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  • Fiscalité : le Conseil d’Etat ne donne pas raison aux « Américains accidentels »

    La déception fut sans doute grande pour l’association des « Américains accidentels », ces Français nés aux Etats-Unis et qui sont par conséquent considérés par Oncle Sam comme ses compatriotes ayant de jure la double nationalité, en effet, le Conseil d’Etat a rejeté le 19 juillet 2019 le recours engagé qui visait à ne pas appliquer en France les règles fiscales américaines liées au Foreign account tax compliance act, le FATCA, un mécanisme qui permet au fisc américain de bénéficier d’échanges automatiques d’informations concernant les citoyens américains à l’étranger.

    Le droit du sol est en effet appliqué de manière particulièrement stricte aux Etats-Unis et il est très compliqué de renier sa nationalité américaine. Or les Etats-Unis considèrent que le FATCA s’applique partout dans le monde à ses citoyens. Plusieurs conséquences fâcheuses pour les « Américains accidentels », de très nombreux problèmes administratifs et bancaires, une absence de garanties pour la protection des données personnelles, et surtout des réclamations du fisc américain sur des arriérés d’impôts parfois considérables pour des personnes qui, souvent, n’ont jamais travaillé aux Etats-Unis.

    La Commission européenne saisie

    « une occasion de résistance manquée face à l’extraterritorialité du droit américain »

    L’association a annoncé son souhait de saisir la Commission européenne « d’une plainte pour manquement au droit de l’Union«  dans un communiqué ou elle regrette que le Conseil d’Etat n’ait pas interrogé la Cour de justice de l’Union européenne sur cette question.

    Autre point de regret pour l’association, « une occasion de résistance manquée face à l’extraterritorialité du droit américain » lors de cette décision du Conseil d’Etat.

    Le FATCA est en effet un exemple quasi caricatural de l’extraterritorialité, ce concept américain selon lequel le droit américain s’applique aussi dans les pays tiers. Cela semble d’autant plus choquant en l’occurrence que cela concerne des personnes qui ne sont bien souvent que des Américains « sur le papier », n’ayant en général aucun véritable lien avec l’Amérique.

    Nul doute que cette histoire, qui concerne de très nombreuses personnes à travers le monde, est loin d’être terminée…

  • Mehdi, la mutawa et le short…

    Mehdi est français d’origine syrienne, et c’est un de mes meilleurs amis ici. Avec son épouse Caroline et ses deux enfants, on passe nos weekends les uns chez les autres et nous nous apprécions énormément.

    Mehdi est quasiment né en Arabie et y a passé son enfance, puis son adolescence en France puis retour en Arabie pour travailler dans l’entreprise familiale de logistique. Il ne parle pas, ou très mal l’arabe et n’a qu’un défaut: il supporte le PSG.

    Ces dernières années, ils vivaient à Bahreïn et lui traversait le pont pour bosser quotidiennement dans la branche de Damam de son entreprise.

    Oui, mais là, il devient patron de sa société et tout le monde doit déménager à Jeddah. Je ne vous cache pas que ça ne nous arrange pas et que cela nous rend un peu tristes. Pour compenser, on a récupéré toutes leurs bouteilles d’alcool…

    Quand j’ai des conseils à demander sur l’Arabie Saoudite que je n’ose pas demander aux étudiants, c’est à Mehdi que je demande, parce qu’il maitrise les deux cultures, c’est un des rares qui les maitrise à ce point d’ailleurs. En fait, il y a des tonnes de choses qui nous choquent nous, mais qui paraissent normales aux saoudiens et avoir quelqu’un qui comprenne cela est très important pour appréhender la culture d’un pays.

    Donc, ces derniers temps, ils se sont préparés pour déménager et forcément, on multiplie les moments ensemble.

    Il se trouve que je n’arrive jamais à évoquer le sujet de la police de la répression du vice et de la promotion de la vertu aux étudiants. Vous savez, c’est la fameuse police religieuse qui effrayait tout le monde en Arabie et qui s’appelait la Mutawa.

    « une réglementation qui date de Juin 2019 supprime l’obligation du voile et de l’abaya »

    Cela faisait déjà plusieurs années que cette police avait vu ses pouvoirs et ses effectifs considérablement réduits, notamment par le Roi Abdallah, puis le Roi Salmane, le tout parachevé par le quasi roi MBS. Mais je n’osais pas trop demander.

