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  • Finale de la Ligue des champions : le Consulat de France à Munich en première ligne

    Finale de la Ligue des champions : le Consulat de France à Munich en première ligne

    Le 31 mai 2025 à 21h, l’Allianz Arena de Munich vibrera aux couleurs de l’Europe : le Paris Saint-Germain affrontera l’Inter Milan en finale de la Ligue des champions. Dans un stade plein à craquer, avec près de 64 500 spectateurs, dont 18.000 Français, mais potentiellement 30.000 dans toute la ville, et des millions de téléspectateurs dans plus de 200 pays, l’événement promet d’être autant un sommet sportif qu’un moment de rayonnement international.

    Au-delà du choc des titans, la rencontre pourrait aussi marquer un temps fort de la diplomatie sportive franco-italienne, à laquelle le Consulat général de France à Munich souhaite pleinement contribuer. Il sera d’ailleurs en première ligne sur différents aspects. La présence possible de la ministre française des Sports, Mme Amélie Barsacq, à cette occasion, renforcerait encore davantage la portée institutionnelle de l’événement.

    Alexandre Vulic, consul général de France à Munich
    Alexandre Vulic, consul général de France à Munich

    Pour vous partager les coulisses diplomatiques de l’événement, mais aussi la logistique et l’engagement humain d’un tel rendez-vous, Lesfrancais.press a interrogé Alexandre Vulic, Consul général de France à Munich : « il y a une diplomatie du sport que les diplomates français, dont je fais partie, ont toujours à cœur de mettre en œuvre ».

    Lesfrancais.press : « Monsieur le Consul général, quel rôle joue le Consulat dans la préparation d’un événement de cette envergure ? »

    Alexandre Vulic : « Le rôle du Consulat est multiple. Pour simplifier je dirais qu’il vise à contribuer au bon déroulement de la venue d’un grand nombre de compatriotes pour ce match et donc à l’occasion de leur séjour qui peut durer un ou plusieurs jours à Munich. Cela suppose d’être prêts à soutenir nos compatriotes, qu’il s’agisse des supporters ou des joueurs, pour les urgences qui peuvent se présenter (perte ou vol de documents, urgences médicales pour les Français de passage ou en encore en cas de violences ou d’arrestation).

    « Notre pays met en œuvre, dans le cadre de sa politique d’influence, une véritable diplomatie sportive »

    Alexandre Vulic, Consul général de France à Munich.

    Mais un tel match suppose aussi pour le Consulat d’être prêt à accueillir celles de nos autorités gouvernementales, politiques ou médiatiques qui feraient le déplacement pour ce match. Et il y en aura ! C’est en effet et un aussi un moment unique d’attention, qui offre la possibilité de faire connaître le sport français et la France. Notre pays met en œuvre, dans le cadre de sa politique d’influence, une véritable diplomatie sportive. Depuis 2019, plusieurs outils d’influence du ministère ont d’ailleurs évolué afin d’intégrer une dimension « sport », offrant ainsi au réseau diplomatique de nombreuses possibilités pour développer notre diplomatie sportive à travers le monde.

    Finale PSG-Inter à Munich
    Finale PSG-Inter à Munich

    Cela est apparu avec évidence pour le grand public lors des Jeux olympiques et paralympiques de Paris en 2024. En lien avec le Consulat général, l’Ambassade de France à Berlin est également mobilisée sur des aspects de compétence fédérale, pour le lien avec le cabinet de la Ministre des Sports à Paris ou sur la communication. »

    LFP : « Depuis quand la préparation a-t-elle commencé et quels sont les services du Consulat mobilisés ? »

    A.V. : « Nous sommes mobilisés depuis que nous avons été informés de l’éventualité de la tenue de cette rencontre, dans la deuxième moitié du mois d’avril de mémoire. La victoire du PSG sur Arsenal le 7 mai l’a confirmé…  Les services consulaires sont mobilisés en priorité, et une permanence sera à la disposition de nos compatriotes. Ils sont en contact avec la ville de Munich, avec la police bavaroise et bien sûr avec le PSG, toujours en lien avec notre Ambassade à Berlin.

    « Permettre au grand nombre de nos supporters du PSG de rejoindre Munich aussi facilement que possible »

    Alexandre Vulic, Consul général de France à Munich.

    L’ensemble du Consulat est mobilisé et se tient prêt à participer à des actions de communication par exemple. J’ai également pris contact personnellement avec mon collègue italien ici, à la fois pour coordonner nos préparatifs, très largement parallèles, et pour proposer que nous puissions envisager un moment franco-italien, dans l’esprit sportif du football.

    LFP : « Quels sont les principaux défis auxquels vous faites face à l’approche de la finale ? »

    A.V. : « J’en retiendrais deux, particulièrement importants à mon sens : permettre au grand nombre de nos supporters du PSG de rejoindre Munich aussi facilement que possible. Les contrôles frontières sont assurés par la Bundespolizei (N.D.L.R. : police nationale allemande). L’ambassade se concerte régulièrement avec les autorités fédérales pour que ce passage soit le plus fluide possible.

    Supporters du PSG après une victoire
    Supporters du PSG après une victoire

    Deuxième défi : permettre que leur séjour et le match se déroulent dans les meilleures conditions de sécurité pour tous. Si la plupart des supporters ne sont animés que d’esprit sportif, un match de ce type attire aussi, chacun le sait, un certain nombre d’« ultras » qui peuvent présenter des risques et des difficultés. Pour y remédier, cette manifestation donne lieu à une coopération policière opérationnelle entre nos deux pays. »

    LFP : « Quels liens ont été mis en place avec les autorités bavaroises et la Ville de Munich ? »

    A.V. : « Le Consulat général à Munich est en relation avec le Ministère de l’Intérieur, des Sports et de l’Intégration de Bavière, qui a désigné un point de contact policier. (…) Enfin nous avons un contact avec le service de la culture et des sports de la ville de Munich. Je saisis l’occasion de rendre hommage à leur professionnalisme et leur travail, je suis personnellement impressionné par leur réactivité et leur précision. »

    LFP : « Travaillez-vous de manière spécifique avec les forces de l’ordre ou les services de sécurité locaux ? »

    A.V. : « Oui, et ce match n’est une occasion parmi d’autres d’une excellente relation de travail que nous entretenons et dont nous avons pu mesurer la qualité par exemple lors des attaques et agressions qui ont pu se produire en Bavière ces derniers mois. »

    LFP : « Existe-t-il un protocole spécifique en cas de débordements ou d’incidents impliquant des ressortissants français ? »

    A.V. : « Cela fait en effet partie des responsabilités du Consulat général que de s’en assurer, mais ce sont le cadre légal et les prérogatives des autorités allemandes de Bavière qui s’exercent principalement. »

    LFP : « Quel dispositif sera mis en place pour accueillir et assister les 30 000 supporters français attendus ? »

    A.V. : « Vous en avez compté 30 000 ? À ma connaissance nous parlons plutôt de 18 000 personnes, ce qui est déjà considérable ! Munich, qui a l’habitude des grands événements sportifs, accueillera quelques jours avant la rencontre, déjà, l’UEFA Champions Festival en plein air à l’Olympiapark pour le plus grand plaisir des fans de football et de musique, avec notamment le DJ Sebastian Ingrosso du groupe Swedish House Mafia.

    « Pour les supporters, en cas de perte de titres d’identité, les personnes pourront contacter le consulat »

    Alexandre Vulic, Consul général de France à Munich.

