Les travaillistes, le plus grand parti d’opposition du Royaume-Uni, soutient finalement un second référendum sur le Brexit, mettant ainsi fin à plusieurs années d’incertitude et de tergiversations.
Dans un email envoyé aux membres du parti le 9 juillet, le chef de file des travaillistes, Jeremy Corbyn, estime que « quiconque deviendra le nouveau Premier ministre devrait avoir le courage de confronter son accord ou l’absence d’accord (de divorce avec l’UE) à un vote populaire ».
« Dans ces circonstances, je veux clairement affirmer que le Labour (parti travailliste) fera campagne pour rester dans l’UE face à un Brexit sans accord ou un accord conservateur qui ne protège pas l’économie et l’emploi », a ajouté le chef du parti travailliste britannique.
Jeremy Corbyn a fait l’objet de critiques récurrentes de la part des députés et membres de son parti pour sa position équivoque sur le Brexit. Ils lui reprochent de proposer un projet de Brexit alternatif dans lequel le Royaume-Uni resterait dans une union douanière permanente de l’UE, ou l’option d’une élection générale.
Le maintien dans l’union douanière a toutefois rapidement été écarté lors des discussions multipartites avec le gouvernement de Theresa May pour trouver un compromis après le rejet de l’accord de retrait par les députés.
Même si la plupart des membres et députés du parti travailliste soutiennent une adhésion à l’UE, un grand nombre de députés du parti ont été élus dans des circonscriptions où la population a majoritairement voté en faveur du Brexit en juin 2016. En référence à ces tensions, Jeremy Corbyn a concédé que le Brexit avait « divisé nos communautés et parfois même notre parti ».
La position confuse du parti est largement responsable du déclin des travaillistes à 14 % lors des élections européennes de mai. La moitié des 500 000 membres du parti s’est tournée vers d’autres partis pro-européens comme les Verts et les libéraux démocrates.
Les membres du parti conservateur éliront leur nouveau leader et Premier ministre le 22 juillet et tant le favori, Boris Johnson, que son rival Jeremy Hunt, ont promis de sortir le Royaume-Uni de l’UE le 31 octobre, avec ou sans accord.
Les deux candidats ont aussi exclu l’option d’élections anticipées ou celle d’un second référendum. Cependant, faire passer un Brexit sans accord pousserait rapidement les partis d’opposition à soumettre une motion de censure pour renverser le gouvernement et organiser des élections anticipées.
On raconte souvent cette histoire sur Georges Tenet, directeur de la Cia sous Clinton et Bush : Sortant d’une réunion, un de ses collaborateurs lui signale que sa braguette est ouverte. « Enfin une information utile », s’écrit-il. La Communauté du Renseignement américaine (Intelligence Community), qui déborde largement la CIA, publie environ 50.000 rapports par an. Mais à en croire les dirigeants américains et les rapports du Sénat, elle n’a jamais anticipé quoi que ce soit (sauf peut-être l’assassinat de Kennedy, pour ceux qui croient qu’elle fit partie de la conjuration).
Cuba, l’Iran et le 11 septembre sont des rappels traumatisants. La chute de l’Empire soviétique fut aussi une surprise. Comme, plus récemment, les Printemps arabes.
A quoi servent les milliards de la CIA ? Difficile de savoir combien elle dispose. Le sait-elle ? Les estimations, pour l’ensemble de la Communauté du Renseignement, seraient de près de 100 milliards de dollars, dont la CIA représenterait une belle part, même si l’essentiel va à des sous-traitants du renseignement.
Au Koweït, en Irak, Syrie, Afghanistan, Lybie, Egypte, Soudan, Yémen, elle s’est toujours trompée. On veut bien croire que l’Orient est compliqué et qu’on se prend facilement les pieds dans le tapis. Daniel Ortega, toujours en place, pourrait rappeler que la Cia avait organisé des ventes d’armes illégales en faveur de l’Iran, pour le démettre.
L’actuelle directrice de la CIA, qui a succédé à Mike Pompeo, devenu Secrétaire d’Etat, a défendu l’usage de la torture devant le Sénat (même si la Cia a toujours nié en avoir fait usage). La lutte contre le terrorisme a effectivement conduit la CIA à créer des prisons secrètes, avaliser la torture et perpétrer 2500 assassinats ciblés. Même sans parler de morale ou de législation, on reste stupéfait par la débauche de moyens engagés dans les prisons à l’étranger, dans le recrutement de « psychologues- interrogateurs » mieux payés que des prix Nobel, au regard du peu d’informations obtenus par ces moyens. Peut-on dire qu’elle a gagné la guerre contre le terrorisme? Elle ne le prétend même pas.
Si l’on se tourne vers l’Asie, on reste perplexe quant aux renseignements obtenus sur la Chine ou la Corée du Nord, sur l’éloignement de l’Inde. Elle se vanterait d’avoir fait échouer (à demi) les Français dans la vente des Rafales. Ils sont quant même vendus. Si l’on regarde l’Amérique latine, on s’interroge sur la résistance des régimes Ortega, Maduro sans parler du Castrisme. Si l’on s’intéresse à la Russie, on s’inquiète pour la Géorgie, l’Ukraine ou la Crimée. Ailleurs non plus, la Cia n’a rien vu venir. Ni au Brésil, ni au Qatar, ni en Turquie, ni à Hong Kong, ni en Afrique, où on ne peut être qu’épaté par ses échecs au Mozambique, au Soudan et à l’extension des cartels en Afrique de l’Ouest.