    Donc non seulement ils ne peuvent plus faire grand chose, notamment vis à vis des femmes, mais même leur nom a changé. Ils s’appellent désormais, unité du bien être ou un truc dans le genre et sont plus ou moins inutiles.

    Par ailleurs, j’ai demandé si Caroline, la femme de Mehdi, allait mettre une abaya, et bien figurez vous qu’une réglementation qui date de Juin 2019 supprime l’obligation du voile et de l’abaya (tissu recouvrant les vêtements) pour les femmes.

    Ce n’est qu’une loi et on n’est pas encore arrivé dans les faits me direz-vous? Mehdi était avec son père au resto à Jeddah la semaine dernière et me dit qu’il y avait 90 % de femmes saoudiennes dans l’établissement et qu’une sur deux à peine était voilée, ces deux vieux routards de l’Arabie en étaient eux mêmes surpris. Je ne peux que confirmer, mais mes impressions ne concernent que la province Est, et ne sont que parcellaires.

    De même, cette nouvelle loi met fin à une profonde injustice puisqu’elle interdit les vêtements indécents dont… le short pour les hommes! Oui, pour la première fois, les hommes se voient imposer des restrictions vestimentaires et ce crime contre le mauvais gout est désormais puni (l’idée du mauvais gout est de moi).

    En fait, je ne comprenais pas l’esprit de cette loi et Mehdi me l’a donc expliqué. Il s’agit de mettre fin à l’injustice qui vise à croiser un peu partout des femmes bâchées à coté de leurs maris en short et t-shirt. Donc dorénavant, les femmes peuvent ne pas être bâchées MAIS les hommes n’ont pas le droit d’être en short.

    Vu de notre œil d’occidentaux, on se dit que c’est tordu, mais il parait que l’esprit a très bien été compris localement (ça, pour le coup, je demanderai).

    Une police religieuse qui disparait (et qui n’avait plus de pouvoirs de toute façon) et un code vestimentaire qui allège la femmes et alourdit les hommes, ça bouge doucement… mais ça bouge…

     

    Arnaud Lacheret, docteur en science politique, chercheur associé au laboratoire Pacte/Sciences Po Grenoble, a notamment mené une carrière de collaborateur d’élus locaux et nationaux pendant 12 ans en alternance (et parfois en parallèle) avec une carrière d’enseignant-chercheur.

    Il est actuellement directeur de la French Arabian Business School, département de l’Arabian Gulf University située au Bahreïn au cœur du Golfe Arabo-Persique.
  • La Victoire du Maghreb uni ! l’Algérie gagne la CAN – La France heureuse

    Sur les deux rives de la Méditerranée, une même joie.

    A l’heure où le coup de sifflet final a retenti sur la pelouse du stade international du Caire, vendredi 19 juillet, sacrant les Fennecs champions d’Afrique, les villes de France ont elles aussi exulté, à l’unisson d’Alger. Le titre de vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), décroché par l’Algérie pour la deuxième fois de son histoire (après celle de 1990) au détriment de la sélection sénégalaise et au terme d’un match tendu, crispé, fermé (1-0), a été largement fêté. En Algérie. Mais aussi dans l’Hexagone, où 6,3 % de la population est née au Maghreb ou a un parent qui en est originaire.

    A Marseille, la cité la plus algérienne de France… Le flot des supporteurs sortis célébrer le sacre continental a continué à enfler bien après la fin du match. Ils ont convergé par vagues successives vers le Vieux-Port dans une ambiance survoltée. Exaltés depuis le but inscrit en tout début de rencontre, ivres de joie, de chants et des effluves de fumigènes qui ont teinté la nuit en rouge, ils ont remonté, au rythme des derboukas et des « One, two, three, viva l’Algérie » vers le carrefour de la Canebière, épicentre de la fête.

    A Alger, les mots suffisaient à peine pour narrer la joie de ce sacre. « Dantesque », « dément », « extraordinaire »… Cette coupe semble redonner espoir au mouvement démocratique qui s’enlisait après son vingt-et-unième vendredi de protestation dans les rues, sans aboutir vraiment à instaurer une sortie par le haut avec une organisation d’élections acceptables.

