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  • Le gouvernement Lecornu II sur une ligne de crête ?

    Le gouvernement Lecornu II sur une ligne de crête ?

    Après une première tentative de former un gouvernement dimanche dernier, le 05 octobre, Sébastien Lecornu a de nouveau présenté à Emmanuel Macron une équipe ministérielle ce 12 octobre au soir. Si officiellement, il a succédé à François Bayrou lors de la passation de pouvoir, mercredi 10 septembre, la France est toujours à l’arrêt depuis plus d’un mois.

    Si on dit Sébastien Lecornu, comme étant « apte aux compromis », le nouveau Premier ministre a dû jongler entre les exigences du PS et la défection des LR. Menacé de censure par La France Insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN), Sébastien Lecornu est attendu, avec une semaine de retard, mardi à l’Assemblée pour sa déclaration de politique générale. Il a annoncé ce dimanche 12 octobre au soir son gouvernement. 34 ministres ont été nommés. Pour les Français de l’étranger, on fait le tour de ceux qui vont diriger la France alors que notre Nation affronte de nombreux périls.

    Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur

    Ce fonctionnaire, né le 19 février 1964 à Bourges, dans le Cher, est issu d’une famille de pieds-noirs d’origine espagnole ayant quitté l’Andalousie à la fin du XIX siècle pour s’installer à Oran, en Algérie, il est le fils d’un architecte, Jean-Marie, et d’une institutrice. Ses parents sont rapatriés en France en 1962, deux ans avant sa naissance, et s’installent à Bourges, où il grandit entouré de sa sœur jumelle et de son frère cadet.

    Après avoir obtenu un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en gestion des collectivités locales à l’université de Tours, il débute sa carrière en 1987 au service économique du conseil général du Cher, avant de devenir inspecteur des impôts. En 1997, il est admis à l’École nationale d’administration (ENA). Deux ans plus tard, il intègre le ministère de l’Intérieur, à la direction générale des collectivités locales (DGCL), en tant qu’administrateur civil.

    En 2005, sa carrière décolle au sein du ministère de l’Intérieur, où il dirige le bureau de la gestion du corps préfectoral. Trois ans plus tard, il devient directeur de cabinet du préfet de Seine-Saint-Denis, Claude Baland. 

    De 2012 à 2015, il est directeur de cabinet du préfet de police de Paris, Bernard Boucault. Il est confronté à plusieurs crises majeures, notamment les manifestations de La Manif pour tous et les attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher. En 2015, il est nommé préfet de police des Bouches-du-Rhône. Le 22 juin 2017, dans le cadre de la réorganisation du renseignement voulue par Emmanuel Macron, il est nommé directeur général de la Sécurité intérieure (DGSI), en remplacement de Patrick Calvar, optant pour une politique d’ouverture.

    C’est en 2018, qu’il bascule en politique auprès d’Emmanuel Macron. En octobre de cette année, il entre au gouvernement en tant que secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, dans le second gouvernement d’Édouard Philippe. Ensemble, ils affrontent la crise du mouvement des Gilets jaunes. Il enchaine ainsi les postes dans les gouvernements qui se succèdent avant de devenir, sur proposition du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, préfet de police de Paris, en remplacement de Didier Lallement. Côté vie privée, il est marié et père de deux filles.

    Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur
    Laurent Nuñez, le 18 septembre 2019 ©LUDOVIC MARIN / AFP

    Roland Lescure, un macroniste transatlantique, nouveau ministre de l’Économie

    Jusqu’au dernier moment, on ne savait pas s’il partait ou non. Finalement, Roland Lescure conserve son portefeuille. Ancien banquier, député des Français de l’étranger et ministre de l’Industrie sous Élisabeth Borne, ce Franco-Québécois (premier vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), l’un des plus importants fonds de pension d’Amérique du Nord dont il supervise 80 % de l’activité) incarne une synthèse rare : un profil à la fois technocrate et politique, ancré dans les réalités des expatriés et les enjeux industriels français.

    Son parcours, jalonné d’engagements en faveur de la compétitivité et de l’innovation, en fait un acteur clé pour affronter les crises économiques actuelles – inflation persistante, désindustrialisation, transition écologique – dans un contexte de tensions budgétaires et de montée des extrêmes.

    Roland Lescure, ministre de l’Économie
    Roland Lescure, ministre de l’Économie © AFP

    Gérald Darmanin, Garde des Sceaux

    Gérald Darmanin, avec ses ambitions présidentielles, était sur la liste des partants. Mais surprise, celui qui n’a jamais caché son souhait de rester garde des Sceaux, le restera. Il pourra donc finir sa mission soit au moins construire quatre nouvelles prisons de haute sécurité.

    Dimanche dernier, Gérald Darmanin avait aussi appelé à « une inflexion sociale« , relevant « la détestation des élites et des politiques » « très importante« . Il semblerait qu’il fut attendu par le Premier ministre, Sébastien Lecornu.

    Gérald Darmanin à Amiens, mercredi 25 décembre 2024, pour sa première visite officielle en tant que ministre de la Justice.
    Gérald Darmanin à Amiens, mercredi 25 décembre 2024, pour sa première visite officielle en tant que ministre de la Justice. © FTV

    Édouard Geffray à l’Éducation

    Édouard Geffray, directeur général de l’Enseignement scolaire, devient ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

    Edouard Geffray est titulaire d’une maîtrise d’histoire et diplômé de l’institut d’études politiques de Paris, et sort de l’École nationale d’administration (ENA) en 2005 (promotion Romain Gary). Il entre alors au conseil d’État. Jusqu’en 2012, il y occupera successivement les fonctions de rapporteur à la 10e sous-section, responsable du centre de documentation et de recherches juridiques et rapporteur public. Depuis septembre 2020, il est conseiller d’Etat en service extraordinaire. Nommé directeur des affaires juridiques, internationales et de l’expertise à la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) en 2012, il en devient le secrétaire général, de 2012 à 2017.

    Avant de rejoindre le ministère de l’Éducation nationale, où il occupe le poste de directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco) entre 2019 et 2025.

    Édouard Geffray, Ministre de l’Éducation
    Édouard Geffray, Ministre de l’Éducation

    Rachida Dati reste à la Culture

    Les LR sont partis mais Rachida Dati demeure ministre de la Culture. Le soutien de Renaissance alors qu’elle brigue la mairie de Paris en mars semble plus important que le soutien des LR. Réponse au printemps, alors, qu’elle sera jugée pour corruption dans l’affaire Renault/Nissam dans moins d’un an ?

    Jouera-t-elle un rôle de liant pour un gouvernement qui dépend fortement du soutien des LR pour ne pas tomber ?

    La Ministre de la Culture, 31 janvier 2024, au discours de politique générale de Gabriel Attal
    La Ministre de la Culture, 31 janvier 2024, au discours de politique générale de Gabriel Attal ©AFP – Miguel MEDINA

    Jean-Pierre Farandou, ministre du travail

    C’est une vraie surprise, Jean-Pierre Farandou, ancien PDG de la SNCF, rejoint le gouvernement de Sébastien Lecornu, comme ministre du travail.

    Jean-Pierre Farandou est diplômé de l’École des Mines de Paris, une des plus prestigieuses écoles d’ingénieurs en France. Après ses études, il commence sa carrière dans une entreprise minière américaine, Amax, basée à Denver, aux États-Unis. Et c’est en 1981 qu’il rejoint la SNCF en tant que chef de gare, marquant ainsi le début de sa carrière dans le secteur ferroviaire. Il y fera toute sa carrière.

    Au fil des années, Jean-Pierre Farandou gravit les échelons au sein de la SNCF. En 1993, il est nommé chef de projet pour le lancement de la ligne TGV Paris-Lille, un des projets phares de l’entreprise. Il joue également un rôle déterminant dans la fondation de Thalys International à Bruxelles, où il occupe le poste de directeur général jusqu’en 1998. Il continue d’assumer diverses responsabilités, notamment comme directeur des ressources humaines et directeur régional de Rhône-Alpes, la plus grande région ferroviaire de France​.

    En novembre 2019, Jean-Pierre Farandou succède à Guillaume Pepy à la présidence de la SNCF. Son mandat est marqué par la transformation de l’entreprise en société anonyme à capitaux publics, ainsi que par la mise en place de réformes structurantes. En 2023, il prend également la tête de Fer de France, une association réunissant les principaux acteurs du secteur ferroviaire​.

    En 2024, il fait face à des tensions sociales importantes liées à un accord sur la fin de carrière des employés de la SNCF, un sujet qui devient un point de friction avec le gouvernement français en raison de la réforme des retraites​. C’est lui qui a concédé 2 années de moins aux cheminots qui partent donc toujours à 60 ans. Un bon signe pour la gauche, une inquiétude pour ceux qui sont attentifs au budget de la Nation. 

    Jean-Pierre Farandou, ministre du travail
    Jean-Pierre Farandou, ministre du travail

    Jean-Noël Barrot, toujours ministre des Affaires étrangères

    En période de crise, il a été décidé de ne pas modifier le cap diplomatique et c’est donc Jean-Noël Barrot qui conserve le Quai d’Orsay.

    Ce dernier, porte un nom politique célèbre. Son père, Jacques Barrot, décédé en 2014, a été une figure de la démocratie chrétienne : ancien ministre, ancien commissaire européen. Son grand-père, Noël, était aussi député. D’où ce record : la première circonscription de Haute-Loire a été « détenue » par la famille Barrot sans discontinuer ou presque de 1945 à 2004. Jean-Noël fut aussi conseiller départemental de Haute-Loire. Avant d’être élu député une première fois en 2017, mais dans les Yvelines. Il a été réélu en juillet avec près de 73 % des suffrages, ce qui en faisait le candidat de l’ex-majorité le mieux réélu au second tour.

    Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères
    Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères

    Eléonore Caroit, ministre déléguée de la Francophonie et des Français de l’étranger

    Née à Paris en juillet 1985 d’un père français et d’une mère dominicaine, Éléonore Caroit part à l’âge de trois ans vivre à Saint-Domingue en République Dominicaine où elle y fera toute sa scolarité. À 17 ans, elle rentre à Paris et intègre Sciences Po. Elle se dirige ensuite vers des études de droit international et sera diplômée de l’école de droit de Sciences-Po / Paris I. Elle passera d’ailleurs son premier barreau à New York et devient avocate spécialisée en contentieux international. Après quelques années passées à Paris, la Française décide de partir pour Genève en 2015, accompagnée de son mari franco-suisse et de leur jeune enfant. Là-bas, elle est d’abord recrutée par un cabinet d’avocat spécialisé en arbitrage avant de rejoindre une structure en tant qu’associée. De nationalité franco-dominicaine, Eléonore Caroit a fait le choix d’acquérir la triple nationalité suisse.

