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  • Des feux ravagent les quartiers chics de Los Angeles. Le Consulat et les élus mobilisés

    Le Getty Center sur les hauteurs de Los Angeles

    La Californie brûle. L’Etat américain est ravagé depuis plusieurs jours par de terribles incendies. Le célèbre quartier des stars de Bel Air à Los Angeles et le musée Getty sont notamment menacés. Plusieurs milliers de personnes ont déjà dû fuir. La région viticole de Sonoma, en Californie du nord, est également menacée. L’ensemble de l’Etat a été placé en état d’urgence.

    Parmi les évacués, la star des Lakers LeBron James ainsi que l’acteur et ancien gouverneur Arnold Schwarzenegger. « Si vous êtes dans une zone d’évacuation, ne trainez pas, filez » a d’ailleurs indiqué le « Governator » sur les réseaux sociaux.

    Un incendie au coeur du quartier des stars

    L’université de Californie à Los Angeles (UCLA) dispose de son campus à proximité de l’incendie de la grande ville du sud de l’Etat. Une antenne du Lycée français n’est pas éloignée non plus mais cependant hors de la zone de risques à priori. Les trésors du musée Getty, notamment les Iris de Van Gogh, font l’objet de toutes les attentions. La zone de feu est mythique, délimitée par Mullholland Drive au nord et le Sunset Boulevard au sud.

    Le consulat de France mobilisé

    Les incendies perturbent fortement le réseau autoroutier

    Comme nous l’a rappelé l’élu consulaire Patrick Caraco, le Consulat de France à Los Angeles est pleinement mobilisé à l’occasion de ces incendies. Le Consulat  dispose d’une ligne d’appel d’urgence, disponible 24h/24 et 7j/7 : 310-625-9713 (réservé aux urgences véritables).

    Il appelle également à la mobilisation: « Nous vous invitons également à prendre connaissance du réseau de sécurité du consulat et à identifier les chefs d’ilots de votre zone de résidence. Ces bénévoles sont des relais majeurs du consulat en période de crise. Il est fortement recommandé de vérifier que votre inscription consulaire est à jour (adresse, numéros de téléphones, courriel et contacts d’urgence) et d’inciter vos amis/collègues/connaissances non-inscrits à le faire. »

    Inquiétude en Californie du nord

    La vallée de Sonoma en Californie du nord

    Du côté de la Californie du nord, l’inquiétude est grande également. La vallée de Sonoma est moins connue que sa grande soeur Napa, mais elle dispose de 24 000 hectares de vignobles souvent de grande qualité. Des experts de la viticulture français y travaillent sur les cépages.

    A Los Angeles, la communauté est bien plus importante: 30 000 au moins, dans tous les secteurs, et qui bénéficient de la présence outre du consulat, du Lycée français, de l’alliance française … La Californie du nord, et en particulier la métropole de San Francisco, compte aussi plusieurs dizaines de milliers de nos compatriotes. Il est à espérer que tous sont en sécurité!

  • Rappel : Qu’est ce que l’impôt de solidarité de 7,5 % pour les non-résidents français en Europe ?

    Avoir le statut de non-résident ne dispense pas de payer ses impôts dans l’Hexagone pour les revenus générés sur le territoire national. Plusieurs dispositions issues des lois de finances 2019 et 2020 tendent à modifier leurs modalités d’imposition.

    Alors qu’un moratoire a été voté à la hâte par l’Assemblée Nationale le  16 octobre sur la réforme du barème appliqué aux Français de l’Etranger, en clair, un alignement plus ou moins progressif sur celui des résidents, l’Impôt sur la Solidarité de 7,5 % applicable à tous les revenus nationaux aux résidents de l’Espace Economique Européen est toujours de plein exercice. Encore mieux alors que l’année blanche soit l’exonération de prélèvements fiscaux sur les revenus 2018 pour les Français résidents en France dans le cadre de l’application du prélèvement à la source, il a été appliqué aux Français ne résidant pas sur le territoire national.

    Pour rappel, les non-résidents qui ne relèvent pas d’un régime obligatoire de Sécurité sociale français mais d’un régime d’un autre pays de l’Espace Economique Européen (EEE) ou de la Suisse sont exonérés de CSG et de CRDS. Mais ils sont redevables d’un nouveau prélèvement de solidarité de 7,5 %. Ce changement concerne donc les revenus immobiliers (revenus fonciers et BIC) perçus depuis le 1er janvier 2018 et les plus values-immobilières depuis le 1 janvier de cette année. La déclaration de revenus de 2019 a été aménagée en conséquence comme celle de 2018. Il suffira de cocher, sur la déclaration 2042 C, à la rubrique «Divers», la case 8SH ou 8SI pour bénéficier de cette exonération.

