ABONNEZ VOUS A LA NEWSLETTER PREMIUM

L’opposition « officielle », le parti travailliste et comme les désignent les règles de Westminster concernant le principal parti d’opposition, a accepté ce que Boris Johnson demandait depuis des jours: une nouvelle élection. Elle aura lieu le 12 décembre prochain.
Comme nous l’a indiqué David Lusseau, élu consulaire sur la liste « Français d’Ecosse, « les conservateurs sont très unis, et en face les autres partis vont s’opposer les uns aux autres ». Le système électoral britannique, par circonscription et à un seul tour, devrait favoriser les grandes formations, conservateurs en tête en Angleterre et au Pays de Galles et alors que les indépendantistes du Scottish National Party pourraient à nouveau raffler la mise en Ecosse. C’est en tout cas ce que les sondages, à 42 jours du scrutin, prédisent?
» les gens en ont marre du Brexit, ils ne comprennent plus rien » – Marie-Claire Sparrow, élue consulaire
La très importante communauté française du Royaume-Uni, 150 000 inscrits aux consulats de Londres et Edimbourg et sans doute au moins le double en réalité, est inquiète. Les conseillers consulaires Lusseau, Fournier, et Sparrow que nous avons consulté sont d’accords sur ce point.

Pour Marie-Claire Sparrow, élue consulaire, » les gens en ont marre du Brexit, ils ne comprennent plus rien ». Beaucoup de Français du Royaume-Uni semblent paniqués par ce qui se passe. Beaucoup, cependant, ne prennent pas la mesure de ce qui peut se passer.
Les consulats et l’Ambassade invitent très fortement les citoyens français à s’enregistrer. 70 000 auraient fait la démarche pour un visa permanent. Combien attendent encore?
Si les demandes de résidence sont en baisse, la panique n’est pas générale. Beaucoup attendent.
Frédéric Fournier, élu consulaire, nous a confié: « il y a une angoisse générale, certains sont partis, d’autres pensent le faire ».
Il témoigne: « une de mes amies a vécu 30 ans au Royaume-Uni et a demandé sa naturalisation, d’autres ne voient pas cela envisageable ». M. Fournier aurait aimé que la période de transition envisagée par l’UE et son représentant Michel Barnier soit plus longue.

Les différents interlocuteurs que nous avons contacté, de droite, de gauche et indépendants, sont tous formels: les consulats de Londres et d’Edimbourgh sont pleinement mobilisés en vue de l’échéance. Mais le pays est très divisé. Comme cela nous a été témoigné, l’Ecosse, qui bénéficie en la matière de prérogatives, a annoncé des droits en matière de santé bien plus généreux pour les non-résidents que le reste du pays. Une Manière de mettre en avant l’attachement à l’Europe de l’Ecosse et laisser flotter un parfum d’indépendance.
Pour Mme Sparrow, les choses sont claires: ‘ personne ne comprend plus rien mais c’est parce que tout est vague ».
La présence française au Royaume-Uni est toujours en croissance mais les conditions de résidence sont de plus en plus complexes. Quelles seront les règles demain? Comment appliquer les critères de résidence? Tant de questions que se posent les Français de Grande Bretagne
Le risque de collapse écologique est aujourd’hui une des rares histoires racontées aux peuples. Mobiliser et fédérer au nom de la défense de la planète et de notre civilisation constituent les objectifs des dirigeants politiques de nombreux Etats. Depuis quelques années, la menace de destruction de la planète du fait de nos comportements, de nos choix économiques, soude un nombre de plus en plus important de citoyens. Les mouvements de jeunes et le rôle de Greta Thunberg semblent prouver l’existence d’une prise de conscience internationale sur la question environnementale.
Au cours du premier semestre 2019, plus de 2000 manifestations de jeunes se sont déroulées dans 128 pays. Elles ont réuni plus d’un million de personnes. Aux États-Unis, pays qui a dénoncé les accords de Paris de 2015, les mouvements de défense de l’environnement sont de plus en plus puissants et démonstratifs. Ainsi, au mois de novembre 2018, des jeunes se réclamant du mouvement « Sunrise » ont envahi le Congrès et ont effectué un sit-in dans le bureau de Nancy Pelosi, la Présidente de la Chambre des Représentants afin qu’un calendrier d’actions précises soit adopté pour réorienter le cours de l’économie. Des élus démocrates, élus en 2018, ont pris fait et cause pour l’instauration d’un « New Deal Vert » reprenant les solutions mises en œuvre par le Président Roosevelt à la fin des années 30.
La transition énergétique et la protection de l’environnement sont considérées par une large partie de la population comme indispensables pour la survie de l’espèce. Ce consensus n’en demeure pas moins fragile et relatif. La répartition des charges liées à la transition n’est pas sans poser des problèmes. Les positions des Présidents américain et brésilien ont prouvé dernièrement que la communauté internationale était loin d’être unie sur ce sujet. Les tergiversations des gouvernements face à des populations traversés par des sentiments contradictoires rendent délicates l’affichage et surtout l’atteinte d’objectifs ambitieux.
Le défi environnemental est une source de crispations et de divisions. Les jeunes reprochent aux anciennes générations d’avoir contribué à cette situation. Il en est de même pour les habitants des pays sous-développés ou émergents à l’encontre de ceux des pays avancés. Les anticapitalistes rejettent la responsabilité de dégradation de l’environnement sur les capitalistes, les multinationales, les gouvernements. Les ruraux et les urbains s’opposent de plus en plus vertement sur l’usage de la voiture. Les agriculteurs sont montrés du doigt pour l’usage des produits phytosanitaires, etc. La transition énergétique ne fédère pas comme la crise des « gilets jaunes » l’a prouvé. Les utilisateurs de voiture en milieu rural ou en grande banlieue se sont révoltés face à l’augmentation des taxes sur les carburants.
