Vous venez d’arriver à Porto et vous aimeriez rencontrer d’autres Français(es) ? Bonne nouvelle : il y a plusieurs pistes pour les trouver ! Découvrez avec nous les meilleures façons de croiser des compatriotes : bars, restos,, associations, groupes en ligne… Que vous soyez en quête de bons plans, de nouvelles amitiés ou si vous voulez tout simplement parler français quelques instants, suivez le guide !
Les pages web à connaître
En 2025, le plus facile pour rencontrer des Français(es) à Porto est sans doute de passer par internet. On trouve en effet sur la toile plusieurs pages conçues spécialement pour les expatriés, à l’instar de ce que nous vous avions conseillé pour d’autres villes comme celles de Rome, Londres, ou bien encore Lisbonne, dans nos articles précédents
Ainsi, pour cette ville portugaise, c’est le cas notamment de la page Facebook intitulée « Francophones De Porto et nord du Portugal ». Le groupe compte près de 5 000 membres à l’heure où nous écrivons ces lignes. Celui-ci a été créé avant tout pour proposer des rencontres et de l’entraide entre personnes parlant le français dans la région… Mais ici il y a surtout un mot d’ordre : la bonne humeur ! N’hésitez pas à vous inscrire sur cette page et à proposer des activités en ville en vous inspirant des conseils de Bonjour Porto !
N’oublions pas InterNations. Cette communauté particulièrement dynamique facilite les rencontres entre expatriés partout dans le monde. À Porto, le groupe propose des événements conviviaux, comme des soirées dans des lieux tels que le Canti Bar and Drinks ou le BOHO, ou encore des sorties culturelles.
Une association faite pour vous !
L’Association Française du Nord du Portugal (AFNP) est un véritable pilier pour les Français et francophones installés à Porto et dans sa région. Elle facilite, entre autres, l’intégration des nouveaux arrivants en organisant régulièrement des activités mêlant culture française et traditions portugaises, comme des soirées de gala ou des sardinades.
En plus de favoriser les échanges, elle valorise les initiatives professionnelles de ses membres. Un bel exemple de solidarité francophone locale. Une autre association peut répondre également à vos questions sur votre arrivée à Porto, elle s’appelle Vivre à Porto et fait partie du réseau international de la FIAFE (Fédération Internationale des Accueils Français et francophones à l’Étranger). Dans cette ville ou coule le fleuve Douro, vous trouverez également une antenne de l’UFE (Union des Français de l’étranger).
Les restaurants et bars à essayer
Rencontrer des personnes sur le web est souvent un passage obligé… Mais rencontrer un(e) Français(e) ou un(e) francophone « par hasard » est toujours grisant ! Pour cela, on peut parfois provoquer le destin.
Situé en plein cœur de Porto, Cocorico est bien plus qu’un simple restaurant-bar : c’est un véritable repaire pour les amateurs de cuisine française… pour nos compatriotes de passage ou déjà installés ! Dans une ambiance à la fois chic et détendue, on y déguste des plats franco-portugais, on trinque au vin français ou du Douro, et surtout, on croise souvent d’autres francophones venus partager un moment convivial. Un lieu parfait pour lier plaisir et nouvelles rencontres !
Dans un autre registre, le Monument, restaurant étoilé situé au sein du prestigieux hôtel Maison Albar offre une expérience gastronomique unique, sous la direction du chef français Julien Montbabut. Ce lieu prisé attire une clientèle cosmopolite, et qui sait ? Vous pourrez peut-être lier contact avec d’autres francophones partageant une passion pour la haute cuisine !
Enfin, si vous vous installez dans cette ville portugaise, nous vous conseillons également de vous inscrire au registre des Français de l’étranger, on vous explique pourquoi ici. Il existe aussi des élus, appelés des Conseillers des Français de l’étranger, qui peuvent notamment vous aider pour vos démarches consulaires, vous trouverez leurs coordonnées via ce lien.
Bien sûr, ces quelques repères ne sont pas exhaustifs. Nous serions ravis de connaître vos propres expériences ! N’hésitez pas à partager vos astuces, bons plans, adresses sympas et autres activités pour rencontrer des Français à Porto en nous envoyant un commentaire.
On a souvent l’idée que la France est un pays où on travaille peu, en particulier en ce mois de mai, où les ponts se sont enchainés. D’ailleurs, ce jeudi 29 mai, c’est la fête catholique de l’Ascension, l’occasion de profiter d’un dernier pont du mois avant le lundi de la Pentecôte le 09 juin. Pourtant, loin des idées reçues, la France n’est pas le pays où il y a le plus de jour férié, loin de là, elle n’est pas même pas dans le top 10. Alors êtes-vous bien loti dans votre pays de résidence ? On fait le point pour les expatriés.
Pour cela, on vous propose un aperçu des dix pays qui, en 2025, dominent le classement mondial en termes de jours fériés, offrant à leurs citoyens de nombreuses occasions de célébrer leur patrimoine national et leurs croyances. Notons que souvent, seul, le 1er mai est commun à tous.
Cambodge (28 jours fériés)
Le Cambodge est en tête de liste, avec des festivités qui s’étendent sur des célébrations bouddhistes telles que le Nouvel An Khmer et le festival de l’eau, Ponchum Ben.
Sri Lanka (25 jours fériés)
Le Sri Lanka suit avec des jours fériés qui célèbrent un mélange de traditions bouddhistes, hindoues, islamiques et chrétiennes, reflétant sa diversité culturelle.
Inde (21 jours fériés)
En Inde, chaque jour férié est une explosion de couleurs et de spiritualité, avec des célébrations comme Diwali, Holi, et Eid, marquant l’importance des diverses religions du pays.
Kazakhstan (21 jours fériés)
Le Kazakhstan célèbre également 21 jours fériés, avec des observances qui incluent des jours nationaux et des fêtes qui reflètent son histoire riche et diversifiée.
Au seuil du printemps, alors que la nature renoue avec la verdure, l’Inde s’embrase de mille couleurs pour célébrer Holi.
Tunisie (20 jours fériés)
La Tunisie offre 20 jours fériés, incluant des fêtes islamiques et des commémorations nationales telles que le Jour de l’Indépendance et le Jour de la Révolution.
Chine, Hong Kong (17 jours fériés)
En Chine et à Hong Kong, les jours fériés incluent le Nouvel An chinois et le Festival du bateau-dragon, témoignant de traditions anciennes et profondément ancrées.
Thaïlande, Turquie, Pakistan (16 jours fériés)
Ces pays offrent 16 jours de répit et de festivités, célébrant leurs héritages culturels et religieux divers.
Japon, Malaisie, Argentine, Lituanie (15 jours fériés)
Avec 15 jours fériés, ces nations célèbrent tout, des événements historiques importants aux fêtes religieuses, soulignant leur richesse culturelle.
