L’été est enfin là, et comme chaque année, vous allez prendre le chemin du pays pour retrouver famille et amis. Et pour vous rappeler que vous allez bien en France, quoi de plus typique qu’une petite grève estivale ? Pas de panique, cette année, encore une fois, les syndicats ont pensé à vous ! Ainsi en ces premiers jours de juillet, c’est une grève des contrôleurs aériens qui ouvrira le bal. On fait le point pour les Français de l’étranger.
Le deuxième syndicat
L’UNSA-ICNA « appelle à un changement de cap pour renforcer les effectifs, faire aboutir les projets de modernisation technique, et remettre les priorités opérationnelles au cœur des décisions » de la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC), a-t-il indiqué dans un communiqué transmis à l’AFP.-
Le syndicat « dénonce les dérives managériales au sein de la Direction des services de la navigation aérienne, dont le mode de management autoritaire, brutal, reniant ses engagements et déconnecté des réalités opérationnelles, entretient un climat de pression constante et de défiance incompatible avec les exigences en matière de sérénité et de sécurité du métier de contrôleur aérien », a-t-il détaillé.
L’organisation, qui a rassemblé 17 % des voix aux dernières élections professionnelles, « tient à rappeler que la cause première des retards et du manque de performance imputables aux services de la navigation aérienne française est connue : un sous-effectif structurel, fruit d’une politique de recrutements défaillante et d’une absence d’anticipation, malgré les signaux d’alerte transmis depuis des années ».
En conséquence, elle « dépose un préavis de grève pour les journées des 3 et 4 juillet 2025 ». Les vacances scolaires d’été, synonymes de haute saison pour la fréquentation des aéroports et des avions, commencent le samedi 5 juillet. Contactée par l’AFP, la DGAC n’a pas réagi dans l’immédiat.
Comment continuer à offrir une éducation française accessible à la fois à Londres, mais aussi partout dans le monde ? Quel avenir pour l’enseignement français à l’étranger ? Comment faire face aux frais de scolarité qui explosent alors que le système des bourses scolaires stagne ? C’est, entre autres, sur ces questions qu’ont planché les participants à une réunion organisée ce dimanche 22 juin dans la capitale britannique. Cette réflexion commune s’inscrit notamment dans le cadre des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger lancées en mars dernier. Lesfrancais.press était présent.
Bourses scolaires et hausse des frais de scolarité : le casse-tête
C’est donc au Lycée Français Charles de Gaulle de Londres, qu’en cette fin de dimanche après-midi, familles, enseignants et élus se sont réunis pour débattre ensemble du futur de l’enseignement en français à l’étranger. Cet échange public était organisé par l’association Français du Monde – ADFE dans le cadre des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger.
Yan Chantrel et des familles et élus au Lycée Français Charles de Gaulle pour le débat
Au cours de cette réunion ont notamment été abordés les thèmes des bourses scolaires, de la hausse des frais de scolarité, du statut des enseignants détachés, du soutien aux écolesFLAM (Français Langue Maternelle), de la poursuite des études en France, Parcoursup, ou bien encore de l’inclusion des enfants en situation de handicap : autant de préoccupations concrètes qui agitent la communauté française de Londres, et donc les solutions, parfois, relèvent du casse-tête.
Un souhait commun : un enseignement plus accessible et équitable
En présence du sénateur des Français établis hors de France, Yan Chantrel, membre du Parti Socialiste, et des conseillers des Français du Royaume-Uni, Rémi Vazeille et Samy Ahmar, ainqi que de Catherine Smadja, présidente de Français du Monde à Londres, ce rendez-vous visait à donner la parole aux premiers concernés : les familles expatriées.
Les Assises au Lycée Français de Londres
C’est Christophe Adol, professeur de sciences économiques et sociales au Lycée Français à Londres, et membre de Français du Monde, qui a animé les échanges avec rigueur et impartialité : « Chacun est invité à s’exprimer dans le respect, la neutralité et la concision. L’objectif est de faire émerger des préoccupations et propositions pour un enseignement plus accessible et équitable. » Les interventions, nombreuses et engagées, traduisaient une inquiétude largement partagée : la pérennité de l’éducation française à Londres, dans un contexte de pression budgétaire, de post-Brexit et de hausse des coûts.
Coût de scolarité : quand le Brexit alourdit la facture
Au cœur des échanges : la hausse continue des frais de scolarité au Lycée Charles de Gaulle, aggravée par l’application de la TVA depuis le Brexit. Une évolution qui s’inscrit dans un mouvement plus large : dans l’enseignement supérieur britannique, les étudiants européens paient désormais entre 14 000 et 46 000 euros par an, depuis qu’ils sont considérés comme internationaux. À l’image de ce qui se passe dans les universités, le réseau français à Londres devient inaccessible pour nombre de familles à revenus moyens, autrefois bénéficiaires de ce système d’excellence.
Quel avenir pour les Français de l’étranger ?
À Londres, scolariser ses enfants dans le système français devient un luxe, déplore des familles. Entre la perte de statut des enseignants et la baisse des aides, c’est la double peine pour les familles.
En effet, le Brexit a complexifié le recrutement d’enseignants titulaires de l’Éducation nationale. Entre démarches de visa, coûts de relocalisation et incertitudes administratives, peu de soutien du ministère, les vocations s’essoufflent. Résultat : les établissements recrutent localement, souvent en contrats précaires, sans garantie d’une formation équivalente.
Moins de bourses, plus d’inégalités
Dans ce contexte, les bourses scolaires, censées amortir les hausses, ne suivent pas le rythme de la demande. Le nombre d’élèves augmente, mais les budgets restent figés. Ce phénomène ne touche pas seulement le primaire et le secondaire outre-Manche. En 2023, seuls 1 857 étudiants français ont bénéficié d’une aide Erasmus pour le Royaume-Uni, contre plus de 10 000 en 2019. Cette raréfaction des aides accentue les fractures sociales, en particulier dans une ville comme Londres où le coût de la vie reste très élevé.
