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  • Maroc : M6, vingt ans déjà.

    Mohamed VI avait 36 ans lorsqu’il est devenu Roi le 23 juillet 1999, après la mort de son père Hassan II. Beaucoup doutait de sa capacité à éviter coup d’Etat ou révolution, dans un pays tenu alors par une main de fer.

    Une de ses premières décisions, risquée, fut de se débarrasser du (presque) tout puissant ministre de l’intérieur de son père, Driss Basri. Ce fut le début d’une ouverture politique et démocratique qui a donné au Maroc une stabilité remarquable par rapport aux autres pays et permis au Roi de conserver une autorité incontestée : pour garder le pouvoir, il l’a partagé, notamment avec son opposition, puis avec les partis islamistes qui avaient remporté les élections.

    Le Palais royal conserve la main mise sur la diplomatie, l’armée, l’intérieur, la justice mais laisse la politique économique et sociale au gouvernement issu des élections. Le résultat a été un succès. Le Maroc n’a connu ni printemps arabe, ni coup d’Etat, ni guerre civile, ni vague terroriste, même s’il n’en a pas été exempté. Des attentats ont eu lieu, des révoltes (dans le Rif) et des émeutes ont éclaté. Mais la transformation économique et sociale est spectaculaire, même si le développement économique est contrebalancé par une forte croissance de la population, qui laisse une grande partie des jeunes et des familles dans une situation de grande pauvreté (25 % des jeunes sont au chômage), contraste éclatant avec les réussites économiques. Dans une étude Arab Barometer, citée par la BBC, on retient que 70% des Marocains de moins de trente ans souhaiteraient émigrer et que 49% des Marocains souhaitent un changement politique rapide.

    L’islamisation de la société est perceptible, comme dans tous les pays musulmans, mais elle relève de tendances sociales plutôt que de contraintes politiques. Il ne semble pas que les dirigeants s’inscrivent dans une radicalisation et le Conseil des oulémas a plutôt perdu que gagné en influence avec l’évènement du parti religieux au pouvoir.

    Grace à la relative libéralisation, économique et politique, décidée par M6, le Maroc a renforcé la classe moyenne qui constitue aujourd’hui le socle fort du pays. Le Maroc est aussi devenu un centre industriel et financier. Le TGV a accueilli récemment son millionième passager. Il est le premier constructeur automobile africain, le port de Tanger devient un des principaux ports d’Afrique et de Méditerranée, alors que le Roi a inauguré une nouvelle politique africaine notamment vis-à-vis du Sénégal et de la Cote d’Ivoire.

    Le Roi utilise la holding familiale, Siger, qui contrôle l’ancienne Société nationale d’investissement (SNI) devenu Al Mada pour investir à titre personnel dans de nombreux pays africains et donner un relief personnel aux accords et investissements. Le magazine Forbes évalue la fortune du Roi à près de 6 milliards, et  ses revenus à 6% du Pib marocain. Sans compter les 250 millions d’allocations annuelles versées par le gouvernement pour l’entretien des palais et du train de vie royal. Mais le respect du au Roi et à la monarchie semble autoriser cet écart abyssal de richesse.

    Ce qui inquiète, c’est plutôt la maladie du Roi. Tout le monde en sait quelque chose, et, à force d’en parler depuis des années, cela finira par arriver. Tout comme on parle d’explosion sociale ou politique. Parce que les deux seraient liés : tant que le Roi est là, il ne se passera rie, dit-on. Bel hommage. Les craintes qui sont agitées témoignent donc de l’attachement populaire personnel à Mohamed VI considéré comme un protecteur et une garantie. C’est l’inconvénient des régimes personnels que d’être lié à la personne du Prince. C’est pourquoi Mohammed VI a eu l’intelligence de démocratiser peu à peu, partiellement, son pays. Aussi, tout le monde souhaitera, à l’occasion de cet anniversaire des vingt ans de règne, une longue vie à M6, pour qu’il lègue à son fils une monarchie constitutionnelle.

    Laurent Dominati 

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

  • La nomination de von der Leyen provoque une nouvelle crise en Italie

    Les deux partis au pouvoir en Italie sont entrés en conflit à propos d’ Ursula von der Leyen. Leurs dissensions met en péril les espoirs de Rome d’obtenir un poste haut placé dans le nouvel exécutif.

    Les partis au pouvoir italiens, la Ligue de Matteo Salvini et le Mouvement 5 étoiles (M5S) de Luigi du Maio, devaient tous deux soutenir la nomination d’Ursula von der Leyen lors du vote au Parlement européen. La Ligue a toutefois voté contre elle.

    L’Italie a encore le temps de dissoudre son parlement et d’organiser des élections après les vacances d’été, a déclaré Matteo Salvini, au Corriere della Sera, un quotidien italien.

    Dans une interview publiée le 18 juillet, ce dernier a souligné que la survie du gouvernement populiste de Rome dépendait du Mouvement 5 étoiles, et de sa volonté de poursuivre leur coopération sur la stratégie d’amélioration de l’autonomie régionale, le budget de l’année prochaine et la réforme du système judiciaire.

