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  • Eco-tourisme : l’avenir pour les sites populaires ?

    Eco-tourisme : l’avenir pour les sites populaires ?

    Le Machu Picchu, restreint aux touristes

    Les globe-trotters qui parcourent l’Amérique Latine s’en sont émus, le Machu  Picchu, chef-d’œuvre de la culture Inca perché au sommet des Andes, fut restreint aux touristes. Du 15 au 28 mai l’accès à deux temples et à une pyramide du Machu Picchu furent restreints. Il s’agit du temple du Soleil, du temple du Condor et de la pyramide d’Intiwatana. Les touristes disposaient de trois heures maximum pour visiter les trois monuments concernés.

    Une situation qui fait suite à une foule touristique trop importante qui risquait de mettre en péril ce magnifique site. La question se pose un peu partout dans le monde. Une photo montrant une quasi file d’attente pour atteindre le sommet de l’Everest a récemment choqué, d’autant qu’elle est symptomatique d’un problème plus grand : une pollution de plus en plus grande de la région en raison des touristes trop nombreux.

    Venise et ses paquebots, Le Louvre et la Joconde

    Ce phénomène est mondial et concerne notamment l’Europe et la France. Les Barcelonais se plaignent régulièrement de l’afflux massif de touristes et de l’impact notamment sur l’immobilier, en raison d’un grand nombre de résidants qui mettent leur appartement sur Air b nb. A Venise, c’est la collision qui aurait pu être catastrophique d’un navire de croisière au cœur de la lagune qui a récemment rappelé combien celle-ci est fragile et que sans doute de tels monstres des mers n’y ont pas place. Un projet pour les déplacer en dehors, au niveau du Lido, est en cours.

    Venise et les navires de croisière

    En France aussi l’affluence immense dans certains lieux comme Le Louvre et Versailles pose la question. Peut-on réellement profiter de ces endroits d’exception en étant dans une foule compactée?

    Surtout, ces lieux peuvent être endommagés par la présence touristique trop importante. Citons par exemple en Thaïlande la Baie Maya, rendue célèbre par le film « La Plage » avec Leonardo Di Caprio et Virginie Ledoyen, qui est désormais interdite au public en raison de dommages graves sur la faune et la flore.

    Une sensibilisation plus grande à l’Eco-tourisme

    Les Français sont de plus en plus sensibles à l’écologie. Leurs comportements ont tendance à changer aussi en vacances. Moins de tourisme de masse, plus de comportements eco-responsables. Une question qui pose notamment la problématique des voyages en avion et en particulier des voyages locaux. L’essor des compagnies low-cost a généralisé de telles pratiques.

    L’avenir des transports ira sans doute de pair avec l’avenir du tourisme et des pratiques. Nous sommes probablement à un moment charnière et les exemples péruvien, vénitien, et thaïlandais, montrent que ce débat est mondial.

  • La France dénonce déjà l’accord avec le Mercosur

    La France dénonce déjà l’accord avec le Mercosur

    Entre les critiques des écolos et celles des agriculteurs, la France ne se dit pas prête à ratifier l’accord commercial en l’état.

    « La France pour l’instant n’est pas prête à ratifier»  l’accord trouvé entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, a déclaré mardi la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, indiquant que Paris allait « regarder dans le détail et en fonction de ce détail décider» .

    Comme lors des négociations dans le cadre de l’accord de libre échange Ceta entre l’UE et le Canada, la France demandera « des garanties»  aux pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), a-t-elle assuré sur BFMTV et RMC, alors que les critiques des agriculteurs et des écologistes, et même celle de membres de la majorité présidentielle, fusent depuis l’annonce du compromis conclu vendredi soir, en France et ailleurs en Europe.

    « Moi je ne peux pas vous dire que nous allons aujourd’hui ratifier le Mercosur. On va le regarder dans le détail et en fonction de ce détail, nous allons décider» , a poursuivi Mme Ndiaye. « La France pour l’instant n’est pas prête à ratifier» , a-t-elle ajouté.

    Sur Europe 1, le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a assuré que l’accord ne serait ratifié que si le Brésil respecte ses engagements, notamment en matière de lutte contre la déforestation en Amazonie.

    « La nouvelle Commission européenne et surtout la nouvelle majorité au Parlement européen aura à décortiquer cet accord avant de le ratifier» , a-t-il insisté.

    Le président français Emmanuel Macron avait salué samedi la conclusion de ce vaste traité de libre-échange, tout en se disant « vigilant»  sur sa mise en oeuvre.