« L’objectif présidentiel est de doubler les effectifs d’élèves dans le réseau AEFE d’ici 2030. Mais on ne double pas les budgets »
Yan Chantrel, sénateur des Français établis hors de France
Aussi, le sénateur Yan Chantrel a dénoncé une incohérence criante : « Depuis 2018, l’objectif présidentiel est de doubler les effectifs d’élèves dans le réseau AEFE d’ici 2030. Mais on ne double pas les budgets. On impose même des restrictions. Résultat : les écoles les plus chères sont favorisées, et la mixité sociale recule. »
Ecoutez l’interview de Yan Chantrel
Le constat est sévère : le pourcentage de bénéficiaires diminue, laissant de côté de nombreuses familles françaises en difficulté au Royaume-Uni.
Les écoles FLAM, un pilier en péril
Autre sujet central : le rôle essentiel des écoles FLAM (Français Langue Maternelle), véritables relais de la langue et de la culture pour les enfants binationaux ou hors réseau AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger). Portées à bout de bras par des bénévoles et manquant de financements pérennes, ces écoles sont pourtant cruciales pour le maintien du lien avec la francophonie.
« L’école FLAM de mon quartier accueille 50 enfants chaque samedi. On fonctionne avec des bouts de ficelle », confie une responsable associative. « Sans aide structurelle, on ne tiendra pas. »
Inclusion : les enfants en situation de handicap, toujours oubliés
Enfin, la question de l’inclusion scolaire reste taboue dans de nombreux établissements français à l’étranger. Si en France, les AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) sont devenus un rouage essentiel, leur présence reste rare hors Hexagone, faute de cadre juridique et de financement.
« Mon fils est autiste. Il a été refusé à plusieurs écoles françaises à Londres, faute de solution d’accompagnement », a confié un père, la voix serrée.
Des propositions envoyées aux Assises de la protection sociale
Pour Samy Ahmar, conseiller des Français du Royaume-Uni, la hausse des frais de scolarité a un impact directe « Le réseau de l’AEFE se vide de ses classes moyennes depuis des années, or cela va s’accélérer sans action publique, ni vision ». C’est aussi l’objet de cette rencontre à Londres : remonter des cas concrets pour élaborer de nouveaux projets.
Ecoutez l’interview de Samy AHMAR
Pour son collègue, élu consulaire également, Rémi Vazeille, ce type de rencontre citoyenne est ainsi essentiel : « On a souvent du mal à aller à la rencontre des Français de l’étranger. Ce débat, c’est une belle réussite. L’éducation reste la priorité numéro un. Il faut renouveler ce type d’échange régulièrement. ».
Les propositions formulées ce jour seront transmises au niveau national dans le cadre des Assises, avec l’espoir d’influer sur les décisions gouvernementales.
Un réseau d’écoles françaises à l’étranger à préserver, un avenir à écrire
Ce rendez-vous londonien a mis en lumière une réalité partagée : l’enseignement français à l’étranger est un bien commun, aujourd’hui fragilisé par les coupes budgétaires, le Brexit et la montée des inégalités. En seulement trois ans, le nombre d’étudiants français inscrits dans les universités britanniques a chuté de 26 %. Le signal est clair : la destination Royaume-Uni, autrefois phare, devient un parcours du combattant pour les familles françaises.
Mais face à ces vents contraires, une communauté reste debout. « Une école, c’est plus qu’un bâtiment. C’est une promesse, un trait d’union entre les générations et les cultures », a rappelé une intervenante en fin de débat. « Il ne tient qu’à nous de la faire vivre. »
Depuis plusieurs mois l’avenir de la Caisse des Français de l’étranger suscite des débats. Aussi, pour répondre aux interrogations actuelles et dresser des perspectives nouvelles, Lesfrançais.press a interrogé Isabelle Frej. Au cours de ce podcast, la présidente du conseil d’administration de la CFE partage les chiffres clés et dresse les évolutions envisageables.
Pour notre invitée, la solution pour la sécurité sociale des expatriés est avant tout politique. Elle nous explique ainsi pourquoi. Retrouvez dans ce podcast, les enjeux cruciaux pour la protection sociale des Français de l’étranger.
Ecouter le podcast avec Isabelle Frej
CFE : Les chiffres clés de la santé des Français de l’étranger
Avant de partager le bilan et les perspectives de la Caisse des Français de l’étranger, Isabelle Frej souhaite rappeler que cet organisme est « la Caisse de sécurité sociale des Français de l’étranger. C’est un organisme privé à mission de service public, comme les caisses primaires d’assurance maladie et les caisses d’allocations familiales. A la grosse différence que nous avons un budget autonome et que nous avons l’obligation d’équilibrer nos comptes », precise-t-elle. Cette situation conditionne notamment les débats actuels.
Page d’accueil de la CFE
Ainsi, direction générale de la CFE et conseil d’administration ont dressé dernièrement le bilan de l’année 2024 écoulée. Avec 180 000 personnes couvertes à travers le monde et 104 000 contrats actifs, la sécurité sociale des expatriés joue aujourd’hui un rôle central pour la santé de nos compatriotes hors de France. D’un point de vue global, Les assurés de la Caisse des Français de l’étranger proviennent pour 36 % d’Afrique, 31 % d’Asie, 18 % d’Europe, et aux alentours de 16% du continent américain.
« La France est un des rares pays à s’occuper de la santé de ses compatriotes à l’étranger »
Isabelle Frej, la présidente du conseil d’administration de la CFE
Au niveau financier, le montant des cotisations encaissées est de 164,4 millions (en maladies uniquement) pour un montant des prestations venant de la CFE de l’ordre de 164,25 millions. « Avec le différentiel, il faut payer les salaires, s’occuper du fonctionnement et de l’investissement de la CFE, ce qui donc à ce jour est très compliqué » nous explique Isabelle Frej, la présidente du conseil d’administration de la CFE, et conseillère des Françaises et Français de Rabat (Maroc).
Sociologie et explosion des coûts de santé dans le monde
Autre évolution notable, celle qui concerne le profil des adhérents de la CFE. Depuis plusieurs années, la sociologie des assurés de la Caisse des Français de l’Étranger évolue profondément. Le mode d’expatriation des Français s’est transformé, impactant directement la composition des assurés.