L’histoire de la transition énergétique est perçue pour le moment non pas comme une belle aventure mais comme une somme de contraintes pour une partie de la population. L’instauration de la taxe carbone sur les carburants rencontre une forte hostilité en France comme dans de nombreux pays. Si les comportements changent, la tentation est de reporter la responsabilité sur les États et les entreprises. Les thèses relatives à la décroissance, à la culpabilisation des activités polluantes des derniers siècles ont le vent en poupe.
Le réchauffement climatique et ses conséquences constituent un défi sans précédent. Pour assurer la pérennité de l’espèce humaine ou du moins d’une grande partie de la civilisation qui s’est construite au cours de ces derniers siècles, à l’échelle mondiale, une décarbonisation de l’économie doit être réalisée et cela dans des délais extrêmement courts afin de limiter la montée des températures et des eaux.
Les taux faibles devraient également favoriser l’investissement et donc, potentiellement, contribuer à faciliter la transition énergétique à travers le renouvellement des équipements et des infrastructures. Depuis 2015, une remontée de l’investissement est constatée mais elle reste modeste au regard du retard accumulé depuis la crise de 2008. Les entreprises renouvellent leurs équipements mais restructurent leurs dettes et se lancent dans des rachats d’actions grâce à des emprunts à bon marché. L’absence de visibilité économique, le manque de certitudes sur les gains potentiels de la décarbonisation de la production économique ne concourent pas à l’engagement d’un cycle d’investissement en la matière. En outre, les infrastructures utilisant les énergies carbones ne sont pas amorties ce qui n’incite à leur mise au rebus.
La décarbonisation de l’économie suppose la mise à plat des modes de production, de transports et certainement de consommation. Cette révolution est plurielle. Elle concernera en premier lieu le secteur énergétique. En 2018, plus de 80 % de la production mondiale d’énergie consommée est d’origine fossile. En lieu et place des centrales thermiques, une multitude de centres de production sera nécessaire. Tant que des progrès substantiels n’auront pas été réalisés au niveau des batteries, la réalisation de surcapacités de production électriques sera indispensable. Les redondances sont justifiées par le caractère aléatoire de la production de certaines énergies renouvelables. Les réseaux d’acheminement de l’électricité devront s’adapter.
Au niveau des transports, la révolution touchera les véhicules terrestres, les bateaux et plus tardivement les avions. Cette transformation du parc des moyens de transports aura tout à la fois des conséquences sur les constructeurs mais sur l’ensemble des chaines amont et avales (métallurgie, motoristes, constructeurs, garagistes, station essence). La lutte contre les émissions des gaz à effet de serre suppose également une modification des infrastructures en matière de chauffage et de climatisation. L’adaptation des bâtiments pour être moins énergivores est longue et coûteuse.
Le coût de la transition énergétique donne lieu à des évaluations très disparates selon les études. Son coût se chiffre quoi qu’il en soit en dizaines de milliers de milliards de dollars sachant que le PIB mondial annuel est de 85 000 milliards de dollars. Tel qu’il est, le montant des investissements à réaliser est une source d’attentisme pour nombre d’acteurs.
Entre la nécessité de stabiliser les émissions des gaz à effet de serre puis de les retreindre pour les ramener à un niveau comparable à celui du début du décollage industriel avec une population qui aura été multipliée par onze (de 1800 à 2100), ce défi apparaît, ainsi présenté, inatteignable pour nombre de commentateurs.
Les États en voie de développement et les pays émergents à l’exception de la Chine sont réticents à s’engager dans un processus de transition énergétique qui pourrait freiner leur croissance. Le problème du réchauffement climatique est imputable aux pays avancés qui ont été à l’origine depuis le XVIIIe siècle de la grande partie des émissions. Pour certains pays dont la Russie, le réchauffement peut être même une aubaine en rendant exploitable des parties de leur territoire qui étaient jusqu’à maintenant hostiles. La révolution énergétique pour être un succès suppose qu’elle soit menée au niveau mondial. Dans le passé, les révolutions économiques ont été menées à des vitesses différentes selon les États. Elles se sont étalées sur deux siècles. Certains pays d’Afrique entament seulement leur transition économique. Le succès de la lutte contre les émissions des gaz à effet de serre passe par une convergence forte des politiques économiques des différents États.
Depuis 1750, trois révolutions économiques peuvent être distinguées. Elles reposent toutes sur une ou des énergies, un mode de transformation de l’énergie et un moyen de communication. La première révolution est celle du charbon, du moteur à la vapeur, des chemins de fer et de la diffusion dans le grand public de la presse papier ; la deuxième est celle de l’électricité, du pétrole, des voitures propulsées par des moteurs à explosion, avec comme moyen de communication la radio et la télévision. La troisième est celle des énergies renouvelables, du moteur électrique ou hydrogène et d’Internet.