    Face aux craintes pour les « filières sucrière et bovine» , « nous avons demandé une clause de sauvegarde»  qui « permet de décider de stopper net les importations dans les filières fragiles s’il y a une destabilisation manifeste de ces filières» , a fait valoir Sibeth Ndiaye.

    Un long parcours attend désormais le compromis de vendredi, qui va d’abord être traduit en véritable texte juridique, ce qui prendra plusieurs mois, avant d’être soumis à l’approbation des Etats membres dans le cadre du Conseil de l’UE, l’institution qui les représente. L’usage veut que l’unanimité soit nécessaire.

    L’UE pourra alors le signer officiellement, avant un vote du Parlement européen qui entraînera son entrée en vigueur provisoire.

    Le texte devra alors être approuvé dans chaque Etat membre, ce qui signifie qu’il passera dans la plupart des cas devant les parlements nationaux, avec débats politiques à la clé.

  • La Chine face à une montagne de dettes masquées

    La Chine face à une montagne de dettes masquées

    Deuxième puissance économique et premier exportateur mondial, la Chine est confrontée à un ralentissement de sa croissance. Ce dernier est d’ordre structurel avec la montée en puissance du secteur tertiaire et d’ordre conjoncturel avec notamment l’augmentation des tensions commerciales avec les États-Unis. La croissance se situe certes toujours autour de 6 % mais elle s’érode. Les autorités chinoises surveillent avec attention l’évolution de l’activité afin d’éviter tout conflit social. Cet accompagnement du ralentissement passe par la mise en œuvre d’une politique monétaire accommodante et une politique de soutien à certains secteurs clefs comme le bâtiment. La conséquence est une augmentation de la dette. Si au niveau national, la dette chinoise reste sous contrôle, elle apparaît cependant de plus en plus dangereuse au niveau des collectivités locales.

    En effet, la dette publique chinoise ne s’élève qu’à 38 % du PIB bien loin des 98 % du PIB de la France. Mais, les administrations locales ont recours à la dette hors bilan dans des proportions croissantes. Ces collectivités sont à l’origine de 85 % des dépenses publiques chinoises mais ne reçoivent que 50% des recettes publiques. Elles sont contraintes de s’endetter pour réaliser les infrastructures demandées par l’échelon central. Or, l’administration de Pékin a rendu difficile le recours à l’emprunt pour les collectivités locales.

    Des entités spécifiques pour les dettes locales : 70% du PIB

    Afin de contourner la réglementation, ces dernières ont mis en place des entités spécifiques dénommées « véhicules de financement des administrations locales » (lgfv). Ce sont des sociétés qui sont supposés bénéficier de la garantie de l’État et qui peuvent donc s’endetter dans les meilleures conditions possibles. La Chine comptait, en 2018, plus de 11 500 Ifgv dont la dette publique représente 70 % du PIB. Selon le FMI, cette dette a été multipliée par trois en moins de 10 ans. Elle est mal contrôlée par les pouvoirs publics et par la banque centrale chinoise. Elle est par ailleurs avant tout générée par les régions les plus pauvres de Chine.

    Depuis 2010, les autorités chinoises tentent de maîtriser cet endettement masqué des collectivités locales. Des opérations de conversions de dettes ont été engagées afin de rendre plus transparente la comptabilité des collectivités locales. Le Gouvernement a facilité le recours à la transformation des titres en émettant des obligations à taux réduit. Malgré tout, de plus en plus, des lgfv sont dans l’incapacité de faire face à leurs échéances. Leurs revenus d’exploitation ne couvrent qu’environ 40 % de leurs charges annuelles. Elles sont donc contraintes de s’endetter pour rembourser. La croissance de l’endettement des lfgv, malgré les opérations d’échanges de titres, est de 20 % chaque année.

    Une croissance de 20%, les dettes hors contrôle. 

    En 2018, le Gouvernement chinois a accepté des défauts de bilan mais cela a eu comme conséquence une augmentation des taux d’intérêt proposés au Ifgv pouvant conduire à une implosion de l’ensemble du système. Le relèvement des taux a, en outre, réduit les ressources des collectivités locales qui ont été contraints d’interrompre les travaux sur une autoroute autour de la ville. Le ralentissement de la construction a été assez brutal.

    Les investissements dans les infrastructures n’ont augmenté que de 1,6 % en mai par rapport à l’année précédente, contre plus de 10 % au début des années 2010. Face à la montée des inquiétudes, le gouvernement chinois a assoupli la réglementation financière applicable aux collectivités locales afin qu’elles puissent s’endetter en direct plus facilement. Il a demandé aux responsables locaux d’émettre des obligations spéciales pour les grands projets tels que la modernisation des réseaux électriques.

