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  • Les batteries stationnaires, l’avenir de l’électricité décarbonée

    Les batteries stationnaires, l’avenir de l’électricité décarbonée

    La réduction des émissions de gaz à effet de serre passe par l’électrification de nombreuses activités, à condition que l’électricité produite soit elle-même décarbonée. À l’échelle mondiale, le défi est immense, sachant que le charbon reste la principale source d’énergie pour la production d’électricité.

    L’essor des énergies renouvelables se heurte à leur caractère intermittent. Le stockage de l’énergie représente une solution à ce problème, bien que sa mise en œuvre soit encore limitée. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la capacité de stockage par batteries devra passer de moins de 200 gigawatts (GW) en 2023 à plus d’un térawatt (TW), soit 1 000 gigawatts, d’ici la fin de la décennie, et atteindre près de 5 TW d’ici 2050 pour respecter l’objectif de neutralité carbone à l’échelle mondiale.

    Le marché du stockage de l’énergie pourrait passer d’environ 15 milliards de dollars en 2023 à 1 000 milliards de dollars en 2040.

    Historiquement, le stockage de l’énergie électrique reposait principalement sur des systèmes hydroélectriques, utilisant des réservoirs pour déplacer l’eau entre des niveaux différents. Aujourd’hui, la production de batteries géantes, empilées dans des hangars, permet de pallier les contraintes météorologiques des énergies renouvelables. En 2023, selon l’AIE, 90 GW de stockage par batterie ont été installés dans le monde, soit une augmentation de 100 % par rapport à 2022. Deux tiers de cette capacité étaient destinés aux réseaux électriques, le reste étant utilisé pour la consommation directe (particuliers ou entreprises). Cette croissance a été facilitée par des innovations technologiques et la baisse des coûts.

    Le marché du stockage de l’énergie pourrait passer d’environ 15 milliards de dollars en 2023 à 200 milliards de dollars d’ici 2030, et dépasser 1 000 milliards de dollars en 2040. Le prix des batteries stationnaires au lithium a diminué de 40 % entre 2019 et 2023, rendant leur usage plus accessible et compétitif face aux énergies fossiles.

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    En Inde, l’énergie solaire couplée à des batteries est déjà moins coûteuse que l’électricité produite à partir du charbon, et devrait surpasser le gaz aux États-Unis dans les prochaines années. La Chine domine le marché des batteries électriques, abritant quatre des cinq plus grands fabricants mondiaux, dont CATL et BYD. Bien que ces entreprises se soient initialement concentrées sur les véhicules électriques, elles ont rapidement rattrapé leur retard dans le secteur des batteries stationnaires. La production de ces batteries augmente de 20 % par an, encouragée par des politiques publiques exigeant que les grands projets solaires et éoliens intègrent des solutions de stockage. CATL, par exemple, a multiplié par huit ses investissements en recherche et développement depuis 2018, atteignant 2,5 milliards de dollars en 2023.

    Les gouvernements occidentaux adoptent alors des mesures protectionnistes, ralentissant ainsi la croissance.

    Cependant, cette course à la production a mené à des surcapacités. En 2024, la Chine produit suffisamment de batteries au lithium pour répondre à la demande mondiale, et prévoit une capacité supplémentaire de 5,8 térawattheures (TWh) d’ici 2025, soit plus du double de la capacité actuelle. Cette surproduction a entraîné une baisse des prix, fragilisant les entreprises américaines et européennes, comme le suédois Northvolt qui a enregistré une perte de 1,2 milliard de dollars en 2023.

    Les gouvernements occidentaux adoptent alors des mesures protectionnistes, ralentissant ainsi la croissance. Néanmoins, des entreprises continuent de travailler sur des batteries plus performantes, durables et abordables. Les batteries sodium-ion, par exemple, représentent une alternative prometteuse au lithium, en raison de leur coût moindre. Natron, une entreprise américaine soutenue par Chevron, investit 1,4 milliard de dollars dans une usine de batteries sodium-ion en Caroline du Nord, prévue pour 2027. De même, la start-up américaine EnerVenue développe des batteries nickel-hydrogène, ayant levé plus de  400 millions de dollars pour construire une usine dans le Kentucky.

    Ces batteries, moins sujettes aux incendies que celles au lithium, sont particulièrement attractives pour les centres de données qui cherchent à réduire leurs risques d’incendie tout en limitant leurs coûts d’assurance. Le développement du stockage de l’électricité progresse plus rapidement que celui des énergies renouvelables elles-mêmes. Ce secteur bénéficie d’un afflux de capitaux importants, car la capacité à disposer d’une énergie verte disponible à tout moment est cruciale pour réussir la transition vers une économie décarbonée.

  • Projet de loi de finances 2025 : la France sabre dans l’aide publique au développement

    Projet de loi de finances 2025 : la France sabre dans l’aide publique au développement

    Selon les dernières estimations, le déficit public français devrait atteindre 5,6 % du PIB en 2024, et d’importantes coupes budgétaires sont attendues pour l’année prochaine. Première victime du projet du budget préparé durant l’été par le gouvernement démissionnaire, l’aide publique au développement (APD), qui devrait être amputée de 18 %.

