Brexit: les Français du Royaume-Uni entre inquiétude et attente

David Lusseau élu des Français d'Ecosse

Le Brexit aurait dû avoir lieu ce 31 octobre. Ce ne sera pas le cas. Le feuilleton, sans fin, déconcerte et ils sont peu encore à pouvoir prétendre y comprendre quelque chose.

L'opposition "officielle", le parti travailliste et comme les désignent les règles de Westminster concernant le principal parti d'opposition, a accepté ce que Boris Johnson demandait depuis des jours: une nouvelle élection. Elle aura lieu le 12 décembre prochain.

Comme nous l'a indiqué David Lusseau, élu consulaire sur la liste "Français d'Ecosse, "les conservateurs sont très unis, et en face les autres partis vont s'opposer les uns aux autres". Le système électoral britannique, par circonscription et à un seul tour, devrait favoriser les grandes formations, conservateurs en tête en Angleterre et au Pays de Galles et alors que les indépendantistes du Scottish National Party pourraient à nouveau raffler la mise en Ecosse. C'est en tout cas ce que les sondages, à 42 jours du scrutin, prédisent?

" les gens en ont marre du Brexit, ils ne comprennent plus rien" - Marie-Claire Sparrow, élue consulaire

Les Français du Royaume-Uni inquiets mais dans l'attente

La très importante communauté française du Royaume-Uni, 150 000 inscrits aux consulats de Londres et Edimbourg et sans doute au moins le double en réalité, est inquiète. Les conseillers consulaires Lusseau, Fournier, et Sparrow que nous avons consulté sont d'accords sur ce point.

Marie-Claire Sparrow, élue au Royaume-Uni

Pour Marie-Claire Sparrow, élue consulaire, " les gens en ont marre du Brexit, ils ne comprennent plus rien". Beaucoup de Français du Royaume-Uni semblent paniqués par ce qui se passe. Beaucoup, cependant, ne prennent pas la mesure de ce qui peut se passer.

Les consulats et l'Ambassade invitent très fortement les citoyens français à s'enregistrer. 70 000 auraient fait la démarche pour un visa permanent. Combien attendent encore?

Si les demandes de résidence sont en baisse, la panique n'est pas générale. Beaucoup attendent.

Frédéric Fournier, élu consulaire, nous a confié: "il y a une angoisse générale, certains sont partis, d'autres pensent le faire".

Il témoigne: "une de mes amies a vécu 30 ans au Royaume-Uni et a demandé sa naturalisation, d'autres ne voient pas cela envisageable". M. Fournier aurait aimé que la période de transition envisagée par l'UE et son représentant Michel Barnier soit plus longue.

Les consulats impliqués

Frédéric Fournier élu consulaire

Les différents interlocuteurs que nous avons contacté, de droite, de gauche et indépendants, sont tous formels: les consulats de Londres et d'Edimbourgh sont pleinement mobilisés en vue de l'échéance. Mais le pays est très divisé. Comme cela nous a été témoigné, l'Ecosse, qui bénéficie en la matière de prérogatives, a annoncé des droits en matière de santé bien plus généreux pour les non-résidents que le reste du pays. Une Manière de mettre en avant l'attachement à l'Europe de l'Ecosse et laisser flotter un parfum d'indépendance.

Pour Mme Sparrow, les choses sont claires: ' personne ne comprend plus rien mais c'est parce que tout est vague".

La présence française au Royaume-Uni est toujours en croissance mais les conditions de résidence sont de plus en plus complexes. Quelles seront les règles demain?  Comment appliquer les critères de résidence? Tant de questions que se posent les Français de Grande Bretagne

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