    Emanuele Bonini, un blogueur qui suit de près les affaires européennes liées à l’Italie, a écrit que la coalition aurait du mal à survivre à la divergence d’opinion sur la présidente de la Commission européenne. « Le vote de la Ligue contre la présidente élue de la Commission européenne est en train de provoquer un séisme politique en Italie. »

    Lors du sommet européen sur les postes clés de l’UE, le Premier ministre italien, Giuseppe Conte avait officiellement soutenu Ursula von der Leyen, rappelle Emanuele Bonini. Giuseppe Conte a donc pris un engagement politique par rapport aux autres dirigeants européens, « mais la Ligue l’a trahi ».

    Le Premier ministre a immédiatement accusé « le manque de respect institutionnel » des eurodéputés du parti de Salvini et reproché à la Ligue d’avoir voté « contre les intérêts nationaux. »

    L’Italie risque par ailleurs de subir les conséquences du comportement de la Ligue, en recevant un portefeuille moins important à la Commission européenne.

    Le commissaire italien pourrait avoir des difficultés à réussir son audition devant un Parlement hostile, a déclaré Fabio Massimo Castaldo, vice-président du Parlement européen et membre du M5S.

    Georgi Gotev

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Rencontre avec Claudine Lepage, Sénatrice des Français de l’étranger

    Lesfrancais.press ont eu l’occasion d’échanger avec Claudine Lepage, Sénatrice PS des Français établis hors de France. Secrétaire de la Commission culture, éducation et communication, membre de plusieurs groupes attachés au rayonnement français à l’étranger et Présidente du groupe d’amitié France-Canada, Claudine Lepage nous apporte son regard sur les sujets qui concernent les Français de l’étranger. 


    LFP : Mme la Sénatrice, voyez-vous la culture et l’éducation, francophone naturellement, comme un élément de « soft power » à la française?

    Claudine Lepage : Bien évidemment. L’enseignement du français et en français, la culture francophone sont des vecteurs d’influence pour notre pays à travers le monde. Ce serait d’ailleurs mentir de prétendre l’inverse.

    « le français est en recul, notamment en Afrique, et il faudra développer à l’avenir un effort important pour former des enseignants ou nouer des partenariats avec des universités, si l’on souhaite que le français puisse notamment faire face à la concurrence d’autres langues »

    Plus il y a de locuteurs en français, plus il y a d’amateurs de culture française ou francophone, plus l’influence de la France dans le monde est forte. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le Président de la République a mis l’accent sur la Francophonie et a lancé le projet de doubler les effectifs dans les établissements scolaires du réseau d’enseignement français à l’étranger d’ici 2030. Cependant il ne faut pas se leurrer, le français est en recul, notamment en Afrique, et il faudra développer à l’avenir un effort important pour former des enseignants ou nouer des partenariats avec des universités, si l’on souhaite que le français puisse notamment faire face à la concurrence d’autres langues. En effet, la France n’est pas le seul pays à mener une diplomatie culturelle : les Chinois, les Turcs pour ne citer qu’eux ont une politique très ambitieuse dans ce domaine.

    La France bénéficie toujours d’un attrait particulier mais les situations sont désormais très différentes selon les pays.

    LFP : Les épreuves du Baccalauréat et du brevet ont parfois été mouvementées dans l’Hexagone, avez-vous eu des retours de ce type chez les Français hors de France?

    Claudine Lepage :  Fort heureusement, les élèves des lycées à l’étranger ont pu passer l’examen du baccalauréat dans de bonnes conditions et aucune difficulté n’a été relevée par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) dans les établissements du réseau. Je regrette que, dans l’Hexagone, les examens aient été parfois mouvementés et regrette que le ministre Jean-Michel Blanquer n’ait pas eu un geste d’apaisement pour le corps enseignant.

    LFP : Certains, notamment au sein de la majorité, pensent que l’avenir de l’enseignement français à l’étranger devrait plus s’appuyer sur des fondations et des financements privés. Le récent projet Odyssey à Casablanca, Bucarest et Bruxelles, va dans ce sens. Quelle est votre opinion sur le sujet?

    Claudine Lepage : Je regrette bien entendu la baisse du budget consacré à l’enseignement français à l’étranger. Le rebasage de quelques 30 millions d’euros annoncé par le gouvernement n’est en fait que l’équivalent de la coupe budgétaire de 33 millions d’euros effectué à l’été 2017. Ce n’est malheureusement pas une augmentation de budget.

