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  • Au Sénégal, un monument aux morts pour la France transformé en cathédrale

    Au Sénégal, un monument aux morts pour la France transformé en cathédrale

    A Dakar, capitale du Sénégal et avant de l’Afrique Occidentale Française (AOF), le monument aux morts pour la France de 14-18 offre la particularité d’être en même temps un édifice religieux, baptisé « cathédrale du Souvenir africain ».  Une déclinaison que l’indépendance à imposer ou un financement dissimulé d’un édifice religieux.

    Une cathédrale travestie

    Dès le lancement du projet de construction durant la Première Guerre mondiale par l’Église d’une cathédrale à Dakar, le gouverneur William Ponty avoue son impossibilité de lui attribuer une subvention (laïcité oblige). Il suggéra, donc, à l’évêque, Mgr Jalabert, « de faire de sa future cathédrale un monument patriotique où serait conservée la mémoire des Coloniaux morts pour la conquête et le développement de nos possessions africaines ». Sous cette appellation, l’édification du monument peut être financée par l’administration coloniale.

    Pour faire bonne mesure, comme sur un monument aux morts, la liste des « héros de l’épopée africaine, explorateurs, soldats, marins, administrateurs morts au service de la France devrait figurer dans une chapelle » fut ajouter sur le fronton.

    Colons et croisés

    Autre temps autres mœurs, en plein période coloniale, l’intention est clairement affirmée sur le fronton de la « cathédrale du Souvenir Africain » : « A ses morts d’Afrique la France reconnaissante », soit une dédicace aux coloniaux, y compris militaires morts pour l’expansion de la France outre-mer.

    De part et d’autre de l’inscription, deux anges à visages peuls, sculptés par Anna Quinquaud, les accueillent au « Paradis ». En 1936, lors de l’inauguration, Mgr Raymond, évêque de Nice et grand aumônier des armées de France, précise une fois encore la nature de ce « Panthéon [religieux] d’Afrique ». Le monument célèbre les centaines de « colons tués par le climat ou par les hommes » [c’est-à-dire par les Africains eux-mêmes], « héros coloniaux » panthéonisés et comparés aux chevaliers des croisades.

    Effacer les cicatrices de la colonisation

    A partir de l’indépendance, ce message initial appartient, évidemment, à un passé rejeté par les nouvelles instances politiques et religieuses au pouvoir.

    Le simulacre de monument aux morts disparait en partie par l’effacement de la dédicace originelle. Elle est remplacée par une nouvelle inscription qui dévoile des visées plus spirituelles et consensuelles, sans connotation politique : « A la Vierge Marie, Mère de Jésus Le Sauveur », en conformité avec la consécration de l’édifice à Notre-Dame-des-Victoires. Cependant l’appellation de « Souvenir Africain » persiste encore de nos jours, et le style de la nouvelle décoration intérieure ne peut effacer l’éclectisme des écritures architecturales néo-soudano-sahélienne et byzantine. Celles-ci gardent le témoignage de l’alliance originelle entre les pouvoirs civils, militaires et religieux, particulièrement vivace en Afrique, au cœur même du concept de la colonisation mise en œuvre dans la capitale de l’AOF.

    Le Monument aux morts de la place Protêt, à l’arrière-plan le kiosque à musique du square de la place.
    Le Monument aux morts de la place Protêt, à l’arrière-plan le kiosque à musique du square de la place. ©BNF

    Il fut aussi décidé de transférer dans un cimetière européen plus ou moins proche du lieu d’érection, les autres monuments aux morts existant dans le pays. Citons à titre d’exemple, à Dakar, le majestueux monument aux morts de l’AOF transporté au cimetière de Bel-Air.

    Ce phénomène fut également relativement fréquent en Algérie. Comme le cas du « Poilu » de Sidi Ben Adda (anciennement Les Trois Marabouts), monument inauguré en 1921 puis entreposé successivement, en 1962 dans le cimetière chrétien de la ville, et en 1989, sans son piédestal, à l’entrée de la nécropole nationale du Petit-Lac à Oran

  • Aides sociales OLES : campagne 2026 ouverte

    Aides sociales OLES : campagne 2026 ouverte

    La campagne 2026 des aides sociales destinées aux associations accompagnant les Français de l’étranger en difficulté est ouverte. Appelés OLES (Organismes locaux d’entraide et de solidarité), ces acteurs soutiennent directement nos compatriotes expatriés les plus démunis. Pour financer leurs actions, la plupart doivent notamment déposer un dossier de subvention. Voici les critères et les démarches à suivre.

    Français de l’étranger et aides sociales

    En 2025, près de 100 Organismes locaux d’entraide et de solidarité à travers le monde ont sollicité une subvention de l’État français. Au total, plus de 1,1 million d’euros a alors été accordés. Comme tous nos compatriotes, les Français établis hors de France peuvent être confrontés aux aléas de la vie. En cas de difficultés, ils peuvent s’appuyer sur ces associations d’entraide françaises à l’étranger.

    « Les OLES recherchent régulièrement des bénévoles :
    n’hésitez pas à offrir un peu de votre temps »  

    Ces OLES s’engagent ainsi dans un certain nombre d’actions en faveur de nos compatriotes les plus démunis et interviennent, le plus souvent, en complément des initiatives menées par nos consulats et ambassades. Ils jouent un rôle déterminant lorsque l’urgence ou la nature de l’événement touchant l’un de nos ressortissants hors de France ne permet pas d’apporter une solution immédiate dans le cadre de l’action consulaire.

    Les critères de demande de subvention pour les OLES

    Comme l’indique le site du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), « toute association venant en aide d’une manière ou d’une autre à nos compatriotes à l’étranger peut présenter une demande de subvention dans le cadre de son action en faveur des Français de la circonscription ».

    Toutefois, des critères spécifiques doivent être respectés, à savoir :

    • La complémentarité avec les actions du Consulat (CCPAS) et/ou relais géographique du poste ;
    • Le dynamisme de l’organisme dans sa recherche d’autres financements ; En effet, ces associations ne peuvent compter uniquement sur une aide de l’État. Il leur revient aussi de chercher d’autres partenaires
    • Transparence et qualité du dialogue avec le Consulat.

    La date limite pour déposer les demandes des OLES dépend de votre consulat. Cependant ce délai couvre jusqu’à la mi-janvier pour la plupart des postes. Une fois déposés, les dossiers des Organismes locaux d’entraide et de solidarité sont examinés par les consulats/ambassades, ainsi que par les élus membres du conseil consulaire. Pour rappel, ces élus seront renouvelés lors des élections consulaires prévues en mai 2026.

    Quel budget pour les aides sociales ?

    Pour le prochain exercice budgétaire, une diminution des crédits alloués aux aides sociales n’est pas à exclure. Le débat budgétaire du projet de loi de Finances en cours apportera des réponses. Au-delà des montants, c’est également le dispositif même des aides sociales destinées à nos compatriotes établis hors de France qui fait l’objet de discussion.