Indonésie, Chili, Slovaquie (14 jours fériés)
Finalement, ces pays complètent le top 10 avec 14 jours fériés, chacun offrant un reflet unique de son identité nationale à travers des célébrations publiques.
Être expatrié(e), c’est souvent un choix mais parfois on est simplement embarqué dans l’aventure professionnelle de celui ou celle qui partage notre vie. On devient donc une conjointe ou un conjoint suiveur. Mais changer de pays, découvrir un nouvel environnement culturel et/ou professionnel, ça peut changer une vie et dans certains cas aussi les sentiments. Mais que faire quand on est un conjoint suiveur confronté au divorce.
L’expatriation renforce le couple ?
En 2015, une enquête sur le couple et l’expatriation réalisée par Expat Communication a donné des résultats loin des clichés. Selon les 3 000 participants à l’enquête, pour 80 % des couples, l’expatriation a renforcé leur couple.
On découvre aussi que non seulement les disputes ne sont pas plus nombreuses (On se dispute autant, mais pas sur les mêmes sujets”, précisent certaines réponses), mais le séjour à l’étranger devient l’occasion de débattre des choix essentiels. En général, l’accent est mis sur une meilleure communication au sein du couple.
Pourtant selon Alix Carnot, directrice associée d’Expat Communication, qui le déclarait au Figaro, l’expatriation reste une épreuve et « partir en couple, c’est faire le pari qu’il va tenir alors même que l’un des deux deviendra dépendant financièrement, car c’est quasiment inévitable »
Trouver son indépendance
Pour réussir son expatriation et son couple, les experts conseillent aux conjoint(e)s suiveurs de veiller à leur indépendance. Et d’ailleurs, environ 80 % des conjoints « suiveurs » (selon une étude de l’assureur ACS) ont pour objectif de travailler pendant l’expatriation, mais ce n’est pas une mince affaire… Les démarches administratives sont souvent compliquées, notamment celles concernant l’obtention d’un permis de travail.
Ainsi pour le conjoint d’expatrié(e), le véritable défi sera de devenir acteur de son expatriation. Attention à ne pas subir la situation ! Il ou elle doit prendre les devants, agir pour faire en sorte de tirer profit de cette aventure internationale.
Mais il ne faut pas oublier que contrairement à ce qu’on pourrait croire, vivre à l’étranger n’est pas chose aisée. Il faudra apprendre à sortir de sa zone de confort. Parmi les difficultés auxquelles les expatriés seront confrontés, nous avons retenu celles-ci :
La barrière de la langue
L’isolement et l’éloignement des proches
Le choc culturel
Le mal du pays
Le coût de la vie
Le sentiment de dépendance
La perte d’identité
La gastronomie française
En cas d’échec, le divorce ?
Malgré tous les efforts et une bonne volonté, le couple ne surmonte pas ses difficultés nées pendant ou avant l’expatriation. Il est donc temps de se pencher sur les modalités concrètes qui entourent la séparation d’un couple marié. Alors que faire pour divorcer depuis l’étranger ?
Car le divorce est souvent une étape complexe tant sur le plan juridique que sur le plan et émotionnel, mais lorsqu’il survient dans un contexte international, les défis juridiques peuvent rapidement se multiplier. Pour les Français expatriés, il est essentiel de bien comprendre les règles applicables, tant au niveau de leur pays de résidence qu’au niveau de la France.
Divorcer en France ?
Si vous résidez dans l’Union Européenne, le seul texte applicable est le Règlement Bruxelles II ter[1], qui détermine les règles de compétence en matière matrimoniale.
Ainsi sont compétentes pour statuer sur les questions relatives au divorce, à la séparation de corps et à l’annulation du mariage des époux, les juridictions de l’État membre :
sur le territoire duquel se trouve:
la résidence habituelle des époux,
la dernière résidence habituelle des époux dans la mesure où l’un d’eux y réside encore,
la résidence habituelle du défendeur,
en cas de demande conjointe, la résidence habituelle de l’un ou l’autre époux,
a résidence habituelle du demandeur s’il y a résidé depuis au moins une année immédiatement avant l’introduction de la demande, ou
la résidence habituelle du demandeur s’il y a résidé depuis au moins six mois immédiatement avant l’introduction de la demande et s’il est ressortissant de l’État membre en question;
de la nationalité des deux époux.
Et sauf convention particulière avec certains états (le Monténégro, la Serbie), la France est obligée d’appliquer le Règlement de Bruxelles IIter même si vous ne résidez pas dans l’Union Européenne, même si votre conjoint n’a pas une nationalité européenne.
Donc si vous voulez divorcer en France, il faut vérifier que le règlement de Bruxelles IIter le permette.
Ainsi un expatrié français peut donc divorcer en France si :
C’est vous qui engagez la procédure et que votre conjoint (même non français) est revenu vivre en France alors que vous êtes resté en expatriation. Si c’est votre conjoint étranger qui engage la procédure, il devra justifier d’une résidence depuis plus d’un an en France pour ce faire
l’un de vous deux réside en France et que vous engagez une requête conjointe en divorce (soit que vous soyez tous les deux d’accord pour divorcer et pour saisir le Tribunal français)
Si vous avez tous les deux de nationalité française (et ce même si l’un de vous dispose d’une autre nationalité, et même si vous vous êtes mariés à l’étranger, et même si vous résidez à l’étranger).
Mais attention, votre pays de résidence s’il est situé en dehors de l’union européenne n’appliquera pas le règlement de Bruxelles IIter. Il appliquera ses propres règles pour déterminer s’il est ou non compétent pour prononcer votre divorce, comme au Japon par exemple.
Plusieurs pays peuvent donc être compétents. Dans ce cas, c’est le premier saisi qui statuera sur votre divorce.
« On ne peut plus continuer à se faire écraser » : les États membres de l’Union européenne ont nettement haussé le ton face à la Hongrie, accusée de brider les droits des personnes LGBT+ et d’abandonner l’Ukraine. Mais leur marge de manœuvre pour sévir face au gouvernement de Viktor Orbán reste étroite.
Bruxelles s’adonne depuis des années à un délicat jeu d’équilibriste avec le Premier ministre hongrois. Ses positions sont à contre-courant d’autres États membres de l’UE sur une ribambelle de sujets, à commencer par les questions d’État de droit. Mais le soutien du dirigeant ultraconservateur est indispensable sur plusieurs dossiers sensibles, où les décisions se prennent à l’unanimité des 27 États membres.
À commencer par le renouvellement de sanctions contre la Russie, ou l’adhésion de l’Ukraine à l’UE — deux dossiers où les tractations avec Viktor Orbán, proche de Moscou, se font au forceps. De peur de le braquer, « il n’y a jamais eu de confrontation directe » entre les dirigeants européens et le dirigeant hongrois, explique un diplomate européen sous couvert d’anonymat.
« Mais à un moment on ne peut plus continuer à se faire écraser par ce nain politique et économique qu’est la Hongrie », s’emporte-t-il.