    « La marchandisation poussée à l’extrême de l’école représente un danger qui inquiète l’ensemble de la communauté éducative et particulièrement les parents qui craignent des frais de scolarité encore plus élevés pour une qualité d’enseignement moindre »

    Claudine Lepage, Sénatrice des Français hors de France

    Je suis sceptique également sur le choix du gouvernement de s’appuyer davantage sur des fondations et des financements privés car qui dit investisseur, dit nécessairement retour sur investissement… La marchandisation poussée à l’extrême de l’école représente un danger qui inquiète l’ensemble de la communauté éducative et particulièrement les parents qui craignent des frais de scolarité encore plus élevés pour une qualité d’enseignement moindre. La crainte principale qui est également partagée par les enseignants est que les établissements, faute d’un budget suffisant, ne puissent plus à l’avenir recruter des enseignants titulaires. Cela serait une perte non négligeable pour les établissements du réseau.

    J’estime aussi que l’homologation délivrée par le ministère de l’Éducation nationale, qui est un gage certain de qualité, devrait aller au-delà des seuls critères pédagogiques. Elle devrait également être un gage de bonne gouvernance. De plus, un suivi plus rigoureux de l’homologation devrait permettre de contrôler la qualité de l’enseignement dispensé.

    LFP : Vous êtes par ailleurs Présidente du groupe France-Canada. Les relations semblent au beau fixe malgré les remous passés du CETA. Est-ce également votre opinion? Pensez-vous que le CETA est une opportunité ou une menace pour la France et l’Union européenne?

    Claudine Lepage : Notre relation avec le Canada est très bonne et je le constate à chaque réunion du groupe interparlementaire d’amitié France-Canada comme à chaque rencontre avec l’ambassadrice du Canada en France. Je me félicite également que de plus en plus de jeunes Français se rendent au Canada pour leurs études ou entamer une vie professionnelle. Ces échanges vont consolider la relation d’amitié qui unit nos deux pays historiquement.

    Bien entendu le CETA divise car notre logiciel a changé et que nous sommes désormais tous préoccupés par l’écologie et la préservation de la planète. Si économiquement le bilan de la première année du CETA est plutôt positif pour l’Union européenne, en particulier pour la France en matière agricole, des doutes importants subsistent sur le côté environnemental.

    Comment aujourd’hui justifier que ces traités contribuent directement ou indirectement à plus d’insécurité sanitaire et à l’augmentation inéluctable des émissions de gaz à effet de serre ?

    De plus n’est-ce pas paradoxal de faire traverser l’Atlantique à des marchandises que nous produisons également ? Depuis deux ans et l’entrée pour partie en vigueur du traité, je crois que la donne a clairement changé !

    LFP : Enfin en tant que Sénatrice des Français établis hors de France, vous avez forcément un regard particulier sur nos compatriotes expatriés. Outre les points déjà évoqués, quels seraient les sujets prioritaires pour vous ?

    Claudine Lepage : De nombreux sujets sont prioritaires sur lesquels le gouvernement ne répond pas aux attentes des Français de l’étranger.

    Je pense en ce moment à l’imposition des non-résidents qui touchent une retraite ou un salaire de source française. Il semblerait, je suis encore en attente d’une confirmation de la Direction générale des finances publiques (DGFIP) sur ce sujet, que les non-résidents qui sont soumis sur leur revenus de 2018 au prélèvement à la source ne seront pas remboursés des impôts qu’ils ont déjà versés sur leurs revenus de 2018. Ces personnes ne bénéficieraient donc pas de l’année blanche comme les contribuables résidant en France.

    Je pense également aux Français de l’étranger pensionnés d’un régime français de sécurité sociale qui ont de nombreuses difficultés à transmettre à la CNAV et aux caisses de retraite leurs certificats de vie. Je pense à la protection sociale qui a certes connu des avancées mais qui reste une problématique et un coût important pour les familles.

    Je pense aux enseignants qui ont des difficultés à obtenir un renouvellement de détachement pour enseigner dans le réseau AEFE et qui se retrouvent dans des situations difficiles sur le plan professionnel et familial.

  • L’Allemagne face au changement systémique de l’économie

    Les Français estiment que le cycle économique qui s’achève était par nature favorable aux Allemands car reposant sur la fourniture de biens d’équipement et de voitures. La remise en cause du modèle de croissance qui s’appuie sur industrie est donc censée mettre en difficulté notre partenaire d’Outre-Rhin.

    L’Allemagne est confrontée à plusieurs défis : la contraction des industries du passé mais aussi à la nécessité de sortir de la production électrique par le charbon. Par ailleurs, la moindre croissance du commerce international est une source de danger pour un pays dont la croissance repose avant tout sur les exportations. Le chantier de l’énergie L’Allemagne doit relever le défi de la transition énergétique. Du fait de ses choix énergétiques, son électricité est déjà plus chère de plus de 20 % de celle produite en France. Or, le Gouvernement a pris l’engagement de fermer les centrales au charbon d’ici 2038. Ces fermetures suivront celles des centrales nucléaires qui doivent intervenir d’ici 2022.