« Le coût de la santé a explosé dans le monde depuis la pandémie »
Isabelle Frej, la présidente du conseil d’administration de la CFE
Il y a 10-12 ans, les salariés des entreprises représentaient 60 %, aujourd’hui un peu moins de 30 %. Ce recul s’accompagne d’une diminution relative des plus jeunes parmi les assurés, tandis qu’augmente la part des personnes de plus de 60 ou 70 ans. Par conséquent, les problématiques de santé se font plus aiguës : à ces âges, les soins médicaux sont souvent plus répétés et/ou importants que dans la jeunesse.
Au cours de ce podcast, notre invitée souhaite aussi mettre en avant une constatation forte : « le coût de la santé a explosé dans le monde depuis la pandémie ». Un constat qui renforce la stratégie souhaitée de la CFE pour répondre à la nouvelle réalité de l’expatriation de nos compatriotes et à l’évolution de la protection sociale des Français de l’étranger.
Un audit de l’Inspection générale des finances
D’ailleurs le modèle économique de la Caisse des Français de l’étranger fait donc l’objet de nombreux débats. Ainsi, une mission d’audit conjointe de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) et l’IGF (Inspection générale des finances), les autorités de tutelle de la CFE a débuté en janvier 2025. Pour comprendre cette démarche, notre invitée souligne un point précis qu’ont reçu les services de l’État concernant cette action commune : « la lettre de mission est très claire : quelle que soit l’évolution, elle doit se faire à coût constant pour l’État, sans augmentation de la participation de l’État au fonctionnement de la CFE ».
Alors que les conclusions ne sont pas encore officielles, pour Isabelle Frej, qui a pu en obtenir un résumé : « Il n’y a pas de surprise sur le constat : cela valide tout ce que nous avons partagé depuis quelques mois. »
Augmenter le budget de l’État pour la CFE ou le prix des cotisations ? Un choix politique
Or, c’est bien le budget de la Caisse des Français de l’étranger et la mission même de la CFE qui sont au centre des discussions. Alors que va faire le gouvernement ? Laurent Saint-Martin, le ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger annonce une prochaine loi pour les expatriés. Et que proposent les parlementaires ? Deux d’entre eux, Karim Ben Cheikh et Éléonore Caroit ont conjointement déposé une proposition dans laquelle le montant perçu de la CSG pourrait être redistribué auprès de la CFE. Voici des pistes d’évolutions possibles.
« Aujourd’hui, la solution pour la CFE, elle est politique »
Isabelle Frej, la présidente du conseil d’administration de la CFE
Pour Isabelle Frej, deux options sont, entre autres, sont sur la table : Augmenter les cotisations, au risque d’exclure un nombre important de nos ressortissants vivant hors de France ou renforcer la part budgétaire de l’Etat, « c’est un choix politique » à faire pointe-t-elle.
Une CFE qui continue à se moderniser pour ses assurés
Pour autant, la CFE ne cesse d’innover et de développer de nouveaux services pour mieux accompagner ses assurés. La présidente du conseil d’administration partage notamment les dernières nouveautés disponibles sur l’extranet. En plus de la mise en conformité avec les exigences du RGPD (protection des données) et de la CNIL, ces évolutions visent à renforcer la sécurité des systèmes tout en simplifiant les démarches des utilisateurs. Des outils utiles, mais Isabelle Frej précise « il faut faire preuve de pédagogie » auprès des adhérents. D’autres nouveautés, en ce sens, seront prochainement disponibles pour les entreprises.
« La CFE, c’est une idée assez unique, qui est très utile »
Isabelle Frej, la présidente du conseil d’administration de la CFE
Enfin, pour notre invitée, « la CFE c’est un fleuron (…) c’est une part du génie français ». Elle souligne aussi que la « France est un des rares pays à s’occuper de la santé de ses compatriotes à l’étranger ». Aussi, ajoute-t-elle également : « la CFE, c’est une idée assez unique, qui est très utile ». Pour conclure, Isabelle Frej nous dit sans hésitation : « Je pense qu’il faut continuer à tout faire pour qu’elle puisse poursuivre sa mission (…) tout doit être fait pour maintenir sa place au sein d’un monde très concurrentiel ».
Exercer une activité professionnelle, c’est bien plus que livrer un produit ou assurer une prestation : c’est s’engager, prendre des décisions, assumer des responsabilités, parfois dans des domaines où le moindre incident peut entraîner des dommages importants.
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Accélération ou immobilisme ? D’un côté, la succession d’événements depuis la crise financière de 2008 — crise sanitaire, guerre en Ukraine, conflit au Moyen-Orient, concentration rapide des richesses, réchauffement climatique, retour de Donald Trump, montée en puissance des technologies de l’information et de la communication, avec l’intelligence artificielle pour dernier avatar — donne l’impression d’un monde sens dessus dessous, lancé à toute allure vers sa perte. De l’autre, l’époque serait à l’immobilisme avec une croissance qui s’étiole, des gains de productivité de plus en plus rares, avec un monde qui vieillit et une propension au changement en déclin.
La gesticulation verbale prime sur l’action
Depuis son émergence à la fin du XXe siècle, la téléréalité a peu à peu colonisé tous les pans de notre quotidien : vie privée, politique, économie. L’image, l’émotion, l’interprétation sans fin des paroles ou des comportements l’emportent désormais sur les actes, relégués au second plan. La gesticulation verbale prime sur l’action.