    Munich a également prévu une Fan Zone pour les supporters du PSG, sur une grande place centrale de la ville. Une « Fan Walk » est également prévue, entre le centre et les alentours du stade. »

    LFP : « Le Consulat prévoit-il un service d’assistance ou une permanence consulaire le jour de la finale ? »

    A.V. : « Oui, absolument, j’y faisais allusion tout à l’heure. Pour les supporters, en cas de perte de titres d’identité, les personnes pourront contacter le consulat, après avoir effectué une déclaration de perte ou de vol auprès des autorités de polices locales. Notre secteur Affaires Sociales est également en contact régulier avec les autorités bavaroises en cas d’arrestation ou d’urgence médicale pour un français de passage.

    Pour la communication avec les supporters, nous appelons l’attention, directement ou par l’intermédiaire du PSG et des autorités bavaroises, sur les liens et informations suivants sur le site du consulat :

    LFP : « Avez-vous prévu des messages de prévention ou d’information à destination des supporters français ? »

    A.V. : « C’est un de mes sujets de travail au moment où je vous parle. Toute initiative que nous prendrions en la matière dépendrait d’instructions que nous recevrions de nos autorités et de l’Ambassade, et serait naturellement concertée avec les autorités bavaroises et le club. Je souhaite d’ailleurs que le site du Consulat puisse offrir à nos amis de la ville et de la police de Munich la possibilité de relayer les informations qu’ils estiment importantes autour de cet événement. »

    LFP : « Peut-on parler d’un « moment fort » pour la diplomatie française en Allemagne ? »

    A.V. : « Je l’espère ! Je crois que nous avons là, avec les joueurs du PSG dans l’Allianz Arena, un beau symbole à mettre en valeur alors que le nouveau gouvernement fédéral allemand, qui comprend un nombre significatif de Bavarois, aura encore moins d’un mois et que nous voyons une dynamique franco-allemande nouvelle annoncée lors de la récente visite du Chancelier Merz à Paris le 7 mai.

    « Un événement de ce type est un moment de rassemblement, de mobilisation et de joie partagée »

    Alexandre Vulic, Consul général de France à Munich.

    Mais c’est avant tout une finale de la Ligue des Champions entre deux grands clubs, l’un français, l’autre italien et j’aimerais, avec mon collègue le Consul général d’Italie, en faire ensemble un grand et agréable moment fort de diplomatie sportive. Comme je le disais tout à l’heure, il y a une diplomatie du sport que les diplomates français dont je fais partie ont toujours à cœur de mettre en œuvre ! »

    LFP : « Comment ce type d’événement permet-il de renforcer les liens entre la communauté française et les institutions locales ? »

    A.V. : « Un événement de ce type est un moment de rassemblement, de mobilisation et de joie partagée, non seulement des supporters venus de Paris, mais aussi de nos compatriotes de Bavière. Un grand nombre d’entre eux sont ici depuis longtemps, y ont leur vie et leurs intérêts, d’autres s’y installent et pensent y rester, ils sont tous partie prenante de la vie bavaroise et de ses institutions.

    @Adobestock
    @Adobestock

    Ils sont autant d’ambassadeurs de leur pays, de la culture et du sport français, qui bénéficient d’un authentique intérêt et d’un fort capital de sympathie au sein de la population de la Bavière. Une histoire et des intérêts anciens et diversifiés lient la France et la Bavière, et ce lien passe par des liens humains nombreux, par exemple par l’intermédiaire de plus de 400 jumelages entre communes et collectivités territoriales bavaroises et françaises, dont l’Ile de France et plusieurs communes de la région parisienne. J’aimerais que le sport y contribue encore davantage. C’est donc l’occasion ! »

    LFP : « Quel souvenir personnel aimeriez-vous garder de cette finale, en tant que représentant de la France à Munich ? »

    A.V. : « Celle d’une belle victoire du PSG bien sûr ! Mais aussi celle d’un beau moment de sport et d’esprit sportif, dans ce lieu exceptionnel qu’est l’Allianz Arena de Munich… et en bonne intelligence avec nos amis italiens. Je parlais de diplomatie sportive tout à l’heure, c’en serait une belle illustration ! »

    Alors que le coup d’envoi approche, la finale PSG-Inter Milan est avant tout une fête du football, elle est aussi une prouesse organisationnelle. Le travail mené par les administrations françaises et allemandes, les forces de sécurité, les services consulaires et les autorités locales témoigne d’un engagement sans faille au service du public.

    Quelle que soit l’issue du match, cette soirée s’annonce mémorable. Elle célébrera le sport, bien sûr, mais aussi l’amitié entre les peuples, le dialogue franco-italien et la force tranquille d’une diplomatie du terrain. Munich sera, pour un soir, bien plus que la capitale bavaroise : un stade de l’Europe en fête.

  • Rouler en France avec son permis étranger !

    Rouler en France avec son permis étranger !

    Vous êtes désormais non-résident, mais plus précédemment vous avez passé votre permis en France. Depuis, bien installé(e) dans votre pays de résidence, vous avez échangé votre permis français contre celui émis par les autorités locales. Que se passe-t-il si vous commettez une infraction routière lors de votre passage en France ? On fait le point pour les expatriés sur les règles en vigueur.

    Conduire avec un permis étranger

    Un historique des infractions commises par des automobilistes étrangers est tenu par les services de Police ou de Gendarmerie. C’est ainsi qu’un conducteur roumain s’est vu retirer son permis après une infraction mineure. En effet, en consultant le fichier, le policier l’ayant arrêté s’est rendu compte qu’il avait un arriéré d’infractions et qu’il n’avait pas changé son permis étranger contre un français. Cette situation l’a mis hors la loi puisqu’il a été considéré comme circulant sans permis. Une amende de 1 000 euros avec sursis lui a alors été attribuée.

    Les routes françaises sont ouvertes aux conducteurs internationaux. Pour ceux qui résident dans un pays européen, il n’y a aucune règle particulière. Toutefois, pour les étrangers à l’Europe, l’autorisation de circuler avec un permis étranger dépendra de la nature du séjour.

    Ainsi, dans le cas des expatriés, toujours à la frontière de l’expatriation, les autorités françaises, même en cas de présentation d’un permis non français, continuaient à retirer les points sur le permis français. Mais désormais grâce à une décision de la Cour de cassation prononcée ce printemps 2025, cette époque serait révolue. Cependant, il est impératif de :

    • Présenter le permis non français
    • Être capable de démontrer sa non-résidence en France

    Cependant, vous n’êtes pas à l’abri des sanctions financières si vous vivez dans l’Union européenne.

    Permis européen, l’amende peut vous suivre

    Des accords ont été mis en place avec certains pays européens. Si un automobiliste européen et non résident commet une infraction sur les routes françaises, il devra alors s’acquitter d’une amende, sans perte de points.

    @adobestock
    @adobestock

    Ainsi avec la mise en place d’un programme d’échange transfrontalier d’informations relatives aux infractions routières, rendu possible suite à la publication de la directive du 11 mars 2015, les forces de l’ordre françaises ne sont plus obligées d’interpeller elles-mêmes un automobiliste venant d’un pays Européen pour qu’il fasse l’objet de poursuites.

    En effet, il peut être poursuivi par la justice française s’il est résident d’un pays de l’Union Européenne (sauf s’il vit au Royaume-Uni, ou au Danemark) et s’il a commis au moins l’une des 8 infractions sanctionnées dans le cadre de ces échanges.

    Les infractions concernées sont :

    • les excès de vitesse
    • l’absence de port de la ceinture de sécurité
    • le franchissement d’un feu rouge
    • la conduite en état d’ivresse
    • la conduite après avoir consommé de produits stupéfiants
    • l’absence de port d’un casque
    • la circulation sur une voie interdite
    • l’utilisation d’un téléphone portable

    Si l’usager de la route venant de l’UE est l’auteur de l’une de ces infractions, les autorités françaises lui feront parvenir un avis de contravention dans la langue officielle du pays d’immatriculation du véhicule (ou dans la langue utilisée pour le certificat d’immatriculation) comportant l’ensemble des informations permettant à l’usager sanctionné de payer le montant de sa contravention dans les temps.