    En 2016, la production électrique via le charbon représente 43 % du total de la production. La part du nucléaire est de 13 % en 2016 contre 30 % en 1998. Les énergies renouvelables sont passées de 1 à 18,4 % durant la même période. L’éolien avec 12,4 % de la production est la première énergie renouvelable pour la production d’électricité. La part du gaz naturel dans la production électrique était de 13 % en 2016 contre 10 % en 1998. Cette transformation énergétique exige des investissements importants qui peuvent générer des surcoûts non négligeables et éroder un temps la compétitivité économique de l’industrie.

    Un affaiblissement de la compétitivité allemande

    Le modèle allemand reposait sur une intégration de biens intermédiaires à faibles coûts et sur des exportations haut de gamme dégageant des marges importantes. Une monnaie forte permettait de réduire le coût des importations et de valoriser les exportations. Pour maîtriser les coûts, les entreprises ont, ces dernières années, opté pour la rigueur salariale. Ce modèle a vécu. Les importations sont de plus en plus coûteuses, d’autant plus que l’euro a eu tendance à se déprécier en raison de la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Depuis trois ans, les salaires progressent plus rapidement en Allemagne que chez ses principaux partenaires du fait du plein emploi et de l’instauration d’un salaire minimum national.

    La régionalisation du commerce international

    Les exportations dans des pays éloignées progressent moins vite que celles à destination des pays proches, ce qui n’était pas le cas au début du XXIe siècle. Plus un pays est développé, plus il a tendance à commercer avec ses voisins. Les pays d’Asie du Sud Est obéissent à cette loi. Les contraintes environnementales amplifient cette tendance. Ces dernières années, L’Allemagne a amplement profité de la croissance de la demande en provenance des pays émergents. Aujourd’hui, elle doit compter davantage sur les États de la zone euro mais dont la demande interne révolue faiblement.

    Des atouts pour réussir cette transition

    Les entreprises industrielles allemandes doivent tout à la fois revoir leur offre, faire face à la transition énergétique et se repositionner à l’international. Pour le moment, elles encaissent les chocs extérieurs sans pour autant réduire leurs effectifs, ce qui conduit à une baisse de la productivité. Pour s’adapter à la nouvelle donne économique, l’Allemagne dispose d’indéniables atouts. Les capacités financières des entreprises, des ménages, des administrations publiques sont importantes.

    Le taux d’épargne des ménages dépasse 18 % de leur revenu disponible brut. Le solde budgétaire est positif d’environ un point de PIB et la dette est en passe de revenir en-dessous de 60 % du PIB. Par ailleurs, le pays dégage d’importants excédents au niveau de sa balance des paiements courants, plus de 7 % du PIB. Le taux d’autofinancement des entreprises dépasse 110 %, ce qui leur permettrait d’investir plus fortement. Cet excédent d’épargne pourrait servir à l’Allemagne à préparer le futur avec notamment une augmentation des investissements dans les énergies renouvelables, dans l’intelligence artificielle ou dans les technologies de l’information.

    Pour le moment, l’Allemagne est peu présente dans le secteur d’Internet et dans les industries des énergies renouvelables à l’exception de l’éolien. Dans ce dernier secteur, les parts de marché de l’Allemagne dépassent 10% pour la production des biens d’équipement. La capacité de production en batteries électriques est de 726 MWh contre 217 GWhs pour la Chine, 49,6 GWH pour les États-Unis et 1,1 GWh pour la France. Elle arrive en onzième position à l’échelle mondiale et cinquième position au sein de l’Union européenne (source : Bloomberg Energy). Face à cette évolution de la donne industrielle, les entreprises allemandes répondent pour le moment avec lenteur. L’investissement productif outre-Rhin qui se tasse depuis deux ans est désormais inférieur à celui des autres pays de la zone euro. L’investissement public reste faible même s’il est en légère progression depuis 2016. Il est de 0,5 point de PIB inférieur à celui des autres pays de la zone euro (respectivement 2,5 % en Allemagne contre 3 % du PIB en moyenne au sein de l’eurozone – source Datastream). L’épargne de l’Allemagne est affectée à des placements sûrs avant tout des obligations d’État. Depuis la crise des dettes souveraines, l’Allemagne a réduit ses placements au sein de la zone euro et privilégie les acquisitions d’obligations aux États-Unis. Grâce essentiellement aux excédents d’épargne de l’Allemagne, la zone euro remplace la Chine comme créancier des États-Unis, permettant à ses derniers de conserver leurs déficits extérieur et budgétaire.

    Le ralentissement économique en cours contraint les entreprises allemandes à revoir leur modèle. Comme en 2008 ou en 2011, elles ont décidé de placer en temps partiel une partie de leurs salariés et d’engager des processus de formation afin de faciliter la réorientation de leurs activités. Ainsi, des entreprises dans le secteur des machines-outils se spécialisent dans la fabrication de matériels lourds pour les salles d’opération qui intègrent de plus en plus des équipements à forte intensité technologique dont le laser.

