Ce nouvel épisode remet en cause le choix d’Emmanuel Macron, qui avait proposé la candidate malgré les interrogations sur cette procédure judiciaire.
Alors que la nouvelle Commission européenne vient de prendre ses fonctions, la première candidate de la France à la fonction de commissaire européen, Sylvie Goulard, vient d’être mise en examen.
L’ancienne ministre de la Défense a été inculpée le 29 novembre dans le cadre de l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs des assistants d’eurodéputés MoDem, ont révélé des sources judiciaires citées par l’AFP. Egalement eurodéputée à l’époque, Marielle de Sarnez sera entendue prochainement, comme François Bayrou ; les deux députés risquent également d’être mis en examen, puisque la justice soupçonne le parti Modem d’avoir institutionnalisé la pratique.
Candidate au poste de commissaire européen choisie par Emmanuel Macron, Sylvie Goulard avait été exclue du processus par le Parlement européen, en raison notamment de son implication présumée dans l’affaire des assistants fictifs du Modem, sur laquelle le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire en juin 2017.
Emmanuel Macron avait présenté le rejet de sa candidate comme le résultat d’un règlement de compte entre familles politiques, et l’expression d’un ressentiment des députés européens à son égard d’Emmanuel Macron, lui qui avait mis un terme au système des « Spitzenkandidat ».
Fiasco évité ?
Le vote du Parlement européen aura finalement évité à la France de voir son commissaire européen mis en examen aussitôt entré en fonction, mais si le fiasco a été évité, la question du maintien de la candidature de Goulard par la France reste un mystère pour certains élus. Pour l’eurodéputée socialiste française Sylvie Guillaume, la mise en examen de Sylvie Goulard remet sur la table la question du soutien indéfectible du président français à la candidate.
La ministre des Affaires européennes, Amélie de Montchalin avait même affirmé en septembre que la candidate française avait été « blanchie » par le Parlement européen dans l’affaire de l’emploi présumé fictif de son ancien assistant-parlementaire. Sylvie Goulard avait finalement remboursé 45 000 euros à l’institution correspondant à plusieurs mois de salaire de son ancien assistant parlementaire, mais l’enquête française était toujours en cours.
Le MoDem est loin d’être le seul parti à s’être retrouvé dans le collimateur de la justice pour des emplois présumés fictifs au Parlement européen. Une enquête similaire a ainsi été ouverte pour La France Insoumise et pour le Front national. Une vingtaine de personnes, dont la cheffe de parti Marine Le Pen, ont été mises en examen.
Le président Emmanuel Macron s’est incliné lundi devant « le sacrifice » des treize soldats morts la semaine dernière au Mali « pour la France » et « les peuples du Sahel », lors d’un hommage national solennel et glacial dans la cour des Invalides à Paris.
Dans une atmosphère très lourde, le chef de l’Etat a salué « treize destins français », devant quelque 2.500 personnes, dont les familles des victimes et de nombreux responsables politiques.
Militaires, anciens combattants, anonymes… des milliers de personnes s’étaient d’abord réunies sous un soleil radieux et dans un froid cinglant pour voir passer le cortège sur le Pont Alexandre III, avant qu’il ne pénètre dans l’enceinte qui accueille depuis le XVIIe siècle vétérans et blessés de guerre.
Les cercueils drapés des couleurs nationales ont ensuite été portés par les camarades des soldats tués, au son des tambours, au coeur de la cour pavée avant d’être disposés devant le président.
Catya Martin, notre partenaire du magazine trait d’union et de lafrenchradio Hong Kong et Macao a eu l’occasion de s’entretenir avec la Député Anne Genetet, députée de la 11ème circonscription des Français établis hors de France à l’occasion de son déplacement à Hong-Kong.
Anne Genetet :
L’objectif premier de mon déplacement comme à chaque fois est d’aller à la rencontre des communautés françaises, et en l’occurrence, s’agissant de Hong-Kong, dans un contexte tout à fait particulier, je suis la situation politique de Hong-Kong de très près, et j’ai reçu de nombreux messages de Français qui exprimaient une certaine inquiétude, donc je viens pour prendre la température, rencontrer la communauté, comprendre et peut-être rapporter des informations de l’intérieur. Comme je le dis depuis le début du mandat, je considère que partout dans le monde, les Français qui sont sur place ont regard particulier sur la ville, sur la région, sur le pays dans lequel ils vivent. Ce regard doit être complémentaire de nos canaux traditionnels, comme peut l’être la diplomatie française, et il est important de prendre aussi les retours d’expérience, les signaux, les informations que nos communautés nous envoient.
Catya Martin : Justement par rapport à la situation particulière de Hong-Kong, Emmanuel Macron, lors de sa visite en Chine, a transmis un message indiquant qu’il regardait et qu’il était présent auprès de la communauté française de Hong-Kong, vous avez des contacts réguliers avec eux, suivez-vous la situation des Français en cas de crise ?