    Au Caire, ça déborde de supporteurs algériens. Ils sont partout. A siroter un jus de mangue près du Nil, à tourner en rond place Tahrir, à fumer une chicha dans un café ou à faire des emplettes à Khan Al-Khalili, le vieux bazar de la capitale, où les commerçants ne peuvent s’empêcher de leur lancer un complice « One, two, three, viva l’Algérie ».

    Après l’élimination précoce de leur équipe nationale en huitièmes de finale, les Egyptiens sont nombreux à avoir choisi d’encourager les Fennecs. « Nous sommes des Arabes, nous sommes des frères », assure même un vendeur de souvenirs du souk. « C’est la meilleure équipe. C’est un très beau football », souligne un autre commerçant au correspondant AFP.

    Quoi qu’il en soit, un sentiment de fraternité souffle en Afrique du Nord et au sein des populations immigrées lors de cette Coupe d’Afrique des nations (CAN). Et deux autres pays sont à fond derrière l’Algérie : la Tunisie et le Maroc (éliminé en huitièmes). « C’est Maghreb United !, se réjouit Sofiane 28 ans, étudiant à Alger.

     

  • Les anciens élèves célèbres des Lycées français de l’étranger – Episode 1/2

    Le réseau éducatif français à l’étranger est unique. Des centaines d’établissements dans des dizaines de pays, ce sont souvent des lycées d’excellence tant au niveau des épreuves françaises qu’internationales. Beaucoup de célébrités françaises et étrangères sont passées par ce réseau. Nous vous proposons dans cet article de parler de nos compatriotes avant dans un second article d’évoquer celles et ceux qui, à l’international et venant de l’étranger, ont brillé.

    Charlotte de Turckheim et Alexandre Holroyd, anciens du prestigieux lycée de Londres

    Arielle Dombasle, ancienne élève du Lycée franco-mexicain de Mexico

    L’une des comédiennes préférées des Français, Charlotte de Turckheim est une ancienne élève du prestigieux Lycée Charles De Gaulle à Londres. Est également un ancien élève l’actuel député des Français d’Europe du Nord, incluant le Royaume-Uni, Alexandre Holroyd. Cet établissement, réputé, accueille chaque année des milliers d’élèves et prépare aux concours d’excellence, tant français qu’internationaux.

    Arielle Dombasle, la célèbre actrice chanteuse et danseuse, est une ancienne élève du Lycée franco-mexicain de Mexico. Elle raconte régulièrement, dans une célèbre émission de la station RTL, sa vie dans la capitale mexicaine.

    Dominique de Villepin, ancien élève du Lycée français de New York

    Parmi les anciens du Lycée Français de New York, citons Dominique de Villepin, ancien Premier Ministre, qui y fit ses classes.

    Un réseau unique

    Le réseau français est unique. Le Lycée Jean Monnet de Bruxelles a notamment accueilli Françoise Nyssen, ancienne ministre de la culture, Nicolas Demorand célèbre journaliste, ainsi que Nicolas Sirkis, légendaire membre du groupe Indochine ainsi qu’Agnès Varda, légende du cinéma.

  • Libre-échange, chance des peuples

    Tomate et orange, saveurs de Méditerranée. Erreur : l’une vient d’Amérique, l’autre de Chine, via la Perse et les Arabes. Avant le 15ème siècle et la première mondialisation, des inconnues en Europe. Comme le maïs et la pomme de terre, sans lesquels les Européens n’auraient pu se nourrir. Bientôt 10 milliards d’êtres humains. Nous en sommes à la troisième, quatrième révolution verte. Plus il y a d’humains, moins il y a de famines, plus l’agriculture fait des miracles. Miracles ?  Non, rationalité économique, celle des échanges. C’est vrai pour les marchés agricoles comme pour l’industrie et les services.

    On comprend que les constructeurs automobiles américains se plaignent des fabricants coréens, japonais, allemands : leurs voitures sont meilleures et moins chères. Nos éleveurs sont-ils dans le même cas ? La viande française est-elle moins bonne et plus chère que la viande argentine ? Si oui, pourquoi en priver les Français ? Et les faire payer deux fois ? Une fois par un prix trop élevé, une autre fois par l’impôt. On répondra que ce n’est pas si simple. C’est vrai : d’où les quotas, les arbitrages, les reconnaissances d’appellation, et la standardisation des normes, pour lisser et rendre équitables ou équilibrés les échanges. Mais dans le fond, la logique reste la même : Les barrières économiques ne profitent qu’aux contrebandiers et aux douaniers. Les autres, producteurs et consommateurs, paient. La théorie économique le démontre, les exemples historiques le prouvent.