L’important n’est plus de rouvrir Cayenne ou Alcatraz, mais de le proclamer haut et fort. La désinformation est omniprésente, notamment en économie. Les mensonges deviennent des vérités ; les sites dits « complotistes » supplantent les sources officielles, feignant d’avoir raison au seul motif qu’ils seraient, par nature, rebelles. Jouer sur l’émotion, le populisme ou le nationalisme n’est en rien nouveau. De la Rome antique à Donald Trump, en passant par les régimes fascistes des années 1930, nombreux sont ceux qui ont su manipuler les foules avec des idées « faciles ». Aussi étrange que cela puisse paraître, les peuples les plus éduqués ne sont pas moins enclins que les autres à céder à leurs pulsions. Dans un monde de plus en plus mouvant, la tentation de l’isolationnisme reste constante. Face aux invasions barbares, la Rome antique a tenté de se protéger derrière ses murailles. Dans l’entre-deux-guerres comme aujourd’hui, les États multiplient les droits de douane. Mais ces réflexes sont vains et contreproductifs. Ils ne sont que cautères sur des jambes de bois, attisant les haines et les convoitises.
Une classe moyenne mondiale passée de 1 à plus de 3,5 milliards de personnes
Le protectionnisme pénalise avant tout les pays émergents et en développement, au risque que leurs populations, en forte croissance, ne soient contraintes d’émigrer encore davantage.
La disparition des famines et l’essor d’une classe moyenne mondiale — passée de 1 à plus de 3,5 milliards de personnes entre 1990 et 2025 — sont les fruits directs du développement des échanges commerciaux. Freiner l’économie par égoïsme, en s’enfermant derrière des murs réels ou virtuels, revient à choisir le chaos, la violence et les inégalités. L’objectif des pays dits avancés devrait être d’aider les autres à les rattraper afin de favoriser des échanges plus équilibrés et, par ricochet, d’accélérer la transition écologique. Mais aujourd’hui, le rapport de force règne en maître au détriment du multilatéralisme. Chacun cherche à conquérir ou à préserver ses rentes, au prix d’une croissance bridée.
Des formes nouvelles de chantage stratégique
La prise de risque n’est plus de mise : elle ne garantit pas un revenu fixe. Le temps est revenu à la prédation. La course aux terres rares, les tensions autour de l’Ukraine ou de la Chine, donnent lieu à des formes nouvelles de chantage stratégique. L’économie, pourtant, n’est que mouvement.
Après plus de vingt siècles de stagnation — entre -300 et 1600 après J.-C. — l’humanité n’est entrée dans une phase d’amélioration réelle de ses conditions de vie qu’avec l’augmentation continue des gains de productivité, permettant de produire plus avec moins. Ces gains se sont traduits par une plus grande fluidité des échanges et par leur valorisation accrue. Le progrès — et son acceptation — a mis fin à la trappe malthusienne qui faisait de l’être humain une simple variable d’ajustement.
Aujourd’hui, pourtant, nous risquons de renouer avec une stagnation séculaire. L’accélération est partout mais rime avec précipitation et déstabilisation sur fond de surinformation ou plutôt de désinformation. L’économie ne reprendra ses droits qu’en retrouvant le chemin d’une croissance régulée, partagée, et fondée sur la confiance commune dans l’avenir.
Les États-Unis entrent en guerre contre l’Iran, qui les menace de « conséquences éternelles ». Les prévisions cataclysmiques s’accumulent. Les guerres se multiplient. L’économie flanche, sous les coups de la démondialisation aberrante et de la peur. La finance s’affole. Les dettes montent au ciel. Le climat se dérègle, les forets brûlent, la mer monte, des fous dirigent le monde, la démocratie s’atrophie, les peuples se raidissent autour du culte de soi et de la haine des autres. Les crises engendrent de nouvelles crises, dans un collier qui enserre le monde et les vies. Tout est lié, l’intelligence décline, ne restera bientôt que celle des robots, vain espoir de rationalité. Voici, après la guerre d’Ukraine, après les menaces de nucléaires de Poutine, l’attaque d’Israël contre l’Iran, celles des États-Unis. Et toutes ces voix qui prédisent l’escalade, la troisième guerre mondiale, l’ère des bunkers et des kamikazes. Faux : L’apocalypse n’est pas pour demain. La crise annoncée ne sera pas une crise. Un changement de monde, ce qui est très différent.
Image d’illustration du bombardier américain B29
L’Iran menace les bases américaines et le détroit d’Ormuz L’ancien directeur de la CIA prévoit que Poutine attaquera la Lituanie une fois l’Ukraine soumise. Un général capé d’incertitudes redoute que les Russes utilisent des bombes nucléaires tactiques. Le Secrétaire d’État américain annonce une attaque chinoise sur Taïwan. Israël détruit Gaza, assimilant tragiquement tous les Palestiniens au Hamas, ce qu’ils finiront par faire, sous ce nom ou un autre.
La course à la bombe attire la guerre plutôt qu’elle ne l’en préserve. La stratégie militaire devient postnucléaire.
Après avoir éliminé les tentacules de l’Ayatollah -Assad, Hezbollah, Hamas, Houthis- Israël, et surtout les États-Unis, frappent la tête. Enfin ? Frapper la théocratie iranienne dès le début aurait évité de détruire Gaza. L’attaque américaine change la donne au Moyen-Orient, ébranle le régime iranien, révèle l’inanité des alliances de la Russie et de la Chine.
Pour la première fois, la course à la bombe nucléaire attire la guerre plutôt qu’elle ne l’en préserve. La stratégie militaire devient postnucléaire.
Jusqu’à présent, la possession de l’arme nucléaire devenait l’assurance-vie d’un pays, d’un régime. La dynastie nord coréenne se sent invulnérable grâce à la bombe. Cuba a survécu grâce à la « menace » d’installations nucléaires. La Russie de Poutine a annexé la Crimée, a poursuivi l’attaque de l’Ukraine, se sachant impunie, jusqu’à inhiber Européens et Américains, les armes ne devant pas être utilisées pour attaquer le « territoire » russe. Au point que beaucoup en Ukraine regrettent de ne pas avoir conservé des armes nucléaires, le Mémorandum de Budapest, qui les en privait, ne valant rien. (Pas besoin d’une adhésion à l’OTAN : les États-Unis sont garants des frontières de l’Ukraine).
Tous les pays ont compris que la possession de la bombe était un permis de tuer international. Logique, pour l’Iran, de vouloir s’en doter. Ce qui amènerait aussitôt l’Arabie saoudite à en faire autant. Et pourquoi pas la Turquie, l’Algérie, le Vietnam, la Corée, le Japon ? Tout régime dictatorial aimerait cette garantie, et ceux qui ne le sont pas également, pour se défendre des appétits.