  • « L’Arabie saoudite quelles opportunités pour la France ? »  

    « L’Arabie saoudite quelles opportunités pour la France ? »  

    Écouter le podcast avec Nadia Chaaya

    Élue des Français(es) d’Arabie saoudite, présidente du groupe « Les indépendants » à l’AFE et récemment décorée de l’ordre du Mérite, Nadia Chaaya revient sur son parcours, ses combats, et les perspectives pour les expatriés dans une région en pleine transformation. Nous lui avons d’ailleurs demandé quelles opportunités pour la France sont aujourd’hui envisageables en Arabie saoudite ? Pour le savoir, écoutez ce podcast, la réponse de notre invitée est sans doute un très bon conseil. 

    L’ordre national du mérite : la reconnaissance d’un engagement

    Le 15 mai dernier, Nadia Chaaya a reçu la médaille de l’ordre national du Mérite. Une distinction qu’elle accueille avec humilité et émotion : « Quand une reconnaissance comme celle-ci arrive, on se sent à la fois honoré et un peu bouleversé. […] Pour moi, c’est une manière de dire que le travail, l’engagement de terrain, la constance, ça compte.»

    L’ordre national du mérite : la reconnaissance d’un engagement
    L’ordre national du mérite : la reconnaissance d’un engagement

    De Beyrouth à Jeddah, un parcours façonné par la résilience

    Née au Liban, Nadia Chaaya a grandi durant les années de guerre. Des années qui ont forgé son engagement et son attachement aux valeurs de solidarité : « J’ai passé toute mon enfance dans ces années de guerre qui étaient très difficiles. […] Quand je me suis installée avec mon mari en Arabie Saoudite, depuis maintenant plus de 25 ans, j’ai voulu redonner à la France un peu de ce qu’elle m’a donné.»

    De Beyrouth à Jeddah, un parcours façonné par la résilience
    De Beyrouth à Jeddah, un parcours façonné par la résilience

    Élue en 2014, puis réélue en 2021 avec un soutien massif  les trois sièges sur trois pour notre liste»), elle siège aujourd’hui à la commission de sécurité de l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger) et préside le groupe « les indépendants ».

    Crise, protection, éducation : les combats du quotidien

    Parmi ses principales priorités : la protection des Français à l’étranger, qu’elle a illustrée par sa gestion de la faillite de Saudi Oger : « On avait 700 Français bloqués, sans salaire ni possibilité de quitter le pays. […] On a obtenu le remboursement intégral des salaires. Seuls les Français l’ont obtenu.»

    Avec le collectif des parents de victimes de l'explosion du port de Beyrouth
    Avec le collectif des parents de victimes de l’explosion du port de Beyrouth

     Son rôle est aussi de défendre les droits locaux des expatriés, de soutenir la présence éducative française avec : « une seule école pour toute la circonscription ouest.»

    Crises à venir et projets structurants

    Deux autres projets sont aujourd’hui au cœur de ses priorités : Un plan de préparation aux crises, naturelles ou sécuritaires, d’une part : Et la défense des déposants français au Liban ayant perdu leurs avoirs dans la crise bancaire, d’autre part. « Ce sujet me tient particulièrement à cœur et je compte vraiment le travailler à fond.» Autre sujet majeur : le guichet unique pour le retour en France, proposé par son groupe. Nadia Chaaya révèle les freins administratifs évoqués par certains services des ministères et qui semblent rejeter ce projet mais reste déterminée : « Les Français de l’étranger […] n’arrivent pas à [rentrer] paisiblement. Mais ça ne va pas nous faire baisser les bras.»

    Intégrer les élus aux dispositifs de sécurité

    La place de l’élu dans la gestion de crise est également une priorité. Face à la multiplication des crises, les élus deviennent souvent les premiers interlocuteurs des Français de l’étranger : « On est les premiers à être appelés. […] On veut être intégrés dans le dispositif, avec le chef d’îlot, le poste, le centre de crise.»

    L’Arabie saoudite : une terre d’opportunités, à condition d’être bien accompagné

    À l’heure où la Vision 2030 initiée par le prince héritier Mohammed Ben Salmane (MBS) transforme l’économie saoudienne, Nadia Chaaya encourage les entreprises françaises à s’y intéresser, tout en appelant à la vigilance et au respect des règles locales : « Il y a une grande opportunité. Il faut être vigilant. […] Il faut s’approcher du MEDEF, de Business France.»

    L’Arabie saoudite : une terre d’opportunités, à condition d’être bien accompagné
    L’Arabie saoudite : une terre d’opportunités, à condition d’être bien accompagné

    Elle souligne également l’implication croissante de la France dans les domaines de l’archéologie, des infrastructures, des énergies propres ou encore de la culture, à travers notamment la présence du CNRS ou du Louvre.

    Une reconnaissance dédiée aux élus de terrain

    Avant de conclure, Nadia Chaaya a tenu à adresser un mot à ses collègues de l’étranger : « Je voudrais terminer en dédiant avec émotion la distinction de l’ordre du mérite à l’ensemble de mes collègues élus des Français de l’étranger. Beaucoup s’investissent bénévolement avec une énergie admirable. […] Ce dévouement quotidien mérite d’être salué. »

  • Pétrole : le pari risqué de l’Arabie saoudite

    Pétrole : le pari risqué de l’Arabie saoudite

    Le 3 mai dernier, l’OPEP+, qui représente 40% de l’offre mondiale de brut, a annoncé une augmentation de sa production de 411 000 barils par jour (bpj) à compter du mois de juin, soit trois fois plus que ce qu’anticipaient les analystes. Cette hausse équivaut à 0,4 % de la demande mondiale. Sans surprise, l’annonce a provoqué une baisse du cours du pétrole. Le baril est brièvement passé sous la barre des 60 dollars, frôlant ses plus bas niveaux depuis quatre ans. L’OPEP+ a justifié cette décision par des « fondamentaux de marché sains ». Une explication que les analystes jugent peu crédible.

    Face aux tensions commerciales récentes, source de ralentissement de la croissance mondiale, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a abaissé de 400 000 bpj sa prévision de demande mondiale pour la fin 2025. Par ailleurs, plusieurs producteurs non-membres de l’OPEP+, notamment les États-Unis, augmentent leur production. Avant même l’annonce du 3 mai, les prix du brut avaient déjà reculé de 25 % depuis la mi-janvier.

    Conjuguer prix bas et volumes faibles est intenable pour de nombreux pays

    Depuis 2016, l’OPEP+ applique des quotas stricts pour soutenir les prix. La production du groupe avait ainsi été réduite de près de 6 millions de barils par jour. En décembre dernier, l’organisation avait annoncé une diminution progressive de ces restrictions, à raison de 122 000 bpj par mois à compter d’avril. Pourtant, le cartel a désormais décidé de relever sa production de 411 000 bpj, décision confirmée pour le mois de juin. Les pays membres peuvent supporter des volumes faibles si les prix sont élevés, ou des volumes élevés si les prix sont bas. En revanche, conjuguer prix bas et volumes faibles est économiquement intenable pour de nombreux pays confrontés à des besoins budgétaires élevés.

    Le poids du cartel sur les prix mondiaux tend à diminuer. Une réduction d’un million de barils par jour ne provoque plus qu’une hausse de 4 dollars du baril, contre 10 dollars en 2023 et 20 en 2022. L’OPEP+ estime donc pouvoir accroître sa production sans déclencher un effondrement brutal des cours.