     

  • Fiscalité : le Conseil d’Etat ne donne pas raison aux « Américains accidentels »

    La déception fut sans doute grande pour l’association des « Américains accidentels », ces Français nés aux Etats-Unis et qui sont par conséquent considérés par Oncle Sam comme ses compatriotes ayant de jure la double nationalité, en effet, le Conseil d’Etat a rejeté le 19 juillet 2019 le recours engagé qui visait à ne pas appliquer en France les règles fiscales américaines liées au Foreign account tax compliance act, le FATCA, un mécanisme qui permet au fisc américain de bénéficier d’échanges automatiques d’informations concernant les citoyens américains à l’étranger.

    Le droit du sol est en effet appliqué de manière particulièrement stricte aux Etats-Unis et il est très compliqué de renier sa nationalité américaine. Or les Etats-Unis considèrent que le FATCA s’applique partout dans le monde à ses citoyens. Plusieurs conséquences fâcheuses pour les « Américains accidentels », de très nombreux problèmes administratifs et bancaires, une absence de garanties pour la protection des données personnelles, et surtout des réclamations du fisc américain sur des arriérés d’impôts parfois considérables pour des personnes qui, souvent, n’ont jamais travaillé aux Etats-Unis.

    La Commission européenne saisie

    « une occasion de résistance manquée face à l’extraterritorialité du droit américain »

    L’association a annoncé son souhait de saisir la Commission européenne « d’une plainte pour manquement au droit de l’Union«  dans un communiqué ou elle regrette que le Conseil d’Etat n’ait pas interrogé la Cour de justice de l’Union européenne sur cette question.

    Autre point de regret pour l’association, « une occasion de résistance manquée face à l’extraterritorialité du droit américain » lors de cette décision du Conseil d’Etat.

    Le FATCA est en effet un exemple quasi caricatural de l’extraterritorialité, ce concept américain selon lequel le droit américain s’applique aussi dans les pays tiers. Cela semble d’autant plus choquant en l’occurrence que cela concerne des personnes qui ne sont bien souvent que des Américains « sur le papier », n’ayant en général aucun véritable lien avec l’Amérique.

    Nul doute que cette histoire, qui concerne de très nombreuses personnes à travers le monde, est loin d’être terminée…

  • Mehdi, la mutawa et le short…

    Mehdi est français d’origine syrienne, et c’est un de mes meilleurs amis ici. Avec son épouse Caroline et ses deux enfants, on passe nos weekends les uns chez les autres et nous nous apprécions énormément.

    Mehdi est quasiment né en Arabie et y a passé son enfance, puis son adolescence en France puis retour en Arabie pour travailler dans l’entreprise familiale de logistique. Il ne parle pas, ou très mal l’arabe et n’a qu’un défaut: il supporte le PSG.

    Ces dernières années, ils vivaient à Bahreïn et lui traversait le pont pour bosser quotidiennement dans la branche de Damam de son entreprise.

    Oui, mais là, il devient patron de sa société et tout le monde doit déménager à Jeddah. Je ne vous cache pas que ça ne nous arrange pas et que cela nous rend un peu tristes. Pour compenser, on a récupéré toutes leurs bouteilles d’alcool…

    Quand j’ai des conseils à demander sur l’Arabie Saoudite que je n’ose pas demander aux étudiants, c’est à Mehdi que je demande, parce qu’il maitrise les deux cultures, c’est un des rares qui les maitrise à ce point d’ailleurs. En fait, il y a des tonnes de choses qui nous choquent nous, mais qui paraissent normales aux saoudiens et avoir quelqu’un qui comprenne cela est très important pour appréhender la culture d’un pays.

    Donc, ces derniers temps, ils se sont préparés pour déménager et forcément, on multiplie les moments ensemble.

    Il se trouve que je n’arrive jamais à évoquer le sujet de la police de la répression du vice et de la promotion de la vertu aux étudiants. Vous savez, c’est la fameuse police religieuse qui effrayait tout le monde en Arabie et qui s’appelait la Mutawa.

    « une réglementation qui date de Juin 2019 supprime l’obligation du voile et de l’abaya »

    Cela faisait déjà plusieurs années que cette police avait vu ses pouvoirs et ses effectifs considérablement réduits, notamment par le Roi Abdallah, puis le Roi Salmane, le tout parachevé par le quasi roi MBS. Mais je n’osais pas trop demander.

    Donc non seulement ils ne peuvent plus faire grand chose, notamment vis à vis des femmes, mais même leur nom a changé. Ils s’appellent désormais, unité du bien être ou un truc dans le genre et sont plus ou moins inutiles.

    Par ailleurs, j’ai demandé si Caroline, la femme de Mehdi, allait mettre une abaya, et bien figurez vous qu’une réglementation qui date de Juin 2019 supprime l’obligation du voile et de l’abaya (tissu recouvrant les vêtements) pour les femmes.

