Bonjour, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés qui ouvre la semaine des Français de l’étranger à Paris. Aujourd’hui, dans votre édition, on parle évidemment de l’ouverture de la session plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger, de la faible participation au scrutin en ligne des élections législatives partielles et enfin on fera le point à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites.
La 38ème session de l’AFE
Elle s’ouvre ce lundi 27 mars à Paris, réunissant les 90 conseillers consulaires autour d’Hélène Degryse, la présidente et élue consulaire aux Pays-Bas. Au programme : la désignation du représentant des élus locaux au conseil d’administration de l’AEFE, un projet de réforme fiscal sur la CSG/CRDS, mais aussi les sénatoriales. Les candidats vont courtiser les élus tout au long de la semaine. Nous ferons écho aux événements dans chacun de nos flashs.
C’est le taux maximum à 18h ce dimanche que le bureau de contrôle du vote en ligne a publié après plus de 48h d’ouverture de la plateforme. En France, lors des élections partielles, la participation est aussi faible mais pas à ce point, il est encore possible de voter en ligne pour les circonscription d’Amérique latine, du bassin est de la Méditerranée ainsi qu’au Maghreb et en Afrique de l’ouest jusqu’à mercredi midi (heure de Paris). Samedi en Amérique latine, et dimanche ailleurs, des bureaux de vote seront disponibles, direction le site de votre consulat pour connaître les adresses.
Emmanuel Macron se prépare pour la nouvelle journée contre la réforme des retraites
Libéré de la visite d’Etat de Charles III, le président de la République va réunir ce lundi la Première ministre et ceux concernés à l’Elysée pour préparer un plan de sortie de crise. Mais les syndicats comme l’opposition ont déjà prévenu, la mobilisation va continuer. Verdict demain !
Dans ce podcast, nous recevons Amélia Lakrafi, la députée d’une des plus vastes circonscriptions des Français de l’étranger. Du Cap en Afrique du Sud à Dubaï, la discrète mais ô combien compétente parlementaire exerce son mandat avec passion et engagement.
Ecoutez le podcast avec Amélia Lakrafi
Une francophone dans un espace anglophone
On commence cette interview exclusive avec Amélia Lakrafi en jetant un regard sur sa circonscription géante qui comprend plus de 50 pays, dont la grande majorité ne sont pas francophones. Et alors qu’en Afrique francophone et ailleurs, on évoque souvent le recul de la France, Amélie Lakrafi se félicite de la dynamique de notre pays et des communautés françaises dans ces pays au fort potentiel économique, culturel et diplomatique.
Mais dans cette vaste région, il y a aussi le futur premier pays francophone, la République Démocratique du Congo (RDC). L’occasion pour nous de revenir sur le voyage d’Emmanuel Macron au début de ce mois de mars. Acteur majeur, « mastodonte » de l’Afrique, Félix Tshisekedi, le chef de l’Etat de la RDC, n’avait pas réservé le meilleur accueil au Président de la République. Amélia Lakrafi, fine connaisseuse de sa circonscription, nous dévoile les dessous de ce rapport diplomatique et ses racines dans la politique locale dont les liens avec le Rwanda.
La fin de la Françafrique ?
Ce voyage fut précédé d’une déclaration du Chef de l’Etat français au Gabon martelant la fin de la Françafrique. Une position à laquelle Amélia Lakrafi adhère, tout en rejetant toute culpabilité, elle approuve d’ailleurs le projet de mémorial. Un avis franc et direct, sans langue de bois, qu’on vous laisse découvrir dans le podcast.
« Nous ne sommes pas comptables des choix politiques faits avant nous ! (…) On ne va pas se flageller toute la vie parce que la France a été un grand colonisateur. »
Amélia Lakrafi – Députée des Français de l’étranger
Regardant vers l’avenir, la députée Amélia Lakrafi veut rapprocher les peuples à travers une intensification du Volontariat international. Elle a d’ailleurs présidé un colloque ce vendredi 24 mars à l’Assemblée nationale sur ce thème.
On en profite pour découvrir ce dispositif, si peu connu, ce que la députée déplore, ouvert aux Français, aux citoyens de l’Union européenne et à certains pays francophones en Afrique. Disposant d’un budget annuel de 9 millions, il permet à des jeunes d’aller confronter leur mode de vie, leurs certitudes, à la réalité du terrain. Avec Amélia Lakrafi, on y apprend d’ailleurs que des citoyens de pays africains viennent dans ce cadre découvrir l’Europe et la France en particulier. L’occasion de faire tomber de chaque côté de la Méditerranée les stéréotypes et préjugés !
« Un volontaire malien a été surpris de découvrir que des blancs dormaient aussi dans la rue »
Amélia Lakrafi – Députée des Français de l’étranger
Comme chaque citoyen de notre pays, les jeunes Français de l’étranger ont aussi accès à cette expérience et peuvent ainsi découvrir d’autres pays.
Dans la deuxième partie du podcast, on zoome sur les communautés des Français de l’étranger dispersées sur le vaste territoire de la circonscription d’Amélia Lakrafi. Comme beaucoup, titillés par la curiosité qu’inspire Dubaï, nous avons voulu commencer en évoquant cet émirat : miroir aux alouettes ou véritable opportunité ?