    Les organisations non gouvernementales (ONG) françaises sont en émoi. L’État avait déjà annoncé en février dernier une économie de 800 millions d’euros sur le montant de l’aide publique au développement pour l’année 2024 et de nouvelles coupes sont prévues dans le projet de budget 2025

    « Sans cet argent, certaines organisations locales ne seront plus subventionnées, des médicaments ne seront pas achetés, la construction de cliniques sera annulée et l’aide humanitaire ne sera pas envoyée », regrette Gautier Centlivre, coordinateur du plaidoyer pour Action Santé Mondiale, une organisation favorisant l’accès des plus démunis aux soins. 

    La mauvaise nouvelle a été rendue publique début septembre par les députés Éric Coquerel (La France Insoumise), président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, et Charles de Courson (Groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires), rapporteur général de la même commission, qui avaient exigé la publication des « lettres plafond » définissant les crédits de chaque ministère.

    Ces dernières ont été envoyées par l’ancien Premier ministre Gabriel Attal le 20 août dernier.

    « L’ampleur des coupes est disproportionnée », s’alarme le sénateur de gauche Raphaël Daubet, co-rapporteur d’une étude parue en juillet sur l’aide alimentaire fournie par la France dans le cadre de l’APD, même si ce dernier reconnaît que « toutes les politiques publiques doivent prendre part aux efforts » visant à limiter le dérapage des finances publiques.

    Même amertume chez les ONG, qui digèrent mal la chute de crédits attendus. « Nous sommes consternés, car cette mission budgétaire finance d’ambitieux projets à l’international et soutient des populations pauvres et marginalisées », continue Gautier Centlivre.

    Première victime du projet du budget préparé durant l’été par le gouvernement démissionnaire, l’aide publique au développement (APD), qui devrait être coupée de 18%. / @GoodStudio-Shutterstock

    Selon ce dernier, les coupes envisagées témoignent « d’un revirement total des politiques organisant la solidarité internationale de la France »« En 2017, Emmanuel Macron avait fait de l’ADP l’une de ses priorités. Le soir de son élection, il avait expliqué qu’elle était une façon éthique et morale d’illustrer la présence de la France à l’international. »

    Pour le sénateur Raphaël Daubet, ces réductions financières sont également « un mauvais signal envoyé à nos partenaires et aux organisations internationales. L’aide publique au développement est pourtant cruciale, notamment dans les périodes de crise où l’entraide est essentielle ».

    « Le gouvernement décide une nouvelle fois de faire des économies sur le dos des plus pauvres de cette planète. Quand est-ce que la solidarité internationale arrêtera d’être la réserve à coupe budgétaire de Bercy ? »s’est de son côté indigné Alan Anic, chargé de plaidoyer et de campagne Solidarités Internationales chez Oxfam France, dans un communiqué publié le 3 septembre.

    En 2023, l’ADP de la France ne représentait que 0,5% de son revenu national brut (RNB), pour s’établir à 14,3 milliards d’euros, alors même que la plupart des pays membres de l’OCDE se sont engagés en 1970 puis en 2015 à y consacrer 0,7 % de leur RNB.

    Selon le Conseil de l’Union européenne (UE), l’ADP des États membres atteignait l’année dernière 95,9 milliards d’euros, contre 93,3 milliards d’euros en 2022 et 71,6 milliards d’euros en 2021. Les capitales européennes restent donc les premières contributrices à l’aide au développement au niveau mondial.

    Un soutien aux ONG menacé 

    Les diminutions de crédits à l’étude n’ont pas été précisées par le gouvernement, mais selon le sénateur Raphaël Daubet, il est probable que celles-ci porteront sur les programmes gérés par le ministère des Finances et par le ministère des Affaires étrangères. « Les enveloppes les plus susceptibles d’être réduites sont l’aide-projet de l’Agence française de développement (AFD), les contributions volontaires aux organisations internationales et les crédits de l’aide humanitaire », expose le sénateur.

    Et la nomination de Michel Barnier au poste de Premier ministre a encore fait naître de nouvelles appréhensions. « La droitisation du bloc central à l’Assemblée nationale est un signal inquiétant, mais nous voulons croire que le sujet de la solidarité internationale peut être transpartisan », estime Gautier Centlivre.

    Le projet de loi de finances (PLF) doit théoriquement être présenté devant l’Assemblée nationale au plus tard le 1er octobre prochain, et ce délai très court devrait limiter la marge de manœuvre du gouvernement qui sera nommé dans les prochains jours.

    « Les occasions d’influer de manière significative sur les choix budgétaires seront restreintes, admet Raphaël Daubet. On peut espérer que le nouveau gouvernement et le parlement revoient la baisse des crédits. Je suis cependant pessimiste : la majorité sénatoriale aspire à des mesures d’économie, et trouver une majorité à l’Assemblée en faveur de l’aide publique au développement devrait se révéler mission impossible. ».

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 18.09.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 18.09.2024

    Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés du mercredi 18 septembre 2024. Dans les titres de cette édition : Les objectifs 2025 de l’administration consulaire – Hausse des impôts en France ? – Emmanuel Macron destitué ?