    De ses expériences en République Dominicaine, à New York et à Genève, Éléonore Caroit a constaté une évolution entre l’expatrié d’il y a 30 ans et le jeune expatrié d’aujourd’hui. C’est cette vision qu’elle a portée lors des élections de 2022 où elle remporta la deuxième circonscription des Français de l’étranger, l’Amérique latine et les Caraïbes, pourtant classée à gauche. La jeune députée renouvela son succès en 2024 après la dissolution et naturellement se retrouve désormais à la tête du portefeuille des Français de l’étranger et à la Francophonie.

    Eléonore Caroit, ministre des Français de l’étranger
    Eléonore Caroit, ministre des Français de l’étranger
  • Nathalie Coggia, nouvelle députée des Français de l’étranger

    Nathalie Coggia, nouvelle députée des Français de l’étranger

    C’est donc la protégée du parlementaire démissionnaire Stéphane Vojetta qui remporte ce 2eme tour de l’élection législative dans la 5eme circonscription. Selon les résultats du vote par internet, qui constitue la grande majorité des suffrages exprimés, Nathalie Coggia deviendrait ainsi la nouvelle députée des Français de l’étranger avec plus de 65 % des voix exprimés contre moins de 35 % en faveur de la candidate de gauche, LFI – Les écologistes, Martha Peciña (en attente de la publication des résultats définitifs) Dans le contexte politique que nous connaissons, nos compatriotes d’Espagne, du Portugal, d’Andorre et de Monaco ont donc accordé leur confiance à une candidate qui portait les couleurs du parti du président de la République.

    Nathalie Coggia confirme son avance au deuxième tour

    Arrivée en tête au premier tour de la législative partielle avec 26,35 % des suffrages, l’ancienne suppléante de Stéphane Vojetta, Nathalie Coggia, semble avoir confirmé son avantage.  Alors que nous l’avions reçue pour la première fois sur nos antennes pour sa première interview de campagne en plein cœur de l’été, lors de la saison des barbecues et autres crumbles de courgette, tout indique, dans les résultats encore provisoires, que Nathalie Coggia siégera à l’Assemblée nationale. Elle devrait rejoindre le groupe « Ensemble pour la République », présidé par Gabriel Attal, auquel était apparenté le député démissionnaire.

    À gauche, le premier tour s’était joué en ordre dispersé, avec des candidatures du Parti socialiste, de Place publique de Raphaël Glucksmann et de Martha Peciña qui s’était présentée sous l’étiquette LFI–Les Écologistes. Qualifiée pour le second tour avec 15,80 % des voix, et constituer le duel des finalistes, cette dernière n’a pas réussi à renverser la tendance, malgré l’appel du parti d’Oliver Faure à voter en sa faveur.

    Une participation quasi similaire entre les deux tours

    120 797 électeurs inscrits sur les listes électorales étaient appelés aux urnes pour ce second tour de l’élection législative partielle des Français de l’étranger. 17 595 d’entre eux, soit 14,57 % de la totalité des personnes pouvant s’exprimer, avaient déposé leur bulletin dans l’urne électronique par internet.  Ils étaient 14,42 % à le faire lors du premier tour de cette élection dans la 5e circonscription des Français établis hors de France.

    Au second tour des votants par internet, le résultat est le suivant :  10 454 personnes (65,17 %) ont voté en faveur de Nathalie Coggia, et 5 602 ( 34,89 %) en faveur de Martha Peciña. 1 539 ont voté blanc. Le résultat du vote à l’urne viendra ajuster ce résultat.  

    Nathalie Coggia, nouvelle députée des Français de l'étranger de la 5eme circonscription
    Nathalie Coggia, nouvelle députée des Français de l’étranger de la 5eme circonscription

    Ainsi, les aléas de la situation politique française qui se sont déroulés entre les deux tours de ce scrutin, notamment la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu et sa reconduction à Matignon, n’ont donc pas suscité de sursaut de mobilisation chez les Français établis en Espagne, au Portugal, en Andorre et à Monaco. La participation totale pour ce second tour, en y incluant le vote à l’urne « physique », devrait tourner autour des 18-19 %, contre 17,02 % enregistrée il y a quinze jours, lors du premier passage par les urnes pour ce scrutin. Le résultat définitif de cette élection partielle sera connu un peu plus tard, et publié par le ministère de l’Intérieur. 

    À l’Assemblée nationale, mais pour combien de temps ?

    C’est dans un climat politique français singulier que Nathalie Coggia, nouvelle députée des Français de l’étranger, ira siéger à l’Assemblée nationale. Les enjeux pour nos compatriotes établis hors du territoire national restent importants en cette période : entre l’avenir des écoles françaises à l’étranger au sein du réseau de l’AEFE, la protection sociale, à la lumière des recommandations qui seront issues des Assises dédiées actuellement en cours, la fiscalité, l’accès à la culture, l’emploi, la modernisation des services consulaires, les retraites et la reconnaissance des périodes d’activité entre la France et le pays de résidence, … Autant de sujets sur lesquels nos expatriés attendent des avancées tangibles.

    Or, le temps est peut-être déjà compté avant une nouvelle élection législative anticipée. Tour à tour reconsidérée puis à nouveau écartée, la menace de dissolution plane toujours au-dessus du Palais-Bourbon, même après la reconduction de Sébastien Lecornu au poste de Premier Ministre le 10 octobre.

    Nathalie Coggia nouvelle députée des Français de l'étranger de la 5eme circonscription (Espagne, Portugal, Andorre, Monaco)
    Nathalie Coggia nouvelle députée des Français de l’étranger de la 5eme circonscription (Espagne, Portugal, Andorre, Monaco)

    Autre fait qui pourrait avoir un impact sur cette élection. Stéphane Vojetta, qui avait du démissionner de son mandat de député de cette circonscription en juillet dernier, en conformité de la décision rendue par le Conseil constitutionnel, le rendant également inéligible pour un an, a décidé de contester cette situation et de présenter un recours devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH). Dans un communiqué, il indique souhaiter que « la France soit condamnée pour cette décision et contrainte à modifier la loi électorale ». Et il « appelle par ailleurs solennellement le Conseil Constitutionnel à publier l’intégralité des délibérations ayant conduit à cette décision. » À suivre…

  • Les trompettes de Jéricho

    Les trompettes de Jéricho

    Les armées du Josué encerclent la ville de Jéricho, tournent sept fois autour des murs, sonnent sept fois de la trompette, les murailles s’effondrent. Ce miracle porte un nom : la reddition. Ni par la faim, ni par la défaite, par la seule voix des trompettes. Les ondes miraculeuses atteignent le cœur, les armes sont jetées à terre, les pierres s’effritent, les défenseurs abandonnent. Dans la non-guerre d’aujourd’hui, les trompettes sont dans les airs, les terres, les mers. Les murailles dans les têtes. C’est dire si elles sont fragiles.

    Pete Hegseth, ministre de la « guerre », selon la nouvelle appellation de la « défense », a donné une leçon aux 800 généraux et amiraux américains. Il a dénoncé une armée « wokiste », des généraux obèses, – comme leur chef suprême – qui doivent recommencer à faire des pompes. Les puces, briques d’une armée moderne, en font-elles ? Trump prépare ses troupes à remettre de l’ordre dans les villes démocrates, comme si elles étaient sur le point de faire sécession. Le cœur de la démocratie libérale américaine brûle.

    Telle est la façon de faire la guerre : fissurer les ennemis par l’intérieur.

    En Chine, les purges continuent. Rythmée de l’immuable chorégraphie de Frédéric II, l’Armée Populaire défile avec ses danseuses au pas cadencé. Les soldats, à force d’imiter les robots, leur laissent la place. Les drones désorganisent les aéroports, les navires fantômes les ports, les trolls biaisent les élections, falsifient, partout répandent « l’esprit qui toujours nie ». Telle est la façon de faire la guerre : fissurer les ennemis par l’intérieur. La guerre ne reprend son vrai visage de bombes que lorsqu’elle l’impunité la rend possible.

    Ainsi l’Ukraine devait tomber en trois jours. Jamais Poutine n’avait pensé mener une guerre pour des années, avec des centaines de milliers de morts. La guerre devait se passer sans guerre. Hélas, un pas a entraîné l’autre. La stupide fierté des dictateurs, parce qu’ils craignent qu’un échec ne mine leur autorité, est de ne jamais reculer, jusqu’au désastre. Il n’est pas impossible que Poutine ne conduise la Russie au désastre. C’est même une hypothèse très sérieuse. Ce n’est pas forcément une bonne chose car son désastre de le mener à n’importe quoi. Bachar et Ianoukovitch ont trouvé refuge chez lui, mais chez qui peut-il se réfugier ? Renverser Poutine ne viendra que de l’intérieur, alors il élimine ses généraux, assassine ses proches, autant d’hommages aux cendres de son ami Prigogine.

    Quelle autodestruction pour Israël ! Les antisémites en profitent

    La guerre ne se fait que lorsqu’elle est impunie. Ainsi à Gaza, un gouvernement antiterroriste terrorise les populations, craignant une pénurie de munitions, finit par accepter la paix des ruines.  Quelle autodestruction pour Israël ! Les antisémites en profitent, jouent les redresseurs de torts. Les attentats se multiplient, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne. En France, alors que les Juifs représentent 1% de la population, ils concentrent 60% des actes xénophobes et racistes. Depuis le 7 octobre, le nombre d’actes antisémites a quadruplé. Partout où la société s’enflamme sur la « question palestinienne », brûle la « question juive ». Entretenir le conflit, le magnifier, c’est délicieux. Chacun se gorge de sa bonté criminelle.

    La haine a gagné. L’atroce pogrom aura entraîné le désespoir d’Israël et de Gaza. Le plan Trump promeut la solution à trois États, sans État. Un faux État en Cisjordanie, coupé en deux par l’extension des colonies. Un faux État à Gaza, sous tutelle internationale. Et Israël en sursis. Car tant qu’il n’aura pas d’État pour faire la paix, Israël sera menacé, y compris de l’intérieur. C’est d’ailleurs l’absurdité de refuser un État palestinien : Annexer la Cisjordanie ou Gaza revient à peupler Israël une d’une majorité de Palestiniens, une stratégie de guerre civile.

    Plan de Donald Trump pour la paix entre Israël et Palestine ©BELGA/AFP
    Plan de Donald Trump pour la paix entre Israël et Palestine ©BELGA/AFP

    Entretenir le conflit, le magnifier, c’est délicieux. Chacun se gorge de sa bonté criminelle.