    Conjuguer prix bas et volumes faibles est intenable pour de nombreux pays
    Conjuguer prix bas et volumes faibles est intenable pour de nombreux pays

    Au-delà des considérations économiques, l’Arabie saoudite, chef de file du groupe, cherche à sanctionner les membres qui ne respectent pas les quotas. L’Irak, le Kazakhstan et les Émirats arabes unis ont dépassé leurs plafonds depuis des mois. Ils ont certes promis des coupes compensatoires, mais Riyad semble avoir perdu patience. Dotée d’un fonds souverain puissant et d’un accès facilité aux marchés obligataires, l’Arabie saoudite estime pouvoir mieux encaisser un choc sur les prix que ses partenaires plus vulnérables. Elle entend punir les tricheurs pour reprendre ensuite la main sur le marché. Cette stratégie a déjà été utilisée, notamment en 1986 et en 2014.

    Les tricheurs plieront-ils face à l’Arabie saoudite ? 

    Pour l’instant, la chute des prix reste limitée : les marchés anticipent une hausse saisonnière de la demande cet été. Mais de nouvelles hausses de production, ou même des signaux en ce sens, pourraient faire chuter les prix sous les 50 dollars le baril. Un tel scénario menacerait la rentabilité du pétrole de schiste américain, fragilisant ainsi un allié stratégique des Saoudiens. Il compromettrait également les équilibres budgétaires russes, rendant plus difficile le financement de l’effort de guerre pour un autre membre de l’OPEP+.

    Les tricheurs plieront-ils face à l’Arabie saoudite ? Rien n’est moins sûr. Le 23 avril dernier, Erlan Akkenzhenov, le ministre kazakh de l’Énergie, a déclaré que son pays ferait primer ses intérêts nationaux sur ceux du cartel. Et même en cas de revirement politique, la production kazakhe reste largement entre les mains de compagnies pétrolières internationales, dans un contexte où l’État contrôle peu directement les volumes extraits.

    En somme, la partie de poker engagée par Riyad ne fait que commencer. En relevant sa production dans un contexte de demande affaiblie, l’Arabie saoudite ne se contente pas de jouer avec les curseurs du marché : elle impose un rapport de force, à la fois économique et politique, au sein d’un cartel fracturé. Face aux tricheurs, Riyad renoue avec une vieille tactique – provoquer la douleur pour rappeler qui tient la manette. Mais cette stratégie, efficace hier, pourrait s’avérer risquée demain. Car le monde du pétrole a changé : l’influence de l’OPEP+ s’effrite, la transition énergétique s’accélère, et les marges de manœuvre budgétaires s’amenuisent pour les pays du Golfe.

  • Tom Félix : l’appel à Macron de sa famille

    Tom Félix : l’appel à Macron de sa famille

    Quand on part en expatriation, c’est souvent pour le meilleur mais parfois c’est aussi pour le pire. Tom Félix, ancien cadre au sein du groupe Veolia, diplômé en aquaculture et biologie marine, était parti en Malaisie pour ouvrir un restaurant. Mais depuis le 09 aout 2023, il croupit dans les geôles du pays. Alors que son procès doit se tenir ce 16 juin, sa famille en appelle à Emmanuel Macron. Il risque la peine de mort.

    Détention de Cannabis

    Sur le point d’ouvrir un restaurant, il a été arrêté le 9 août 2023, sur cette île malaisienne pour détention et trafic de stupéfiants.

    Sur la base d’un renseignement, la police est entrée dans l’appartement qu’il partageait avec son associé, sur l’île de Langkawi. Dans les parties communes, elle a trouvé 800 g de cannabis – elle a d’abord annoncé 400 g et parle de 2 kg aujourd’hui. Son colocataire, avec qui il montait un projet de restauration, a eu beau dire que la drogue lui appartenait, le Français a été arrêté.

    Depuis, il croupit à la prison de Perlis, sur le continent. Au-delà de cet enfer carcéral, il risque la peine de mort, dans un pays, monarchie constitutionnelle, où la justice fait preuve de plus de sévérité envers les étrangers : sur l’ensemble des détenus condamnés à mort, 44 % seraient de nationalité étrangère.

    En avril, la Malaisie, qui applique un moratoire sur les exécutions capitales depuis 2018, a abrogé une loi rendant automatique l’application de la peine de mort pour 11 crimes, dont le trafic de drogue, en redonnant aux juges leur pouvoir discrétionnaire. « Cette réforme est une étape cruciale pour réviser les failles de notre système pénal », a estimé Katrina Jorene Maliamov, à la tête d’Amnesty International dans ce pays d’Asie du Sud-Est, qui compte 33 millions d’habitants. Le roi et les gouverneurs y disposent d’un droit de grâce.

    Emmanuel Macron en Asie

    Alors que le Président de la République entame ce lundi une tournée en Asie, les parents de Tom espèrent maintenant rencontrer le président Emmanuel Macron, qui se rendra à Singapour, en fin de semaine lors du Dialogue Shangri-La, sommet annuel sur la sécurité et la défense. En effet, sa mère Sylvie Félix, comme son mari, sont enseignants au Lycée français de Singapour.

    Lycée français de Singapour.
    Lycée français de Singapour.

    Ces derniers, qui ont rencontré l’ambassadeur de France en Malaisie, début mai, ont interpellé la chancellerie à Paris, ainsi que de nombreux élus. « Nous remercions l’ambassade pour la protection consulaire, mais elle est limitée et inefficace pour le cas de Tom et nous déplorons qu’ils n’entendent pas qu’il faut intervenir plus fermement », a encore déclaré Mme Félix à l’AFP.

    104 années de prison ?

    Car si Tom Félix ne sera peut-être pas exécuté en cas de condamnation, il risque tout de même 104 années de détention cumulées, 54 coups de bâton et une amende de 27 000 euros.

    S’il est condamné pourra-t-il bénéficier d’une procédure de transfèrement ? Rien n’est moins sûr ! Pourtant les conditions de détention sont épouvantables en Malaisie.

    Pour soutenir, la famille sachez que ses proches ont créé une cagnotte sur Helloasso pour faire face aux frais d’avocats. Une page Facebook, Free Tom Felix, a lancé l’alerte et informe régulièrement sur ce « passionné d’écologie et de biologie marine », qui vit ce cauchemar et risque sa vie en Malaisie.

  • Naturalisation comme Français : durcissement des critères

    Naturalisation comme Français : durcissement des critères

    Français de l’étranger, vous rentrez en France, avec des membres de votre famille crée dans votre pays de résidence et vous aimeriez bien qu’ils deviennent Français ? Sachez que le ministère de l’Intérieur, par une nouvelle circulaire, a durci les exigences relatives au processus de naturalisation française, rapporte Le Parisien. Test de langue, formation civique, entretien avec un agent de préfecture… Les difficultés ont été rehaussées et pourraient donc limiter le nombre de personnes naturalisées.

    Maitriser la langue

    Concernant la langue, les candidats doivent passer, aujourd’hui, deux certifications au choix : le test de connaissance du français (TCF) ou le test d’évaluation du français (TEF). Jusqu’ici, le niveau B1 était requis. Selon les services de l’État, cela correspond à un niveau d’utilisateur dit « indépendant ». Les demandeurs doivent par exemple répondre à des questions dont les réponses sont tirées de l’écoute de fichiers audios d’une minute, autour de la vie quotidienne.

    Mais, désormais, ils devront obtenir le niveau B2, considéré comme un niveau plus avancé que le B1, notamment en ce qui concerne la communication avec un locuteur natif ou la compréhension de sujets complexes. Selon le quotidien, les professionnels, notamment les enseignants, s’étonnent de ce choix, le niveau B1 étant suffisant pour exercer un métier.

    Adhérer aux valeurs de la République

    L’un des nouveaux points de cette loi sera l’instauration d’un examen civique, où seront évoqués l’histoire de France, la géographie hexagonale, les droits et les devoirs des citoyens, le système de santé français… Ces connaissances donneront par la suite lieu à un entretien dit « d’assimilation », qui sera la dernière étape vers la nationalité française.