    Protection des Français de l’étranger et dématérialisation

    Cette année et en 2025, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères fait de la protection de nos compatriotes à l’étranger, en particulier dans la lutte contre les violences intrafamiliales qui touchent souvent les femmes, une priorité. En 2023, plus d’une centaine de cas ont été signalés auprès de nos consulats. Les équipes, en collaboration avec les associations et les autorités locales, se tiennent au côté de ces victimes pour offrir un accompagnement humain et complet : soutien psychologique, aide juridique et mise en sécurité, y compris le rapatriement si nécessaire. L’autre objectif est de poursuivre le déploiement de France Consulaire et renforcer la dématérialisation des actes du quotidien comme la demande de pièces d’identité. Tous les détails dans l’interview exclusive de Pauline Carmona, la directrice de l’administration consulaire.

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    Michel Barnier étudie des hausses d’impôts

    Le Premier ministre a évoqué une future hausse des impôts lors de ses échanges de ces derniers jours auprès de différents interlocuteurs, comme l’a appris Lesfrancais.press de sources concordantes, confirmant une information du Parisien. Cette hausse viserait les « contribuables aisés et les entreprises profitables ». « Rien n’est acté sur ce sujet », précise cependant l’entourage de Michel Barnier, rappelant que le premier ministre « a toujours parlé de justice fiscale, et ce dès sa nomination » lors du 20-Heures de TF1, au lendemain de son arrivée à Matignon.

    Première étape de la procédure pour destituer le chef de l’État

    Yaël Braun-Pivet s’est fendue d’un communiqué de presse ce mardi après-midi pour regretter la validation par le bureau de l’Assemblée nationale de la procédure de destitution d’Emmanuel Macron. La présidente du Palais-Bourbon regrette « un détournement de la règle de droit » et juge que « nos règles sont faites pour être respectées ». « Le choix de certain de les instrumentaliser à des fins purement politiques conduit à un affaiblissement grave de nos institutions », juge encore Yaël Braun-Pivet. Rappelons que la procédure a très peu de chance d’aboutir.

    C’est ainsi qu’on termine ce flash quotidien des expatriés du mercredi 18 septembre 2024. Profitez bien de votre journée où que vous soyez ! À demain   

    Écoutez le bulletin d’actualités des Français de l’étranger

  • Certificats de vie : biométrie et dématérialisation

    Certificats de vie : biométrie et dématérialisation

    En 2021, Stéphane Bonnet, le directeur d’info-retraite.fr avait fait des annonces sur les certificats de vie dont l’objectif de mettre en place une reconnaissance par biométrie pour la fin de la même année. Finalement, il aura fallu 3 ans. Mais ça y est, depuis cet été, il est possible de valider son certificat de vie par reconnaissance biométrique. Un pas de plus vers une démarche 100% dématérialisée assurant ainsi un traitement plus rapide et sécurisé. Une avancée majeure pour les 1,4 million de retraités expatriés.

    Un certificat de vie pour quoi faire ?

    Vivre la retraite à l’étranger implique de respecter chaque année une démarche simple mais indispensable : l’envoi d’un certificat de vie à votre régime de retraite ou « attestation d’existence », une fois par an. Car si vous résidez à l’étranger alors que vous percevez votre retraite, vous devez prouver à vos caisses que vous êtes bien en vie. Chaque année, les régimes de retraite vous adressent un courrier ou un e-mail vous demandant de justifier de votre existence.

    Ce document doit être rempli par l’autorité locale compétente. Selon le pays de destination, il peut s’agir de la mairie, du commissariat, de l’ambassade ou du consulat. Il est indispensable de respecter le délai d’envoi de deux mois afin de ne pas voir le versement de votre pension suspendu.

    À défaut, le versement de votre pension de retraite peut être suspendu. Vous pouvez désormais y répondre de manière plus simple, grâce à la biométrie. Plus besoin, si vous êtes éligible à ce procédé, de vous déplacer pour faire valider votre existence par une autorité locale.

    Notez aussi, que d’autres documents peuvent vous être demandés par les organismes de retraite afin de s’assurer qu’ils versent les pensions dues. C’est notamment le cas de l’attestation des services accomplis, pour les personnes ayant effectué leur service militaire ou service national. Si vous percevez une pension de réversion, une attestation sur l’honneur de non-remariage peut être demandée en plus du certificat de vie.

    Où trouver son certificat de vie ?

    En tant que Français de l’étranger, mais aussi pour ceux installés à Wallis et Futuna ou en Nouvelle-Calédonie, alors que vous êtes à la retraite, c’est la Sécurité sociale, ainsi que votre caisse complémentaire française, qui vous adresse le certificat de vie.

    Vous le recevez dans votre espace personnel de votre compte retraite si vous avez opté pour un envoi en ligne, ou par voie postale si vous n’avez pas accès à Internet. Vous devez alors compléter le document reçu et le renvoyer dans le mois qui suit sa réception.

    Cependant, à la suite de l’échange automatique des états civils qui commence à se mettre en place au sein de l’UE vous pouvez être exempté(e) de cette démarche. Ainsi, si vous résidez en Allemagne, en Belgique ou au Luxembourg, vous pouvez être dans cette situation.

    Une app pour valider son certificat

    Cette année dans le courrier ou courriel qui transmet le certificat de vie qu’il faut faire valider par les autorités, certains, tous ceux liés au régime général de la retraite, découvriront un QR code ajouté sur le document.