Les deux premières révolutions reposaient sur la verticalité et la concentration, la troisième est plus horizontale, plus décentralisée tout en donnant lieu à d’impressionnantes concentrations (GAFAM). A la différence des deux premières, la troisième révolution, se déroule sous la pression de la contrainte environnementale. Les deux premières révolutions industrielles ont reposé, même dans des États à dominante libérale, sur des partenariats publics/privés. Les grandes infrastructures ont souvent été réalisées à la demande des États en ayant recours à des concessions avec le soutien normatif et financier de la puissance publique. Il en a été ainsi pour les chemins de fer, les réseaux électriques, d’assainissement ou de gaz ainsi que pour les autoroutes. La construction des aéroports et des ports s’est bien souvent effectuée avec l’appui des pouvoirs publics. Lors des crises, les États ont souvent été contraints de venir en aide en entreprises chargées de ces infrastructures.
Le succès des deux précédentes révolutions industrielles repose sur l’augmentation du niveau d’éducation et de formation des actifs. Cela a été rendu possible par la généralisation de l’école obligatoire et par l’augmentation rapide du nombre de diplômés de l’enseignement supérieur. La répartition plus égalitaire au fil du temps des gains de productivité a permis également une autoalimentation de la croissance. Le partage plus équitable de la valeur ajoutée est également passé par le développement de l’État providence à travers la montée en puissance des prestations sociales.
Les États, bénéficiant de l’avantage d’être considérés comme perpétuels, doivent-ils s’endetter pour financer les dépenses d’investissement nécessaires à la mutation énergétique ? Une des motivations des taux maintenus bas sur longue période pourrait être justement cette nécessité d’endettement. Pour le moment, les administrations publiques doivent faire face à l’augmentation des dépenses de fonctionnement, en particulier en relation avec le vieillissement de la population (dépenses de santé, retraite, dépendance). L’entretien des infrastructures existantes que ce soit aux États-Unis et en Europe pose des problèmes.
La création de fonds d’intervention publics au niveau de l’ONU, du FMI ou de l’Union européenne reste pour le moment embryonnaire. Le recours aux États est estimé pour certains experts comme une mauvaise solution. Il pourrait conduire à un gaspillage des ressources et cela d’autant plus que les taux d’intérêt sont faibles. En perdant de vue la rentabilité, entre clientélisme et effet de communication, les politiques pourraient avoir des effets contreproductifs voire générer des bulles spéculatives. Les réalisations d’infrastructures comme le Canal de Suez, la construction des lignes ferrées ou les travaux d’Haussmann ont débouché dans le passé sur des scandales financiers et à des crises financières.
L’association public/privé n’est pas un gage total d’efficience. Certains considèrent que les États devraient avant tout instituer des cadres, des normes stables dans le temps pour favoriser la réalisation des investissements. L’idée serait alors de mobiliser l’épargne et de l’orienter vers des placements compatibles avec le développement durable. Pour de nombreuses ONG, cela passe par des actions contre les secteurs responsables des émissions des gaz à effet de serre. Plusieurs campagnes ont ainsi abouti à ce que plus de 1 000 investisseurs institutionnels issus de 37 pays se désengagent à hauteur de 7200 milliards d’euros des entreprises liées aux combustibles fossiles. La ville de New York a décidé en 2018 que les fonds de pension gérant les retraites de ses agents sortiront de toutes les entreprises reposant sur les énergies fossiles d’ici 2023. Le maire de Londres a fait de même. De son côté, le Gouverneur de Californie a annoncé que la politique d’investissement des fonds de pension de ses fonctionnaires devrait intégrer les risques climatiques. Cette prise en compte a été fixée par la loi avec en cas de non-respect l’application d’éventuelles sanctions.
Ces campagnes peuvent avoir des effets contreproductifs. Les entreprises par exemple pétrolières par leur savoir-faire, leur rôle en matière de recherche et par le poids de leurs réseaux de distribution sont bien placées pour faciliter la transition énergétique. En France, à partir de 2020, tous les contrats devront offrir la possibilité de souscrire au moins un fonds labellisé Investissement Socialement Responsable (ISR), obligation qui sera étendue en 2022 aux fonds labellisés « transition énergétique et écologique pour le climat » (TEEC) et aux fonds solidaires visés par Finansol. Les placements ISR détenus par les ménages représenteraient 3 % de leur patrimoine financier (51 milliards d’euros). 197 fonds labellisés sont labellisés ISR.
Selon la Fédération Française de l’Assurance, le poids des fonds gérés en tenant compte des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance d’entreprise) atteindrait 1.325 milliards d’euros.
La mobilisation financière en faveur de la transition énergétique n’en est qu’à ses débuts. Les questions de l’appui aux pays en développement, de l’interdiction de l’importation des biens de pays ne respectant pas la limitation des émissions de CO2, de la reconversion des secteurs d’activité qui seront touchés par cette transition, etc. soulignent bien l’importance de la tâche. Même si avec l’essor de l’intelligence artificielle, la tentation est à la centralisation, la sagesse dans cette affaire de mutation économique ne serait-elle pas d’en revenir au principe de subsidiarité ?
Quel que soit le sort du Brexit, la coopération militaire entre la France et le Royaume-Uni continue. Des exercices conjoints ont eu lieu récemment au large de l’Ecosse, comme l’a fait savoir le Ministère.
Du 1er au 18 octobre 2019, l’exercice franco-britannique Griffin Strike 2019, a réuni quatorze bâtiments de surface, trois sous-marins, une quinzaine d’aéronefs ainsi qu’une centaine de troupes terrestres de la Marine nationale, de l’armée de Terre, de la Royal Navy et de la Royal Air Force.
Près de dix ans après la signature des accords de Lancaster House qui unissaient la France et le Royaume-Uni dans le domaine de la coopération militaire, cet exercice, dans la lignée de Flandres (2011), Corsican Lion (2012), Joint Warrior 13.2/Capable Eagle (2013), Rochambeau (2014), cet exercice nommé Griffin Strike (2016) marque une étape décisive dans le processus interarmées.