    Cérémonie brésil nationalité FR
    Cérémonie brésil nationalité FR

    Ce document est composé de 28 pages et « rappelle les principales caractéristiques de l’organisation actuelle de la République et de la démocratie ». L’entretien se conclura par la signature du candidat en bas de la charte des droits et des devoirs du citoyen. La nouvelle circulaire de Bruno Retailleau (récemment élu à la tête des Républicains) explique qu’il sera vérifié, chez le demandeur, « l’adhésion aux principes et valeurs de la République et l’identification des signaux d’une absence d’adhésion à ces principes ».

    « La circulaire est soumise au droit et doit rester conforme aux dispositions de la loi Immigration 2024. Dans le respect de cette limite, on a senti la volonté du ministre de l’Intérieur de pousser les curseurs au maximum », a défendu le préfet des Hauts-de-Seine Alexandre Brugère.

    Et hors de France ?

    Certains ont acquis la nationalité depuis le pays de résidence, chaque année les cérémonies d’accueil dans la Nation française se déroulent dans les enceintes diplomatiques. Et désormais, dans les consulats, c’est aussi ces critères qui seront retenus. Bien sûr, pour ceux qui ont une filiation directe, recevoir la nationalité française est bien plus facile comme on vous le rappelait la semaine dernière dans un autre article.

  • Arabie saoudite: entre révolutions sociétale et économique

    Arabie saoudite: entre révolutions sociétale et économique

    Il y a vingt ans, la ville de Buraïdah, en Arabie saoudite, symbolisait les blocages d’alors de ce pays. La police religieuse y imposait un ordre strict : fermeture obligatoire des commerces aux heures de prière, interdiction pour les femmes de sortir sans tuteur masculin, séparation rigoureuse entre les sexes. Cinémas et concerts étaient bannis, et la plupart des restaurants interdits aux femmes. En 2005, une cellule djihadiste locale affrontait les forces de sécurité pendant près de deux jours. L’extrémisme religieux prospérait dans un contexte de faibles cours du pétrole, qui réduisaient les recettes publiques.

    En 2025, cette ville est méconnaissable. Femmes et hommes y déambulent librement, les couples s’attablent ensemble au restaurant, un cinéma projette aussi bien des films saoudiens que hollywoodiens, et une auto-école pour femmes a ouvert en périphérie. La police religieuse a disparu.

    Pourtant, cette évolution sociétale n’a pas débouché sur une diversification économique. À l’exception des emplois créés dans les services (cinéma, auto-école), la fonction publique reste la principale source d’activité. L’agriculture de dattes, reposant sur une main-d’œuvre étrangère, constitue le seul autre secteur notable.

    Le pouvoir est attendu sur la préparation de l’après-pétrole.  

    Depuis près d’une décennie, le prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS) s’est engagé dans une transformation de son pays en allégeant les carcans sociaux et en réduisant la dépendance au pétrole. Sur le premier volet, les progrès sont spectaculaires ; sur le second, nettement moins convaincants. Or, les facteurs ayant fragilisé l’ancien modèle — volatilité pétrolière, déficits publics récurrents, chômage des jeunes — demeurent. Le pouvoir est attendu sur la préparation de l’après-pétrole. De grands projets ont été lancés : ville linéaire futuriste, station de ski en plein désert, cinquante hôtels de luxe sur la mer Rouge, le plus grand bâtiment du monde à Riyad. Plus de 600 chantiers ont été initiés dans le cadre du programme « Vision 2030 ».

    Une révolution sociétale réussie

    Sur le plan sociétal, la mutation est rapide. Depuis 2018, les femmes circulent et travaillent librement, peuvent créer leur entreprise, et la discrimination professionnelle à leur égard est illégale. Leur taux de participation à l’emploi est passé de 20 % à 36 %, avec une progression marquée chez les diplômées du secondaire. Le nombre de couples disposant de deux revenus augmente, améliorant les niveaux de vie.

    @Adobestock
    @Adobestock

    Ces mutations sont intervenues au moment où une majorité d’hommes se montraient favorables à l’émancipation des femmes sans pouvoir s’exprimer, du fait de la présence de la police religieuse. La marginalisation de cette dernière a levé ce tabou. Certaines femmes expatriées ont même choisi de revenir.

    Une diversification économique difficile

    L’économie reste dominée par le pétrole qui constitue toujours l’essentiel des recettes publiques et des exportations. Sa part dans le PIB a certes reculé de 36 % en 2016 à 26 % en 2023, mais la dépendance reste forte. À l’exception du BTP et des services (distribution, hôtellerie), les autres secteurs peinent à décoller. Après des décennies d’exploitation de la rente pétrolière, la transformation productive s’annonce difficile. Le pays dispose pourtant d’atouts, notamment miniers : bauxite, or, exploités par Ma’aden (filiale du fonds souverain PIF). Il a lancé des projets de centrales solaires et d’usines d’hydrogène avec la Chine. Des usines d’armement, de microprocesseurs ou d’automobiles sont en construction, mais les compétences, infrastructures et savoir-faire font encore défaut.

    L’Arabie saoudite ambitionne de devenir un haut lieu des loisirs et du tourisme. La part des dépenses des ménages dédiée à la culture, aux loisirs et à la restauration est passée de 12% en 2017 à près de 20% en 2024. Le tourisme domestique a bondi, passant de 60 à plus de 100 millions de nuitées entre 2016 et 2023, porté notamment par des plateformes comme Gathern (équivalent local d’Airbnb). Le tourisme international, en revanche, peine à décoller malgré des milliards investis dans des complexes hôteliers. L’Arabie saoudite n’a pas réussi à supplanter Dubaï. Pour attirer des touristes internationaux, le gouvernement saoudien mise sur le « soft power » du sport pour redorer son image internationale, à travers des événements comme la Formule 1 ou les Jeux olympiques d’hiver. Le championnat de football national attire désormais des stars européennes comme Ronaldo.

    Pour moderniser son économie, l’Arabie saoudite peut compter sur le soutien politique de Donald Trump. Plusieurs sources indiquent que les fils de Donald Trump ont noué des relations d’affaires avec des entités saoudiennes. Malgré sa défaite de 2020, les liens politiques et économiques entre l’ancien président et Riyad seraient restés étroits. Certes, les droits de douane sur les importations saoudiennes aux États-Unis ont été relevés à 10%, mais ils restent bien inférieurs à ceux appliqués à d’autres pays. Les industriels pétrochimiques du royaume pourraient en tirer un avantage compétitif.

    Des handicaps majeurs

    Les investissements directs étrangers (IDE) en Arabie saoudite stagnent, voire reculent. Les investisseurs restent méfiants : arrestation et détention pendant plusieurs semaines des oligarques en 2017, assassinat de Jamal Khashoggi, poids des réseaux politiques, retards de paiement. Pour atteindre les objectifs de Vision 2030, les IDE devraient pourtant doubler.

    Le capital humain demeure un talon d’Achille. La moitié des hommes occupent un emploi public. Le niveau scolaire reste médiocre, y compris en comparaison avec les Émirats ou le Qatar, malgré des investissements massifs. L’enseignement religieux a longtemps freiné les apprentissages. La sécurité de l’emploi public dissuade l’initiative privée. Le gouvernement a pris conscience du problème : les heures d’enseignement religieux au collège ont été réduites de 60 %.

    L’État continue d’intervenir lourdement dans l’économie. Le secteur privé fait face à une bureaucratie tatillonne. MBS superviserait personnellement le design de certains modèles automobiles. Les décisions économiques se concentrent sur des projets symboliques à faible rentabilité. Les giga-projets, prévus à près de 900 milliards de dollars, accaparent le capital, les matériaux et la main-d’œuvre, au détriment d’initiatives plus structurantes. Les projets miniers sont ralentis par des pénuries d’équipements. Le fonds souverain concurrence les investisseurs privés. Ses dépenses passeront de 40 à 70 milliards de dollars en 2025, soit près de 7 % du PIB. En finançant des projets non rentables, il gonfle artificiellement les valorisations et affaiblit les rendements.