Anne Genetet : Absolument, je sais que Jean-Yves Le Drian suit cela de très près, moi-même avant de partir j’ai encore contacté le Quai d’Orsay pour leur expliquer ma démarche, l’objectif de mon voyage et leur dire que je reviendrai vers eux dès mon retour. Nous fonctionnons de façon très rapprochée même si il y a vraiment une séparation des pouvoirs institutionnels, s’agissant de la sécurité de nos communautés il n’y a plus de séparation.
Pourrions-nous parler un peu de mobilité internationale, il y a donc eu le rapport remis au Premier Ministre, quelles suites, qu’est-ce qui a été réfléchi, pouvez-vous nous en parler un petit peu ?
Beaucoup de choses vont être mises en place, la première chose qui me vient à l’esprit est la plateforme téléphonique qui permettra de joindre un Consulat ou une Ambassade à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit peut importe l’endroit où nous nous trouvons dans le monde. Cela va être une avancée majeure car aujourd’hui nous sommes limités par les horaires d’ouverture de nos Consulats et de nos Ambassades pour parler à des personnes humaines, les répondeurs téléphoniques ne répondent pas aux attentes de nos communautés et c’est un projet d’envergure. L’année dernière nous étions dans une phase de tests budgétairement, cette année le projet a pris de l’ampleur il y a une volonté de le mettre en place, il y aura des tests dans certains pays pour ensuite voir comment le développer à l’échelle du monde entier. Je suis très optimiste et très contente que cette recommandation majeure ait été prise en compte. Le travail que je fais en parallèle et depuis le début du mandat est celui de faire comprendre que les Français de l’étranger ne sont pas n’importe quels Français, ils ne sont pas à part, ils sont à part entière, le Ministre l’avait dit, il y a encore beaucoup de travail, je l’avais signalé dans le rapport mais encore ici à Hong-Kong, il m’a été signalé un formulaire internet et qui ne prend pas en compte le fait que dans les pays où nous habitons il n’y a pas forcément de code postal à cinq chiffres. Nous ne sommes pas adaptés dans nos formulaires et cela montre, je le dit avec humour, mais que pour l’administration française rien n’existe en dehors des frontières françaises, peut-être même pensent-ils que la Terre est plate.
Il y a-t-il aussi une réflexion sur l’accueil de ces Français de l’étranger quand ils reviennent en France, soit parce qu’il y a une situation de crise, des ruptures professionnelles, conjugales, après parfois 10 ans à l’étranger, est-ce que quelque chose va être mis en place pour les accueillir dans cet accueil ?
Les ruptures de vie, cela est de toute façon de plus en plus fréquent, heureuses ou moins heureuses. Sur le retour en France je suis un groupe de retour d’expatriés sur Facebook qui est très intéressant, je me nourris des retours d’expérience de ces personnes. Il y a une énorme différence entre ceux qui ont fait le choix de rentrer, même si c’est difficile, et qui se préparent, et ceux qui repartent en France de façon imprévue et pour qui cela est très difficile. Une grande avancée avait été faite avec le rapport à l’époque de la Sénatrice Hélène Conway-Mouret avec une plateforme de retours en France. J’ai cependant découvert que la plateforme est gérée de manière externe, l’Etat se défausse. Ce n’est pas suffisant, pas satisfaisant. J’aimerais avancer, je dois reconnaitre que je suis un peu seule sur ce sujet, j’ai le soutien des élus locaux, mais le soutien d’autres parlementaires est moins marqué.
Cela ne les concerne pas ?
Les Parlementaires de France ne se sentent absolument pas concernés alors que je ne cesse de leur dire que c’est dans leurs territoires que les Français rentreront et seront en déshérence, mais par ailleurs les parlementaires à l’étranger ont une sensibilité inégale à ce sujet. Il faut de la constance face à l’administration française, face à l’Etat profond comme le dit le Président, et beaucoup de détermination.
Concernant la fiscalité, pouvez-vous nous expliquer les avancées ?
La question est de savoir si Bercy prendra en compte les Français de l’étranger
Pour faire très simple, quand quelqu’un quitte la frontière française, le territoire français, pour des revenus identiques de source française, et j’insiste sur ce point, il y a mécaniquement une baisse nette de la fiscalité. Il y a des nuances pour les revenus les plus élevés. Pour les revenus moyens et bas, la baisse nécessite une manipulation au moment de la déclaration qui n’était pas accessible et visible, comme si l’administration la cachait. Il y a une volonté de la rendre plus visible, c’est un petit pas. Pour autant, la question qui a été posée est : pourquoi cette baisse de la fiscalité pour des revenus qui sont les mêmes ? Historiquement je ne suis pas allée creuser, le projet était de réaligner cette fiscalité mais j’ai mis beaucoup de conditions dans mon rapport : ne prendre que les revenus de source française, pas les revenus à l’étranger car d’abord il est très facile d’en cacher une partie et nous défavoriserions ceux qui sont trop honnêtes, je dis toujours à l’administration d’arrêter de vouloir toujours connaitre les revenus à l’étranger, elle n’y arrivera pas même avec la transparence et les échanges, et par ailleurs ce projet n’a de sens que si nous ne prenons que la totalité de la fiscalité en France métropolitaine et donc aussi accès aux déductions de charges. Sans cela ce n’est pas une réforme. Et ce n’est pas juste. Il faut mettre cela en place, cela a été extrêmement mal ficelé par le gouvernement, ce sont des sujets techniques, les amendements présentés par le gouvernement ont dissimulés des choses, je n’en suis pas du tout contente.
