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  • L’hypothèse Sarkozy refait surface chez Les Républicains

    L’hypothèse Sarkozy refait surface chez Les Républicains

    Nouveau livre, omniprésence médiatique, soutiens multiples. La cote de popularité de l’ex-président remonte malgré la multiplication des affaires judiciaires. Et alors que son parti  cherche à rebondir après des élections européennes catastrophiques.

    Faire la couverture de Paris Match est rarement anodin pour un homme politique. Le faire tout en étant poursuivi dans le cadre de 9 procédures judiciaires différentes qui tournent toutes autour du thème de la corruption est un tour de force.

    C’est ce que l’ancien président Nicolas Sarkozy a pourtant fait, ce 4 juillet, en posant avec sa femme Carla Bruni. Il faut dire que l’homme politique reste le second homme politique le plus populaire de France, avec 38 % d’opinions positives, derrière Nicolas Hulot (50 %).

    A l’occasion de la sortie d’un nouveau livre, « Passions » l’ex-chef de l’Etat, qui était rapidement devenu une star en France mais aussi au niveau européen, avant de dégringoler, ne cesse de répéter qu’il n’a pas l’intention de revenir en politique. Ce qui ne convainc pas grand monde, notamment dans son propre camp, où les « sarkozystes » restent nombreux. Le livre de 360 pages, qui retrace son parcours en insistant sur sa vie privée est visiblement considéré comme un opus adapté pour les vacances : sorti le 27 juin, il s’est rapidement hissé en tête des ventes de livres en France tout ouvrages confondus. Il a aussi bénéficié d’une large couverture médiatique.

    Des soutiens indéfectibles malgré les affaires

    Fin juin, la cour de cassation a rejeté un pourvoi de l’ex-président, invalidant la dernière possibilité d’appel pour lui éviter un procès pour corruption.

    « Il y a une autorité morale au-dessus de tout ce qui a une vraie légitimité dans notre mouvement, c’est Nicolas Sarkozy » continue pourtant d’assurer le maire de Nice, Christian Estrosi, qui a précisé sur Europe 1 son désir que le parti LR fasse appel à lui « comme juge de paix » (sic) pour pouvoir travailler pendant cette période d’élections locales dans des conditions beaucoup plus apaisées et sereines ».

    Le président a aussi des appuis indéfectibles au Parlement européen : Nadine Morano et Brice Hortefeux, tous deux réelus. Preuve qu’il reste aux manettes l’air de rien : la tête de liste aux Européennes, François-Xavier Bellamy, était allée le voir avant de se lancer dans la bataille

    Le professeur de philosophie versaillais ne croit pas à la démocratie européenne mais veut faire avancer l’idée européenne en travaillant sur la culture et l’éducation. Il estime que les racines de l’Europe sont chrétiennes, mais pas seulement.

    Il avait alors demandé au président si c’était le bon moment pour se lancer dans une bataille électorale. « Si c’était le bon moment pour LR, ce ne serait pas vous ! » lui avait froidement répondu l’ex-président, qui ne croyait pas si bien dire.

    LR en désherence

    Après une campagne longue et laborieuse, le parti a établi un score magistralement inférieur à ce que les sondages lui promettaient. Le résultat d’une campagne trop marquée à droite sur les valeurs, qui n’a notamment pas convaincu les femmes.

    Le parti LR se cherche une nouvelle tête de pont, après la démission de Laurent Wauquiez suite aux résultats catastrophiques des élections européennes. Pour l’heure, Christian Jacob est le seul candidat déclaré.

    Aline Robert

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • 14 juillet aussi pour les Français de l’étranger !

    14 juillet aussi pour les Français de l’étranger !

    Instaurée en 1880 pour commémorer la prise de la Bastille du 14 juillet 1789 et la fête de la fédération de 1790 autour du marquis de La Fayette, la Fête Nationale est depuis lors un rendez-vous incontournable des Français avec leur pays.

    Le Palais Farnèse, Ambassade de France à Rome

    Les Français de l’étranger, attachés eux aussi à ce rendez-vous, ne sont pas en reste et célèbrent partout à travers le monde ce rendez-vous républicain. Notons par exemple que l’Ambassade de France en Italie organise le 13 juillet, pour profiter ensuite du dimanche, une réception dans le cadre spectaculaire du Palais Farnèse . Ce Chef-d’œuvre de la Renaissance, construit pour le Pape Paul III, est le siège de l’Ambassade de France depuis 1874.