    Il n’y a pas de changement, en revanche, pour les non-résidents qui relèvent d’un régime obligatoire de Sécurité sociale d’un pays non européen. Ils restent redevables des prélèvements sociaux au taux de 17, 2 % sur leurs revenus immobiliers et plus-values immobilière.

    Car l’origine de cet impôt est à chercher dans la décision de la cour européenne de justice du 26 janvier 2015 imposant la suppression des prélèvements sociaux pour les résident de l’EEE et de Suisse. L’Etat a fait preuve d’ingénierie fiscale, ce qu’il reproche souvent à certains contribuables, et à inventer un nouvel impôt (à distinguer des prélèvements sociaux) le fameux Impôt de solidarité.. avec l’appui des élus des Français de l’étranger de la majorité présidentielle.

  • Johnson revient à la charge pour convoquer des élections

    Le Premier ministre britannique Boris Johnson tente pour la quatrième fois mardi de convoquer des élections anticipées en décembre pour obtenir une majorité et sortir de l’impasse le Brexit, qui a été repoussé une troisième fois.

    Après le rejet lundi par les députés d’un texte convoquant des législatives le 12 décembre, le dirigeant conservateur a aussitôt annoncé préparer un nouveau vote. Il espère ainsi se redonner une majorité, ce qui lui permettrait d’honorer enfin sa promesse de mettre en œuvre le Brexit, pour lequel les Britanniques ont voté à 52 % lors du référendum de juin 2016.

    « Nous voulons voir le Premier ministre défait et évincé de Downing Street » – Ian Blackford, chef du groupe parlementaire SNP à Westminster

    Alors que le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne devait se produire ce jeudi, les 27 autres membres de l’UE ont donné lundi leur feu vert à une prolongation jusqu’au 31 janvier, à moins que l’accord de divorce conclu il y a une dizaine de jours à Bruxelles ne soit ratifié d’ici là.

    Quelques heures plus tard, la Chambre des communes a rejeté le texte du gouvernement convoquant des élections le 12 décembre, qui n’a reçu le soutien que de 299 députés alors qu’il fallait pour ce vote une majorité des deux tiers de 434 voix. Les travaillistes, première formation d’opposition, ont bloqué le texte en s’abstenant, expliquant vouloir d’abord écarter le risque d’une sortie sans accord.

    Les députés avaient déjà rejeté deux tentatives de Boris Johnson, arrivé au pouvoir en juillet avec la promesse d’un Brexit le 31 octobre, d’organiser un vote en septembre.

    Déterminé à mettre un terme à cette « paralysie », le chef du gouvernement tente de nouveau de déclencher des élections anticipées mardi.

    Utilisant les subtilités du système électoral britannique, il compte pour cela présenter un texte de loi fixant la date des élections au 12 décembre. Une telle procédure ne nécessite qu’une majorité simple, mais ouvre la voie à une bataille d’amendements sur les modalités des élections.

    Le texte pourrait obtenir le soutien de certains partis d’opposition, comme les formations europhiles, le Parti national écossais (SNP) et les libéraux démocrates, qui espèrent une victoire du camp anti-Brexit dans les urnes.

    « Nous voulons voir le Premier ministre défait et évincé de Downing Street », a déclaré mardi à BBC Scotland Ian Blackford, chef du groupe parlementaire SNP à Westminster.

    Pour les convaincre, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Jacob Rees-Mogg a assuré lundi que le gouvernement ne soumettrait pas de nouveau aux députés le texte prévoyant l’application de l’accord de Brexit conclu avec l’UE il y a une dizaine de jours.

    Ces partis veulent que l’élection se produise avant la mise en œuvre du Brexit, d’où la nécessité d’élections le plus tôt possible selon eux et un bras de fer sur la date souhaitée pour le scrutin.

    Écartant la date du 12 décembre, le député libéral-démocrate Chuka Umunna a laissé entendre sur la BBC qu’un compromis pourrait être trouvé. « Nous verrons ce qu’ils proposent d’autre. Il faut sortir de l’impasse ».

    Le chef du Labour, principal parti d’opposition, a dit lundi qu’il « examinerait » le texte. Mais le parti de Jeremy Corbyn est très divisé sur la direction à prendre.

    Dernier report ?