Donald Trump avait commencé par dire de la Cia qu’elle utilisait « des méthodes de nazis ». Avant de lui accorder sa première visite présidentielle et de déclarer qu’il était à 1000% avec ses agents. Se rappelle-t-il que la CIA, dés 2007, écrivait que le Programme nucléaire militaire iranien était abandonné ? Une agence de renseignement quand elle n’a pas de politique ne sait où elle va. Or elle a des moyens extraordinaires, extraordinairement dangereux, utilisés sans boussole. Elle avait créé Ben Laden, que va-t-elle créer demain ?
Ce qu’apprend la CIA, c’est à échapper à tout contrôle, celui de la Maison blanche ou du Sénat. Elle passe plus de temps à conforter sa bulle qu’à produire de l’analyse et de l’information. Dramatique cécité, car les Etats-Unis -et le monde- se porteraient mieux avec de l’ « intelligence ».
Tous les pays qui ont des intérêts dans le monde ont besoin de « renseignements » – et d’actions. Cela coûte généralement peu. En France, l’ensemble des agents des différents services représentent 12.000 personnes, à peu près comme en Allemagne ou au Royaume-Uni. Le FSB russe est à part : Il est surtout à usage interne. On est loin d’un personnel estimé à plus de cent mille agents pour la CIA (tout dépend comment on compte avec les sous traitants) et pour l’ensemble du monde du renseignement à plus d’un million de personnes « accréditées ».
Avec des agences efficaces, en Syrie, on aurait pu éviter des milliers de morts. Sans financer Al Nostra. Au Yémen aussi. En Lybie peut-être. Et au Venezuela, quand on entend Maduro crier au complot de la CIA et au coup d’Etat déjoué, beaucoup se prennent à rêver et à se dire : si seulement !
Mais non : Ils coûtent cher, ne servent à rien, et sont utilisés par leurs ennemis comme des arguments de propagande. On a envie de leur crier : « attention, votre braguette est ouverte ». Mais ce serait prendre un risque. Dieu sait ce qu’ils en déduiraient.
J’ai été au Pentagone quelques jours après le 11 septembre. J’ai été Rapporteur du Secrétariat général de la Défense nationale, qui couvre les services de renseignements. Les agences de renseignement sont indispensables. Elles doivent être sous contrôle. Leurs priorités doivent être fixées par les dirigeants politiques. Tout autre système devient coûteux, inefficace et dangereux.
Aujourd’hui, la collecte et le traitement des data sont l’exclusivité d’entreprises chinoises ou américaines. Sans impact pour « l’intelligence » ? A supposer que nos amis américains travaillent avec nous, pourquoi deviendraient-ils efficaces?
Anticiper, c’est le rôle de ces agences de renseignement. Avons-nous anticipé, en France et en, Europe, leur avenir ? Avec tous ses moyens, la CIA est aveugle. Sans moyens, nous le serons aussi.
Amélie de Montchalin, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, en charge des affaires européennes, était en visite jeudi 11 juillet à Lisbonne. L’occasion de rencontrer la communauté française installée au Portugal, mais aussi et surtout de s’entretenir avec ses homologues portugais et espagnol. Nos partenaires de la French Radio l’ont rencontrée.
Dans cet entretien, l’ex-députée de l’Essonne et vice-présidente du groupe En Marche à l’Assemblée évoque les ambitions françaises à l’aube d’une nouvelle législature européenne, mais aussi les dernières nominations aux postes clé de l’UE ou les problématiques que rencontrent les Français installés dans les pays européens. Ancienne économiste sur la zone euro, Amélie de Montchalin aborde aussi la manière dont le Portugal a su remonter la pente économiquement, et les fonds communautaires dont il a bénéficié durant la crise.
Lesfrancais.press : Bonjour Amélie de Monchalin, vous êtes Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, en charge des affaires européennes. Nous vous rencontrons ce jeudi 11 juillet à Lisbonne tout près de l’Ambassade de France car vous êtes en déplacement au Portugal, vous venez notamment pour rencontrer des Français installés ici mais aussi et surtout pour vous entretenir avec vos homologues portugais et espagnol, quels sujets allez-vous aborder en priorité ?
L’Ambassade de France à Lisbonne
Amélie de Monchalin : La France, l’Espagne et le Portugal travaillent très bien ensemble sur de très nombreux sujets : le climat, les enjeux sociaux, les enjeux de défense et de politique européenne de la recherche. Il y a peu de sujets sur lesquels nous ne sommes pas d’accord. Il y a sur le sujet des migrations un gros travail avec l’Espagne à faire, de compromis, de consensus, nous allons travailler et dialoguer et la France a toujours la même stratégie, nous proposons et rassemblons comme nous l’avons fait sur le climat.
Le but est de ne pas créer un front ibérique, de ne pas créer des blocs, je ne pense pas qu’il y ait des blocs de l’est, du sud… en revanche, sur beaucoup de sujets sociaux comme le SMIC européen, la formation, la sécurité sociale et l’accès à l’assurance chômage, nous avons une culture commune et il est intéressant de se renforcer ensemble pour ensuite convaincre les autres.
Lesfrançais.press : Votre parcours : vous êtes diplômée d’HEC, d’Harvard, vous avez travaillé dans le privé, vous avez remplacé Nathalie Loiseau au gouvernement, vous êtes aujourd’hui une jeune ministre de 34 ans qui parcoure l’Europe. Alors que s’ouvre justement une nouvelle législature européenne, quels sont les messages que la France tente de faire passer ?
Amélie de Monchalin :Nous avons 4 priorités : la transformation climatique et écologique, transformer nos modes de production et de recyclage et alimentaire, tout notre modèle économique en fait.
Ensuite il y a le modèle économique et social. Comme nous créons des emplois, il faut que ce soit des emplois viables et pas des emplois précaires, des « mini jobs ». Et comme nous créons de la prospérité, il faut de l’innovation pour continuer dans 5, 10, 15 ans, à avoir des emplois en Europe.