    Le Parlement français a repoussé d’une semaine le vote de l’accord CETA, celui signé entre le Canada et l’Union européenne. Celui-ci est déjà entré en vigueur, à titre d’essai, et produit déjà ses effets. Notamment pour la France.  Ils sont positifs, y compris pour l’agriculture français.

    Comme le sera l’accord avec le Mercosur. Bien sûr il faudra s’adapter. Il faudra produire autrement. Tant mieux. L’agriculture française, qui était la première en Europe, ne l’est plus. Alors qu’elle a connu une bonne année de production, elle a été commercialement déficitaire avec les autres pays de l’UE pour la première fois de son histoire. Il est urgent de la réveiller plutôt que de la plaindre. Et il serait absurde de sacrifier nos capacités économiques pour certains produits agricoles. L’avenir de la France n’est pas dans l’agriculture d’hier.

    L’Afrique vient de s’engager dans un vaste accord de libre échange, qui rassemble la quasi-totalité des Etats africains. Les Américains font des offres au Japon et au Royaume-Uni post Brexit, voyant dans les accords commerciaux des alliances. Parce que le libre échange offre des nouvelles opportunités pour les producteurs, et augmente le pouvoir d’achat des consommateurs. Si vous payez moins chère votre chemise, l’argent que vous économisez vous permettra d’acheter autre chose, ou d’épargner et d’investir ailleurs. Les barrières commerciales préservent un temps les producteurs en retard par rapport à leurs concurrents, mais c’est au détriment des consommateurs et de l’économie générale du pays. Quant aux dégâts écologiques, ils sont avant tout idéologiques.

    Les Romains faisaient déjà venir leur blé de Carthage car le voyage en mer était plus sûr, moins onéreux que le convoi par voie de terre. Au delà de cinquante kilomètres, vive la mer. Quand l’Afrique du nord romaine tomba, l’Empire s’écroula. Et l’agriculture de ce qui est aujourd’hui, le Maghreb aussi. Veut-on laisser l’Afrique, l’Amérique du sud dans la misère ? croit-on que la préservation des ressources est compatible avec la pauvreté ? N’est-on pas plus « écologue » dans les pays nordiques, riches et bien chauffés, qu’en Asie du sud-est ou dans le golfe du Bénin ? Quand on n’a pas accès à l’eau, on est prêt à traverser les continents à pied ou à la nage, on se moque de la pollution et des sacs plastiques. Seul le développement économique au Brésil, au Paraguay, en Argentine assurera un développement durable. Parce que dans développement durable, il y a développement. Et il n’y a pas de développement possible pour les pauvres sans accès aux marchés des pays riches. Idem pour l’Afrique.

    Et pour l’Europe. Car si l’Europe est riche par rapport aux autres, elle est pauvre par rapport à ce qu’elle pourrait être. Comme la France. Personne n’est capable de fabriquer tout seul un simple crayon. Il faut du bois, des machines pour le couper, le trouer ; il faut du plomb, des machines pour l’extraire, le purifier, le transporter, le fondre, l’insérer dans le bois. Un simple crayon nécessite des échanges incalculables. Elevez des barrières, ne resteront que les champions, les cartels, les multinationales. Baissez les barrières, circulerons les marchandises, les idées, et les lois qui vont avec.

    Et en plus, vous paierez moins. Vous investirez dans ce que vous savez faire de mieux. Dans des produits d’avenir. Voilà pourquoi le libre échange est toujours à l’avantage des peuples.

    Mais pas forcément à l’avantage des Etats qui perçoivent les taxes, octroient quotas et privilèges. Il n’est donc pas à l’avantage des dirigeants qui y voient une diminution de leur pouvoir. Raison de plus pour l’encourager. Car il est rare que le pouvoir ait le même intérêt que le quidam, consommateur, producteur, travailleur ou citoyen.

    Quand vous entendrez quelqu’un vanter le protectionnisme, sortez les tomates – ou proposez une orange. L’échange, toujours l’échange.