Dubaï : un émirat attractif
Le nombre de Français dans l’émirat explose depuis une décennie avec une intensification ces 5 dernières années. Amélia Lakrafi vous révèle que les émirats attirent de nombreux citoyens pour des raisons pratiques : la météo, la position géographique, etc. Mais aussi et surtout sur ce territoire musulman, nos compatriotes d’origine maghrébine, souvent encore victimes de discriminations en France, accèdent à des emplois qualifiés qu’ils ne décrochent pas dans l’hexagone.
La sécurité est aussi un avantage que met en avant Dubaï, ainsi que sa tolérance religieuse.
« Là bas, personne ne ferme sa maison à clef (…). Les femmes voilées et celles en bikini se croisent à la plage et personne ne se regarde »
Amélia Lakrafi – Députée des Français de l’étranger
L’autre point qui explique ce boom, Amélia Lakrafi nous le relève, c’est la vivacité des services de communication de l’émirat. Pendant la pandémie, les autorités locales ont lancé une grande campagne de communication, profitant de la généralisation du télétravail enclenchée par les mesures liées à la Covid-19 dans les pays occidentaux.
Mais cette qualité de vie a un coût, celui de la liberté ! La députée Amélia Lakrafi s’étonne que les Français opposés à la multiplication des caméras de surveillance, au fichage et autres mesures de contrôle des populations, acceptent le « flicage » intensif des autorités doubaïotes.
Liban : « un pays en demande d’ingérence »
Autre pays qui capte les projecteurs, le Liban. Malheureusement pour des raisons différentes, comme vous le savez, ce pays, un grand ami de la France, où les binationaux sont très nombreux, traverse une crise économique et financière sans aucune mesure.
Pendant que les négociations politiques s’enlisent, le Liban s’enfonce un peu plus chaque jour dans une grave crise économique et sociale déclenchée en 2019, dont la sortie ne pourra qu’être lente et douloureuse. « L’activité économique semble s’être stabilisée en 2022, en raison d’une certaine reprise du tourisme, d’une poursuite du désendettement du secteur privé et des transferts de fonds toujours élevés de l’étranger », mais l’économie du pays reste malgré tout « profondément déprimée », analyse le FMI dans une déclaration publiée jeudi 23 mars 2023 au terme d’une mission de plusieurs jours dans le pays.
Mais comme nous le rappelle la députée Amélia Lakrafi, la France se tient toujours aux côtés des Libanais. Les établissements français sur place ont reçu des enveloppes exceptionnelles pour maintenir l’accès à l’Education française et procéder aux travaux de sécurisation nécessaires (en octobre 2021, des tirs avaient atteint la cour du Lycée géré par La Mission Laïque à Beyrouth). Mais les établissements libanais aussi ont été soutenus avec le centre de crise du Quai d’Orsay, un consulat impliqué et des ONG.
La mobilisation de ces acteurs est allée bien au-delà. Médicaments, nourritures, matériels, ont été envoyés. Mais les autorités françaises ont facilité le retour des binationaux et accordé de nombreux visas à leurs proches non-français.
Cependant, pour ceux encore sur place, la situation est toujours difficile, la chute de la Livre libanaise ayant entraîné une chute du pouvoir d’achat sans aucune mesure. Pour autant, la solution n’est pas forcément dans un retour en France, notre pays étant aussi confronté à ses difficultés, sans famille ou projet dans l’hexagone la députée Amélia Lakrafi déconseille le retour en France.
La retraite et les Français de l’étranger
Enfin dans la dernière partie du podcast, on s’attarde sur les sujets d’actualité qui touchent tous les Français de l’étranger. Mais pas seulement, comme dans le cas du premier thème, la réforme des retraites, tous les Français sont concernés.
Si on a peu parlé de la situation des expatriés, aux retraites complexes à calculer, dépendant de nombreuses dispositions légales et accords de la France avec le pays où a travaillé la ou le Français de l’étranger, c’est tout simplement pour Amélia Lakrafi que l’enjeu est de « sauver notre système par répartition » et non de résoudre des problèmes spécifiques.
Naturellement, elle soutient la proposition du gouvernement et regrette que « les oppositions se soient cristallisées sur le passage à 64 ans. »
« En 2030, on aura 20 millions de retraités. On ne peut pas passer de 10 millions à 20 millions de retraités sans rien faire quand le nombre d’actifs ne croit pas aussi vite. On n’a pas besoin d’avoir fait des études supérieurs pour reconnaître qu’il y a un problème. »
Amélia Lakrafi – Députée des Français de l’étranger
Dans cette interview, elle revient sur les dernières semaines mouvementées que vient de traverser l’Assemblée nationale.
La débancarisation
Deuxième thème qu’on aborde, c’est celui de la débancarisation des Français de l’étranger. Un thème transversal pour tous ceux qui vivent hors de France et dont Amélia Lakrafi s’est emparé, avec ses collègues de l’Assemblée nationale. Elle travaille ainsi avec le ministère de l’Economie, la fédération des banques françaises et avec la Banque de France, afin de trouver une solution pérenne pour faire appliquer le droit aux comptes.
« Se retrouver sans banque c’est un stress ! «
Amélia Lakrafi – Députée des Français de l’étranger
Au cours du premier mandat, la majorité présidentielle avait déjà renforcé ce droit aux comptes tout en simplifiant les démarches mais de nombreux écueils sont encore présents. Ainsi les fermetures de comptes ou les refus d’ouverture se multiplient toujours.
