La France s’est portée candidate mardi 17 juin pour accueillir à Lille la future Autorité douanière de l’Union européenne, avec l’objectif de coordonner la coopération entre les autorités douanières nationales.
La candidature française « est portée par l’engagement de la France en faveur de la protection du marché intérieur de l’Union européenne, la facilitation du commerce international et la compétitivité de nos entreprises », détaille aussi un communiqué.
Une plateforme de données douanières
Un projet de réforme de mai 2023 de l’union douanière par la Commission européenne prévoyait notamment la création d’une plateforme européenne des données douanières, le renforcement des mesures encadrant le e-commerce, et la création d’une autorité douanière de l’UE, rappelle le gouvernement.
« La création de l’Autorité douanière de l’Union marque une étape décisive dans l’histoire du marché intérieur. Sa création renforcera la protection du territoire et la sécurité des 450 millions de citoyens européens et encouragera l’activité et la croissance économique de notre territoire » – La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin
Candidature de la France
Lille au carrefour des échanges européens
Cette annonce française fait suite à un déplacement la veille à Lille de la ministre des Comptes publics pour défendre cette candidature. Si elle est choisie par les instances européennes, la France entend installer cette autorité dans le quartier d’affaires Euralille.
« Située au carrefour des grandes routes de la logistique et du commerce international européen, la métropole de Lille bénéficie d’une localisation stratégique à une demi-heure de Bruxelles, des institutions européennes et de l’Organisation mondiale des douanes » – La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin
En ce 18 juin, le déplacement à Londres de Gabriel Attal n’est pas un hasard, pas plus que le déroulé de sa journée. Devoir de mémoire, réunion politique sous l’égide de « Renaissance » et positionnement à l’international au menu. Entre histoire et ambitions futures, l’ancien Premier Ministre a aussi rencontré des leaders politiques britanniques comme Tony Blair. Lesfrancais.press a pu suivre ce parcours marathon, au cours duquel chaque pas pourrait façonner un destin.
Commémoration de l’appel du Général de Gaulle
C’est donc au pied de la statue du Général du Gaulle, entouré d’élus et de jeunes élèves du lycée français de Londres, que Gabriel Attal a entamé sa journée.
Gabriel Attal, au pied de la statue du Général du Gaulle
À cette occasion, une gerbe a été déposée, une Marseillaise chantée, et un mantra que l’ancien Premier Ministre a voulu partager : celui de la liberté, comme fil rouge entre l’histoireet le présent. « La Manche n’a jamais été un océan. Elle n’est qu’un bras, tendu vers l’autre », a notamment déclaré l’actuel secrétaire général du parti politique français « Renaissance », lors de sa première intervention de la journée. Le ton était ainsi donné.
Entretiens avec des leaders britanniques, dont Tony Blair
Au cours de l’après-midi, le Président du groupe « Ensemble pour la République » à l’Assemblée nationale a rencontré d’anciens leaders politiques du Royaume-Uni, dont Tony Blair. Il a également enregistré un épisode du podcast britannique The Rest Is Politics aux côtés d’Alastair Campbell et Rory Stewart. En tendant l’oreille pour écouter leur échange, Gabriel Attal semble déjà rodé à l’exercice, entre diplomatie douce et affirmation d’un leadership européen en construction.
Gabriel Attal à Londres le 18 juin 2025
Mais c’est le soir que le « vrai » rendez-vous avait lieu. Celui de la réunion politique publique. Celle-ci s’est tenue à quelques rues de Gloucester Road, au sein de l’hôtel Hilton situé dans le quartier français.
« Être libre, ce n’est pas choisir la couleur de son passeport. C’est choisir le visage de son destin »
Gabriel Attal, ancien Premier Ministre, député des Hauts-de-Seine
À son arrivée, la salle était pleine. Gabriel Attal avait ainsi attiré nos compatriotes vivant à Londres, comme des entrepreneurs, des étudiants, des retraités, et même quelques curieux venus en familles, … bref la France de l’exil, mais pas de l’oubli.
Rencontre avec les Français de Londres
D’ailleurs, répondant à une question de notre correspondant Lesfrancais.press sur nos expatriés à Londres, Gabriel Attal a vu dans cette communauté « une grande diversité, contrairement à certaines caricatures qui peuvent exister, à certaines idées reçues qui peuvent exister parfois » sur les Français de l’étranger.
Il a ainsi souligné la diversité et l’engagement de nos ressortissants au Royaume-Uni « dans le secteur privé, dans le secteur public ou parapublic, dans la recherche, et aussi des étudiants, des retraités, des personnes engagées dans des associations qui ont des parcours extrêmement différents et qui, (je) pense, chacun à leur manière et dans leur secteur, donnent une belle image de la France. »
Vers une « internationale progressiste » ?
Lors de son intervention, Gabriel Attal a parlé plus d’une heure sans notes, parfois de façons lyriques, mais le plus souvent stratégiques. À ses côtés, Charles Rodwell – Franco-Britannique et député des Yvelines – ainsi que Vincent Caure, député des Français d’Europe du Nord. « Être libre, ce n’est pas choisir la couleur de son passeport. C’est choisir le visage de son destin », a notamment déclaré l’ancien ministre de l’Éducation nationale.