    Des finances publiques sous tensions

    Avec la baisse des revenus pétroliers, l’État s’endette davantage. En 2025, un cinquième des crédits bancaires est destiné au secteur public, contre moins de 10 % en 2015. Cette pression budgétaire alimente une hausse des taux d’intérêt. En 2023, pour équilibrer ses comptes, le Royaume avait besoin d’un baril à 96 dollars ; en 2025, il s’échange autour de 65 dollars. La dette publique est passée de 13 % du PIB en 2016 à 30 % en 2024, et continue de croître.

    L’Arabie saoudite est devenue le premier émetteur obligataire des pays émergents, devant la Chine. Le déficit budgétaire du premier trimestre 2025 représente déjà plus de la moitié du total annuel prévu. Le pays enregistre même un déficit courant — fait rare pour un exportateur de matières premières.

    Pour dégager des recettes, l’Arabie saoudite a cessé de jouer son rôle traditionnel de régulateur au sein de l’OPEP+, renonçant à limiter sa production pour compenser les écarts des autres membres.

    Face à l’aggravation des déséquilibres budgétaires, le gouvernement prépare un plan d’économies. Certains giga-projets sont discrètement réduits ou reportés. Les projets à rendement élevé, notamment touristiques, seraient toutefois préservés. Le projet de ville linéaire Neom pourrait être fortement revu à la baisse, ne couvrant que quelques kilomètres.

    Un changement de cap nécessaire

    De nombreux économistes saoudiens appellent à un changement plus profond : retrait de l’État de certains secteurs, accélération des privatisations, réforme de l’éducation, clarification des rôles entre public et privé. La transformation sociale du Royaume est saluée par la population, mais celle-ci réclame désormais une amélioration concrète de ses revenus.

    L’Arabie saoudite a ouvert une nouvelle page de son histoire, rompant avec le rigorisme religieux et enclenchant un tournant sociétal inédit dans la péninsule. Mais derrière cette vitrine moderne et ces projets pharaoniques, l’économie demeure tributaire d’une rente en déclin, pilotée par un État omniprésent et peu enclin à déléguer. Vision 2030 promettait une métamorphose. Elle a, pour l’heure, accouché d’une transition déséquilibrée où la transformation sociale a largement devancé celle du tissu productif. L’urgence n’est plus à l’image, mais à l’efficacité. Sans capital humain qualifié, sans un secteur privé autonome, sans règles du jeu claires et fiables, le pari de l’après-pétrole risque de rester lettre morte.

  • Cannes 2025 : retour sur la 78ème édition

    Cannes 2025 : retour sur la 78ème édition

    Le Festival du film de Cannes s’est refermé ce samedi 24 mai au soir. Avant de se plonger dans le palmarès, revenons sur une journée singulière où les festivaliers ont dû vivre quelques heures sans électricité mais surtout sans réseau internet !

    Black-out sur la Croisette

    Que s’est-il passé samedi 24 mai dans les Alpes-Maritimes ? Qui a provoqué le black-out ayant frappé le département, jusqu’à perturber la dernière journée du festival de Cannes ? C’est ce que les enquêteurs tentent de déterminer.

    Au dernier jour du Festival, ce sont les projections de «rattrapage» des films de la compétition qui ont été perturbées autour de 10 heures ce matin. Et encore, pas tant que ça : en plein milieu de la projection de Sirat, de l’Espagnol Oliver Laxe, le chaos – lumières allumées, film qui continue sans la piste son, festivaliers criant et sifflant dans l’espoir d’attirer l’attention des équipes du lieu où se filmant pour documenter la scène – n’aura duré qu’une dizaine de minutes, grâce à un réseau de groupe électrogènes rendant autonome le bâtiment qui trône au bout de la Croisette. En revanche, au Cinéum, multiplex en périphérie de la ville où ont également lieu des projections, les séances ont étaient annulées.

    Des piétons traversent une rue à Cannes alors que les feux de circulation ne fonctionnent plus suite à une panne d'électricité dans le sud-ouest de la France, le 24 mai 2025. © Sameer Al-Doumy, AFP
    Des piétons traversent une rue à Cannes alors que les feux de circulation ne fonctionnent plus suite à une panne d’électricité dans le sud-ouest de la France, le 24 mai 2025. © Sameer Al-Doumy, AFP

    Mais dans les rues de Cannes les heures suivantes, flottait une certaine étrangeté. Magasins ouverts mais plongés dans le noir, armadas de commerçants désœuvrés et l’air hagard, rumeurs dans tous les sens – «il paraît que c’est carrément jusqu’à Lyon». Cannois et festivaliers main dans la main, grattant dans les tréfonds de leurs portefeuilles pour y retrouver la trace de la moindre petite pièce leur permettant d’acheter, qui sa botte de radis, qui ses tongs pour la plage.

    Les plus angoissés furent les influenceurs et les journalistes non affiliés à une antenne majeure, en effet, les mastodontes ont pu maintenir, via des satellites et des camions fournissant l’électricité, le lien avec leurs envoyés spéciaux. Mais les autres, moins dotés financièrement, ont été coupés du monde alors que la journée s’annonçait comme la conclusion d’une quinzaine qu’ils avaient couverte intensément.

    À ce jour, la piste de l’ultragauche est favorisée par les gendarmes en charge de l’enquête, un sentiment renforcé, alors que ce dimanche matin, c’est l’aéroport de Nice qui était visé avec une attaque sur un transformateur à Nice en pleine nuit. Malgré la coupure d’électricité qui a frappé 30 000 foyers niçois, rapidement l’approvisionnement énergétique a été rétabli, permettant aux festivaliers de quitter Cannes ou de rejoindre Monaco pour le Grand Prix.

    Pylône victime des actes de vandalisme qui ont eu lieu dans la nuit dans les Alpes-Maritimes.
    Pylône victime des actes de vandalisme qui ont eu lieu dans la nuit dans les Alpes-Maritimes.

    Un palmarès politique ?

    Cannes, c’est le Cinéma, mais pas celui qui cartonne l’été auprès des teenagers en manque d’émotions fortes, c’est celui des auteurs et des acteurs engagés. C’est dans cet état d’esprit que Juliette Binoche et son jury ont dévoilé, samedi soir, le palmarès du 78e Festival de Cannes, au terme d’une compétition très ouverte. Emmenés par la star française, les neuf membres du jury se sont réunis en conclave pour désigner, parmi les 22 films en compétition, le successeur d’Anora, de l’Américain Sean Baker.

    D’ailleurs, si vous désirez retrouver des œuvres primés à Cannes et en profiter gratuitement où que vous soyez, la plateforme mondiale et francophone TV5MONDEplus est le bon choix avec sa programmation haut de gamme.

    Jafar Panahi, « Un simple accident »

    Et c’est le réalisateur iranien Jafar Panahi, 64 ans, qui a remporté la Palme d’or avec « Un simple accident », conte moral auscultant le dilemme d’anciens détenus tentés de se venger de leur tortionnaire. Saluée par les critiques, cette charge contre les autorités iraniennes résonne avec le sort de Panahi, emprisonné deux fois en Iran, où ce long-métrage tourné clandestinement pourrait lui valoir des représailles. La présence du réalisateur à Cannes, après avoir été assigné pendant quinze ans en Iran, était un moment fort.