Le commissaire européen à la Justice, Michael McGrath, a menacé mardi 27 mai d’engager une action en justice préventive si le gouvernement de Viktor Orbán ne renonçait pas à un projet de loi d’inspiration russe qui permettrait à Budapest de réprimer les médias et ONG financés de l’étranger.
« Nous n’hésiterons pas à prendre les mesures nécessaires […] nous n’excluons pas de demander des mesures provisoires », a-t-il assuré. Celles-ci pourraient consister à demander à la Cour de justice de l’UE de suspendre immédiatement le projet de loi sur la « transparence de la vie publique ».
« À la carte »
La Commission a déjà entamé une procédure d’infraction contre Budapest en 2021 en raison de sa « loi sur la protection de l’enfance », que le commissaire européen à la Justice décrit comme le texte à l’origine d’une nouvelle loi visant à restreindre les rassemblements publics LGBT. « Le droit de réunion pacifique ne constitue pas une menace pour les enfants », a-t-il insisté. Cette nouvelle loi, adoptée au printemps et visant à interdire les évènements tels que les marches des fiertés (Pride), a contraint les capitales à durcir leur position.
En atteste la lettre signée par vingt pays européens, dont la France, les Pays-Bas et la Suède, exhortant Budapest à réviser ce texte, et les nombreuses déclarations de ministres en amont d’une réunion du Conseil Affaires générales mardi à Bruxelles.
« Nous avons de gros problèmes avec la Hongrie », a dénoncé le ministre allemand chargé des questions européennes, Gunther Krichbaum. « La patience de mes collègues s’amenuise de jour en jour. »
Les valeurs européennes « ne sont pas un menu à la carte où l’on peut choisir celles que l’on veut respecter et celles que l’on veut laisser de côté », a renchéri la ministre belge de la Justice, Annelies Verlinden.
L’UE gèle déjà une dizaine de milliards d’euros de fonds destinés au pays d’Europe centrale, dans le cadre de procédures engagées en raison d’inquiétudes liées aux droits des personnes LGBT+, des demandeurs d’asile, ainsi que les conditions de passation des marchés publics et les conflits d’intérêts.
Vers une suspension du droit de vote hongrois ?
Que peut-elle faire de plus ? Outre les fonds gelés, la Hongrie est visée depuis 2018 par la procédure décrite à l’article 7 du Traité sur l’UE (TUE), destinée à sanctionner un État membre où est constatée une « violation grave » de l’État de droit.
Celle-ci peut en théorie aller jusqu’à une suspension des droits de vote au sein du Conseil de l’UE, où siègent tous les chefs d’État et de gouvernement. Un scénario inédit, que plusieurs ministres ont mis sur la table mardi.
La ministre danoise Marie Bjerre, dont le pays assurera bientôt la présidence tournante du Conseil de l’UE, a assuré être prête à utiliser « tous les outils » nécessaires pour faire rentrer Viktor Orbán dans le rang, y compris l’activation de cette procédure.
« Jusqu’ici peu de gens imaginaient que cet article 7 puisse être utilisé », note Lukas Macek, de l’institut Jacques Delors. « Mais plus on avance plus je me dis que c’est peut-être pas tant de la science-fiction que ça », affirme-t-il auprès de l’AFP, soulignant le « ras-le-bol » des États membres.
Le ministre tchèque chargé des Affaires européennes, Martin Dvořák, a déclaré aux journalistes tchèques que « le nombre de ministres exprimant une inquiétude croissante augmente », mais que la perspective d’une suspension des droits de vote de la Hongrie au niveau européen reste très éloignée.
Présent mardi à Bruxelles pour défendre le bilan de son pays en matière d’État de droit, le ministre hongrois János Bóka a qualifié la situation « d’hystérie politique », assurant avoir répondu jusqu’ici à toutes les « questions et remarques » exprimées par des États membres sur son pays.
Du 12 au 22 mai, le FMI a mené une mission en France et a délivré une série de préconisations. Pour les économistes de l’organisation internationale, l’économie française a fait preuve de résilience en dépit d’une forte incertitude. Le processus de désinflation est bien engagé et le marché du travail reste robuste. Les finances publiques constituent évidemment un sujet d’inquiétude. L’engagement des autorités françaises à ramener le déficit en-dessous de 3% du PIB d’ici à 2029 doit être, selon le FMI, étayé par « un ensemble de mesures bien définies et crédibles ». L’agenda de réformes structurelles de la France pour stimuler la productivité et faciliter la consolidation des finances publiques doit être précisé.
Des perspectives de croissance faibles
Pour le FMI, la croissance en France devrait être de 0,6% en 2025 et atteindre 1% en 2026. La reprise tardive de la croissance est imputable au faible niveau de confiance et à la consolidation budgétaire en cours, même si l’assouplissement de la politique monétaire apporte un regain d’activité. L’affaiblissement de la demande extérieure, dans un contexte de tensions commerciales, de volatilité des marchés et d’incertitude géoéconomique, pénalise les exportations et les perspectives d’investissement.
À moyen terme, la croissance devrait s’élever autour de 1,2% environ, avant de décélérer vers son potentiel à long terme de 1%, reflétant les tendances démographiques et la nécessité de poursuivre les réformes structurelles.
Le processus de désinflation se poursuit, avec une inflation prévue à 1,2% en 2025 (en raison d’effets de base et de la baisse des prix de l’énergie), et une inflation sous-jacente prévue à 1,9%.
L’évolution de la croissance en France dépend de facteurs extérieurs comme l’aggravation de la fragmentation géoéconomique et la montée des tensions commerciales.
Des facteurs intérieurs pourraient également avoir des incidences sur la croissance. Les incertitudes politiques et les tensions sociales pourraient retarder les efforts de consolidation budgétaire et de réformes. La consommation pourrait se redresser si le taux d’épargne des ménages diminuait plus rapidement sous l’effet d’une dissipation des incertitudes.
L’investissement des entreprises et les performances des exportations pourraient également surprendre positivement, sous l’effet d’une augmentation de la demande, en France et dans le reste de l’Europe, aidé en cela par l’augmentation de l’effort de défense. Une plus grande coordination des politiques économiques au sein de l’Union européenne pourrait également avoir des effets bénéfiques pour la France.
Un assainissement budgétaire à confirmer
Le respect de l’engagement d’un déficit inférieur à 3% du PIB suppose l’adoption de mesures concrètes. Dans un scénario à politique inchangée des services du FMI, qui n’intègrerait que des mesures adoptées et clairement documentées, le déficit devrait diminuer à 5,4 % du PIB en 2025, conformément à l’objectif budgétaire du Gouvernement. Néanmoins, sans l’adoption de mesures additionnelles significatives, le déficit resterait autour de 6 % du PIB à moyen terme et la dette publique continuerait d’augmenter jusqu’en 2030.