« Ce n’est pas ma destinée qui comptait, mais celle du pays. »
Gabriel Attal, ancien Premier Ministre, député des Hauts-de-Seine
Du Brexit à la guerre en Ukraine, en passant par les enjeux de l’intelligence artificielle et les défaillances industrielles, Gabriel Attal a présenté une vision d’une Europe plus forte et plus indépendante face aux défis actuels.
Gabriel Attal lors d’une rencontre avec les Français de Londres ce 18 juin 2025
Il a notamment appelé à former une « internationale progressiste » pour faire face à la montée d’une « internationale réactionnaire » qui s’étend « des États-Unis à l’Est de l’Europe. »
L’après-Matignon, sans amertume
Bien évidemment, après son intervention, le débat organisé avec la salle n’a pas éludé les questions de son départ de Matignon et son éventuelle candidature à l’élection présidentielle prévue en 2027. Sans se déclarer encore ouvertement pour l’avenir, le secrétaire général de Renaissance ne se défile pas. Il parle alors avec gravité de la dissolution de l’Assemblée nationale, de sa démission de son poste de Premier Ministre proposée – et refusée –, et il se souvient de cette journée du 9 juin 2024, quand tout a basculé. Il le dit aujourd’hui : « Ce n’est pas ma destinée qui comptait, mais celle du pays. »
Gabriel Attal lors d’une rencontre avec les Français de Londres ce 18 juin 2025
Il se dit également lucide sur les échecs, notamment sur la sécurité, mais aussi il est fier d’un bilan économique jugé solide, surtout sur le chômage. À 35 ans, il incarne déjà une décennie politique. Et peut-être aussi la suivante. La question sur ses ambitions personne et sa candidature à l‘Élysée est posée, mais la réponse est réservée pour plus tard. Pour le moment il souhaite « bâtir un projet qui permettra à (notre) pays d’aller de l’avant et d’embrasser toutes les transformations et les révolutions nécessaires pour rester une grande puissance ».
De l’appel du 18 juin 1940 à celui à de 2027 ?
Outre cette perspective électorale les personnes présentes l’ont aussi interrogé sur la laïcité, l’énergie, la place de la France dans le monde. Il écoute, répond. Jamais sur la défensive, mais jamais entièrement dévoilé. Venu célébrer le 85eme anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle et la mémoire de cet acte, est-ce que ce rappel de l’histoire trace déjà l’avenir de Gabriel Attal ? À Londres, l’expatriation n’a rien d’un oubli : c’est une mémoire en mouvement, une fidélité polyglotte.
Dans une lettre adressée à Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, le député LR des Hauts-de-Seine, Philippe Juvin, interpelle le gouvernement sur le rapatriement des citoyens français bloqués au cœur du conflit entre Israël et l’Iran. En effet, les voix s’élèvent pour que la France organise des opérations d’évacuation de nos compatriotes qui sont bloqués dans ces pays et qui désirent fuir la guerre. Pour les Français de l’étranger, on fait le point sur les mesures annoncées ce jeudi 19 juin à midi depuis Paris pour évacuer les Français d’Iran et d’Israël.
Mise à jour le 22 juin 2025 à 20H (Cet)
Les frappes n’épargnent pas les agents consulaires
Jean-Noël Barrot a immédiatement annoncé que la France ne fera pas le choix de rappeler son personnel diplomatique et consulaire des pays concernés.
Pourtant encore ce matin, un missile est tombé à proximité de notre enceinte diplomatique à Tel-Aviv, endommageant les logements des agents.
Le ministre, comme toute la communauté des Français de l’étranger, a exprimé la solidarité de la Nation avec le personnel diplomatique qui tient ses fonctions en période de crise majeure.
Jean-Noël Barrot a enfin révélé un plan ouvert à tous les Français qui souhaitent quitter le pays. S’ils ne l’ont pas encore fait ils doivent se signaler au service de l’ambassade en appelant le +98 21 64 09 49 00 ou au Centre de crise et soutien au +33 (0)1 43 17 56 00.
Les autorités françaises vont organiser un convoi en fin de semaine vers l’Arménie et la Turquie. En effet, le passage y est possible et sans visa. Des équipes sont présentes dès aujourd’hui de l’autre côté des frontières pour accompagner nos compatriotes après ces centaines de kilomètres parcourus dans un pays bombardé. Une fois de l’autre côté, ils seront acheminés vers la France via des vols commerciaux.
Frontière terrestre à Bazargan (Gurbulak en turc) entre l’Iran et la Turquie
Système D pour sortir d’Israël
Le ministre des Affaires étrangères a salué l’action consulaire sur les réseaux sociaux en Israël qui a permis le maintien de la communication avec tous nos compatriotes présents dans le pays.