    Celui-ci permet d’installer gratuitement l’application sur leur téléphone une application officielle permettant de valider la démarche depuis son canapé. Pour les moins technophiles, une vidéo tuto est disponible pour leur expliquer la marche à suivre.

    Pour utiliser la nouvelle solution d’authentification biométrique (reconnaissance faciale statique et dynamique), il faut, donc, être en possession d’un smartphone et d’un document d’identité compatible (passeport valide ou une carte d’identité délivrée par un État européen (sauf exception), l’Algérie ou le Maroc). Le document doit avoir une zone de lecture optique (aussi appelée MRZ – la bande avec les chevrons en bas des documents).

    En étant plus rapide et plus sécurisée qu’un envoi par e-mail ou par courrier, l’application « Mon certificat de vie » permet de valider son existence via 4 étapes simples :

    • Installer l’application Mon certificat de vie
    • Photographier son document d’identité
    • Suivre les instructions pour valider son certificat de vie (Les concernés pourront alors se faire aider ou se filmer eux-mêmes en utilisant le mode selfie.)
    • Une fois le certificat validé et automatiquement transmis à ses régimes de retraite, il est aussi possible de le télécharger.

    Lorsque le certificat de vie est validé, la démarche est terminée. Le certificat est transmis automatiquement aux régimes de retraite et aucune étape supplémentaire n’est nécessaire (pas d’envoi, ni par e-mail ni par courrier postal).

    Si le certificat de vie n’est pas validé ou si la personne retraitée concernée ne souhaite pas utiliser cette nouvelle option biométrique, elle peut utiliser le formulaire reçu par courrier ou qu’elle peut télécharger sur son compte retraite, dans le service Ma retraite à l’étranger. Ensuite, elle doit le faire compléter par une autorité locale compétente puis le renvoyer.

    Regarder le tuto

  • Voyager sans visa en tant que Français – le point 2024

    Voyager sans visa en tant que Français – le point 2024

    L’annonce faite par le Royaume-Uni d’instaurer des visas, en plus payants, pour les touristes, européens, donc Français inclus, nous rappelle que la libre circulation dont nous bénéficions en tant que porteur d’un passeport français n’est pas un acquis. Car si l’Union européenne permet une libre circulation des Européens au sein de l’espace Schengen (une pièce d’identité suffit), les Français peuvent aussi voyager sans trop de paperasse dans quelques pays. Mais quid des autres ? On se penche donc cette semaine sur ces pays où le visa est encore obligatoire pour s’y rendre comme simple touriste.

    Tourisme sans visa

    Voyager sans visa est possible dans une bonne partie de l’Amérique du Sud. Au Mexique, un passeport valide suffit pour 180 jours de voyage. Même chose au Brésil, au Venezuela, en Argentine, au Pérou ou au Chili, même si la durée du séjour est limitée à 90 jours.

    Il est également possible de se rendre en Asie sans visa : 15 jours en Chine, 30 en Mongolie, ou 90 pour le Japon ou la Corée du Sud. En Afrique, certains pays comme le Maroc, la Tunisie, le Sénégal ou l’Afrique du Sud permettent également de voyager trois mois à l’aide d’un simple passeport français.

    E-visa

    Les choses se compliquent lorsqu’on souhaite se rendre dans des pays comme les États-Unis, le Canada, l’Australie ou l’Arabie saoudite. Pour ce qui est des États-Unis et du Canada, le visa est obligatoire pour entrer sur le territoire, à moins d’obtenir une « autorisation électronique de voyage (ESTA) » pour une durée de 90 jours maximum. La demande payante (valable pour deux ans aux États-Unis, cinq pour le Canada) doit être effectuée sur le seul site habilité par les autorités américaines et canadiennes. Il est recommandé de faire la demande plus de 72h avant le départ.

    @adobestock

    En Australie, c’est un e-visa touristique gratuit qui sera demandé aux voyageurs pour trois mois de séjour maximum. Pour l’Arabie saoudite, il faut cette fois demander un e-visa à entrées multiples pour 90 jours sur place, contre une somme d’environ 124 euros.

    Visa à l’arrivée exigé

    Pour d’autres destinations, un permis de séjour vous sera délivré à votre arrivée sur le territoire, sur présentation d’un billet d’avion aller/retour en règle générale.

    Valable 90 jours en Colombie comme en Zambie, ce visa à l’arrivée tombe à 30 jours en Indonésie, contre une somme de 30 €. D’autres pays comme l’Irak, le Cambodge ou Madagascar fonctionnent avec ce même principe, même si cette option reste relativement rare.

    Visa au départ donc à l’ambassade

    Dernier cas de figure, principalement en vigueur sur le continent africain ou dans des pays comme le Bangladesh ou l’Afghanistan : l’obtention d’un visa sur demande auprès du consulat ou de l’ambassade du pays en France.

    Ce qui est aussi le cas pour la plupart des voyages en Russie, même si la démarche peut-être effectuée en ligne. Dans le cas de l’Algérie, la demande de visa touristique (110 euros) pour 90 jours peut être faite dans un des 18 consulats algériens sur le sol français, sur présentation d’un certificat d’hébergement, d’une réservation d’hôtel ou d’une attestation par une compagnie de voyage.