Troisième priorité : la protection. Nous protéger des risques extérieurs, ce qui est lié à la défense, et aussi nos frontières. Nous ne pouvons pas gouverner un territoire si il n’y a pas de limites, cela ne veut pas dire qu’il faut refuser l’accueil des réfugiés mais il faut s’organiser.
« Nous voulons que l’Europe n’ait pas peur de s’adresser aux Chinois et aux Américains »
Enfin, la voix de l’Europe dans le monde, nous voulons que l’Europe n’ait pas peur de s’adresser aux Chinois et aux Américains, nous voyons actuellement qu’il y a une crise avec l’Iran, autant de sujets sur lesquels nous devons peser.
4 priorités qui se déclinent selon les pays, les objectifs sont partagés et les moyens sont discutés. Nous avons une feuille de route commune, les Chefs d’Etat et de gouvernement se sont mis d’accord il y a 10 jours, nous avons désormais 5 ans devant nous pour avoir des résultats et travailler en détail.
Lesfrançais.press : 2 femmes et 2 hommes ont récemment été nommés à des postes clés de l’Union européenne, la parité est respectée. Au-delà de ce symbole, qu’avez-vous pensez du processus de nomination et notamment de la candidature « franco-allemande » à la tête de la Commission européenne de Mme Ursula von der Leyen, même le Président de la Commission Jean-Claude Juncker a critiqué cette nomination pour son opacité.
Amélie de Monchalin : J’ai été avec le Président de la République pendant ces journées et ces nuits qui ont été longues. Cela n’était pas opaque, il faut se demander à la fin comment avoir une équipe de gens libres, courageux, et qui vont faire bouger l’Europe. Nous aurions pu, comme souvent, choisir le dirigeant avec le plus petit dénominateur commun, en deux heures, cela ne fait pas avancer l’Europe et les citoyens ne s’y retrouvent pas. Nous avions une exigence : des gens compétents, un équilibre homme / femme, ce n’est pas facile car pendant des années ce n’était pas un critère. En termes d’équilibres géographiques, tout le monde devait comprendre que nous faisions avancer l’Europe et que justement il n’y avait pas des blocs géographiques se battant les uns contre les autres.
L’opacité, si elle est perçue, c’est car nous y mettons parfois des choses qui ne sont pas dans le jeu. Pendant une nuit, il y a eu le pire de l’Europe avec des débats, nationaux et d’égos, qui n’avaient rien à voir. Mme Merkel et M. Macron ont dit stop, nous sommes rentrés chez nous et revenus dans un esprit européen.
Lesfrançais.press : Vous parlez justement de Mme Merkel et M. Macron, pensez-vous qu’il s’agisse d’une victoire franco-allemande sur les pays de l’est et du sud notamment ?
Ce n’est pas une victoire franco-allemande mais une proposition franco-allemande qui a fait consensus. Mme Merkel a eu une phrase intéressante : « si chaque pays veut avoir un leader, il faut 28 jobs ». 4 positions sont entre les mains des dirigeants, nous ne pouvons pas mettre tout le monde de tous les pays. Par exemple nous sommes ici au Portugal, M. Barroso a dirigé la Commission européenne pendant 10 ans. Etais-ce une victoire pour le Portugal, en tout cas il représentait les intérêts de l’Europe.
« si chaque pays veut avoir un leader, il faut 28 jobs » Angela Merkel
Il était important que la France et l’Allemagne fassent une proposition sur un consensus, beaucoup de scénarios différents ont été travaillés, celui qui s’est produit était au moins le 4ème ou le 5ème. Il n’y avait pas de plan caché et nous avons, comme dans l’histoire européenne, cherché le consensus.
Lesfrançais.press : Vous venez d’évoquer le Portugal, ici l’Union européenne a joué un rôle important dans le renouveau du pays après la crise de 2008, que pensez-vous des mécanismes de solidarité qui ont joué et seraient-ils toujours présents demain si une crise advenait ?
C’est tout l’enjeu du budget de la Zone Euro, des mécanismes de stabilisation, du renforcement de l’Union Bancaire, nous avons vu que la Zone Euro pouvait avoir des situations asymétriques, c’est-à-dire certains pays prospèrent et certains vont être en difficulté. La France se bat fortement et est proche sur ce point du Portugal et de l’Espagne pour pouvoir affronter une nouvelle crise avec des armes plus préparées que ce qui fut une surprise en 2009 et 2012.
Nous voulons des mécanismes renforcés et plus rapides car à l’époque, moi qui était économiste, j’ai constaté la lenteur, c’est tout l’enjeu notamment du budget de la Zone Euro.
Lesfrançais.press : Vous avez été économiste vous l’avez indiqué, le Portugal apparait comme un pays qui a bien su gérer les fonds européens, remonter la pente économiquement, est-ce un exemple à suivre par d’autres pays et notamment ceux de l’est ?
Ce qui est sûr c’est que le Portugal est un pays très persévérant. Il y a eu des réformes budgétaires difficiles, ensuite une politique économique menée avec une forme de constance, pas forcément vue comme naturelle, elle était courageuse et hétérodoxe. Je vois surtout la constance et la cohérence. Ce qu’a fait le Premier Ministre récemment au moment de mettre en balance sa démission potentielle, cela a montré une forme de courage politique.
« J’ignore si cela doit être un exemple pour d’autres mais le courage politique est toujours une vertu ».
Ce que je retiens de ce pays, c’est le courage de ses dirigeants à aller au bout des choses avec une forme de persévérance. J’ignore si cela doit être un exemple pour d’autres mais le courage politique est toujours une vertu.