    Une banqueroute des collectivités locales est possible 

    Pour éviter un blocage financier des collectivités locales, les autorités de Pékin sont disposées également à un financement direct des lgfv en ayant recours à la China Development Bank qui appartient à l’État. La situation des collectivités locales chinoises est suivie de près par l’État central pour des raisons économiques, sociales et politiques. Une banqueroute des collectivités pourrait, par effet domino, mettre en danger la sphère financière chinoise et saper la confiance des Chinois vis-à-vis du pouvoir en place. L’arrêt de nombreux chantiers pourrait dans certaines régions occasionner une augmentation du taux de chômage, ce qui est craint également par le Gouvernement. Enfin, la Chine qui entend devenir d’ici 2049 la première puissance économique mondiale ne peut guère se payer le luxe d’imiter les Américains en connaissant une crise digne de celle de 2008.

  • Retour en France pendant l’été, ce qui change au 1er juillet

    Retour en France pendant l’été, ce qui change au 1er juillet

    De nombreux Français de l’étranger vont passer en France leurs vacances. Les vols ne désemplissent pas, tout comme les trains et ce alors que les autoroutes sont régulièrement classées rouge par Bison Futé.

    Comme chaque année, de nombreuses choses changent à compter de ce lundi 1er juillet. Si elles concernent principalement les résidants en France et ceux qui rentreraient définitivement au pays mais cela s’applique aussi pour certains aspects aux visiteurs de passage.

    Une série de changements parfois positifs, et parfois négatifs

    Les véhicules diesel sont désormais plus encadrés

    Pour ceux qui rentrent en France définitivement, plusieurs bonnes nouvelles, notamment la revalorisation de l’allocation chômage. Plus particulièrement, les montants de l’allocation minimale, la partie fixe de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) et du seuil minimum de l’ARE pour les allocataires effectuant une formation sont revalorisés de 0,70 %.  Autre bonne nouvelle, pour ceux qui travaillent dans le monde médical, une prime de 100 euros pour les fonctionnaires qui va concerner 30,000 membres du personnel hospitalier.

    Par ailleurs et y compris pour les Français de l’étranger qui ont un bien immobilier en France, une baisse moyenne de 6,8 % du gaz pour les clients d’Engie. Sur un registre plus anecdotique, les drones ne pourront plus être vendus qu’avec une notice explicative précise et les permis de chasse sont renouvelables à partir du 1er juillet.

    Vous roulez avec votre véhicule français pendant vos vacances ! Attention !! 

    A partir du 1er juillet, le contrôle technique des véhicules diesel est renforcé. Les centres techniques sont désormais dotés de nouveaux logiciels de contrôle des normes de pollution. Seuls les véhicules classés Euro 4, 5 et 6 immatriculés après 2005 sont concernés.

    Coeur de ce nouveau contrôle technique : les systèmes de dépollution, comme le filtre à particules ou la vanne EGR. Les émissions polluantes ne devront pas dépasser celles constatées à l’achat. Dans le cas inverse, le véhicule devra être réparé, ou soumis à un décrassage, avant une contre-visite de contrôle. Le Conseil national des professionnels de l’automobile (CNPA) s’attend  à une augmentation du taux de contre-visite de 5 %, contre 1,4 % aujourd’hui.

    La limitation des loyers dans certains quartiers de Paris

    Les loyers sont à nouveau encadrés dans certains quartiers de Paris

    A Paris et sa région, des restrictions pour les véhicules ayant une vignette « crit’air 4 » sont d’application (Les voitures essence d’avant 1997, et diesel d’avant 2001 sont bannies). Les nouvelles vignettes restreignent la circulation pour les véhicules les plus polluants et ces derniers ne pourront plus circuler dans Paris du lundi au vendredi de 8h à 20h. Vous comptiez rouler en trottinette? Attention il n’est plus permis de les garer sur les trottoirs, il faut utiliser les emplacements dédiés aux deux roues.

    Par ailleurs, un arrêté préfectoral a remis en place l’encadrement des loyers dans les zones considérées comme « tendues » avec l’obligation pour le propriétaire de respecter un loyer de référence.

    Vous avez une résidence secondaire en France ? Nouvelle mesure pour L’éco-prêt à taux zéro étendu à tous les logements achevés depuis plus de deux ans.

    Il était jusqu’alors réservé aux résidences principales construites avant 1990. Autres nouveautés : la durée maximale d’emprunt est relevée de dix à quinze ans et les travaux d’isolation des planchers bas (rez-de-chaussée) deviennent éligibles à ce financement.