Il a évidemment aussi révélé un plan qui pour l’instant reste limité. Dès ce vendredi 20 juin 2025, des bus devaient réunir les Français d’Israël voulant quitter le pays à destination de l’Égypte mais surtout de la Jordanie, accessible sans visa à la différence du pays des Pharaons. Mais finalement, comme l’a indiqué dans un message envoyé par une élue des Français de Tel-Aviv, Daphna Poznanski-Benhamou, les autorités françaises en Israël ont dû privilégier de conseiller taxis et voitures individuelles pour se rendre aux frontières jordanienne et égyptienne. Une situation qui a provoqué de nombreux remous dans la communauté des Français d’israël.
Pour ceux qui ont pu quitter le pays, c’est depuis Amman, qu’un vol sera affrété en ce début de semaine à destination de Paris. Les autorités consulaires précisent que les personnes en difficulté seront prises en charge pour ces déplacements. Tous les Français désirant quitter l’État hébreu doivent se signaler aux consulats ou Centre de crise et soutien au +33 (0)1 43 17 56 00.
Mais les Français d’Israël sont 100 000. Jean-Noël Barrot a donc demandé à l’armée de planifier une éventuelle évacuation massive par la mer avec la flotte militaire française. Une anticipation d’un durcissement du conflit, même si ce scénario reste une option bien lointaine. La grande majorité des Français installés sur entre la Méditerranée et les rives du Jourdain désire rester dans le pays malgré la guerre.
Travailler à distance tout en voyageant fréquemment ou en vivant à l’étranger, alliant travail et style de vie nomade : un rêve pour beaucoup, devenu réalité pour les digital nomades dont de nombreux nouveaux Français de l’étranger. Ces profils de professionnels, sillonnant le monde tout en exerçant son activité à distance, grâce à une simple connexion internet et des outils numériques et sans être contraint de se trouver dans un lieu de travail fixe, en tirant parti des outils numériques, se multiplient mais y a-t-il les emplois nécessaires. On fait le point sur les professions les plus ouvertes au nomade digital !
Community manager
Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à faire appel à des professionnels pour gérer leur présence sur les réseaux sociaux. Ce métier peut être exercé à distance, ce qui en fait un choix idéal pour les Digital Nomads souhaitant interagir avec des communautés et créer du contenu engageant.
Développeur web
Avec un bagage technique solide, les développeurs web et programmeurs peuvent travailler en freelance ou rejoindre une entreprise proposant du télétravail. La demande est constante et les projets variés, vous permettant ainsi de diversifier vos revenus tout en voyageant.
Designer web
Les compétences en graphisme et design web sont très demandées, ce qui offre une grande flexibilité aux professionnels du secteur. Vous pouvez ainsi proposer vos services à des clients du monde entier, depuis le confort de votre bureau mobile.
Spécialiste en marketing digital
Le référencement naturel (SEO) et le marketing digital sont des compétences très recherchées par les entreprises souhaitant améliorer leur visibilité en ligne. En tant que consultant SEO ou spécialiste en marketing digital, vous pouvez aider vos clients à optimiser leur site web et leurs campagnes publicitaires depuis n’importe où dans le monde !
Traducteur ou interprète
Pour les polyglottes, la traduction et l’interprétation sont des métiers qui peuvent être exercés à distance. Vous pouvez ainsi travailler avec des clients internationaux et profiter de votre maîtrise des langues pour voyager plus facilement.
Coach linguistique
Enseigner une langue étrangère peut être une source de revenus intéressante pour les Digital Nomads parlant plusieurs langues. Que ce soit en proposant des cours particuliers en ligne ou en animant des ateliers linguistiques dans les pays que vous visitez, les opportunités ne manquent pas.
Coach de vie ou consultant
Les compétences en coaching et conseil sont très appréciées dans divers domaines, tels que le développement personnel, le coaching professionnel ou encore la nutrition. En tant que Digital Nomad, vous pouvez mettre ces compétences à profit pour aider vos clients à atteindre leurs objectifs depuis n’importe où dans le monde.
Photographe ou vidéaste
Si vous avez un œil pour la photographie ou la réalisation de vidéos, pourquoi ne pas en faire votre métier ? En tant que photographe ou vidéaste freelance, vous pouvez proposer vos services à des clients du monde entier et documenter vos voyages en même temps.
E-commerçant
La vente en ligne est un secteur en pleine expansion, et de nombreux Digital Nomads choisissent d’ouvrir leur propre boutique e-commerce pour vendre des produits physiques ou numériques. Grâce aux services de dropshipping et d’impression à la demande, il est possible de gérer son activité sans stock ni logistique complexe. En plus, vous pouvez baser votre entreprise en France afin de rassurer les consommateurs tout en exerçant votre métier depuis l’étranger.
Chacun de ces métiers offre une grande flexibilité et permet de concrétiser votre rêve de liberté en tant que Digital Nomad. N’hésitez pas à explorer différentes options et à développer vos compétences pour trouver le métier qui vous correspondra le mieux. Bonne chance dans cette aventure passionnante !