Il a commencé le 1er octobre dernier, avec une soixantaine de marins britanniques embarquant à bord du porte-hélicoptère amphibie Tonnerre, aux côtés de quarante français.
Pendant plus de quinze jours, 2000 marins français et britanniques ont ont participé aux exercices selon des scénarios réalistes. Une Task Force disposant de capacités françaises et britanniques s’est mise en ordre de bataille, opérant sur de nombreux exercices tels que des luttes antisurface, anti-sous-marine ou anti-aérienne.
L’enjeu de Griffin Strike 2019 résidait dans la capacité à travailler en interopérabilité. La totale complémentarité des moyens et des hommes a permis d’atteindre dans l’exercice un niveau inédit. Cette capacité à conduire des actions décisives depuis la mer, grâce à la combinaison de moyens français et britanniques, permettra de disposer d’un outil adapté aux menaces, dans le contexte stratégique actuel.
Politiquement, il s’agit de maintenir une coopération tactique avec les Britanniques qui se veut tactique et stratégique à la fois.
Alain Stéphane avec le service de communication du Ministère de La Défense
Le président Emmanuel Macron s’est rendu ce mercredi sur le site de l’usine Lubrizol, un mois après l’incendie du 26 septembre dernier à Rouen. Lors de ce déplacement qui n’était pas inscrit à l’agenda présidentiel, le chef de l’État a été accueilli par le maire de la ville Yves Robert, mais aussi par des manifestants et des Rouennais en colère.
Face à la presse, Emmanuel Macron a d’abord souhaité adresser « un message d’amitié aux Rouennais et Rouennaises », avant de déclarer: « Je sais le choc qui a été ressenti et l’inquiétude qui a été vécue par les habitants de la ville et des alentours ».
« Quand on vit ce qui a été vécu à Rouen, quand on respire pendant des jours et des semaines des odeurs désagréables dont on en connaît pas la dangerosité même si on vous dit le contraire, c’est très déstabilisant. Et ça, ça nourrit forcément de l’inquiétude », a reconnu le président Macron. Cependant, a-t-il ajouté: « Il ne faut pas que cette inquiétude, qui est tout à fait légitime, devienne de la défiance parce que de fausses informations circulent, parce qu’on se met à dire tout et son contraire. »
Pour rassurer les commerçants et les agriculteurs touchés par cette catastrophe, le chef de l’État a promis que les premières indemnisations « auraient lieu dans les prochains jours, d’ici le 18 novembre, dans l’esprit de responsabilité et de transparence ».
« C’est injustice de dire que vous avez été abandonnés »
Au fil des deux heures qu’a duré sa déambulation dans la ville, Emmanuel Macron s’est à plusieurs reprises défendu d’être venu trop tard à Rouen. Une riveraine s’est dite « très secouée » par la catastrophe industrielle, et l’a notamment interpellé pour lui reprocher le manque d’informations et d’actions du gouvernement dans les heures et les jours qui ont suivi l’incendie. « C’est injuste de dire que vous avez été abandonnés », lui a répondu le président.
« Le rôle du président de la République n’est pas de se précipiter dès qu’il y a quelque chose qui se passe (…) Je ne crois pas que mon rôle soit de me substituer à chaque ministre », avait-il affirmé plus tôt.
Il a aussi assuré qu’il n’y avait pas eu « de défaillances des services de l’État ». « Les services de l’État ont agi avec compétence, avec beaucoup de sang froid, beaucoup de professionnalisme », a affirmé le président de la République. « De là où je suis, je n’ai pas vu de défaillance, au contraire », a-t-il ajouté.
Devant la mairie de la ville, un cortège de manifestants l’attendait pour le huer et cirer des « Macron démission ». « On a eu tous très peur à Rouen », lui a aussi lancé un membre d’un service de prévention des risques dans les rues de la ville. « On a tremblé, c’était à une centaine de mètres de chez nous. On a flippé comme à Toulouse! », lui a-t-il crié au milieu de la foule.
« Ce qui est sûr, c’est qu’il y a un travail d’accompagnement à faire », a donc défendu le chef de l’État. « Aujourd’hui il nous faut plutôt poursuivre le travail de mesure et de transparence, l’indemnisation et de suivi dans la durée. On verra après s’il convient de qualifier différemment la situation, (…) il y a peut-être des choses qu’on ne mesure pas parfaitement aujourd’hui et on continuera à mesurer, à informer et à faire la transparence », a enfin assuré le président.
« Nous devons regarder devant », a-t-il ajouté, précisant qu’il pensait désormais « au développement économique »: « Il faut penser à un avenir industriel qui soit compatible avec la vie en ville »
C’est un étrange texte qui vient d’être publié par l’antenne française de l’agence de presse russe Sputnik concernant les relations franco-tunisiennes. Tout d’abord car le conseiller consulaire des Français de Tunisie et de Libye Laurent Caizergues y est présenté comme un diplomate, ce que les conseillers consulaires ne sont pas, ils n’ont aucune fonction de représentation de la diplomatie française, mais également par le ton particulièrement anxiogène des relations entre les deux pays.
La cause? Un article sur le site de l’article d’information Tunis Webdo dans lequel l’élu affirme que «Le taux de refus de visa à des citoyens tunisiens a plus que doublé en 2019 par rapport à 2018, passant de 11,5% à plus de 25%». Autre point, les relations UE – Tunisie qui seraient selon cette analyse particulièrement défavorables à cette dernière. Déséquilibrées les relations entre le vieux continent et la Tunisie? Il est temps de faire le point.