    Equipe du film UN SIMPLE ACCIDENT - Montée des marches © Jean Louis Hupe / FDC
    Equipe du film UN SIMPLE ACCIDENT – Montée des marches © Jean Louis Hupe / FDC

    Plus tôt dans la cérémonie, l’actrice française Nadia Melliti a reçu, à 23 ans, le Prix d’interprétation féminine pour son premier rôle au cinéma, dans La Petite Dernière, de sa compatriote Hafsia Herzi. Etudiante en sport et repérée dans un casting sauvage, elle y incarne Fatima, 17 ans, une jeune femme musulmane qui découvre son homosexualité. Le film est adapté du roman éponyme, d’inspiration autobiographique, de Fatima Daas, publié en 2020.

    L’acteur de 48 ans Wagner Moura, l’un des visages les plus connus du cinéma brésilien grâce à ses collaborations internationales, notamment la série Narcos sur Netflix, dans laquelle il campait le trafiquant de drogue colombien Pablo Escobar, a été récompensé du Prix d’interprétation masculine. Dans L’Agent secret, son premier film tourné au Brésil depuis 2012, Wagner Moura campe un professeur traqué pour de mystérieuses raisons en pleine dictature militaire.

    Le Grand Prix a été remporté par le Norvégien Joachim Trier pour Valeur sentimentale. Cinéastes déjà parmi les plus primés de l’histoire de Cannes, avec deux Palmes d’or, les frères Luc et Jean-Pierre Dardenne sont repartis avec un nouveau trophée, le Prix du scénario, pour Jeunes mères. Ils l’obtiennent pour la deuxième fois de leur carrière, après Le Silence de Lorna (2008).

    Le Franco-Espagnol Oliver Laxe a reçu ex æquo le prix du jury pour Sirat, plongée captivante dans une rave-party hallucinatoire et apocalyptique au pays de Mad Max, avec Sergi Lopez. Il le partage avec la réalisatrice allemande Mascha Schilinski, qui explore cent ans de traumas familiaux à travers le destin de quatre femmes dans Sound of Falling.

  • Les dividendes de la guerre

    Les dividendes de la guerre

    Il y aurait eu une inconscience collective à profiter des « dividendes de la paix ». Quels seraient les dividendes de la guerre ? Il y en a forcément, tant la guerre mobilise. Le budget américain réduit Medicaid et augmente les investissements dans la défense : 1000 milliards de dollars. Trump annonce la construction d’un « dôme d’or » qui protégera les États-Unis des missiles. Aussitôt, Chine et Russie le prient de renoncer, cela reviendrait à doter les États-Unis d’une impunité dans l’utilisation d’armes nucléaires. Jeu de dupe : Chine et Russie savent qu’un tel bouclier est impossible. Même s’il parvenait à arrêter 90% des missiles, un seul suffirait. Or des milliers de missiles dispersent des milliers d’ogives.

    Un tel projet naîtrait dans l’espace à partir d’un réseau de satellites. Les opposants dénoncent déjà les amis et donateurs de Trump, comme Space X d’Elon Musk, qui bénéficieront des 170 milliards de dollars dédiés à ce dôme dont l’or ne serait pas perdu dans les étoiles.

    Les États-Unis demandent aux membres de l’OTAN de porter leur effort de sécurité à 5% du PIB. Est-ce réaliste ?

    Les Américains ne sont pas les seuls à se projeter dans les dividendes de la guerre. Les Russes ont porté l’effort de guerre à un degré jamais atteint depuis 1945, un tiers du budget russe. Les Chinois n’ont jamais cessé de renforcer l’armée Rouge. Ils ont annoncé le premier avion porte-drone, volant à 15.000 mètres, lâchant des milliers de drones. L’Arabie saoudite se réjouit d’un contrat de 170 milliards de dollars avec les États-Unis, le Royaume-Uni revient dans le giron européen pour participer au fonds de défense de 150 milliards mis en place par l’Union européenne.

    Les États-Unis demandent aux membres de l’Otan de porter leur effort de sécurité à 5% du PIB. Le militaire proprement dit ne s’élevant qu’à 3.5%. Est-ce réaliste ? Est-ce utile ? Avec bien des efforts, l’Allemagne et la France atteignent 2.1% L’Espagne et l’Italie 1.5%. La pression américaine a un but : contraindre les Européens à acheter leur matériel.

    Les commentateurs ironisent sur les erreurs du passé, celles qui ont permis de toucher les dividendes de la paix, surtout en Europe. Aurait-il fallu garder, après la chute de l’URSS, les mêmes armées ? La Russie et les États-Unis aussi diminuèrent leurs budgets militaires. L’idée d’un partenariat de sécurité européen, avec la Russie et les États-Unis, n’était pas absurde; elle était même intelligente. C’est la dérive poutinienne qui l’a condamnée. Quant à la France, elle n’était pas désarmée. Elle a cessé d’investir dans une armée de combat de front, dit de haute intensité, parce qu’il y avait peu de chances, comme aujourd’hui d’ailleurs, que les chars Leclerc se battent sur le Rhin. Le format privilégié était celui d’une projection des forces, et d’une dissuasion nucléaire. D’où serait venue la menace qui aurait justifié les gros bataillons?

    Si un conflit devait survenir demain, il commencerait comme en Espagne, par une grande panne.  

    Aujourd’hui les modalités de la guerre changent. La cyberguerre n’est pas une guerre virtuelle. Les navires russes et chinois repèrent les câbles en Méditerranée et en Baltique. Si un conflit devait survenir demain, il commencerait comme en Espagne, par une grande panne : plus d’électricité, plus d’internet, plus de train, plus de circulation, plus de téléphone, plus rien. Le sabotage électrique du Festival de Cannes est un clin d’œil. Certains paradent, d’autres sabotent. Nos stratèges devraient prévenir les pannes et pouvoir plonger nos adversaires dans le noir. Voilà une autre forme de dissuasion qui éviterait les tentations.

    Car ce qui est à redouter, c’est l’engrenage. Chacun voit dans la posture guerrière la solution à tous ses maux. Les diplomates, depuis que le droit existe entre les nations, sont, normalement, « sacrés ». S’attaquer à des ambassadeurs révèle l’esprit du temps : mépris du droit international d’un côté, banalité de l’assassinat terroriste de l’autre. À Jenine, des soldats israéliens ont effectué des tirs de sommation sur une délégation d’ambassadeurs. Le lendemain, deux diplomates israéliens ont été tués à Washington. L’indifférence gagne. Comme si le génie du mal survolait la planète et dispensait, à rebours de la paix gagnée il y a 80 ans par des millions de morts, la facilité de la guerre.

    Une culture de guerre s’étend. Un système sécuritaire justifie la surveillance de l’économie et de la société.

    « Comment est-il possible que la masse se laisse enflammer jusqu’à la folie et au sacrifice ? Je ne vois pas d’autre réponse que celle-ci : L’homme a en lui un besoin de haine et de destruction(…) Existe-t-il une possibilité de diriger le développement psychique de l’homme de manière à le rendre mieux armé contre les psychoses de haine et de destruction ? » demandait Einstein à Freud. Qui répond : « Tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre.[1] » C’était en 1932. En 33, commence l’hymne à la guerre.

    Une culture de guerre s’étend. Tous les régimes militaristes font bien vivre les militaires, avec de substantielles primes de corruption. Un système sécuritaire justifie la surveillance de l’économie et de la société. Les Démocraties ne doivent pas devenir sécuritaires, elles en mourraient, elles perdraient leur force. Cela ne signifie qu’il ne faut pas être vigilant ni être prêt à se défendre, puisque des ennemis menacent et font le choix de la guerre, mais rester aussi vigilants des manipulateurs, de ceux qui veulent singer l’ennemi.  

    Comment tirer profit de ses ennemis ? Ils mettent en exergue nos faiblesses. Le fanatisme comme la lâcheté. L’essentiel n’est pas d’investir dans l’armement, il est d’investir dans l’intelligence, qui n’est ni civile, ni militaire. L’intelligence suppose l’humanisme, l’ouverture, l’imagination. Aucune société fermée ne l’emportera sur une société ouverte. Aucun pays ne survivra sans alliances.