    L’UFE se mobilise au Portugal et à Hong-Kong, plusieurs rendez-vous en Belgique

    L’UFE, association d’expatriés reconnue d’utilité publique depuis 1936 et classée à droite, organise dans plusieurs lieux à travers le monde des évènements pour la communauté. Citons le 13 juillet le bal des lampions à  Sydney , le 14 juillet, l’UFE Hong-Kong organise un après-midi pour les Français et ce même jour, l’UFE Portugal Centre Ouest organise un dîner « convivial et musical  »

    En Belgique plusieurs évènements sont organisés. Le vendredi 12 juillet, l’Ambassade de France organise sa réception traditionnelle  et le 13 juillet, le Conseiller Consulaire Georges-Francis Seingry invite les Français de Belgique pour la 8ème édition de son Bal à Bruxelles

    Des évènements et des déceptions en Amérique du Nord

    Dans la Belle Province, l’Union française de Montréal organise son traditionnel Bal le 14 juillet à partir de 11 :00 au 429 avenue Viger est, entrée gratuite. En revanche à Toronto, pas de célébrations organisées par la Fédération Tricolore de Toronto cette année. Des dissensions, semble-t-il, empêchent cette année la réalisation d’un évènement. La Fédération s’associera cependant à la page Torontois.com pour un pique-nique dans le parc Budapest

    A New-York, la page newyorkcity.fr recense une série d’évènements à l’occasion du « Bastille Day » dans la grosse pomme

    Vous organisez ou participez à un évènement pour le 14 juillet ? N’hésitez pas à écrire à la rédaction et nous le faire savoir !

  • La démocratie libérale, une espèce en voie de disparition.

    La démocratie libérale, une espèce en voie de disparition.

    Au pas camarade, au pas camarade, au pas, au pas, au pas.  Selon Poutine, « l’idée libérale serait obsolète ». Outre ses nombreux admirateurs de par le monde, et en France, bien d’autres lui disputent le cadavre du libéralisme. Ici les autocrates, comme Poutine, Erdogan, qui plastronnent ; là, les Populistes illibéraux, comme Orban ; à coté les pourfendeurs du libre échange, comme Trump ;  rejoint par  les Ecolos, type Hulot, pour qui le « libre échange est à l’origine de tous les problèmes écologiques ». Même le groupe libéral démocrate au Parlement européen, sous l’impulsion des macronistes, a changé de nom, sans doute gagné par la honte.

    Ne restent de libéraux que les Stambouliotes, les Hongkongais, les Honduriens. Comme les Hongkongais ont l’espérance de vie la plus longue du monde, « l’idée libérale » subsistera un peu. Ils manifestent contre des menaces sur les libertés publiques que fait peser leur propre gouvernement, complice de l’Empire de Xi Jiping.

    Dix ans après un coup d’Etat, les Honduriens -encore trois morts dans les manifestations cette semaine -, réclament le départ d’un Président mal élu, accusé de narcotrafic.

    Quant aux Stambouliotes, ils ont renvoyé Erdogan dans son palais, lui qui, maire d’Istanbul, avait proclamé « Qui gagne Istanbul gagne la Turquie » avant de passer 17 ans au pouvoir. La démocratie est plus résistante qu’on ne le croit.

    Comme Poutine, Erdogan considère que le temps des démocraties libérales est révolu. Depuis le soi-disant coup d’Etat de 2016, des dizaines de milliers de militaires, d’enseignants, de journalistes, de policiers, ont été emprisonnés. Le régime s’éloigne de l’Europe et  prend la Russie pour modèle.

    La discipline, l’unité de commandement ne valent-ils pas  mieux que le désordre et l’indécision ? Pas vraiment si l’on compare les résultats économiques : Depuis son recul démocratique, la Turquie s’enfonce. Quant à Poutine, suspendu aux cours du pétrole, il a du revenir sur des coupes budgétaires qui ont fait plonger sa cote de popularité, affolant ses courtisans.

    Ni si l’on regarde les résultats politiques : La Russie a gagné la Crimée, mais perdu l’Ukraine, et ruiné les relations avec l’Europe, son partenaire naturel. Quant à la Turquie, hier modèle international, elle est aujourd’hui isolée, travaillée à nouveau par des conflits violents, parcourue par des réseaux terroristes, en difficulté avec les Etats-Unis, l’Union européenne, l’Arménie, la Grèce, l’Egypte, Israël, la Syrie, l’Arabie saoudite, la Lybie, et évidemment les Kurdes et l’Irak.  Elle peut toujours acheter des armes à la Russie, mais se privera de ses fournisseurs américains et européens. Car la Russie, hormis du gaz et du pétrole, n’a pas grand-chose à vendre, sinon des armes et une crise du rouble, ce dont elle se protège en achetant … des Euros.

    On pouvait craindre que la cécité des autocrates ne soit contagieuse, que les peuples ne continuent à les suivre. Istanbul montre que non. Hong Kong envahit le Parlement pour y brandir le drapeau britannique et rêve d’un Brexit d’avec la Chine ! La démocratie libérale ne sera pas vaincue par les Empires et les Satrapes, mais elle peut l’être par la peur et la méconnaissance des ressorts du monde. La fièvre illibérale a déjà gagné les populistes, elle gagne aussi les écologistes catastrophistes.

    Ainsi, chez nous, Hulot explique que le libre échange est l’ennemi du climat (et des peuples). Yves Cochet, autre figure écologiste, prépare la fin du monde, préconise le rationnement et le contrôle des naissances.  Imparable : si  nous courrons vers le désastre, un Etat de guerre s’impose, une législation d’exception.

    Telle est la version extrême de certains écologistes verts. D’autres, écolo-pragmatiques, considèrent le libre-échange comme la meilleure allocation des ressources possible, un moyen de lutte contre la pauvreté, un partage de normes juridiques, commerciales, sociales, politiques … écologiques.  Hélas Hulot n’est pas seul : droite, gauche, extrême droite, extrême gauche  rivalisent à dénoncer le libre échange.