Les deux pays se connaissent bien. Ancienne colonie française, de 1869 à 1956, la Tunisie a toujours gardé des liens étroits avec l’Hexagone. Liens des peuples d’abord avec une importante communauté tunisienne en France et plusieurs dizaines de millers de Français en Tunisie, dont de nombreux bi-nationaux et quelques personnes célèbres comme l’ancien maire de Paris Bertrand Delanoë.

Les liens touristiques et culturels sont forts: consulat de Tunisie en France, consulat de France en Tunisie, Institut Français, Lycée français et écoles françaises à Tunis et dans tout le pays…Par ailleurs, près de 600 000 Français se rendent chaque année en visite en Tunisie.
Sur le plan économique, la France est le 1er investisseur étranger en Tunisie et le 1er partenaire commercial. 1 300 entreprises françaises sont implantées en Tunisie et 30% des exportations tunisiennes sont destinées à la France. Le français est la première langue étrangère apprise.
Sur la question des visas, l’ambassade à Tunis annonce le chiffre de 136 000 visas délivrés. La question est actuellement sensible: la Tunisie, fer de lance du printemps arabe, fait face à des troubles récurrents, et les pays voisins, Algérie et surtout Libye, sont en proie à des situations bien plus problématiques encore.
Une relation très importante donc, pour les deux pays, mais également rendue compliquée par le contexte spécifique de la Tunisie depuis le déclenchement du printemps arabe. Pour autant, faut-il crier au loup? Plusieurs collègues élus consulaires de M. Caizergues n’ont pas souhaité faire de commentaires, soulignant que la question des visas n’est en aucune manière une compétence légale de tels élus.

Ce n’est pas peu dire que la Belgique a mal vécu le match qui opposa son équipe nationale, les diables rouges, à notre équipe lors de la demi-finale de la coupe du monde de football en 2018. « Tricheurs », ayant forcément « acheté l’arbitre », pratiquant « l’anti-jeu », les bleus ont évidemment volé leur victoire et ne méritent ni la victoire, ni le sacre face à la Croatie quelques jours plus tard.
Bien entendu ce sentiment ne fut pas unanime dans le royaume mais il fut assez largement partagé. Apothéose d’une relation ambigue de nos voisins du nord vis-à-vis de l’Hexagone. Paradoxale en effet que cette Belgique qui fait ses courses à Carrefour, regarde TF1, téléphone via Orange et paye avec sa carte BNP Paribas et qui pourtant accumule les exemples de sentiments anti-français. De nombreux lecteurs nous ont fait part de situations de racisme notamment dans les propos qui, si ils avaient concerné une autre communauté, auraient fait l’objet de poursuites judiciaires. Pis, les fonctionnaires, policiers ou autres représentants de l’Etat ont une attitude discriminatoire envers les Français et d’autres nationalités. Derrière un esprit communautaire qui semble accueillant, les fractures entre les communautés sont entretenus. Par delà les Français, c’est tout le savoir vivre ensemble belge qui semble s’effriter, et cela commence déjà par eux-même, la Flandre ne comprenant plus sa soeur wallonne.

Longtemps territoire des Pays-Bas Espagnols, terre de naissance de Charles Quint, la Belgique eut longtemps une histoire mouvementée avec le Royaume de France. Bombardée par Louis XIV, Bruxelles et sa célèbre Grand Place en garderont des stigmates. A l’inverse, Liège, qui fut une principauté pendant 8 siècles, vécue en parallèle de la France la révolution de 1789 et vota quasi unanimement le rattachement à notre pays. Aujourd’hui encore y est célébré le 14 juillet! La chambre de commerce franco-wallonne et les Franco-belges ainsi que les Français de liège y veillent.

Si certains citoyens outre-Quiévrain reprochent, à juste titre, à de nombreux Français un dédain arrogant pour leur pays et leur culture, il est cependant indéniable que cette dernière est largement représentée dans l’Hexagone. Simenon avec son inspecteur Maigret est le troisième auteur francophone le plus lu, Hergé le plus célèbre auteur de bandes dessinées, et Brel une légende de la musique.
Alors pourquoi tant de ressentiments de la part de certains? Une incompréhension réciproque sans doute. Les stupides « blagues belges », qui ont tant fait rire pendant les récréations en France, n’ont pas aidé… Alors que la Belgique en est à plus de 300 jours sans majorité pour un gouvernement et que la question de son avenir se pose une fois de plus, ne peut-on pas se dire que tout est pardonné?
Le Monde s’échauffe tant climatiquement que socialement et politiquement. De nombreux pays connaissent des mouvements d’opinion plus ou moins durs comme au Chili, au Liban, en Bolivie, au Royaume-Uni, en Espagne avec la Catalogne, à Hong Kong. Il y a quelques mois, avec les « gilets jaunes », la France a été confrontée à sa plus longue crise sociale depuis mai 1968. Ces tensions interviennent dix ans après la survenue de la grande récession de 2008/2009 et après une phase rapide de bouleversements économiques marqués par la mondialisation et de la digitalisation.