Blasphème tactique, des Ukrainiens malins mènent des opérations en Russie, contre des bases, des infrastructures, des bombardiers stratégiques russes. La Russie répond par une salve de missiles ; comme toutes les nuits. Rien de plus. Un blasphème impuni annonce le triomphe de l’hérésie. Le ciel de l’Indus s’obscurcit de la plus grande bataille aérienne depuis 1945, entre l’Inde et le Pakistan, deux pauvres puissances nucléaires. Il est donc possible de frapper une puissance nucléaire sur son sol, comme l’ont fait les Ukrainiens. Il est donc possible de se faire la guerre entre puissances nucléaires. La bombe n’est pas un bouclier; elle n’est pas l’égide d’Athéna, la figure de Médée qui paralyse l’adversaire.
Au lieu d’éviter la guerre, la bombe fait d’un pays une cible.
Pire encore, au lieu d’éviter la guerre, la bombe fait d’un pays une cible. La preuve par l’Iran. Si l’Iran n’avait pas investi des milliards dans cet arsenal nucléaire en gestation, il n’y aurait pas eu d’attaque israélienne ; les États-Unis ne seraient pas entrés dans la bataille, les pays arabes ne se réjouiraient pas, discrètement. Personne ne soutient l’Iran, parce que le monde respire mieux sans la bombe iranienne.
Impossible pourtant d’éliminer le savoir-faire accumulé. Sans accord de paix, la menace reviendra. Mais démonstration est faite au monde entier que cette lente et coûteuse acquisition, loin de rendre l’Iran inattaquable, fait d’elle une cible perpétuelle. L’exemple iranien sape l’intérêt d’acquérir la bombe. Ne peuvent l’acquérir, et encore, que ceux qui ne l’emploieront pas.
Ce qui pose de nouveaux problèmes. Désormais, les Russes peuvent considérer que jamais les États-Unis n’utiliseront leur arsenal nucléaire pour défendre Vilnius. Ce qui oblige les Européens à augmenter leurs dépenses militaires, plus ou moins « conventionnelles », car il existe d’autres formes de dissuasion : attaques électroniques, destruction des sources d’énergie, guerre des ondes, spatiale, informationnelle, financière…
La question militaire change de dimension. Change aussi celle de la paix.
La question militaire change de dimension. Change aussi celle de la paix. Qui veut la paix ? L’Ukraine tient. La Russie se tend. Personne ne veut vraiment la paix, sauf Trump, qui fait la guerre. Bloquer le détroit d’Ormuz serait se punir soi-même, priver la Chine de pétrole. Ce serait le prétexte pour qu’une partie du régime chasse l’autre, responsable de trente années d’échecs. Le seul vrai risque d’Apocalypse serait que Poutine gagne en Ukraine. « Je considère les Russes et les Ukrainiens comme un seul peuple. Dans ce sens, toute l’Ukraine est notre » Alors d’autres Poutine, dans le monde entier, diront : « L’agression paie ». La Chine mettra à exécution son projet d’envahir Taïwan. La résistance de l’Ukraine interdit la guerre mondiale. La guerre ne paie pas. Avec l’attaque israélo-américaine, la menace nucléaire iranienne ne paie pas.
Les États-Unis balaient le Moyen-Orient rêvant d’en faire naître un nouveau. Ils sèment le désordre économique et monétaire mais recueillent la moitié des investissements du monde. Le dynamisme des nouvelles technologies ne faiblit pas. L’inflation disparaît, la crainte est plutôt celle d’une déflation lancinante.
Tous les méfaits possibles d’un chaos mondial sont au vu de tous. Chaos clair, mesurable, prévisible, anticipé.
Aucune crise imprévue ne pointe à l’horizon, tous les méfaits possibles d’un chaos mondial sont au vu de tous. Chaos clair, mesurable, prévisible, anticipé dans les taux d’intérêt et les prix du pétrole. Reste inconnu le degré de développement de la robotique, des ordinateurs quantiques, de l’intelligence artificielle, des nanotechnologies, des nouveaux matériaux. Inconnues les nouvelles formes de pouvoir qui émergeront des nouvelles puissances, des nouvelles féodalités, des transformations de la guerre, des manipulations des cerveaux, de l’information, du travail.
Ce ne sont pas des crises, ce ne sera pas l’Apocalypse : l’Apocalypse est imprévisible. C’est une métamorphose, avec ses laideurs, et ses beautés dérangeantes. Ceux qui restent avec les anciens monstres s’atrophieront avec eux, sans avoir la chance d’apprivoiser les nouveaux. L’Apocalypse n’est pas pour demain, après-demain peut être. D’ici là vivons, effrayés souvent, émerveillés parfois.
Laurent Dominati a. Ambassadeur de France a. Député de Paris Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press Président de l’app bancaire pour les expatriés France Pay
« Initiatives expats » met le cap vers l’Océan Indien et Tananarive. Notre invité, Marc Boulnois, préside l’association « Planète France Madagascar ». Au cours de ce podcast, il nous explique le fonctionnement de sa structure, et comment elle simplifie la vie administrative des Français installés sur l’île. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères l’encourage d’ailleurs dans son action. C’est ainsi que l’association a notamment reçu une subvention liée au dispositif STAFE. Grâce à cela, elle a notamment pu créer un « Café citoyen ». Un lieu convivial, où l’un des jeux favoris est, entre autres, de dénouer les casse-têtes administratifs de nos expatriés résidents à Madagascar.
Ecouter le podcast avec Marc Boulnois, Président de Planète France Madagascar
L’association Planète France Madagascar en action
S’installer à Madagascar, un choix de cœur et d’opportunité
C’est à la faveur d’une opportunité professionnelle que Marc Boulnois quitte la France pour s’installer en 2019 dans la capitale malgache. Directeur administratif et financier dans le secteur du textile, il tombe rapidement sous le charme de Madagascar, et il s’engage dans la vie associative locale. « Depuis maintenant six ans, je continue à être amoureux de Madagascar et à m’investir ici », confie-t-il au micro d’« Initiatives Expats ».