    Qu’on imagine un monde vraiment protectionniste, à la Trump ou à la Hulot : Les pays sans gaz ni pétrole  retourneraient au charbon et au bois. La production de tee-shirt resterait en France, mais chaque chemise produite sur place coûterait vingt fois son prix, soit un pouvoir d’achat beaucoup plus bas, avec un énorme gâchis écologique, car toute production exige matières premières et énergie.

    Le meilleur système d’ « économies » des ressources de la planète, est un système ouvert, d’échanges avec des prix libres. La solution des problèmes  écologiques n’est pas de chercher une alternative au capitalisme, mais dans l’avènement d’un capitalisme bleu, vert, de toutes les couleurs, qui permet et rétribue innovation, investissement et nouvelles énergies. Au delà des bénéfices économiques, les bénéfices politiques des systèmes ouverts sont majeurs.

    On peut croire défendre la démocratie libérale sans le libre échange, c’est un leurre. Le protectionnisme ne peut fonctionner qu’avec des contrôles qui s’appliquent non aux étrangers mais aux citoyens du pays contrôleur. Les Etats protectionnistes sont les pays où le contrôle politique et social est le plus abouti.

    On glose sur la faillite des démocraties. On ricane sur les heures de conciliabule pour désigner un exécutif européen. Soit. La recherche du consensus, c’est long, mais plutôt efficace. La nouvelle équipe européenne, ne se proclamera pas libérale, mais il faut espérer qu’elle le soit. Parce que l’Europe est génétiquement libérale, d’où le nombre de ses ennemis. Quand elle ne l’est pas, elle est bureaucratique. Quand elle ose être libre et indépendante, elle rappelle au monde des principes qui font encore vibrer Hong Kong, Istambul, Sao Paolo et Tegucigalpa. Et peut être Alger et Tunis. Morte l’idée libérale ? Pas encore. Faire et laisser dire.

    Laurent Dominati 

    A. Ambassadeur de France
    A. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Un français de l’étranger à la tête du classement des Français visionnés sur Youtube

    Un français de l’étranger à la tête du classement des Français visionnés sur Youtube

    300 chaînes françaises sur YouTube ont atteint le million d’abonnés en juin, soit un doublement de l’audience en deux ans, a annoncé jeudi la plateforme, propriété de Google, lors du YouTube Festival à Paris.

    La France se situe entre le Royaume-Uni qui en compte 410 et l’Allemagne 150, selon les chiffres annoncés par la plateforme de partage de vidéos. Dans l’Hexagone, elles n’étaient encore qu’une dizaine en 2014. De nombreux médias nationaux se sont lançés dans l’aventure, Lesfrancais.press et la French Radio s’y préparent aussi.

    David Guetta en haut du classement

    Si les Français sont fidèles à Squeezie (13,2 millions d’abonnés), Cyprien (13,2 millions d’abonnés) et Norman (11,5 millions d’abonnés), la chaîne YouTube la plus populaire est celle de David Guetta, le Français de Dubai, dont les 510 vidéos attirent plus de 20 millions de fidèles – pour un total de plus de 10 milliards de vues. Une statistique qui est corrélée à la popularité de l’artiste à l’international.

    DJ Snake a quant à lui fidélisé plus de 15,5 millions d’internautes. Au niveau mondial, c’est la chaîne musicale T-Series qui reste la plus populaire. En mai 2019, elle a été la première à franchir la barre des 100 millions d’abonnés.

    Justine Ryst, directrice des partenariats pour l’Europe du sud, a salué une « exception culturelle française » à l’œuvre, avec des créateurs qui s’attellent à des formats de plus en plus techniques: « documentaires, fiction et courts-métrages ».

    Concernant la musique, la plateforme annonce 76 millions de vidéos musicales visionnées chaque jour en France, en prenant en compte la plateforme spécialisée YouTube Music. Les trois quarts du top 100 des musiques les plus écoutées en France viennent d’artistes français. « YouTube fait partie de la culture française », a déclaré Justine Ryst.

    Pour expliquer cette évolution, elle évoque les progrès techniques de la plateforme, qui propose une résolution plus élevée et des outils d’édition plus performants, mais également l’ancrage de YouTube en France.

    500 heures de contenu chaque minute

    Par exemple, un « YouTube Space » met à disposition studio et matériel aux vidéastes ayant dépassé 10.000 abonnés, et la plateforme noue des partenariats avec des réseaux de « youtubeurs » pour la création de contenus exclusifs.

    Golden Moustache (M6) ou Studio Bagel (Canal+) ont notamment produit tous deux une série en exclusivité pour YouTube Premium, une version sans publicité de la plateforme accessible par abonnement sur laquelle aucun chiffre d’audience n’est communiqué.

    « On continue d’affiner le produit, on teste, on apprend », a commenté Justine Ryst, interrogée par l’AFP sur le sujet. YouTube a également annoncé une audience mensuelle de 46 millions de visiteurs uniques depuis le début de l’année. Dans le monde, la plateforme met en avant deux milliards d’utilisateurs mensuels et un milliard d’heures de vidéos visionnées chaque jour.