Lesfrançais.press : Concernant, enfin, les nombreux Français qui vivent en Europe, il n’y a plus d’obligations de visas pour s’installer, l’espace bancaire s’unifie, celui des télécoms aussi, et pourtant dans de nombreux pays il y a des résistances nationales comme ici au Portugal. L’État a par exemple continué à appliquer une taxation sur les immatriculations de véhicules européens, ou encore la France qui a dû rembourser la CSG collectée indûment pendant des années. Pour qu’une véritable citoyenneté européenne puisse prendre corps, ne faut-il pas que les grandes entreprises et les Etats jouent eux-mêmes le jeu ?
C’est ce qu’on appelle le marché intérieur avec des grandes libertés, la liberté de circulation, de commerce, cela a fait l’Europe. Nous devons toujours être vigilants, nous demandons d’ailleurs à la Commission européenne de vérifier que des petites choses insidieuses ne remettent pas en cause ce marché intérieur. Ce n’est pas l’ultra libéralisme, ce sont des projets concrets de citoyens européens et nous continuerons à faire avancer les choses concrètement, pas par idéologie mais pour faire développer ce continent que nous aimons tous.
Le président des États-Unis, Donald Trump, réclame une enquête sur le projet français de taxation numérique. Si le projet est jugé discriminatoire ou injuste, des mesures de rétorsion pourraient être prises.
Avertissement des États-Unis avant le vote sur la taxe numérique, prévu ce 11 juillet au parlement français : si le projet est jugé discriminatoire par les autorités américaines, des restrictions au commerce ou des droits de douane de représailles seront imposés.
Le projet français devrait, par ailleurs, être largement approuvé et prévoit d’imposer une taxe sur toutes les sociétés numériques dont le chiffre d’affaires est supérieur à 750 millions d’euros dans le monde et à 25 millions d’euros en France.
Le taux unique d’imposition serait de à 3 % et pourrait frapper certaines des plus grosses sociétés américaines, notamment Amazon, Facebook et Google. Plutôt cette année, le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, avait déclaré que cette taxe rapporterait jusqu’à 500 millions d’euros de recettes fiscales par an.
Dans un communiqué, le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer a déclaré : « les États-Unis sont extrêmement inquiets que la taxe — en passe d’être adoptée par le Sénat français — vise injustement les entreprises américaines ».
« Donald Trump nous a sommés d’enquêter sur les effets de cette loi et de déterminer si elle s’avère discriminatoire ou déraisonnable et si elle pèse ou restreint le commerce américain », a-t-il ajouté.
Dans le cadre de l’enquête, les États-Unis ont jusqu’à un an pour déterminer si les mesures prises par la France dans le domaine de la taxe numérique constituent une politique commerciale déloyale. Mercredi 10 juillet, l’enquête a reçu l’approbation du président de la Commission des Finances du Sénat, Chuck Grassley (républicain), et du sénateur Ron Wyden (démocrate).
« La taxe sur les services numériques, mise en place par la France et d’autres pays européens, est clairement protectionniste et vise injustement des sociétés américaines au détriment de l’emploi et des travailleurs américains », ont-ils déclaré dans un communiqué commun.
À leurs yeux, les mesures unilatérales françaises sont de mauvaises solutions. « Ces pays devraient plutôt consacrer leur énergie à mettre en place des procédures multilatérales », ont-ils ajouté en référence aux négociations internationales actuellement en cours au niveau de l’OCDE.
Les géants du Web se rangent aussi du côté de la Maison-Blanche : Amazon a publié une déclaration dans laquelle l’entreprise « applaudit l’administration Trump d’avoir riposté contre la France et d’avoir signalé à tous les partenaires commerciaux américains que le gouvernement n’acceptera pas les politiques fiscales et commerciales discriminatoires ».
L’année dernière, l’administration américaine a pris une position bien tranchée contre le projet d’une taxe européenne sur les géants du numérique, déplorant une discrimination contre les sociétés américaines.
Les projets de taxations ont été reportés au début de cette année par un groupe de pays incluant l’Irlande, la Suède, la Finlande et le Danemark avant d’être finalement abandonnés. Cet échec a poussé de nombreux pays comme le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Autriche et la France à agir seuls.
Malgré l’opposition de plusieurs États membres, la taxe numérique pourrait bien refaire surface au niveau européen. « Notre monde est toujours plus connecté », indique Margrethe Vestger, la commissionnaire européenne à la concurrence, qui va entamer un deuxième mandat à la Commission. « La situation sera extrêmement problématique si nous ne parvenons pas à augmenter les taxes numériques », avait-elle déclaré à la radio française en avril.
En outre, même si le Parlement européen ne joue qu’un rôle consultatif dans les affaires fiscales, la pression exercée par ses membres directement élus pourrait avoir une influence pendant la nouvelle législature.
Lors d’un vote non contraignant l’année dernière, le Parlement s’est prononcé en faveur de la mise en œuvre d’un taux d’imposition de 5 % sur les sociétés numériques. Les députés ont également voté, à la majorité écrasante, pour inclure les services de streaming en ligne dans le champ d’application de ce projet.
Depuis le 9 juillet, le Président par interim Bensalah ne devrait plus être Président. L’interim est terminé. Une situation validée par le Conseil constitutionnel, jusqu’à l’élection d’un nouveau Président, qui ne risque pas d’avoir lieu avant longtemps.
Le 5 juillet, pour le 57ème anniversaire de l’Indépendance, la fête officielle a été occultée par une immense manifestation convergeant vers le centre d’Alger. Pour cette vingtième manifestation « anti-système », les uns réclamaient le départ de l’homme fort du pays, le général Ahmed Gaïd Salah, les autres annonçait une « deuxième indépendance de l’Algérie », « confisquée depuis l’indépendance par le FLN et l’armée ».