Les pays émergents et en développement sont les premières victimes de la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump. La Banque mondiale vient de réviser à la baisse ses prévisions de croissance pour 70 pays. À l’échelle mondiale, la croissance devrait ralentir à 2,3 % en 2025, soit près d’un demi-point de pourcentage en-dessous des anticipations formulées en début d’année. Il s’agit du taux le plus faible enregistré depuis dix-sept ans, hors période de pandémie. Sur la période 2020-2027, la progression du produit intérieur brut (PIB) mondial ne dépasserait pas, en moyenne, 2,5 %, soit le rythme le plus lent de toutes les décennies depuis les années 1960. Pour les seuls pays émergents et en développement, la croissance du PIB s’établirait à 3,8 % en 2025, contre 4,2 % en 2024.
Le ralentissement est constant depuis une trentaine d’années : alors qu’elle avoisinait encore 6 % dans les années 2000, la croissance moyenne de ces pays est retombée à 3,7 % dans les années 2020. Cette dynamique affaiblie s’explique en grande partie par le ralentissement du commerce international. Le volume des échanges qui progressait en moyenne de 5,1 % par an dans les années 2000, n’augmente plus que de 2,6 % dans la décennie actuelle. « Hors Asie, le monde en développement risque de connaître une période douloureuse de stagnation économique », alerte Indermit Gill, chef économiste de la Banque mondiale.
Le commerce international a permis de sortir plus d’un milliard de personnes de l’extrême pauvreté.
Or, au cours des cinquante dernières années, le commerce international a été un puissant moteur de convergence. Il a permis aux pays en développement de quadrupler leur PIB par habitant, contribuant à sortir plus d’un milliard de personnes de l’extrême pauvreté.
Depuis 2022, le contexte s’est profondément détérioré. Les taux d’intérêt, historiquement bas durant les deux premières décennies du siècle, sont désormais en hausse. Parallèlement, la multiplication des barrières tarifaires et non tarifaires touche en priorité les pays en développement, dont l’économie reste fortement dépendante à la fois des débouchés occidentaux et des flux de capitaux étrangers. La forte augmentation de leur endettement accroît leur vulnérabilité dans un contexte de réduction de l’aide publique au développement et de résurgence de la pauvreté.
La Banque mondiale s’inquiète en outre d’un ralentissement des investissements directs étrangers (IDE) dont le niveau a chuté de 50 % par rapport à son pic de 2008. Ces investissements sont pourtant cruciaux : ils soutiennent la montée en gamme des économies, favorisent la diffusion des technologies, et facilitent l’intégration aux chaînes de valeur mondiales, au cœur du commerce international.
Une zone de turbulences qui menace trois décennies de convergence.
Compte tenu de la croissance démographique soutenue, le rythme actuel d’expansion économique ne suffira pas à réduire l’écart de richesse entre les pays émergents et les économies avancées. Sur la période 2025-2027, la croissance du revenu par habitant dans les pays émergents et en développement devrait atteindre 2,9 %, soit plus d’un point de moins que la moyenne enregistrée entre 2000 et 2019. Hors Chine et Inde, ce taux tomberait à seulement 1,8 %. Selon les calculs de la Banque mondiale, il faudrait près de vingt ans à ces pays pour combler les pertes économiques accumulées depuis 2020.
Face à l’enchaînement de chocs protectionnistes, de durcissements monétaires et de retraits des investissements étrangers, les économies émergentes et en développement entrent dans une zone de turbulences qui menace trois décennies de convergence. Le risque n’est pas seulement celui d’un ralentissement cyclique mais d’un décrochage structurel avec une croissance du revenu par habitant retombant sous 2 % hors Chine et Inde.
Six mois après les gigantesques incendies qui ont ravagé la Californie, Los Angeles est de nouveau secouée. Cette fois, c’est la politique migratoire de Donald Trump qui ravive les tensions. Manifestations, couvre-feux, intervention de l’armée : le climat est pesant. Mais qu’en est-il pour les Français installés dans la région ? Patrick Caraco, élu des Français de l’étranger à Los Angeles, a répondu aux questions Lesfrançais.press.
Écoutez le podcast avec Patrick Caraco
« Pas de risque sécuritaire pour les Français »
Dans le contexte actuel à Los Angeles, la communauté française est-elle en danger ? Pour Patrick Caraco, il n’y a pas lieu de céder à la panique : « La communauté française sur place n’a pas de risque du point de vue migratoire. S’ils sont légaux, avec des visas, il n’y a aucun problème ».
Emeutes LA 2025
En revanche, les répercussions économiques sont bien réelles : « Il y a un couvre-feu depuis huit jours. Ça perturbe beaucoup de choses, les restaurants, et pas mal d’activités économiques ».
L’immigration au cœur des tensions
Au-delà des manifestations, c’est la gestion migratoire qui cristallise les crispations. Los Angeles abrite une importante population sans-papiers. « On a une population de personnes pour ainsi dire illégale à Los Angeles qui représente 800 000 personnes. » Et cette population occupe des fonctions clés : « Les nannies, les gardiens, les gens qui font le jardinage, qui nettoient les piscines, qui travaillent dans les hôtels… »
Patrick Caraco
Des expulsions qui brisent des familles
De son côté, Donald Trump a récemment appelé à la retenue vis-à-vis de certains travailleurs : « Il a dit qu’il fallait aller doucement avec les gens qui travaillaient dans les champs… parce qu’il y a beaucoup de personnes hispaniques ». L’économie locale ressent déjà les effets des absences soudaines de ces travailleurs essentiels.