Un sujet qui nous amène logiquement sur la problématique de la numérisation des états civils qui est toujours laborieuse et qui complique, un peu plus, les démarches auprès des banques mais pas seulement. Pourtant c’était un engagement d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle, mais comme le Pass culture et la résidence de repli, ces projets ne sont pour l’instant pas prioritaires.
Amélia Lakrafi nous explique qu’elle tient, comme ses collègues, à ce que les promesses soient tenues. Un engagement que peu de politiques prennent ! On a donc pris rendez-vous avec elle pour faire un point sur ces dossiers dans quelques mois. A suivre !
Ce lundi 27 mars 2023 s’ouvre, pour une semaine, la 38 ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger. Autour de sa présidente, Hélène Degryse, les 90 conseillers, élus par les conseillers des Français de l’étranger en 2021, vont se retrouver à Paris pour tenter de sensibiliser les parlementaires, les ministres et l’administration aux problématiques des Français de l’étranger.
Olivier Becht à l’écoute
Cette session sera inaugurée et clôturée par Olivier Becht, ministre délégué aux Français de l’étranger et au commerce extérieur.
Une double présence pour réaffirmer l’engagement du gouvernement français auprès de ses citoyens expatriés aux 4 coins du monde et ce alors que les critiques se font entendre, et pas seulement sur les bancs de l’opposition. Pour certains élus consulaires, la priorité donnée au portefeuille du Commerce extérieur nuit au suivi de la politique consacrée aux Français de l’étranger.
Pourtant comme il s’y était engagé, Olivier Becht, lors de chacun de ses déplacements (et ils furent nombreux), a bien rencontré les communautés françaises dans les pays qu’il a visités. Mais des promesses faites lors des campagnes électorales de 2022 sont restées en suspens.
On peut citer la résidence de repli ou d’attache dont le projet de loi n’est qu’un lointain souvenir et ce alors qu’un tel texte permettrait de solutionner de nombreux problèmes fiscaux.
Parmi les difficultés du moment, on note aussi les blocages pour s’identifier auprès des services nationaux via France Connect, un écueil qui aurait dû être solutionné par la mise en place de l’Identité numérique, via une app disponible dans le monde entier, mais son déploiement est fortement retardé. Un dispositif qui pourrait, aussi, rendre plus fluide le vote en ligne. Autre orphelin de la présidentielle, le Pass Culture qui devait être étendu à tous les jeunes Français résidant hors de France dès la rentrée dernière et qu’on attend toujours. Autre sujet lié à la jeunesse, le Service civique, qui est toujours difficilement accessible pour nos jeunes et ce alors que dans les sphères parisiennes, on évoque la possibilité de le rendre obligatoire avec un retour possible à un engagement sous les drapeaux du fait de la montée des tensions en Europe.
Ainsi, les questions des conseillers de l’AFE au ministre délégué aux Français de l’étranger devraient être nombreuses ce lundi après son discours inaugural.
Finaliser la réforme de la gouvernance de l’AEFE
Autre gros dossier pour l’Assemblée des Français de l’étranger, l’élection ou la nomination du représentant de l’AFE au conseil d’administration de l’Agence pour l’Education Française à l’Etranger.
En effet, cette rentrée scolaire devait aussi être l’heure de la mise en place de la nouvelle gouvernance voulue par Samantha Cazebonne (sénatrice Renaissance) et qui fut complétée lors des débats parlementaires par un amendement de Ronan Le Gleut (sénateur LR). Et c’est cet ajout qui était au coeur d’une polémique qui a parcouru l’Assemblée des Français de l’étranger en novembre 2022, car il prévoit qu’un élu local (non membre de l’AFE) siège au conseil d’administration de l’AEFE mais sans en définir le mode de désignation.
Mais alors que le bureau de l’Assemblée des Français de l’étranger se réunissait jeudi 27 octobre 2022 pour procéder à la désignation, le processus prévu, par l’assemblée plénière d’octobre, a capoté. Hélène Degryse avait invité les représentants de chaque groupe, il y en a 4, à proposer 2 candidats parmi tous les 46 conseillers des Français de l’étranger qui ont postulé, afin de sélectionner collégialement ce nouveau membre du conseil d’administration de l’AEFE. Mais le groupe « Solidaires et Indépendants » réunissant les élus ASFE (le mouvement des sénateurs de Mme Renaud-Garabedian et de M. Bansard) et des indépendants a décidé de s’opposer à ce mode de désignation qu’il juge anti-démocratique.
Ainsi le premier Conseil d’administration de l’AEFE sous son nouveau format qui validait les comptes 2022 et les projets 2023 s’est réuni ce mois-ci mais sans le représentant des élus locaux.
Une situation qui devrait se solutionner au cours de cette 38ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger par la désignation d’un conseiller des Français de l’étranger au Conseil d’administration de l’Agence pour l’Enseignement français à l’étranger, mais l’on ne sait toujours pas quel mode de désignation a été choisi, décision collégiale du bureau ou vote lors de la session plénière de l’AFE…
Des tables rondes pour ouvrir de nouveaux horizons
Les conseillers à l’Assemblée des Français de l’étranger vont aussi s’attaquer à d’autres dossiers laissés en friche ou pas commencés.