Comme d’habitude, la police et les hélicoptères observaient la foule, mais le caractère pacifique des manifestations se confirme, ainsi que la volonté d’éviter les heurts.
Pourtant, le général Salah a fait engager des poursuites contre ceux qui portent atteinte à l’armée ou qui tentent de diviser l’Algérie en brandissant d’autres drapeaux que le drapeau national. 35 personnes, qui avaient dressé des drapeaux berbères, ont été arrêtées.
« Kabyles et Arabes sont frères, Gaïd Salah est avec les traitres », chantait la foule en réponse à leur nouvelle cible, considérant que cette manœuvre voulait simplement dresser les Arabes contre les Kabyles. Le général Salah qui, par son revirement, a provoqué la chute du clan Bouteflika, a mis pas mal de ses amis en prison. Le frère du président déchu, des généraux du service de renseignement, rivaux de toujours, comme Tartag et Toufik, des hommes d’affaires, d’anciens politiques, anciens ministres et premiers ministres, tous jetés en pâture pour corruption, afin de donner des gages à la foule, et montrer son pouvoir au dernier carré du régime.
Récemment, il a aussi mis en prison un ancien commandant de l’Armée de Libération nationale, Lakhdar Bouregaa, 86 ans, de quoi en faire un nouveau héros : « outrage à corps constitué et atteinte au moral de l’armée ». Signe qu’à force d’user de son pouvoir, le Général use moins sa tête : On n’arrête pas les vieillards. Après Bourregaa, pourquoi pas Salah lui-même ? L’âge n’offrant aucune protection, l’ancien Secrétaire général du FLN et ancien ministre, le sénateur Djamel Ould Abbes, 86 ans, qui avait eu l’honneur d’annoncer que Bouteflika serait candidat, a été lui aussi arrêté. Comme Said Barkat, un autre ministre. Au rythme d’un ministre par jour, le cercle se resserre. Au tour de qui, au profit de qui?
L’Algérie est en phase de vide institutionnel. Avec un Président provisoire, Bensalah, symbole de l’ancien régime, et sans réel pouvoir. Les Algériens ne demandent même plus son départ. Ils ciblent Salah.
Il y a peu de chance que le général puisse résister. Après tant de servilité, l’autoritarisme ne convainc personne. Et pour l’instant, il ne fait peur qu’à ses amis. Enfin, il ne fait pas vraiment consensus au sein de l’armée. S’il ne veut pas finir en fuite, il devrait vite trouver une solution.
Bensalah l’intérimaire a proposé un dialogue national sans l’armée. La rue refuse, une partie de l’opposition accepte. Les généraux Ben Ali Ben Ali, de la Garde républicaine, et le Commandant de l’armée de terre Saïd Chengriha, se taisent. Gaïd Salah pense-t-il à une solution à l’égyptienne ? A un interim de longue durée ? Peut-être la solution serait-elle de commencer par d’autres élections que les élections présidentielles.
Monaco Telecom a acquis auprès de la société Huawei les équipements 5G nécessaires au déploiement de son réseau. La principauté peut désormais se targuer d’être le premier État au monde à être couvert à 100% par la 5G. Une bonne publicité pour Monaco, mais aussi pour Huawei en plein tourmente suite aux accusations d’espionnage au profit de la Chine par les chancelleries occidentales.
Monaco Telecom a lancé le 9 juillet 2019 son réseau 5G. L’opérateur couvre déjà l’intégralité de la superficie limitée (202 hectares) de la principauté, ce qui fait de Monaco le premier État au monde à être couvert à 100% en 5G. Un bon coup de communication pour le petit pays, mais surtout pour Huawei, qui a fourni les équipements 5G nécessaires à la constitution du réseau à Monaco Telecom. Pour rappel, une récente étude assure que Huawei a la meilleure technologie 5G au monde.
Huawei fournit Monaco Telecom en équipements 5G
« Monaco est un territoire peu étendu, ce qui nous permet d’en faire une vitrine dans un certain nombre de domaines, notamment en associant le développement de la 5G à celui de la ville intelligente. Cela pourra servir de modèle pour d’autres opérateurs et États », a déclaré Guo Ping, vice-président de Huawei, dans des propos confiés à l’AFP et relayés par Challenges. L’occasion de faire un pied de nez aux États-Unis, qui ne parviennent pas à interdire le géant des télécom en Europe malgré ses efforts. Des opérateurs au Royaume-Uni ainsi que Vodafone en Espagne ont également passé des contrats avec le groupe pour déployer la 5G.
« C’est un changement de paradigme qui nous permet de connecter notre vie au numérique. A Monaco, la 5G est la promesse d’une meilleure qualité de vie pour tous et d’opportunités exceptionnelles. Elle permettra d’adapter la vie à nos besoins », a réagi Frédéric Genta, le délégué interministériel monégasque en charge de la transition numérique. La 5G aura notamment des applications dans les secteurs des transports et de la sécurité.
Parmi les exemples cités, on a l’arrivée d’abribus connectés. Les pompiers pourront eux compter sur des drones capables de capturer et de diffuser des images en qualité 4K en temps réel grâce aux importants débits et la très faible latence de la technologie 5G. De quoi avoir un aperçu en direct de ce qu’il se passe dans la ville.
Le Président Tunisien, Beji Caïd Essebsi, va bien mieux, et le prouve avec humour. Après avoir été transféré d’urgence à l’hôpital militaire, le jour même ou trois attentats étaient commis en Tunisie, il en sortait quatre jours plus tard en lançant cette phrase pleine d’humour : « Excusez-moi de ne pas être mort ».