    Si « le Parlement résiste » et bloque la tenue d’élections, « je voudrais exhorter les États membres de l’Union européenne à indiquer clairement qu’un autre report (du Brexit) après le 31 janvier n’est pas possible », a écrit Boris Johnson au président du Conseil européen, Donald Tusk, prenant acte de la décision européenne.

    Plus de trois ans après le vote des Britanniques pour quitter l’Union européenne, le Brexit initialement prévu le 29 mars 2019, a déjà été repoussé au 12 avril puis au 31 octobre.

    Le report accordé lundi prévoit une date butoir au 31 janvier, mais avec la possibilité pour le Royaume-Uni de quitter l’UE au 30 novembre ou au 31 décembre en cas de ratification de l’accord de sortie avant ces échéances, selon un document vu par l’AFP.

    La France, pays le plus réticent à un report long, a donné son accord à cette nouvelle prolongation en l’assortissant de conditions. La décision s’accompagne d’une déclaration politique dans laquelle l’UE exclut toute renégociation de l’accord conclu avec le Premier ministre britannique Boris Johnson et demande à Londres de proposer un candidat britannique comme commissaire européen.

  • La Russie, toujours en mode résilient

    Depuis deux ans, la Russie connaît un rythme de croissance assez mesuré en phase avec sa situation démographique et l’évolution des cours du pétrole. Les autorités peuvent néanmoins s’enorgueillir de la décision de l’agence Fitch d’améliorer la note du souverain russe. Cette amélioration est imputable à la bonne résilience du pays à l’environnement extérieur. Au premier semestre 2019, la croissance économique russe a fortement ralenti à 0,7 % en glissement annuel contre 2 % un an auparavant.

    Cette décélération résulte de la baisse des demandes intérieure et extérieure. Les exportations se sont contractées en raison de l’application des quotas de production de pétrole décidés dans le cadre de l’accord de régulation avec l’OPEP. De son côté, la consommation des ménages a subi l’impact de l’augmentation de la TVA de deux points intervenue le 1er janvier 2019. Les pouvoirs publics ont, par ailleurs, retardé plusieurs programmes d’investissements publics.

    La baisse des taux décidée au mois de juin dernier devrait néanmoins favoriser la hausse des investissements. Cette baisse a été rendue possible par une décélération de l’inflation. Elle est désormais proche de la cible de 4% retenue par les autorités monétaires. La banque centrale a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour les prochaines années. Elle ne prévoit le retour du taux de croissance entre 2 et 3% qu’en 2022 et sous réserve que le Gouvernement parvienne à lever une partie des contraintes structurelles qui pèsent sur la croissance. À cette fin, le programme des dépenses nationales prévoit une augmentation des dépenses dans l’éducation, la santé et les infrastructures.

    Le processus d’assainissement de la sphère financière se poursuit. En juillet 2019, les créances douteuses représentaient 9,9% des prêts et la part des actifs risqués (prêts non performants et restructurés) contre 19,1% un an plus tôt. Le désendettement des entreprises non financières et le transfert des actifs risqués des trois banques privées (Otkritie, B&N and Promsvyazbank) à une structure de défaisance (Trust Bank) ont contribué à cette amélioration. Dans le cadre de la restructuration financière en cours, le nombre d’institutions bancaires a fortement diminué passant de 1344 à 454 de 2000 à 2019.

    Un pays faiblement endetté

    Même en cas de nouvelles sanctions de la part des pays occidentaux, le faible niveau de la dette publique (14,6% du PIB en 2019) constitue un atout majeur du pays. La dette des ménages représente 16,3% du PIB au deuxième 2019 et, selon la banque centrale, le ratio de dette rapportée au revenu est modéré à 25% fin 2018.

    La Russie dispose de considérables réserves de change : plus de 423 milliards de dollars à fin septembre 2019, en hausse de 39 milliards de dollars sur un an. La dette extérieure s’élève à 29,5% du PIB au deuxième trimestre 2019 contre 41% en 2016. Du fait des excédents courants, la Russie devrait conforter dans les prochains mois sa position extérieure en augmentant, en particulier, ses réserves de changes.

    Les sanctions et les voies de contournement

    Le Congrès américain a décidé de durcir à nouveau les sanctions contre la Russie. La principale mesure porte sur l’interdiction pour les banques américaines de participer à l’émission d’obligations en devises de l’État russe et d’accorder des prêts en devises à tout organisme public. Ces nouvelles sanctions ne portent donc pas sur les obligations souveraines libellées en roubles et n’interdisent pas aux banques américaines d’acheter sur le marché secondaire des obligations en devises.