    Quelque 500 heures de vidéos sont mises en ligne chaque minute sur YouTube, un chiffre en constante augmentation depuis la création de la plateforme en 2005.

  • Publication des décrets sur la nouvelle CFE

    Publication des décrets sur la nouvelle CFE

    Publiés au Journal officiel du 3 juillet 2019, deux arrêtés fixent les modalités de prise en charge des assurés volontaires de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) pour les soins dispensés à l’étranger et pour la fixation de la cotisation forfaitaire à l’assurance maladie-maternité.

    Nous avions déjà évoqué ce sujet lors du vote de cette loi réformant la Caisse des Français de l’étranger (CFE). Cette réforme vise à rendre le fonctionnement de cette caisse plus transparent et créer une grille tarifaire plus simple via la mise en place d’un nouveau régime de cotisation simplifié et l’unification du mode de calcul des cotisations des différentes catégories d’assurés avec comme objectif une meilleure lisibilité des garanties (simplification des conditions de remboursements).

    Quels soins sont pris en charge?

    Les soins dispensés à l’étranger ouvrant droit à une prestation d’assurance maladie doivent être délivrés par des établissements de soins autorisés à pratiquer des activités équivalentes en France telles que la médecine, la chirurgie et l’obstétrique, ainsi que par des professions appartenant aux secteurs ou disciplines suivants tels que des médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, sage femmes, infirmières masseur-kinésithérapeutes, laboratoires d’analyses, pédicure-podologues, orthophonistes, orthoptistes et transporteurs sanitaires.

    Les soins dispensés à l’étranger non prévus par le décret nécessitent un accord préalable de la CFE avant une éventuelle prise en charge.

    Les remboursements sont calculés sur la base des dépenses réellement engagées par l’assurée, dans la limite d’un taux de prise en charge ou d’un forfait, déterminé par pays en référence aux tarifs appliqués en France pour des soins similaires.

    EXEMPLE

    Une consultation chez un médecin (y compris la téléconsultation) est prise en charge sur la base d’un forfait de 25 €.

    En France, le tarif conventionné par la Sécurité sociale pour une consultation chez un médecin généraliste est de 25 €. La Sécurité sociale rembourse 70 % de cette somme, soit 17,50 €.
    À l’étranger, la CFE remboursera donc une consultation chez un médecin généraliste à hauteur de 17,50 €.

    Retrouvez les forfaits appliqués par soins et par pays :

    LA CFE commercialise depuis le 8 janvier 2019,  quatre produit plus simples d’accès  :

    – MondExpat Santé couvrant tous les frais de santé dans le monde, y compris en France, des expatriés à partir de 71€ par mois
    – JeunExpat Santé en est la déclinaison pour les moins de 30 ans à partir de 30 € par mois
    – RetraitExpat Santé couvrant tous les frais de santé, à l’étranger, des retraités du système de retraite français expatriés dont les soins en France sont pris en charge par la Sécurité social à partir de 119 € par mois
    – FrancExpat Santé couvrant tous les frais de santé, réalisés uniquement en France, lors de séjours temporaires, des expatriés à partir de 20€ par mois.

  • PPE et socialistes conservent leurs positions au Parlement européen

    PPE et socialistes conservent leurs positions au Parlement européen

    PPE et S&D se sont répartis 9 des 12 vice-présidences du Parlement européen. Le parti Renew les a aidé à conserver cette bipolarité dénoncée par les Verts.

    Les accords de coalitions entre forces politiques entraînent nécessairement des compromis. Mais ce 3 juillet, les députés Verts ont eu la surprise de voir les conséquences de leur absence au Conseil européen. Les chefs d’Etat ont négocié entre eux, pour leurs partis, et comme aucun chef d’Etat n’est issu du parti des Verts, ils en ont payé les conséquences.

    Les grands partis PPE et S&D se sont comme d’ordinaire répartis l’essentiel des vice-présidences, forts de leurs 182 pour la droite et 154 pour la gauche. Ils se sont partagés 9 postes à eux deux, soit 6 pour la droite et 3 pour la gauche. Les miettes revenant aux autres : 2 postes pour Renew (104 membres) et 1 seul poste pour les Verts (74 membres).

    Les autres partis, qui représentent pourtant 233 élus sur un total de 751, soit 32 % de l’hémicycle, n’ont rien eu, un cordon sanitaire étant prévu pour que l’extrême-droite n’obtienne aucun poste à responsabilité au sein du Parlement européen. Il a fonctionné concernant les vice-présidences.

    Le parti Renew, qui se targue d’être désormais écolo, n’a conseillé de voter pour aucun candidat Vert. La liste de vote officielle de la coalition, distribuée par Renew à ses élus et publiée par Yannick Jadot sur Twitter, montre que le parti demandait à ses élus de voter pour des candidats socialistes, PPE en plus des siens, mais aucun Vert.