    Une série de mesures donc, qui concernent aussi nos compatriotes expatriés de retour dans l’Hexagone, pour les vacances estivales ou pour de bon. Il est important de rester vigilant pour éviter les impairs et pour profiter des nouvelles opportunités.

  • Les chefs d’État empêtrés dans la nomination des postes clés de l’Europe

    Les chefs d’État empêtrés dans la nomination des postes clés de l’Europe

    Malgré une nuit de négociations, les chefs d’État et de gouvernement étaient toujours incapables de trouver un consensus sur la répartition des postes clés de l’UE.

    Le blocage institutionnel pointe son nez à Bruxelles, après le nouvel échec des Vingt-huit à s’entendre sur le nom du successeur de Jean-Claude Juncker lors d’une réunion extraordinaire le dimanche 30 juin.

    Une première tentative pour trouver un accord sur la désignation des nouveaux chefs des institutions européennes avait échoué le 21 juin.

    Trois postes clés sont à pourvoir : la présidence de la Commission européenne, la présidence du Conseil européen et le/la haut(e) représentant(e) de l’UE pour les affaires étrangères.

    La présidence du Parlement européen est ouverte, mais suit une méthode distincte, puisque les nouveaux eurodéputés devraient élire leur nouveau président lors de la session plénière d’inauguration le mercredi 3 juillet.

    En début de semaine dernière, les dirigeants allemand, français, espagnol et néerlandais se sont rencontrés en marge du sommet du G20 à Osaka afin de sortir de l’impasse.

    Le groupe, représentant les trois plus grandes familles politiques (PPE, socialistes et libéraux) a estimé que la présidence de la Commission devrait idéalement revenir à Frans Timmermans, le candidat socialiste.

    Dans le cadre de cet accord d’Osaka, le PPE obtiendrait la présidence du Parlement européen, la présidence de la diplomatie européenne, et les libéraux la présidence du Conseil européen.

    Rébellion du PPE contre l’accord d’Osaka

    L’accord d’Osaka est perçu comme une concession majeure de la chancelière allemande Angela Merkel au nom du Parti populaire européen de centre droit (PPE), qui a terminé premier aux élections européennes du 26 mai prochain.

    Le PPE a toutefois refusé d’accepter le compromis d’Osaka et a répété que leur « Spitzenkandidat », Manfred Weber, avait remporté les élections et devait donc obtenir la présidence de la Commission.

    La rébellion contre Angela Merkel a commencé après son départ d’une réunion du PPE organisée pour préparer le sommet européen d’hier. « Merkel représente l’Allemagne, pas le PPE », a déclaré Paulo Rangel, vice-président portugais du PPE. En arrivant au sommet européen hier, le Premier ministre bulgare Boyko Borissov a répété la même chose.

    Antonio Tajani, le président PPE sortant du Parlement européen a déclaré qu’il serait « impossible » pour le centre-droit de voter pour un candidat socialiste, car cela irait à l’encontre de la volonté des électeurs européens qui ont placé son parti en tête du scrutin.

    « Pour nous, Spitzenkandidat signifie le candidat de la force politique qui a remporté les élections », a-t-il rappelé après la réunion avec les dirigeants européens.

    Antonio Tajani a également déclaré que le Parlement européen voterait mercredi pour élire son nouveau président, que les dirigeants aient trouvé un compromis ou non.

    Le Parlement européen est censé organiser un vote de confiance sur le nouveau président de la Commission européenne désignée par les dirigeants européens lors d’une séance plénière mi-juillet.

    « Pour moi, il est très important d’éviter un conflit interinstitutionnel entre le Conseil et le Parlement », a déclaré Angela Merkel aux journalistes avant de rentrer dans la salle du Conseil.

    Divisions au PPE

    L’opposition féroce à l’accord d’Osaka a retardé le début du sommet de près de trois heures le dimanche 30 juin, alors que plusieurs chefs d’Etat tentaient de débloquer l’impasse lors de négociations en face à face.

    Selon un diplomate, les divisions au sein du PPE sont à l’origine du manque d’avancées. Tandis que les leaders du PPE maintenaient leurs positions, Donald Tusk a suspendu le sommet vers 23h pour des négociations bilatérales avec les dirigeants européens. Des discussions qui ont duré près de cinq heures.