    Pour voyager en Afghanistan ou au Bangladesh, un visa de courte durée (30 jours) à entrée simple vous sera délivré par l’ambassade d’Afghanistan ou du Bangladesh en France. Pour ce dernier pays, il est également possible d’obtenir un visa à l’arrivée, même si son obtention ne peut pas être garantie dans tous les cas.

  • Pauline Carmona : une directrice de la DFAE qui consacre 100 % de son temps aux expatriés

    Pauline Carmona : une directrice de la DFAE qui consacre 100 % de son temps aux expatriés

    Pauline Carmona est actuellement la directrice de la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE). Ancienne conseillère diplomatique auprès de la Première ministre, Elisabeth Borne à Matignon, Pauline Carmona a cependant exercé la quasi-totalité de sa carrière au sein du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Si elle a ainsi occupé différents postes diplomatiques les années précédentes, aujourd’hui elle consacre 100 % de son temps à nos compatriotes hors de France. En effet, c’est au sein de ses services que se mettent notamment en place la plupart des mesures envers nos ressortissants vivant à l’étranger. Pour Lesfrancais.press, Pauline Carmona fait le point sur les dossiers en cours, et les prochaines priorités. Expatriés, lisez cette interview, car chaque mot vous concerne directement.

    Les objectifs de la Direction des Français à l’étranger

    Lesfrancais.press : Pauline Carmona, vous êtes à la tête de la direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE) depuis juillet 2023, près de 3 millions de Français expatriés sont directement en lien avec vos services, quels mots utiliseriez-vous pour définir ces douze derniers mois à votre poste ?

    Pauline Carmona : « Cette première année passée à la tête de la DFAE a été riche et intense. S’il fallait ne citer que 3 mots, j’évoquerai la modernisation, l’adaptation et le professionnalisme.

    La modernisation tout d’abord, pour rappeler que la DFAE est pleinement impliquée dans les grands chantiers des politiques prioritaires du gouvernement. La direction pilote 4 projets prioritaires destinés à améliorer la qualité des services rendus aux Français de l’étranger. Il s’agit :

    • de la mise en place du Registre de l’état civil électronique, pour lequel le principe de délivrance de copies et extraits d’actes d’état civil numériques est entré dans le droit commun suite à un vote du Parlement en juin dernier ;
    • d’une expérimentation sur le renouvellement à distance des passeports pour les Français résidant au Canada et au Portugal ;
    • du déploiement du Service de réponse téléphonique centralisée France Consulaire ;
    • de l’utilisation du vote par internet, pour les élections consulaires et législatives à l’étranger.

    L’adaptation du réseau consulaire ensuite, qui a une nouvelle fois pu être appréciée en juillet lors de l’organisation des élections législatives anticipées, qui s’est réalisée dans des délais très contraint.

    @AdobeStock
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    Notre administration, aussi bien à l’administration centrale que dans les postes consulaires, a su mettre en place tous les éléments nécessaires à la réussite de ce scrutin, pour permettre aux électeurs de voter dans l’un des 599 bureaux de vote ouverts à travers le monde ou en ligne (75% des votes ont été faits par internet).

    L’adaptation du réseau est régulièrement mise en lumière, cela avait été le cas notamment lors de la crise COVID pendant laquelle les services consulaires français n’avaient cessé leur activité.

    « La DFAE est pleinement impliquée dans les grands chantiers des politiques prioritaires du gouvernement. » Pauline Carmona, Directrice DFAE

    Pauline Carmona, Directrice de la DFAE

    Enfin, je terminerai en soulignant le professionnalisme des quelque 3 000 agents consulaires, en France et à l’étranger, qui œuvrent sans relâche pour répondre du mieux possible aux demandes de nos concitoyens de l’étranger. Mes déplacements à l’étranger me donnent chaque fois l’occasion de les rencontrer, ainsi que les élus qui sont des femmes et des hommes de terrain et avec lesquels nous travaillons main dans la main. »  

    Le consulat, une mairie pour les Français établis hors de France ?

    Lesfrancais.press (LFP) : Entre le début de votre carrière et aujourd’hui, le nombre d’expatriés a fortement augmenté. Les attentes de nos compatriotes ont changé, ils voient dans un consulat ou une section consulaire, une mairie. Que pensez-vous de cette évolution ? Est-ce que votre administration va y répondre ? Est-elle prête pour cela ?

    Pauline Carmona : « Vous avez raison : lorsque je suis entrée au ministère des affaires étrangères, on comptait 900 000 inscrits au Registre des Français établis hors de France. Au 31 août 2024, on en dénombre 1 739 040 Français, soit un doublement en l’espace de moins de 30 ans. Je saisis d’ailleurs cette occasion pour rappeler à nos compatriotes expatriés qu’il est important de s’inscrire au Registre, cela permet de recevoir régulièrement les informations du consulat, sur les élections, la sécurité ou des évènements particulier, de contacter les proches en cas d’urgence, et cela facilite aussi les démarches auprès du consulat. L’inscription peut se faire facilement en ligne, sur le site service-public.fr. Elle est valable 5 ans et peut être renouvelée.

    À retenir : Le nombre d’expatriés augmente, une démarche à ne pas oublier : s’inscrire au Registre des Français de l’étranger

    Les services rendus par nos consulats à l’étranger sont en effet très similaires à ceux que l’on peut trouver dans une mairie ou une préfecture en France : demander une carte d’identité ou un passeport, déclarer son enfant qui vient de naître ou se marier, établir une procuration de vote, etc.