« Planète France Madagascar » : la solution face aux méandres de l’administration
C’est ainsi que Marc préside « Planète France Madagascar », une association qui simplifie la vie administrative des Françaises et des Français vivant sur l’île, et également des Malgaches qui sont en lien avec les autorités françaises.
« À Planète France Madagascar, on accompagne la personne pour trouver des solutions quand elle a des problèmes avec une administration publique ou privée »
Marc Boulnois, Président de Planète France Madagascar
Créée en 2017, cette structure accompagne, entre autres, les personnes dans la constitution de dossiers liés, par exemple, à l’état civil, aux retraites, ou bien encore aux demandes de visas ou de nationalité. Mais les activités dépassent aussi les requêtes administratives. Ainsi les problématiques bancaires ou d’accès aux comptes pour nos compatriotes hors de France sont également traitées.
L’association Planete France Madagascar vous accueille dans ses propres locaux.
Plus largement, avec son équipe de bénévoles et de salariés, l’association reçoit donc chaque semaine à Tananarive – et dans toute l’île grâce à la visio – nos ressortissants qui se heurtent à toute complexité dans leurs démarches.
Faciliter les synergies avec le consulat
Pour aider à la résolution des problèmes, l’association « Planète France Madagascar » travaille directement avec le Consulat de France sur l’île. Des synergies se sont développées. « Il y a une vraie bonne relation de confiance », souligne Marc Boulnois.
« Soit c’est nous qui allons en contact avec l’administration, soit c’est elle qui peut nous demander un accompagnement plus actif»
Marc Boulnois, Président de Planète France Madagascar
Sur un certain nombre de sujets, les contacts sont donc réguliers entre les services consulaires et l’association. Cela permet d’assurer les suivis et de trouver des solutions. « Soit c’est nous qui allons en contact avec l’administration, soit c’est elle qui peut nous demander un accompagnement plus actif », précise notre invité.
Le « Café Citoyen » fait rimer convivialité et solutions administratives
Grâce au dispositif STAFE, une aide financière qui vient soutenir les associations françaises à l’étranger, « Planète France Madagascar » a pu développer un nouveau projet d’espace d’entraide administrative : le « Café Citoyen ».
Marc Boulnois, président de Planète France Madagascar
Quel est l’objectif de ce projet ? Offrir dans la capitale malgache un lieu physique, accueillant et convivial, équipé de matériel informatique et de documentation, pour que chacun puisse venir aussi s’informer, échanger et même se former. Des ateliers pratiques sont également organisés comme nous l’explique notre invité au cours de ce podcast « Initiatives Expats ».
Quelles pistes pour un meilleur service public ?
À la fois observateur et acteur de la vie publique, notre invité remarque un désengagement de certains services aux citoyens. La digitalisation des démarches et la dématérialisation qui l’accompagne peuvent aussi avoir certains revers.
« On s’aperçoit du délitement du lien avec le service public. Ici, à Madagascar, l’île est très grande, plus grande que la France. On voit que les lieux de proximité commencent à diminuer »
Marc Boulnois, Président de Planète France Madagascar
À Madagascar, il y a plus de 17.000 Français, répartis aux quatre coins de l’île. Or, ils ont tous besoin à un moment ou un autre d’un lien direct avec l’administration française. Or, « on s’aperçoit du délitement du lien avec le service public. Ici, à Madagascar, l’île est très grande, plus grande que la France. On voit que les lieux de proximité commencent à diminuer », remarque notre invité. D’ici à ce que le « Café citoyen » devienne prochainement itinérant…
Pour conclure ce podcast, Marc Boulnois partage un conseil essentiel à destination des futurs expatriés français qui voudraient venir vivre à Madagascar : « Surtout, ne pas rester isolé. Inscrivez-vous au registre des Français» et bien sûr… « venez boire un café au local » !
Du 28 mai au 1er juin 2025, la ville de Salt Lake City, Utah, États Unis d’Amérique, a accueilli la 49e édition de l’International Trumpet Guild (ITG), un événement incontournable pour les passionnés de cuivres. Chaque année, cet immense rendez-vous réunit solistes internationaux, orchestres et professeurs du monde entier autour d’un programme riche (concerts, conférences et masterclasses). Cette année, parmi les participants venus des quatre coins du monde, nous avons suivi le trompettiste français Michel Jacquot.
International Trumpet Guild
L’expatriation comme moteur artistique
Aujourd’hui installé en Turquie, Michel Jacquot incarne cette génération d’artistes mobiles, curieux et ouverts à d’autres cultures. Il est de ceux qui portent la musique au-delà des frontières. À 31 ans, il occupe la place de trompette solo à l’Opéra national de Samsun, et joue régulièrement à l’Opéra d’Istanbul.
Son parcours, singulier, force l’admiration. Formé à Chalon-sur-Saône, puis en région parisienne et enfin à Bordeaux, il est diplômé d’une licence en musicologie, d’un diplôme national supérieur professionnel du musicien et d’un diplôme d’État de professeur. Il a joué au sein du Paris Brass Band, de la Musique des Forces Aériennes de Bordeaux, et enseigné dans différents conservatoires en France. Pourtant, nous confie-t-il, il ne vient pas d’un milieu artistique. La musique s’est imposée à lui, très tôt, comme une évidence. « Depuis tout petit, j’ai toujours été attiré par cet art. C’était comme une évidence, l’objectif et la raison d’une vie », explique-t-il.
C’est cette passion, qui l’a mené à franchir les frontières. L’expatriation, il ne l’a pas vécue comme une rupture mais comme une forme d’accomplissement. En s’installant en Turquie il y a deux ans, Michel Jacquot a bouleversé ses repères. Mais cela s’est avéré fertile : « L’expatriation m’a énormément influencé, car elle m’a fait sortir de ma zone de confort. Musicalement, humainement, j’ai appris beaucoup de choses, j’ai développé de nouvelles attentes, de nouvelles ambitions. » Entre Paris et Istanbul, il a trouvé un terrain propice à l’épanouissement.