    Ce n’est qu’une loi et on n’est pas encore arrivé dans les faits me direz-vous? Mehdi était avec son père au resto à Jeddah la semaine dernière et me dit qu’il y avait 90 % de femmes saoudiennes dans l’établissement et qu’une sur deux à peine était voilée, ces deux vieux routards de l’Arabie en étaient eux mêmes surpris. Je ne peux que confirmer, mais mes impressions ne concernent que la province Est, et ne sont que parcellaires.

    De même, cette nouvelle loi met fin à une profonde injustice puisqu’elle interdit les vêtements indécents dont… le short pour les hommes! Oui, pour la première fois, les hommes se voient imposer des restrictions vestimentaires et ce crime contre le mauvais gout est désormais puni (l’idée du mauvais gout est de moi).

    En fait, je ne comprenais pas l’esprit de cette loi et Mehdi me l’a donc expliqué. Il s’agit de mettre fin à l’injustice qui vise à croiser un peu partout des femmes bâchées à coté de leurs maris en short et t-shirt. Donc dorénavant, les femmes peuvent ne pas être bâchées MAIS les hommes n’ont pas le droit d’être en short.

    Vu de notre œil d’occidentaux, on se dit que c’est tordu, mais il parait que l’esprit a très bien été compris localement (ça, pour le coup, je demanderai).

    Une police religieuse qui disparait (et qui n’avait plus de pouvoirs de toute façon) et un code vestimentaire qui allège la femmes et alourdit les hommes, ça bouge doucement… mais ça bouge…

     

    Arnaud Lacheret, docteur en science politique, chercheur associé au laboratoire Pacte/Sciences Po Grenoble, a notamment mené une carrière de collaborateur d’élus locaux et nationaux pendant 12 ans en alternance (et parfois en parallèle) avec une carrière d’enseignant-chercheur.

    Il est actuellement directeur de la French Arabian Business School, département de l’Arabian Gulf University située au Bahreïn au cœur du Golfe Arabo-Persique.
  • La Victoire du Maghreb uni ! l’Algérie gagne la CAN – La France heureuse

    Sur les deux rives de la Méditerranée, une même joie.

    A l’heure où le coup de sifflet final a retenti sur la pelouse du stade international du Caire, vendredi 19 juillet, sacrant les Fennecs champions d’Afrique, les villes de France ont elles aussi exulté, à l’unisson d’Alger. Le titre de vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), décroché par l’Algérie pour la deuxième fois de son histoire (après celle de 1990) au détriment de la sélection sénégalaise et au terme d’un match tendu, crispé, fermé (1-0), a été largement fêté. En Algérie. Mais aussi dans l’Hexagone, où 6,3 % de la population est née au Maghreb ou a un parent qui en est originaire.

    A Marseille, la cité la plus algérienne de France… Le flot des supporteurs sortis célébrer le sacre continental a continué à enfler bien après la fin du match. Ils ont convergé par vagues successives vers le Vieux-Port dans une ambiance survoltée. Exaltés depuis le but inscrit en tout début de rencontre, ivres de joie, de chants et des effluves de fumigènes qui ont teinté la nuit en rouge, ils ont remonté, au rythme des derboukas et des « One, two, three, viva l’Algérie » vers le carrefour de la Canebière, épicentre de la fête.

    A Alger, les mots suffisaient à peine pour narrer la joie de ce sacre. « Dantesque », « dément », « extraordinaire »… Cette coupe semble redonner espoir au mouvement démocratique qui s’enlisait après son vingt-et-unième vendredi de protestation dans les rues, sans aboutir vraiment à instaurer une sortie par le haut avec une organisation d’élections acceptables.

    Au Caire, ça déborde de supporteurs algériens. Ils sont partout. A siroter un jus de mangue près du Nil, à tourner en rond place Tahrir, à fumer une chicha dans un café ou à faire des emplettes à Khan Al-Khalili, le vieux bazar de la capitale, où les commerçants ne peuvent s’empêcher de leur lancer un complice « One, two, three, viva l’Algérie ».

    Après l’élimination précoce de leur équipe nationale en huitièmes de finale, les Egyptiens sont nombreux à avoir choisi d’encourager les Fennecs. « Nous sommes des Arabes, nous sommes des frères », assure même un vendeur de souvenirs du souk. « C’est la meilleure équipe. C’est un très beau football », souligne un autre commerçant au correspondant AFP.

    Quoi qu’il en soit, un sentiment de fraternité souffle en Afrique du Nord et au sein des populations immigrées lors de cette Coupe d’Afrique des nations (CAN). Et deux autres pays sont à fond derrière l’Algérie : la Tunisie et le Maroc (éliminé en huitièmes). « C’est Maghreb United !, se réjouit Sofiane 28 ans, étudiant à Alger.

     

  • Les anciens élèves célèbres des Lycées français de l’étranger – Episode 1/2

    Le réseau éducatif français à l’étranger est unique. Des centaines d’établissements dans des dizaines de pays, ce sont souvent des lycées d’excellence tant au niveau des épreuves françaises qu’internationales. Beaucoup de célébrités françaises et étrangères sont passées par ce réseau. Nous vous proposons dans cet article de parler de nos compatriotes avant dans un second article d’évoquer celles et ceux qui, à l’international et venant de l’étranger, ont brillé.