    Le plan pour Gaza donne aux pays arabes la clé d’Israël. Les Israéliens pensent qu’avec les Américains, ceux-ci ne bougeront jamais. Mais les Américains, eux, ne bougeront-ils pas ? Les Israéliens oublient les trompettes de Jéricho. L’antisémitisme devient légitime. Les jeunes marocains défilent contre Israël et la vie chère, ondes de destructions massives.

    Tandis que Vance, Hegseth et Trump entendent mobiliser les militaires contre les villes démocrates, les vraies guerres se passent ailleurs. À moins que ce ne soit la même.

    Les guerres sont subliminales. Multi vectorielles, elles concentrent leur feu sur le point G de la paralysie neuronale : Désarmer l’attrait pour la démocratie, attiser les crises internes, activer les peurs. Qui peut former une équipe, un bataillon, quand on se méfie de son voisin ?

    Désarmer l’attrait pour la démocratie, attiser les crises internes, activer les peurs.

    Le principe même de la guerre froide était un combat moraliste.  Partout s’activaient des propagandistes. Le communisme bardé d’espérance, revendiquait la noblesse du combat. Il entraînait des cohortes de combattants de l’ombre sacrificiés jusqu’aux aveux. L’Empire s’effondra, quand, à l’hypocrisie cynique s’ajouta l’impasse économique. Mais en premier vint l’effondrement moral.  

    La Chine reprend cette stratégie. Aidée par ses proxys : casser l’Europe, la désarmer de l’intérieur, car l’Europe reste le seul vrai point de résistance idéologique. Une partie de l’Amérique promeut, comme tant d’autres, l’illibéralisme. La Chine, peut-elle gagner ? Riche, unie, soudée, prête à sacrifier sa population sous surveillance, elle ne peut l’emporter sans que s’agrègent d’autres espérances. Personne ne rêve d’être chinois.

    Le vrai face-à-face se joue entre le modèle chinois et le modèle européen.

    Le vrai face-à-face n’est pas entre les États-Unis et la Chine, puisqu’ils sont prêts à des deals. Ni entre l’Europe et la Russie, qui ne sont pour l’instant que des acteurs secondaires. Le vrai face-à-face se joue entre le modèle chinois et le modèle européen. L’uniforme contre la diversité, l’ordre contre la liberté. Allemands et Français l’ont compris. Merz et Macron ont constaté d’une seule voix que jamais le modèle démocratique n’avait été aussi fragile, aussi menacé. Ils seraient bien inspirés de ne fabriquer qu’un seul avion.

    Le président français Emmanuel Macron serre la main du chancelier allemand Friedrich Merz avant une réunion de cabinet franco-allemande dans la ville portuaire méridionale de Toulon, France, 29 août 2025. ©EPA/MANON CRUZ / POOL MAXPPP OUT
    Le président français Emmanuel Macron serre la main du chancelier allemand Friedrich Merz avant une réunion de cabinet franco-allemande dans la ville portuaire méridionale de Toulon, France, 29 août 2025. ©EPA/MANON CRUZ / POOL MAXPPP OUT

    Les cinquièmes colonnes s’activent. Chez les industriels et au Parlement européen. Insoumis et Patriotes s’allient, comme en France, pour censurer la Commission. Sans succès, pour l’instant. Rarement partis auront autant moqué leurs noms : des patriotes qui défendent les adversaires de leur pays, des insoumis qui se soumettent à l’avance aux autocrates. Orban le Hongrois et Fico le Slovaque, renforcé par Babis le Tchèque, travaillent à la fin de l’Europe, au nom des intérêts légitimes de chaque « nation ». Le monde n’obéirait qu’à la force et l’intérêt, alors les suivre. Ou plutôt, les faire apparaître, ont décidé les Chinois.

    Ce qui est remis en cause, c’est la double victoire des démocraties sur les totalitarismes au siècle dernier

    Xi Jinping propose au reste du monde une cartographie assez simple des intérêts : obtenir pour les humiliés de l’histoire une revanche sur l’Occident colonial, donner aux peuples fierté nationale et progrès économique, avec pour corollaire une société ordonnée, dans laquelle le pouvoir n’est jamais remis en cause. En face, l’Europe, contestée en son sein par les illibéraux et les décolonialistes, s’accroche à son vieux triptyque : droits de l’homme, démocratie, état de droit. Sont-ils encore des références en Amérique, en Israël, dans les pays arabes, en Asie centrale, même au Japon, gagné, lui aussi, par une sorte de revanchisme révisionniste ?

    Il suffit que l’un des deux piliers manque, Allemagne ou France. Quand on enlève la pierre d’angle, la muraille s’effondre

    Ce qui est remis en cause, c’est la double victoire des démocraties sur les totalitarismes au siècle dernier, celle de 1945, celle de 1989. La démocratie libérale redevient minoritaire dans le monde. Les démocrates deviennent minoritaires dans leur propre pays. Les Européens deviennent antieuropéens. Les antisémites s’affichent. Les Israéliens quittent Israël. Par les satellites, les drones, les robots, mille trompettes agitent les tempêtes sous les crânes. Poutine peut s’effondrer. Xi Jinping s’essouffler. Trump revenir à la raison, comme en Ukraine. Mais l’Europe aussi. Peu importent une victoire en Roumanie, une défaite en Tchéquie, il suffit que l’un des deux piliers manque, Allemagne ou France. Quand on enlève la pierre d’angle, la muraille s’effondre. Vous entendez les trompettes ?

    Laurent Dominati

    a.Ambassadeur de France

    a.Député de Paris

    a.Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app de paiement des Français de l’étranger, France Pay

    Laurent Dominati

  • Miguel Bonnefoy, la plume métisse de la littérature francophone

    Miguel Bonnefoy, la plume métisse de la littérature francophone

    Aux sources de l’exil : la route du Sud

    Dans les ports de Bordeaux ou de La Rochelle, au milieu du XIXᵉ siècle, des familles françaises embarquent pour un voyage sans retour. Leur destination : le Nouveau Monde, mais pas celui des mythes nord-américains. Le leur s’étend du Rio de la Plata aux Andes, des vignobles de Mendoza aux vallées fertiles du Chili. Beaucoup sont vignerons du Jura ou du Bordelais, ruinés par le phylloxéra. Ils rêvent de recommencer ailleurs, là où la vigne pourrait renaître. Ce sont les ancêtres imaginaires des Lonçonnier, cette famille jurassienne qui traverse un siècle d’histoire dans « Héritage », le roman de Miguel Bonnefoy, prix des Libraires 2021. Ce sont ces Français d’Amérique du Sud qui irriguent l’œuvre de Miguel Bonnefoy, lui-même plume métisse de la littérature francophone.

    Du Jura à Santiago : la saga des Lonçonnier, miroir d’une diaspora

    Dans « Héritage », Miguel Bonnefoy condense l’épopée des Français du Chili, entre tragédies et renaissances. Les Lonçonnier quittent leur terre jurassienne dévastée pour s’installer au Chili, dans la vallée de Maipo, au milieu des vignes et des volcans. À travers leurs générations successives, l’auteur évoque l’exil comme un fil génétique, porteur d’un double héritage : la fidélité à la France et l’enracinement dans une autre terre.

    Le roman fait résonner les destins réels de ces familles venues du sud de la France qui, au XIXᵉ siècle, ont bâti les premières caves chiliennes et donné naissance à un vin d’âme française et de cœur latino-américain : le carmenère. Miguel Bonnefoy en tire un mythe poétique : celui d’une France exportée, transplantée, puis métissée.

    « Le plus bel héritage, cest celui du métissage »

    Miguel Bonnefoy

    Un Français du monde

    « Le plus bel héritage, cest celui du métissage », écrit Miguel Bonnefoy. Né à Paris d’un père chilien exilé politique et d’une mère vénézuélienne, il incarne cette double appartenance. Son père, journaliste chilien, a fui la dictature de Pinochet dans les années 1970. Sa mère, vénézuélienne, descend d’une lignée issue du cacao et de la culture caraïbe. Elle exerce comme attaché culturelle et possède le goût de l’éclectisme. L’enfant naît et grandit entre le Venezuela, le Portugal et la France, un parcours que reflète aussi son passage par les lycées français de Caracas et de Lisbonne, symboles de cette France du monde qui continue à former des citoyens pluriels.

    « Il y a dans les lycées français à l’étranger quelque chose de très beau qui est ce creuset dans lequel viennent se fondre plusieurs cultures différentes. D’un côté bien sûr la française avec une architecture, un échafaudage, une rigueur qui est essentielle car elle ordonne (…) et de l’autre les cultures locales, portugaise ou vénézuélienne dans mon cas, et qui ont un tout autre flux, d’autres vitesses, d’autres outrances, d’autres voix et d’autres éventails. C’est la rencontre entre les deux qui permet le profil psychologique type des enfants des lycées français à l’étranger qui ont des camaïeux de couleurs dans le cœur. »

    Héritage - Miguel Bonnefoy
    Héritage – Miguel Bonnefoy

    Chez notre invité de ce Vagabondage, l’exil n’est jamais seulement politique ou géographique : il est une condition existentielle, celle d’hommes et de femmes toujours en mouvement, à la recherche d’une terre où poser leur nom.  Son dernier roman en témoigne « Le rêve du Jaguar a été écrit grâce à ce métissage de deux cultures, grâce à ce croisement (…) entre deux pays, deux traditions, deux langues. J’ai essayé de tirer richesse des deux côtés ».

    « Une France qui s’isole va fatalement pourrir sur pied »

    Héritage d’une France du monde :

    L’histoire des Français d’Amérique du Sud dépasse le simple cadre de la migration. Elle raconte une France qui s’est exportée autrement : par ses missionnaires au Venezuela et en Amazonie, par ses ingénieurs dans les mines du Chili, par ses coopérants et enseignants dans les lycées français de Buenos Aires, Lima ou Montevideo, et par ses réfugiés politiques, qu’ils fuient le Second Empire, la Commune, Vichy ou les dictatures militaires.