Si les Français sont peu touchés, les tensions migratoires n’en restent pas moins dramatiques pour certaines familles. « Il y a des gens qui sont là depuis trois générations. Les enfants, les petits-enfants sont diplômés, et puis on expulse les parents ou les grands-parents. Ça perturbe beaucoup les familles », déplore l’élu consulaire. Et de rappeler que les principales cibles de cette politique sont les Hispaniques, qu’ils soient Mexicains, Salvadoriens ou Vénézuéliens.
3Rentrer en France pour les vacances : Il y a un risque. Ce n’est pas parce que vous avez un visa ou une carte verte que tout est garanti. Tout dépend de la perception de l’agent d’immigration »
Patrick Caraco, conseiller des Français de Los Angeles
C’est ainsi que pour notre invité, « Donald Trump ne fait pas de détails. Il dit qu’on a des gens qui amènent la drogue et qui commettent des crimes. Pourtant, la majorité de ces familles ne cherchent qu’à travailler et vivre paisiblement : « La plupart sont là depuis des années et font leur déclaration d’impôts ».
Des Français inquiets pour leurs allers-retours
Certains expatriés hésitent désormais à rentrer en France par crainte de ne pas pouvoir revenir aux États-Unis. Un sentiment que Patrick Caraco ne juge pas totalement infondé : « Il y a un risque. Ce n’est pas parce que vous avez un visa ou une carte verte que tout est garanti. Tout dépend de la perception de l’agent d’immigration ». A nos ressortissants, il recommande ainsi une vigilance particulière pour celles et ceux qui font de nombreux allers-retours ou qui ont voyagé dans des pays considérés à risque.
Le PSG à Los Angeles dans un climat tendu
Malgré cette atmosphère tendue, la Coupe du monde des clubs de football s’est déroulée comme prévu, avec une rencontre du Paris Saint-Germain en banlieue de Los Angeles. Mais peu d’effervescence du côté des expatriés : « J’ai découvert hier qu’ils étaient là. Ils ont été reçus à la résidence par le consul, mais je ne savais même pas », avoue Patrick Caraco.
« Quand on voit les médias français qui disent Los Angeles est à feu et à sang… Moi, j’y suis allé lundi dernier, tout allait bien »
Patrick Caraco, conseiller des Français de Los Angeles
Selon lui, l’événement a davantage mobilisé les fans hispaniques de football que la communauté française : « Ce n’est pas tellement avec les Français. C’est plutôt avec les Hispaniques qui sont très férus de football ». Pourtant il existe un fan-club du PSG à Los Angeles.
Un couvre-feu avant tout pour éviter les pillages
Quant aux couvre-feux, ils sont avant tout une mesure de prévention contre les débordements : « Ce n’est pas pour arrêter les sans-papiers. C’est surtout pour éviter les pillages ». Les images diffusées en France exagèrent selon lui la situation : « Quand on voit les médias français qui disent Los Angeles est à feu et à sang… Moi, j’y suis allé lundi dernier, tout allait bien. On circulait très bien ».
Les Français de l’étranger sont nombreux à se préparer pour leurs vacances estivales en France. Mais si on l’avait oublié, il est bon de se rappeler que dans l’hexagone, les lois, les décrets, les règles évoluent régulièrement. A quelques jours de votre voyage, on fait le point sur ce qui a changé en France en 2025.
Nouvelle numérotation des chaines de la TNT
Le non-renouvellement des fréquences de C8 et NRJ 12 par l’Arcom, et le départ de Canal+ du canal 4 ont rebattu les cartes. Plusieurs chaînes ont changé de canal.
Comme France 4 qui prend la place de la chaîne cryptée, LCP-AN/Public Sénat celle de l’antenne où officiait Cyril Hanouna, bloc des chaînes info sur les canaux 13 à 16… Deux petites nouvelles font leur apparition : T18, une « mini-généraliste » lancée par CMI France (Télé 7 jours, Elle, Marianne…), groupe du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, qui a fait fortune dans l’énergie. Et, à partir du 1ᵉʳ septembre, Novo19, axée sur la proximité avec les territoires grâce aux bons offices de Ouest-France.
N’oubliez pas de relancer la recherche de chaînes TNT en arrivant !
Interdiction de fumer dans ces lieux extérieurs
La liste des lieux où il est interdit de fumer s’allonge : à partir du 1er juillet 2025, les fumeurs peuvent recevoir une amende 135 euros s’ils fument dans les parcs et jardins publics, les plages bordant des eaux de baignade, les abribus et zones couvertes d’attente des voyageurs, les abords des écoles, collèges, lycées et autres lieux destinés à l’accueil, à la formation ou à l’hébergement de mineurs, et les espaces ouverts et abords des bibliothèques, piscines, stades et installations sportives.