Réunis en commissions ou groupes de travail, les élus vont s’attarder sur la scolarité des enfants français de l’étranger, la prise en charge du handicap chez les Français de l’étranger, la défense des droits des expatriés, la simplification des successions à l’international, la fiscalité des Français de l’étranger et le serpent de mer de la « CSG/CRDS », mais aussi sur le volet écologique avec la présentation des travaux du GIEC et la préparation des populations aux risques climatiques.
Enfin, en présence de la Secrétaire d’Etat à la Francophonie, Chrysoula Zacharopoulo, une table-ronde sur la Francophonie et les Français de l’étranger se déroulera le 26 mars 2023 à 17h15.
Mais cette 38ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger sera aussi la dernière avec le renouvellement de la moitié des 12 sénateurs des Français à l’étranger. Prévues à l’automne (septembre ou octobre), ces élections indirectes vont mobiliser les Grands électeurs de la circonscription unique (le monde entier hors France) soient 510 élus locaux (442 conseillers et 68 délégués).
La présence des 90 conseillers de l’AFE, élus eux-mêmes par les conseillers de leur circonscription, font donc l’objet de toutes les convoitises. Diners, déjeuners, animations et groupes de travail sont ainsi organisés tout au long de la semaine par les candidats dont les listes sont menées en grande majorité par des sénateurs sortants.
Et la compétition sera vive, car le corps électoral depuis 2021 a totalement été bouleversé. Trois sénateurs Les Républicains, dont le président de la fédération Ronan Le Gleut, sont ainsi sur les rangs, mais le nombre de grands électeurs a été divisé par 3 pour ce parti, sans oublier, en plus, la liste des indépendants cornaquée par Olivier Cadix (UDI).
A gauche, l’hégémonie du PS a fait place à une cohabitation favorable à EELV (Europe Ecologie Les Verts), ce qui aura aussi des conséquences pour les édiles socialistes.
Et surtout Renaissance devrait logiquement renforcer sa présence ultra minoritaire au Sénat avec un deuxième siège qui, si les rumeurs se confirment, devrait revenir à Thierry Masson, élu consulaire à Bruxelles. Son engagement et son travail comme président du groupe réunissant les élus du camp présidentiel et quelques indépendants ont été salués par tous.
En parallèle, le Bureau de l’AFE et les présidents de commissions seront reçus au Sénat le 29 mars pour une audition conduite par le groupe d’étude “Statut, rôle et place des Français établis hors de France” mis en place par Ronan Le Gleut.
Nos envoyés spéciaux sur place suivront les travaux et tendront leurs oreilles dans les couloirs pour partager avec vous les éléments clés de la 38ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger. Rendez-vous dès ce lundi pour un premier reportage !
Le Conseil Constitutionnel a procédé à l’annulation des élections de la députée des Français d’Amérique du Sud (IIème circonscription) Eléonore Caroit (Renaissance) et du député des Français du Maghreb, d’Afrique du Nord et de l’Ouest (IXème circonscription) Karim Ben Cheïkh(Génération.s/ NUPES) et à celle du député des Français du bassin Est de la Méditerranée Meyer Habib (UDI/LR). Depuis vendredi 24 mars à midi (heure de Paris) et jusqu’à ce mercredi 29 mars à midi (idem), les 282 000 électeurs inscrits pour le vote en ligne sont appelés à anticiper leur vote et à participer au scrutin via la plateforme dédiée sur le net.
Dans tous les cas, il sera possible de voter samedi 01 avril dans un des bureaux de vote mis en place par les consulats en Amérique latine (IIème) et de même pour les deux autres circonscriptions le dimanche 02 avril. Un deuxième tour se tiendra le samedi 15 avril et le dimanche 16 avril 2023.
Une participation inquiétante
Après 36h de vote, les premiers chiffres de la participation du vote en ligne sont tombés ce samedi 25 mars à 18h et ils sont inquiétants. Avec moins de 4% des électeurs ayant exprimé leur choix, les élections législatives partielles chez les Français de l’étranger amplifient un phénomène déjà connu dans l’hexagone lorsque de tels scrutins sont tenus.
Un situation donc habituelle mais aussi révélatrice d’un affaissement démocratique chez les Français de l’étranger. Les raisons ? Une faible publicité, s’il est difficile d’informer en février les électeurs de la 8ème circonscription du Pas-de-Calais pour leur élection législative partielle, cela l’est encore plus dans les circonscriptions des Français de l’étranger qui couvrent plusieurs pays souvent plus grands que la France, elle-même. On peut aussi évoquer le désintérêt des Français pour la politique en France, pourtant ils furent nombreux à voter pour le Président de la République. D’autres attribuent cette faible appétence à la qualité diverse des candidats qui ne sont pas toujours de justes reflets de la communauté des Français de l’étranger.
Quelques bugs encore signalés
Mais la première des raisons est peut-être aussi liée à la complexité de la mise en oeuvre du vote en ligne. Alors que la France n’arrive pas à établir un protocole pour valider l’identité en ligne, le ministère des Affaires étrangères et le prestataire chargé du vote en ligne, Docapost (une filiale du groupe La Poste) ont dû inventer un double système de codes par email et SMS afin de garantir l’identité du votant et la sincérité du vote.
Cependant, comme on l’a vu lors des scrutins de juin 2022, les normes techniques varient énormément d’un pays à l’autre et ont provoqué des problèmes de diffusion de ces fameux codes. Ces bugs sont d’ailleurs à l’origine de l’annulation des élections dans la deuxième et neuvième circonscription des Français de l’étranger.