Bien que les risques à court terme restent maîtrisables, la dynamique de la dette s’est significativement dégradée à la suite des dérapages budgétaires successifs de 2023 et 2024, et reste très sensible à la trajectoire des taux d’intérêt réels et de la croissance.
Croissance et dépenses publiques
Les services du FMI préconisent un ajustement structurel important de 1,1 % du PIB en 2026, suivi d’environ 0,9 % du PIB par an en moyenne à moyen terme. Le respect de cette trajectoire permettrait à la France de sortir de la procédure de déficit excessif d’ici fin 2029. En suivant les préconisations du FMI, une stabilisation de la dette serait possible dès 2027.
Le FMI souligne que les pouvoirs publics devraient privilégier les actions sur les dépenses compte tenu du niveau élevé du taux de prélèvements obligatoires par rapport au PIB. Toute mesure fiscale pourrait miner un peu plus la confiance des ménages et des chefs d’entreprise. À cette fin, les autorités devraient en priorité rationaliser les dépenses publiques et en renforcer l’efficience, au moyen d’une action concertée à tous les niveaux d’administrations publiques : État, administrations de sécurité sociale, collectivités territoriales.
Le ratio de dépenses publiques par rapport au PIB le plus élevé au sein de l’Union européenne.
La France affiche le ratio de dépenses publiques par rapport au PIB le plus élevé au sein de l’Union européenne. La rationalisation des dépenses pour le FMI par une simplification des différents niveaux administratifs. Pour l’organisation internationale, des marges sont possibles pour améliorer le ciblage des prestations sociales, en examinant, en particulier, l’éligibilité et la durée d’indemnisation des prestations d’assurance chômage.
Le FMI juge nécessaire l’harmonisation des régimes de retraite, en veillant à l’équilibre du système dans la continuité de la réforme de 2023. Ce dernier réclame un renforcement du pilotage et de la coordination budgétaires entre l’État et les collectivités territoriales.
Le FMI considère que la France doit prendre des mesures pour stimuler la productivité tant pour améliorer les revenus et la situation des finances publiques. L’écart de revenu par habitant entre la France et les États-Unis a augmenté depuis le début des années 2000 et dépasse aujourd’hui 20 %, principalement en raison d’une productivité et d’un emploi plus bas en France. Une augmentation de 0,3 point de pourcentage de la croissance potentielle du PIB pourrait contribuer à réduire la dette publique de près de 10 % du PIB à long terme.
Des mesures en faveur de l’emploi et de la productivité
Le FMI préconise la réduction des barrières réglementaires à l’entrée et la baisse de la charge administrative. Le projet de loi de simplification de la vie économique, actuellement en discussion, constituerait une étape importante pour réduire davantage la charge réglementaire et rationaliser les normes, en particulier pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME).
Des efforts pour promouvoir l’emploi et la qualité du travail restent essentiels pour faciliter les transitions verte et numérique en cours dans un contexte de vieillissement de la main-d’œuvre, et stimuler la croissance de la productivité. Bien que les taux d’emploi aient augmenté, ils restent faibles dans certaines catégories de la population par rapport à d’autres pays. De nouvelles mesures pourraient être envisagées dans différents domaines, et notamment de nouvelles réformes des prestations sociales afin de renforcer les incitations à travailler et réduire la fragmentation des carrières, en particulier chez les jeunes et les personnes âgées. Le taux d’activité devrait être relevé notamment pour les femmes. Des mesures visant à améliorer les compétences des salariés et à promouvoir le vieillissement en bonne santé contribueraient également à la qualité de l’emploi.
S’adapter à un paysage financier complexe
Le secteur bancaire a bien résisté aux récents chocs, soutenu par des normes de prêt prudentes et de solides coussins de précaution. Bien que la rentabilité reste inférieure à la moyenne européenne, les banques présentent des positions correctes en termes de solvabilité et de liquidité. Les risques pour le secteur bancaire liés à l’endettement des entreprises et aux expositions souveraines, restent aussi maîtrisables. Les liens entre le système bancaire, les compagnies d’assurances, et les marchés de financement nationaux justifient une surveillance continue et étroite. Les fonds d’investissement possèdent, en moyenne, en France, suffisamment de liquidités pour résister à de grands chocs de remboursement.
En France, l’image de l’expatrié(e) est celle du nanti qui fuit l’enfer fiscal français. Si pendant des décennies se fut le cas, aujourd’hui avec plus de 3 millions de Français de l’étranger, on est bien loin de cette image d’Épinal. La plupart d’entre nous ont quitté l’hexagone soit pour suivre Cupidon mais bien souvent pour saisir une opportunité professionnelle inaccessible en France. Mais est-ce que cela a fait de vous un « riche » ? Que ce soit par rapport aux revenus de nos compatriotes en France ou face au reste de l’humanité. Pour répondre à cette curiosité, on vous propose un comparateur que l’AFP a mis en ligne.
Un simulateur unique au monde
L’Agence France Presse a repris simplement le calculateur créé par le Laboratoire sur les inégalités mondiales en 2019.
Cet outil permet à tout utilisateur de se situer par rapport à l’échelle de distribution des revenus en France, mais aussi en Europe et au niveau mondial. Il prend en compte non seulement le revenu, mais aussi des éléments constitutifs du patrimoine. Pour cela, le comparateur utilise la base de données wid.world sur les inégalités mondiales (World inequality Database).
6500 € par mois pour la France
En février 2013, une enquête IFOP révélait que les Français considèrent comme riche toute personne qui perçoit en moyenne un revenu net égal ou supérieur à 6 500 € par mois. Le seuil de la richesse serait donc à ce niveau de 8 500 € bruts par mois. Mais les Français savent-ils que cela ne concerne que 2 % de la population ?
6500 € par mois pour la France
Le Centre d’observation de la société fixe le seuil de richesse à deux fois le niveau de vie médian, ce qui revient à dire, à partir des données Insee de 2015, qu’on est riche à partir de 3 075 € pour une personne seule, 5 963 € pour un couple sans enfants et 7 852 € pour une famille avec deux enfants, ce qui n’est pas très loin des 6 500 € ci-dessus.
Alors où vous positionnez vous ?
Le calculateur
Pour simuler, votre situation, rien de plus, il suffit de remplir les données demandées en cliquant sur le bouton ci-dessous ou directement dans le tableau affiché :
Située au cœur de la capitale néerlandaise, l’International French School d’Amsterdam (IFS) se distingue notamment par un projet de lutte contre le harcèlement scolaire. Pour nous en parler Lesfrancais.press reçoit la Proviseure de cet établissement, Séverine Fougerol. Au cours de son interview, notre invitée nous partage les clés pour privilégier la compréhension à la punition. « Unir pour agir », un modèle véritablement inspirant, qui met les élèves au cœur de la démarche. Et ce dernier pourrait même être transposé dans d’autres écoles à travers le monde. Explications !