Cette mesure vise à protéger les enfants des effets du tabac, et à décourager peu à peu la pratique, en la rendant plus rare et moins attractive.
A Paris, la circulation des voitures régulées
Depuis le 5 novembre 2024, une Zone à Trafic Limité (ZTL) est mise en œuvre à Paris Centre. Seul le trafic ayant pour origine ou destination les rues de ce périmètre est autorisé. À contrario, le trafic de transit (traverser la zone) y est interdit.
Le périmètre de la ZTL, correspond au secteur de Paris Centre (les 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements) sans les Grands Boulevards au nord, les îles de la Cité et de Saint-Louis ni les quais bas et hauts rive droite dans le sens ouest-est.
Cela correspond à près de 131 km de voie pour environ 350 000 à 550 000 passages de véhicules par jour.
La SNCF s’aligne sur les compagnies aériennes
Les usagers des TGV inOui et des Intercités sont désormais limités dans le nombre et la taille des bagages qu’ils peuvent prendre à bord des trains. Depuis le dimanche 15 septembre, les voyageurs peuvent transporter deux grosses valises et un sac par personne, pas plus.
Les deux bagages par personnes doivent être aux dimensions maximales de 70 x 90 x 50 cm (valise, gros sac à dos, sac de randonnée, sac de sport) et un bagage à main aux dimensions maximales de 40 x 30 x 15 cm (sac à dos, cabas, sacoche d’ordinateur), détaille la SNCF. Désormais, tous ceux qui dépasseront la taille et le poids autorisés seront passibles d’une amende de 50 euros par bagage excédentaire.
Bien que le pass Culture ait été déployé avec succès en France, il semble peu probable qu’il soit un jour accessible aux jeunes Français de l’étranger. Pourtant, cette mesure figurait parmi les promesses de campagne d’Emmanuel Macron, et sa création avait même été actée en Conseil des ministres en février 2023. Si des obstacles techniques et opérationnels ont compliqué son extension hors de l’Hexagone, les contraintes budgétaires pourraient également expliquer ce blocage. Face à cette situation, comment faire évoluer ce dispositif ? Nous avons interrogé plusieurs élus représentant les Français de l’étranger pour connaître leur position, et envisager avec eux des solutions afin d’adapter cet engagement présidentiel aux expatriés.
Un Pass Culture critiqué
Lancé en 2019 en France, le pass Culture vise à démocratiser l’accès des jeunes à la culture en leur attribuant un crédit utilisable pour des activités artistiques. Pour l’obtenir, il faut être âgé de 15 à 18 ans, et résider en France métropolitaine ou dans les outre-mer.
Si l’idée première partait sans doute d’une louable intention, celle de rapprocher les jeunes du monde de la culture, ce pass a fait l’objet de nombreuses critiques. Ainsi son utilisation massive pour l’achat de mangas, par exemple, a provoqué un certain émoi. Par ailleurs, son coût n’a cessé d’augmenter, passant de 93 millions d’euros en 2021 à 244 millions en 2024, sans compter les 80 millions supplémentaires alloués aux établissements scolaires.
En décembre 2024, c’est un rapport de la Cour des comptes qui alerte les autorités. L’institution située rue Cambon dresse alors un bilan négatif de ce pass Culture. Outre le coût élevé de ce mécanisme, la juridiction financière indique que celui-ci ne répondrait pas aux objectifs d’accès aux offres culturelles souhaités à l’origine.
Si bien que depuis le 1er mars 2025, les montants accordés aux jeunes ont été fortement modifiés. Alors que le crédit annuel individuel était de 20 € à 15 ans, 30 € à 16 et 17 ans et 300 € à 18 ans, aujourd’hui l’application est différente : les jeunes de 15 à 16 ans ne reçoivent plus de crédits, mais des offres gratuites. Les jeunes de 17 ans bénéficient de 50 euros contre 30 euros auparavant, et 150 € sont accordés aux jeunes âgés de 18 ans contre 300 € lors de la mise en place du Pass culture.
Pass Culture : quelle évolution possible pour les Français de l’étranger
Dans ce contexte, quel avenir peut être envisagé pour le pass Culture à destination des Français de l’étranger ? Comment tenir une promesse électorale qui, à la lumière des nombreuses critiques formulées, rencontre de telles difficultés ?
pass culture application
Dès la mise en place du pass Culture en France, plusieurs parlementaires représentant nos compatriotes à l’étranger avaient exprimé leur inquiétude face à l’absence de calendrier précis concernant son déploiement à l’international. La sénatrice socialiste Hélène Conway-Mouret, ainsi que sa collègue apparentée Les Républicains et membre de l’Alliance Solidaire des Français de l’Étranger (ASFE),Évelyne Renaud-Garabedian, avaient alors interpellé le gouvernement à ce sujet. Dans sa réponse, le ministère de la Culture invoquait des obstacles d’ordre technique et juridique pour justifier ce retard. Toutefois, d’autres considérations, davantage budgétaires, semblent également compromettre la mise en œuvre de ce dispositif à destination des jeunes expatriés.