    Charlotte de Turckheim et Alexandre Holroyd, anciens du prestigieux lycée de Londres

    Arielle Dombasle, ancienne élève du Lycée franco-mexicain de Mexico

    L’une des comédiennes préférées des Français, Charlotte de Turckheim est une ancienne élève du prestigieux Lycée Charles De Gaulle à Londres. Est également un ancien élève l’actuel député des Français d’Europe du Nord, incluant le Royaume-Uni, Alexandre Holroyd. Cet établissement, réputé, accueille chaque année des milliers d’élèves et prépare aux concours d’excellence, tant français qu’internationaux.

    Arielle Dombasle, la célèbre actrice chanteuse et danseuse, est une ancienne élève du Lycée franco-mexicain de Mexico. Elle raconte régulièrement, dans une célèbre émission de la station RTL, sa vie dans la capitale mexicaine.

    Dominique de Villepin, ancien élève du Lycée français de New York

    Parmi les anciens du Lycée Français de New York, citons Dominique de Villepin, ancien Premier Ministre, qui y fit ses classes.

    Un réseau unique

    Le réseau français est unique. Le Lycée Jean Monnet de Bruxelles a notamment accueilli Françoise Nyssen, ancienne ministre de la culture, Nicolas Demorand célèbre journaliste, ainsi que Nicolas Sirkis, légendaire membre du groupe Indochine ainsi qu’Agnès Varda, légende du cinéma.

  • Libre-échange, chance des peuples

    Tomate et orange, saveurs de Méditerranée. Erreur : l’une vient d’Amérique, l’autre de Chine, via la Perse et les Arabes. Avant le 15ème siècle et la première mondialisation, des inconnues en Europe. Comme le maïs et la pomme de terre, sans lesquels les Européens n’auraient pu se nourrir. Bientôt 10 milliards d’êtres humains. Nous en sommes à la troisième, quatrième révolution verte. Plus il y a d’humains, moins il y a de famines, plus l’agriculture fait des miracles. Miracles ?  Non, rationalité économique, celle des échanges. C’est vrai pour les marchés agricoles comme pour l’industrie et les services.

    On comprend que les constructeurs automobiles américains se plaignent des fabricants coréens, japonais, allemands : leurs voitures sont meilleures et moins chères. Nos éleveurs sont-ils dans le même cas ? La viande française est-elle moins bonne et plus chère que la viande argentine ? Si oui, pourquoi en priver les Français ? Et les faire payer deux fois ? Une fois par un prix trop élevé, une autre fois par l’impôt. On répondra que ce n’est pas si simple. C’est vrai : d’où les quotas, les arbitrages, les reconnaissances d’appellation, et la standardisation des normes, pour lisser et rendre équitables ou équilibrés les échanges. Mais dans le fond, la logique reste la même : Les barrières économiques ne profitent qu’aux contrebandiers et aux douaniers. Les autres, producteurs et consommateurs, paient. La théorie économique le démontre, les exemples historiques le prouvent.

    Le Parlement français a repoussé d’une semaine le vote de l’accord CETA, celui signé entre le Canada et l’Union européenne. Celui-ci est déjà entré en vigueur, à titre d’essai, et produit déjà ses effets. Notamment pour la France.  Ils sont positifs, y compris pour l’agriculture français.

    Comme le sera l’accord avec le Mercosur. Bien sûr il faudra s’adapter. Il faudra produire autrement. Tant mieux. L’agriculture française, qui était la première en Europe, ne l’est plus. Alors qu’elle a connu une bonne année de production, elle a été commercialement déficitaire avec les autres pays de l’UE pour la première fois de son histoire. Il est urgent de la réveiller plutôt que de la plaindre. Et il serait absurde de sacrifier nos capacités économiques pour certains produits agricoles. L’avenir de la France n’est pas dans l’agriculture d’hier.

    L’Afrique vient de s’engager dans un vaste accord de libre échange, qui rassemble la quasi-totalité des Etats africains. Les Américains font des offres au Japon et au Royaume-Uni post Brexit, voyant dans les accords commerciaux des alliances. Parce que le libre échange offre des nouvelles opportunités pour les producteurs, et augmente le pouvoir d’achat des consommateurs. Si vous payez moins chère votre chemise, l’argent que vous économisez vous permettra d’acheter autre chose, ou d’épargner et d’investir ailleurs. Les barrières commerciales préservent un temps les producteurs en retard par rapport à leurs concurrents, mais c’est au détriment des consommateurs et de l’économie générale du pays. Quant aux dégâts écologiques, ils sont avant tout idéologiques.

