Une pétition demande le retrait de la Légion d’honneur donnée à la Cheffe de l’éxecutif Hongkongais.

Une pétition, mise en ligne le 14 juin dernier et initiée par une étudiante hongkongaise, Shuk Ying Chan, demande au Président de la République française, Emmanuel Macron et au Général d’armée Benoît Puga, Grand chancelier de la Légion d’honneur, le retrait de la Légion d’honneur donnée, par la France, à la Cheffe de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, en 2015.

 

Cette pétition fait suite à la décision de Carrie Lam de mettre au vote une loi extrêmement controversée visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale (Fugitive Offenders and Mutual Legal Assistance in Criminal Matters Legislation Amendment Bill).

 

Près de 2 millions de personnes, pour la plupart vêtus de noir, sont descendus dans la rue le 16 juin dernier, soit plus de 28% de la population que compte la région administrative spéciale (7,4 millions d’habitants), pour demander le retrait de ce projet de loi. Il s’agit là de la plus grande manifestation jamais organisée à Hong-Kong, juste une semaine après celle réunissant plus de 1 million de personnes, toujours opposées à ce projet de loi, et qui avait fait l’objet d’une répression violente des forces de l’ordre.

La Cheffe de l’exécutif est intervenue pour présenter ses excuses aux hongkongais et annoncer la suspension pour une période indéfinie de cette loi, là où les manifestants en réclamaient son retrait.

 

Plus de 160.000 personnes ont signé la pétition qui a été envoyée à Emmanuel Macron le 18 juin dernier. Extraits.
« Compte tenu du rôle de leadership exercé par la chef de l’exécutif Carrie Lam pour faire adopter un projet d’extradition qui risque de mettre en danger les droits et libertés des résidents et des visiteurs à Hong Kong, nous souhaitons que vous révoquiez le titre d’officier de la Légion d’honneur de Mme Lam”, explique l’auteure de la pétition, pétition diffusée en anglais et en français.
« De plus, la gestion par Mme Lam de la contestation entourant le projet de loi a été universellement sanctionnée. L’Union européenne et Amnistie internationale ont toutes deux critiqué l’emploi excessif de la force par la police de Hong Kong dans leur répression d’une manifestation largement pacifique le 12 juin”, peut-on également lire dans cette pétition.
Peu importe son bilan passé, elle n’est visiblement plus la « leader et fonctionnaire modèle » dont le Consul général de France (NDLR: De l’époque), Arnaud Barthélémy a fait l’éloge. Ses actes en tant que chef de l’exécutif de Hong Kong

Carrie Lam, Cheffe de l'exécutif de Hong-Kong

ont gravement affaibli, plutôt que consolidé, les idéaux français de liberté et d’égalité pour tous. C’est pourquoi nous vous demandons de révoquer le titre d’officier de la Légion d’honneur de Mme Lam”, conclut ce texte.

 

Les contestataires sont en attente d’une réponse de l’Elysée, n’hésitant pas à accuser la Chine continentale d’ingérence et de non respect du principe “un pays, deux systèmes”, garantissant à Hong-Kong, jusqu’en 2047, un statut particulier lui laissant une certaine autonomie et lui garantissant des libertés, notamment d’expression.

Catya Martin

Rédactrice en Chef du magazine francophone de Hong-Kong

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