Malgré les efforts du prestataire, il nous a été signalé des problèmes de réception des codes, aux Bahamas, en Colombie, au Mexique. Tandis que dans la 8ème circonscription, la candidate Deborah Abisror-De Lieme nous signale que le mail envoyé aux électeurs par Docapost pour le compte du ministère des Affaires étrangères ne comprenait pas le lien vers la plateforme de vote en ligne. Pourtant, quel que soit le parti, si on regrette la faible participation, on constate que les problèmes soient moins nombreux qu’en juin 2022.
Qu’en penseront les sages du Conseil constitutionnel si un candidat malheureux conteste le résultat du fait de ces nouveaux bugs ? Une deuxième annulation liée au vote en ligne signerait sûrement la fin de ce mode de participation, ou en tout cas le mettrait en pause jusqu’à la certification de l’identité via un outil numérique comme le prévoit le gouvernement.
Aux urnes citoyens !
Le vote en ligne est une vraie avancée pour les Français de l’étranger, s’il n’est pas encore rentré dans les moeurs, c’est par la répétition de sa mise à disposition que les habitudes changeront et permettront à tous nos compatriotes de faire entendre leur voix.
En participant à ces élections, si vous êtes électeur(rice) d’une de ces 3 circonscriptions, en plus de choisir votre député(e) qui vous représentera à l’Assemblée nationale, vous soutiendrez le « vote en ligne » et démontrerez que même hors de France, les expatriés restent des citoyens à part entière attachés à l’avenir de leur nation. Même depuis l’étranger, les Français partagent toujours un destin commun.
Mode d’emploi du vote en ligne
Le portail de vote en ligne est désormais ouvert pour le premier tour des élections législatives.
1. Dates d’ouverture du portail de vote en ligne pour le premier tour
Le portail de vote est ouvert du vendredi 24 mars 2023 (heure de Paris) jusqu’au mercredi 29 mars 2023 à 12h (heure de Paris).
2. Comment se connecter au portail de vote en ligne ?
Veuillez vous rendre sur le site France Diplomatie. Après avoir consulté la liste des candidats de votre circonscription, vous pourrez cliquer sur le bouton « je vote par internet ».
Pour vous connecter au portail de vote en ligne, vous aurez besoin :
de votre identifiant reçu par courriel (le libellé de l’expéditeur du courriel est le suivant : « Législatives partielles 2023 – 1er tour – identifiant pour voter par internet») ;
de votre mot de passe reçu par SMS (via l’émetteur « LEGISLATIVE» ou « France GOUV »). Il peut arriver que le SMS apparaisse sous un autre nom d’émetteur dans certains pays (voire sous la forme d’une suite de chiffres), en fonction des opérateurs locaux. Vous trouverez ci-dessous en téléchargement une brochure de présentation du portail de vote.
3. Comment obtenir un nouvel identifiant ou un nouveau mot de passe en cas de perte ou de non réception ?
Il convient tout d’abord de vérifier que votre courriel (contenant l’identifiant) n’est pas arrivé dans la boite « courriels indésirables » ou « spams » de votre messagerie électronique.
Le SMS (contenant le mot de passe) peut également avoir été « filtré » par votre téléphone et réceptionné dans une boite de SMS « indésirables » (ce qui peut être le cas si vous avez par exemple activé dans les paramètres de votre téléphone la fonction « filtrer les expéditeurs inconnus »). En effet, certains téléphones filtrent les messages provenant de numéros inconnus et/ou suspectés d’être indésirables. Nous vous recommandons donc de vérifier que votre SMS n’a pas été réceptionné dans une boite de SMS indésirables.
Si ces vérifications ne vous permettent pas de retrouver votre courriel et votre SMS, vous avez la possibilité de renouveler votre identifiant ou votre mot de passe en cliquant sur « Identifiant perdu ou non reçu ? » ou « Mot de passe perdu ou non reçu ? ».
Pour des raisons de sécurité il n’est pas possible de renouveler à la fois son identifiant et son mot de passe. Vous trouverez ci-dessous en téléchargement les informations relatives à la procédure de renouvellement du mot de passe et de l’identifiant :
4. Comment contacter l’assistance au vote en ligne dédiée aux électeurs ?
En cas de question, n’hésitez pas à solliciter l’assistance mise en place par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères via le formulaire de contact prévu à cet effet. Ce formulaire est également accessible depuis la page de connexion du portail de vote (cliquez sur le bouton « aide » en haut à droite de l’écran). Vous recevrez une réponse par courriel. La cellule d’assistance répondra aux courriels de 7h (heure de Paris) à minuit (idem).
Quel bilan à l’issue de la semaine de la langue française et de la Francophonie ? Pour en parler, la Secrétaire d’État chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux, Chrysoula Zacharopoulou, était l’invitée de TV5MONDE !
Qui est Chrysoula Zacharopoulou, la secrétaire d’État chargée de la Francophonie ?
Chrysoula Zacharopoulou, 46 ans, gynécologue de formation, fait partie des nominations surprises du gouvernement. Inconnue du grand public, cette eurodéputée franco-grecque a été promue en mai 2022 secrétaire d’État chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux.