    Renew incite à voter pour une candidate du Fidesz

    Encore plus choquant, le parti demandait en revanche à ses troupes de voter pour la candidate du parti du Fidesz de Viktor Orban, Livia Jaroka. Or le parti de Viktor Orban est actuellement suspendu du PPE en raison des nombreuses provocations verbales anti-européenne de ses membres, notamment du Premier ministre Viktor Orban. La Hongrie fait l’objet d’une procédure de la part de la Commission européenne qui lui reproche de ne pas respecter l’état de droit.

    Les eurodéputés devaient remporter plus de 331 votes pour obtenir une vice-présidence.

    Pour l’heure, les eurodéputés élus à la tête de commissions parlementaires sont

    Mairead  McGUINNESS: 618

    Pedro SILVA PEREIRA: 556

    Rainer WIELAND: 516

    Katarina BARLEY: 516

    Othmar KARAS: 477

    Ewa Bożena KOPACZ: 461

    Klara DOBREV: 402

    Dita CHARANZOVÁ: 395

    Nicola BEER: 363

    Lívia JÁRÓKA: 349

    Heidi HAUTALA: 336

  • Le Vietnam communiste signe un accord de libre-échange avec l’Europe

    Le Vietnam communiste signe un accord de libre-échange avec l’Europe

    Qui a gagné la guerre du Vietnam ? Le capitalisme ! Certes, le Viêt-Nam est toujours dirigé par le vieux Parti Communiste d’Ho Chi Min, parti  unique, vainqueur des deux guerres d’Indochine, celle de l’Indépendance contre la France, puis celle du Vietnam Nord contre celui du Sud et les Etats-Unis. Mais très vite, le Parti Communiste a fait sa révolution. A la chinoise, s’ouvrant sur l’économie de marché et l’économie mondiale. Avec succès.

    Avec la France, les relations sont excellentes, cadrées par un partenariat stratégique signé en 2013, qui propose de renforcer les relations bilatérales dans tous les domaines, et qui fonctionne. Notamment dans le domaine universitaire. 7000 étudiants vietnamiens sont en France,  ce qui en fait la deuxième communauté étudiante asiatique. La Viêt-Nam est membre de la Francophonie, 100.000 Vietnamiens sont francophones.

    Les visites politiques sont fréquentes, comme celle du Secrétaire général du PC en mars 2018 ou celle d’Edouard Philippe en novembre de la même année.

    La France est le deuxième investisseur européen au Viêt-Nam et le  15ème mondial. Près de  300 entreprises françaises sont présentes au Viet-Nam mais le commerce bilatéral est déficitaire pour la France : 1.2 milliards de produits exportés mais plus de 5.4 milliards d’importations (textiles, chaussures, téléphones portables). On peut espérer que la France pourra tirer partie de cet accord.

    Le nouveau traité signé à Hanoï avec l’Union Européenne prévoit la suppression de 99% des droits de douane d’ici dix ans. Les négociations avaient commencé en 2015. L’accord permet au Viêt-Nam, un pays de 100 millions d’habitants, d’avoir une autre perspective politique et commerciale qu’avec la Chine ou les Etats-Unis, alors qu’il est pris en étau dans les conflits qui les opposent. Récemment, Donald Trump a accusé le Viet-Nam d’être « pire sur la Chine ».

    Il devrait aussi permettre une relative  ouverture sur des sujets plus politiques, comme le droit du travail, les libertés civiles, l’environnement.

    Après l’accord conclu avec le Japon et la Corée, l’UE tisse une série d’accords en Asie, qui sont autant stratégiques que commerciaux. La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine incite les autres pays à se diversifier et à trouver de nouveaux partenariats. Le texte n’entrera en vigueur que s’il est approuvé par la nouveau Parlement européen et chacun des Parlements nationaux. Au Viêt-Nam, il est certain que le Parti le fera adopter.

  • Le Parlement européen pris en étau par les dirigeants européens

    Le Parlement européen pris en étau par les dirigeants européens

    Le Parlement européen va devoir se prononcer sur le paquet de nomination proposé le 2 juillet par le Conseil, qui met fin au système des spitzenkandidaten, âprement défendu par les eurodéputés.

    Le clap de fin du Conseil n’a pas soulevé les applaudissements du Parlement européen. Rassemblé à Strasbourg pour sa première session plénière, le Parlement attendait la décision des chefs d’État et de gouvernement pour entamer le processus d’élection de son propre président.

    Et le quatuor proposé par les dirigeants européens pour mener la barque européenne ces 5 prochaines années laisse un goût amer aux élus, qui soutenaient largement le processus des spitzenkandidaten.

    « Ce processus n’était pas parfait certes, mais il avait au moins le mérite de corréler le résultat des élections et le choix du président de la Commission » résume un eurodéputé français. « Le  grand responsable de cet échec, c’est Emmanuel Macron » conclut-il.

    Le président français s’est frontalement opposé au système des spitzenkandidaten, qui avait pourtant été respecté lors des dernières élections européennes et avait porté Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission.

    Le processus avait alors été unanimement salué par les parlementaires européens, satisfaits d’avoir repris en partie la main sur un processus de nomination jusqu’alors largement dominé par les États membres.

