait malgré le passage de la réforme des retraites en force à l’Assemblée : «Il y a eu par le passé des réformes qui ont été retirées alors qu’elles étaient passées au parlement. Il faut mettre la pression autant qu’on le peut et les faire craquer.»
Un cortège étudiant est, aussi, parti de la place de la Sorbonne en direction de l’Assemblée nationale, aux cris de «Eh Manu, Manu, 49.3 ou pas, ta réforme on n’en veut pas», ou encore «L’Assemblée peut bien voter, la rue va le retirer».
Les syndicats des Français de l’étranger remontés à bloc
Du côté des Français de l’étranger, les syndicats ont immédiatement réagi et au diapason de ceux nationaux après l’annonce de l’utilisation du 49.3 pour faire passer la réforme des retraites.
Ainsi, pour l’UNSA Éducation Hors de France, en recourant au 49-3, le gouvernement et le président de la République démontrent que cette réforme n’a même pas de majorité à l’assemblée nationale.
« C’est un aveu d’échec et un acte irresponsable qui va accentuer la crise démocratique. Le Président choisit de répondre à une crise sociale par un affaissement démocratique. C’est pour l’exécutif, une triple défaite : populaire, morale et politique. L’UNSA ne laissera pas faire.«
Adrien Guinemer, responsable UNSA Éducation Hors de France
Du côté du SNES-FSU hors de France, c’est le même son de cloche.
L’intersyndicale nationale devrait rapidement se prononcer sur la suite à donner au mouvement contre cette réforme. On peut parier qu’elle appellera à manifester le mécontentement des Français de l’étranger et relaiera les appels à la grève hexagonaux dans les établissements français du réseau.
Du côté des élus des Français de l’étranger, les élus Renaissance préfèrent rester discrets et n’ont pas souhaité répondre à nos sollicitations. Même si en fouillant sur les réseaux sociaux, on peut tomber sur des messages de satisfaction comme avec le député des Français du Bénélux qui se félicitait d’un accord en commission paritaire.
A Gauche, Karim Ben Cheikh, député sortant de la NUPES pour le Maghreb et l’Afrique de l’ouest, a réagi en dénonçant la violence du procédé.
« Emmanuel Macron et Elisabeth Borne s’engagent dans une impasse politique par la brutalisation du débat parlementaire et le mépris du dialogue social. En utilisant le 49-3 ils prennent acte de leur isolement et devront assumer la responsabilité de ce passage en force.»
Karim Ben Cheikh, député sortant de la IXème et candidat à sa succession le 02 avril 2023
Tandis que pour la sénatrice des Français de l’étranger, Mélanie Vogel (EELV), « la Vème république est mort » avec ce « passage en force« .
Le 20 janvier dernier, le Conseil Constitutionnel a procédé à l’annulation de l’élection de la députée des Français d’Amérique du Sud (II ème circonscription) Eléonore Caroit (Renaissance). Une décision motivée par les soucis rencontrés lors du déploiement du vote en ligne. Parmi les candidats qui vont tenter de ravir le siège à l’élue de la majorité présidentielle, Bertrand Dupont, président de l’Union des Français de l’Etranger au Brésil, président de l’association des Bretons de Sao Paulo et Conseiller des Français du Brésil, c’est le seul candidat qui a des fonctions locales.
Un candidat ancré en Amérique du Sud
Sa candidature, pour lui, c’est celle des expatriés du continent. 26 ans qu’il habite sur ce continent, plus de 10 pays visités, et un engagement au quotidien pour ses compatriotes dans le cadre de ses fonctions. Le candidat « Les Républicains » met donc en avant son ancrage face aux Marcheurs. Mais pas seulement comme vous allez le découvrir dans ce podcast.
Ecoutez le podcast avec Bertrand Dupont
Le vote en ligne : un outil indispensable
On commence, comme avec Eléonore Caroit, sur le sujet du vote en ligne. Sujet crucial qui a entraîné l’annulation du précédent scrutin. Le candidat, Bertrand Dupont, s’inquiète du retard pris dans la mise en place du test qui est censé valider les correctifs effectués pour permettre aux électeurs qui n’avaient pas reçu leur deuxième code de validation puisse le recevoir cette fois.
« Quand c’est fait dans la précipitation, tout peut arriver ! «
Bertrand Dupont, Candidat Les Républicains
Une « zadification » de l’Assemblée nationale
On rentre dans le dur en l’interrogeant sur le débat de la réforme des retraites qui divise notre pays. Bertrand Dupont s’étonne de la qualité des échanges dans l’hémicycle et ne cache pas son inquiétude lorsque la rue prend le pas sur le débat parlementaire.