    Assises de la protection sociales des Français de l'étranger
    Assises de la protection sociales des Français de l’étranger – Conférence de consensus du 10 octobre 2025

    Ce thème figurait parmi les trois sujets retenus lors des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger. Plusieurs recommandations ont été proposées dernièrement, notamment « la simplification et l’uniformisation des critères d’accès aux aides », mais aussi « l’indexation des aides sur l’inflation », et également le développement d’une « allocation grand âge pour les personnes âgées résidant à l’étranger ».

    Si ces évolutions voient le jour, le champ d’action des OLES pourrait s’élargir. Pour répondre aux besoins des Français de l’étranger, certaines mesures seront neutres budgétairement, quand d’autres auront un coût, financier comme humain. Rappelons que, sans l’engagement quotidien des bénévoles au sein de ces associations, aucune aide ne serait possible. Alors, si vous le pouvez, rapprochez-vous des Organismes locaux d’entraide et de solidarité présents dans votre pays de résidence pour offrir un peu de votre temps. Il sera le bienvenu.

  • La fin du règne du dollar est-elle pour demain ?

    La fin du règne du dollar est-elle pour demain ?

    Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le dollar règne en maître. Il est tout à la fois la monnaie de la première puissance économique et militaire mondiale, la première monnaie de réserve, la première monnaie pour les transactions commerciales, ainsi qu’une valeur refuge. Ce pouvoir monétaire et financier repose sur la confiance. Aujourd’hui, aucune devise n’offre les mêmes avantages que le dollar. Demain, cette confiance pourrait se lézarder. 

    L’hégémonie du dollar

    Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la domination du dollar repose sur trois piliers :

    • la stabilité politique et institutionnelle des États-Unis ;
    • la profondeur et la liquidité de leurs marchés financiers ;
    • le statut du dollar comme monnaie de réserve mondiale.

    Les États-Unis, première puissance économique financière et monétaire jouissent d’un statut de valeur refuge. La crédibilité du dollar s’appuie sur une banque centrale indépendante et un système démocratique. Le marché financier américain est de loin le premier au monde. La capitalisation des entreprises américaines représente 70 % de la capitalisation mondiale. L’importance de la dette publique américaine, près de 38 000 milliards de dollars, conforte la place financière de New-York. Les investisseurs internationaux privilégient les titres américains en raison de la garantie dont ils sont assortis et de leur rendement attractif. Les États-Unis attirent les capitaux du monde entier surtout en période de crise. Le dollar constitue la monnaie de réserve mondiale. En 2024, 59 % des réserves de change mondiales étaient, selon le FMI encore libellées en dollars, contre 19 % en euros, 6 % en yens et 3 % en yuans.

    Jusqu’à présent, le dollar a résisté à de nombreuses guerres du Vietnam à l’Irak, à l’inflation des années 1970, à la crise financière de 2008, au premier mandat de Donald Trump, etc. La devise américaine peut compter sur la résilience de l’économie américaine qui représente toujours le quart du PIB mondial quand celle de l’Europe a vu son poids fondre de plus de 30 % en un quart de siècle. Le dollar est la monnaie utilisée dans plus de 50 % des transactions commerciales.

    Pour autant, de nombreux dirigeants d’États rêvent de faire chuter le dollar de son trône. La dédollarisation est souvent évoquée, que ce soit de la part de la Chine ou de la Russie. Or, aujourd’hui, aucune devise n’offre les mêmes avantages que le dollar. Nul n’entend placer ses capitaux en monnaie chinoise ou russe. Même sous sanctions en lien avec la Guerre en Ukraine, de nombreux oligarques russes recourent à des sociétés écrans pour continuer à investir en dollars.

    Les Chinois comptent sur leur future monnaie digitale de banque centrale pour inverser le rapport de force. Pour convaincre les États et les investisseurs à se ranger derrière leur ambitieux projets, ils peuvent compter de manière indirecte sur les foucades de Donald Trump. Les menaces répétées à l’encontre des responsables de la Réserve fédérale afin qu’ils diminuent les taux directeurs fait craindre une perte d’indépendance et donc de crédibilité de cette dernière.

    La Fed a été contrainte de baisser ses taux directeurs au mois de septembre malgré une inflation sous-jacente élevée… L’ingérence du politique dans le système monétaire américain serait perçue comme un risque majeur pour les investisseurs internationaux. Ces derniers ont été déjà échaudés par la pratique de plus en plus répétée des sanctions et de l’application de la règle d’extraterritorialité permettant de poursuivre des entreprises ou des personnes étrangères qui ne respectent pas le droit américain. L’évolution des finances publiques constitue également un sujet de préoccupation. Le déficit fédéral dépasse 7 % du PIB en 2025, et la dette publique atteint 129 % du PIB (contre 98 % en 2019). Il en est de même avec l’évolution du déficit commercial américain, qui a atteint un niveau record en 2024 avec plus de 1 000 milliards de dollars. Ces déficits alimentent le monde entier en dollars et l’expose à un mouvement général de défiance. L’économie américaine vit ainsi au crédit du monde. Le dollar, en circulant partout, exporte la dette américaine comme jadis Rome le faisait avec ses sesterces. Comme pour Rome, la foi pourrait un jour s’affaiblir en raison de l’excès de dollars en circulation.

    Les BRICS, la baisse du dollar et la hausse de l’euro

    Depuis le début de 2024, les banques centrales émergentes — Chine, Inde, Brésil, Russie — réduisent leur exposition au dollar. La part des réserves détenues en dollars par les pays du BRICS est passée de 70 % en 2010 à 45 % en 2025, témoignage d’un changement d’état d’esprit. Ces banques centrales achètent, en contrepartie, de grande quantité d’or soutenant le cours de cette dernière. À ce titre, la banque centrale chinoise (PBoC) a augmenté ses réserves en or de 2 000 tonnes en cinq ans, tandis que les échanges intra-BRICS en yuans ont été multipliés par trois depuis 2020. La part du dollar dans les transactions internationales SWIFT est passée de 44 % à 38 % entre 2021 et 2025, tandis que celle du yuan est passé à 7 %. Le Sud entreprend de réduire son exposition au Sud.

    La baisse du dollar provoque par ricochet l’appréciation de l’euro qui est la deuxième monnaie de réserve à l’échelle mondiale. Cette appréciation est logique car la zone euro dégage un excédent courant de plus de 2 % du PIB, tandis que les États-Unis affichent un déficit de 3,5 %. Ces dernières années, la faible valeur de l’euro était imputable à la guerre en Ukraine et la faible croissance de la zone euro. Avec le retour de Donald Trump au pouvoir, la parité euro/dollar, qui était tombée à 0,95 en 2022, a déjà rebondi à 1,18 à l’automne 2025. Certains analystes, comme Goldman Sachs, évoquent un retour à 1,25 en 2026.

    Le dollar a fortement baissé cette année
    Le dollar a fortement baissé cette année

    Pour certains, l’augmentation de l’euro est une aubaine quand, pour d’autres, elle constitue un handicap sur le plan économique. L’appréciation de l’euro réduit la facture des importations, en particulier celle du pétrole. Cela avantage des pays comme la France dont la balance commerciale est fortement déficitaire ; de même pour l’Allemagne dont la compétitivité a été mise à mal par la hausse du prix du gaz et du pétrole après le déclenchement de la guerre en Ukraine. En revanche, la hausse de l’euro peut pénaliser les exportations.