    « Je saisis cette occasion pour rappeler à nos compatriotes expatriés qu’il est important de s’inscrire au Registre des Français établis hors de France. » Pauline Carmona, Directrice DFAE

    Pauline Carmona, Directrice DFAE

    Les consulats offrent également des aides sociales et des aides à la scolarité à nos compatriotes les plus défavorisés. Ils ont aussi une mission spécifique liée à la vie à l’étranger : je pense notamment à la protection consulaire de nos ressortissants ou à la sécurité de la communauté française en cas de crise, en lien avec le Centre de crise et de soutien du ministère. »

    Consulat de France à Zagreb / @Adobestock
    Consulat de France à Zagreb / @Adobestock

    Aujourd’hui, les attentes de nos compatriotes sont fortes en termes d’accessibilité, de facilitation des démarches et de qualité du service public consulaire. Pour répondre à ces attentes, nous sommes engagés dans de nombreux chantiers de modernisation. Nous travaillons également, en lien avec le ministère de l’Intérieur et des Outre-mer, au déploiement de l’identité numérique dans les consulats afin de la rendre accessible aux Français de l’étranger. Je suis très attachée à mener à bien l’ensemble de ces chantiers, qui n’ont qu’un objectif : faciliter la vie de nos compatriotes à l’étranger.

    Renouvellement des papiers d’identité et dématérialisation

    LFP : Parmi les principaux services sollicités, comme dans une mairie, c’est celui des papiers d’identité. Depuis la Covid, il est parfois encore compliqué de faire renouveler son passeport pour plusieurs raisons, et notamment géographiques. Aussi, quand la dématérialisation sera-t-elle effective pour les expatriés dans tous les pays ?

    Pauline Carmona : « En effet, le réseau consulaire a connu, comme en France, une très forte pression sur les demandes de renouvellement des titres d’identité et de voyage suite à la crise Covid. Cela s’expliquait par la reprise de l’activité et le cumul de demandes qui n’avaient pu être traitées lors de la fermeture des services, mais on observe que le nombre de demandes ne diminue pas. Nos services se sont adaptés à la demande et ont dépassé, en 2023, le demi-million de demandes traitées, chiffre jamais atteint même avant 2020 et qui représente près de 12% d’augmentation par rapport à 2022.

    « Je ne dirais pas qu’il est compliqué de faire renouveler son passeport à l’étranger ; au contraire, nous sommes très rapides »

    Pauline Carmona, Directrice DFAE

    Cette année ce chiffre devrait à nouveau être en hausse et cela a été rendu possible par un certain nombre de créations de postes d’agent consulaire mais également une forte mobilisation de l’ensemble du réseau pour répondre à cette demande toujours croissante. Je ne dirais pas qu’il est compliqué de faire renouveler son passeport à l’étranger ; au contraire, nous sommes très rapides dans la délivrance des passeports et des cartes d’identité, et nous proposons dans le réseau consulaire des facilités qui n’existent pas en France, et qui prennent en compte l’éloignement géographique des usagers, qui pour certains doivent prendre l’avion pour se rendre au consulat. Je pense ainsi à l’envoi postal sécurisé, qui est actif dans 27 pays et qui permet de se faire envoyer par la poste son nouveau passeport, aux tournées consulaires, mais surtout à la dématérialisation que vous évoquez.

    À retenir : Les consulats offrent des facilités pour le renouvellement des passeports à l’étranger qui n’existent pas en France

    Nous avons en effet lancé le 1er mars dernier une expérimentation pour les Français majeurs résidants au Canada et au Portugal qui ont désormais la possibilité de renouveler leur passeport à distance, sans se déplacer au Consulat. Cette expérimentation est soumise à l’évaluation d’un comité, notamment sur la base des retours d’expérience des usagers. Ce comité est dirigé par les inspections du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et du ministère de l’Intérieur et composé de l’ensemble des parties prenantes, y compris des conseillers des Français à l’étranger.

    @Adobestock
    @Adobestock

    Cette évaluation doit permettre de faire ressortir le bilan coût/avantage de cette procédure, tant pour les usagers que pour les services consulaires.

    À l’issue de cette évaluation, il sera décidé de la suite à donner à l’expérimentation, et possiblement d’étendre cette procédure à d’autres pays (dans lesquels l’envoi des passeports par courrier sécurisé est autorisé). »

    France Consulaire

    LFP : Comme vous l’avez dit, votre administration, pour répondre aux nouvelles attentes, a mis en place le service par téléphone « France Consulaire ». Prévu pour faciliter la réponse aux questions de nos expatriés dans le domaine consulaire, la plateforme a été inaugurée en octobre 2021, tous nos compatriotes n’y ont pas encore accès, pour autant quel bilan faites-vous du lancement de ce service, et quand sera-t-il accessible pour notre communauté vivant partout dans le monde ?