    « Je trouve ça très beau de bien représenter la France à l’étranger »

    Miguel Bonnefoy

    C’est cette France mobile, généreuse et aventureuse que l’auteur ressuscite dans ses romans, où les lignées se mêlent, les langues s’embrassent et les frontières sont poreuses et mobiles . «La France n’est la France que parce qu’elle a été dans l’accueil, parce qu’elle a su ouvrir les bras, qu’elle a su créer du mélange, parce qu’elle a su être le pays des droits de l’homme et de la liberté et parce qu’elle compose aujourd’hui son patrimoine culturel grâce au patrimoine culturel des autres pays. Une France qui s’isole, qui s’enferme, qui s’enmuraille, qui se replie sur elle-même est forcément, fatalement et mathématiquement une France qui va pourrir sur pied. »

    De l’exil à la littérature : un retour par les mots

    En une dizaine d’années, Miguel Bonnefoy a construit une œuvre d’une grande cohérence : Le Voyage d’Octavio (2015), fable sur un pays mythique entre le Venezuela et la Caraïbe ; Jungle (2017), hommage aux explorateurs et à l’Amazonie ; Héritage (2020), roman de la filiation et de l’exil ; Le Rêve du jaguar (2024), prix Médicis et prix du Roman de l’Académie française, réflexion sur la frontière entre le réel et le légendaire latino-américain.

    Le rêve du Jaguar - Miguel Bonnefoy
    Le rêve du Jaguar – Miguel Bonnefoy

    Une œuvre-monde, un pont entre les langues

    Miguel Bonnefoy est aujourd’hui l’un des rares écrivains français à incarner cette littérature-monde francophone ouverte sur l’Amérique latine. Son écriture, nourrie de réalisme magique et de clarté française, tisse un lien entre la tradition littéraire du Nouveau Monde et la langue de Molière.

    Un écrivain « pétri par la glaise des Français de l’étranger »

    Un legs pour les Français de l’étranger

    Dans un monde en quête d’identité et de racines, Miguel Bonnefoy rappelle aux Français de l’étranger quils ne sont pas seulement des expatriés, mais des héritiers dune longue histoire d’échanges et de métissages. L’écrivain se dit « pétri par la glaise des français de l’étranger » qu’il rencontre à la faveur de ses conférences et interventions dans les instituts ou alliances françaises comme dans les lycées de l’AEFE

    Plutôt chien que loup avec Miguel Bonnefoy

    Il n’a pas peur d’être un jour défini comme un écrivain officiel qui représente son pays. « Je n’aurais pas peur de devenir un jour un officiel. Je ne me place pas du tout dans la position de l’écrivain rebelle, en révolte permanente et qui serait toujours libre. Dans la fable de la Fontaine, le chien et le loup, ce serait le loup qui préférerait avoir faim et être libre plutôt que d’être attaché à un arbre avec une chaîne; je n’aurais pas du tout peur d’être ce chien-là, et de représenter la France à l’étranger, comme ma mère , diplomate, a représenté le Venezuela à l’étranger et avait une position officielle, naturellement , mais avait aussi la liberté de pouvoir montrer de l’intelligence, de la beauté, de la puissance, de la dignité et de l’inspiration.

    « J’écris mon nouveau projet comme j’écris tous les livres, avec honnêteté.
    Les meilleurs livres sont toujours écrits avec honnêteté »

    Miguel Bonnefoy

    Et il poursuit « quand je suis invité en tant que français à l’étranger je suis très fier de me comporter avec dignité, avec élégance, de dire des choses intelligentes et inspirantes, d’être généreux, d’être à l’écoute et d’avoir des gens qui me regardent comme si j’étais un petit fragment de la France. Je trouve ça très beau de bien représenter la France à l’étranger. Face aux Français hors de France il se retrouve naturellement à « leur parler, comme dans un effet miroir, pour faire sentir des ressemblances et des similitudes dans nos destins ».

    Des personnages ascensionnels, des Jean Valjean modernes

    Le trait commun entre les personnages de ses plus grands romans, le voyage d’Octavio, le rêve du Jaguar ou Héritage, c’est de commencer dans la détresse, d’être l’orphelin recueilli sur les marches d’une église, puis d’emprunter un itinéraire ascensionnel, baroque, parfois vertigineux, vers la gloire et la réussite.

    « Ça me plaît énormément ces personnages qui sont des transfuges de classe, je le suis à travers mes parents et mes grands-parents qui ont tenté de rompre avec ce déterminisme de celui qui est dans la misère et restera dans la misère, de celui qui est riche et qui demeurera riche. Au contraire, avec persévérance, ténacité et effort, avec abnégation on peut casser ces codes là et avancer vers un siècle différent. Je trouve que cette idée est intéressante au niveau social mais aussi au niveau littéraire car dans les structures narratives ces personnages ont un je ne sais quoi de destinée glorieuse et homérique et il se trouve que j’aime les livres qui sont un peu épiques. Vous parlez d’Hugo, et Hugo a toujours ces personnages qui arrivent à s’affranchir et à aller vers le ciel, car Hugo a toujours un côté messianique et biblique ».

    Et la suite alors ?

    Son prochain roman il est naturellement en cours d’écriture et le meilleur reste selon lui à venir « je n’ai pas encore écrit les livres pour lesquels je suis né ». « J’ai encore trente années d’écriture, qui sont sans doute mes meilleures années d’écriture. J’écris mon nouveau projet comme j’écris tous les livres, avec honnêteté. Les meilleurs livres sont toujours écrits avec honnêteté. Avec sincérité. Avec la transparence de l’âme. Et on arrive ainsi à sortir des livres qui sortent de nos tripes et non pas d’un calcul géométrique. Je veux garder cette honnêteté jusqu’à la fin. »

  • Retour de Lecornu à Matignon : les réactions de vos élus des Français de l’étranger

    Retour de Lecornu à Matignon : les réactions de vos élus des Français de l’étranger

    Il était 22 heures ce vendredi 10 octobre quand le président de la République, Emmanuel Macron, par communiqué, a renommé comme Premier Ministre Sébastien Lecornu. Quelques heures après ce retour officiel à Matignon de l’ancien maire de Vernon, quelles sont les réactions de vos différents élus des Français de l’étranger ?

    Sébastien Lecornu renommé Premier Ministre : une semaine pour rien ?

    La politique française vient donc de traverser une semaine singulière : après la nomination, dimanche 5 octobre à 20 h, du gouvernement Lecornu I, le chef de l’État a annoncé, vendredi 10 octobre à 22 h, la reconduction à Matignon de celui qui avait pourtant démissionné lundi dernier. Sans oublier les tractations entre les formations politiques, les réunions à l’Élysée, celles de la rue de Varenne, les sorties médiatiques, les silences, la menace de la dissolution… Une séquence que résume Mathilde Ollivier, sénatrice, Les Écologistes, des Français de l’étranger, dans un post publié sur le réseau social Bluesky. Elle conclut d’ailleurs celui-ci « une semaine à tourner en rond, sans aucune avancée sur le fond ».

    « Leur folie finira par être emportée par les urnes »

    Mélanie Vogel, sénatrice les écologistres, au sujet de la reconduction de Sébastien Lecornu comme Premier Ministre

    Autre réaction publiée très rapidement après la reconduction de Sébastien Lecornu comme Premer Ministre celle de Mélanie Vogel. Pour la sénatrice, Les écologistes, des Français établis hors de France « il est impossible de commenter l’abyssale aberration qui consiste à voir Sébastien Lecornu, qui avait acté lundi qu’il n’avait aucune majorité, succéder à Sébastien Lecornu, qui considérait mercredi que sa mission était terminée ». Ajoutant, entre autres, « leur folie finira par être emportée par les urnes. »

    Hélène Conway Mourey - Mélanie Vogel - Mathilde Ollivier
    Hélène Conway Mourey – Mélanie Vogel – Mathilde Ollivier ©LFP

    Pour l’ancienne ministre déléguée aux Français de l’étranger, Hélène Conway Mourey « nous assistons à une mauvaise représentation d’une comédie de boulevard, mise en scène par le président pour qui les acteurs ne comptent pas » L’actuelle sénatrice du Parti Socialiste prévient d’ores et déjà des conséquences possibles dans l’opinion : « Attention à la réaction du public » !

    Retour de Sébastien Lecornu à Matignon : et maintenant au travail ?

    Autre réaction publiée sur le réseau Bluesky, celui du ministre démissionnaire de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et énergétique, Roland Lescure. Il « salue la reconduction par le président de la République de Sébastien Lecornu comme Premier ministre ». Le député, Renaissance, des Français d’Amérique du Nord, souhaite au locataire de Matignon de « parvenir, avec l’ensemble des forces politiques républicaines, à faire adopter un budget à la hauteur des défis de notre pays. » L’ancien Vice-Président de l’Assemblée nationale sera-t-il d’ailleurs reconduit à Bercy dans le prochain gouvernement pour mener ce travail ?

    Roland Lescure et Pieyre Alexandre Anglade
    Roland Lescure et Pieyre Alexandre Anglade ©LFP

    Proche du président de la République, Marc Ferracci, ancien ministre délégué à l’industrie et député des Français de Suisse et du Liechtenstein « salue la reconduction de Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre ». Il appelle, dans un post publié sur le réseau X, à « l’apaisement » et à « la stabilité », tout en insistant sur l’« ardente nécessité » de « trouver le chemin du compromis ». Le témoin de mariage du chef de l’État sera-t-il à nouveau appelé pour occuper une place dans la prochaine équipe ministérielle ?

    Élu des Français du Benelux, le député Pieyre-Alexandre Anglade « forme le vœu pour la France que Sébastien Lecornu réussisse dans sa nouvelle mission ». Et il en appelle également à la « responsabilité » de « chaque parlementaire (…) pour sortir de la crise politique qui abîme la France ».

    C’est donc dorénavant vers Matignon que se tournent les regards. Le Premier ministre Sébastien Lecornu ayant « accepté par devoir la mission » confiée par le président de la République « de toute faire pour donner un budget à la France ». Une position que la députée des Français d’Amérique latine et des Caraïbes, Éléonore Caroit a saluée sur le plateau de LCI, samedi matin. 

    « C’est courageux aujourd’hui de la part de Sébastien Lecornu dans ce contexte, après cette semaine folle que nous venons de vivre, de dire ‘j’y vais parce que j’ai à cœur l’intérêt du pays' »

    La députée des Français d’Amérique latine et des Caraïbes, Éléonore Caroit

    Les expatriés sont directement concernés par le projet de loi de finances, attendu lundi. Faut‑il redouter une nouvelle fiscalité ? Quelle dotation pour notre réseau consulaire ? Les crédits des écoles françaises à l’étranger et des bourses scolaires, seront‑ils maintenus ou réduits ? Qu’en sera-t-il pour la protection sociale des Français de l’étranger et bien d’autres sujets encore ayant des conséquences directes sur la vie quotidienne de nos compatriotes hors de France. Le débat va s’ouvrir sur les dépenses et les recettes de l’État, mais comment pourra-t-il aller jusqu’à son terme ? Première réponse avec le discours de politique générale de Sébastien Lecornu qui serait programmé pour mardi.