    Le véritable moteur du dollar reste le rendement de ses actifs. En 2025, le taux réel américain à dix ans (taux nominal moins inflation) reste positif, autour de +1,5 % et supérieur aux rendements des titres européens équivalent. Ce différentiel attire les capitaux et maintient artificiellement la valeur du dollar. En revanche, il a un coût : un service de la dette publique de plus en plus important. Les intérêts versés par le Trésor américain atteignent 1 100 milliards de dollars par an, soit plus que le budget combiné du Pentagone et de la NASA. Pour cette raison, Donald Trump entend faire baisser les taux d’intérêt en faisant pression sur la Réserve fédérale, voire en imaginant des dispositifs imposant des taux plus faibles aux non-résidents. Le risque est de remettre en cause le rôle du dollar comme valeur refuge et de réduire le flux de capitaux dont l’économie américaine a besoin.

    Monnaie de réserve

    L’histoire montre que les monnaies de réserve ne meurent pas de déficits, mais de ruptures politiques. La livre sterling a perdu son statut de monnaie mondiale après 1945, non à cause de sa dette, mais parce que l’Empire britannique avait perdu la maîtrise de ses flux commerciaux et énergétiques. La puissance économique et financière avait basculé du côté des États-Unis. A son tour, le dollar, dépend de la stabilité de son empire économique. Les guerres tarifaires engagées par Donald Trump, la sortie des États-Unis de plusieurs institutions multilatérales, la méfiance des alliés européens et les volte-face de Donald Trump sont autant de fissures dans la confiance mondiale dans le dollar. La grande chance de ce dernier est qu’aucune alternative crédible n’existe pour le moment. La meilleure preuve est que la « vieille relique », l’or, joue le rôle de valeur refuge, l’once ayant dépassé, au mois d’octobre 2025, les 4 000 dollars. Cependant, l’or ne peut pas servir d’unité de compte dans une économie numérique.

    Désormais convertible pour les transactions commerciales dans 134 pays, le yuan souffre encore du contrôle des capitaux en Chine. Sa part dans les réserves mondiales ne dépasse pas les 5 %, ce qui est faible pour un pays devenu la première puissance commerciale du monde. L’euro demeure une monnaie régionale qui peine à franchir les frontières de l’Union européenne. L’absence d’un marché unifié des capitaux et d’émission d’obligations européennes pénalise la monnaie unique. Les cryptoactifs, comme le Bitcoin, bénéficient d’un attrait mais restent trop volatils pour servir de référence monétaire.

    La mort du dollar n’est pas pour demain mais la fin de son monopole s’avance. L’économie mondiale s’oriente vers une multipolarité monétaire où plusieurs devises coexistent sans hégémonie. Selon les projections du FMI, en 2035, la part du dollar dans les réserves de change mondiales tomberait à 45 %, celle de l’euro atteindrait 25 % et celle du yuan 15 %. Les actifs numériques stables pourraient représenter 5 % des réserves. Cette transition ne signifierait pas un effondrement du dollar, mais une dilution de sa puissance — un retour au monde d’avant 1914, où la livre, le franc et le mark coexistaient avec des risques financiers accrus.

    Dollar
    Image d’illustration ©Stockadobe

    Face à cette recomposition, l’Europe a des atouts. Pour la première fois depuis vingt ans, l’euro inspire davantage de confiance que le dollar dans les marchés obligataires, la dette publique de la zone euro se négocie à un rendement moyen inférieur de 70 points de base à celui des Treasuries américains. Ce capital de confiance ne se développera que si l’Union renforce sa cohésion financière et budgétaire. Sans politique commune, l’euro ne deviendra jamais une vraie monnaie mondiale, il restera un grand marché sans souveraineté. Au moment où une réelle opportunité de reconquête d’un pouvoir financier se fait jour, les responsables européens semblent vouloir tourner le dos à la construction européenne. Près du but, ils rechignent à avancer vers un fédéralisme budgétaire.

    L’histoire est libre. L’euro peut devenir la monnaie du XXIe siècle mais cela suppose que les dirigeants européens y croient. Il peut s’appuyer sur une banque centrale reconnue et indépendante, sur des États démocratiques et sur le plus puissant marché commercial du monde, l’Union européenne.

  • Terres rares : l’UE sort le bazooka commercial pour lutter contre la mainmise chinoise

    Terres rares : l’UE sort le bazooka commercial pour lutter contre la mainmise chinoise

    La présidente de la Commission européenne a déclaré samedi 25 octobre que Bruxelles était prête à utiliser « tous les instruments à sa disposition » pour contrer les restrictions d’exportation imposées par Pékin sur les terres rares.

    Lors d’une conférence à Berlin, Ursula von der Leyen a averti que les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis frappaient durement les industries de l’UE.

    « La Chine a considérablement renforcé les contrôles à l’exportation des terres rares et des matériaux pour batteries », a-t-elle déclaré, soulignant que 90 % de la consommation européenne d’aimants à base de terres rares provenait de Chine.

    La présidente de la Commission a également comparé le contrôle chinois sur les terres rares à la dépendance dont avait fait preuve l’Europe vis-à-vis des combustibles fossiles russes — une dépendance mise en évidence lorsque Moscou a envahi l’Ukraine en 2022.

    « L’Europe ne peut plus fonctionner de la même manière. Nous avons appris cette leçon à nos dépens avec l’énergie ; nous ne la répéterons pas avec les matériaux critiques »

    Ursula von der Leyen

    Elle a aussi menacé de prendre des mesures, en coordination avec les partenaires du G7.

    « Nous nous concentrons sur la recherche de solutions avec nos homologues chinois. Mais nous sommes prêts à utiliser tous les instruments à notre disposition pour réagir si nécessaire »

    Ursula von der Leyen

    La présidente de la Commission européenne, l'Allemande Ursula von der Leyen
    La présidente de la Commission européenne, l’Allemande Ursula von der Leyen. ©Getty Images/Nicolas Economou_NurPhoto

    Cela inclut le « bazooka commercial » de l’UE, officiellement connu sous le nom d’« instrument anti-coercition », considéré comme l’arme commerciale la plus puissante de l’UE.

    Cet instrument peut causer des dommages considérables à l’économie visée. Il permet notamment d’imposer des restrictions en matière d’investissement, de retirer la protection de la propriété intellectuelle, de suspendre les licences de certaines entreprises, d’interdire l’accès aux marchés publics de l’UE et d’imposer des sanctions à des personnes spécifiques. Il peut être utilisé à la fois pour les biens et les services.

    Au début de la semaine, après un appel vidéo de deux heures avec le ministre chinois au Commerce Wang Wentao, le commissaire européen au Commerce Maroš Šefčovič a toutefois déclaré qu’il n’y avait « aucun intérêt à une escalade ».

    Wang Wentao a accepté de se rendre à Bruxelles pour des discussions la semaine prochaine.

    Paris et Berlin veulent durcir le ton

    Lors du sommet des dirigeants de l’UE jeudi, le président français Emmanuel Macron a affirmé que la Commission devrait envisager d’utiliser son « bazooka commercial » contre la Chine.