Née 1976 à Sparte, en Grèce, Chrysoula Zacharopoulou fait ses études en Italie et devient docteure en médecine, diplômée de l’université de Rome « La Sapienza » et titulaire d’un doctorat-PhD sur l’endométriose. Elle arrive en France en 2007, où elle pratique sa spécialité à l’Hôpital militaire Bégin, à Saint-Mandé, en région parisienne.
Cheville ouvrière de la lutte contre l’endométriose
Avec l’actrice Julie Gayet, elle est à l’origine de l’association Info-Endométriose qui lance la première campagne de sensibilisation en mars 2016, intitulée « Les règles c’est naturel, pas la douleur », pour toucher et informer le grand public et les professionnels de santé sur cette maladie alors peu mise en lumière. Son travail lui vaut d’être nommée chevalière de l’ordre national du Mérite en 2017.
Le 11 janvier 2022, Chrysoula Zacharopoulou remet au président de la République française un rapport dans le but d’améliorer le diagnostic et la reconnaissance de l’endométriose. Emmanuel Macron déclare à la remise des documents qu’il « ne s’agit pas d’un problème de femmes, mais de société » et lance dans la foulée la « première stratégie nationale de lutte » contre cette maladie.
Ascension politique
Elle entame sa carrière en politique en 2019, lors des élections européennes, durant lesquelles elle s’engage aux côtés de La République en Marche. Une fois élue, elle siège dans le groupe centriste et libéral, Renew Europe.
Une impulsion présidentielle
Avec l’aide de sa représentante personnelle pour la Francophonie, Leïla Slimani, et sur la base d’un travail remarquable de consultation citoyenne ayant permis de rassembler plus de 5000 idées, le Président de la République avait lancé le 20 mars 2018 une stratégie novatrice et ambitieuse pour la langue française et le plurilinguisme, qui mise sur l’apprentissage, la communication, et la création. Une stratégie qui s’appuyait sur la semaine de la langue française et de la Francophonie.
Cinq ans plus tard, les avancées sont nombreuses. Le français, 5ème langue la plus parlée sur terre, reste l’une des grandes langues-monde d’aujourd’hui et de demain, porteuse d’une vision de l’humanité, d’aspirations et de valeurs partagées. Il constitue un atout décisif pour rassembler autour du modèle de mondialisation que la France défend et contribuer concrètement à le mettre en œuvre, par l’éducation, le partage d’informations et de connaissances, par la création et l’innovation.
Semaine de la langue française 2023
Des programmes de promotion de notre langue
La semaine de la langue française et de la Francophonie n’est en fait que l’arbre qui cache la forêt. Il existe aussi un plan « Langue française et plurilinguisme » doté d’un budget de 350 millions d’euros par an.
Le Président de la République a annoncé une contribution historique de 333 millions d’euros en faveur du Partenariat mondial pour l’éducation (PME) pour la période 2021-2025. 42,86% de ces financements ciblent les pays francophones.
Par des programmes mis en œuvre par les opérateurs français et francophones de l’éducation :
Le programme APPRENDRE, qui fédère l’expertise française mobilisée pour la coopération internationale en matière éducative, s’est adapté à la crise sanitaire avec la mise en place d’activités à distance et le développement de contenus en lien avec les enjeux de la continuité éducative. Fin 2021, le programme avait permis d’accompagner plus de 10 000 professionnels pour renforcer les compétences des enseignants dans 11 pays. 35 projets de recherche en éducation issus de 17 pays ont été soutenus.
Le projet « Imaginécole » propose une plateforme régionale de ressources en ligne et de formation des professeurs dans les onze pays d’Afrique francophone de l’Ouest et du Centre, en lien avec l’UNESCO, le Partenariat mondial pour l’éducation, la Conférence des ministres francophones de l’éducation (CONFEMEN) et l’OIF. Lancé en décembre 2020, ce projet vise près de 7 millions d’élèves.
Le programme Ressources éducatives vise à renforcer l’accès équitable et « inclusif » des élèves du primaire et du secondaire en Afrique subsaharienne francophone aux ressources éducatives matérielles et numériques à usage individuel et collectif. Il a été mis en œuvre en 2020 par l’UNESCO et l’Institut français.
Le dispositif IFClasse, mis en œuvre par l’Institut français Paris, propose des formations en ligne qui ciblent le renforcement des compétences langagières des enseignants dans leurs pratiques professionnelles ainsi que le développement de leurs compétences numériques. Il est déployé progressivement en Afrique subsaharienne, en lien étroit avec les services de coopération des ambassades et les autorités locales.
Les Universités d’été et d’hiver de France Education international (FEI) réunissent des centaines de formateurs tous les ans qui forment eux-mêmes plusieurs milliers de professeurs étrangers à l’enseignement du et en français, ainsi qu’à son évaluation. La dernière a eu lieu en juillet 2022 et a réuni près de 320 participants de 66 pays. En novembre 2023, FEI organisera pour la première fois un séminaire de formation au sein de la Cité internationale de la langue française de Villers-Cotterêts, consacré à la thématique de l’insécurité linguistique et numérique en France et à l’étranger.
La visite d’État du roi Charles III en France a été reportée dans un contexte d’agitation et de manifestations après que le président Emmanuel Macron a fait adopter par le Parlement la réforme des retraites.
La décision de report intervient après que les syndicats français ont annoncé leur intention de poursuivre les manifestations, y compris la CGT dont les travailleurs auraient participé à la préparation des drapeaux, des tapis rouges et du mobilier pour la visite.