    Opposition de la France

    Mais l’opposition frontale du dirigeant français ainsi que l’absence de majorité au Parlement pour l’Allemand Manfred Weber, candidat officiel du PPE, le parti vainqueur des élections, aura finalement discrédité le processus tout entier. Malgré le soutien d’Angela Merkel, Manfred Weber aura été écarté de la course au profit d’une autre allemande acceptée par Paris – Ursula Von der Leyen.

    Si la proposition de l’Allemande laisse les rênes de la Commission au PPE, l’échec de la procédure a laissé une certaine amertume du côté des élus européens. « Le Parlement européen se couche complètement dans cette procédure » déplore un eurodéputé socialiste.  Et la suggestion du Conseil de mettre l’actuel président du Parti socialiste européen (PSE) Serguei Stanishev au perchoir a encore plus crispé les positions.

    « Stanishev ? c’est hors de question », tranche un élu socialiste. Le bulgare n’aura finalement pas soumis sa candidature.

    Vers une revanche parlementaire?

    La présidence du Parlement demeure elle, l’apanage des élus, comme l’a rappelé l’actuel président du Parlement européen, l’italien Antonio Tajani. « Le Parlement va élire son président indépendamment des sollicitations externes » a-t-il affirmé avant l’ouverture du premier tour de scrutin.

    Les quatre candidats en lice –  le conservateur tchèque Jan Zahradil, l’écologiste allemande Ska Keller, le socialiste italien David Maria Sassoli, et l’espagnole Sira Rego de la gauche radicale – Sira Rego – devront obtenir la majorité absolue des suffrages exprimé pour remporter le perchoir. « Nous ne pouvons accepter que la présidence de cette assemblée soit traitée dans les coulisses », a déclaré la candidate verte, Ska Keller.

    La candidate pour le groupe de la GUE, l’espagnol a convenu qu’elle représentait un groupe restreint, de la tribune pour réclamer une commission spéciale sur l’urgence climatique.

    « Si vous me donnez votre confiance, on se battra ensemble […] J’utiliserai toute mon énergie pour que le Parlement soit respecté par les chefs d’État » a-t-il affirmé le favori David Maria Sassoli,

    Dernier candidat à s’exprimer, le conservateur et eurosceptique tchèque Jan Zahradil a rappelé sa longue expérience et le fait qu’il était le seul représentant de l’est de l’Europe à être candidat à un haut-poste au sein de l’UE. Les pays de l’Est n’ont pas réussi à placer un représentant au sein de principaux postes répartis hier par les dirigeants européens.

    La présidence du Parlement est habituellement partagée entre le groupe PPE et les socialistes, qui assurent chacun un mandat de 2 ans et demi. Une logique qui place David Maria Sassoli en position de favori pour remporter le scrutin.

  • les 4 nouveaux dirigeants de 520 millions de citoyens de l’Union Européenne

    les 4 nouveaux dirigeants de 520 millions de citoyens de l’Union Européenne

    Ursula von der Leyen (Allemagne, droite) pour la Commission européenne. Charles Michel (Belgique, libéraux) pour le Conseil européen. Christine Lagarde (France, droite) pour la Banque centrale européenne. Josep Borrell (Espagne, gauche) pour la diplomatie européenne. Après 3 jours de sommet sous haute lutte pour les Vingt-Huit chefs d’Etat afin de nommer les nouveaux dirigeants l’UE des cinq prochaines années. Un cinquième visage émergera demain avec l’élection par,les eurodéputés de leur président.

    Après deux premiers conseils européens infructueux (28 mai, puis 20 et 21 juin), le troisième (30 juin) a finalement été le bon pour élaborer le casting qui dirigera l’Union européenne pour les cinq prochaines années. Il aura toutefois fallu trois jours d’interminables discussions et plusieurs interruptions de séance pour aboutir à une configuration acceptable par l’ensemble des Etats membres et respectant un équilibre gauche-droite, femmes-hommes et Est-Ouest.

    S’agissant de la parité, « cela valait la peine d’attendre » la conclusion des longues négociations, a déclaré Donald Tusk, président sortant du Conseil européen lors de la conférence de presse de clôture, appelant désormais les parlementaires à élire une femme pour la première fois à la tête de l’exécutif européen.

    Le compromis von der Leyen

    En effet, s’agissant de la présidence de la Commission européenne, la conservatrice allemande Ursula von der Leyen, a été approuvée par les chefs d’Etat et de gouvernement. Membre du Parti populaire européen (PPE, droite), très expérimentée, francophile et résolument pro-européenne, l’actuelle ministre allemande de la Défense, ne manque effectivement pas d’atouts pour le poste. Même si elle n’était pas la cheffe de file officielle (Spitzenkandidat) de son camp et que son nom n’a jamais été évoqué avant… le 2 juillet !

    Incontestablement, Ursula von der Leyen est un choix de compromis, pour ne pas dire un plan B. C’est en effet son compatriote Manfred Weber qui a mené la campagne du PPE et qui briguait par conséquent la tête de l’exécutif européen. Mais Emmanuel Macron lui a opposé une fin de non-recevoir. Quant aux autres Spitzenkandidaten et notamment le socialiste néerlandais Frans Timmermans qui, jusqu’au 1er juillet, semblait en mesure de rafler le poste, ils ont également été écartés. Pour les conservateurs, qui constituent le premier groupe au sein de l’assemblée parlementaire, il était impensable d’à la fois renoncer à M. Weber et laisser la gauche s’emparer de ce poste clé de l’UE.