Les sociétés sont plus mobiles, plus précaires et plus sensibles aux questions d’équité. Les nouveaux moyens de communication permettent une diffusion rapide des informations, vraies et fausses. Autrefois cantonnés aux cafés du commerce, les rumeurs sont sur la place publique en temps réel. Les manifestations de rue, le mécontentement des peuples sont également l’expression d’une crise des nations. Il n’est pas étonnant que le Royaume-Uni, l’Espagne, la France et les États-Unis traversent une période de doute. Le Royaume-Uni est tout à la fois composé d’îles et de plusieurs peuples. L’Espagne est, depuis des siècles, confrontée à un exercice d’équilibrisme avec les Basques et les Catalans. La France, pays centralisé, peine à trouver sa voie dans un monde de plus en plus horizontal. Les États-Unis craignent de perdre la suprématie dont ils disposent depuis plus d’un siècle.
Une nation, c’est une armée, une monnaie, une administration fiscale et un pouvoir légitime. C’est surtout une histoire qui transcende la population, qui réunit les différentes classes sociales. Le respect des règles, de la hiérarchie, de l’autorité n’est pas en soi naturel. Elle est le fruit d’une éducation et l’expression d’un mutuel intérêt. Les inégalités sont acceptées si elles sont jugées légitimement immuables (société d’ordres) ou modifiables (régimes démocratiques). Les inégalités sont également la conséquence de la rareté de l’ensemble des biens. Ces derniers sont répartis en retenant soit des critères d’ordre (Noblesse, Clergé, Tiers État par exemple), soit des critères économiques, d’éducation, de renommée. La distribution des revenus est censée refléter celle des compétences et des talents. L’inégalité de traitement peut être perçue comme le fruit des rapports économiques et d’une coercition juridique (le monopole du pouvoir coercitif par les pouvoirs publics). Cela suppose évidemment que le pouvoir soit jugé comme légitime et que ce dernier fédère la population à travers son action.
Longtemps, les menaces extérieures ont servi de catalyseur à l’union des États. La rivalité franco-allemande en a été un terrible exemple. Au XIXe siècle, les guerres coloniales ont servi de dérivatif tant aux tensions européennes qu’aux problèmes sociaux générés par la première révolution industrielle. Au XXe siècle, les idéologies national-socialiste et communiste ont joué ce rôle de ciment des peuples en Allemagne, en Russie et dans quelques autres pays. D’autres histoires plus positives ont conduit à rassembler.
Avec le Fordisme, avec l’essor de l’État providence, un nombre croissant de la population a pu, à partir des années 1920, accéder au marché de consommation. L’ascension sociale, l’achat d’une voiture, d’un logement et la possibilité de partir en vacances étaient autant de signes de la montée en puissance des classes moyennes. Les barrières sociales semblaient pouvoir disparaître. Toutes les classes sociales regardaient le journal télévisé à 20 heures et le film qui suivait. Après la Seconde Guerre mondiale, sur le vieux continent, le projet européen a été également un élément fédérateur au sein et entre pays européens. Il symbolisait la paix après une longue période de conflits sur le continent. Il donnait le moyen de réconcilier la France et l’Allemagne. Il servait aussi de bouclier économique face aux pays d’Europe de l’Est, bouclier d’autant plus efficace qu’il était couplé à l’alliance militaire avec les États-Unis (l’OTAN).
L’effondrement du bloc soviétique entre 1989 et 1991 a supprimé à l’Ouest un des ciments des peuples. Le livre de Francis Fukuyama sur la fin de l’histoire avait lors de sa publication en 1992 reçu un grand écho (La fin de l’histoire et le dernier Homme). La fin de la guerre froide était censée marquer la victoire idéologique de la démocratie et du libéralisme sur les autres idéologies politiques. Si Fukuyama admettait que cette victoire ne serait pas sans provoquer de nouveaux conflits, il estimait que la démocratie libérale avait vocation à être universelle. La suite des évènements va se charger de nous rappeler que l’histoire est et restera tragique.
Au mois de juin 1989, les autorités chinoises répriment les manifestants sur la place Tien An Men, au mois de novembre, le Mur de Berlin tombe. Le 11 septembre 2001 marque une indéniable rupture dont les blessures sont encore bien visibles. Les attentats contre le World Trade Center révèlent aux Occidentaux qu’une partie de leur population adhère à une toute autre histoire que la leur, que la démocratie ne constitue pas une valeur naturellement universelle.
Si dans un premier temps, la menace de l’islamisme a contribué à rassembler les populations des États occidentaux, depuis plusieurs années, elle est une source de divisions, de défiance car la menace n’est pas qu’extérieure, elle est, en effet, bien souvent à l’intérieur des pays. Si la guerre froide mettait en compétition les États démocratiques et les États communistes, cette guerre qui pouvait également se mener à l’intérieur des États via les dissidents au parti communiste, avait soudé l’Ouest. Les pays d’Europe de l’Est et l’URSS ont dû faire face à une lente désintégration interne.
Avec l’islamisme, la guerre est d’une autre nature, plus diffuse et plus violente avec le recours au terrorisme. Les États concernés éprouvent les pires difficultés à bâtir une histoire positive. La position défensive est une source permanente de tensions. Les États occidentaux sont entrés dans une phase de relecture de leur passé et de repentance qui aboutit à corriger en profondeur l’histoire nationale. Cette remise en cause est une source de déstabilisation importante. La fragilisation de la population est accrue par la mutation de l’économie avec, à la clef, la fin de certaines certitudes. Durant des années, nombreux étaient ceux qui espéraient le développement des pays du tiers monde.