    Les Romains faisaient déjà venir leur blé de Carthage car le voyage en mer était plus sûr, moins onéreux que le convoi par voie de terre. Au delà de cinquante kilomètres, vive la mer. Quand l’Afrique du nord romaine tomba, l’Empire s’écroula. Et l’agriculture de ce qui est aujourd’hui, le Maghreb aussi. Veut-on laisser l’Afrique, l’Amérique du sud dans la misère ? croit-on que la préservation des ressources est compatible avec la pauvreté ? N’est-on pas plus « écologue » dans les pays nordiques, riches et bien chauffés, qu’en Asie du sud-est ou dans le golfe du Bénin ? Quand on n’a pas accès à l’eau, on est prêt à traverser les continents à pied ou à la nage, on se moque de la pollution et des sacs plastiques. Seul le développement économique au Brésil, au Paraguay, en Argentine assurera un développement durable. Parce que dans développement durable, il y a développement. Et il n’y a pas de développement possible pour les pauvres sans accès aux marchés des pays riches. Idem pour l’Afrique.

    Et pour l’Europe. Car si l’Europe est riche par rapport aux autres, elle est pauvre par rapport à ce qu’elle pourrait être. Comme la France. Personne n’est capable de fabriquer tout seul un simple crayon. Il faut du bois, des machines pour le couper, le trouer ; il faut du plomb, des machines pour l’extraire, le purifier, le transporter, le fondre, l’insérer dans le bois. Un simple crayon nécessite des échanges incalculables. Elevez des barrières, ne resteront que les champions, les cartels, les multinationales. Baissez les barrières, circulerons les marchandises, les idées, et les lois qui vont avec.

    Et en plus, vous paierez moins. Vous investirez dans ce que vous savez faire de mieux. Dans des produits d’avenir. Voilà pourquoi le libre échange est toujours à l’avantage des peuples.

    Mais pas forcément à l’avantage des Etats qui perçoivent les taxes, octroient quotas et privilèges. Il n’est donc pas à l’avantage des dirigeants qui y voient une diminution de leur pouvoir. Raison de plus pour l’encourager. Car il est rare que le pouvoir ait le même intérêt que le quidam, consommateur, producteur, travailleur ou citoyen.

    Quand vous entendrez quelqu’un vanter le protectionnisme, sortez les tomates – ou proposez une orange. L’échange, toujours l’échange.

    Laurent Dominati 

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

  • Le retour du Roi Lion au cinéma

    Le Roi est de retour ! Disney continue sur sa lancée lucrative de réadapter en « life » (plus ou moins life)  sa librairie de films d’animation. Après notamment « Dumbo » et « Aladdin », c’est au tour du roi de la savane, le Hamlet version Disney, de revenir transformé sur nos grands écrans.

    Le retour d’un hit de Disney

    Pour les distraits, petit rappel : au fond de la savane africaine, tous les animaux célèbrent la naissance de Simba, leur futur roi. Les mois passent. Simba idolâtre son père, le roi Mufasa, qui prend à coeur de lui faire comprendre les enjeux de sa royale destinée. Mais tout le monde ne semble pas de cet avis. Scar, le frère de Mufasa, l’ancien héritier du trône, a ses propres ambitions. La bataille pour la prise de contrôle de la Terre des Lions est ravagée par la trahison, la tragédie et le drame, ce qui finit par entraîner l’exil de Simba. Avec l’aide de deux nouveaux amis, Timon et Pumbaa, le jeune lion va devoir grandir et reprendre ce qui lui revient de droit (on ne se pose guère la question de savoir comment on devient chef, par élection ou par le sang, ça cela sort du format Disney !)

    Des voix talentueuses, des effets spéciaux époustouflants

    Donald Glover, la voix de Simba dans la VO

    Jon Favreau (« Iron Man », « Le livre de la jungle”) continue de travailler pour Disney après sa version hyper réaliste du « livre de la jungle (2016) » à ne pas confondre avec « Mowgli » de Netflix. Le voila aux manettes d’un des plus grands classiques de la galaxie Disney. Ce que l’on admire surtout dans ce « produit », c’est l’habileté technique et la beauté des images. On se croirait dans un documentaire du « National Geographic » tellement c’est réaliste. Le paysage jusqu’au moindre détail est refait à la perfection. Mais cette « perfection » technique marque aussi la limite de l’exercice. Difficile de ressentir l’émotion sur des visages d’animaux « réels ». L’émotion humaine est autrement  plus facile à reproduire sur des personnages dessinés où les sentiments, l’expression du rire , du sarcasme ou de la tristesse sont plus aisément rendus à l’écran.

    Les voix des acteurs (en anglais) sont excellentes, ce qui apporte beaucoup au film. Avec Donald Glover (aussi connu sous son nom d’artiste Childish Gambino), Beyonce, Seth Rogen, John Oliver, Billy Eichner, Chiwetel Ejiofor et James Earl Jones (Mufasa comme dans l’original). Favreau a réuni un casting impressionnant qui fait beaucoup pour la réussite du film. Reste à se demander à quoi sert ce type de production sinon à remplir le tiroir-caisse ?

    Une critique signée par notre partenaire