    Laurent Dominati 

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

  • Le retour du Roi Lion au cinéma

    Le Roi est de retour ! Disney continue sur sa lancée lucrative de réadapter en « life » (plus ou moins life)  sa librairie de films d’animation. Après notamment « Dumbo » et « Aladdin », c’est au tour du roi de la savane, le Hamlet version Disney, de revenir transformé sur nos grands écrans.

    Le retour d’un hit de Disney

    Pour les distraits, petit rappel : au fond de la savane africaine, tous les animaux célèbrent la naissance de Simba, leur futur roi. Les mois passent. Simba idolâtre son père, le roi Mufasa, qui prend à coeur de lui faire comprendre les enjeux de sa royale destinée. Mais tout le monde ne semble pas de cet avis. Scar, le frère de Mufasa, l’ancien héritier du trône, a ses propres ambitions. La bataille pour la prise de contrôle de la Terre des Lions est ravagée par la trahison, la tragédie et le drame, ce qui finit par entraîner l’exil de Simba. Avec l’aide de deux nouveaux amis, Timon et Pumbaa, le jeune lion va devoir grandir et reprendre ce qui lui revient de droit (on ne se pose guère la question de savoir comment on devient chef, par élection ou par le sang, ça cela sort du format Disney !)

    Des voix talentueuses, des effets spéciaux époustouflants

    Donald Glover, la voix de Simba dans la VO

    Jon Favreau (« Iron Man », « Le livre de la jungle”) continue de travailler pour Disney après sa version hyper réaliste du « livre de la jungle (2016) » à ne pas confondre avec « Mowgli » de Netflix. Le voila aux manettes d’un des plus grands classiques de la galaxie Disney. Ce que l’on admire surtout dans ce « produit », c’est l’habileté technique et la beauté des images. On se croirait dans un documentaire du « National Geographic » tellement c’est réaliste. Le paysage jusqu’au moindre détail est refait à la perfection. Mais cette « perfection » technique marque aussi la limite de l’exercice. Difficile de ressentir l’émotion sur des visages d’animaux « réels ». L’émotion humaine est autrement  plus facile à reproduire sur des personnages dessinés où les sentiments, l’expression du rire , du sarcasme ou de la tristesse sont plus aisément rendus à l’écran.

    Les voix des acteurs (en anglais) sont excellentes, ce qui apporte beaucoup au film. Avec Donald Glover (aussi connu sous son nom d’artiste Childish Gambino), Beyonce, Seth Rogen, John Oliver, Billy Eichner, Chiwetel Ejiofor et James Earl Jones (Mufasa comme dans l’original). Favreau a réuni un casting impressionnant qui fait beaucoup pour la réussite du film. Reste à se demander à quoi sert ce type de production sinon à remplir le tiroir-caisse ?

    Une critique signée par notre partenaire

     

  • La 5G va débarquer en France – Lancement de l’appel d’offre pour l’attribution des fréquences

    L’Arcep a révélé cette semaine les modalités précises du processus d’enchères pour l’attribution aux opérateurs télécoms de fréquences 5G. Le lancement commercial est attendu pour 2020. Le gouvernement exige qu’aucune zone, y compris rurale, ne soit délaissée.

    C’est un événement qui n’arrive que tous les dix ans dans les télécoms : le lancement d’une nouvelle génération de réseaux mobiles. Sans surprise, les opérateurs sont donc impatients de savoir quand et comment ils pourront offrir la 5G – grâce à laquelle les débits théoriques sont décuplés – à leurs clients.

    Mais avant d’ériger de nouveaux pylônes à travers l’Hexagone, il leur faut acquérir des licences, pour utiliser les fréquences radio idoines. L’attribution de la bande clef de la 5G, comprise entre 3,4 et 3,8 GHz, aura lieu en fin d’année. L’Arcep, le régulateur des télécoms, à qui il revient d’en définir les modalités, a révélé son « cahier des charges » cette semaine.

    Les écueils de la 4G

    Selon nos informations, celui-ci imposerait des obligations de couverture très conséquentes dès le départ.  Le sujet est politique. Il importe au plus haut sommet de l’Etat que l’on ne reproduise pas avec la 5G les erreurs de la 4G, c’est-à-dire constater dans quelques années que la couverture est très en retard sur les attentes de la population et, surtout, qu’une  fracture territoriale divise villes et campagnes. Une fracture qui – le gouvernement en est convaincu – alimente la montée des extrêmes.