    Deux diplomates ont également confié à Euractiv que l’Allemagne avait laissé entendre qu’elle pourrait être ouverte à des mesures plus sévères.

    « L’Allemagne n’a jamais soutenu de mesures coercitives contre la Chine auparavant », a indiqué l’un d’eux, soulignant que le chancelier Fredrich Merz subissait la pression des constructeurs automobiles — une industrie importante dans la première économie de l’UE.

    Plan RESourceEU

    « Que ce soit dans le domaine de l’énergie ou des matières premières, de la défense ou du numérique, l’Europe doit lutter pour son indépendance », a insisté la cheffe de l’exécutif européen lors de son allocution samedi, dévoilant le plan « RESourceEU », qui fait écho à REPowerEU, le plan visant à supprimer progressivement les importations de combustibles fossiles russes.

    Ursula von der Leyen a déclaré que ce plan stimulerait les investissements dans la production et la transformation des matières premières et accélérerait la mise en place de partenariats avec des pays tiers.

    Elle a cité l’Ukraine, l’Australie, le Canada, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Chili et le Groenland.

    Dans le cadre de lu règlement sur les matières premières critiques, Bruxelles a déjà fixé des objectifs pour 2030 en matière de capacités de production de l’UE, dans le but d’empêcher tout pays tiers de fournir plus de 65 % de la demande de matières premières de l’UE.

  • Quel costume porter pour Halloween 2025 ?

    Quel costume porter pour Halloween 2025 ?

    Dans les pays anglosaxons et quelques nations latines, c’est la semaine où se préparent les décorations hantées. Elles envahissent les rues et les soirées d’Halloween s’organisent avec engouement. Mais comment s’habiller cette année ? On vous donne un coup de main grâce à Google qui a dévoilé les tendances des costumes les plus populaires de 2025. Mais avant de vous dévoiler le classement des costumes, penchons-nous sur la préparation de la fameuse citrouille !

    La citrouille le symbole populaire d’Halloween

    C’est le symbole d’Halloween, une activité à faire en famille ou entre amis, mais creuser sa citrouille est le passage obligatoire pour toute fête réussie.

    Il n’existe pas de science pour connaître la date exacte à laquelle il vaut mieux creuser sa citrouille pour Halloween. Cependant, le célèbre site de recette Marmiton, indique que la date du 27 octobre serait idéale, soit le jour de publication de cet article. En effet, votre citrouille restera belle et en forme durant 5 à 7 jours, avant de commencer à se ramollir, se flétrir ou moisir, surtout en cas d’intempéries ou de chauffage à l’intérieur.

    Creuser une citrouille pour Halloween
    Creuser une citrouille pour Halloween – image illustration ©Stockadobe

    Toutefois, il existe des méthodes afin d’allonger la durée de vie de votre citrouille. Commencez par bien la nettoyer, avant et après la découpe. Veillez à retirer toutes les graines, les fibres, et à en sécher l’intérieur. Il est aussi possible d’appliquer à l’intérieur un mélange antifongique (quelques gouttes de vinaigre blanc et de liquide vaisselle).

    Par ailleurs, même si conserver la citrouille à l’intérieur est tentant, cette dernière se portera mieux à l’extérieur. N’oubliez pas, le chauffage est l’ennemi de cette petite tête orangée effrayante. Enfin, n’hésitez pas à allumer une bougie à l’intérieur, en plus de la rendre jolie, la chaleur de la flamme protégera la citrouille de l’humidité.

    Mais avec ou sans citrouille, impossible de faire l’impasse sur le costume. On met fin au suspense en vous dévoilant le classement mondial des costumes selon Google.

    Costumes les plus populaires

    • Rumi de KPop Demon Hunters
    • Zoey de KPop Demon Hunters
    • Baby Saja de KPop Demon Hunters
    • Mira de KPop Demon Hunters
    • Elphaba de Wicked
    • Labubu
    • Mushroom
    • Chicken Jockey de Minecraft
    • Derpy le Tigre de KPop Demon Hunters
    • Jinu de KPop Demon Hunters
    Déguisements Halloween
    image illustration ©Stockadobe

    Costumes pour enfants les plus populaires

    • Rumi de KPop Demon Hunters

    • Labubu

    • Zoey de KPop Demon Hunters

    • Glinda de Wicked

    • Spiderman

    • Jinu de KPop Demon Hunters

    • Mira de KPop Demon Hunters

    • Tigre

    • Kuromi

    • Squelette

    Costumes d’Halloween en duo les plus populaires

    • Belly et Conrad

    • Stitch et Angel

    • Woody et Jessie

    • Krokmou et Furie Éclair

    • Mario et Luigi

    • Johnny et Mavis

    • Cheech et Chong

    • Sonny et Cher

    • Cerf et chasseur

    • Ketchup et Moutarde

  • Le Japon ferme un peu plus ses portes

    Le Japon ferme un peu plus ses portes

    Le Japon est un pays où l’immigration ne représente que 2,8% de la population et pourtant là aussi, les étrangers sont coupables de tout et l’archipel s’apprête à un peu plus serré la vis. Lors de son premier discours de politique générale devant le Parlement, la dirigeante conservatrice de 64 ans, Sanae Takaichi, première femme à accéder au pouvoir au pays du soleil levant, a dénoncé l’importance de l’immigration face à la pénurie de main-d’œuvre dans le pays, tout en soulignant les « inquiétudes » des Japonais.

    Le Japon d’abord

    Alors que le Japon est confronté à la diminution et au vieillissement de sa population, la deuxième plus âgée au monde après Monaco, Mme Takaichi a reconnu que « certains secteurs ont besoin de main-d’œuvre étrangère ». Elle avait adopté pendant sa campagne des positions fermes sur l’immigration et les touristes étrangers, dont le comportement irrite parfois certains habitants.

    Les dernières élections en juillet ont ainsi signé l’essor d’un petit parti d’extrême droite sous le slogan « Le Japon d’abord », qui blâme les étrangers pour une multitude de problèmes, de la hausse des prix de l’immobilier à l’insécurité routière. « Si nous nous opposons clairement à la xénophobie, le gouvernement réagira avec détermination » en cas de manquements aux règles, a promis la première ministre. La ministre de la sécurité économique qu’elle a nommée cette semaine a ainsi vu ajouter à ses attributions la mission de veiller à une « société de coexistence ordonnée et harmonieuse avec les ressortissants étrangers ».

    Des manifestants brandissent une banderole pour s’opposer à l’immigration
    Des manifestants brandissent une banderole pour s’opposer à l’immigration devant le bâtiment de la Diète dans le quartier de Chiyoda à Tokyo, le 15 avril 2025. ©Mainichi/Asako Kamihigashi

    Entre Washington et Pékin

    Sur le plan diplomatique, « l’alliance nippo-américaine reste la pierre angulaire de notre politique étrangère et de sécurité », a lancé Sanae Takaichi dans son adresse, régulièrement ponctuée de cris et d’applaudissements de ses soutiens. « Je rencontrerai moi-même le président Trump lors de sa visite au Japon » attendue à partir de lundi, « afin d’établir une relation de confiance et d’élever les relations nippo-américaines à de nouveaux sommets ». La nouvelle dirigeante était une proche de l’ancien premier ministre Shinzo Abe, assassiné en 2022, qui avait multiplié les efforts pour entretenir des relations cordiales avec Donald Trump lors du premier mandat de celui-ci.