A partir de janvier je vais reprendre des discussions avec des avocats fiscalistes pour faire des simulations très claires et aussi des rendez-vous avec les Français concernés et notamment les transfrontaliers qui m’ont alertés, je vais travailler directement avec eux, et puis au bout de ce processus j’irai voir le ministre avec des solutions claires. Et si il n’accepte pas ce que je lui propose, alors je ne soutiendrai rien.
Les élections consulaires auront lieu les 16 (zone Amérique et Caraïbes) et 17 mai prochains. Ce scrutin, au suffrage universel et divisé entre circonscriptions, à un tour, vise à renouveler les 442 conseillers et délégués consulaires.
Les conseillers consulaires, qui seront alors rebaptisés conseiller des Français de l’étranger, sont élus pour 6 ans. Ils ont trois missions : représenter les Français établis hors de France auprès des Ambassades et Consulats, être consultés sur toutes questions concernant les Français de l’étranger et participer à l’élection des Sénateurs des Français de l’étranger. Ils votent les bourses, participent à la vie des lycées français, animent des permanences consulaires…. Les délégués consulaires sont également grands électeurs pour les sénatoriales.
Des élus de terrains
S’il fallait comparer les élus consulaires avec des élus en France, ce serait sans doute une comparaison avec les conseillers municipaux. Elus de terrains, résidant dans le territoire qu’ils représentent, ils connaissent en particulier les problématiques de ces territoires comme nous l’ont montré récemment lors de rencontres les élus de Belgique , d’Allemagne , du Royaume-Uni.
La participation à ce scrutin est faible, moins de 20% dans la plupart des circonscriptions lors de la précédente élection de 2014. L’introduction du vote électronique changera-t-elle les choses ?
Un profond renouvellement en perspective ?
Depuis les dernières élections consulaires, la vie politique française a été complètement bouleversée. Par ailleurs, les élections consulaires partielles, comme à Shanghai, ont montrées l’émergence de listes associatives purement locales. De quoi chambouler l’AFE et par ricochet la représentation des Sénateurs établis hors de France ?
Une évolution du statut de l’élu
Le 26 novembre l’Assemblée Nationale a adopté le projet de loi « relatif à l’engagement dans la vie locale et la proximité des élus ». Celui-ci concerne aussi les élus des Français hors de France. Comme indiqué, les Conseillers consulaires deviennent des « conseillers des Français de l’étranger ». Comme l’indique la député Anne Genetet, « ce changement de nom évitera toute ambiguïté. Nous parlons bien ici d’élus locaux et non de personnes employées par le consulat« . Ils devront aussi respecter la Charte de l’élu local. Celle-ci, qui donne des obligations de probité, offre aussi certaines garanties aux élus concernant des crédits d’heures, un droit à la formation …Ce droit à la formation pourra, pour les élus consulaires, être fait à distance. Par ailleurs, et c’était une demande récurrente, ils pourront présider le conseil consulaire.Ce rôle est actuellement réalisé par le Consul. Concernant les moyens pour exercer leur mission, plusieurs députés des Français de l’étranger ont demandé à ce qu’ils aient accès aux salles des Consulats pour recevoir les citoyens Français et organiser des réunions. Ils demandent une action de l’exécutif en ce sens. Le texte modifié ainsi par l’Assemblée Nationale a été transmis au Sénat le 28 novembre pour examen.
Les Français de l’étranger doivent s’inscrire pour pouvoir voter !
Le droit de participer à ce scrutin n’est pas automatique. Il faut être enregistré à son consulat local pour pouvoir voter ! Et ce au maximum 6 semaines avant le scrutin. Il est dès lors impossible de participer par ailleurs à un scrutin en France ! Si vous atteignez l’âge de 18 ans avant le jour du scrutin vous serez inscrit d’office sur la liste électorale de votre lieu de résidence sous réserve que vous soyez déjà inscrit au Registre des Français établis hors de France.
Dans le cadre d’une élection à deux tours et si vous atteignez votre majorité après le 1er tour, vous pourrez voter au second tour.
Les Français de l’étranger sont trop souvent considérés comme des citoyens de seconde zone. Une forte participation prouverait leur attachement à la France.