    Boyko Borissov a rencontré la tête de liste socialiste, Frans Timmermans à la représentation permanente de la Bulgarie et lui a annoncé qu’un compromis était en train de prendre forme, selon lequel le Néerlandais obtiendrait la présidence de la Commission et Manfred Weber celle du Parlement. Une vidéo de deux minutes a été postée sur la page Facebook du Premier ministre bulgare. Mais l’annonce était un peu prématurée…

    Lors de ces négociations bilatérales, Donald Tusk a tâté le terrain pour d’autres candidats du PPE, comme le négociateur en chef du Brexit, Michel Barnier, la directrice de la Banque mondiale, Kristalina Georgieva ou le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar.

    Ce dernier était l’un des opposants les plus virulents à l’accord d’Osaka, avec le groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie). Des sources diplomatiques ont déclaré que ce trio d’options alternatives était étrange, car Leo Varadkar n’avait aucunement l’intention de quitter son poste à la tête du gouvernement irlandais.

    La possibilité que la session inaugurale du Parlement européen cette semaine se déroule sans président de l’assemblée a ajouté de l’urgence à la discussion.

    « Les chefs d’État européen sont conscients qu’il serait préférable de choisir ce soir » pour éviter d’être mis devant un fait accompli par les eurodéputés en fin de semaine, qui pourraient choisir quelqu’un d’autre que Manfred Weber en tant que président du Parlement, a reconnu hier soir un diplomate européen, avant de poursuivre : « le vote prévu mercredi pourrait apporter des changements considérables à l’accord [d’Osaka] »

    Autre pierre d’achoppement : choisir un candidat libéral de Renew Europe pour la présidence du Conseil européen et celle de la diplomatie européenne tout en respectant la parité.

    Une des possibilités envisagées hier serait de s’accorder uniquement sur la présidence de la Commission et laisser le reste des décisions pour un autre sommet.

  • Accord entre le Mercosur et l’Union européenne : enfin !

    Accord entre le Mercosur et l’Union européenne : enfin !

    L’union Européenne a signé un accord de libre échange avec le Mercosur, c’est-à-dire le marché commun sud américain (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay). Cet accord était discuté depuis plus de vingt ans, et s’il butait sur les questions agricoles, les tendances protectionnistes, en Europe (notamment en France) comme en Amérique latine, (en Argentine), y faisaient constamment obstacle.

    L’accord éliminera plus 90% des droits de douane

    L’accord éliminera plus 90% des droits de douane à l’entrée du Mercosur comme à l’entrée de l’Union Européenne. Même si l’essentiel de l’accord concerne les produits industriels, le volet agricole est particulièrement sensible. Dans ce domaine, les taxes sur les alcools, et notamment le vin, seront progressivement supprimés, tandis que viande et sucre américain auront accès au marché européen dans la limite de quotas. Par exemple, 100.000 tonnes pour le bœuf par an (par comparaison,  la production européenne est de 13.7millions de tonnes). Pas de quoi être submergé, cependant, un mécanisme de sauvegarde prévoit des mesures temporaires en cas de déstabilisation du marché. Surtout, le Mercosur reconnait 357 appellations et indications géographiques européennes. Aucun accord antérieur n’avait entériné la reconnaissance d’autant d’appellations d’origine. Fini le champagne ou le cognac brésilien, les imitations de fromages français ou italiens. Enfin, les pays du Mercosur seront tenus d’ouvrir leurs marchés publics aux entreprises européennes.

    Emmanuel Macron a salué l’accord, considérant qu’il prenait en compte les intérêts français, soulignant que le Brésil s’était engagé dans ce traité à des clauses environnementales comme la protection de la forêt et le respect de l’accord sur le climat. Il est pourtant désavoué par le deuxième de la liste Renaissance Pascal Durand, son ancien collègue du gouvernement Hollande, mais aussi par Nicolas Hulot. Les Ecologistes entendent faire de cet accord un nouveau cheval de bataille, alliés cette fois aux syndicats agricoles. Beaucoup d’ONG fustigent aussi l’accord, prenant à partie le Président brésilien Bolsonaro.

    La route est donc longue avant que ce traité n’entre en vigueur, puisqu’il doit être approuvé par le parlement européen.

    Pourtant, un tel accord se fait au bénéfice non seulement des consommateurs et des producteurs des pays concernés, qui auront droit à des meilleurs produits au meilleur coût, sans payer de taxes indues, mais surtout, il renforce les liens politiques avec des pays qui ont été trop longtemps considérés comme une chasse gardée nord américaine. Et qui passent de nombreux accords bilatéraux avec la Chine. Il est curieux de plaider le développement des économies émergentes, de vouloir aider travailleurs et paysans latino américain et leur fermer le marché européen. Signer des accords de commerce est un système de reconnaissance juridique, cela ne revient pas à approuver la politique de tel  ou tel chef d’Etat. Doit-on boycotter la Chine à cause de la répression du PC chinois ? Refuser le pétrole iranien et saoudien ? Couper le gaz russe et algérien ? Voire fermer les frontières italiennes parce qu’on n’est pas d’accord avec Salvini ?