Tenir compte des spécificités des expatriés
Cependant, son utilité n’est pas forcément remise en cause par les élus des Français de l’étranger. Ainsi Alexandre Barrière Izard, conseiller des Français d’Afrique du Sud, proche de l’ASFE, et membre de l’Assemblée des Français de l’étranger trouve que le « pass Culture est, sur le principe, une excellente initiative. Il est difficile de contester l’intérêt social de garantir un accès élargi à la culture pour toutes et tous ». Toutefois, ajoute-t-il « les objectifs initiaux ne sont clairement pas atteints, comme l’a souligné la Cour des comptes ». Et « si une extension du pass Culture aux Français établis hors de France devait être envisagée, (…) elle devra impérativement tenir compte des réalités spécifiques que vivent nos compatriotes à l’étranger » précise-t-il dans un échange que Lesfrancais.press a pu avoir avec lui.
Depuis Londres, Samy Ahmar, élu des Français du Royaume Uni, siégeant également à l’AFE sur les bancs du groupe de la gauche appelé « Ecologie & Solidarité est aussi favorable à « un pass Culture pour les jeunes établis hors de France ». Mais, selon lui, « l’attention doit être portée sur la mise en œuvre ». En effet, pour cet élu consulaire, « le pass Culture en France est très critiqué, car très coûteux et ne réussit pas à démocratiser l’accès à la culture chez les jeunes notamment issus des classes populaires ». Toutefois des solutions existent : « il faudrait des partenariats avec les alliances, librairies, instituts, bibliothèques du réseau, mais aussi une offre numérique riche et accessible, et un travail de sensibilisation avec les familles. »
D’autres élus vont aussi en ce sens. Ils souhaitent que l’idée de ce pass Culture ne soit pas abandonnée pour les Français de l’étranger. Ainsi, le sénateur PSYan Chantrel estime que « ce serait une bonne idée que les jeunes français établis hors de France puissent accéder ainsi à une offre culturelle française via notamment nos bibliothèques françaises, instituts, alliances ». Et il propose aussi une nouveauté pour faire évoluer ce dispositif : « Il faudrait même pousser pour un pass Culture francophone afin de faire découvrir la diversité de l’offre culturelle au sein de la francophonie. »
Une offre vers du contenu en ligne sécurisé ?
Sa collègue sénatrice, représentant également les Français établis hors de France, Samantha Cazebonne, membre de Renaissance, estime que le pass Culture, « c’est une usine à gaz à mettre en place à l’étranger », aussi, elle « n’y croit pas beaucoup ». En revanche, la proposition de faciliter l’accès à une offre culturelle ne devrait pas être mise de côté. « C’est important de trouver la meilleure manière pour que les Français de l’étranger puissent bénéficier de ce dispositif. Il faudrait, par exemple, que l’on puisse proposer une offre littéraire via Culturel Tech (contenu en ligne sécurisé) » avance-t-elle.
Pour Ellen Bouveret, enseignante, et également conseillère des Français(es) de Bavière, Bade-Wurtemberg en Allemagne et qui siège aussi à l’AFE, « ce pass répond à une demande de plus de démocratie ainsi qu’à la démocratisation de la culture : on oublie trop vite que l’accès à la culture est un droit universel et qu’il ne doit pas s’arrêter ni aux frontières ni au portefeuille » Pour cette élue, membre du Parti socialiste, « ce pass Culture est une formidable initiative du gouvernement », mais qui « ne doit pas être réservée aux seuls enfants français de France. » insiste-t-elle. Ainsi, poursuit-elle, à l’étranger, il permettrait, entre autres, « aux enfants français et binationaux, souvent non scolarisés dans un établissement scolaire français un accès à toute une gamme d’activités locales culturelles et socio-culturelles offertes par les Instituts français, les alliances (…) les réseaux FLAM, (…) ou bien encore pour des projections filmographiques en français dans les cinémas indépendants. »
C’est aussi dans cette direction que s’oriente Marianne Magnin, la présidente du Mouvement Démocrate des Français à l’Étranger (MDFE). Elle estime notamment que « l’enjeu principal au-delà de l’octroi ou non du pass Culture, c’est d’établir des mécanismes d’inclusion culturelle pour les 3/4 des jeunes Français non scolarisés dans le réseau AEFE, qui lui bénéficie de contacts avec les institutions culturelles françaises ».
Lier pass Culture et inscription au registre des Français de l’étranger ?
À l’heure où l’avenir du pass Culture est également en jeu sur le territoire national, les réflexions et propositions des élus des Français de l’étranger offrent au gouvernement une matière à réflexion pour faire évoluer ce dispositif et l’étendre enfin aux jeunes expatriés.
Christian Le Maître, élu LR des Français de Roumanie et Moldavie avance même une autre possibilité pour faire d’une pierre deux coups. S’il déplore ce « mal français des promesses non tenues », il reste convaincu de l’intérêt d’étendre ce mécanisme aux Français de l’étranger. Cela pourrait être « un formidable moyen d’inciter nos jeunes à s’inscrire sur les registres consulaires, et donc à pouvoir voter » – une démarche encore trop peu suivie.