  • Assises de la protection sociale : les conclusions reportées ?

    Assises de la protection sociale : les conclusions reportées ?

    C’est en mars 2025 que les Assises de la protection sociale ont été lancées. L’objectif était notamment de remettre des propositions concrètes au gouvernement dans trois domaines : aides sociales, bourses scolaires et sur le fonctionnement de la caisse des Français de l’étranger. Alors que les conclusions devaient être remises en ce mois d’octobre, seront-elles reportées ? Où en sommes-nous ? La situation politique française modifie-t-elle le calendrier ? Toutefois, la conférence de consensus, qui était programmée, s’est bien tenue le 10 octobre 2025. Quels en sont les résultats ?

    Les Assises de la protection sociale basées sur la participation citoyenne

    Cette réflexion sur l’avenir de la protection sociale des Français de l’étranger constitue une première, tant par les thèmes abordés, à savoir les aides sociales directes et indirectes, les bourses scolaires et accompagnement des élèves en situation de handicap (AESH), ainsi que sur l’avenir de la Caisse des Français de l’étranger (CFE), que par la méthode retenue. Celle‑ci a associé l’ensemble des élus des Français de l’étranger, un collège d’experts et la Commission nationale du débat public (CNDP), avec l’objectif de faire participer, tout au long de six mois de travaux, tous les expatriés qui le souhaitaient.

    « Dans le contexte institutionnel que nous connaissons, les Assises se poursuivent. En fonction de l’actualité (…) nous reviendrons vers vous pour vous informer d’éventuels changements d’agenda »

    Les organisateurs des Assises de la protection sociale

    Plus de 250 propositions, venues des quatre coins du monde, ont été transmises et toutes ont été analysées. Soixante-dix ont été retenues dans un premier temps. Puis celles-ci ont été partagées avec 250 citoyens, ils en ont alors retenu 36, soit 12 pour chacun des trois thèmes. Jeudi dernier, le 9 octobre 2025, les élus de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) et le collège des experts, avec l’appui de la Commission nationale du débat public, se sont réunis à Paris pour préparer sur cette base, la conférence de consensus et pour les soumettre à au débat Malgré un contexte politique incertain, celle‑ci a été maintenue.

    Quelles propositions retenues par les Assises de la protection sociale ?

    Cette conférence de consensus, présidée par Florian Bohême, élu des Français Cambodge et président de la commission des Affaires sociales de l’AFE,  a réuni un panel de citoyen qui a pu échanger, délibérer et prioriser les propositions parmi les 36 sélectionnées. Des élus des Français de l’étranger ont également pu participer à cette réunion en tant qu’observateurs. Certains ont pu s’exprimer. Ainsi, la présidente de l’AFE, Hélène Degryse, a rappelé que ces Assises de la protection sociale étaient « une consultation inédite (…) qui a donné la parole aux Français de l’étranger ». La parole a également été donnée à deux parlementaires. A Anne Genetet (Renaissance) tout d’abord, députée de la 11e circonscription des Français de l’étranger, qui a souligné que « derrière ces sujets des Assises, il y a des cas concrets », et que « cette conférence ne doit pas être un point final ». Puis à Mélanie Vogel (Les écologistes), sénatrice des Français établis hors de France, pour qui également il faudrait « que ce travail aboutisse au Parlement », et qu’il ne serait pas possible de « laisser ce travail de démocratie vain ».  Cette rencontre était aussi diffusée en direct sur la chaîne YouTube de l’AFE.

    Elus experts associations, impliqués dans les Assises de la protection sociale
    Elus experts associations, impliqués dans les Assises de la protection sociale

    À l’issue de l’ensemble des débats, les principales recommandations retenues des Assises de la protection sociale sont donc les suivantes. D’un point de vue méthodologique, nous vous partageons les trois propositions qui ont obtenu le plus de voix des panélistes dans chacun des trois thèmes des Assises. Ces recommandations seront appelées à être enrichies par le collège d’experts et les élus.

    Pour la partie concernant les aides sociales, le tiercé de tête des recommandations est le suivant : tout d’abord la « simplification et uniformisation des critères d’accès aux aides sociales », puis « la réduction/suppression du délai de carence pour accéder à la Sécurité sociale (actuellement 3 à 6 mois) » et, en troisième position définir un « quotient familial unifié (sur le modèle de CAF en France) pour garantir l’équité entre foyers ».

    Autre sujet des Assises, celui des bourses scolaires et accompagnement des élèves en situation de handicap, les trois recommandations prioritaires ayant recueilli le plus de voix du panel citoyens sont les suivantes : « Identifier les causes des dysfonctionnements de SCOLAIDE » la plateforme numérique qui avait été mise en place pour le dépôt des bourses scolaires. Puis en deuxième, les panélistes ont demandé à ce que soit « Prioriser le versement des aides AESH aux familles boursières, tout en maintenant un accès possible aux familles non boursières en cas de difficulté », et enfin de « désigner une seule antenne MDPH spécifiquement formée et compétente pour les Français de l’étranger ».

    Conférence de consensus des Assises 10 octobre
    Conférence de consensus des Assises 10 octobre – © photo chaine Youtube AFE

    Troisième et dernier grand thème de ces Assises, celui de l’avenir de la Caisse des Français de l’étranger (CFE). Pour les panélistes, « Permettre aux travailleurs indépendants (non salariés) de cotiser à la retraite française par le biais de la CFE » arrive en tête des propositions retenues. « Intégrer au sein du conseil d’administration de la CFE des représentants des assurés à parité avec des représentants des élus de terrain » en deuxième position. Puis « Développer une offre Grand Age et Dépendance » clos ce podium des recommandations concernant la CFE.

    À qui seront remises les conclusions des Assises et quand ?

    Cette conférence de consensus devait constituer l’avant-dernière étape des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger, avant leur clôture initialement prévue lors de la 43ᵉ plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger, le 15 octobre 2025. 

    Si, d’ici cette date, aucun nouveau gouvernement n’est nommé, seule la restitution de la conférence de consensus aura lieu durant la session de l’AFE. La remise officielle des conclusions sera alors reportée, dans l’attente de la nomination d’un nouveau/nouvelle ministre chargé(e) des Français de l’étranger.

    Elles devraient également être remises à l’Assemblée nationale, au Sénat, ainsi qu’au Conseil économique, social et environnemental (CESE). Il serait en effet dommage que ce travail et les recommandations finissent dans un tiroir ou une armoire du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. A n’en pas douter, elles seront au cœur des prochaines élections consulaires, dont le scrutin à l’urne devrait se tenir le 30 ou 31 mai 2026, en fonction de votre pays de résidence.

    Découvrez l’intégralité des 36 propositions

    Vous trouverez ci-dessous l’intégralité des 36 propositions issues de la conférence de consensus des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger, à savoir 12 recommandations pour chacun des trois thèmes débattus.

    Thème 1 : Aides sociales : les 12 propositions sélectionnées par le panel citoyen, présentées par ordre de préférence.

    1. Simplification et uniformisation des critères d’accès aux aides (77 votes),
    2. Réduction/suppression du délai de carence pour accéder à la Sécurité sociale (actuellement 3 à 6 mois). → Considéré comme injuste comparé aux étrangers arrivant en France (69 votes),
    3. Quotient familial unifié (modèle CAF France) pour garantir équité entre foyers (61 votes),
    4. Création d’une MDPH dédiée aux Français de l’étranger (Maison Départementale des Personnes Handicapées) (61 votes),
    5. Améliorer la communication sur les droits et conditions d’accès (60 votes),
    6. Alléger les justificatifs administratifs demandés pour les démarches (59 votes),
    7. Indexation des aides sur l’inflation et réévaluation continue (56 votes),
    8. Principe d’aide différentielle : prise en compte des dispositifs locaux avant intervention française (éviter les doubles aides) (53 votes),
    9. Allocation « grand âge » pour personnes âgées à l’étranger (53 votes),
    10. Importance du rapatriement/évacuation médicale rapide (51 votes),
    11. Accès à une aide juridictionnelle pour les Français de l’étranger, notamment en cas d’incarcération (51 votes),
    12. Soutien renforcé au retour (réinsertion administrative, sociale et médicale) (45 votes).

    Thème 2 : Les bourses scolaires et accompagnement des élèves en situation de handicap : les 12 propositions sélectionnées par le panel citoyen, présentées par ordre de préférence.

    1. Identifier les causes des dysfonctionnements de SCOLAIDE et demander un nouveau schéma de fonctionnement plus fluide ; le rendre totalement efficient au plus tard fin 2025 pour la prochaine campagne de bourses,
    2. Former tous les utilisateurs de SCOLAIDE (parents, agents consulaires, chefs d’établissement, DAF, élus, membres CCB),
    3. Prioriser le versement des aides AESH aux familles boursières, tout en maintenant un accès possible aux familles non boursières en difficulté,
    4. Désigner une seule antenne MDPH spécifiquement formée et compétente pour les Français de l’étranger,
    5. Désigner un référent AESH dans chaque établissement,
    6. Supprimer la condition exigeant un taux de handicap, évalué par la MDPH, supérieur à 50% pour bénéficier de la prise en charge de l’AESH,
    7. Porter la validité de la décision de la MDPH à 3 voire 5 ans pour éviter la constitution d’un lourd dossier de renouvellement tous les 2 ans,
    8. Accompagner la valeur de l’IPPA d’une note expliquant son mode de calcul et les données prises en compte,
    9. Intégrer une formation obligatoire à la prise en charge d’élèves à besoins éducatifs particuliers (EBEP) dans le parcours de formation initiale et continue des enseignants et assistants d’éducation,
    10. Améliorer le statut juridique et social des AESH via un contrat de droit local déterminé et signé par les établissements,
    11. Réactualiser la valeur du patrimoine immobilier tous les 5 ans,
    12. Organiser un webinaire d’État en début de campagne afin d’homogénéiser les pratiques entre postes ; publier à cette occasion, un rapport public contenant les critères, montants distribués et répartition des aides à la scolarité,

    12 bis. Refondre les instructions priorisant clairement l’intérêt de l’enfant.

    Thème 3 : Avenir de la CFE, les 12 propositions sélectionnées par le panel citoyen, présentées par ordre de préférence.