L’annonce de sa mort était en effet sur toutes les lèvres, secret mal gardé se propageant à la vitesse de la panique. La disparition du Président, lié aux retours des attentats, aurait lancé la Tunisie, déjà fragile, dans le chaos, alors que l’on s’interrogeait sur un possible report des élections. Ce n’est qu’à son retour de l’hôpital que le Président a pu signer le décret convoquant le corps électoral, trois mois avant, de justesse. C’est désormais une certitude : Les élections législatives auront lieu le 6 octobre, les élections présidentielles le 17 novembre. Rien ne devrait empêcher ce grand rendez-vous.
7 millions d’électeurs sont inscrits sur les listes électorales. 1.5 millions sont de nouveaux inscrits, dont 54% de femmes. Les jeunes (18/35 ans représentent désormais 63% du corps électoral. Ce sont eux qui décideront.
Mais rien n’est simple. Actuellement en tête des sondages, le publicitaire Nabil Karoui, propriétaire d’une chaine de télévision, qui avait participé à la campagne de Beji Caïd Essebsi, fait face à plusieurs obstacles.
L’un est une inculpation pour blanchiment et fraude fiscale, avec gel de ses avoirs et interdiction de voyager. Une décision judiciaire qui fait suite à une plainte de 2017 mais intervient juste après la création de son parti « Au cœur de la Tunisie ».
L’autre est un amendement à la loi électorale qui interdit la candidature de personnes qui ont bénéficié de moyens de propagande, de donations venant de l’étranger ou octroyé des dons aux Tunisiens par le biais d’associations caritatives, ce qui le vise directement. Cet amendement vise également Abir Moussi, une avocate qui dénonce le parti religieux, et se revendique clairement de l’héritage de Ben Ali. Elle est créditée de la troisième place dans les sondages. Ces amendements ne sont pas encore entrés en vigueur, mais ils pourraient l’être très vite.
En Tunisie comme ailleurs, les sondages sont peu fiables, surtout si loin de l’élection. Mais visiblement ils inquiètent. Le dernier sondage publié donnait Nabil Karoui à 23%, à égalité avec l’universitaire Kaïs Said, considéré plutôt proche des religieux,-même si ceux-ci n’ont encore décidé de soutenir personne- et Abir Moussi à 13%.
Pour les élections législatives, « Au cœur de la Tunisie » obtiendrait 29%, Ennahdha (islamistes) seulement 16%, le parti destourien libre (Abir Moussi) 11%, celui du Premier ministre actuel (Tahya Tunes) 8% et celui du Président (Nidaa Tounes) 5%. Tout cela est très incertain et fluctuant. Le Premier ministre Youssef Chahed, que l’on voyait il y a quelques mois comme favori ne pointerait plus qu’en quatrième position. C’est pourquoi il est accusé par Nabil Karoui d’être à la manœuvre. Possible. Mais pas certain.
Youssef Chahed, qui a formé son propre parti et quitté celui du Président, vient d’interdire le port du Niqab dans les bâtiments publics après les attentats. Un geste qui a contrarié ses alliés d’Ennahdha. Ceux-ci envisageraient de quitter la coalition et de demander sa démission. Par qui Youssef Chahed serait-il alors soutenu ?
La confusion préélectorale est donc majeure. Personne ne sait si Nabil Karoui et Amir Moussi pourront être candidat, ni si Ennahdha soutiendra quelqu’un, ni si Youssef Chahed restera Premier ministre.
Il est surtout vraisemblable que d’autres candidats apparaissent. Une nouvelle coalition pourrait voir le jour, comme celle de Beji Caïd Essebsi en son temps : rassembler les anciens destouriens de Ben Ali, les démocrates et les modernistes autour d’un programme économique et social tourné vers les jeunes et l’emploi.
La situation économique et sociale est plus que difficile. Les événements en Lybie et en Algérie la fragilisent. Mais ils confortent aussi cette démocratie incertaine, car elle évite jusqu’à présent violence et conflits.
En tout cas, comme Beji Caïd Essebsi, la démocratie tunisienne est toujours vivante. Imparfaite, fragile, mais vivante.
La population française vivant à l’étranger s’élevait en 2018 à 3 millions de personnes. Elle progresse de 3,24 % par an en moyenne et cela depuis dix ans. 1,8 million de Français sont inscrits 2018 au registre des Français de l’étranger (tous les Français ne se déclarent pas au consulat). Un tiers d’entre eux sont âgés de moins de 25 ans.
La France a été longtemps très en retrait en matière d’expatriation. Dans les années 80, cette situation était jugée préjudiciable pour les exportations. Son développement lors de ces vingt dernières années n’a pas modifié les résultats du commerce extérieur mais marque sans nul doute une rupture. Le fort taux de chômage mais aussi une plus grande ouverture des jeunes sur l’extérieur expliquent la progression du nombre d’expatriés. Le succès du programme Erasmus a contribué à la mobilité des jeunes actifs.
Près de la moitié des expatriés français sont implantés en Europe et plus de 20 % en Amérique. Les pays où la présence française enregistrée par le ministère des Affaires étrangères est la plus forte sont, dans l’ordre, la Suisse, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Belgique, l’Allemagne et le Canada. Selon une étude sur le marché du travail en Europe (The Workforce View in Europe 2019), près de 20% des Français interrogés envisagent de déménager à l’étranger pour travailler au cours des deux prochaines années, et, parmi eux, 4,9 % y songent très fortement.