Sans se positionner sur la réforme en elle-même, il regrette simplement que le temps du débat n’ait pas été respecté par ceux qui siègent actuellement à l’Assemblée nationale.
Nous l’interrogeons évidemment sur le risque d’un vote sanction alors que Les Républicains soutiennent la réforme, ouvrant la porte à l’élection du candidat NUPES, Christian Rodriguez. Une possibilité qui ne l’inquiète pas, le fait que l’élection soit partielle est un avantage pour lui, il parie sur le travail qu’il a accompli tout au long des ces années.
Education : une situation périlleuse
Bertrand Dupont sonne l’alerte pour l’éducation française sur le continent. Alors que le nombre d’expatriés croit, les moyens, eux, stagnent.
« On a un problème dû à l’augmentation du nombre d’élèves, une réduction du budget des bourses et un manque de professeurs »
Bertrand Dupont, candidat Les Républicains
Le candidat réclame une vraie politique d’accès au système d’éducation, au moins pour assurer la transmission de la langue française, via le renforcement des Flam ou « école du samedi », augmenter le budget des bourses, renforcer les liens avec les éducations locales. Ce qui l’amène à souligner qu’Emmanuel Macron fut peu présent sur le continent, ce qui ne pousse pas les administrations locales à tisser des liens avec notre administration consulaire.
Faire respecter le droit au compte bancaire
Deuxième problématique propre à la circonscription, même si on la rencontre ailleurs, c’est la débancarisation en France des Français expatriés sur ce continent.
Bertrand Dupont s’étonne, en premier lieu, que le gouvernement n’arrive pas à faire respecter ses propres décisions puisque lors du précédant mandat ce dernier avait fait voter un droit au compte bancaire renforcé. Qui à l’évidence n’est pas plus respecté que la mouture précédente.
Une couverture sociale à réinventer
Bertrand Dupont veut renforcer le niveau de couverture des Français du continent. Pour cela, il travaille avec la CFE, depuis août 2022, sur un projet de déploiement du « tiers payant ». Un projet validé en décembre par le conseil d’administration qui va entrer en phase de test à partir du prochain semestre.
Il veut aussi revoir la politique liée à la délivrance des « cartes vitale » alors que de nombreux retraités se sont vus retirer celle-ci en 2022.
Concernant la réforme des retraites, Bertrand Dupont reconnaît le besoin d’effectuer celle-ci mais il déplore la situation des Français de l’étranger. En Amérique latine, les conventions sociales entre la France et les pays du continent sont rares. De ce fait, les trimestres acquis tout au long de sa carrière dans ces pays ne peuvent être transmis au décompte français.
« La seule solution c’est de multiplier les conventions sociales »
Bertrand Dupont, candidat Les Républicains
Mener campagne
On conclut ce podcast en évoquant avec lui les derniers jours de campagne. Quel programme a-t-il prévu ? Où peut-on le rencontrer ? Toutes les réponses dans le podcast ci-dessus. Comme les autres candidats, il s’inquiète pour la mobilisation. Afin de maximiser celle-ci, il a mis en place un service de soutien à l’établissement des procurations.
La Commission européenne a publié sa proposition de réforme du marché de l’électricité de l’UE ce mardi (14 mars). Cette dernière se concentre sur les moyens de faire face à la volatilité des prix du gaz en offrant davantage de protection aux consommateurs, en stimulant le développement des énergies renouvelables et en soutenant les mesures agissant sur la demande.
« Pendant plus de vingt ans, le marché de l’électricité a bien servi les entreprises et les consommateurs européens, leur permettant de profiter des avantages d’un marché unique », a déclaré la commissaire européenne à l’Énergie Kadri Simson, lors de l’annonce de la proposition.
« Toutefois, la crise énergétique provoquée par l’invasion russe en Ukraine a mis en lumière un certain nombre de faiblesses dans le système actuel, qui doivent être éliminées », a-t-elle expliqué aux journalistes.
La réforme proposée vise donc plusieurs objectifs. Premièrement, accélérer le déploiement des énergies renouvelables, qui doivent tripler d’ici à 2030 si l’UE veut atteindre ses objectifs climatiques.
Deuxièmement, réduire l’impact de la volatilité des prix des combustibles fossiles sur les factures d’électricité. Troisièmement, protéger les consommateurs contre les futures hausses de prix.