    L’accord avec les pays du Mercosur rapproche les pays de l’Amérique latine et l’Europe, qui semblait les avoir abandonnés.  C’est une excellente nouvelle pour l’équilibre du monde. Personne ne convaincra Bolsonaro (et les 55% de Brésiliens qui ont voté pour lui) en leur fermer la porte au nez.

    Si cet accord, jugé « historique » est une bonne nouvelle pour les pays d’Amérique latine et pour les Européens, sa ratification  est, hélas, loin d’être assurée.

     

  • Bac à l’étranger, quels résultats ?

    Bac à l’étranger, quels résultats ?

    Avec 98,36% de réussite, 15 félicitations du jury et 35% de mentions Très Bien, et 86,7% de mentions en tout, le Lycée Français de Lisbonne Charles Lepierre a réalisé son record historique. Il s’inscrit dans une tradition d’excellence du réseau international des Lycées Français hors de France. 100% de réussite et 84% de mentions également au Lycée français international de Porto

    Au Lycée Charles de Gaulle de Londres, 100% de réussite au brevet, 99,6% de succès au baccalauréat, avec 58% de mentions Très Bien et 99% de réussite aux « A levels », l’équivalent britannique. Une précision car dans la grande majorité des cas les Lycées proposent effectivement également de passer les examens locaux ou le baccalauréat international, ce qui permet ensuite d’intégrer des universités par exemple anglo-saxonnes.

    Un réseau réputé, aussi parmi les « locaux »

    Une réputation qui permet souvent aux Lycées de bénéficier d’un engouement des populations locales également, notamment dans les pays ou l’éducation nationale peut être défaillante et ou l’enseignement français peut constituer une alternative séduisante pour les élites.

    Ainsi au Maroc par exemple, plusieurs dizaines d’établissement proposent un enseignement français. Avec là aussi des succès indéniables. Parmi les autres données chiffrées, notons par exemple 98.7% de réussite au baccalauréat à Francfort (dont 49% de mentions Très Bien), ainsi que les 68 nationalités qui étudient au Lycée de New-York.

    Un réseau victime de son succès ?

    Toute médaille a son revers. Les Lycées français ont souvent des frais de scolarité élevés, et parfois en forte hausse, ce qui amène à des critiques d’associations de parents d’élèves et de leur volonté de pouvoir être plus impliqués dans la gestion des Lycées. Les syndicats sont également souvent en colère contre l’administration en raison de détachements non renouvelés.

    Pour autant, le « cru 2019 » du baccalauréat montre que les Lycées français n’ont perdu ni de leur attractivité, ni de leur qualité.

  • Canicule, incendies, l’été démarre violemment en France

    L’exceptionnelle canicule qui s’abat sur la France a causé la mort de trois personnes supplémentaires dans le sud et dans l’est, rapportent samedi les autorités, portant à quatre le nombre connu de victimes de la chaleur sur le territoire national.

    Dans le département du Vaucluse (sud) placé en alerte maximale, où le seuil des 40°C a été largement franchi vendredi, six personnes ont été hospitalisées en état d’hyperthermie depuis vendredi: l’une d’elles est décédée et pour une autre le « pronostic vital (est) engagé » a indiqué la préfecture.

    Le département reste en vigilance « orange » à la canicule samedi et la préfecture met en garde contre « un risque d’orages modérés voire violents et accompagnés de grêle par endroits ».

    En outre, deux personnes sont décédées jeudi dans la ville de Cernay, dans l’est: selon le maire, Michel Sordi, il s’agit d’un octogénaire et d’un ouvrier trentenaire, tous deux victimes de malaises probablement liés à la canicule.

    Jeudi, un couvreur de 33 ans qui travaillait sur un toit en pleine chaleur dans l’ouest était également décédé.

    Depuis le début de la canicule lundi, neuf décès ont été signalés au total en France (4), en Espagne (2) et en Italie (2).