Écouter le podcast avec Séverine Fougerol
L’engagement : le socle de l’IFS
Partenaire de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger), l‘International French School d’Amsterdam (IFS) est ainsi une école homologuée par l’Éducation nationale. Cet établissement propose des enseignements de la maternelle jusqu’au baccalauréat, et il est membre du groupe Globeducate.
« Dans cet établissement, ce qu’on a vu tout de suite, c’est à quel point les élèves étaient des porteurs de projet »,
Séverine Fougerol, Proviseure IFS d’Amsterdam
Au-delà des enseignements académiques, l’IFS valorise l’engagement et la participation active des élèves, dès le plus jeune âge. Cette philosophie constitue un des socles de cet établissement et s’incarne quotidiennement. Comme l’explique la proviseure, Séverine Fougerol : « Dans cet établissement, ce qu’on a vu tout de suite, c’est à quel point les élèves étaient des porteurs de projet (…) ce sont eux qui nous donnent l’impulsion. »
L’International French School d’Amsterdam
Cette dynamique trouve ainsi tout naturellement sa place dans les initiatives de l’école, et a pu particulièrement s’exprimer à travers les actions menées pour lutter contre le harcèlement scolaire.
« Unir pour Agir, Ensemble pour Grandir » : comprendre plutôt que punir
C’est ainsi qu’est né le projet « Unir pour Agir, Ensemble pour Grandir ». Entourée d’une équipe mobilisée avec notamment Laura Mallevialle, Charlotte Robin, Agathe Pons et Klyvia Kpossa, la proviseure insiste, au cours de cet entretien, sur cette dimension collective.
« Plutôt que punir, sanctionner, pointer du doigt, c’est amener à la prise de conscience de la souffrance de la personne qu’il a en face »
Séverine Fougerol, Proviseure IFS d’Amsterdam
Et l’approche développée pour lutter contre le harcèlement scolaire se distingue également par son originalité : « Plutôt que punir, sanctionner, pointer du doigt, c’est amener à la prise de conscience de la souffrance de la personne qu’il a en face de lui » explique Séverine Fougerol.
Affiche de campagne contre le harcèlement scolaire
Inspirée notamment de la méthode Pikas, centrée sur la « préoccupation partagée », l’IFS a mis en place diverses activités, mais c’est avant tout l’implication des élèves qui en fait la force : ce sont eux qui se sont emparés du sujet et prennent en main les actions au quotidien. Des exemples sont donnés au cours de ce podcast. En fonction des âges, les approches évoluent, mais « on commence dès la maternelle à travailler sur les limites », souligne notre invitée. Et les résultats sont très bons.
Vers une culture commune de l’attention à l’autre
Au sein de l’IFS, la méthode de lutte contre le harcèlement scolaire s’étend aussi dans les relations avec les parents : « ils sont impliqués au sens où ce sont vraiment les valeurs que l’on porte », indique Séverine Fougerol. C’est aussi pour cela que cet état d’esprit basé sur le dialogue et la culture de l’attention à autrui, se retrouve aussi lors des activités extrascolaires ou pendant les temps du déjeuner à la cantine.
Un modèle à partager avec d’autres écoles
Dépassant les frontières des Pays-Bas, ce projet « Unir pour Agir, Ensemble pour Grandir » a notamment été présenté lors des « Palmes de l’EFE » (enseignement français à l’étranger) orchestrée par la sénatrice Samantha Cazebonne. La proviseure partage avec nous cette expérience.
Le public de la Sorbonne debout pour célébrer les vainqueurs des Palmes d’Honneur de l’EFE
Cette participation aux Palmes de l’EFE va bien au-delà du simple cadre scolaire : elle vise également à encourager le partage d’expériences et la diffusion de bonnes pratiques. « Ce serait vraiment avec grand plaisir pour échanger sur ce qui se fait ici », propose Séverine Fougerol. Notre invitée ouvre ainsi la porte à d’autres écoles désireuses de s’inspirer de ce projet et d’adapter ses solutions à leur propre contexte.
Ainsi à l’IFS d’Amsterdam, l’engagement des élèves, l’attention portée à autrui et la responsabilisation collective sont les fondements d’une école où la lutte contre le harcèlement devient une dynamique quotidienne, partagée par tous. L’établissement s’avère un laboratoire d’innovations éducatives et humaines, où l’on ne se contente plus d’identifier le harcèlement comme un problème, mais où l’on construit activement des réponses concrètes. Un véritable enseignement de vie, dont les élèves tireront sans aucun doute profit bien au-delà de l’obtention de leur baccalauréat.
Donald Trump ne cesse de fustiger l’iniquité du commerce mondial. À ses yeux, les nations étrangères tireraient un profit indu de l’économie américaine, en inondant ses marchés tout en érigeant des barrières tarifaires sur leur propre sol. Le président Républicain incrimine, tour à tour, une supposée complaisance commerciale, des traités déséquilibrés, et surtout, une monnaie nationale — le dollar — qu’il estime surévaluée, toujours au bénéfice de ses adversaires. Pourtant, la réalité du déficit extérieur des États-Unis ne réside pas dans les machinations de puissances étrangères, mais bien dans les fondements mêmes de l’économie américaine contemporaine.
Depuis le début de l’année 2024, le déficit mensuel de la balance commerciale dépasse régulièrement les 100 milliards de dollars. Le déficit courant, lui, avoisine 4 % du PIB. Loin d’être conjoncturel, ce déséquilibre résulte d’une combinaison de facteurs structurels : désindustrialisation, faiblesse de l’épargne domestique, spécialisation sectorielle tirée par les services, investissement intensif dans les technologies, et déficit budgétaire chronique.
L’économie immatérielle est l’un des piliers du modèle américain.
Le récit « trumpien » d’un monde abusant de la générosité américaine ne résiste pas à l’analyse. Les États-Unis enregistrent des déficits commerciaux significatifs avec des pays partenaires, souvent intégrés dans des accords de libre-échange — comme le Mexique ou le Canada. Quant à l’Union européenne, les droits de douane réciproques sont restés, jusqu’à récemment, parmi les plus bas du monde industrialisé. Le reproche adressé à la TVA, qualifiée de barrière déguisée, confond principe de territorialité de l’impôt et protectionnisme. En réalité, la TVA s’applique indifféremment aux biens produits localement ou importés ; elle est neutralisée à l’export. Si les produits américains sont parfois pénalisés par des taxes de production non remboursables, cela ne suffit pas à expliquer les écarts de compétitivité.
Autre oubli du président américain : les États-Unis bénéficient d’un excédent important dans les échanges de services — notamment financiers, technologiques, et de conseil — qui vient partiellement compenser le déficit massif enregistré sur les biens. Cette performance dans l’économie immatérielle est l’un des piliers du modèle américain.