Sa voix calme et grave résonne dans le combiné. « J’ai tout de suite pensé aux familles et à ce qui les attend. Le plus dur est à venir. Au début, on est porté. Cette communion monte très haut, mais quand elle disparaît, ça peut descendre très bas. » Dominique Jacq a perdu son fils Fabien, dans la guerre au Mali. Touché par l’explosion d’une mine, ce maréchal des logis-chef de 28 ans a succombé à ses blessures, le 4 novembre 2016. Il est alors le 16e soldat français à tomber depuis le début de l’intervention française, en 2013. Ce macabre décompte a été considérablement alourdi, lundi 25 novembre : 13 militaires ont été tués dans une collision d’hélicoptères, pendant une opération de combat contre des jihadistes.
A ce jour, quarante-et-un soldats français sont morts au Mali. « Lorsqu’un soldat est tué, cela vous rappelle votre propre situation, c’est parfois difficile », poursuit Dominique Jacq, depuis Pont-Péan, en Ille-et-Vilaine. « A chaque fois, cela rouvre la plaie, on se dit que ça ne va pas s’arrêter », renchérit Céline Noblet, la sœur de Damien Noblet, un maréchal des logis de 32 ans, mort en avril 2016. Ce père d’un petit garçon de 5 ans au moment du drame, a lui aussi été tué par une mine. « Mes premières pensées vont aux familles, j’imagine leur état d’esprit, je me retrouve trois ans en arrière… », soupire Céline.
« Tout s’écroule »
Tout commence par un coup de fil de sa mère, tôt dans la matinée du 12 avril 2016. « Il y a eu un accident, Fabien est blessé. » Pas plus d’informations. Céline « s’accroche à ça, toute la journée : il n’est que blessé ».Le soir, les médias laissent présager le pire : le pronostic vital de son frère est engagé. Il est plus de minuit quand la nouvelle tombe.
Ma mère m’a appelée, juste appelée, elle ne pouvait pas parler, mais j’ai compris tout de suite. C’est un véritable tsunami, la vie s’arrête.Céline Nobletà franceinfo
Dominique Jacq traverse les mêmes étapes, quelques mois plus tard. Un premier appel, d’abord pour lui dire que son fils est blessé, puis un second, à une heure du matin, pour lui signifier son décès. « Evidemment, on ne dort pas de la nuit et puis à 8 heures du matin, ça sonne à la porte, raconte ce policier à la retraite. Deux militaires encadraient le maire, on ne voit ça qu’au cinéma, c’était surréaliste. »« On ne peut pas l’imaginer, ajoute-t-il, car dans nos sociétés actuelles, la guerre n’existe plus. »
Chez les Barbé, la vie s’arrête le jeudi 6 avril 2017. Le caporal-chef Julien Barbé, est mort la veille au Mali. Ce père de deux filles, âgé de 27 ans, est tué dans une embuscade, à 200 kilomètres au sud-ouest de Gao. « Le magasin était fermé, ils sont arrivés à six, cinq militaires et une assistante sociale, j’ai compris tout de suite qu’il était mort au combat », confie son père, Pascal Barbé, charcutier-traiteur dans l’Orne, d’une voix très émue.
Un soldat français de la force Barkane devant le mont Hombori, au Mali, le 27 mars 2019. (DAPHNE BENOIT / AFP)
« Il n’y a pas de bonne manière d’apprendre la mort de son fils », souffle Marie-Christine Jaillet. Cette universitaire, directrice de recherches au CNRS, a perdu son fils unique, Thomas Dupuy, membre du commando parachutiste de l’air d’Orléans, le 29 octobre 2014, à Gao. « J’étais dans le Lot à la campagne et le téléphone a sonné à 19h45. Mon mari a décroché et j’ai vu à son expression qu’il se passait quelque chose, il m’a dit : c’est l’armée »,raconte celle qui vit à l’année à Toulouse.
L’armée avait essayé de me joindre toute la journée, il fallait qu’ils me contactent avant les JT du soir. A 20 heures, il y avait le portrait de mon fils à la télévision, souriant.Marie-Christine Jailletà franceinfo
« C’était une photo choisie par ses compagnons, une très belle photo », se souvient-elle. En une fraction de seconde, son monde bascule. Ce fils unique, sans enfant, la laisse « doublement orpheline » (il n’y a pas de mot, en français, pour désigner un parent qui perd son enfant). « Tout s’écroule, vous n’y croyez pas », murmure-t-elle.
Pour ces familles, la vie d’après débute. Toutes reconnaissent avoir bénéficié d’un accompagnement exceptionnel de l’armée. « On ne les lâche pas, on les accompagne autant que de besoin », assure le colonel Antoine Brulé, chef de la cellule d’aide aux blessés de l’armée de terre (Cabat). Au sein de chaque unité militaire, c’est le bureau « environnement humain » qui s’occupe des familles endeuillées, tandis que les cellules d’aide aux blessés coordonnent l’action au niveau national. « Quand un militaire tombe, c’est tout le régiment qui tombe », souligne Dominique Jacq. « Ils ont été fantastiques, les armées et le 6e régiment d’Angers, c’est ma deuxième famille », ajoute Pascal Barbé.