En effet l’inscription de nos ressortissants vivant à l’étranger au registre des Français établis hors de France reste un casse-tête pour les autorités. Ainsi, lier l’accès à un pass Culture hors de France à une inscription consulaire pourrait être une piste à creuser. D’autant plus que Laurent Saint-Martin, le ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger, souhaite proposer prochainement des incitations pour que nos expatriés fassent la démarche de cet enregistrement consulaire. Cette idée pourrait donc déjà toucher les plus jeunes d’entre eux. Message envoyé !
Le dollar est la première monnaie mondiale depuis quatre-vingts ans. En 2024, il représente 58,4 % des réserves de change mondiales (source : FMI). La deuxième monnaie du système de change est l’euro dont le poids n’est que de 20 %. Le yuan chinois, quant à lui, ne représente que 2,6 % des réserves mondiales. Par ailleurs, 88 % des transactions sur le marché des changes (Forex) impliquent le dollar (source : BRI). Plus de 60 % des importations mondiales sont facturées en dollars. Ce dernier est également la monnaie de référence pour la fixation des prix des principales matières premières : pétrole, gaz naturel (LNG), métaux (cuivre, or, aluminium, etc.), produits agricoles (blé, soja, etc.). Environ 60 % de la dette mondiale émise en devises étrangères est libellée en dollars. Plus de 50 % des titres obligataires internationaux (hors marchés domestiques) le sont aussi.
Les bons du Trésor américain restent le placement privilégié des banques centrales, avec plus de 7 000 milliards de dollars détenus par des non-résidents. En avril 2025, le dollar représentait environ 46 % des paiements SWIFT, devant l’euro (22 %) et le yuan (4,5 %). Avec la politique menée par Donald Trump depuis janvier dernier, le rôle du dollar comme monnaie mondiale peut-il reculer ?
Aux risques économiques s’ajoutent des risques institutionnels.
Les politiques économiques de l’administration Trump (fortes hausses de droits de douane, rejet de l’immigration, préférence pour un dollar faible) pèseront négativement sur la croissance des États-Unis avec, pour corollaires, une hausse des prix et une diminution de la consommation. Combiné à des baisses d’impôts, le ralentissement économique conduit à une forte augmentation du déficit public déjà porté à 7 points de PIB en 2024.
À ces risques économiques s’ajoutent des risques institutionnels, liés à un régime politique plus autoritaire, respectant de moins en moins les règles de séparation des pouvoirs, avec à la clé une remise en cause possible de l’indépendance de la Banque centrale. Les difficultés économiques et les menaces pesant sur l’évolution démocratique des États-Unis peuvent-elles se traduire par une moindre demande de dollars et de titres publics américains ? Un tel phénomène est-il déjà perceptible ?
La dépréciation du dollar par rapport à l’euro est réelle
Un recul de la demande de dollars se manifesterait par une dépréciation de la devise sans lien avec une baisse anticipée des taux d’intérêt à court terme aux États-Unis. Depuis le 20 janvier 2025, date de l’investiture de Donald Trump, la dépréciation du dollar par rapport à l’euro est réelle — l’euro étant passé de 1,05 à 1,14 dollar — mais reste modérée. En outre, la dépréciation du dollar vis-à-vis du renminbi chinois demeure très faible. Certes, la zone euro et la Chine ont abaissé leurs taux d’intérêt, ce qui aurait dû peser sur leurs monnaies, d’autant plus que la Fed a décidé de temporiser la baisse de ses propres taux directeurs. La dépréciation du dollar reste néanmoins limitée, les investisseurs demeurant optimistes quant à l’issue des négociations commerciales entre les États-Unis et leurs partenaires. Les droits de douane pourraient être inférieurs à ceux annoncés le 2 avril 2025.
Une hausse des taux d’intérêt à long terme
Un recul de la demande de titres américains se traduirait par une hausse des taux d’intérêt à long terme ou par une résistance à la baisse des taux longs par rapport aux taux courts ou aux anticipations d’inflation à long terme. Depuis janvier, les taux d’intérêt à long terme sont orientés à la hausse aux États-Unis. En comparant les taux d’intérêt à 10 ans avec ceux à 2 ans, ou avec les taux à 3 mois anticipés, on observe un élargissement de l’écart entre les taux longs et les taux courts. En comparant les taux à 10 ans avec l’inflation anticipée à 10 ans (mesurée par le swap d’inflation à 10 ans), il apparaît que la hausse des taux longs récemment observée n’est pas imputable à une augmentation des anticipations d’inflation.
On constate, en revanche, une baisse de la demande de titres américains de la part des Chinois. Les Européens et les Japonais, quant à eux, maintiennent leurs achats. Pour l’instant, le recul de la demande de dollars et de titres de dette publique américaine reste limité.
Malgré les incertitudes et les foucades de Donald Trump, les investisseurs internationaux continuent de faire confiance au dollar. Son poids est tel qu’il serait difficile, en quelques mois, de lui trouver une monnaie de substitution. Le déclin éventuel de la devise américaine ne pourrait être qu’un processus lent et progressif.