Une puissance qui attire les capitaux du monde entier
Quant à la monnaie, si le dollar reste fort, ce n’est pas par caprice des marchés mais parce qu’il incarne une combinaison unique : stabilité politique, profondeur du marché obligataire, dynamisme technologique et rémunération attractive de l’épargne. Depuis 2020, le billet vert s’est apprécié d’environ 12 % face aux grandes devises, se maintenant entre 7 et 8 % au-dessus de sa moyenne de long terme. Cette robustesse reflète moins un déséquilibre qu’un privilège exorbitant : celui d’une puissance qui attire les capitaux du monde entier pour financer sa consommation, ses investissements, et son État.
Économie américaine
Comme ses homologues européens ou japonais, l’économie américaine a vu son secteur industriel se contracter. Depuis 2008, la part de la valeur ajoutée manufacturière dans le PIB est passée de 12,3 % à 10,2 %. Les États-Unis ont abandonné progressivement les productions de gamme intermédiaire au profit de secteurs à forte intensité technologique, où leur supériorité reste manifeste. Ce recentrage, économiquement rationnel, a déplacé les chaînes de valeur vers l’Asie, tout en creusant leur dépendance vis-à-vis des biens importés.
Le déficit commercial américain est, avant tout, un miroir des choix intérieurs
Parallèlement, les ménages américains consomment davantage qu’ils n’épargnent. En 2024, leur taux d’épargne ne dépasse pas 5 % du revenu disponible brut, contre 18 % en France ou 20 % en Allemagne. Cette préférence pour la dépense s’explique en partie par une stagnation des salaires réels, qui n’ont progressé que de 40 % depuis 1995, alors que la productivité horaire a bondi de 85 %. Ce déséquilibre du partage de la valeur ajoutée a contraint les classes moyennes à recourir à l’endettement pour soutenir leur niveau de vie, renforçant de fait le besoin de capitaux extérieurs.
Les entreprises américaines, quant à elles, continuent d’investir massivement, notamment dans les technologies de l’information. En 2024, leur taux d’investissement atteint 14 % du PIB, contre 11,5 % en zone euro. L’effort consacré aux seules technologies de l’information et de la communication représente 3,8 % du PIB, soit plus d’un point de plus que l’Europe. Cet appétit d’investissement, salutaire pour l’innovation, creuse pourtant un écart croissant entre besoins de financement et capacité d’épargne.
« Vous produisez, nous consommons », « vous épargnez, nous investissons ».
Enfin, l’État fédéral affiche une insatiable propension à s’endetter. En 2024, malgré une croissance soutenue proche de 3 %, le déficit public excède les 6 % du PIB. La dette publique dépasse les 100 %. Avec un taux de prélèvements obligatoires plafonné à 26 % du PIB — contre 40 % en moyenne en Europe — les États-Unis financent leur modèle en faisant appel aux marchés internationaux. Leur souveraineté budgétaire est ainsi conquise à crédit.
Contrairement à la rhétorique populiste, les États-Unis ne sont pas les victimes d’un pillage orchestré par leurs partenaires. Ils sont les architectes d’un modèle économique fondé sur l’abondance de capitaux venus de l’extérieur. Ce sont eux qui vivent — en partie — au crochet du monde et non l’inverse. Leur monnaie forte leur offre un pouvoir d’achat surévalué. Leurs déficits jumeaux — commercial et budgétaire — sont les deux faces d’une même médaille : celle d’une hégémonie financée par l’épargne des autres.
En dénonçant les importations et en restreignant les flux de capitaux, Donald Trump s’attaque aux piliers mêmes de cette prospérité fragile. Il rompt, sans l’avouer, avec le pacte implicite qui unit, depuis des décennies, les États-Unis au reste du monde : « vous produisez, nous consommons », « vous épargnez, nous investissons ». En tentant de redessiner l’ordre économique mondial à coups de barrières et de slogans, il risque de faire vaciller l’équilibre subtil qui a permis à l’Amérique, jusqu’ici, de vivre au-dessus de ses moyens.
Le Premier ministre, François Bayrou, l’avait martelé, chaque député aura voté en son âme et conscience, les deux textes sur la « fin de vie » en France. On fait le point pour les Français de l’étranger.
En effet en janvier 2025, le chef du gouvernement, François Bayrou, a souhaité que les sujets des soins palliatifs et de l’aide à mourir soient examinés par le Parlement dans deux textes séparés afin de donner plus de libertés quant à leur choix à chaque député. Preuve que sur les terres de la fille ainée de l’Église, pourtant laïque depuis plus d’un siècle, le suicide assisté reste un sujet tabou.
Mais finalement, en fin de journée ce mardi 27 mai, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la proposition de loi relative aux soins palliatifs et avec 305 députés qui se sont prononcés « pour », la loi créant un « droit à l’aide à mourir » est elle aussi adoptée.
Ainsi le droit à l’aide à mourir est institué. Il consiste à autoriser et à accompagner un malade qui l’a demandé à recourir à un produit létal. Le malade devra s’administrer lui-même le produit. Toutefois, s’il en est incapable physiquement, il pourra se le faire administrer par un médecin ou un infirmier. L’auto-administration sera donc la règle et l’administration par un soignant l’exception. Une différence majeure face aux législations en Europe ou ailleurs qui légalise l’euthanasie.
Pour accéder à l’aide à mourir, le malade devra remplir cinq conditions :
Être majeur (au moins 18 ans) ;
Être français ou résident étranger régulier et stable en France ; Donc même en tant que non-résident, par votre citoyenneté, si nécessité, vous pourrez rentrer en France pour faire valoir ce nouveau droit.
Être atteint d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée ou terminale. Un amendement du gouvernement a explicité la « phase avancée » de la maladie, qui reprend la définition donnée par la Haute Autorité de santé (HAS) dans son avis du 6 mai 2025. Cette phase est « caractérisée par l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie ». Selon l’exécutif, la prise en compte de ces repères dans la loi permettra d’éviter une application variable de l’aide à mourir, qui pourrait générer des inégalités d’accès ou exposer les médecins à des décisions isolées, sans fondement partagé ;
Présenter une souffrance physique ou psychologique constante réfractaire aux traitements (qu’on ne peut pas soulager) ou insupportable selon lui lorsqu’il a choisi de ne pas recevoir ou d’arrêter un traitement. Les députés ont ajouté qu’ »une souffrance psychologique seule ne peut en aucun cas permettre de bénéficier de l’aide à mourir » ;
Être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée.
Ainsi, le malade devra être capable de prendre sa décision en ayant conscience de la portée et des conséquences de son choix, ce qui exclut les personnes dont le discernement est gravement altéré au moment de la démarche.
Olivier Falorni, rapporteur de la loi créant un « droit à l’aide à mourir », prononce un discours après l’adoption de la proposition de loi à l’Assemblée nationale, le 27 mai 2025. STEPHANE DE SAKUTIN/AFP
Quelle procédure pour bénéficier de l’aide à mourir ?