« La haine, c’est fatigant »
Malgré les moyens mis en place par l’armée (financiers, juridiques, administratifs ou psychologiques), la douleur est déchirante. Si aucun ne dit avoir ressenti de colère – « la haine, c’est fatigant », dit Dominique Jacq –, la culpabilité surgit très vite. « Pourquoi je l’ai laissé s’engager ? Ça a été ma première réaction. Puis : je n’ai pas su protéger mon enfant », se rappelle le père de Fabien Jacq, avant d’ajouter : « J’ai perdu ma femme il y a 20 ans. Je me disais que le destin n’allait pas nous abattre deux fois. » Sa famille et ses proches le « secouent », le prient d’« arrêter ce raisonnement ».
Céline Noblet s’est trouvée dans « un état second », jusqu’à ce qu’un événement la rattache très vite au réel : des contractions. Céline est enceinte de six mois. Sa sage-femme l’avertit : « Soit vous vous laissez aller et vous la perdez, soit vous tenez et vous la gardez ». Céline s’accroche. « Je ne pensais qu’à elle et elle m’a énormément aidée. Pour elle, il fallait que je sois forte. » De son côté, Marie-Christine Jaillet n’a qu’une obsession, voir son fils, pour que « la mort devienne une réalité ». L’attente est longue. « Votre fils est mort et vous voyez une photo de lui, souriant, au JT. Je n’aurais pas pu accepter de ne pas le voir. »
Le président de la République, François Hollande, rend hommage aux trois militaires tués au Mali, Mickaël Poo-Sing, Damien Noblet et Mickaël Chauvin, aux Invalides, le 20 avril 2016. (MAXPPP)
Pendant les premiers jours du deuil, les familles sont prises dans le tourbillon protocolaire et son apogée, l’hommage de la nation aux Invalides. « C’est quelque chose qu’on leur doit, la reconnaissance de la Nation », estime Céline Noblet. « Les Invalides, c’est un haut lieu de mémoire, cet hommage fait entrer les soldats dans l’histoire de France », souligne Dominique Jacq. Ces quelques jours sont aussi épuisants, pour les familles.
Le plus dur, c’était de voir le cercueil revenir trop souvent : aux Invalides, à Angers avec ses frères d’armes, puis dans notre patelin. Trois fois de suite.Pascal Barbéà franceinfo
« Ce qui est perturbant, c’est que la mort du soldat ne vous appartient pas, relève Dominique Jacq, c’est un fait d’actualité. Une fois que les obsèques privées se sont déroulées, le soufflé retombe et alors sa mort vous appartient ». Il ajoute : « C’est là qu’il faut être fort. »
Entretenir la mémoire du disparu
Chacun se réfugie où il le peut. Céline pratique l’EMDR, une méthode de psychothérapie, de plus en plus fréquente pour traiter le stress post-traumatique. « Pendant les six premiers mois, je tournais en boucle, avec des images dans la tête, puisqu’on n’a pas vu le lieu où il est mort, je ne pouvais pas non plus voir un uniforme, raconte la jeune femme. J’ai pratiqué cette technique pendant deux ou trois mois, cela a été violent, mais ça m’a permis d’arrêter de ressasser. » Marie-Christine Jaillet a trouvé, elle, un appui certain dans son travail et auprès de sa famille.
Pour toutes et tous, l’aide du régiment auquel appartenait leur proche a aussi été fondamentale. « Je me suis beaucoup rapprochée de ses camarades et de son chef de corps », raconte Dominique Jacq. « Je suis de la génération post-soixante-huitarde, de gauche, confie Marie-Christine Jaillet. Je me suis rendu compte de mes préjugés et j’ai révisé mon jugement, j’ai découvert la force d’une fraternité, ça m’a bouleversée. » Cette dernière trouve aussi, comme les autres parents, un réconfort certain, en voyant le nom de son fils fleurir dans des lieux symboliques : « Son nom est inscrit dans une rue de Toulouse où il a vécu, sur le monument aux morts de notre petit village du Lot, sur la base d’Orléans… »
Chaque année, les familles sont invitées aux commémorations du 11-Novembre et du 14-Juillet, mais aussi à un séminaire qui leur est réservé par l’armée. En entretenant la mémoire de leur enfant, frère ou époux mort au combat, ces familles trouvent un sens à la perte de leur proche. « Il faut témoigner, il faut parler », insiste Dominique Jacq.
C’est un devoir de mémoire, ne rien dire, c’est oublier. C’est un mort pour la France, il faut que la jeune génération sache ce que c’est.Dominique Jacqà franceinfo
Puiser dans le souvenir du disparu, aussi, pour continuer à avancer. Damien Noblet avait laissé des lettres à ses proches, dans l’hypothèse où il viendrait à mourir en mission. « Je me suis accrochée à une phrase qu’il disait dans sa lettre : ‘La vie continue’, dévoile Céline Noblet. Il voulait aussi cette formule comme épitaphe : ‘Liberté, égalité, fraternité, je suis mort pour ces mots, adieu les amis’. » Dominique Jacq a, lui, souhaité rester « debout, digne ». « Je reste fidèle à son engagement, cela m’aide à prolonger ce que mon fils a entamé », livre-t-il. « Son histoire ne s’est pas arrêtée le jour de son décès. »
Selon le classement d’Eurostat, la France se classe juste derrière l’Italie et la Grèce pour les dépenses de retraite rapportées au PIB.