    1. Permettre aux travailleurs indépendants (non-salariés) de cotiser à la retraite française par le biais de la CFE (73 votes),
    2. Intégrer au sein du conseil d’administration des représentants des assurés à parité avec des représentants des élus de terrain (68),
    3. Développer une offre « Grand Age et Dépendance » (63),
    4. Supprimer le principe de « zonage » et garantir une égalité de traitement à tous les adhérents quel que soit leur lieu de résidence, leur âge et leur état de santé (63),
    5. Maintenir les tutelles existantes, celles de la Direction de la Sécurité Sociale et de la Direction du Budget en ajoutant celle de la Direction des Français à l’étranger (MEAE) (62),
    6. Autoriser des contrôles réguliers du bien-fondé des prestations avec l’aide des services consulaires (y compris les consuls honoraires) et des techniques de « data mining» (croisement de fichiers : registres…),
    7. Afin de travailler en toute transparence avec ses adhérents, publier tous les ans les statistiques sociales et financières de la CFE (60),
    8. Au nom de la solidarité nationale et pour financer la mission de service public de la CFE, affecter une partie de la CSG payée par les FDE au budget de fonctionnement de la caisse (60),
    9. Réaliser un guide de la Protection Sociale des FDE et le rendre public par tous les moyens (y compris le site service-public.fr) (57),
    10. Mettre en place des antennes locales, relais de gestion de proximité de la relation client (57),
    11. Étudier un scenario sur le long terme de l’intégration de tous les FDE dans le régime général de la Sécurité Sociale en préservant leurs spécificités (53),
    12. Élargir les critères d’attribution de la « catégorie aidée » (51).

    Lesfrancais.press reviendra sur ces propositions au cours de la 43e session plénière de l’AFE qui se tiendra du 13 au 17 octobre 2025.

  • Sébastien Lecornu renommé par Emmanuel Macron comme Premier ministre

    Sébastien Lecornu renommé par Emmanuel Macron comme Premier ministre

    La semaine fut folle à Paris, tout le microcosme politique était sur les dents, les allers-retours entre Matignon et l’Élysée, les réunions dans les grands hôtels pour la gauche, les rendez-vous en visio ou dans les QG pour la droite… Un spectacle dont les Français se seraient bien passés et qui a fait rire toute la planète. Et ce vendredi 10 octobre, au soir, c’est le dernier acte qui s’est joué. Emmanuel Macron a finalement décidé de renommer comme Premier ministre, Sébastien Lecornu. On fait le point pour les Français de l’étranger

    Sébastien Lecornu, le « moine soldat »

    Emmanuel Macron a estimé qu’il y avait « un chemin possible » pour « tisser des compromis et éviter la dissolution », selon des propos de son entourage à l’Agence France-Presse. « C’est sur cette base que désormais il prendra ses responsabilités en nommant un premier ministre », a ajouté un proche du chef de l’État.Et c’est donc, bien à Sébastien Lecornu d’incarner cette voie, bien mince, pour gouverner la France de 2025. Et ce malgré, ses déclarations affirmant qu’il ne voulait pas « rempiler », en fidèle d’Emmanuel Macron, il a donc accepté de relever le défi.

    Son interview au journal de 20h, mercredi, a dû jouer dans la balance !  En effet, Sébastien Lecornu a gagné 7 points d’opinions positives chez les électeurs de gauche et des écologistes (à 22 %), 17 points chez ceux de Marine Le Pen et d’Eric Zemmour (à 26 %), et surtout, 15 points chez ceux d’Emmanuel Macron (à 50 %). « Il arrive aujourd’hui en quatrième position chez les électeurs macronistes, derrière les poids lourds Edouard Philippe, Gabriel Attal et Gérald Darmanin », indique Vincent Thibault, directeur général de l’institut de sondage ELABE.

    Des défis tous urgents et prioritaires

    Le nouveau « ancien » Premier ministre, Sébastien Lecornu, va devoir, en tout cas rapidement renouveler certains ministres. Mais ce qui est sûr, c’est que l’équipe ministérielle devra s’atteler rapidement à la tâche.
    Déjà, dès lundi, le gouvernement, composé ou non, devra présenter une première ébauche de budget à l’Assemblée nationale. Mais il y a déjà un problème. Car comme le rappelait Pierre Moscovici, le Premier président de la Cour des comptes, dans une interview au « Parisien » parue jeudi soir, le projet de loi de finances que le gouvernement doit déposer ce lundi ne pourra pas être différent de celui sur lequel le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) s’est penché cette semaine et s’apprête à rendre son avis. Une séquence, lourde et houleuse, et aux enjeux fondamentaux, occupera donc le gouvernement ces prochaines semaines.

    Mais quand on traite le budget, on balaie toute la politique de la Nation. C’est donc un exercice avec de nombreuses chausse-trappes qui attend Sébastien Lecornu.  

    Avec son gouvernement, il devra réduire les dépenses, augmenter les recettes et tenter de satisfaire les desiderata des uns ou des autres pour échapper à une censure.

    Au menu, les retraites, toujours pas financées… Alors que les actifs sont prélevés à hauteur de près d’un quart de la rémunération affectée par les entreprises, la moitié des pensions sont financées par l’emprunt. Une charge qui ne fera que s’alourdir au cours des 30 prochaines années. Mais comment alors répondre aux exigences de la gauche qui veut un retour aux 60 ans… ?

    À droite, c’est le volet immigration qui cristallise toutes les inquiétudes. Pourtant, M. Retailleau, qui a passé plusieurs mois au gouvernement, n’a, par exemple, pas trouvé la solution miracle pour mettre fin à l’accord signé entre la France et l’Algérie le 27 décembre 1968. Ce dernier réglemente le séjour des ressortissants algériens en France et l’Algérie ne compte pas y renoncer.

    Sans oublier, le volet international, car la Russie et l’Ukraine se battent toujours, la Chine regarde encore avec envie Taiwan, etc. La situation mondiale, marquée par le désengagement américain, exige un financement massif de notre armée.

    Sébastien Lecornu a donc devant lui, de nouveau, une équation difficile à résoudre. Bénéficiera-t-il de la bienveillance de ses opposants pour le bien de la France ?

    LFI et le RN : main dans la main ?

    Évidemment, il ne faudra pas compter sur une union nationale. Non conviés ce vendredi après-midi à l’Élysée, le Rassemblement national (RN), qui ne jurait que par la dissolution, comme La France insoumise (LFI), qui exigeait la démission du chef de l’État, sont les deux grands perdants de la séquence. À moins que les prochaines semaines tournent à la catastrophe, alors ils pourront se prévaloir de leur analyse.

    Cependant, ce vendredi, c’était la rancœur qui dominait les deux partis des extrêmes. Tenue à l’écart de la réunion actuelle à l’Élysée, Marine Le Pen dénonce un « spectacle déplorable » depuis Le Mans où elle est en déplacement.

    « Je m’interroge sur la fonction présidentielle. Est-ce qu’il est vraiment du rôle du président de la République d’organiser ainsi une réunion de marchands de tapis (…) dans l’unique objectif d’essayer d’éviter des élections qui sont pourtant la voie prévue par la Constitution lorsqu’il existe un blocage ? »

    Marine Le Pen au Mans ce 10 octobre 2025

    Mais le Rassemblement national et La France insoumise n’ont donc pas été conviés. L’information partagée par l’entourage d’Emmanuel Macron c’est tout simplement qu’ils « ont tous les deux indiqué rechercher la dissolution ». Peu après cette explication, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a dit sur X que cela était « faux ». Rappelant leur message exigeant le départ du président de la République.

    « Nous, on veut faire partir [Emmanuel] Macron. Pas le sauver comme le RN qui a refusé deux fois de voter pour la motion de destitution du président ».

    Que va faire le RN ? Ou LFI ? S’unir pour faire tomber le nouveau gouvernement afin de provoquer, pour l’un, une nouvelle dissolution, alors que l’autre veut « guillotiner » l’actuel chef de l’Etat. La réponse dans les prochaines semaines.

    Quid des Français de l’étranger ?

    En cette période de disette budgétaire, les projets liés aux Français de l’étranger risquent de passer, sans remord, à la trappe. Pourtant, ils sont les meilleurs alliés du bloc central, comme l’ont démontré les résultats lors des 5 dernières élections nationales.

    Car du côté des Français de l’étranger, les sujets ne manquent pas : entre l’avenir des écoles françaises dans le monde au sein du réseau de l’AEFE en jeu, et le futur de la Caisse des Français de l’étranger aujourd’hui menacée, les expatriés attendent une réelle prise en compte de leur quotidien. D’autant plus que les Assises de la protection sociale sont sur le point de publier leurs conclusions.

    D’autres sujets restent ouverts. Les conventions fiscales en cours, notamment celle avec la Belgique qui n’est toujours pas ratifiée, ou bien encore les problématiques liées à la retraite rencontrées par nos compatriotes hors de France, notamment en Thaïlande, figurent dans les urgences du prochain gouvernement. Sans oublier la question de la sécurité de nos ressortissants dans plusieurs pays, et le développement économique de nos entreprises françaises en dehors du territoire national.

  • Début du déploiement du nouveau système d’entrée/sortie de l’UE

    Début du déploiement du nouveau système d’entrée/sortie de l’UE

    Ce 12 octobre, le système d’entrée/sortie (EES) de l’UE attaquera la première phase de son déploiement. Celle-ci durera six mois. On fait le point pour les Français de l’étranger sur les nombreux mythes et idées fausses sur les implications réelles pour les voyageurs qui circulent actuellement sur les réseaux sociaux.

    Vérifier la règle des 90 jours

    Le nouveau système électronique supprimera l’obligation de tamponner manuellement les passeports à la frontière extérieure de l’UE et créera à la place des enregistrements numériques qui lient un document de voyage à l’identité d’une personne grâce à la biométrie.

    L’UE souhaite, ainsi, moderniser la gestion de ses frontières extérieures, prévenir l’immigration illégale, lutter contre la fraude à l’identité et identifier les personnes en dépassement de séjour.

    Le système permettra de surveiller si les voyageurs se rendant dans le bloc sans visa respectent la règle de séjour de 90 jours maximum sur toute période de 180 jours.

    Un dispositif qui s’applique aux conjoints et enfants sans papier français

    Toute personne, n’ayant pas une des nationalités de l’espace Schengen, arrivant pour la première fois dans la zone de libre de circulation intra-européenne, devra scanner son passeport, enregistrer ses empreintes digitales et fournir un scan facial.

    Carte Espace Schengen
    Carte Espace Schengen © Toute l’Europe

    Au départ, les détails des voyageurs seront vérifiés dans la base de données EES afin de confirmer le respect des règles de durée de séjour et d’enregistrer la sortie. Cela s’appliquera donc aux conjoints, descendants, des Français de l’étranger, qui n’auront pas de papiers d’identité français ou européens. Pour les voyages ultérieurs, seule une vérification biométrique faciale sera requise.