La trompette, l’instrument de prédilection de Michel Jacquot
Un ambassadeur de la francophonie
C’est donc en ce 27 mai dernier qu’il s’est envolé pour les États-Unis, à l’occasion de cette prestigieuse conférence. Pour lui, venir à Salt Lake City représentait bien plus qu’une opportunité professionnelle, c’était un rêve d’enfant.
« Avant même de parler de trompette, venir aux États-Unis était un rêve. Il s’est réalisé grâce à des partenaires comme la SJJ Agency, la Fondation Gabadito,Warda Souihi, et également avec le soutien de Culture Without Border, qui met en lumière les parcours artistiques engagés à l’échelle internationale » Une fois sur place, l’expérience fut marquante, au-delà des concerts et des masterclasses, ce sont des rencontres humaines. Il évoque notamment la famille Mahak, qui l’a accueilli avec une grande chaleur.
« J’ai pris une claque musicale et humaine pendant cette semaine. »
Michel Jacquot
Cette émotion, il la transforme en engagement. Michel Jacquot est un artiste qui croit profondément à la vocation universelle de la musique. Pour lui, l’art doit créer du lien et rassembler. « Tout le monde a sa place. La vie est trop courte pour se poser de mauvaises questions. L’art doit servir d’union entre les Hommes et les peuples. » Ce message, il le porte avec conviction à travers son instrument et son enseignement. Il insiste sur l’importance de ne jamais baisser les bras. « C’est une chance de pouvoir faire ce métier, mais il exige de nombreux sacrifices. Malgré tout, c’est sûrement l’un des plus beaux métiers du monde. »
À Salt Lake City, il a mesuré à quel point l’échange culturel pouvait nourrir son parcours. Il se dit prêt à revenir jouer aux États-Unis et lance un appel à projet à la communauté francophone : organiser des récitals, des rencontres, porter la culture française au cœur de ce pays dont il admire la diversité musicale ! Mais ces projets nécessitent du soutien, qu’il évoque avec lucidité : l’entretien des instruments, les déplacements, les démarches administratives, rien ne se fait sans moyens.
Et pourquoi pas, à plus long terme, un projet d’installation aux États-Unis, pour continuer à faire rayonner son art, ses valeurs à travers la francophonie.
Trompette de Michel Jacquot avant un concert
Des projets et une mission
Dans l’immédiat, c’est vers la Bourgogne que se tournent ses pas. Cet été, il participera au festival des Grandes Heures de Cluny, un événement qui aura pour lui une forte charge symbolique. Dix ans après, il y reviendra dans sa région natale en artiste accompli, nourri de toutes les expériences vécues au fil de son parcours.
Interrogé sur la place de la francophonie dans son cheminement, Michel Jacquot se dit aujourd’hui plus conscient que jamais de son importance. « En étant à l’étranger, on prend encore plus conscience de la beauté de son pays, de la richesse de notre langue. J’essaie modestement d’en être un ambassadeur. » Un rôle pour ceux qui savent ce que signifie s’exprimer au nom de quelque chose de plus grand que soi, un rôle qu’il assume avec humilité.
Au terme de cette semaine à Salt Lake City, entre résonances des cuivres et partages, une chose est certaine : la musique de Michel Jacquot n’a pas fini de voyager.
Michel Jacquot, trompettiste français, à Salt Lake City
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Inquiétudes croissantes, tensions politiques, mobilité compromise : Roland Lescure, député des Français d’Amérique du Nord, dresse un tableau nuancé mais préoccupé de la situation des expatriés français aux États-Unis. Interrogé par Lesfrancais.press, l’ancien ministre de l’Industrie revient sur les préoccupations majeures de nos compatriotes installés outre-Atlantique. Que faire face à l’incertitude politique et économique ?
Ecouter le podcast avec Roland Lescure
Nos expatriés aux Etats-Unis : un pessimisme en hausse
Dès le mois de mars, une consultation lancée par le député, membre du groupe « Ensemble pour la République, à l’Assemblée nationale, révélait que près de 70 % des Français d’Amérique du Nord se déclaraient pessimistes quant à leur avenir.
« Toutes ces libertés aujourd’hui sont en danger, et évidemment ça les inquiète »
Roland Lescure, ancien ministre, député des Français d’Amérique du Nord
Trois mois plus tard, la tendance semble s’accentuer. « Probablement. Ce sont des gens qui sont en première ligne », estime Roland Lescure, qui précise que les expatriés sont confrontés à des difficultés économiques mais aussi à un climat social tendu.
Roland Lescure, ancien ministre, député des Français d’Amérique du Nord
À cela s’ajoutent des interrogations profondes sur les libertés fondamentales. « Toutes ces libertés aujourd’hui sont en danger, et évidemment ça les inquiète », observe-t-il, évoquant les valeurs d’ouverture et de libre expression traditionnellement associées aux États-Unis.
Los Angeles, foyer de tensions politiques
Interrogé sur les violences urbaines qui ont récemment secoué Los Angeles, Roland Lescure tient à relativiser l’ampleur du phénomène : « Los Angeles ne brûle pas, ce n’est pas Gaza. » Pour lui, l’essentiel est ailleurs : dans l’affrontement politique entre le gouverneur démocrate de Californie et le Président républicain.
C’est ainsi que la militarisation de la réponse fédérale inquiète les Français en Californie. « Le président a plus mis de l’huile sur le feu que calmé le jeu », affirme notre invité, en évoquant le déploiement de la garde nationale et une gestion autoritaire de la contestation.
Voyager, un acte devenu risqué ?