    Le Gouvernement russe ne rencontre aucun problème pour placer ses obligations moyennant des rendements offerts élevés (5,1% pour les obligations en dollars à maturité 2035). En outre, même si de nouvelles sanctions à l’égard de l’État russe pourraient être adoptées, le Gouvernement a les capacités d’y faire face au regard du faible niveau de sa dette (14,6% du PIB) et des besoins de financement modestes (l’équivalent de 0,8% du PIB par an en moyenne sur les cinq prochaines années). Il opère, par ailleurs, une dédollarisation du financement pour se prémunir d’un nouveau durcissement des sanctions.

    La Russie tente de desserrer l’étreinte des sanctions commerciales décidées par l’Union européenne et les États-Unis en nouant des relations privilégiées avec l’Afrique et l’Asie. Vladimir Poutine a ainsi convié une quarantaine de chefs d’États africains à Sotchi afin d’établir des partenariats économiques. Les échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique demeurent limités, 20 milliards de dollars en 2018. Ils sont faibles au regard de ceux de la Chine (204 milliards) voire même de ceux de la France (51,3 milliards d’euros). Si l’ancienne URSS avait réussi à s’imposer durant la période de décolonisation, sa fin avait entraîné le départ de nombreux techniciens et correspondants. Les liens avec les anciens partenaires africains ont néanmoins perduré notamment grâce au réseau des anciens étudiants africains qui ont fait leurs études en Russie (plus d’1,5 million d’Africains disposent d’un diplôme russe).

    Les entreprises russes sont encore présentes dans le domaine minier et de l’énergie. Elles renforcent ces dernières années leurs positions dans les ventes d’armes. Les médias russes (Sputnik et RT) sont assez bien acceptés. Contrairement aux Américains et aux Français, les Russes ne sont pas accusés d’ingérence dans les affaires intérieures. Depuis 2014 et la crise liée à la Crimée, la Russie a essayé de développer ses relations avec la Chine et les pays asiatiques non sans succès.

    Néanmoins, culturellement, géographiquement, le pays est avant tout arrimé à l’Europe. 77% de la population de la Russie vit dans la partie européenne, à l’ouest de l’Oural. La religion orthodoxe qui correspond au christianisme de Byzance, est dominante. Elle relie Moscou, à une fraction de l’Empire romain. Par leur mode d’organisation et par leur culture, Moscou et Saint Pétersbourg sont des villes européennes. Les différences entre l’Italie et la Finlande, entre la France et la Bulgarie, ne sont pas moins importantes que celles qui peuvent exister entre les États membres de l’Union et la Russie.

    Si la Russie essaie de retrouver quelques relais d’influence en Afrique, elle est devenue incontournable dans le Proche Orient avec la guerre en Syrie. Avec le départ des Américains, elle a en effet retrouvé un rôle de gendarme qu’elle n’avait plus depuis la chute de l’URSS.

    Près de six ans après l’affaire ukrainienne, une sortie de crise, tant pour des raisons diplomatiques qu’économiques, apparaît nécessaire pour les acteurs de la scène internationale. Le changement de position de la France qui, avec l’Allemagne, était jusqu’à maintenant sur une ligne dure, traduit l’entrée dans une nouvelle séquence diplomatique. Le comportement imprévisible du Président américain, le renforcement de la puissance chinoise, l’instabilité du Proche et du Moyen Orient sont autant d’éléments pris en compte pour un rééquilibrage des relations avec la Russie. Ce pays demeure incontournable non seulement en raison de sa puissance militaire mais aussi par ses richesses naturelles (pétrole, gaz, terres rares).

     

  • 50 Bombes nucléaires otages de la Turquie

    Des soldats du 31st Security forces squadron basé à Aviano, en Italie, ont été envoyés en renfort que la base d’Incirlik en Turquie pour renforcer le 39th Security force squadron de l’USAirForce qui a la garde des 50 bombes nucléaires stockées sur cette base. Pourquoi ces renforts ? Parce que la base est à 80 km de la frontière syrienne et que les relations entre les Américains et les Turcs se raidissent. Le 29 septembre, le sous-chef d’état-major de l’USAF, le général Wilson, s’est rendu sur place. La question de retirer ces bombes nucléaires de Turquie se posent depuis plusieurs années. Particulièrement depuis le coup d’Etat avorté de 2016, lors duquel une interdiction de vol général avait été donnée par les autorités turques. Le Général commandant la base avait été arrêté. Les Allemands, qui avaient également des troupes sur cette base de l’OTAN pour des opérations contre l’Etat Islamique, les ont transférées en Jordanie, compte tenu des difficiles relations avec la Turquie. Celle-ci refusait que la base puisse servir à des raids coordonnés avec les forces kurdes contre l’Etat islamiste. Plusieurs voix se sont faites entendre aux Etats-Unis pour suggérer le transfert des bombes dans un autre pays. Du point de vue technique, cela ne pose aucun problème particulier. Le transport de bombes nucléaires a déjà été fait plusieurs fois entre bases américaines. Du point de vue de la sécurité de l’Europe, les bombes nucléaires américaines ne servent en effet plus à grand-chose. Elles peuvent au contraire être des cibles. Mais le transfert de ces bombes actuellement signifierait la fin du partenariat militaire stratégique entre les Etats-Unis et la Turquie.