    Des incendies

    De nouveaux incendies touchaient samedi l’Espagne, où les températures restaient caniculaires comme dans le reste de l’Europe, ont annoncé les autorités. Plus de 700 soldats, des centaines de pompiers, des avions bombardiers d’eau, des hélicoptères et des véhicules anti-incendie combattaient quatre incendies dans le centre et le nord-est de l’Espagne, où les températures atteignaient 42 degrés Celsius. Un incendie qui s’est déclaré vendredi soir dans la ville d’Almorox (centre) a déjà dévasté plus de 2.000 hectares, se propageant dans la région de Madrid et provoquant l’évacuation d’un village, selon les services de secours.

    A 60 km au sud-est, un autre foyer faisait rage près de la ville de Tolède, forçant 22 résidents à évacuer la zone où des avions bombardiers d’eau venaient en aide aux pompiers combattant les flammes au sol, a indiqué le gouvernement régional. Un troisième incendie touchait la région, à 60 km à l’ouest d’Almorox.

    Dans le nord-est du pays, en Catalogne, un immense feu qui s’était déclaré mercredi et a depuis détruit des milliers d’hectares a enfin été maîtrisé et « est en train d’être stabilisé », a annoncé le gouvernement régional dans un communiqué.

    Selon la météo espagnole, le thermomètre dépassait samedi 36 degrés dans la majeure partie du pays, avec des pics à 40 degrés ou plus dans le centre, dont Madrid, et le sud.

    Du côté de la France, les pompiers du Gard tentaient toujours de fixer des feux samedi soir, après l’épisode de canicule exceptionnelle de la veille qui a provoqué une soixantaine d’incendie, ont annoncé la préfecture et les pompiers.

    Depuis vendredi, journée classée en « vigilance rouge » canicule dans le département, jusqu’à samedi soir, 550 hectares sont partis en fumée, selon les pompiers. Deux nouveaux foyers, à Bellegarde et à Milhau, sont en cours d’être maîtrisés, selon la préfecture, qui précise que les Canadairs sont à l’oeuvre.

    Ces nombreux incendies ont mobilisés 550 pompiers, dont 200 en renfort venus d’autres départements, 180 véhicules, 7 Canadairs et 2 trackers.

    Les incendies ont aussi fait 20 blessés légers dont 19 parmi les pompiers. Au total six maisons et cinq hangars agricoles ont été brulés. Le travail de noyage complet de ces différents feux se poursuit samedi soir, selon les pompiers, qui maintiennent « une surveillance active ».

    En conséquence des incendies, dans le Gard, plusieurs foyers sont actuellement privés d’électricité selon la préfecture. Une trentaine à Bouillargue, environ soixante-dix à Saint-Gilles, une soixantaine au Caylar, et une autre trentaine à Meynes et Montfrin.

    La majorité des feux se sont déclarés simultanément, portés par des vents chauds et la sécheresse extrême de la végétation. Vendredi, à Gallargues-le-Montueux (Gard), la température est montée à un niveau record, sans précédent en France, de 45,9 degrés.

  • Passons l’été avec de épatants expats #1 Stendhal, Consul de France

    En 1831, recommandé au Comte Molé, ministre des affaires étrangères de Louis-Philippe, Stendhal est envoyé comme Consul à Civitavecchia. C’est un port situé non loin de Rome qui appartient aux Etats Pontificaux. C’est surtout un trou. Dans un premier temps, la nomination avait concerné Trieste, mais les lettres d’accréditations avaient été refusées par Metternich qui trouvait ce haut fonctionnaire doublé d’un écrivain trop libéral et surtout anti-autrichien : il suffisait de lire Rome, Naples et Florencepour s’en rendre compte.

    Stendhal qui a presque 50 ans, qui a sillonné l’Allemagne et l’Italie, qui a vécu à Paris, Londres, et surtout Milan, s’ennuie à mourir. C’est le moment, plus que jamais, de mettre en pratique sa devise, SFCDT :« Se Foutre Carrément De Tout ». A Civitavecchia, il commence une autobiographie, Souvenirs d’égotisme, puis un roman, Lucien Leuwen, puis une autre autobiographie, Vie de Henry Brulard, projets qui resteront tous trois inachevés.

    Il est vrai que Stendhal s’échappe de son Consulat dès qu’il peut, profitant de la proximité de Rome pour assister à des fouilles archéologiques et pour feuilleter dans les bibliothèques de vieux manuscrits dont il tirera les Chroniques italiennes. On le voit aussi à Naples et à Florence où il rencontre en secret des amours contrariés.

    En 1836, il obtient un congé et ce diplomate en profite pour…voyager : en Suisse, en Belgique, aux Pays-Bas. De retour à Paris, il transforme en roman l’une des histoires copiées en Italie qui racontait la jeunesse d’Alexandre Farnèse. Ce sera La Chartreuse de Parme, publiée en 1939.