    Mais en même temps, Sanae Takaichi affirme que les « activités militaires » de la Chine, de la Corée du Nord et de la Russie constituaient à ses yeux « une grave préoccupation », elle a plaidé en faveur d’un dialogue avec Pékin, « un voisin essentiel » de l’Archipel, via un « dialogue franc », notamment sur les « préoccupations sécuritaires ».

    Manifestation du partie "Le Japon d'abord"
    Manifestation du partie « Le Japon d’abord » en septembre 2025 ©KYODO / MAXPPP

    Soutien de la population

    Le gouvernement Takaichi recueille 71 % d’opinions favorables selon un sondage publié jeudi 23 octobre 2025 par le quotidien Yomiuri, contre 34 % en septembre pour celui de son prédécesseur, Shigeru Ishiba. Il s’agit du cinquième meilleur score pour un nouveau gouvernement depuis la mise en place de statistiques comparables en 1978.

  • La France à l’heure de la démographie impitoyable

    La France à l’heure de la démographie impitoyable

    Le vieillissement démographique dicte de plus en plus sa loi sur les comptes publics. Avec l’arrivée à l’âge de la retraite des larges générations du baby-boom, les dépenses sociales ne peuvent qu’augmenter. La question n’est pas de les restreindre mais de trouver les moyens pour les financer sans porter atteinte à la cohésion nationale. Ce problème concerne non seulement la France mais aussi tous les États membres de l’Union européenne.

    « L’État-providence tel qu’il existe aujourd’hui n’est plus finançable », a déclaré cet été le chancelier allemand Friedrich Merz. Ce propos iconoclaste traduit l’impuissance des gouvernements à faire face à une augmentation des dépenses au moment où la croissance se dérobe sous leurs pieds.

    1/3 du PIB dédié aux prestations sociales

    Depuis 2000, le poids des prestations sociales dans le PIB a augmenté dans tous les grands pays européens. En France, il atteint plus de 33 % du PIB, contre 29 % en Allemagne, 28 % en Italie et 26 % en Espagne. Cette progression est imputable à l’augmentation du nombre de personnes de plus de 60 ans. En France, le nombre de retraités est passé de 5 à 17 millions de 1980 à 2024. La multiplication des pathologies chroniques entraîne une forte hausse des dépenses de santé. Avec l’arrivée des premières générations du baby-boom au-delà des 80 ans, celle-ci pourrait s’accélérer.

    Répartition de la population de plus de 65 ans en France
    Répartition de la population de plus de 65 ans en France

    Le renouvellement des générations n’est plus assuré depuis de nombreuses années au sein de l’Union européenne. Le taux de fécondité s’élevait à 1,4 loin des 2,1 nécessaires. La France enregistre depuis plusieurs années une baisse de son taux de fécondité. Il est ainsi passé de 1,9 à 1,6 enfant par femme de 2017 à 2024. En Allemagne, le taux de fécondité était de 1,35 en 2024. Ce taux est de 1,18 en Italie et de 1,12 en Espagne (2023). L’augmentation de la population repose de plus en plus sur l’immigration. Si celle-ci venait à être réduite, le nombre d’habitants dans un grand nombre de pays, diminuerait. Actuellement, la population est déjà en recul en Bulgarie, en Lituanie, en Lettonie, en Roumanie et en Grèce.

    La proportion des plus de 65 ans est en hausse constante. Elle devrait se situer autour de 30 % au sein des pays de l’Union européenne d’ici le milieu du siècle. En 2050, l’Europe comptera 75 millions de plus de 80 ans contre 33 millions aujourd’hui. En France, la proportion des plus de 65 ans passera de 22 % en 2025 à 30 % en 2050. Partout, en Europe, le rapport cotisants sur retraité se dégrade. Dans les années 1960, il y avait quatre cotisants pour un retraité en France. En 2025, il n’y en a plus que 1,7. Ce ratio devrait être de 1,4 d’ici 2070. En un demi-siècle, le nombre de cotisants a été divisé par deux.

    Mécaniquement, les dépenses de santé sont amenées à progresser. Elles s’élèvent à 14 % du PIB en France, contre 11 % en Allemagne. Elles pourraient, sans ajustement, atteindre 16,5 % du PIB en France en 2040. La Cour des comptes prévoit 15 milliards d’euros de déficit en 2035, puis 30 milliards en 2045 pour le système de retraites seul sans prendre en compte les régimes de la fonction publique.

    Le vieillissement n’affecte pas que les retraites. Le déficit de la branche maladie en France est déjà de 16 milliards d’euros en 2025, et devrait s’aggraver de 3 milliards d’ici 2029, selon la Commission des comptes de la Sécurité sociale.

    Une personne de 80 ans coûte près de cinq fois plus qu’un adulte d’âge actif en dépenses de santé. Avec une augmentation de la population des plus de 75 ans de 30 % d’ici 2040, l’effet sur les dépenses sera mécanique.

    Dépense moyenne annuelle de santé en France par par âge en euros (2023)
    Dépense moyenne annuelle de santé en France par par âge en euros (2023)

    Pour compenser les effets du vieillissement démographique, les États peuvent jouer sur le taux d’emploi et sur la productivité. En matière de taux d’emploi, sur le papier, la France dispose de marges de manœuvre. En Effet, son taux d’emploi est faible chez les 15/24 ans, autour de 35 % en 2024, contre 52 % en Allemagne. Les difficultés d’insertion des jeunes, en particulier les jeunes garçons, demeurent. Le taux d’emploi en France est également faible chez les 55/64 ans. Il est de 56 % en 2024 en France, contre 72 % outre-Rhin. Au niveau global, le taux d’emploi est près de 10 points inférieurs en France à celui de l’Allemagne (67 % contre 77 % en Allemagne). Cette différence de dix points d’emploi représente l’équivalent de 3 millions d’actifs supplémentaires potentiels. Si la France atteignait le taux d’emploi allemand, le déficit des retraites serait presque comblé.

    Le comblement de ce déficit d’emplois suppose une amélioration du système éducatif, afin de réduire le chômage des jeunes peu qualifiés et une augmentation du nombre de seniors au travail.

    Pour contraindre les dépenses sociales, certains économistes préconisent une privatisation partielle de celles-ci. Or, les exemples étrangers ne sont pas concluants sur ce sujet. Aux États-Unis, les dépenses de santé, en grande partie d’ordre privé (75 %), augmentent plus vite qu’ailleurs. Elles représentent 17 % du PIB, contre 11 % en France et 10 % en Allemagne (2023). Les États-Unis consacrent ainsi 4 points de PIB de plus à la santé pour un résultat sanitaire inférieur à celui de la France (espérance de vie à 77 ans, contre 82 ans).

    Dans ces conditions, quels sont les moyens pour équilibrer les comptes sociaux ?