La procédure a été précisée lors des débats qui furent vifs. Les peurs de voir les familles se débarrasser des plus fragiles ont hanté nos élus. Surtout que l’argument économique a été soulevé. En effet, les soins palliatifs sont souvent parmi les plus coûteux dans le système hospitalier. Mais comme l’a rappelé, François Bayrou, la loi n’a aucun objectif budgétaire mais se veut comme une nouvelle liberté pour tous les Français.
Les députés ont retenu le processus suivant pour déclencher le droit de choisir sa fin de vie.
Ainsi, le malade pourra déposer sa demande par écrit ou « par tout autre mode d’expression adapté à ses capacités ». S’il ne peut pas se déplacer, le médecin devra se rendre chez lui où dans le lieu où il est pris en charge pour recueillir sa demande. Il devra l’informer qu’il peut bénéficier de soins palliatifs et d’accompagnement et s’assurer qu’il peut y accéder. Il devra de plus proposer de l’orienter, ainsi que ses proches, vers un psychologue ou un psychiatre.
La procédure collégiale à l’issue de laquelle le médecin prononce sa décision a été revue : elle réunira un collège pluriprofessionnel, auquel il participe et composé au moins d’un spécialiste de la pathologie et d’un soignant intervenant dans le traitement. La personne de confiance désignée par le malade pourra être associée à la procédure collégiale.
Donc finalement, on est loin des objectifs de la première mouture, puisque la décision échappe encore au malade, la décision finale appartient au corps médical tout en lui donnant la possibilité de ne pas pratiquer l’acte puisque la norme sera l’auto injection. La France n’est pas devenue la Suisse. Et en cas de refus du corps médical, c’est un long parcours judiciaire qui s’ouvrirait puisque la décision du médecin pourra être contestée devant le juge administratif par le malade uniquement (sauf cas des majeurs protégés).
En ce qui concerne l’acte en lui-même, le malade a désormais le droit de choisir la date (un minimum certains diront). Il pourra aussi décider de mourir entouré par les personnes de son choix et hors de son domicile. Mais pour éviter toute dérive, les députés ont interdit les lieux publics (voiries, places, parvis, plages, forêts, montagnes, parcs ou jardins par exemple) comme lieu possible de la mort. Une fois le produit létal administré, le texte prévoit que la présence du médecin ou de l’infirmier aux côtés du malade n’est plus obligatoire. Il devra toutefois être suffisamment près et en vision directe de la personne pour pouvoir intervenir en cas de difficulté.
Enfin, les frais exposés dans le cadre de l’aide à mourir seront intégralement pris en charge par l’Assurance maladie.
Nos expatriés français au Royaume-Uni sont, depuis quelques semaines, confrontés à une difficulté nouvelle : l’application de la TVA de 20 % sur les frais de scolarité des écoles indépendantes au Royaume-Uni. En effet cette mesure n’épargne ni le Lycée Français Charles de Gaulle, ni les autres établissements internationaux. C’est pourquoi, la colère gronde sur place. Et c’est dans ce contexte que Lesfrancais.press a interrogé Patricia Connell, membre du parti Renaissance présidé par Gabriel Attal. Pour l’élue à l’Assemblée des Français de l’étranger et présidente du Conseil consulaire à Londres, cette mesure est d’ailleurs « injuste et déstabilisante », et « comprend aussi l’exaspération face à une perception de manque de soutien de la part de la France ».
Dans cet entretien, elle revient également sur les effets du Brexit qui a entrainé une transformation du profil des expatriés français. Elle évoque également la visite d’État d’Emmanuel Macron prévue en juillet. Un moment clé, selon elle, pour rouvrir le dialogue sur des dossiers cruciaux : reconnaissance des diplômes, mobilité des jeunes, coopération bilatérale… et image de la France outre-Manche.
Éducation
Lesfrancais.press : « Patricia Connell, comme nous le soulignions dans notre article du 10 mai dernier, la modification des taux de TVA au Royaume-Uni a un impact direct sur les frais de scolarité des écoles françaises à Londres, notamment au lycée Charles de Gaulle. Les parents d’élèves expriment leur mécontentement face à cette situation et le dialogue avec la direction de l’établissement semble compliqué. Quelle réponse pouvez-vous apporter à leurs préoccupations ? »
Patricia Connell : « Je comprends profondément la colère des parents face à l’application brutale de la TVA de 20 % sur les frais de scolarité des écoles indépendantes au Royaume-Uni. Cette décision concerne toutes les écoles privées, y compris les établissements français, allemands, espagnols, japonais, et même les petites écoles FLAM.
Et je les comprends d’autant mieux que j’ai moi-même, par le passé, scolarisé mes trois enfants au Lycée Charles de Gaulle et que mes deux petites-filles sont actuellement élèves au Lycée International Winston Churchill. Si j’étais encore dans leur situation aujourd’hui, je ressentirais exactement la même chose. Cette taxe est injuste et déstabilisante – elle n’aurait, à mon sens, jamais dû être adoptée.
L’Ambassadrice de France au Royaume-Uni, Hélène Tréheux-Duchêne avec Patricia Connell
« Je comprends aussi l’exaspération face à une perception de manque de soutien de la part de la France. »
Patricia Connell, élue des Français du Royaume Uni
Pourtant, elle l’a été : le 6 novembre 2024, la Chambre des communes a voté en faveur de cette mesure. 383 députés ont voté pour et 184 contre : un soutien massif, porté par le Parti travailliste, avec l’appui des Libéraux-démocrates, des Verts, de Plaid Cymru, du SDLP et de plusieurs indépendants. Il faut en conclure que cette mesure est, politiquement, plutôt populaire… vous ne trouvez pas ?
Depuis, le ministre délégué au commerce extérieur et aux Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin, les élus, les représentants des parents d’élèves, l’AEFE et les services de l’ambassade se sont pleinement mobilisés pour tenter de trouver une solution. Le ministre a même tenu une visioconférence avec les parents afin de leur expliquer les démarches en cours et les contraintes auxquelles nous faisons face.
Toutefois, une hausse de 20 % des frais de scolarité représente une charge considérable – plusieurs milliers de livres par an – pour des familles qui, souvent, font déjà des sacrifices importants pour maintenir leurs enfants dans le système français.
Je comprends aussi l’exaspération face à une perception de manque de soutien de la part de la France. Mais rappelons que le réseau d’enseignement français à l’étranger est un outil unique au monde. Et même si l’AEFE n’est pas parfaite, elle joue un rôle essentiel dans 139 pays pour assurer la continuité du service public français et le rayonnement de notre culture. Un exemple concret : pour l’année 2025-2026, près de 1,7 million d’euros ont été alloués à Londres sous forme de bourses scolaires pour les familles les plus modestes.