Aussi, selon une source proche de l’Elysée, la proposition émane du président français lui-même, qui craignait que des groupes d’extrême gauche ne fassent des actions coup-de-poing pendant le week-end.
Journée de grève nationale le 28 mars
Le palais de l’Elysée a indiqué que « compte tenu de l’annonce, [jeudi soir], d’une nouvelle journée d’action nationale contre la réforme des retraites le mardi 28 mars prochain en France, la visite du Roi Charles III […] sera reportée ».
Le palais présidentiel précise que la décision « a été prise par les gouvernements français et britannique » après un appel entre le président français Emmanuel Macron et le Roi Charles III dans la matinée de vendredi.
EPA-EFE/MOHAMMED BADRA
Ce report a été décidé, indique la présidence de la République française, « afin de pouvoir accueillir Sa Majesté le roi Charles III dans des conditions qui correspondent à notre relation d’amitié ».
Le roi du Royaume-Uni Charles III et la reine consort Camilla étaient initialement attendus à Paris pour une visite d’État du 26 au 29 mars. Ils devaient ensuite se rendre à Bordeaux. Cette visite aurait dû être la première de Charles III à l’étranger depuis qu’il a accédé au trône.
Ce voyage, prévu depuis des mois, intervient alors que la France est en proie à une crise politique et à des manifestations nationales. Dans la nuit de jeudi à vendredi, la mairie de Bordeaux a été incendiée.
Les médias britanniques ont rapporté que le palais de Buckingham suivait la situation de près. Il a également été rapporté que le lieu du dîner d’État — le château de Versailles — était en train d’être reconsidéré.
« Incroyable, on va avoir Emmanuel Macron, le monarque républicain, qui va recevoir Charles III, qui va descendre les Champs-Élysées, qui va aller dîner à Versailles, pendant que le peuple dans la rue est en train de manifester », s’était indignée sur BFMTV mercredi Sandrine Rousseau, figure écologiste de proue.
Les manifestations et les perturbations devraient se poursuivre pendant le week-end, après une semaine de manifestations spontanées qui ont donné lieu à des affrontements avec la police et à des perturbations dans tout le pays.
À Bordeaux, « il est quasiment certain que le roi ne pourra pas prendre le tramway » — ce qui était initialement le programme de Charles III — avait indiqué Pascal Mesgueni, délégué CFTC de la société de transports de la ville TBM.
Aucune date n’est cependant donnée pour la nouvelle visite d’État, mais elle « sera reprogrammée dans les meilleurs délais ».
Bonjour à tous, bienvenue dans le dernier flash de la semaine, ce vendredi 24 mars, on fait le bilan de la mobilisation contre la réforme des retraites en France et à l’étranger et on s’intéressera au point de vue polonais qui attribue le mouvement social à la mainmise de l’Union européenne.
Beaucoup de monde dans les rues en France
Près de 240 points de rassemblements partout en France avaient été mis en place par les syndicats. La CGT a annoncé que 800.000 manifestants ont participé à la mobilisation parisienne, un record depuis le début du mouvement, dont pour la première fois 150.000 jeunes. Sur Twitter, Laurent Berger a réagi à la mobilisation contre la réforme des retraites ce jeudi : « Il suffit de parcourir les très gros cortèges CFDT (…) pour voir que la mobilisation ne faiblit pas », a souligné le leader syndical. L’intersyndicale a annoncé de nouvelles actions.
Une mobilisation diverse chez les Français de l’étranger
Si à l’AEFE, le poids des sanctions financières a pu se faire sentir dans certains établissements, ce ne fut pas le cas partout comme à Athènes, Bruxelles, au Chili à Montevideo, Tunis, Valence (Espagne), et le taux de gréviste a même atteint 75% au Lycée Gustave Eiffel de Maputo (Mozambique). A Berlin, les citoyens se sont mobilisés et accompagnés des syndicats locaux ils furent très nombreux à battre le pavé devant l’ambassade de France, ce fut le cas aussi à Madrid, à Bangkok et bien d’autres villes. Seule l’administration consulaire, malgré l’appel du syndicat majoritaire, n’a pas connu de débrayages massifs.
La réforme, la faute à Bruxelles ?
La situation tendue dans l’hexagone a été la raison de l’annulation d’une réunion prévue entre les ministères des Affaires étrangères français et polonais qui devait avoir lieu à Paris. L’occasion pour le gouvernement polonais d’attribuer la crise en France à l’ingérence présumée illégitime de l’Union européenne dans les budgets des Etats nationaux. Une prise de position que la Commission européenne a décidé de ne pas commenter.
C’est tout pour cette semaine, passez un bon week-end où que vous soyez !
À 17 heures, les manifestants étaient 703.000 à défiler dans les rues de l’Hexagone contre 322.000 le 15 mars à la même heure et 877.000 le 7 mars. Quatre villes ont battu ce matin leur record de mobilisation : Bordeaux avec 18.200 manifestants (15.600 le 7 mars), Toulon avec 12.000 manifestants (10.000 personnes le 11 février), Rouen avec 14.800 manifestants (13.500 le 7 mars) et Strasbourg avec 12.400 manifestants (10.500 le 31 janvier). Hors de France, la mobilisation fut dans certains pays aussi très importante, on fait le bilan de la mobilisation contre la réforme des retraites pour les Français de l’étranger.