    Pour éviter ces écueils, le régulateur a l’intention d’innover  par rapport aux enchères précédentes.   Comme « les Echos » l’indiquaient récemment, il n’imposerait plus des pourcentages du territoire ou de la population à couvrir dans un délai prédéfini. Ces exigences ont prouvé par le passé qu’il était difficile de tomber juste.

    Autrement dit, peu importe qu’il s’agisse d’une très bonne 4G ou de 5G, une vaste proportion des antennes devraient, dans trois ans, fournir un débit considérable aux utilisateurs. Et ce pourcentage augmenterait avec le temps pour atteindre finalement l’intégralité du réseau.

    Les campagnes à l’honneur

    Contrairement à ce qui s’était passé pour la 4G, les campagnes ne sont pas oubliées. Pour éviter que la 5G ne profite qu’aux grandes métropoles, où les opérateurs sont naturellement incités à déployer par la force de la demande, des mesures destinées à préserver l’équilibre territorial sont prévues. Grosso modo, un petit quart des nouveaux sites devrait expressément se situer dans les zones les moins bien couvertes.

    D’autres obligations sont déjà connues, puisqu’elles sont communes à tous les pays de l’Union européenne. Il s’agit notamment de couvrir une grande ville dès 2020 ou encore les principaux axes routiers en 2025 – ce qui représente un investissement conséquent dans le contexte français.

    Un prix raisonnable

    Toutes ces obligations viendront minorer, bien entendu, le prix que les opérateurs seront prêts à payer au total. Selon diverses projections, celui-ci pourrait n’atteindre que 2 milliards d’euros.

    Mais, vu de la fenêtre des opérateurs, ce n’est pas forcément un sujet de réjouissance. Ces derniers temps, certains d’entre eux redoutaient même une telle issue. « Il vaudrait mieux payer un peu plus cher pour les fréquences, si cela permet de ne pas avoir à investir obligatoirement des sommes folles dans un nouveau réseau que l’on n’est pas sûr de savoir rentabiliser », glissait l’un d’entre eux récemment. Il n’aura pas eu gain de cause.

    Les opérateurs pourront se consoler en constatant que  l’Etat est très vigilant à ne pas leur faire dépenser plus que de raison lors des enchères – histoire de préserver leurs capacités d’investissement pour les déploiements. Le mécanisme des enchères qui se dérouleront à l’automne est conçu pour éviter tout débordement similaire  aux enchères italiennes ou  allemandes qui avaient toutes deux vu les opérateurs dépenser plus de 6 milliards d’euros pour acquérir des fréquences.

    En fixant un quota minimum et une limite maximum de spectre que chaque opérateur peut se voir attribuer (vraisemblablement autour de 40MHz minimum et 100 MHz maximum), le régulateur veut cadrer les prétendants. Pas question que l’un d’entre eux ne reparte bredouille, ni qu’un autre truste l’essentiel du gâteau spectral. Les opérateurs n’auront ainsi pas d’incitation néfaste à miser plus que de raison.

    Cette configuration permet de couper la poire en deux.  D’un coté Bercy renonce à maximiser ses recettes. De l’autre, les opérateurs seraient contraints d’investir massivement dans les réseaux. « Il faut que nous nous fassions tous mal », avait pour habitude de lancer le gouvernement aux opérateurs lorsqu’il demandait à renforcer drastiquement la couverture 4G. Une technologie plus tard, cette philosophie n’a pas changé.

  • Ursula von der Leyen élue de justesse présidente de la Commission européenne

    Le Parlement européen a confirmé le 16 juillet la nomination d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne, lui donnant ainsi les rênes de l’exécutif pour cinq ans.

    La ministre allemande de la Défense et mère de sept enfants – et candidate surprise du PPE, choisie par les États membres fin juin – a réussi à convaincre une majorité de socialistes et libéraux au Parlement européen avec des promesses de réformes et d’actions pour le climat afin de devenir la première femme à la tête de la Commission.

    Elle a remporté 383 voix, soit neuf de plus que le minimum requis de 374 voix, lors d’un scrutin secret. 327 eurodéputés ont voté contre elle et 22 se sont abstenus ou ont voté blanc.