    L’entente toujours plus marquée entre la Russie, la Turquie et l’Iran ronge l’alliance turco-américaine, mais les Américains ne veulent pas rompre avec l’allié turc, comme l’a montré l’attitude frileuse de Trump face à Erdogan. D’un coté, laisser les Turcs flirter à ce point avec les Russes est une preuve de faiblesse, de l’autre, perdre la Turquie serait un échec stratégique majeur. La sagesse conduirait à retirer progressivement les bombes, ce qu’est peut-être venu préparer le 31st Security Squadron.

  • Le 31 janvier 2020, nouvelle date butoir du Brexit

    Les ambassadeurs des 27 pays de l’UE se réunissent lundi matin pour discuter d’un projet de report de trois mois du Brexit. Même la France a donné son accord pour un nouveau report de trois mois.

    La proposition sur la table prévoit un report du Brexit de trois mois, au 31 janvier 2020, mais avec la possibilité également que le Royaume-Uni quitte l’UE au 30 novembre et au 31 décembre en cas de ratification de l’accord de sortie avant ces échéances.

    Cette proposition à la faveur de la France, qui trainait les pieds jusqu’alors pour accorder un nouveau report, et exigeait un projet précis du Royaume-Uni.

    Les députés britanniques doivent voter lundi après-midi sur une motion de Boris Johnson proposant la tenue d’élections anticipées le 12 décembre. Le leader conservateur espère d’ici là faire adopter par le Parlement les textes nécessaires à la mise en oeuvre de l’accord de Brexit qu’il a décroché il y a dix jours à Bruxelles.

    Tous les pays de l’UE ont convenu la semaine dernière de la nécessité d’un troisième report du Brexit pour éviter un « no deal » et s’accordent pour prendre une décision sur ce sujet par le biais d’une procédure écrite, sans qu’il soit nécessaire de convoquer un sommet.

    La plupart des pays sont ouverts à un report de trois mois, que Boris Johnson a été contraint par la loi de réclamer. La France a insisté quant à elle sur la nécessité d’une « justification » pour cela.

    « Il ne faut pas donner du temps basé sur de la politique fiction, mais sur des élections ou un deuxième référendum », a répété dimanche la secrétaire d’Etat française aux Affaires européennes Amélie de Montchalin.

    Le Royaume-Uni a fait un pas supplémentaire dimanche vers un scrutin anticipé, deux partis d’opposition ayant fait une proposition en ce sens, conditionnée à un report du Brexit jusqu’à fin janvier.

    Plus de trois ans après le référendum où les Britanniques ont voté à 52% pour quitter l’Union européenne, les députés britanniques ont, le 22 octobre, approuvé sur le principe l’accord de Brexit trouvé par l’UE et Boris Johnson, mais rejeté le calendrier à marche forcée que ce dernier voulait leur imposer.

    Le Royaume-Uni devait initialement quitter l’UE le 29 mars, une date déjà repoussée à deux reprises (au 12 avril puis au 31 octobre).

     

  • Dans les coulisses du sommet Russie – Afrique avec Hervé Sérol

    Comme nous l’indiquions dans un précédent article, la Russie est « de retour en Afrique » avec notamment un grand sommet organisé à Sotchi. Dans la station balnéaire de la mer noire, Poutine a mis les petits plats dans les grands: 2 salons dont un pour les Chefs d’Etat, un accueil personnalisé, une ambiance professionnelle et bon enfant en même temps…

    Les présidents russe et égyptien, co-organisateurs du sommet

    Si, certes, une partie de ce sommet fut l’occasion pour la Russie de vendre ses compétences techniques en matière d’armement, l’élu AFE Hervé Sérol qui nous a décrit les coulisses, rappelle qu’il ne faut pas réduire les débats à cela. Technologies, chimie, santé furent aussi mises en avant.