    Pauline Carmona : « Le Service France Consulaire a été lancé sous forme d’une expérimentation en octobre 2021 et depuis, ce sont plus de 500.000 appels qui ont été reçus. L’évaluation faite au bout d’un an d’exercice a montré l’intérêt de ce nouveau service de réponse téléphonique centralisée et a conclu à la nécessité de déploiement au niveau de l’ensemble du réseau consulaire. Ma direction s’y attelle donc et le déploiement s’est fortement accéléré : on compte désormais plus de 50% des Français inscrits au registre qui bénéficient du service, pour 60 pays couverts.

    Le 26 mars dernier, le Service France Consulaire intégrait ses deux premiers pays hors Europe : l’Angola et le Cameroun. Le prochain pays sur la liste est le Maroc, dont l’intégration, prévue le 22 octobre prochain, marquera la fin de l’intégration de l’ensemble du Maghreb.

    France consulaire

    Aujourd’hui, ce sont près de 1.500 appels quotidiens qui arrivent au standard, avec un taux de décroché de 99,8% au mois d’août. La satisfaction moyenne des usagers est de 92,5% et maintenir le taux de satisfaction aussi élevé malgré la forte augmentation du nombre d’appels est un véritable défi relevé avec brio par les équipes.

    À retenir : France consulaire c’est plus de 500.000 appels reçus. La satisfaction moyenne des usagers est de 92,5%. Un déploiement mondial est en cours

    Pour ce qui est des déploiements à venir, nous continuons notre travail pour assurer une intégration complète du réseau d’ici la fin 2025. Cela nécessite un important travail en terme RH (Ressources Humaines), puisque les fuseaux horaires nous contraindront d’avoir une équipe présente de 7H à 22H, mais aussi un défi sur le plan technique puisque, comme vous le savez, nous souhaitons que l’appel se fasse sans surcoût par rapport à un appel local pour le Français résidant et de passage qui cherche à joindre son consulat, mais cela n’est pas partout possible.

    « Aujourd’hui, ce sont près de 1.500 appels quotidiens qui arrivent au standard de France Consulaire, avec un taux de décroché de 99,8% au mois d’août »

    Pauline Carmona, Directrice DFAE

    Nous explorons donc, pays par pays, en lien avec les opérateurs téléphoniques locaux, les différentes possibilités qui permettent de joindre la métropole comme le « click to call » qui permet d’appeler directement depuis une page internet à partir de son ordinateur ou son téléphone, ou le « rappel web » qui permet à l’usager d’être directement rappelé par l’administration. »  

    LFP : Cependant, nombre d’élus ou de responsables associatifs craignent que cette dématérialisation entraîne la fermeture de services en présentiel dans les consulats. Est-ce le cas ?

    Pauline Carmona : « Comme vous pourrez le constater dans les consulats qui ont déjà intégré le service, ce changement ne s’est pas accompagné de suppression de poste. Au contraire, cela a permis à l’usager de trouver quelqu’un au bout de la ligne quand parfois cela n’était plus du tout le cas. Ce temps libéré pour les équipes leur permet de se concentrer davantage sur la gestion des dossiers, sur l’accueil physique, la gestion des urgences, la protection consulaire et l’accompagnement de nos concitoyens. »

    Les priorités pour les expatriés

    LFP : Les Français de l’étranger ce ne sont pas uniquement les services consulaires, ainsi quelles sont les grandes priorités que vous souhaitez mettre en œuvre pour nos expatriés au cours des prochains mois ?

    Pauline Carmona : « Je suis à la tête de la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire. Il existe donc des projets à destination des Français à l’étranger mais qui ne relèvent pas de ma direction. Cependant, je tiens à souligner que la DFAE soutient un certain nombre d’initiatives, je pense en particulier au STAFE (soutien du tissu associatif des Français à l’étranger).

    À retenir : La protection de nos ressortissants à l’étranger est une des priorités de la DFAE.

    Ce dispositif permet un soutien financier à des projets développés par des associations locales, dont les premiers bénéficiaires sont les Français dans le pays. Pour 2024, les projets étaient majoritairement de type culturel et éducatif, mais aussi socio-économiques ou caritatifs. Après examen par la commission consultative, 226 subventions ont été accordées à des projets associatifs pour un montant total de 1,67 M€. La campagne est actuellement ouverte et les associations qui le souhaitent ont jusqu’au 18 octobre pour retirer leur dossier auprès de leur consulat.

    « Le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères est profondément engagé dans la protection de nos compatriotes à l’étranger, en particulier dans la lutte contre les violences intrafamiliales qui touchent souvent les femmes »

    Pauline Carmona, Directrice DFAE

    Par ailleurs, je souhaitais rappeler que le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères est profondément engagé dans la protection de nos compatriotes à l’étranger, en particulier dans la lutte contre les violences intrafamiliales qui touchent souvent les femmes. En 2023, plus d’une centaine de cas ont été signalés auprès de nos consulats. Les équipes, en collaboration avec les associations et les autorités locales, se tiennent au côté de ces victimes pour offrir un accompagnement humain et complet : soutien psychologique, aide juridique et mise en sécurité, y compris le rapatriement si nécessaire.

    STAFE 2025

    Le ministre (démissionnaire) Stéphane Séjourné, lors de son discours du 8 mars dernier, a d’ailleurs souligné l’importance du rôle de nos postes consulaires, qui sont en première ligne pour repérer et accompagner ces victimes. Protéger nos ressortissantes face à ces violences reste une priorité et nous poursuivons nos efforts pour améliorer chaque jour leur prise en charge. »

    LFP : La question de la protection sociale est une des préoccupations portées par les élus de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Des assises, sur ce thème, ont d’ailleurs été annoncées, quel est le rôle de la direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire dans cette réflexion ?