    Les enfants de moins de 12 ans devront être enregistrés dans l’EES mais seule une photographie sera prise. Les voyageurs n’auront pas à payer pour l’EES.

    Pas besoin d’assurance maladie

    Parmi, les mythes qui circulent sur les réseaux sociaux, un revient régulièrement : les voyageurs non européens devront justifier de leur assurance-maladie.

    L’idée que l’assurance voyage puisse devenir obligatoire avec l’introduction de l’EES a également suscité des inquiétudes, notamment chez les voyageurs âgés et ceux souffrant de maladies préexistantes, car les polices d’assurance pour ces groupes peuvent être extrêmement coûteuses.

    La Commission européenne a depuis confirmé qu’aucune preuve d’assurance voyage ne serait exigée. L’EES ne modifie pas les conditions d’entrée des voyageurs dans l’UE et l’espace Schengen au sens large, mais ils devront toujours se conformer aux règles et en particulier les Britanniques, encore peu habitués aux conséquences post-Brexit.

    Globalement, pour obtenir son EES, Il faudra justifier de l’objet du voyage, de prouver que les voyageurs disposent de fonds suffisants pour la durée du séjour sans oublier une preuve d’hébergement réservé ou chez des proches. Les voyageurs non européens (Britanniques inclus) pourraient être tenus de présenter un billet aller-retour pour leur pays d’origine ou un billet de continuation vers un pays où ils sont assurés d’être autorisés à entrer.

    Aéroports, ports et frontières terrestres

    Les contrôles auront lieu à l’arrivée dans les aéroports internationaux, ports, gares ferroviaires et points de passage routiers de l’espace Schengen.

    Cependant, au port de Douvres, au terminal Eurotunnel de Folkestone et au terminal Eurostar de Londres St Pancras, l’enregistrement EES sera requis au départ du Royaume-Uni, sous la supervision des autorités frontalières françaises. Les voyageurs arrivant à destination n’auront pas à refaire ce contrôle avant leur départ.

    Un passage des frontières allongé ?

    Comme l’EES est introduit progressivement, l’UE se dit confiante qu’il n’y aura pas de perturbations majeures.  Les agents frontaliers pourront suspendre temporairement les contrôles si les temps de traitement deviennent excessivement longs.

    Contrôle de police allemand près de la frontière avec la Pologne, le 20 septembre
    Contrôle de police allemand près de la frontière avec la Pologne, le 20 septembre. Berlin a fait état d’une hausse des arrivées de personnes en situation irrégulière par la frontière polonaise. ©Lisi Niesner/Reuters

    Au port de Douvres et au terminal Eurotunnel de Folkestone, seuls les poids lourds et les autocars seront soumis aux contrôles EES à partir du 12 octobre. Les contrôles pour les véhicules de tourisme suivront en novembre à Douvres et d’ici la fin de l’année à Eurotunnel. Eurostar a indiqué qu’il introduira progressivement les nouvelles procédures frontalières. Le gouvernement britannique, cependant, conseille aux voyageurs de prévoir davantage de temps pour leurs trajets le temps que les nouveaux systèmes de l’UE soient pleinement opérationnels, tandis que la Road Haulage Association britannique prévient que les temps d’attente pourraient s’allonger lors des périodes de forte affluence.

    Le véritable test aura lieu lors des départs en vacances à Pâques 2026 et l’été suivant, lorsque de nombreuses familles voyageront pour la première fois après l’introduction de l’EES.

  • Robert Badinter a fait son entrée au Panthéon

    Robert Badinter a fait son entrée au Panthéon

    Aujourd’hui, ce jeudi 9 octobre, la France célèbre le 44ème anniversaire de l’abolition de la peine de mort. Emmanuel Macron a voulu marquer l’attachement de la Nation à cette disposition avec l’entrée au Panthéon de Robert Badinter, le père de cette abolition. Une cérémonie tout en « sobriété » dont sa veuve, Élisabeth a participé à la conception.

    Quarante-quatre ans, jour pour jour, après cette date historique, l’ancien ministre de la Justice de François Mitterrand fait son entrée au Panthéon. La Nation rendra solennellement hommage à celui qui est devenu le symbole de ce combat. On fait le point pour les Français de l’étranger qui pour certains vivent dans des pays appliquant la peine de mort

    Une jeunesse sous le régime Nazi

    Né dans une famille juive originaire de Bessarabie, un territoire aujourd’hui situé en Moldavie, Robert Badinter a grandi à Paris. Mais en ce début d’année 1943, il est réfugié à Lyon avec ses parents et son frère pour tenter d’échapper aux arrestations. Alors que les troupes allemandes occupent la zone libre en novembre 1942, la menace se rapproche. À Lyon, le SS Klaus Barbie prend la tête de la Gestapo et lance la chasse aux juifs.

    Alors âgé de 14 ans, Robert Badinter ne reverra plus jamais ce père tant aimé. Transféré au camp d’internement de Drancy, ce dernier est déporté par le convoi 53 vers le centre d’extermination de Sobibor en Pologne où il est assassiné. Traquée, la famille Badinter trouve refuge dans le village de Cognin, près de Chambéry, en Savoie. Jusqu’à la fin de la guerre, le jeune garçon y suit une scolarité normale sous le faux nom de Berthet.

     « Il a toujours refusé toutes les décorations, mais il avait été très fier d’être fait citoyen d’honneur de Cognin« , raconte Dominique Missika. « En 1994, il y était retourné au moment du procès de Paul Touvier (NDLR : un chef de la milice qui a sévi en Savoie). Il voulait dire aux enfants de ce village que leurs grands-parents avaient été des gens bien et qu’ils ne devaient pas être confondus avec ce milicien« .

    Revenu à Paris, Robert guette le retour de son père à l’hôtel Lutetia. L’attente est vaine. Son oncle maternel Naftoul et sa grand-mère paternelle, Shindléa, tous deux déportés vers Auschwitz, font aussi partie des absents. Sa mère se bat également devant la justice pour récupérer leur appartement « occupé » par un autre. En avril 1945, lors du procès, son avocat précise que « le propriétaire Simon Badinter est encore dans un camp de concentration ». Présent à l’audience, Robert Badinter entend cette réponse cinglante du juge : « Cette précision n’intéresse pas le tribunal ».

    Le sort des juifs n’intéresse pas la France tout juste libérée. Robert Badinter reprend les études le cœur serré. Il s’oriente rapidement vers le droit et devient avocat, d’affaires puis pénaliste

    Le procès Barbie

    L’histoire de l’arrestation de son père le rattrapa lorsqu’il était ministre. Après bien des péripéties, Klaus Barbie, qui s’était caché en Amérique du Sud sous le faux nom de Klaus Altmann, est arrêté en 1983 en Bolivie et expulsé vers la France. « C’est lui qui a demandé que Klaus Barbie soit incarcéré au fort Montluc, là même où il avait fait torturer tant de gens« , explique Alain Jakubowicz. « Il est ministre de la Justice au moment où on s’apprête à juger la personne qui est responsable de la mort de son père. C’est quand même incroyable« , ajoute Dominique Missika. Au cours du procès du « boucher de Lyon » en 1987, Robert Badinter se tient toutefois à distance pour ne pas être accusé de partialité et ne se constitue pas partie civile.

    Klaus Barbie lors de son procès
    Lyon, France — 11 Mai 1987, Klaus Barbie lors de son procès. ©Getty – Francis Apesteguy

    Un combat : l’abolition de la peine de mort

    Mais de cette jeunesse, il en tira sa vérité « la mort ne peut être un outil de justice ». Admirateur sans borne de Victor Hugo, l’auteur du « Dernier jour d’un condamné« , Robert Badinter a toujours été viscéralement opposé à la peine capitale. Mais cet engagement prend un tournant radical au petit matin du 28 novembre 1972. Alors avocat de Roger Bontems, un détenu condamné à mort après avoir participé à la prise d’otage meurtrière d’un surveillant et d’une infirmière à la centrale de Clairvaux, dans l’Aube, il est présent lors de son exécution. Comme lui avait dit son mentor Henry Torrès, un avocat ne peut prétendre l’être qu’après avoir affronté « pour de vrai » la peine de mort. Robert Badinter assiste son client jusque dans les derniers instants.   

    « Bontems était mort. J’avais vu Bontems aller à sa mort. J’avais vu mourir un homme que j’avais défendu. Plus jamais je ne pourrais faire quoi que ce soit pour le défendre encore. On ne plaide pas pour un mort. L’avocat d’un mort, c’est un homme qui se souvient, voilà tout »

    Robert Badinter dans son livre « L’exécution » publié un an plus tard.

    Du militant au ministre

    D’opposant à la peine de mort, l’avocat devient alors militant. « Cette exécution fait basculer complètement les choses« , souligne ainsi l’historienne Marie Bardiaux-Vaïente, scénariste de la bande dessinée « L’Abolition – Le combat de Robert Badinter » (éditions Glénat).

    « Un homme est là et deux secondes après, il n’est plus là. C’est ton client. Il n’a pas écopé d’une amende ou d’années de prison avec l’espoir qu’on peut avoir des remises de peine. Non, il est n’est tout simplement plus là »

    Extrait de la BD « L’Abolition – Le combat de Robert Badinter »

    Au plus profond de lui-même, Robert Badinter se sent investi d’une mission. Pendant dix ans, il se consacre à cette cause. En 1976, il accepte de défendre Patrick Henry, accusé d’avoir enlevé puis tué le petit Philippe Bertrand, âgé de huit ans.

    Et c’est en 1981, embarqué dans l’enthousiasme général qui a imprégné l’accession au pouvoir de François Mitterrand, que Robert Badinter bascule en politique. Le nouveau Président de la République le nomme Garde des Sceaux.  Le ministre, fraichement nommé, a mené les débats à l’Assemblée nationale avec style et conviction.

     « Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n’y aura plus pour notre honte commune, d’exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées » 

    Robert Badinter à l’Assemblée nationale le 17 septembre 1981.

    Le 17 septembre 1981, Robert Badinter prononçait ces mots à la tribune de l’Assemblée nationale pour demander l’abolition de la peine de mort en France. Quelques semaines plus tard, le 9 octobre, après un vote favorable des députés et des sénateurs, la loi était promulguée.

    Robert Badinter à l'Assemblée nationale le 17 septembre 2025
    Robert Badinter à l’Assemblée nationale le 17 septembre 2025. ©AFP

    Une cérémonie solennelle

    Ainsi pour rendre hommage à cet homme et à son parcours de vie, la Nation l’accueille pour l’éternité au Panthéon.