    Ce dernier a déclaré que cela avait été un « honneur » de conduire la campagne du PPE, indiquant son intention de continuer à présider son groupe au Parlement européen. De la même manière, Michel Barnier, longtemps envisagé pour le poste de président de la Commission et largement apprécié partout en Europe, a adressé ses « félicitations » aux quatre personnalités choisies.

    La ministre allemande de la Défense dispose maintenant de deux semaines exactement pour aller à la rencontre des eurodéputés et s’assurer du soutien d’une majorité d’entre eux. Car si les Vingt-Huit se sont entendus sur son nom, il revient bien au Parlement européen d’élire formellement le président de la Commission européenne. Et si le respect prévaut à Strasbourg pour parler d’Ursula von der Leyen, le fait est qu’obtenir cette majorité ne sera pas nécessairement une formalité. Les élus européens souhaitaient en effet maintenir le système des Spitzenkandidaten, tandis qu’une personnalité encore plus centriste aurait été appréciée.

    Afin d’équilibrer politiquement les nominations, le socialiste espagnol Josep Borrell est proposé par les Vingt-Huit pour le poste de haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères. Mais cette nomination sera-t-elle suffisante pour convaincre les parlementaires sociaux-démocrates d’approuver Mme van der Leyen ?

    Si elle est élue par les eurodéputées, Ursula van der Leyen succédera à Jean-Claude Juncker le 1er novembre prochain, après validation de son collège de commissaires par le Parlement européen.

    La balle passe dans le camp du Parlement européen

    La réponse à cette question paraît d’autant plus incertaine que c’est un libéral, en la personne du Premier ministre belge sortant Charles Michel, qui a été choisi pour présider le Conseil européen à partir de décembre prochain. Tandis que Christine Lagarde, actuelle directrice du Fonds monétaire international et ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, est proposée pour diriger la Banque centrale européenne (BCE) à partir du 1er novembre prochain.

    Quelques minutes avant l’annonce des nominations par le président du Conseil sortant Donald Tusk, Udo Bullmann, eurodéputé et figure importante des sociaux-démocrates, déclarait que la désignation d’Ursula van der Leyen était « inacceptable« . Instantanément après la fin du marathon de négociations au Conseil européen, la balle est donc passée au Parlement européen de Strasbourg. L’institution se prononcera le 16 juillet prochain sur la candidature de la ministre allemande de la Défense, avec la possibilité de lui opposer un veto.

    Le choix d’Ursula von der Leyen a été approuvé par 27 Etats membres sur 28. En effet, seule Angela Merkel s’est abstenue afin de ménager la coalition entre son parti et le Parti social-démocrate.

    En attendant, dès mercredi 3 juillet, les eurodéputés éliront leur président à bulletins secrets. Le Conseil européen n’a pas évoqué de nom, mais suggère qu’un socialiste soit nommé pour la première partie de législature, avant qu’un membre du PPE ne le remplace pour la seconde. Une répartition gauche-droite habituelle au Parlement européen. Une personnalité telle que Serguei Stanishev, ancien Premier ministre bulgare, est évoquée au sein de la gauche européenne pour le poste. D’autant que, pour l’heure, aucun poste ne revient à un dirigeant venu des pays d’Europe orientale. Les candidats pour la présidence du Parlement européen ont jusqu’à 22h ce soir pour se déclarer.

    Mais quoi qu’il advienne le 3, puis le 16 juillet au Parlement de Strasbourg, une refonte des procédures européennes, et plus particulièrement du Conseil européen, est à prévoir, du moins en ce qui concerne les nominations aux postes clés de l’UE. Comme Emmanuel Macron l’a très directement affirmé le 1er juillet devant un parterre de journalistes après une nuit blanche et stérile de discussions, les dirigeants européens donnent « une image qui n’est pas sérieuse » avec des réunions trop longues et qui n’aboutissent à rien. Pour le chef de l’Etat, réfléchir à la « simplification des procédures » est indispensable, au risque de ne pas être « crédible » sur la scène internationale.

  • Jean Baptiste Lemoyne se paie Nicolas Hulot

    Jean Baptiste Lemoyne se paie Nicolas Hulot

    Jean Baptiste Lemoyne, le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères d’Emmanuel Macron et en charge des Français de l’Etranger, correspondant habituel des Français de l’étranger puisqu’il parcourt le monde, est assez éloigné de la politique hexagonale. Pourtant, il a été chargé de répondre à Nicolas Hulot, son ancien collègue au sein du Gouvernement.

    A la suite de la signature de l’accord de libre échange avec le Canada, juste après l’annonce de la conclusion d’un accord avec les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay), Nicolas Hulot a dénoncé ces deux accords, expliquant que le libre-échange était l’ennemi de la lutte contre le dérèglement climatique. Une rupture claire avec Emmanuel Macron, moins surprenante que celle de Pascal Canfin, qui vient d’être élu sur la liste LREM, et qui dénonce lui aussi cette politique, pourtant peu surprenante.