Sans les réformes engagées depuis 1993, notre pays se situerait au premier rang. Ces réformes permettront d’économiser près de 6 points de PIB d’ici 2040. L’ensemble des pays européens ont mis en œuvre des réformes visant à stabiliser voire diminuer le poids des dépenses de retraite. Trois pays ont mené des réformes systémiques, la Suède, l’Allemagne et l’Italie. Toutes ont joué sur l’âge de départ à la retraite.
La France est, avec la Grèce, le pays ayant le pays le plus faible âge légal de départ à la retraite. La moyenne se situe à 65 ans. Plusieurs pays ont prévu de le porter à 67 ans dans les prochaines années (Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Espagne). Le Danemark a décidé de porter progressivement l’âge de départ à la retraite à 68 ans d’ici 2030. En revanche, deux pays européens ont préféré abandonner leur programme de report de l’âge de départ, la République Tchèque qui a décidé de maintenir la retraite à 65 ans et la Pologne qui a opté pour un retour de la retraite à 65 ans pour les hommes et à 60 ans pour les femmes. L’âge de départ était prévu pour atteindre dans les prochaines années 67 ans.
Plusieurs pays ont lié l’âge de départ à la retraite à l’espérance de vie. C’est le cas du Danemark, de la Finlande, de l’Italie, des Pays-Bas, du Portugal et de la République Slovaque.
La Côte d’Azur à nouveau endeuillée. Une semaine après le précédent épisode méditerranéen qui avait fait six morts fin novembre, de nouvelles inondations ont fait des victimes ce week-end dans le Var et les Alpes-Maritimes.
Deux morts ont ainsi été emportés par les eaux et trois secouristes sont décédés alors qu’ils partaient en hélicoptère à l’aide des sinistrés ce dimanche dans le Var. En un peu plus d’une semaine, onze personnes sont mortes dans le Sud-Est de la France lors des épisodes méditerranéens successifs qui ont engendré une alerte rouge de Météo France.
Une enquête sur les circonstances exactes du drame
Les trois occupants d’un hélicoptère de la Sécurité civile partis porter secours à des habitants touchés par les intempéries dans le département du Var ont été retrouvés morts près de Marseille, dans une zone qui n’était pas placée en alerte rouge météo, dans la nuit de dimanche à lundi, a indiqué le ministère de l’Intérieur.
« Alors que leur hélicoptère EC145 de la Sécurité civile se dirigeait vers Le Luc-Le Cannet (Var) afin d’assurer une mission de reconnaissance et de sauvetage, les liaisons radios et radar ont été rompues », indique le ministère
Un hélicoptère de la sécurité civile a disparu cette nuit et emporté avec lui 3 de nos héros du quotidien, engagés dans le sud du pays.
Avec une infinie tristesse, j’adresse le soutien de la Nation tout entière à leurs familles et leurs camarades.
Ce drame nous bouleverse tous. (Twitter officiel)
« Malgré l’engagement d’importants moyens de recherche […], les trois occupants de l’hélicoptère ont été retrouvés décédés à 1h30 du matin » près de la commune du Rove, dans la région de Marseille, ont expliqué dans un communiqué le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et son secrétaire d’Etat Laurent Nuñez en rendant hommage aux secouristes. Une enquête devra établir les circonstances exactes du drame.
Quelques heures plus tôt, les fortes pluies qui se sont abattues dimanche soir ont donc aussi fait deux morts dans le Var, selon la préfecture de ce département.
A Fréjus, le propriétaire d’une pension de chevaux sorti pour veiller sur ses animaux a été emporté par les eaux. Dans la commune de Saint-Paul-en-Forêt, un berger apparemment parti dans la nuit pour faire rentrer ses bêtes, a lui été emporté dans son 4×4, alors qu’il tentait de franchir un gué. Son corps a été retrouvé dans son véhicule, encastrée contre un arbre, 300 m en aval de là où il avait été vu pour la dernière fois.
Il y a quelques temps, Trump effrayait son monde en annonçant que l’Iran pouvait être détruit. Depuis, les dirigeants iraniens ont attaqué des navires dans le golfe, puis, testant toujours plus loin les lignes rouges, abattu un drone américain, attaqué les installations pétrolières saoudiennes, bloquant un quart de la production. Parallèlement, les Iraniens ont accru l’enrichissement de l’uranium, la faisabilité de la production d’une bombe devant une question de temps. La passivité américaine -et européenne, la France ayant voulu faire croire un moment qu’elle pouvait être médiatrice, elle a vite été rabrouée- s’est illustrée plus intensément encore avec le retrait des troupes américaines de Syrie.