    La cérémonie en elle-même a été inaugurée à 19 heure ce jeudi soir. Le chef de l’état s’est exprimé une quinzaine de minutes, avant d’accueillir le cercueil de l’avocat, qui après avoir remonté la rue Soufflot est arrivé sous la nef du Panthéon.

    Plusieurs stars ont participé à la cérémonie. Julien Clerc y a interprété une version actualisée de « L’Assassin Assassiné », chanson que le chanteur a enregistrée à l’origine en 1980 et dont les paroles ont été écrites par Jean-Loup Dabadie. La peine de mort n’a alors pas été encore abolie, mais Julien Clerc prenait alors clairement position contre (« Messieurs, les assassins commencent/Oui, mais la société recommence/Le sang d’un condamné à mort/C’est du sang d’homme »). Une chanson clairement inspirée par Robert Badinter. Ensuite, le sociétaire de la Comédie Française Guillaume Galienne a lu des textes de Victor Hugo, sélectionnés par Elizabeth Badinter, son épouse.

    Le Premier ministre démissionnaire Sébastien Lecornu, ainsi que le président du Sénat, Gérard Larcher, et la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, étaient également été invités, ainsi que les anciens présidents de la République.

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    Top 10 des sites de casino en ligne français

    Le marché des casinos en ligne attire de plus en plus joueurs en France. Toutefois, face à la multitude d’offres, il est parfois difficile de choisir un site fiable et adapté à ses attentes. Cet article sert de guide clair et à jour pour les lecteurs et les lectrices, avec comme promesse un classement transparent et des conseils simples pour choisir une plateforme en toute confiance.

    Attention, jouer doit rester un plaisir. Ainsi, vérifiez toujours la légalité des sites avant de vous inscrire, fixez-vous des limites et jouez avec mesure.

    Méthode, classement détaillé, critères clés, paiements, sécurité et conseils seront abordés dans ce guide.

    Top 10 des sites de casino en ligne français
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    Classement 2025 : Top 10 des sites


    Rang Casinos Rang Délai moyen de retrait Points forts
    1 Casino-comparatif.org Non applicable Non applicable Clarté, transparence, filtres
    2 Millionz Jusqu’à 500 € 1 à 2 jours Rapidité, compatibilité mobile, promos
    3 Pampago 200 % jusqu’à 200 € 2 à 3 jours Bonus attractif, support en français
    4 Casinozer 100 % jusqu’à 500 € 1 à 2 jours Ergonomie, jeux en direct
    5 Vegaz Casino 150 % + free spins 1 à 3 jours Variété des jeux avec des titres connus
    6 MyStake 100 % jusqu’à 1 000 € 2 jours Bonne réputation, bonus hebdomadaires
    7 Prince Ali Casino 100 % jusqu’à 500 € 2 à 3 jours Navigation claire, ambiance immersive
    8 MyEmpire Casino 200 % jusqu’à 200 € 200 % jusqu’à 200 € Navigation simple
    9 Banzai Casino 100 % + 100 tours gratuits 2 jours Mobile friendly, support FR
    10 Magical Spin Casino Jusqu’à 3 000 € 2 à 4 jours Thème original, large catalogue de jeux

    1) Casino-comparatif.org

    En premier de cette liste, Casino-comparatif.org n’est pas un casino, mais un comparateur francophone. Il regroupe des tests, des classements, des filtres et des guides pratiques. Il est numéro 1 dans cette liste, car il centralise toutes les offres et aide chaque joueur à trouver le site adapté à son profil. Les fiches sont claires et transparentes et des filtres permettent de trier par bonus, délais de retrait ou type de jeu.

    À retenir : Casino Comparatif est un intermédiaire.
    Il ne permet donc pas de jouer.

    2) Millionz

    Ce casino est apprécié pour son bonus d’accueil généreux et sa grande variété de jeux. En effet, il propose aussi bien des machines à sous que des jeux en direct et éventuellement des mini-jeux. Ses points forts ? La rapidité des retraits (souvent 24 à 48 h), une application mobile performante et des promotions régulières.

    Attention toutefois, les conditions de mise peuvent être strictes et les retraits sont limités. Lisez donc les règles avant de réclamer un bonus.

    3) Pampago

    Avec son offre adaptée aux joueurs français et son bonus de 200 % jusqu’à 200 €, l’un des plus attractifs du marché, Pampago mérite amplement sa place dans le top 3 de ce classement. Côté paiements, ce casino propose les cartes, les portefeuilles électroniques et les virements. Le délai moyen de retrait est de deux à trois jours.

    Le support est disponible en français 24/7 et est réputé réactif, des points importants pour les joueurs débutants.

    4) Casinozer

    Grâce à une interface intuitive et ergonomique, Casinozer promet une expérience de jeu fluide et moderne. Son catalogue est large pour satisfaire tous les goûts. Des machines à sous aux paris sportifs en passant par les jeux en direct, tout y est. Des promotions fréquentes ajoutent de l’attrait au casino. Par ailleurs, les dépôts commencent à un seuil bas et les retraits sont généralement traités en un à deux jours.

    Casinozer est parfait pour les joueurs réguliers et amateurs de live.

    5) Vegaz Casino

    Vegaz Casino se distingue par son bonus de bienvenue à 150 % et un programme de fidélité continu. Le casino propose des jeux variés, allant des machines à sous aux jeux des tables classiques et des jeux en direct.

    Concernant les paiements, Vegaz accepte plusieurs méthodes, mais peut appliquer des limites ou des frais. Ainsi, lisez les règles des bonus avant d’accepter une offre.

    6) MyStake

    Lancé en 2020, MyStake est l’un des casinos en ligne les plus populaires du moment. Sa notoriété repose sur un bonus d’accueil élevé (jusqu’à 1000 €) et des offres hebdomadaires régulières. Les retraits prennent en moyenne deux jours, mais pour éviter les retards, préparez les documents d’identité demandés.

    En cas de problème, le support est joignable par chat et email 24/7, avec une bonne réactivité.

    7) Prince Ali Casino

    Les joueurs sur Prince Ali Casino mettent en avant l’univers graphique et l’ambiance immersive du casino. Ils apprécient la navigation fluide, les promotions fréquentes et l’interface en français. En outre, le site propose des moyens de paiement variés, avec un délai moyen de retrait de deux à trois jours.

    À surveiller : certains plafonds et conditions de mise peuvent limiter les retraits importants.

    8) MyEmpire Casino

    L’interface intuitive et la simplicité du parcours sur MyEmpire Casino font de ce casino une plateforme adaptée aux joueurs débutants. Pour les nouveaux inscrits, il propose un bonus d’accueil de 200 % jusqu’à 200 €. L’offre de jeux inclut des machines à sous modernes et des tables en direct.

    Le site convient particulièrement aux joueurs cherchant une prise en main rapide.

    9) Banzai Casino

    Banzai Casino adopte un style différent des autres plateformes en ligne, avec une ambiance qui transporte directement en Asie. Les paiements se font par virement bancaire, cartes ou en cryptomonnaies, avec un dépôt minimum de 10 € et des délais de retrait de deux jours environ.

    Le site est fluide et parfaitement utilisable sur smartphone pour une expérience optimale. Le support client, lui, est disponible en français, ce qui facilite la communication.

    10) Magical Spin Casino

    Dernier casino de ce top 10, mais pas des moindres, Magical Spin Casino. Le site se démarque par son thème original et son bonus de bienvenue allant jusqu’à 3 000 €. Les joueurs peuvent y trouver des machines à sous, des jeux de table et des live casino.

    Son principal point faible ? Les retraits sont un peu plus longs que la moyenne (deux à quatre jours).

    À surveiller : les conditions de mise et les plafonds de retrait.

    Critères clés pour choisir son site

    La sécurité est le premier critère à considérer. Privilégiez les sites réputés, aux règles claires et avec une bonne protection des données. Ensuite, regardez les offres. Pour cela, vérifiez la valeur réelle des bonus et lisez les exigences de mise. Puis, analysez les paiements en vous assurant que les dépôts et les retraits soient rapides, sans frais cachés.

    Par ailleurs, vérifiez la variété des jeux et la présence de tables en direct ainsi que des titres populaires pour optimiser votre expérience.

    Le service client est un autre point à considérer. Testez la réactivité et la disponibilité du support en français.

    Pour finir, choisissez un site bien adapté au smartphone pour pouvoir jouer n’importe où.

    Bonus et conditions à comprendre

    Les bonus peuvent prendre plusieurs formes : bienvenue, tours gratuits, cashback, etc. Avant de choisir, comprenez les exigences de mise. Par exemple, un bonus de 100 € avec x 20 signifie qu’il faut miser 2 000 € (100 x 20) avant de pouvoir retirer ses gains.

    Autres points à vérifier, les plafonds de retrait et la contribution des jeux (certains jeux ne comptent que partiellement).

    Pour éviter les pièges fréquents et les mauvaises surprises, lisez toujours les termes et conditions.

    Paiements et retraits : bonnes pratiques

    Les cartes bancaires, les portefeuilles électroniques et les virements sont les méthodes les plus courantes. Le dépôt minimum varie selon la méthode et le casino. Les retraits, eux, ont des délais moyens de un à trois jours, en fonction du site et de la méthode de paiement.

    Les étapes pour déposer ou retirer de l’argent sont relativement simples. Vous devez généralement présenter des documents d’identité.

    Conseils : préparez les documents plus tôt et gardez une preuve des opérations.

    Sécurité, équité et jeu responsable en France

    En France, le marché des jeux en ligne est encadré par l’ANJ, ce qui garantit l’équité des jeux et la sécurité des transactions. Outre la régulation, les bons sites proposent aussi des outils de protection tels que les limites de dépôt, la possibilité de faire une pause et l’auto-exclusion.

    Pour éviter les désillusions, soyez attentif aux signaux d’alerte : retards répétés de paiement, règles floues et incitations à rejouer.

    En cas de difficulté, contactez les ressources d’accompagnement pour les joueuses et joueurs. Par exemple, Joueurs Info Service au 09 74 75 13 13 ou addictaide.fr.

    Conclusion

    Les meilleurs casinos en ligne français priorisent la sécurité, la rapidité des paiements, la transparence des bonus et la fiabilité du service client. Choisissez votre site selon votre profil (variété de jeux, budget, vitesse de retrait). Mais le plus important, jouez avec mesure et demandez de l’aide si nécessaire.

    Ce top classe les sites en 2025. N’hésitez pas à partager vos retours et vos expériences pour enrichir ce classement.