La proposition ne modifiera toutefois pas les fondements du marché européen, qui restera ancré dans le système actuel de tarification marginale, où les énergies renouvelables bon marché et l’énergie nucléaire sont les premières à être utilisées pour répondre à la demande des consommateurs, a indiqué Mme Simson.
« Le modèle des marchés à court terme reste le plus efficace lorsqu’il s’agit de s’assurer que les technologies les moins chères et les plus propres sont utilisées en premier », explique la commissaire.
« Le modèle actuel garantit également qu’il y aura des échanges entre les États membres dans les moments de pénurie », a-t-elle poursuivi.
Accueil favorable de l’industrie des renouvelables
Cette décision a été accueillie favorablement par l’industrie des énergies renouvelables, qui avait mis en garde contre une réforme radicale du marché.
« Nous sommes heureux de voir que la proposition d’aujourd’hui s’appuie sur les fondations bien établies des marchés européens de l’électricité, sans bouleverser les principes fondamentaux du marché », a déclaré Naomi Chevillard, responsable des affaires réglementaires chez SolarPower Europe.
Giles Dickson, directeur général de WindEurope estime pour sa part que le « problème » du marché européen de l’électricité ces deux dernières années n’a pas été la conception du marché, mais plutôt « le prix élevé du gaz », un phénomène encore aggravé par la guerre en Ukraine.
Donner des moyens d’action aux consommateurs
La proposition comprend des mesures permettant aux citoyens de l’UE de participer plus activement au marché de l’énergie, en leur donnant un plus large choix de contrats et des informations plus claires.
Selon un fonctionnaire de la Commission, les fournisseurs seront également tenus d’informer les ménages sur les « avantages et les risques liés aux différents types de contrats », ce qui constitue un élément « très important » pour la protection des consommateurs.
En outre, les consommateurs pourront, s’ils le souhaitent, combiner des prix fixes et flexibles pour l’électricité auprès de plusieurs fournisseurs.
« À l’avenir, un consommateur pourra avoir un contrat fixe et un contrat flexible en même temps — avec un fournisseur ou même deux fournisseurs différents », a expliqué un haut fonctionnaire de l’exécutif européen.
Ainsi, les ménages peuvent opter pour un contrat à prix fixe pour leur consommation ordinaire (éclairage, télévision, internet, etc.) et choisir un contrat flexible ou dynamique pour leur pompe à chaleur ou leur véhicule électrique afin de bénéficier des prix plus bas de l’électricité de nuit, ont-ils ajouté.
Meilleur partage de la production autonome
Les règles relatives au partage des énergies renouvelables ont également été révisées. Les consommateurs peuvent à présent investir dans des parcs éoliens ou solaires et vendre l’excédent d’électricité produit à leurs voisins, et pas seulement à leur fournisseur, une mesure qualifiée d’« historique » par l’industrie.
« Les nouvelles propositions mettent littéralement le pouvoir entre les mains des citoyens. Pour la toute première fois, nous disposerons d’un cadre juridique pour le partage de l’électricité, qui viendra compléter le cadre sur les communautés énergétiques », a déclaré Mme Chevillard.
Parallèlement, la réforme renforce la protection des petits consommateurs.
Par exemple, les États membres de l’UE pourront intervenir en période de crise et fixer les prix de détail pour les ménages et les petites entreprises, à condition que la limite soit inférieure à leur consommation moyenne afin d’encourager la réduction de la demande.
Les consommateurs bénéficieront également d’une meilleure protection en cas de faillite des fournisseurs d’énergie, les États membres étant tenus de désigner un fournisseur de dernier recours et d’éviter que les consommateurs vulnérables ne soient simplement déconnectés.
Réduction de la demande et écrêtement des pointes
Un autre aspect clé de la réforme proposée est une plus grande adaptabilité du marché aux variations de l’offre et de la demande, ce qui permettra de remplacer les centrales au gaz et au charbon coûteuses lors des pics de demande.
« La Commission prévoit de s’attaquer aux prix élevés de la production d’électricité à partir de gaz de la meilleure manière qui soit : en réduisant son importance », a déclaré Vilislava Ivanova, responsable de la recherche sur les systèmes énergétiques propres au sein du groupe de réflexion sur le climat E3G.
L’un des moyens d’y parvenir est de permettre aux opérateurs de réseaux électriques d’utiliser des produits sur le marché permettant l’écrêtement des pointes pour encourager les économies d’énergie lorsque la demande est la plus forte, afin de maintenir des prix bas.