Sur Twitter, Laurent Berger a réagi à la mobilisation contre la réforme des retraites ce jeudi: « Il suffit de parcourir les très gros cortèges CFDT (…) pour voir que la mobilisation ne faiblit pas« , a souligné le leader syndical. Et d’ajouter: « Pour la 9e fois, la détermination des militantes et militants CFDT est intacte contre les 64 ans« .
500.000 jeunes ont manifesté partout en France ce jeudi, selon une première estimation réalisée par l’Unef, le principal syndicat étudiant. 150.000 jeunes ont notamment manifesté à Paris, 2000 au Havre, selon ce comptage.
La colère contre Macron
De nombreux manifestants défilant dans le cortège parisien ont fabriqué des pancartes pour critiquer le Président de la République, qui s’est exprimé hier lors d’un entretien à la télévision pour sa première prise de parole publique depuis l’adoption de la réforme au Parlement.
Beaucoup de jeunes pour le départ de la #manif23mars à Bastille. Un char de lycéens et d’étudiants avec un Macron en papier mâché en train de « boire la sueur des Français » après un « 49.3 royal » #Retraitespic.twitter.com/KiMdpvSLrw
— MariePierreBourgeois (@MariePBourgeois) March 23, 2023
« Macron sadique », « Macron, bois mes règles », « Louis XVI on l’a décapité », peut-on lire sur des affiches et pancartes brandies par les manifestants.
Tensions dans le cortège parisien
La situation s’est tendue entre manifestants et forces de l’ordre à l’avant du cortège parisien. Environ 200 à 300 personnes, beaucoup habillées en noir et masquées, ont caillassé un fast-food, du mobilier urbain et ont mis le feu à des poubelles, à hauteur de Strasbourg-Saint-Denis.
Les forces de l’ordre ont tenté d’intervenir mais ont été prises pour cibles par les manifestants qui les ont visées avec des projectiles , dont des « gros pétards » selon les reporters de BFMTV présent sur place. Policiers et gendarmes ont battu en retraite avant d’utiliser des gaz lacrymogènes pour disperser la foule.
En parallèle, le leader du Parti Communiste Fabien Roussel, qui participe au cortège parisien à l’appel de l’intersyndicale, a appelé les forces de l’ordre « à rejoindre le mouvement » contre la réforme des retraites.
Le secrétaire national du PCF a aussi fustigé Emmanuel Macron qui ferait selon lui « le pari de la violence » dans les rassemblements contestataires afin de « retourner l’opinion » contre les manifestants. « On est passé du social à la matraque« , a-t-il tancé.
Mobilisation chez les Français de l’étranger
Du côté des Français de l’étranger, fortement mobilisés lors des précédentes journées, la lassitude a pris le pas sur la colère pour certains. L’impact financier des journées de grève y est aussi pour beaucoup, en particulier dans le réseau AEFE.
Education
Cependant à Bruxelles en Belgique ou à Valence en Espagne, ils étaient encore nombreux à débrayer, comme à Montréal qui a compté jusqu’à 80% de grévistes pour les sections du primaire selon le syndicat SNUipp-FSU. On notera que la grève fut aussi majoritairement suivie par exemple à Athènes, au Chili (Santiago et Concepcion), à Montevideo, Tunis, Valence (Espagne), et au Lycée Gustave Eiffel de Maputo (Mozambique).
« Le SNES-FSU hors de France note que la colère s’est amplifiée après le recours du gouvernement au 49-3, véritable déni de démocratie, et après les propos tenus hier par le Président de la République. Les taux de grévistes et les chiffres de manifestants énormes voire historiques en France montrent la détermination à obtenir le retrait de cette réforme passée en force. »
Communication du syndicat SNES-FSU
Pourtant, on note un recul du nombre d’établissements touchés. Mais pour le personnel des établissements mobilisés contre la réforme des retraites, le combat n’est pas fini. Comme à Berlin où les professeurs ont voté la grève pour demain vendredi aussi. Entre aujourd’hui et demain, 70% des professeurs résidents auront été en grève, ainsi que quelques personnels de droit local.
A Tunis, l’assemblée générale a décidé de créer une caisse de grève et a appelé à participer à l’élection législative partielle (9e circo des Français de l’étranger) pour sanctionner la réforme des retraites.
Mais il y a eu aussi des conséquences concrètes pour les élèves alors que se déroulaient cette semaine certaines épreuves du baccalauréat. Ainsi, des grévistes n’ont pas assuré les surveillances des épreuves de bac au Lycée français de Ouagadougou, d’autres n’ont pas participé à la commission d’entente des correcteurs en Espagne (pour l’épreuve de sciences économiques et sociales).
La journée fut plutôt apaisée dans les consulats et ambassades, aucune enceinte diplomatique, à notre connaissance, n’a été fermée ce jeudi 23 mars. Quelques grévistes ont été signalés ici et là mais pas d’adhésion majeure à la contestation.
Les citoyens ont battu le pavé
Du côté des citoyens, les appels à manifester devant l’ambassade ou le consulat ont été nombreux.
— Les Écologistes – EELV Hors de France (@EELVHorsFrance) March 22, 2023
Les partis d’opposition à Emmanuel Macron invitaient les Français de l’étranger à battre ce pavé aux 4 coins du monde et en particulier en Europe. A Berlin, nos compatriotes ont même pu compter sur la solidarité du syndicat IGmetal qui les ont accompagnés dans leur mobilisation.