    Jean Baptiste Lemoyne, missi dominicidu Président dans bien des endroits du monde, semble être en service commandé pour répondre directement à Hulot dans une interview au journal Le Monde. Une fonction de sniper, nouvelle dans ses missions, qui ne semble pas lui déplaire.

    Nicolas Hulot a lui-même travaillé à la mise en place de ce plan d’action sur le CETA qui a été débattu en conseil des ministres et présenté collégialement. C’est triste qu’aujourd’hui il ait changé d’avis

    Sur Nicolas Hulot, il déclare notamment, sans ménagement :« Nicolas Hulot est l’homme politique le plus populaire de France. Quand on est écouté des Français, on a un devoir d’exigence et de vérité. Il n’est pas possible de faire, dans une tribune, des assertions qui ne sont pas conformes à la réalité. Lorsqu’il dit que des animaux nourris avec des farines animales pourront être exportés en Europe, ce n’est pas vrai. Les viandes issues de farines animales sont et demeurent interdites à l’importation et à la consommation en Europe.

    Expliquant l’accord avec le Canada, dit CETA, qui devrait être approuvé au mois de juillet par le Parlement,  il ajoute : « Nicolas Hulot a lui-même travaillé à la mise en place de ce plan d’action sur le CETA qui a été débattu en conseil des ministres et présenté collégialement. C’est triste qu’aujourd’hui il ait changé d’avis. »

    L’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada est porteur de nombreuses opportunités pour nos entreprises et filières. Le CETA est entré en vigueur de façon provisoire en septembre 2017. Sur l’année 2018, nous avons ainsi augmenté nos exportations vers le Canada de 6,5 %, et l’excédent commercial de la France est passé de 50 à 450 millions d’euros. Par ailleurs, les émissions de CO2 de la France n’augmentent pas du fait du CETA. Quand il était ministre, Nicolas Hulot avait signé avec son homologue canadienne un partenariat pour l’environnement et le climat. Nous avons décidé de mettre en œuvre un veto climatique, qui garantit aux Etats leur souveraineté pour légiférer sur l’environnement et le social. Aucun investisseur privé ne pourra le contester. J’ai lu que Nicolas Hulot, exprimait cette crainte, elle n’est pas fondée.Si nous ne ratifions pas le CETA, nous pousserons les Canadiens dans les bras des Etats-Unis, C’est la raison pour laquelle les accords commerciaux que nous appelons de nos vœux doivent promouvoir le juste échange, avec des ambitions sociales et environnementales affirmées.

    Nous diffusons ainsi nos normes à nos partenaires dans le monde

    A propos de l’accord avec le Mercosur, qui a provoqué la colère de l’ancien ministre démissionnaire, Jean Baptiste Lemoyne répond : « Ce traité avec le Mercosur, en ancrant le Brésil dans l’accord de Paris, permet de faire en sorte que ce pays soit tenu de mettre en œuvre ses engagements, qui portent notamment sur l’arrêt de la déforestation et le fait de replanter douze millions d’hectares. Tous les produits interdits en Europe, comme le bœuf aux hormones, n’y entreront pas. L’Union européenne diligentera sur place des audits et des contrôles sanitaires. Le consommateur européen a le droit de savoir ce qu’il a dans son assiette.C’est un accord politique qui a été atteint. Nous avons obtenu par exemple pour la première fois une clause de sauvegarde sur les produits agricoles : si une filière est déstabilisée, l’Union européenne se réserve le droit de suspendre les importations.

    Enfin alors que Nicolas Hulot exprime une opposition aux principes même du libre échange, qui serait par nature anti écologiste, le Secrétaire d’Etat explique :« Ce ne sont pas les accords de libre-échange qui génèrent en tant que tel une dégradation de l’environnement et du climat. Nous n’avons pas d’entente avec la Chine et pourtant nous sommes envahis de « made in China », donc de carbone importé. Un accord de libre-échange est là pour tirer vers le haut un certain nombre de partenaires en matière environnementale, sociale et agricole.Le CETA a permis la reconnaissance de 42 indications géographiques protégées françaises (IGP). C’est la reconnaissance de notre modèle agricole fondé sur la qualité et les territoires. Le Mercosur reconnaîtrait pour sa part près de 360 IGP dans toute l’Europe. Nous diffusons ainsi nos normes à nos partenaires dans le monde. »

    Ce n’est vraisemblablement que la première passe d’armes sur ce sujet. Il est plus que probable que les Ecologistes et les Verts vont s’organiser pour combattre les traités de libre échange et rallier le maximum de soutien, devenant ainsi le nouveau pôle de gauche, comme c’est en train de se produire en Allemagne. Le fait d’envoyer Jean Baptiste Lemoyne en première ligne est-il un signe aux libéraux de droite, ou simplement une mission dévolue à un spécialiste des ces dossiers par ses fonctions gouvernementales ? La salve de Lemoyne ne devrait être que la première. Car Macron sera obligé de monter au front sur ces sujets. Ce que Hulot, Le Pen et Mélenchon attendent.