Curieusement, ce désengagement survient alors que les peuples contestent le pouvoir religieux, notamment dans l’arc chiite. En Iran, les répressions ont fait plus de 300 morts. Comme en Irak. On imagine la violence des arrestations et des pressions. Au Liban, la rue dénonce les accords politico-religieux. Les Chiites refusent d’être enfermés dans une représentation religieuse, ce qui menace ces régimes plus encore que la crise économique : le système politique fondé sur la religion est délégitimé.
En Israël, les partis religieux, qui ont participé à tous les gouvernements depuis des décennies, sont eux aussi contestés. C’est ce qui rend le pays ingouvernable. Or Israël est en guerre. Vu d’Israël, la menace s’accentue sur trois fronts : au nord, le Hezbollah, et ses 140.000 roquettes. Au sud, à Gaza, le Hamas et les milices islamiques, avec leurs 20.000 roquettes. En Syrie, les Syriens et surtout les Iraniens. Ces derniers ont prouvé, avec leurs attaques contre les Saoudiens (25 drones et missiles de croisière en simultanée, ce dont on croyait les Iraniens incapables) qu’ils peuvent lancer une attaque sur Israël. Les Israéliens sont maintenant persuadés que les Américains ne réagiront pas, ou trop tard. Et que les Européens seront, au mieux, absents, car s’ils devaient être présents, ce serait pour céder aux Iraniens.
Attaques et menaces sur trois fronts
Les Israéliens considèrent qu’ils ne peuvent pas attendre les attaques iraniennes, encore moins que l’Iran ait la Bombe. Quoique disent les Iraniens, qui ont annoncé pouvoir détruire Israël en trois jours, les Israéliens gardent l’avantage militaire. Pour l’emporter vraiment, ils préconisent un engagement fort et radical, sur les trois fronts en même temps. C’est le plan qu’a soumis le chef d’Etat major de Tsahal aux deux personnalités issues des élections, Benyamin Netanyahou, et Benny Gantz. Les deux l’ont accepté. Les opérations militaires ont donc monté en puissance, à Gaza, en Syrie, et même au Liban. Les Russes sont avertis.
Ce que chacun attend, c’est un raid qui tourne mal. Aussi bien les Iraniens que les Israéliens. Pour les Iraniens, le Hezbollah, le Hamas, les Syriens, ce serait le moyen de refaire l’Union sacrée contre les Israéliens, prendre de court l’alliance de fait entre l’Arabie saoudite et Israël, entériner la défaite américaine. Car le calcul iranien est plus fondamental que tactique : une défaite militaire (la destruction des sites d’enrichissement ou de missiles) ne changera pas leur position stratégique. Ils resteront les défenseurs du monde musulman, plus et mieux que les Saoudiens. Or c’est cette bataille là qui les intéresse. Et un conflit les renforcerait, au Liban, à Gaza, et en Syrie.
Les gouvernements fragiles attendent la guerre
Sauf si Israël réussit la totalité du plan élaboré par Tsahal : 1. Détruire les capacités iraniennes. 2. Reprendre le contrôle de Gaza, éradiquer les milices djihadistes et le Hamas. 3. Neutraliser le Hezbollah en s’appuyant sur un accord avec le Liban. Les Israéliens et les Libanais n’ont aucune raison de fond pour maintenir une frontière fermée et un conflit sans enjeu. Mais la frontière est tenue par le Hezbollah. Seule l’élimination du Hezbollah libérerait le Liban.
Une guerre rapide sur les trois fronts permettrait aux Sunnites de reprendre le contrôle de Beyrouth, – et de Gaza. Alors un accord avec les Jordaniens, l’Arabie saoudite et l’Egypte reprendrait sens. Voire avec la Syrie et les Russes.
Mais il faut pour cela plus qu’une victoire militaire. Il faut une politique, et un gouvernement. Et Israël n’en a pas.
Normalement cela rend la guerre impossible. Aujourd’hui, cela peut être une raison de déclencher les hostilités. Netanyahou, mis en accusation, est encore Premier ministre. S’il n’a pas le temps de suivre les opérations, empêtrés qu’il est dans la politicaillerie électorale et judiciaire, il peut jouer le tout pour le tout en risquant une guerre ouverte. Ce serait le moyen pour lui d’éviter la défaite. Comme toujours, les décisions stratégiques dépendent des situations locales : les gouvernements fragiles, en Iran, en Iran, en Syrie, en Israël, ont besoin d’une guerre.
Tout est prêt.
Le chef d’Etat major israélien devient donc l’homme le plus important du Moyen-Orient. Il s’appelle Aviv Kokhavi. Travailliste dans sa jeunesse, nommé par Netanyahou, successeur de Beny Gantz, et vegan. Son plan s’appelle Momentum, il a été approuvé, la Knesset a voté en urgence des crédits supplémentaires. Aviv Kokhavi a rencontré cette semaine le Chef d’Etat major des Armées Américaines, Mark Milley. C’est seulement la deuxième fois que le plus haut gradé américain se rend en Israël. La dernière fois, c’était le prédécesseur de Mac Kenzie, le général Votel, il y a sept mois. Il y a un mois, Kokhavi a reçu le chef de l’US Air Force. La Défense Intelligence Agencyvient de publier il y a quelques jours un rapport sur la force militaire iranienne et ses dangers, qui présente l’Iran comme la première puissance en termes de missiles balistiques du Moyen–Orient. Comme si les militaires américains voulaient légitimer un inévitable conflit. Tout est donc prêt.