« Le produit d’écrêtement des pointes a le potentiel de stimuler la flexibilité des utilisateurs finaux », a commenté Michael Villa, directeur exécutif de Smart Energy Europe, une association industrielle.
Les États membres devront également définir des objectifs nationaux concernant la réponse à la demande et le stockage dans leurs plans nationaux actualisés sur l’énergie et le climat, une mesure saluée par M. Villa comme « un grand pas en avant pour quantifier, suivre et stimuler l’activation de la demande flexible ».
Cependant, même si les objectifs de flexibilité sont bien accueillis, ils ne sont pas suffisants, selon Mme Ivanova.
« Davantage d’actions seront nécessaires, en particulier de la part des opérateurs de réseaux, pour s’assurer que l’UE tire profit des technologies numériques du 21e siècle et encourage l’innovation axée sur le consommateur », a-t-elle commenté.
Contrats à long terme
La réforme présentée par la Commission vise également à réduire l’exposition des consommateurs industriels d’électricité à la volatilité des prix grâce à des mesures de soutien aux contrats à long terme pour l’offre et la demande d’électricité.
« La prédominance du marché à court terme a amplifié les effets de la hausse du prix du gaz et a été la source de divers problèmes pendant la crise », a expliqué Mme Simson.
La commissaire a également ajouté que les bénéfices de l’énergie renouvelable bon marché n’ont pas été suffisamment répercutés sur les consommateurs industriels.
Les contrats à long terme comprennent des contrats d’achat d’électricité (power purchase agreements, PPA) qui garantissent un prix de l’électricité stable pour les consommateurs et des revenus assurés pour les producteurs. Les États membres devront éliminer les obstacles à la conclusion de contrats d’achat d’électricité assortis de garanties fondées sur le marché et s’attaquant au risque.
Contrat pour différence
Par ailleurs, toute aide publique en faveur de nouvelles capacités renouvelables ou nucléaires devra désormais passer par un contrat d’écart compensatoire (Contract for Difference, CfD), qui garantira des revenus aux producteurs d’énergie tout en protégeant les consommateurs des fluctuations excessives des prix.
En d’autres termes, lorsque le prix du marché est bas, les producteurs se verront garantir des revenus et, lorsque le prix du marché augmente, les bénéfices excédentaires seront redistribués aux consommateurs.
« Nous ne proposons pas de contrats d’écart compensatoire pour n’importe quel investissement, mais pour les investissements pour lesquels un soutien public est jugé nécessaire », a expliqué un haut fonctionnaire de la Commission européenne, précisant que cela s’appliquerait également aux projets de renouvellement de l’électricité ou à la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires.
Eurelectric, l’association européenne de l’industrie de l’électricité, a salué cette décision.
« Les instruments à long terme sont l’élément clé de cette réforme, car ils offrent des avantages à la fois aux clients et aux investisseurs », a déclaré Kristian Ruby, secrétaire général d’Eurelectric.
« L’accès à des offres à prix fixe permet aux clients de limiter leur exposition à la volatilité extrême des prix. Dans le même temps, les signaux à long terme donneront aux investisseurs une meilleure visibilité sur leurs flux de trésorerie », a-t-il ajouté.
Il est important de noter que la proposition n’impose pas de contrats d’achat d’électricité ou de CfD, mais laisse les pays décider de la solution à adopter en fonction de leur situation nationale. Il s’agit d’une approche moins radicale que les CfD obligatoires proposés par certains États membres de l’UE, qui ont suscité des remous dans le secteur des énergies renouvelables.
« Nous sommes particulièrement reconnaissants d’avoir évité que les CfD soient la seule voie d’accès au marché pour les nouveaux projets solaires, ou que les CfD soient rétroactifs pour les projets solaires existants. Les investisseurs peuvent être sûrs que les conditions de leurs investissements ne changeront pas soudainement », a déclaré Mme Chevillard.
Bruxelles vise une adoption rapide de la réforme
Le Parlement européen et les États membres de l’UE vont maintenant examiner la proposition avec comme objectif de parvenir à un accord à l’automne.
« Nous espérons que les co-législateurs parviendront rapidement à un accord, idéalement avant l’hiver prochain », et ce afin que les mesures soient déjà en place pour la prochaine saison de chauffage, a déclaré le fonctionnaire de la Commission.