    Et pour quel type de partenariat? Pas à la manière du gouvernement et des entrepreneurs chinois qui viennent avec leur main d’oeuvre et des usines clé en main. La Russie préfère une approche plus coopérative avec une partie du personnel venant de la fédération et le reste recruté sur place, le tout avec notamment des partenariats public-privé.

    Et la France?

    3 pays non-africains sont assez largement incontournables dans telle ou telle partie de l’Afrique: les anciens colons français et anglais et la Chine. Etats-Unis, Portugal, Espagne ont aussi de nombreux intérêts sur le continent noir. La Russie, elle, avait largement abandonné les positions historiques de la défunte Union Soviétique.

    Pour autant, la France ne perdra peut-être pas forcément au change à ce retour russe en Afrique. La chambre de commerce franco-russe, selon les informations de M. Sérol, pourrait notamment participer à un certain nombre d’opérations en Afrique. Et l’expertise, la connaissance de la langue, l’implantation ancienne d’un certain nombre d’expatriés français en Afrique pourraient aussi jouer un rôle dans le cadre du retour de la Russie… La rédaction n’est cependant pas naïve, la Russie à travers cette opération de charme, n’a qu’un objectif: effectuer son retour sur le continent.

    La présence russe en Afrique: ancienne mais lointaine

    La Russie, et avant elle l’Union Soviétique, est présente de longue date en Afrique, en particulier depuis la fin du colonialisme. Si la Russie tsariste était un empire continental uniquement, l’URSS elle avait des ambitions mondiales. C’est lors de la conférence de Bandung en 1955 que cela s’affirma clairement. Accompagner les territoires vers l’indépendence, les guider vers le clan communiste surtout.

    L’URSS s’implanta ainsi durablement en Angola et au Mozambique, construisit le barrage d’Assouan et aida à la nationalisation du canal de Suez, accompagna Mugabe et tant d’autres leaders politiques.

    La chute de l’Union soviétique signa, temporairement, la fin de ces ambitions. Exsangue économiquement, la Russie de Boris Elstine abandonna largement ses anciens alliés, incapable, tout comme pour Cuba, de pouvoir continuer à leur fournir assistance.

    Vladimir Poutine, que l’on sait traumatisé par cet épisode de l’histoire de son pays, a à coeur de restaurer l’empire. Une question qui nous inquiète: jusque quel point cela se fera-t-il au détriment des intérêts de la France sur le continent?

  • Poutine arme l’Afrique

    « La Russie est de retour en Afrique », clament plusieurs journaux européens et africains, soit pour s’enthousiasmer, soit pour s’inquiéter. Le sommet de Sotchi, les 23 et 24 octobre, présidé par le Maréchal Sissi et le Président Poutine a été une première : 47 Chefs d’Etat africains autour d’un Poutine qui savourait le retour de la Russie comme puissance mondiale. Depuis la chute de l’Empire soviétique, la Russie avait un peu disparu. L’URSS s’était beaucoup investie en Egypte, Algérie, Lybie, Angola, Mozambique, Tanzanie, Ethiopie… pour aider les pays frères et les mouvements nationalistes, alimentant des régimes amis en conseillers et en armes. Sans succès. Mais Poutine veut renouer avec la tradition.

    La Russie n’a jamais été une puissance coloniale, dit il. Toujours du coté des opprimés. C’est aller un peu vite en histoire, non seulement parce que les « régimes amis » n’ont jamais démontré un grand amour de l’humanité mais aussi parce que la Russie elle-même est la grande puissance européenne colonisatrice d’une grande partie de l’Asie sur des peuples divers, jusqu’au Pacifique. « Les problèmes africains doivent être réglés par les Africains », ce n’est pas la charte de l’anticolonialisme,  mais l’assurance que la Russie ne va pas interférer dans les régimes africains. Chacun est maitre chez soi. Halte au néocolonialisme, qui voudrait, par exemple, imposer la démocratie à l’Occidentale un peu partout. Pas le genre de Poutine. Quelqu’un qui soutient Assad jusqu’à se boucher le nez quand il y a trop de gaz ne va pas s’interroger sur le respect des droits de l’homme en Afrique… ou en Russie.

    C’est d’ailleurs faire un bel éloge de l’action des Occidentaux (et surtout de la France) que de leur prêter de telles exigences. Ils s avent être pragmatiques. Ce que propose Poutine aux dirigeants africains est intéressant : on ne s’occupera pas de vos affaires, on s’intéresse à votre sécurité, on vend de belles armes.