    À titre de comparaison, il y a cinq ans, Jean-Claude Juncker avait été élu avec 422 voix. La différence est qu’à cette époque, il n’y avait aucun doute sur le fait que l’ancien Premier ministre du Luxembourg obtienne le poste.

    Dans le cas d’Ursula von der Leyen, qui est une figure politique moins connue et n’était même pas Spitzenkandidat, l’incertitude planait jusqu’au dernier moment.

    Les trois principaux groupes politiques, le PPE, les S&D et Renew Europe, ont voté en faveur de la candidate proposée par les chefs d’État et de gouvernement, forgeant ainsi une majorité  nécessaire pour les années à venir. De leur côté, les Verts ont majoritairement voté contre Ursula von der Leyen.

    Ensemble, le PPE, les S&D et RE ont 442 eurodéputés dont certains se sont a priori rebellés. Des sources du groupe des socialistes estiment que 75 % des eurodéputés de centre gauche ont soutenu Ursula von der Leyen.

    À l’inverse, elle a obtenu le soutien du camp opposé. Juste avant le vote, le parti eurosceptique au pouvoir en Pologne, PiS, a annoncé qu’il voterait pour l’Allemande.

    Le succès d’Ursula von der Leyen peut s’expliquer par la souplesse dont elle a fait preuve ces derniers jours, en prenant en compte des idées politiques des socialistes, des libéraux et des verts, sans avoir toutefois pris d’engagements fermes sur toutes ces questions.

    Première conférence de presse

    Lors de sa première conférence de presse en tant que présidente élue, Ursula von der Leyen n’a pas caché son soulagement après ce vote palpitant. À la question de savoir si la courte majorité qu’elle a obtenue changeait les plans de son programme de travail, elle a répondu en voyant le verre à moitié plein : « en démocratie, la majorité est la majorité et je crois que je ne l’avais pas il y a deux semaines. »

    Elle a ajouté qu’elle comprenait la rancune des eurodéputés après l’abandon du processus de spitzenkandidaten, mais qu’il était aussi nécessaire de travailler avec les groupes politiques pour les convaincre et établir le programme de travail en fonction.

    « J’ai toujours voulu travailler pour l’Europe et pour l’UE », a-t-elle confessé. « Je me sens de retour à la maison. » « Je suis née Européenne, et j’ai grandi à Bruxelles, tout pour moi était européen dès le départ. »

    « Je suis arrivée assez tard en politiques et j’ai beaucoup appris dans le cabinet de Merkel », a-t-elle déclaré, tout en soulignant qu’elle n’aurait pas obtenu la confiance des eurodéputés sans l’expérience de ces 15 dernières années en tant que ministre dans le gouvernement d’Angela Merkel.

    À propos du Brexit, elle a tout d’abord évité de répondre à la question de savoir si un deuxième vote serait nécessaire pour confirmer sa nomination une fois que les eurodéputés britanniques seraient partis, mais face à l’insistance des journalistes, elle a finalement répondu par un simple non.

    Elle a ajouté qu’elle ne connaissait pas personnellement Jeremy Hunt et Boris Johnson, les deux candidats au remplacement de Theresa May, mais qu’elle suivrait une règle d’or : travailler de manière constructive avec celui qui sera le négociateur pour Londres.

    Interrogée sur l’actuel déséquilibre géographique dans les postes clés, elle a répondu qu’elle ferait tout pour que l’Europe centrale et de l’Est soient correctement représentée dans sa Commission.

    Sur le fait que le parti polonais Droit et Justice l’ait soutenu, elle a seulement dit qu’elle ne savait pas qui avait voté pour elle et qu’elle voulait trouver une solution pour réduire les divisions entre Nord et Sud et entre Est et Ouest.

    Quant à la possibilité de voir arriver des commissaires eurosceptiques dans l’exécutif, comme le commissaire italien issu de la Lega de Matteo Salvini, elle a répondu de manière vague, en disant que le monde avait besoin d’une Europe active et forte et que la composition de la Commission serait la bonne pour la tâche à mener.