Les volontaires au départ, qui sont majoritairement des hommes (68 %) diplômés (80 %). Ils mettent en avant l’importance au contenu de la mission et au développement de leurs compétences qu’à la sécurité de l’emploi. Si ce ne sont que des intentions, ces résultats témoignent de la montée en puissance de l’appétence pour l’expatriation.
Ce souhait de tenter sa chance à l’étranger se retrouve plus fortement chez 25-34 ans qui ont moins de contraintes familiales que les autres tranches d’âge. Dans les faits, l’expatriation est un marché de niches surtout en excluant les Français qui travaillent dans les pays frontaliers comme la Belgique, la Suisse ou le Luxembourg. La volonté de travailler à l’étranger diffère en fonction des compétences. Les non ou faiblement diplômés rechercheront les moyens de trouver du travail (hôtellerie, restauration) quand ceux diplômés de l’enseignement supérieur privilégient le niveau de rémunération et les conditions de vie. Le désir d’expatriation est ainsi élevé chez les jeunes actifs français travaillant dans l’intelligence artificielle. Ainsi, selon le Boston Consulting Group (BCG), 76 % des experts numériques français – intelligence artificielle, robotique, marketing digital – seraient ainsi prêts à s’expatrier pour développer leur carrière.
L’appel des États-Unis ou du Royaume-Uni est fort. Ce phénomène se rencontre chez tous les jeunes quel que soit leur pays d’origine. Néanmoins, en Chine, moins d’un expert digital sur quatre envisagerait selon le BCG une telle démarche ». Selon la 12e édition de l’étude HSBC Expat Explorer, réalisée en partenariat avec l’institut de sondage YouGov, les expatriés sont gagnants en termes de rémunération et de promotion au sein de leur entreprise. Au moment de décider de partir à l’étranger, les perspectives de carrière sont le principal critère de choix pour les jeunes (47 %). Le niveau de la rémunération joue dans 29 % des cas. 49 % des expatriés ont bénéficié d’une majoration de leur rémunération. A titre comparatif, 55% des expatriés européens déclarent percevoir une rémunération supérieure depuis leur arrivée dans leur pays d’accueil.
L’expatriation permet une accélération globale de la carrière des jeunes (moins de 35 ans). 71 % d’entre eux affirment avoir développé de nouvelles qualités et compétences. Pour les Français, l’expatriation est aussi synonyme d’acquisition de nouvelles compétences (64 %). Les expatriés s’insèrent de plus en plus dans la vie de leur pays d’accueil surtout quand il s’agit d’un pays européen. Ils participent à la vie locale notamment à travers la participation aux élections.
Près des deux tiers des expatriés sont propriétaires d’un bien immobilier, ce taux est supérieur à la moyenne française (58 %). 39 % ont acquis un bien en France et 33 % dans leur pays d’accueil. Cet écart s’explique en partie par le fait que les expatriés ont des revenus supérieurs à la moyenne des Français. 45% des moins de 35 ans établis à l’étranger sont d’ores et déjà propriétaires d’un bien tandis que 6% sont multipropriétaires et possèdent au moins deux biens. La possession d’un bien immobilier est considérée comme une sécurité en cas de difficulté, d’interruption de la mission à l’étranger.
En achetant dans le pays d’accueil, il y a la volonté de s’y insérer durablement. Au moment de leur départ, seuls 15 % des Français expatriés envisagent de passer plus de 20 ans dans leur pays d’accueil. Une fois installés, ils sont plus d’un quart (28 %) à affirmer vouloir rester plus de deux décennies. La durée moyenne de l’expatriation est de 11 ans. Plus le nombre d’années à l’étranger augmente, plus le souhait de revenir en France s’affaiblit.
La scolarisation des enfants et les problèmes de santé constituent les deux facteurs contribuant au retour en France. L’allongement des périodes d’expatriation n’est pas sans conséquence en matière de couverture « retraite » surtout pour les actifs qui ne sont pas salariés au sein de grands groupes internationaux ou qui travaillent dans des pays qui ne bénéficient de convention avec la France sur le sujet. 60 % des expatriés déclarent épargner en vue de leur retraite de manière régulière, ce qui est bien plus élevé que le taux des Français résidents.
Quand les Français expatriés sont interrogés sur les raisons qui les poussent à rester plus longtemps que ce qu’ils avaient initialement prévu, une majorité d’entre eux (52 %) affirment qu’ils prolongent leur séjour pour parachever leur évolution professionnelle. 49 % mettent en avant la volonté de maintenir leur niveau de vie. 68 % des Français expatriés avaient déjà expérimenté une première expatriation, une proportion supérieure à celle observée au niveau mondial (56 %).
La répartition des différents postes à responsabilité au sein des institutions européennes doit prendre en compte un délicat équilibre entre l’origine géographique et politique. Un exercice dans lequel certains s’en sont mieux sortis que d’autres.
« Les critères de compétence, d’expérience, de parité et d’équilibre politique et géographique ont été remplis », s’est félicité le président Emmanuel Macron à l’issue de la réunion des dirigeants européens qui a révélé le casting choisi pour les hauts postes de l’Union européenne. Un satisfecit qui cache pourtant de disparités.
Répartition géographique : Chou blanc pour l’Est
La répartition entre les 28 nationalités s’est faite à l’avantage des États membres « historiques ». Avec une candidate à la présidence de la Commission allemande (Ursula von der Leyen), un président du Conseil belge (Charles Michel), un haut représentant aux Affaires étrangères espagnol (Josep Borrell) et une présidente de la Banque centrale européenne française (Christine Lagarde), les États membres les plus anciens se sont taillé la part du lion.