    Le sommet lui-même, présenté au départ comme une opportunité formidable de « développement », a vite tourné au salon d’armement.  Quelques hélicoptères ici, des missiles sol-air par là, c’est normal, en Afrique, la Russie exporte surtout des armes. Elle propose aussi formation et coopération avec les pays pour combattre le « terrorisme ».

    Les échanges entre la Russie et l’Afrique s’élèvent aujourd’hui à 20 milliards de dollars dont 12 milliards pour la seule Afrique du nord (deux tiers des exportations russes en Afrique sont réalisées avec l’Algérie et l’Égypte, essentiellement des contrats d’armement), mais, loin des plus de 200 milliards de dollars chinois et des 275 avec l’Union européenne, dont plus de 50 milliards pour la France.

    Les accords de coopération signés témoignent-ils d’une vision stratégique ? Pas encore.L’intérêt de la Russie pour l’Afrique montre aux Occidentaux, surtout avec un discours sécuritaire, sa volonté de troubler le jeu partout où c’est possible.

    Pourquoi les Chefs d’Etat africains se sont précipités à Sotchi ? Parce que Poutine offre certaines facilités aux dirigeants africains, y compris financières. Centrafrique, Madagascar, Angola, Soudan, sont des cibles pour une Russie qui sait que le premier souci d’un dirigeant politique est de rester au pouvoir. Pour cela, renforcer son armée sans craindre les menaces d’embargo. Ayant accusé les anciennes puissances coloniales de pratiquer « l’intimidation » et « le chantage » pour conserver leur influence sur le continent, il a au contraire affirmé que la Russie ne demandait « aucune contrepartie » à ses partenaires.

    Les Russes sont plus sensibles qu’ils ne l’avouent aux sanctions occidentales. Ils voient l’Afrique comme un nouveau débouché. Mais les Africains ont moins besoin des Russes que l’inverse. L’économie russe est très en retard. En dehors des armes (et des mercenaires) elle n’a pas grand chose à vendre. « L’Afrique représente 40% des commandes actuelles… en termes de valeur et de livraisons de différents types d’armes  et d’équipement militaires », selon Rosoboronexport, la société publique russe chargée des ventes d’armement. 12 milliards de contrats signés et pays , répartis en vingt pays, se réjouissent les responsables de la société. Le PDG de Russian helicopters additionne les succès : 900 hélicoptères dans le ciel africain.

    Certains pays se disent intéressés par des programmes de coopération militaires avec l’envoi de « conseillers » russes. Des mercenaires sont déjà à l’œuvre. En complément de contrats d’armement, Poutine a promis d’effacer, au cas par cas, des dettes. (Il n’y en pas beaucoup). Un moyen de faire entrer dans le jeu des banques russes. Et de garantir aux dirigeants africains des comptes inatteignables par les Occidentaux.

    La Russie est intéressante parce qu’elle n’a justement pas de vision géopolitique affirmée, sinon celle de faire monter les enchères vis-à-vis des Occidentaux. Ce qui est utile, et aux Africains, et aux Russes. Aux dirigeants en tout cas. Car en dehors des armes, la Russie n’a rien à proposer. Et contre qui sont dirigées ces armes, à part ses propres voisins ? Ou les rebelles que les voisins soutiennent ? L’amitié entre les peuples, vu de Russie, est un long combat.

  • SNCF : les grèves s’enchainent en France

    Une semaine après le droit de retrait exercé par certains employés de la SNCF qui a fortement perturbé le trafic ferroviaire dans toute la France, un mouvement social perturbait la façade Atlantique ce week-end et se durcira lundi, annonce la SNCF.

    Alors que 4 trains sur 5 circulaient ce week-end, seulement 3 trajets sur 10 seront assurés lundi en raison de la poursuite d’une grève de 200 agents spécialisés dans la maintenance en banlieue parisienne, indique la directrice des TGV Atlantique, Gwendoline Cazenave. Les perturbations pourraient se poursuivre « pour une durée à ce jour indéterminée », la SNCF conseille donc aux voyageurs de reporter, dans la mesure du possible, leurs déplacements.

    « Jusqu’à aujourd’hui nous avons réussi à maintenir un plan de transports très significatif, avec 80 à 90% des trains qui circulent mais à partir de demain on passe à un plan de transports de 30% des TGV Atlantique qui circulent », a-t-elle annoncé.

    La compagnie assure que tous les billets annulés seront remboursés. Pour savoir si un train circule, l’entreprise conseille également de se rendre sur son site internet.