Les années 90 et 2000 ont permis à de nombreux États de sortir de la misère grâce à leur participation au commerce international. La mondialisation qui en a résulté a permis de réduire le coût de nombreux biens (vêtements, électronique, informatique) mais, par sa vitesse, elle a provoqué une réallocation des activités économiques dont ont pâti les ouvriers puis les classes moyennes. La désindustrialisation a modifié la carte économique des territoires. Les usines qui s’étaient installées en milieu semi rural ont disparu laissant des territoires en friche. Au cours de ce dernier quart de siècle, les économies occidentales se sont tertiarisées, conduisant à une concentration accrue de la population au sein des grandes métropoles. La désertification des campagnes s’est ainsi accélérée laissant l’impression que les pouvoirs publics délaissaient une partie de la population. L’essor d’Internet, la digitalisation des activités, le commerce en ligne ont accentué cette tendance. Si Internet permet de travailler ou de commander des produits à distance, il conduit à une concentration des habitants dans des grandes villes. Elles sont les sources en données des GAFAM.
Une métropole avec des millions de personnes qui y vivent, y travaillent et y transitent est une usine de production des données. En milieu rural, il est impossible d’avoir la même création de richesses. L’activité des GAFAM, c’est le traitement des grands nombres. La segmentation des territoires et de la population s’accroît et alimente le populisme. Avec les réseaux sociaux, tout un chacun est créateur d’histoires. Ainsi, les membres de la communauté Facebook se plaisent à afficher les photos de leur vie, de commenter leur vie personnelle, celle de leurs voisins et celle des dirigeants. Tout en étant au cœur de l’histoire, ils s’en sentent étrangers. Internet rapproche en permettant de toucher du doigt des évènements éloignés tout en générant de la frustration. L’expression d’un avis ne permettant pas d’infléchir le cours de sa destinée, conduit leurs auteurs à considérer qu’ils ne sont pas entendus. L’égotisme est devenu la première religion.
La construction du pouvoir repose sur sa sacralisation. La royauté de droit divin conciliait le temporel et le spirituel. Les monarques étaient censés avoir des pouvoirs spéciaux. Ainsi, les rois de France étaient reconnus pour avoir la faculté de soigner les écrouelles. Le faste royal participait à la magie du pouvoir. La République avec son décorum, ses codes a repris les codes royaux. L’uniforme préfectoral, les attributions de décorations, la garde républicaine, etc., concourent à distinguer l’exercice du pouvoir des autres activités. Le pouvoir de décider pour des millions de personnes voire de les amener à la mort en déclarant la guerre est un art très particulier. Le concept de creuset républicain visait à amalgamer des populations d’origines sociale et ethnique différentes. Depuis le XIXe siècle, le pouvoir est très lié à l’idée de nation.
Selon Ernest Renan, la nation repose sur deux composantes : la possession en commun d’un passé fruit de l’histoire et le consentement, ou désir actuel de vivre ensemble afin notamment de faire valoir l’héritage et d’ajouter une pierre supplémentaire à l’édifice. La remise en cause du pouvoir depuis une trentaine d’années est liée à sa désacralisation. La télévision a contribué à sa banalisation. L’homme et la femme politique sont devenus accessibles. Ils ne détiennent plus le monopole du savoir, et ont perdu leur aura, notamment en participant aux émissions de divertissement. La politique est devenue un spectacle, un show dont les acteurs peuvent être honnis après avoir été loués. Les smartphones, les réseaux sociaux ont supprimé la distance vis-à-vis des élus qui redevenus à leurs yeux de simples mortels. Leurs travers, leurs faiblesses peuvent être visionnés en boucle. Il n’y a plus de filtre. Les élus ont accentué le trait en se pliant avec grâce aux nouvelles règles du jeu. Twitter est devenu un outil de communication de politique intérieure et extérieure. Les médias et les réseaux sociaux exigent de l’immédiateté, de la surenchère.
La scénarisation du pouvoir est la règle mais cela ne crée pas une histoire. Cela ne permet pas de rassembler, bien au contraire, la politique moderne repose sur le clivage des opinions quand il y a encore trente ans, il fallait tenter de convaincre « deux Français sur trois » pour reprendre le titre d’un ouvrage de Valéry Giscard d’Estaing.
À défaut de message positif, le nationalisme fait son grand retour soixante-quinze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Sur le vieux continent, le projet européen génère une sourde hostilité. L’Europe sert de bouc-émissaire à toutes les frustrations, à tous les problèmes. Elle renvoie la forme d’un pouvoir technocratique, défendant les valeurs de l’ultralibéralisme. Elle est accusée de saper les fondations des nations. L’élévation du niveau scolaire était censée prémunir les pays du nationalisme et du populisme. Cette affirmation ne s’est pas toujours vérifiée dans le passé. Le niveau élevé de formation de l’Allemagne dans les années 30 ne l’a pas empêchée de plonger dans l’obscurantisme et la barbarie avec le nazisme.
Jamais, le nombre de diplômés au sein des pays occidentaux n’a été aussi élevé. La massification des systèmes éducatifs n’est pas sans lien avec les affres d’une part grandissante de la population. Le niveau des emplois proposés est jugé insuffisant au regard des compétences acquises. Le sentiment de déclassement commence dès la fin des études par la déception que peuvent ressentir des jeunes actifs face à leur situation professionnelle.
L’absence de perspectives dans un monde sans direction est un catalyseur de révoltes. Pour la première fois depuis le XVIIIe siècle, les États nations se retrouvent concurrencés dans le processus d’élaboration de l’histoire. Un non-État terroriste, Daech, a été capable durant trois ans de perpétrer des attentats dans de nombreux pays. Des mouvements terroristes comme Al Qaeda, avaient réussi à mener des opérations terroristes en plusieurs lieux sur la planète. Daech a créé un précédent en unissant, depuis la Seconde Guerre mondiale, un pouvoir étatique, un territoire, une population, une armée et une volonté de destruction en dehors de ses frontières.