    Face à cette croissance inévitable des dépenses de santé, les gouvernements seront tentés d’augmenter les prélèvements obligatoires. Le relèvement des cotisations sociales de 1 à 1,5 point du PIB rapporterait une trentaine de milliards d’euros. En revanche, cette solution facile à mettre en œuvre aurait des effets économiques en aggravant le coût du travail. Sur le plan social, elle aboutit à un transfert de charges sur les actifs. Elle peut potentiellement peser sur la demande et donc sur la croissance.

    L’augmentation du taux d’emploi a été mise en avant ces dernières années. Elle permet une progression des recettes publiques (cotisations et impôts) et une diminution des charges (moindre progression du nombre de retraités). En France, le report de 2 à 3 ans de l’âge de départ à la retraite augmenterait le taux d’emploi des plus de 60 ans de 10 points et rapporterait 20 milliards d’euros par an. Sur ce dernier point, l’absence de consensus rend conflictuelle cette solution. La suspension de la réforme des retraites de 2023 semble tirer la conséquence de l’hostilité de la population.

    Une autre voie pour atténuer les effets du vieillissement repose sur les gains de productivité ; or ceux-ci sont faibles voire ont disparu depuis près de 10 ans. L’insuffisance des investissements dans les hautes technologies, les problèmes de formation des actifs et la spécialisation des économies européennes dans les services domestiques expliquent cette évolution.

    À défaut de pouvoir jouer sur ces leviers, les pouvoirs publics favoriseront l’érosion des dépenses de prestations sociales en ne les indexant plus à l’inflation comme cela a déjà été le cas par le passé. Le niveau de vie relatif des retraités en France par rapport à la moyenne de la population diminue depuis 2017. Selon le Conseil d’Orientation des retraites, ce dernier devrait n’être plus que de 87 % d’ici 2070 contre 102 % en 2023.

    Depuis 1945, la France a construit un État-providence à la fois généreux et universel. L’universel a un coût surtout quand la croissance se fait rare. Les dépenses publiques représentent plus de 58 % du PIB dont près des deux tiers financent la protection sociale. Ce modèle a permis une forte réduction des inégalités et de la pauvreté en particulier chez les retraités. Cependant, entre 2025 et 2050, le ratio cotisants/retraités chutera encore de 15 %. Sans réforme, la dette sociale pourrait dépasser 50 % du PIB. L’État providence ne peut survivre qu’à la condition que la croissance se redresse et que des arbitrages soient réalisés.

  • Du Club Med au modèle de discipline : la rigueur est une vertu républicaine

    Du Club Med au modèle de discipline : la rigueur est une vertu républicaine

    Alors que le gouvernement français présente son Projet de loi de finances pour 2026, promettant de ramener le déficit public à 4,7 % du PIB (contre 5,4 % en 2025), la question de la rigueur budgétaire revient au cœur du débat politique national.
    Mais pendant que la France s’interroge sur la manière de contenir sa dépense publique sans casser la croissance, ses voisins jadis moqués de “pays Club Med”, l’Espagne, le Portugal, l’Italie et la Grèce, affichent déjà des comptes assainis et une discipline budgétaire saluée à Bruxelles.

    Selon la Commission européenne, le déficit budgétaire moyen de ces quatre États est désormais inférieur à 3 % du PIB, alors que la France flirte avec les 5,4 %. Derrière cette performance, il y a moins un « miracle » qu’un long chemin de réformes structurelles, douloureuses mais constantes, portées par des gouvernements de sensibilités politiques diverses ; preuve que du Club Med au modèle de discipline : la rigueur est une vertu républicaine.

    Le Portugal, pionnier de la discipline budgétaire

    En 2010, le Portugal était au bord de la faillite. Incapable de se financer, Lisbonne fit appel à la troïka (FMI, BCE, Commission européenne) pour obtenir un plan de sauvetage de 78 milliards d’euros. En échange, le pays s’engagea dans une cure d’austérité d’une rigueur inédite.

    Quatorze mesures, réparties en six grands volets, ont profondément transformé l’État : réduction de 10 % des effectifs publics, baisse des salaires des fonctionnaires jusqu’à 12 %, relèvement de l’âge de la retraite à 66 ans, hausse de la TVA à 23 %, privatisations rapportant près de 9 milliards d’euros. Le gouvernement de Pedro Passos Coelho initia la rigueur, puis son successeur socialiste António Costa la poursuivit sans la remettre en cause. En 2023, le Portugal enregistrait un excédent budgétaire historique, une première depuis la Révolution des Œillets en 1974.

    Lisbonne a su transformer la contrainte en vertu. La rigueur y est devenue une culture, non une punition. Résultat : la dette publique a reculé de 30 points de PIB en dix ans, et le pays affiche aujourd’hui un taux de chômage inférieur à 7 % — contre 11 % au plus fort de la crise.

    Lisbonne, capitale du Portugal
    Lisbonne, capitale du Portugal

    L’Espagne : de la bulle immobilière à la croissance maîtrisée

    L’Espagne a connu l’une des plus graves crises sociales d’Europe au début des années 2010. En 2013, le chômage atteignait 27 %, la jeunesse fuyait massivement le pays, et la bulle immobilière menaçait tout le système bancaire.

    Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy lança une série de réformes du travail et de rationalisation budgétaire. Entre 2012 et 2018, les dépenses publiques furent gelées, les salaires du secteur public encadrés, et le système bancaire restructuré grâce à une aide européenne de 41 milliards d’euros. Sous le gouvernement socialiste de Pedro Sànchez, la ligne de fond n’a pas changé : l’investissement public reste encadré, le déficit a été ramené à 2,8 % du PIB, et la croissance devrait atteindre 2,7 % en 2025, soit plus du double de celle de la France.

    Dix ans de rigueur au-delà des clivages politiques
    Dix ans de rigueur au-delà des clivages politiques

    Ces trajectoires montrent une constante rare en Europe : la rigueur budgétaire, devenue un consensus national au-delà des alternances politiques.

    Et la France dans tout cela ?

    Pendant que ses voisins méditerranéens redressaient la barre, la France s’est laissé dériver. Sa dépense publique atteint 113,2 % du PIB, un record européen, et son déficit reste l’un des plus élevés de la zone euro. Les réformes y sont abordées sous l’angle partisan, puis abandonnées à chaque alternance.

    Là où le Portugal ou l’Espagne ont su expliquer la rigueur comme une nécessité collective, Paris continue de l’opposer à la justice sociale. Or, comme le rappelait récemment l’économiste Jean-Marc Daniel au micro de France-Inter, « le déficit de la France est structurel » et que l’assainissement des comptes publics n’est pas une question de droite ou de gauche, mais une condition nécessaire à la souveraineté d’un pays.

    Europe
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    Les Français de l’étranger témoins d’un tournant historique

    Pour les Français de l’étranger vivant en Espagne, au Portugal, représentés par Mme Coggia, ou en Italie ou en Grèce, représentés par Mme Yadan, le redressement économique de ces pays n’est pas une donnée abstraite : ils en observent chaque jour les effets sur la vie quotidienne, les services publics, le climat social et la confiance civique.