« Les écoles du réseau AEFE n’étaient pas la cible du gouvernement travailliste. La cible, ce sont les écoles privées britanniques »,
Patricia Connell, élue des Français du Royaume Uni
J’ai également lu dans votre dernier article que certains parents comparent les frais de scolarité à ceux des meilleures écoles privées britanniques. Il faut rétablir la réalité : les frais annuels de la section française du Lycée Charles de Gaulle s’élèvent à environ 13 000 £. C’est une somme importante, bien sûr, mais cela correspond à un seul trimestre dans des écoles comme St Paul’s ou King’s College Wimbledon, où les frais dépassent 40 000 £ par an. On ne parle donc pas du tout des mêmes budgets. Et n’oublions pas que la grande majorité d’entre nous ne paie que peu ou pas d’impôts en France. »
Lesfrancais.press : « À l’occasion d’une visite d’État au Royaume-Uni, prévue du 8 au 10 juillet prochain, le Président de la République, Emmanuel Macron, rencontrera le Premier ministre britannique Keir Starmer. Ce sujet lié à l’impact de la TVA sur les écoles françaises pourrait-il être abordé lors de cet entretien, en effet des solutions sont encore possibles pour atténuer les hausses enregistrées ? Quels autres dossiers concernant directement nos expatriés au Royaume-Uni seront susceptibles d’être discutés lors de cet échange officiel ? »
Patricia Connell : « Oui, bien sûr, je pense que ce sujet devrait être évoqué lors de la visite d’État du Président Emmanuel Macron, prévue du 8 au 10 juillet 2025. C’est une illustration très concrète des conséquences du Brexit sur notre communauté, et une atteinte potentielle à la diversité éducative dans une capitale aussi internationale que Londres.
Patricia Connel pour le groupe IDP lors de la dernière session de l’AFE à Paris
À noter cependant que cette taxe n’impacte pas uniquement les écoles françaises, mais toutes les écoles internationales indépendantes. Il serait donc légitime d’envisager des discussions pour explorer des exemptions ciblées ou des mécanismes de transition, notamment pour les établissements à but non lucratif comme le Lycée Charles de Gaulle. Mais je vous avoue ne pas être très optimiste. À mon humble avis, les écoles du réseau AEFE n’étaient pas la cible du gouvernement travailliste. La cible, ce sont les écoles privées britanniques. Nous en sommes les victimes collatérales.
Par ailleurs, d’autres dossiers essentiels pour nos compatriotes devraient figurer à l’ordre du jour : la reconnaissance des diplômes et l’équivalence des qualifications professionnelles ; la coordination des régimes de retraite et des droits sociaux post-Brexit ; la mobilité des jeunes : des discussions sont en cours pour créer un visa « jeunes professionnels » pour les 18–30 ans, avec un soutien populaire (près de 65 % des Britanniques y sont favorables, selon YouGov) ; le retour potentiel dans le programme Erasmus pour les étudiants britanniques et bien sûr, la coopération en matière de défense, renforcée depuis les accords de Lancaster House. Mais attention : plusieurs de ces sujets ne pourront être réglés dans un cadre strictement bilatéral. Certains relèvent du dialogue entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. »
Circulation et installation
Lesfrancais.press : « Alors que le Royaume-Uni fut longtemps un passage quasi obligé pour la jeunesse française comme fille ou fils au pair ou comme serveurs dans un bar londonien, pour des études ou à la City, le Brexit effectif depuis le 1er février 2020et les nouvelles règles en vigueur ont-elles changé la composition de la communauté française ? Qu’en est-il des nouveaux arrivants ? »
Patricia Connell : Le Brexit a profondément transformé notre communauté. Avant 2020, le Royaume-Uni était une destination quasi naturelle pour de nombreux jeunes Français : au pair, serveurs, stagiaires, étudiants… C’était simple, fluide, accessible. On se souvient de ces jeunes – et moins jeunes – qui débarquaient à St Pancras, sans travail ni logement. Le centre Charles Péguy jouait alors un rôle essentiel pour les accompagner dans la recherche d’un emploi et d’un toit. Ce centre n’existe malheureusement plus.
« Le retour éventuel du Royaume-Uni dans Erasmus serait un signal fort»
Patricia Connell, élue des Français du Royaume Uni
Aujourd’hui, les visas ont tout changé. Le nombre de jeunes Français venant pour des séjours courts a chuté de plus de 60 %, selon les estimations du consulat. À l’inverse, la très grande majorité des Français déjà installés ont régularisé leur situation via le EU Settlement Scheme.
Malgré ces bouleversements, nous comptons à ce jour plus de 150 000 Français inscrits au registre consulaire à Londres, ce qui témoigne d’un attachement fort à ce pays. Quant aux nouveaux arrivants, ils sont souvent plus qualifiés, avec des projets professionnels structurés. Cela modifie la sociologie de notre communauté, qui reste dynamique, mais moins spontanée. Ce n’est pas nécessairement un mal, mais il faut s’y adapter. Je suis optimiste : des accords de mobilité sont à l’étude, notamment pour les jeunes Européens. Le retour éventuel du Royaume-Uni dans Erasmus serait un signal fort. Nous devons faire tout notre possible pour que la jeunesse européenne retrouve sa place ici.
La France vue du Royaume-Uni
Lesfrancais.press : « En évoquant des changements, l’instabilité politique que la France a connue ces derniers mois a-t-elle modifié l’image que les Britanniques ont de notre pays ? Comment est-il aujourd’hui perçu outre-Manche ? »
Patricia Connell : L’instabilité politique que traverse la France depuis près d’un an – dissolutions, tensions sociales, polarisation – a bien sûr été observée au Royaume-Uni. Elle suscite des interrogations, parfois de l’incompréhension.
Mais la France conserve une image forte. Elle est perçue comme une puissance stratégique, influente, autonome, engagée sur la scène internationale. Son rôle dans la crise ukrainienne, sa place au Conseil de sécurité de l’ONU, son autonomie de défense : tout cela impressionne.
« Il nous appartient de faire vivre cette image moderne et positive de la France »
Patricia Connell, élue des Français du Royaume Uni
La vision portée par le président de la République d’une France forte dans une Europe forte n’a pas changé. Les accords de Lancaster House, signés en 2010 par David Cameron et Nicolas Sarkozy, ont marqué un tournant majeur dans la coopération de défense entre la France et le Royaume-Uni. Ils témoignent de la profondeur de la relation franco-britannique. Et dans le domaine militaire, le Royaume-Uni est notre partenaire numéro un en Europe. C’est une réalité que personne ne conteste.
Enfin, les débats passionnés autour de l’Europe, de la transition écologique et du numérique montrent que la France reste un moteur du projet européen. Et cela inspire aussi le respect. Il nous appartient, à nous les élus, mais aussi à tous les citoyens français résidant au Royaume-Uni, de faire vivre cette image moderne et positive de la France. Et dans cette mission, les Français de l’étranger sont nos meilleurs ambassadeurs.