Le développement des entreprises du digital (GAFAM, Netflix, etc.) constitue pour les États nations une autre source de fragilisation. Leur domaine d’action dépasse par nature les frontières des États. L’accumulation des données génère des richesses et renforce un peu plus leurs positions. Par leur savoir-faire technique, ils disposent d’informations bien plus précises sur la vie des citoyens que celles en possession des États. Au Sénégal, Orange est tout à la fois opérateur de télécommunication, banquier et percepteur pour le compte du Gouvernement.
Si aujourd’hui, les pays occidentaux tentent d’empêcher la libre circulation du libra de Facebook, demain l’un d’entre eux, au nom d’un intérêt financier, pourrait l’accepter comme monnaie. Le risque sera alors la remise en cause à terme des principes de souveraineté des États. De même, qui disposera des capacités de surveillance et de normalisation des comportements, la police ou l’intelligence artificielle délivrée par les GAFAM et consœurs ? Aujourd’hui, déjà, Google et YouTube entrent en concurrence avec l’éducation nationale. La magie de l’instituteur et du professeur n’opère plus quand celle des grandes plateformes Internet s’affirme. Pour l’environnement, les États seront-ils maîtres de la transformation énergétique, délègueront-ils à des entreprises les missions ou seront-ils tout simplement dépassés par les évènements ? Les métropoles, productrices de données peuvent-elles faire alliance avec les GAFAM pour créer une République des cités connectées et s’affranchir de la tutelle pesante des États ?
Comme ce mardi, un TGV sur trois circulera mercredi dans la zone Atlantique en raison de la grève sans préavis lancée par 200 cheminots chargés de la maintenance des TGV à Châtillon (Hauts-de-Seine). Selon la SNCF, la circulation devrait toutefois s’améliorer entre jeudi et dimanche, pour le pont de la Toussaint et le retour des vacances scolaires, avec huit TGV sur dix.
Les clients doivent être contactés dès ce mardi soir, par mail ou par SMS, à commencer par ceux dont les trains seront supprimés, explique encore la responsable, rappelant que la SNCF s’engage à échanger ou rembourser les billets sans frais au besoin.
Le service est très perturbé sur cet axe reliant Paris à la Bretagne, aux Pays-de-la-Loire et au Sud-Ouest à la suite d’une grève déclenchée le 21 octobre au technicentre de Châtillon (Hauts-de-Seine), spécialisé dans la maintenance quotidienne des trains.
Au printemps 2017, le candidat Macron avait fait de la moralisation de la vie publique un point essentiel de son programme.
Cette moralisation incluait notamment la suppression de la réserve parlementaire. Ce mécanisme permettait à chaque parlementaire (12 sénateurs et 11 députés pour les Français de l’étranger) d’attribuer librement en tout plus de 3 millions d’Euros aux structures françaises diverses à travers le monde.
Si ces attibutions ont été publiées dès 2012, le caractère arbitraire et peu transparent de cette réserve a longtemps été souligné. Toutefois cette réserve si décriée (notamment par l’administration) permettait la création de projets et d’initiatives qui n’auraient autrement jamais pu voir le jour.
Une fois élu Emmanuel Macron tint sa promesse de campagne la loi fut votée, impliquant la disparition de la réserve.
Conscient de cette réalité, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’état aux Français de l’étranger, annonça en mars 2018 la création du « STAFE » soutien au tissu associatif des Francais à l’étranger d’un budget de 2 millions (soit 1/3 de moins que la réserve). La première campagne fut menée tambour battant et si le dispostif n’etait pas parfait il avait le mérite d’exister et de donner un rôle d’expert aux conseillers consulaires. Voici ce que je vous en disais l’an dernier.
La seconde campagne a eu lieu au printemps 2019. La commission nationale qui s’est tenue fin septembre avec 3 conseillers AFE présents pour prendre les décisions finales.
Lorsque ces décisions sont arrivées aux Pays-Bas j’ai été très attristée de constater que certains projets (les moins onéreux et plus associatifs) avaient été rabotés. En échangeant avec mes collègues du monde entier je notais que de grandes disparités dans le processus décisionnel semblaient exister.
Les grands perdants de cette saison STAFE étaient les petites structures et pour lesquelles la commission nationale rabota parfois à la centaine d’euros près…
Les décisions posent certaines interrogations quant au fonctionnement de cette commission. L’absence (au 24 octobre 2019) de PV, de vote et de motivation des décisions interpelle…
Quand on supprime un système en dénonçant son manque de transparence on se doit d’être irréprochable… on ne peut faire dans l’approximation et on ne peut surtout donner l’impression que le système STAFE est désormais taillé sur mesure pour bénéficier principalement aux Alliances, instituts et lycées francais….
Je suis personnellement indignée par la baisse de la subvention STAFE des anciens combattants aux Pays-Bas décidée par cette commission nationale… cette décision avec un motif tellement farfelu que je n’oserais le partager avec vous ici signifie que l’association ne pourra pas (sauf si elle trouve des donateurs privés) remplacer son vieux drapeau qui part en lambeaux…
Hélène Degryse
Conseillère Consulaire aux Pays-Bas et Conseillère AFE pour le Benelux
Rédactrice en chef du site Helène Degryse et du futur site La French Radio Benelux