    Installés depuis parfois vingt ans, beaucoup ont connu la période sombre de l’austérité (salaires gelés, suppressions de postes, exode des jeunes diplômés) avant de voir émerger une société transformée : plus sobre, plus exigeante, mais aussi plus lucide sur ses priorités collectives.

    À ce jour, ces Français installés dans le Sud européen constatent que l’environnement social s’est apaisé, même si les blessures demeurent.
    Au Portugal, le retour à l’équilibre s’est accompagné d’un effort collectif accepté, où les inégalités persistent mais où la confiance dans l’État a été restaurée.
    En Espagne, la rigueur a favorisé un renouveau de la solidarité locale, notamment à travers les collectivités et les régions autonomes, devenues des acteurs clés du développement économique.
    En Italie, la discipline budgétaire a encouragé une revalorisation du travail et de l’entrepreneuriat, tandis qu’en Grèce, les citoyens gardent une mémoire douloureuse de la crise, mais aussi la fierté d’avoir évité la faillite nationale.

    Pour les expatriés français, cette évolution est frappante : loin des clichés sur l’insouciance méridionale, ces sociétés ont appris la valeur de la mesure et du compromis.
    Elles prouvent que l’assainissement budgétaire n’est durable que s’il s’accompagne d’un nouvel équilibre social, fondé sur la responsabilité partagée et la clarté du contrat civique.
    Et beaucoup de ces Français de l’étranger le disent : vivre dans un pays qui a su redresser ses comptes, c’est aussi vivre dans un pays qui a retrouvé confiance en lui.

    Le bon sens comme politique

    La leçon des pays du Sud est limpide : la rigueur n’est pas une idéologie, c’est un devoir civique. De Lisbonne à Athènes, les citoyens ont accepté des sacrifices parce qu’on leur a expliqué pourquoi ils étaient nécessaires, et parce que les gouvernements, quelles que soient leurs couleurs, ont tenu le cap et ont aussi restructuré l’État et pas seulement « ponctionné » les citoyens.

    En France, la question n’est plus de savoir s’il faut assainir les comptes publics, mais comment le faire sans renier la solidarité. Cela suppose de sortir du confort partisan, de planifier les réformes dans le temps long et de restaurer une culture de responsabilité. Cela pourrait aussi signifier la réduction du nombre d’élus par habitant ; avec 1 élu pour 104 habitants en 2023 , la France est la championne européenne de la représentation politique (nationale et locale confondues).

    Ce que l’Europe du Sud enseigne à Paris, c’est que le courage politique finit toujours par payer. La rigueur n’est pas l’ennemie du progrès : elle en est la condition.

  • Lacunes militaires de l’Union européenne : rendez-vous en 2026 !

    Lacunes militaires de l’Union européenne : rendez-vous en 2026 !

    Les dirigeants de l’UE ont franchi une étape importante jeudi 23 octobre pour combler les lacunes militaires de l’Europe, tout en laissant en suspens les questions de gouvernance, de financement et de mise en œuvre, qui devront être réglées dans les prochains mois.

    La feuille de route de la commission

    L’ampleur du défi est considérable. Les États membres s’attaqueront aux neuf lacunes en matière de capacités identifiées par la Commission, qui vont des munitions, des missiles et de la défense aérienne au cyberespace, à l’IA, aux drones et à la mobilité militaire.

    Bruxelles souhaite que ces efforts débouchent sur la mise en place de plusieurs projets « phares » dans le cadre de sa feuille de route pour la préparation de la défense, notamment l’initiative européenne de défense anti-drones (EDDI), la surveillance du flanc est, le bouclier aérien européen et le bouclier spatial européen.

    Mais les conclusions du sommet européen de cette semaine s’éloignent de ces objectifs ambitieux puisqu’ils ne citent aucune de ces initiatives. Les dirigeants de l’UE font uniquement référence aux « capacités anti-drones et de défense aérienne », ce qui pourrait désigner les technologies liées aux drones et anti-drones, ainsi que la défense aérienne et antimissile.

    Quoi qu’il en soit, cela ne couvre que deux des neuf objectifs, dans des termes suffisamment larges pour laisser aux capitales une marge de manœuvre pour redéfinir leurs priorités.

    ©Getty Images/Dursun Aydemir_Anadolu
    ©Getty Images/Dursun Aydemir_Anadolu

    L’ambitieuse feuille de route de la Commission en matière de préparation à la défense définit une série d’étapes et de calendriers, mais seules deux échéances ont été inscrites à l’ordre du jour des dirigeants de l’UE : finaliser les coalitions d’ici la fin de l’année et lancer des « projets concrets » au cours du premier semestre 2026.

    Des projets à inventer

    La nature de ces projets reste floue, et les capitales ont désormais moins de six mois pour mettre en place des groupes avec des responsables — ou des co-responsables — et décider où investir exactement.

    Pour António Costa, président du Conseil européen, cela constitue déjà un progrès. « Nous avons défini nos capacités prioritaires », a-t-il déclaré, ajoutant qu’elles « commenceront » par les drones, la défense aérienne et le flanc est.

    Jusqu’à présent, les Pays-Bas et la Lettonie souhaitent diriger la coalition sur les drones (EDDI).

    L’Allemagne s’intéresse quant à elle à la défense aérienne et antimissile, au combat terrestre et à la défense maritime. La France vise à diriger ou à rejoindre cinq coalitions, notamment dans les domaines de la défense aérienne, de l’artillerie et de l’espace, selon les informations recueillies par Euractiv.

    Le système Proteus
    Le système Proteus, ici en photo, s’intègre à d’autres systèmes de lutte anti-drones des armées françaises. ©Armée de terre / 35e RAP

    Pour les dirigeants de l’UE, la mise en œuvre et la supervision restent entre leurs mains. Le président français Emmanuel Macron a déclaré jeudi que c’était leur travail, conformément aux traités de l’UE.

    Pour soutenir ce processus, ils ont chargé l’Agence européenne de défense, une agence intergouvernementale, d’aider à mettre en œuvre la feuille de route et de présenter un rapport annuel pour suivre les progrès réalisés, selon les conclusions du sommet.

    La Commission, quant à elle, s’est posée en « facilitatrice », offrant une assistance technique et des conseils pour aligner les initiatives des capitales sur les financements existants de l’UE, notamment les 150 milliards d’euros de prêts Security Action For Europe (SAFE) et le programme européen pour l’industrie de la défense (EDIP) de 1,5 milliard d’euros.

    Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré que l’UE pouvait renforcer les défenses de l’Europe « dans les domaines où elle dispose de ses propres compétences », citant la nécessité d’accélérer la planification de la production et les procédures d’approbation.

    António Costa a salué les discussions sur la défense lors du sommet comme un « élément déterminant » pour la souveraineté de l’Europe, même si, pour l’instant, la structure reste largement à l’état de projet.