  • L’Europe citoyenne au révélateur du Brexit

    Résultat de recherche d'images pour "joelle garriaud maylam"Dans une tribune parue le 27 octobre dans le Journal du Dimanche et aujourd’hui sur notre site, Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français établis hors de France, espère que le choc du Brexit poussera les Européens à approfondir le principe de citoyenneté européenne.

    Que le Brexit s’achève par un accord ou sur un no deal, et quel que soit le nombre des ultimes rebondissements qu’il nous faudra encore subir, une question reste trop souvent occultée dans le débat public : c’est celle de la citoyenneté, par ses aspects matériels autant que dans sa dimension civique. Clairement, si ce principe de citoyenneté européenne avait été mieux ancré chez nos concitoyens, le Brexit n’aurait sans doute pas eu lieu ; car, en face de l’écart de 1 million de voix qui actait la victoire du leave sur le remain, on aura réussi à escamoter l’opinion de plus de 1 million de Britanniques établis de longue date dans un autre État de l’UE ainsi que des 3,5 millions de ressortissants de l’UE fixés au Royaume-Uni, deux catégories interdites de participation au référendum de 2016.

    On ne s’empêchera pas de penser que ces citoyens-là, vivant au quotidien l’expatriation, sont les véritables experts des avantages pratiques du « vivre en Europe » et que leurs suffrages auraient probablement inversé le résultat du référendum. On s’autorisera aussi à y voir un intolérable déni de démocratie. Mais voilà : de façon croissante, le spectre du no deal fait prendre conscience de tout l’intérêt de l’UE, protectrice des droits et garante de la liberté de circuler, de séjourner, d’étudier et de travailler en Europe. La banalisation des acquis des traités de Maastricht et de Lisbonne a fait oublier combien la citoyenneté européenne sécurise et facilite le quotidien de tous ceux qui voyagent, travaillent ou vivent dans un autre État membre.

    La menace d’un Brexit sans accord démontre combien les droits économiques, sociaux et politiques des migrants intraeuropéens seront précaires

    Jamais nous n’aurions imaginé que ces acquis puissent, un jour, être aussi brutalement remis en question. La menace d’un Brexit sans accord, que seuls les esprits naïfs peuvent croire définitivement écartée, démontre, par contraste, combien les droits économiques, sociaux et politiques des migrants intraeuropéens seront en fait précaires. Ainsi, le droit de séjour, l’autorisation de travailler, la protection sociale maladie-invalidité, la fiscalité, la scolarité, les pensions de retraite et de réversion, les successions deviendront-elles, pour l’expatrié européen au Royaume-Uni, autant d’obstacles propres à décourager les plus audacieux – ce qui était d’ailleurs l’objectif avoué de nombre de brexiters.

    Finalement, à l’issue d’une marche arrière présentée comme une concession, un permis de séjour de trois ans pourra être sollicité par les expatriés arrivant après le 1er novembre 2019. Quant aux expatriés déjà établis en terre britannique, ils peuvent demander un statut de résident permanent s’ils sont dans le pays depuis au moins cinq ans ; faute de quoi le statut provisoire qui leur serait réservé ne permettrait pas de participer aux élections locales.

    Souhaitons que le Brexit renforce la volonté des citoyens européens et de leurs représentants d’aller vers une intégration européenne mieux approfondie

    Symétriquement, les Britanniques établis dans l’Union européenne – au nombre de plusieurs centaines de milliers en France – s’inquiètent pour leurs droits sociaux et civiques. Près de 800 d’entre eux, conseillers municipaux en France, participent depuis des années à la revitalisation de nos petites communes et vont se retrouver privés d’éligibilité et de droit de vote aux élections locales.

    L’explosion du nombre de demandes de naturalisation de Britanniques souhaitant acquérir la nationalité française ou irlandaise pour conserver un passeport européen illustre, en creux, à quel point le principe de citoyenneté européenne s’est imposé ces jours-ci dans l’urgence, alors que tout au long de trois décennies personne ou presque n’y faisait référence.

    Près de 20 millions de citoyens européens vivent dans un État membre de l’UE autre que celui où ils sont nés. Cette citoyenneté, si elle n’est ni comprise ni habitée par celles et ceux qui en sont les bénéficiaires, court le risque réel de la marginalisation et de l’abandon. Souhaitons que le Brexit – quelle qu’en soit l’issue – fasse l’effet d’un salutaire électrochoc et renforce la volonté des citoyens européens et de leurs représentants d’aller vers une intégration européenne mieux approfondie, seul rempart efficace face aux enjeux de la mondialisation et des temps incertains qui se préparent.