L’Italie, malgré son virage populiste, conserve son strapontin dans les hautes sphères de l’UE grâce à l’élection du socialiste italien David Maria Sassoli à la présidence du Parlement. Les vice-présidents pressentis de la Commission européenne : la danoise Margrethe Vestager et le néerlandais Frans Timmermans sont aussi des ressortissants des pays fondateurs.
À l’inverse, les pays de l’est de l’Europe sont ressortis les mains vides de ce grand mercato. Aucun des pays ayant adhéré à l’UE durant la vague de 2007 n’a obtenu de fonction pour un de ses ressortissants.
Pire, la tentative des dirigeants européens de placer le Bulgare Serguei Stanishev à la présidence du Parlement européen a échoué, faute de soutien au sein de sa propre famille politique. Pour l’heure, le seul représentant de l’Europe de l’Est détenant un poste central est le Roumain Dacian Ciolos, qui a été élu président du groupe des centristes au Parlement européen (Renew Europe), grâce au désistement de la Française Nathalie Loiseau.
Partis politiques
Malgré la perte de leur majorité absolue au Parlement européen à l’issue des dernières élections européennes et un recul historique dans plusieurs pays au profit des populistes, mais aussi des Verts et des centristes, les deux grandes formations politiques européennes – le PPE et les socialistes – sont parvenus à conserver leurs positions au sein des institutions.
Le PPE obtient ainsi la présidence de la Commission, qui lui a pourtant été fortement contestée, ainsi que la deuxième partie du mandat du président du Parlement européen. Enfin, Christine Lagarde à la BCE a précédemment exercé les fonctions de ministre de l’Économie de Nicolas Sarkozy, ce qui la rapproche du PPE.
Les socialistes héritent quant à eux de la première partie du mandat du président du Parlement et du poste de diplomate en chef. Leur spitzenkandidat, Frans Timmermans, devrait obtenir un poste de vice-président de la Commission.
La nouvelle famille des centristes et/ou libéraux européens ont particulièrement bien tiré leur épingle du jeu, en obtenant la présidence du Conseil et une des vice-présidences de la Commission avec Margrethe Vestager.
Les plus mal servis sont sans conteste les populistes, qui malgré une percée aux élections européennes restent isolés sur la scène politique. Au Parlement européen, où ils pouvaient revendiquer certains postes au regard de la taille de leur nouveau groupe parlementaire (Identité et Démocratie), la technique du « cordon sanitaire » mise en œuvre par les autres groupes politiques les a privés de vice-présidence du Parlement.
La parité à portée de main
Avec 40% de femmes élues au Parlement européen et 2 des quatre postes clés attribués à des femmes, la parité sort sinon gagnante – du moins renforcée de ces élections européennes. Consacrée troisième femme la plus puissante du monde par Forbes l’année dernière, Christine Lagarde, va quitter son poste au FMI pour prendre la tête de la Banque centrale européenne. L’Allemande Ursula Von der Leyen a été choisie par les chefs d’États et de gouvernement pour diriger la Commission européenne – une première dans l’histoire de l’UE. Mais la conservatrice doit encore être approuvée par les eurodéputés, une étape qui n’est pas gagnée.
Au Parlement européen, l’équilibre entre hommes et femmes progresse depuis 1979, selon les dernières données publiées par le Parlement, passant de 16% en 1979 à 41% en 2019. Par contre, aucune femme n’a dirigé le Parlement européen depuis 1999 (Nicole Fontaine) et 1979 (Simone Veil).
Francophonie
Bonne nouvelle pour la francophonie, les cinq nouveaux chefs des instances de l’Union européenne parlent le français.
Malgré son nom anglais, Odyssey ambitionne de créer un réseau éducatif d’excellence en français dans le monde. Un projet particulièrement exigeant d’atteindre à terme 10.000 élèves ainsi que 1.300 enseignants et collaborateurs et ce dans une dizaine de pays.
Présidé par Bernard Delesalle, ancien Président de la Fédération des Écoles Laïques Privées, le groupe Odyssey compte également l’ancien Ministre de l’Education Nationale Luc Chatel dans ses rangs.
Trois écoles au Maroc, Roumanie et Belgique
L’école de Casablanca
Le réseau compte pour le moment trois établissements, à Casablanca, Bucarest et depuis récemment Bruxelles. Installé au cœur de Casablanca, le premier établissement propose un enseignement trilingue français, anglais, arabe, avec en tête le brevet, le baccalauréat et aux certifications de référence en langue anglaise, notamment le Cambridge exam.
L’école de Bucarest, qui ouvrira ses portes en septembre 2019 et propose également un enseignement trilingue propose également un cursus de l’Education Nationale française. Celle de Bruxelles, qui ouvrira à la même période, offrira le même cursus et un enseignement bilingue français-anglais. Elle complètera l’offre du lycée français Jean Monnet, créée en 1907 et forte de 2800 élèves. L’école bruxelloise n’aura pas immédiatement une formation jusque 18 ans mais l’ambitionne et même de créer une classe préparatoire. Elle est située sur le campus du domaine de Latour dans la chic commune d’Uccle qui compte déjà la Bogaerts International School et l’antenne bruxelloise de l’école de codage de Xavier Niel.
Soutien financier de la famille Mulliez
Gérard Mulliez
La famille Mulliez, propriétaire d’un holding tentaculaire qui comprend notamment Auchan et Décathlon, est devenue en février actionnaire minoritaire du groupe éducatif à hauteur de 11 millions d’Euros.
Une façon, tout comme pour Xavier Niel et ses écoles de codages, de confirmer que l’enseignement, et notamment l’enseignement français à l’étranger, passe et passera de plus en plus par la participation de personnes privées et de fondations. C’est également le cas dans d’autres réseaux, y compris le réseau de l’AEFE.