Que peut-il se passer ? Le plan prévoit des frappes contre les sites iraniens, en Iran comme en Syrie, et des interventions contre le Hamas et le Hezbollah. Le but est de détruire définitivement les menaces qu’ils représentent, ce qui suppose d’entrer dans Gaza et au Liban pour détruire les réserves de roquette. Le but de Momentumest de frapper très fort pour éviter une prolongation du conflit : Plus le conflit sera long, plus les victimes seront nombreuses, plus le coût sera élevé.
Ce n’est pas la première fois qu’Israël laisse entendre qu’il va attaquer l’Iran. Ni la première fois qu’Israël lance des opérations militaires contre le Hezbollah, le Hamas et l’Iran. C’est la première fois que les Américains ont trop perdu de crédit pour empêcher les Israéliens d’agir. C’est aussi la première fois que le gouvernement israélien est si faible, le gouvernement iranien si contesté. Et la menace de construction d’une bombe si avancée.
Ceux qui sont pour la paix ? Les Européens sont hors jeu. Les Russes aussi : ils ont bombardé des milices pro-turques qui attaquaient leurs alliés syriens. Ils veulent surtout éviter de s’impliquer dans un tel conflit, car ils savent qu’ils ne pourraient qu’y perdre.
Provocations iraniennes et initiative israélienne, toutes les conditions sont réunies pour que la guerre d’Iran ait lieu.
Sauf que : Les Israéliens sont des légalistes. Il n’est pas sûr que Tsahal enclenche une opération sans gouvernement légitimé par les urnes. Et puis, l’effet de surprise est déjà inopérant. Enfin, comme le disait Chirac, « la guerre, c’est toujours un ultime recours, un constat d’échec, la pire des solutions ».
Mais la guerre a déjà lieu tous les jours, en « basse intensité ». La question est de savoir si le déclenchement d’une guerre directe sur trois fronts simultanés serait une bonne ou une mauvaise nouvelle, pour Israël, le Moyen Orient, et accessoirement pour nous, Européens.
Or la réponse est, tristement : vraisemblablement. Les guerres qui durent sont les pires. Peut-être Israël pourrait-il vaincre l’Iran, le Hezbollah et le Hamas. Peut-être cela provoquerait-il une nouvelle donne au Moyen-Orient, au Liban, en Syrie, en Irak, en Jordanie, au Yémen, en Iran. Bien sûr, tout le monde dénoncera Israël et dira que la guerre est horrible. Mais Israël fera ce que les Américains, Européens, Egyptiens et Saoudiens ont été incapables de faire : détruire des organisations terroristes, empêcher l’Iran de nuire, notamment avec la « Bombe ».
Avec un programme atomique, une capacité balistique, des relais en Syrie, Yémen, Liban, Irak et Syrie, Gaza, Palestine, personne ne peut ignorer la menace des Ayatollahs.
Cela mérite qu’on s’interroge sur nos intérêts, nos responsabilités et notre propre engagement. Et si Israël était, dans la région, le meilleur allié possible ? On ne peut pas le dire. Pour une raison simple : il n’est pas sûr qu’Israël gagne. Il avait échoué face au Hezbollah, le renforçant par cet échec. Les dirigeants iraniens, comme ceux du Hamas ou du Hezbollah, ont prouvé qu’ils étaient prêts à sacrifier des milliers de vies pour rester au pouvoir et incarner la « Résistance à l’Occident ». C’est ce piège que dénoncent les manifestants de Téhéran, de Bagdad et de Beyrouth.
De Ron Dermer, Ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis: « Si l’Iran ne quitte pas la Syrie, les chances d’une confrontation militaire augmenteront. Je ne parle pas d’année ou de mois, je vous parle de semaines. » L’Iran estime que rien ne lui fera quitter la Syrie. L’Iran encourage le Djihad islamique à tirer des roquettes. L’Iran est persuadé qu’une attaque d’Israël échouerait sinon militairement, en tout cas politiquement. Faut-il une guerre pour mettre fin à la guerre ? Ou ne serait-elle qu’un épisode dans les longs conflits du Moyen–Orient ?
Momentum, « c’est le moment », semble indiquer le nom du plan de l’Etat-major israélien. Message qui signifie qu’après il sera trop tard. Si c’est vrai, c’est grave. Si c’est vrai et qu’une attaque échoue, ce serait encore plus grave. Si c’est faux, une attaque réussie ou non n’aurait pas d’importance. Sauf pour ceux qui seront sous les bombes.