À l’approche de l’été, nombreux sont les expatriés qui envisagent de rentrer en France. Mais la crainte de ne pas pouvoir revenir s’installe. Selon le député Roland Lescure, cette inquiétude est partiellement fondée : « Il ne faut pas exagérer (…) mais un douanier peut regarder tous vos réseaux sociaux avant de vous laisser entrer ». Il appelle donc à la prudence : « Il faut être humble, il faut être sympathique, il faut être au service. »
« Un douanier (américain) peut regarder tous vos réseaux sociaux avant de vous laisser entrer »
Roland Lescure, ancien ministre, député des Français d’Amérique du Nord
Toutefois, ce climat tendu illustre, selon lui, une contradiction : « C’est quand même un paradoxe dans un pays qui s’est fondé sur l’immigration. » L’esprit d’accueil semble céder la place à un repli identitaire, accentué par le mot d’ordre de l’administration en place : « America first » et puis “Americans”, comme il l’a défini lui, c’est-à-dire des historiques, si je puis dire, et pas des gens qui sont là venant de l’étranger », observe notre invité.
Avec l’administration Trump, une diplomatie discrète mais ferme sur les principes
Face à ces tensions, la diplomatie française privilégie une approche pragmatique : « Il faut rester humble, rester ouvert, rester dans une logique de relation plutôt que de confrontation ». Les relations bilatérales restent solides malgré les saillies de Donald Trump : « Il y a évidemment quelques tweets rageurs du président américain (…) mais les administrations sont en étroits contacts ».
Sur les grands dossiers internationaux – Ukraine, Gaza, Iran – Roland Lescure rappelle que la position française reste alignée sur la défense du droit international et du multilatéralisme. L’inquiétude monte néanmoins face à l’instabilité régionale, notamment avec l’Iran. « L’Iran est un État qui développe l’arme nucléaire et ça, c’est aussi parfaitement inacceptable », martèle-t-il.
Le PSG aux Etats-Unis, une parenthèse sportive
Dans une fin d’entretien plus légère, l’élu revient sur son attachement au Paris Saint-Germain, engagé dans la Coupe du monde des clubs aux États-Unis. « Moi, je suis un supporter historique et inconditionnel du PSG », confie-t-il, tout en relativisant l’importance de la compétition. « La vraie bonne nouvelle de cette année, c’est quand même la victoire en Ligue des champions », conclut-il avec fierté.
L’actualité nous le rappelle sans cesse. Aujourd’hui, le monde tremble de partout. En effet, entre catastrophes naturelles et conflits armés, aucun endroit sur la planète n’est vraiment à l’abri. C’est pourquoi, dès que vous partez à l’étranger, adoptez le bon réflexe pour votre sécurité : connectez-vous au fil d’Ariane. Cette démarche concerne aussi bien nos compatriotes de France que tous les Français installés à l’étranger lors de leurs propres voyages. L’inscription est simple à effectuer, et ce lien, avec les autorités, pourrait vous sauver la vie. Alors comment faire ? On vous explique tout.
Qu’est-ce que le Fil d’Ariane ?
Mis en place en 2010 par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, ce service gratuit permet de garder un lien avec les autorités françaises. Grâce au Fil d’Ariane, vous recevrez des informations en temps réel si un danger survient dans votre zone de séjour. En cas de crise, ce dispositif peut aussi aider les autorités à vous fournir des consignes spécifiques, organiser les rapatriements si la France instaure un tel dispositif lors d’un événement qui surgirait dans votre région de voyage.
Cependant, il est important de préciser que le Fil d’Ariane ne remplace pas une assurance voyage personnelle. Il vous appartient, si vous le souhaitez, d’en souscrire une auprès des compagnies qui les proposent. Ce dispositif créé par les autorités françaises n’est pas non plus un outil de géolocalisation. C’est avant tout un canal direct pour faciliter votre sécurité en cas de danger et recevoir ainsi des alertes officielles tout au long de votre voyage, si la situation l’exige. C’est alors le Centre de crise et de soutien (CDCS) qui peut coordonner ces échanges.
Comment s’inscrire sur le portail du Fil d’Ariane ?
Que vous soyez résident dans l’hexagone, ou bien un Français de l’étranger, il est donc recommandé de se connecter sur le Fil d’Ariane pour vos voyages touristiques ou professionnels de moins de six mois. Pour s’inscrire, vous devez vous rendre sur le portail dédié. Sachez que ce service a été conçu en lien avec la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), et que la confidentialité des données personnelles est donc respectée.
Si vous possédez déjà un accès France Connect, l’accès à un compte du Fil d’Ariane se fait en quelques clics. Dans le cas contraire, le système vous proposera d’en créer un pour accéder au service.
Ensuite, il vous suffira d’indiquer votre destination ainsi que les informations relatives à votre voyage, comme par exemple vos dates de séjour, les adresses, les moyens de transport utilisés, … On vous demandera aussi de renseigner le nom d’une personne à contacter en cas d’urgence. Cette démarche est valable uniquement pour votre voyage indiqué. En cas de nouveau déplacement, il vous faudra renouveler celle-ci sur le site.
Distinction entre le registre des Français de l’étranger et le Fil d’Ariane
Enfin, il est également important de distinguer le Fil d’Ariane de l’inscription au Registre des Français établis hors de France. Cet enregistrement, auprès du consulat compétent, est une démarche pour les Français de l’étranger qui résident en continu en dehors du territoire national.
Pour votre sécurité, consultez aussi les conseils aux voyageurs
Avant de partir ou de décider d’un voyage, vous pouvez également consulter les informations dites de « dernières minutes » sur le site du ministère des affaires étrangères. Vous accéderez ainsi aux conseils les plus récents postés par les autorités françaises en fonction de l’actualité et de votre destination : en ce moment des pays comme l’Iran, Israël, la Jordanie, la Syrie sont notamment inclus dans ce fil.
Ainsi, toute la rédaction Lesfrancais.press vous encourage vivement à vous inscrire au Fil d’Ariane lors de vos déplacements hors de France. Les élus de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) ont d’ailleurs recommandé aux médias dédiés aux expatriés de relayer l’information sur ce dispositif.
C’est précisément l’objectif de cet article, et nous le faisons aisément. Cette inscription peut être importante pour toute notre diaspora en cas de catastrophe lors d’un séjour en dehors de votre résidence. Alors, plus aucune excuse. Pour votre sécurité, adoptez le bon réflexe: avant chaque voyage, pensezau Fil d’Ariane.