    Georgi Gotev et Gerardo Fortuna

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Le Député Petit appelle à une consultation citoyenne sur le climat

    Frédéric Petit, Député des Français hors de France

    Le Député MoDEM de la 7ème circonscription des Français établis hors de France (Europe centrale et orientale) a été nommé co-rapporteur, avec le Député PS Alain David (4ème circonscription de la Gironde), de la préparation d’un rapport et d’une mission d’information. Ceux-ci porteront sur la problématique des « dérèglements climatiques et conflits ». Ce travail portera donc sur l’aspect géopolitique du changement climatique, les conséquences que celui-ci amènera et notamment la question en matière de conflits dans les zones particulièrement affectées.

    Il est très fréquent que les députés se voient attribuer de telles missions dans leur domaine de compétence. Le Député des Français de l’étranger est en l’occurrence membre de la Commission des Affaires étrangères, membre de la délégation française à l’assemblée parlementaire de l’organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et est intervenu à plusieurs reprises sur les questions de l’énergie et du climat.

    Un appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé aux citoyens français jusqu’au 15 août 2019

    Le Député a lancé un appel à manifestation d’intérêt auprès des Français pour travailler sur cette question, notamment sur sa page personnelle personnelle

    Cet appel est lancé auprès des experts en matière de climat, des conflits internationaux et des simples citoyens. Les réponses seront analysées et un groupe de réflexion sera mis en place courant septembre avec des réunions qui développeront des éléments de réponse qui seront pris en compte dans le rapport qui sera délivré par les rapporteurs en février 2020.

     

    Plusieurs engagements demandés aux participants 

    Le Député liste trois demandes à ceux qui souhaitent participer :

    effectuer des recherches, lectures et analyses thématiques afin d’enrichir le rapport d’information parlementaire

    participer à des échanges, par internet jusqu’à la remise du rapport, en février 2020.

    respecter la confidentialité des informations, données et documents qui seront partagés

    Ceux qui souhaitent participer sont invités à écrire au Député Petit à l’adresse [email protected] d’ici au 15 août. Cette problématique est un enjeu majeur des prochaines décennies et le fait que l’Assemblée Nationale se saisissent de cet enjeu montre, aussi, que la France compte continue une action particulièrement énergique dans le prolongement de l’accord de Paris sur le climat.

  • Ecologie : Nouvelle démission du Ministre – De Rugy, fin du feuilleton estival

    La démission de François de Rugy n’a pas complètement stoppé le flux des révélations. Dans des articles publiés en fin de journée, mardi 16 juillet, Ouest-France et Mediapart révèlent qu’il utilisait parfois les chauffeurs et véhicules dont il disposait dans le cadre de ses fonctions de président de l’Assemblée nationale puis de ministre pour des déplacements privés en Loire-Atlantique.

    Les deux médias expliquent notamment que la voiture de fonction de François de Rugy faisait régulièrement le trajet entre Paris et Nantes sans le ministre, qui prenait lui le train, afin de le conduire sur ses trajets en Loire-Atlantique, où il réside. Des déplacements privés, effectués notamment le week-end.

    Une mesure de « sécurité » selon son cabinet

    Le cabinet du ministre démissionnaire, qui a répondu à Mediapart, ne conteste pas cette pratique, mais la justifie par des « raisons de sécurité ». » Etre convoyé par son chauffeur dans ses déplacements privés permettait notamment de pouvoir l’« évacuer (…) en cas de menace avérée ». Le cabinet du ministre démissionnaire explique notamment qu’il reçoit « un grand nombre de menaces » depuis « l’arrêt du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ».

    Le 11 juillet, Le Parisien avait par ailleurs affirmé qu’un des chauffeurs de fonction de François de Rugy à l’Assemblée avait été sollicité pour des déplacements de proches du ministre, notamment « pour conduire le fils de [son épouse] Séverine Servat à l’école ».

    Interrogé par Mediapart sur le fait que ses chauffeurs du ministère aient également pu transporter des proches de François de Rugy, son cabinet a répondu qu’il arrivait qu’il soit accompagné « par son épouse, ses enfants, celui de son épouse, ou toute autre personne liée ou non à l’exercice de ses fonctions ». Mais aussi, « exceptionnellement, qu’un trajet commun dans Paris ait débuté ou se soit terminé avec son épouse et/ou ses enfants seuls, pour des raisons d’efficacité et de sécurité. »

    Le Parisien avait déjà affirmé en 2018 que, lors de son passage à la présidence de l’Assemblée nationale, François de Rugy avait demandé à bénéficier d’un troisième chauffeur de fonction.

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