    Mais un changement de gouvernement, qui lui retire la protection du comte Molé, l’oblige à reprendre son poste et il doit rentrer à Civitavecchia où il se remet à mourir d’ennui. Victime de deux attaques d’apoplexie, il est rapatrié en congé de maladie à la fin de l’année1840 et cette fois-ci ce n’est pas un certificat de complaisance.

    L’air de Paris et le succès de La Chartreuse de Parme ne suffisent pas à le guérir, puisqu’il meurt quinze mois plus tard, des projets d’écriture et d’amour plein la tête.

  • Le nouveau Parlement tente de se répartir les postes clés sans l’extrême droite

    Les groupes politiques au Parlement européen ont commencé à se répartir les postes clés avant la session plénière d’ouverture. Chacun a émis ses premiers choix pour les postes de présidents et vice-présidents des 20 commissions parlementaires.

    Les manœuvres politiques ont débuté au sein du nouveau Parlement européen pour la répartition des postes à responsabilité, selon des documents internes consultés par Euractiv.

    Le parti populaire européen de centre-droit (PPE), qui a remporté le plus de sièges, veut s’attribuer la présidence de deux commissions clés, la commission des affaires étrangères (AFET), celle de l’industrie (ITRE), ainsi que les commissions culture (CULT), développement (DEVE), affaires constitutionnelles (AFCO), pétitions (PETI) et contrôle budgétaire (CONT).

    Chaque groupe politique a choisi tour à tour ses candidats pour chaque commission et sous-commission, en commençant par la plus grande délégation (PPE) et en appliquant le système d’Hondt.

    Chaque commission élira en réunion constitutive un président et jusqu’à quatre vice-président, qui formeront ensemble le Bureau de commission. Cela signifie qu’un candidat désigné de manière informelle pour présider une commission grâce à la méthode d’Hondt peut être rejeté par les mêmes membres.

    Selon une source du PPE, la délégation allemande de la CDU décroche généralement la commission AFET, en témoignent les présidences récentes d’Elmar Brok et de David McAllister.

    Dans le même temps, la commission de l’industrie pourrait revenir au président sortant du Parlement européen, Antonio Tajani, qui était commissaire en charge de l’industrie sous la Commission Barroso II. Lors de la dernière législature, cette commission était présidée par l’ancien président du Parlement, Jerzy Buzek.

    « S’il n’est pas réélu comme président de l’hémicycle », Antonio Tajani pourrait bien devenir président de la commission de l’industrie, assure un eurodéputé chevronné.

    Les socialistes (S&D) ont quant à eux demandé la présidence de la commission ECON, qui pourrait être attribuée à Roberto Gualtieri à nouveau, celle du commerce international (INTA), de la justice et des libertés civiles (LIBE) et des droits des femmes (FEMM), ainsi que celle de la sous-commission des droits humains (DROI).

    Les libéraux de Renew Europe (RE) visent des grosses commissions comme celle de la santé et de l’environnement (ENVI), que devrait remporter le Français Pascal Canfin, et de plus petites comme celle de la pêche (PECH), qui reviendra surement à des eurodéputés très expérimentés comme le Britannique Chris Davies ou l’océanographe français Pierre Karleskind. Ils réclament aussi la présidence de la sous-commission de la défense (SEDE) qui pourrait être présidée par la Française Nathalie Loiseau.

    Les Verts, le quatrième plus grand groupe du Parlement, veut la présidence de la commission transport (TRAN) et celle du marché interne (IMCO).

    Les Conservateurs et réformistes européens (CRE) ont demandé la commission budgets (BUDG), qui aura un rôle crucial dans les négociations du Cadre financier pluriannuel, le budget à long terme de l’UE, et la commission emploi (EMPL).

    La gauche (GUE/NGL) proposera quant à elle le Réunionnais Younous Omarjee pour présider la commission du développement régional (REGI).

    Enfin, le nouveau groupe d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) a quant à lui choisi deux commissions clés : l’agriculture (AGRI) et affaires juridiques (JURI).

    Cordon sanitaire

    Il semblerait toutefois que les autres groupes soient prêts à appliquer le fameux cordon sanitaire pour empêcher le groupe d’extrême droite de prendre des postes clés au Parlement, une tactique qui a été utilisée par le passé. Certains eurodéputés socialistes l’ont confirmé et des sources du centre droit ne l’ont pas nié.

    Mais cela signifie aussi que les présidences de ces commissions seront vacantes, si les candidats désignés par ID sont rejetés.