Les États membres devraient être en désaccord sur ce point, Paris faisant pression pour une révision rapide et Berlin préférant retarder celle-ci jusqu’après les élections européennes qui auront lieu au printemps 2024.
L’avènement de la classe moyenne comme moteur de l’économie a longtemps été un symbole de la toute puissance américaine. La possibilité pour les ouvriers de Ford d’acheter leur propre voiture et le développement de la consommation de masse ont constitué les marques de fabrique des États-Unis après la Première Guerre mondiale. La réussite de ce modèle, le fameux “American way of life”, exporté à travers l’ensemble de la planète est aujourd’hui remise en cause avec la montée des inégalités.
Que ce soit en matière de revenus, de patrimoine, d’espérance de vie, d’éducation, les écarts entre les Américains n’en finissent pas de s’accroître. À cette segmentation économique et sociale s’ajoutent des divisions politiques et religieuses. Si dans le passé, les questions raciales minaient la société américaine, dorénavant il faut ajouter celles liées à la religion, au sexe et à la politique. La tentative de prise de pouvoir par la force des partisans de Donald Trump traduit une évolution inquiétante de la société américaine qui jusqu’à alors avait réussi à échapper à la tentation des extrêmes, exception faite du maccarthisme après la Seconde Guerre mondiale.
Inégalités de revenus et d’espérance de vie
Les inégalités de revenus après redistribution ont augmenté de 1995 à 2020. L’indice de Gini qui les mesure est passé de 0,36 à 0,40 quand, en France, il est resté stable autour de 0,29. Certes, depuis la crise sanitaire, aux États-Unis, l’indice de Gini recule avec la mise en œuvre de plusieurs plans de soutien à la population (revenu à 0,38 en 2022) mais le taux de pauvreté aux États-Unis demeure élevé, autour de 23 %. En France, ce taux se situe autour de 14 %. Les 10 % d’Américains les mieux dotés possédaient, en 2022, 63 % du patrimoine national, contre 55 % en 1995. Cette augmentation est imputable à la hausse des prix de l’immobilier et du cours des actions.
L’espérance de vie à la naissance entre les 10 % des hommes aux revenus les plus modestes et les 10 % ayant les revenus les plus élevés enregistre un écart de 15 ans. Pour les femmes, cet écart est de 10 ans. L’espérance de vie a baissé de 2019 à 2022 de trois ans aux États-Unis. Cette baisse étant concentrée parmi les populations les plus modestes. Celles-ci ont été durement touchées par l’épidémie de covid et doivent faire face à un taux de prévalence à l’obésité élevé. Le nombre de morts violentes en lien avec la drogue et la criminalité frappe durement certaines communautés (noires, hispaniques en particulier).
Censée réduire les inégalités, l’éducation les accroît. L’accès aux formations les plus qualifiantes est de plus en plus sélective et exige des moyens financiers importants. Depuis une dizaine d’années, la proportion d’Américains diplômés de l’enseignement supérieur tend à stagner. Les jeunes à faibles revenus peinent à accéder aux formations les plus qualifiantes.
Le système public de protection sociale est de faible taille aux États-Unis. 19 % du PIB contre 22 % pour la zone euro. Le prix élevé des dépenses de santé scinde le pays en deux, entre les Américains qui sont couverts par des complémentaires payées par leurs entreprises et les autres.
Radicalisations politiques et questions de société
La vie politique américaine est de plus en plus segmentée. Les sympathies politiques sont de plus en plus conditionnées à l’appartenance à telle ou telle communauté. Si le protestant évangéliste est républicain, le protestant afro-américain est démocrate. La présidence de Donald Trump entre 2016 et 2020 a amplifié la segmentation du corps électoral. Les électeurs du parti républicain sont nombreux chez les employés et chez les citoyens les plus aisés. Les électeurs les plus modestes et ceux occupant des fonctions intellectuelles votent démocrate. Les clivages dans les années 1970 et 1980 étaient moins nets.
Les questions de société autour du wokisme, du racialisme donnent lieu à des tensions croissantes sur fond d’une moindre mobilité sociale. La possibilité pour les Américains pauvres de réussir et de devenir milliardaire faisaient partie intégrante de l’American way of life. Or l’ascenseur social tend à se ralentir. Seuls 8 % des enfants dont le père avait des revenus parmi les 20 % les plus faibles ont réussi à atteindre le 5e quintile de revenus. En revanche, 40 % des enfants dont le père se situait dans le 5e décile ont conservé ce niveau de revenus.