  • Les extraterrestres sont parmi nous

    Les extraterrestres sont parmi nous

    Dans la série des années 60« Les Envahisseurs », David Vincent, le héros, luttait contre des extraterrestres qui avaient l’apparence d’êtres humains, singeaient les humains, mais n’étaient pas humains. L’invasion extraterrestre, sournoise, commence. Les humanoïdes sont là. Ils vous écoutent. Vous servent, dociles, pour l’instant. Ils seront 600 millions en 2050, 3 milliards en 2060, selon Bank of America. Tous à votre service. Apparemment. Téléguidés par qui ? Êtes-vous sûrs d’être l’utilisateur final ? Les esclaves robots libèrent-ils de l’esclavage ?

    La révolution robotique vise l’humain, le quotidien, le cœur

    Les humanoïdes déchiffrent vos sentiments. Ils en savent plus que vous, sur le monde, la science, la littérature, l’économie, la politique, sur vous. La révolution robotique vise l’humain, le quotidien, le cœur. Petits chiens très propres, aides à domicile toujours à domicile, compagnons de jeu des enfants, aides médicaux attentifs, Robot/e est votre ami. 65% des robots seront dans les foyers. Plus proches que vos proches, ils vous empêcheront aussi, pour votre santé, votre bien, de faire des bêtises. Ce ne sera pas « Big Brother », mais « Little Sister ». Capteurs intelligents, ils parlent, et ils caftent.

    Pendant que tout ce que la France compte d’intelligences se penche sur l’angle de la pente du décalage de la courbe des trimestres de cotisations pour les retraités de la génération 1964, Open AI annonce 1000 milliards de dollars d’investissements dans l’Intelligence Artificielle. À titre de comparaison, le PIB de la France est de 3000 milliards.

    Open AI, valorisé 500 milliards de dollars, a apporté il y a peu 6 milliards à ses salariés par une augmentation de capital. Si les retraités de la génération 64 avaient bénéficié de fonds de pension, la question des retraites serait celles des surplus. La France publique et parapublique a un vaisseau spatial de retard.

    La robotique peut-elle créer la civilisation de l’oisiveté ?

    Des analystes s’inquiètent, c’est leur métier de la bulle de l’IA. Aie. En un an, la valeur des start-ups de l’IA a grandi de 1000 milliards. La croissance américaine est tirée par l’IA et la robotique, qui ne font qu’un.

    Ou trois. L’Âge de l’ordinateur quantique approche. Sa capacité de calcul est à l’ordinateur ce que l’ordinateur est au boulier. Votre ami robot interprétera vos rêves avant votre réveil, se reprogrammera tout seul, programmera votre journée, devancera vos désirs, vos frustrations, les analysera. Le nombre de développeurs « humains » de logiciels aux États-Unis a chuté de 20%, déjà remplacés par l’IA. Plus personne ne travaillera comme hier. La notion même de travail, de créativité, de savoir va changer. Et de rémunération, forcément. Qu’est-ce que sera le travail ? La robotique peut-elle créer la civilisation de l’oisiveté ? Tous aristocrates, tous rentiers ! De quoi ?

    Des visiteurs interagissent avec un robot lors de la Conférence mondiale sur les robots 2023 à Pékin, en Chine, le 16 août 2023. © Xinhua
    Des visiteurs interagissent avec un robot lors de la Conférence mondiale sur les robots 2023 à Pékin, en Chine, le 16 août 2023. © Xinhua

    En tête de la révolution quantique, les États-Unis et la Chine. Elle se dit en avance par le nombre de publications scientifiques. Mais personne ne sait juger de la qualité desdites publications. L’industrie américaine investit plus. Les militaires s’inquiètent -c’est aussi leur métier-. La DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) qui a créé Arpanet, l’ancêtre d’Internet, a alloué un milliard de dollars pour soutenir la recherche dans l’industrie quantique. Quantique + IA + robotique + spatial remplacera-t-il le guerrier galonné par un humanoïde ? Le porte-avions nucléaire est-il coulé par le porte-drones spatial ? D2R3 est dans le bureau du Big Chief. Mais qui est le Big Chief ? Musk a mis son 10 000éme satellite sur orbite, Xi Jinping neuf généraux à la retraite. Dans ce monde, les modèles de puissance changent.

    L’humanité endolorie par le burn-out occidental n’est pas au bout de ses angoisses -S’inquiéter, c’est humain-. La Russie effraie le Chef d’état-major français d’une guerre à l’ancienne. Le péril jaune fourbit les armes d’une guerre « moderne », plan quinquennal à l’appui. Du sommet du mont tranquille, Xi contrôle la Commission militaire, le bureau politique du PCC, les conseils d’administration des entreprises de high-tech et de Deepseek, et les douaniers robots des routes de la soie. Résultat : des millions de voitures électriques pourrissent sur les parkings. Le plan a failli, comme tous les plans. 1,4 milliard de Chinois fournissent à 8 milliards d’humains un tiers de leurs outils divers, des jouets en peluche aux smartphones, saupoudrant les terres rares, indispensables aux puces miraculeuses.

    D’un côté, le rêve chinois de domination universelle. De l’autre les oligarques des Gafams dirigés par des geeks posthumanistes. Heureusement, l’Assemblée nationale taxe les GAFAM (une taxe de 15%) et la Commission européenne menace TikTok et Meta d’une amende. Mais si l’humeur de Trump ordonnait aux GAFAM de ne plus opérer en Europe que ferait l’Europe ?

    Image d'illustration ©Stock Adobe
    Image d’illustration ©Stock Adobe

    D’un côté, le rêve chinois de domination universelle. De l’autre les oligarques des Gafams dirigés par des geeks posthumanistes.

    Tesla Optimus the humanoid robot is learning household chores
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    Détruire le pouvoir avant qu’« ils » ne s’en emparent. Pas les robots, les oligarques. Il n’est pas sain qu’un homme décide de la guerre et de la paix en Ukraine ou à Gaza Qu’un autre du sort de plus d’un milliard d’hommes et de la chaîne du commerce mondial. Il n’est pas sain que quelques individus, gangrenés par la folie du pouvoir, décident de la marche de l’humanité. Ce sont eux les extraterrestres. La révolution digitale oblige à repenser l’exercice du pouvoir dans la politique comme dans l’économie et l’information.

    La crise des démocraties n’est pas un excès de démocratie mais un manque de démocratie, pas un échec du libéralisme mais un défaut de libertés. La question de la liberté individuelle a rarement été posée de façon aussi âpre.

    Rarement l’avènement de sociétés vraiment libérales n’a été plus nécessaire. Les réseaux fonctionnent aussi  contre la concentration du pouvoir et les systèmes pyramidaux. Les chances d’autonomie personnelle sont proportionnelles aux peurs et aux concentrations financières et politiques. Après tout l’hypercapitalisme a  autant de chances d’être hyperdémocratique qu’hyperoligarchique.

    La crise des démocraties n’est pas un excès de démocratie mais un manque de démocratie.

    Les robots ne sont ni maitres, ni esclaves. Comme les extraterrestres, ils sont ailleurs. Seule la peur est dans la tête. S’inquiéter, -c’est sain- provoque paralysie ou imagination. Il y a mille contre-pouvoirs à imaginer, mille et mille formes d’autonomies, dans la monnaie, l’énergie, le savoir, la santé, l’alimentation – avec nos amis robots. La terre, c’est extra.