    Comment tirer profit de ses ennemis ?

    Diogène : « Comment me défendrai-je contre mon ennemi ? En te rendant vertueux. » Que signifie, pour un citoyen, pour un État, aujourd’hui, être vertueux ? Un début de réponse : les Ukrainiens le sont. Pourquoi se battent-ils ? Pour un modèle de société à rebours du modèle autoritaire russe.

    Le risque principal est la perte de confiance dans l’humanisme.  Inutile de s’armer si ce n’est pour défendre ce que l’on croit. La volonté de se battre est le premier élément. La capacité de nuire en découle, elle peut prendre mille formes, la meilleure étant celle qui se trouble l’adversaire chez lui. La Russie aurait perdu un million de combattants. Qui peut penser que cela n’aura pas de conséquence en Russie ?

    Si l’on porte à 5% les dépenses de sécurité, alors à combien élever les investissements liés à l’information, à la connaissance, au savoir, à la science ?  La Cour des Comptes s’alarme du niveau désastreux de l’école primaire en France. Il faudrait former 40 à 50.000 ingénieurs de plus par an. La France investit 2.5% de son PIB dans la recherche, les États-Unis 3.6%. Le niveau de dépenses de Recherche dans l’Union européenne représente la moitié de celui des États-Unis. Il n’y a pas de dividende de la guerre. Sauf à y inclure la recherche. Et le retour au droit international.

    Laurent Dominati


    [1] https://courier.unesco.org/fr/articles/pourquoi-la-guerre-lettre-dalbert-einstein-sigmund-freud

  • Initiatives Expats : à Zagreb, un autre monde pour l’écologie

    Initiatives Expats : à Zagreb, un autre monde pour l’écologie

    Écouter le podcast avec Florence Nigron Dautović

    Direction la Croatie pour ce nouveau numéro d’« Initiatives Expats », le podcast qui met en avant les expatriés engagés. C’est à Zagreb que vit notre invitée Florence Nigron Dautović.  Elle préside aujourd’hui « un autre monde », structure au sein de laquelle langue française, écologie et partage sont les maîtres mots. Depuis plus de 25 ans, Florence bâtit ainsi des ponts entre les cultures. Son association est un soutien précieux pour la francophonie et la préservation de l’environnement. Et c’est, entre autres, de cet engagement dont elle nous parle au cours de ce podcast, à travers notamment un projet soutenu par le STAFE, le fonds de soutien au tissu associatif des Français à l’étranger.

    La langue française en héritage pour toutes les générations

    Originaire d’Aix-en-Provence en France, Florence Nigron Dautović arrive en 1993 en ex Yougoslavie, dans un moment ou cette région s’embrase. Elle est alors engagée au sein d’une association humanitaire. Mais au-delà de son dévouement auprès des populations locales, c’est aussi là que Florence rencontre l’amour. Elle pose ainsi définitivement ses valises dans ce pays qui va devenir la Croatie. Les années passent, la famille s’agrandit, et une question essentielle surgit : « comment faire pour que mes enfants restent francophones ? », car « à l’époque, il n’y avait pas d’école française à Zagreb » se rappelle-t-elle.

    Les marches éco-famille de l'association Un autre monde
    Les marchés éco-famille de l’association Un autre monde

    Pour répondre à ce défi, Florence va fonder l’association « un autre monde », qui s’intègre rapidement au réseau FLAM (Français langue maternelle), un dispositif de soutien à la langue française à l’international. De 14 enfants au départ, l’association regroupe aujourd’hui 57 élèves de tous âges. Florence évoque avec enthousiasme cette aventure collective, et nous partage l’évolution de cette structure et sa mission de transmission de la langue française.

    « C’est ce qu’on aime à Un Autre Monde, c’est remettre tout le monde ensemble. Partager les valeurs françaises, faire découvrir toutes les cultures, rassembler autour de la langue toute la famille, des petits jusqu’aux plus anciens »

    Florence Nigron Dautović, présidente « un autre monde »

    Aujourd’hui, toutes les générations y sont présentes. « C’est ce qu’on aime à Un autre monde, c’est remettre tout le monde ensemble. Partager les valeurs françaises, faire découvrir toutes les cultures, rassembler autour de la langue toute la famille, des petits jusqu’aux plus anciens », indique notre invitée du jour de ce podcast « Initiatives Expats », qui met en avant l’action associative de nos expatriés. 

    Ecologie et STAFE : rencontre pour un projet

    Chaque année, l’association lance un projet thématique. En 2025, c’est la préservation de l’environnement qui est mise à l’honneur avec l’action « L’écologie, ça me concerne ». C’est cette initiative qui est soutenue par le STAFE, ce fonds qui vient en aide aux associations françaises à l’étranger.

    « La Croatie n’est pas forcément un pays très concerné par l’écologie… les gens sont naturellement proches de la nature »

    Florence Nigron Dautović, présidente « un autre monde »

    D’ailleurs cette thématique peut être étonnante pour ce pays. Florence observe en effet que « la Croatie n’est pas forcément un pays très concerné par l’écologie… les gens sont naturellement proches de la nature ». Alors pourquoi ce projet ? Pour le savoir et découvrir l’ensemble des activités qui y sont liées, écoutez l’intégralité de ce podcast.

    Atelier Eco avec les maternelles
    Atelier Eco avec les maternelles

    Forte de son expérience d’élue consulaire et des demandes de subventions déposées pour le réseau FLAM, Florence maîtrise les rouages du programme STAFE. Si elle reconnaît que la procédure de dépôt d’un dossier est « assez simple », elle partage néanmoins quelques pistes d’amélioration pour ce fonds d’aides aux associations françaises à l’étranger.

    « Recommandations pour améliorer le STAFE : garantir davantage la pérennité des projets, assouplir la règle du cofinancement à 50 % et adapter le calendrier au rythme scolaire »

    Florence Nigron Dautović, présidente « un autre monde »

    Parmi ses recommandations pour améliorer le STAFE : garantir davantage la pérennité des projets, assouplir la règle du cofinancement à 50 % qui peut s’avérer difficile pour les petites structures, et surtout, adapter le calendrier des appels à projets au rythme scolaire. Autant de suggestions visant à mieux aligner les exigences administratives avec les réalités et besoins des initiatives de terrain.

    Séance de jardinage
    Séance de jardinage

    Au cours de ce podcast, elle rappelle également l’importance de ce dispositif : « c’est important, financièrement, parce que ces projets, nous ne sommes absolument pas capables de les réaliser sans une aide de l’État. (…) C’est aussi une reconnaissance et une garantie ».

    Vivre à Zagreb : une ville à taille humaine, verte et accueillante

    Enfin, nous avons demandé à notre invitée quel conseil elle donnerait à nos compatriotes qui souhaiteraient venir s’installer en Croatie ? Florence est très heureuse de vivre à Zagreb : « C’est une petite capitale où il se passe plein de choses, qui est sûre (…) c’est vraiment une ville agréable, une ville verte. Il y a des parcs, des lacs, la montagne… ».

    Et la présidente d’« un autre monde » met également en avant la façon dont les banlieues ont été pensées : « les quartiers qui sont autour du centre-ville sont super bien faits, au contraire de ce qu’on peut trouver en France. C’est-à-dire que dans chaque quartier, il y a des espaces verts… ».

    Cet épisode d’« Initiatives Expats » donne irrésistiblement envie de (re)découvrir la Croatie et de s’impliquer dans les activités de l’association « un autre monde ». Porté par l’enthousiasme communicatif de sa présidente, Florence Nigron Dautović, et la richesse d’un programme dynamique, le projet séduit aussi bien les familles françaises, francophones, francophiles installées sur place, que nos compatriotes de passage.

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