    Pauline Carmona : « Les élus ont lancé une réflexion sur la protection sociale de nos compatriotes établis hors de France. Ils se sont adressés au ministre en charge des Français de l’étranger pour définir, ensemble, le format et le travail à mener dans le cadre d’assises organisées par le secrétariat général de l’AFE. Les discussions ne sont pas encore finalisées et il appartiendra au futur ministre chargé des Français de l’étranger, s’il le souhaite, de mettre en place et de fixer les modalités d’une consultation de l’Assemblée des Français de l’étranger sur ce thème.   

    Londres, présidentielle
    Lycée français de Londres au Royaume-Uni

    Comme vous le savez, la France est l’un des rares pays à s’être doté d’un dispositif d’aides directes et indirectes à caractère social au bénéfice de ses résidents à l’étranger. A ce titre, en 2023, les crédits du programme budgétaire géré par la direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire a permis d’attribuer 23 790 bourses scolaires par l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger ) au bénéfice des élèves français inscrits dans le réseau d’enseignement français à l’étranger, pour un coût total de 106,16 M€. Sur la même période, la dépense sociale au titre des crédits d’aide sociale directe s’est élevée à 14 898 233 € au profit de 6 363 allocataires (en comptant les ressortissants ayant perçu des aides ponctuelles). Enfin, la DFAE verse chaque année des subventions à des organismes locaux d’entraide et de solidarité (OLES) qui viennent en aide à nos compatriotes. »

    Quelles relations entre les élus et la direction des Français de l’étranger

    LFP : En parlant de l’AFE, un secrétaire général a été nommé, Olivier Reynes. Quel sera son rôle ? Comment votre administration et cette assemblée travaillent-elles ensemble ?

    Pauline Carmona : « Le secrétariat général de l’Assemblée des Français de l’étranger a toujours été rattaché directement à la directrice des Français à l’étranger et de l’administration consulaire. Jusqu’à présent, la secrétaire générale et son adjoint étaient également à la tête de la mission de l’aide à la scolarité et de l’action sociale de la DFAE.

    À retenir : Les élus et l’administration doivent travailler main dans la main

    En séparant de nouveau les fonctions de secrétaire général de l’AFE et de chef de la mission de l’aide à la scolarité et de l’action sociale et en renforçant l’équipe du secrétariat général de l’AFE, je souhaite consolider le suivi des travaux de l’Assemblée et la dynamique de travail avec les élus des Français de l’étranger.

    « Je souhaite consolider le suivi des travaux de l’AFE et la dynamique de travail avec les élus des Français de l’étranger. »

    Pauline Carmona, Directrice DFAE

    Je suis convaincue que l’administration et les élus doivent travailler main dans la main au service de nos compatriotes, à travers un dialogue confiant, constructif et respectueux des attributions de chacun.

    LFP : D’ailleurs, pour mettre en place les différents projets concernant nos ressortissants hors de France, comptez-vous vous appuyer sur les Conseillers des Français de l’étranger ? Avez-vous une demande particulière à partager sur la façon de travailler entre les élus locaux et l’administration consulaire ?

    Pauline Carmona : « La direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire associe les élus différemment selon les projets et les décisions à prendre lorsque ceux-ci ont un impact direct sur nos compatriotes. Par exemple :

    • nous consultons étroitement les élus sur les projets de modernisation que nous mettons en place. C’est actuellement le cas, par exemple, de la phase d’expérimentation du renouvellement à distance des passeports que j’évoquais ;
    • l’avis des élus est également important, tant au sein des conseils consulaires qu’au sein de commissions nationales, pour l’octroi des aides sociales directes et indirectes ;
    • les élus sont également intégrés dans plusieurs instances d’intérêt pour nos compatriotes expatriés, comme par exemple, le bureau de vote électronique, la Caisse des Français de l’étranger, la commission nationale du dispositif de soutien au tissu associatif des Français de l’étranger (STAFE).

    Par ailleurs, à l’occasion de chacune de mes visites à l’étranger et celles de mes collaborateurs, nous tenons à échanger avec l’ensemble des conseillers des Français de l’étranger car ils jouent un rôle très important de relais des préoccupations de nos compatriotes installés à l’étranger et connaissent généralement très bien le contexte local. Ils jouent par ailleurs un rôle essentiel, dans le cadre des conseils consulaires, en appui à nos postes diplomatiques et consulaires, au service de notre communauté expatriée.

  • Chine, la grande crise de confiance

    Chine, la grande crise de confiance

    Les dirigeants chinois ont de grandes ambitions pour leur pays, notamment celle de faire de la Chine la première puissance économique mondiale d’ici 2049, année du centenaire de l’instauration de la République communiste. Cette marche en avant, qui semblait irrésistible il y a peu, semble s’être enrayée depuis l’épidémie de Covid. L’économie chinoise connaît un ralentissement plus rapide que prévu, sur fond de crise immobilière, de vieillissement et de perte de confiance de la population.

    Selon le Bureau national des statistiques, la confiance des consommateurs a chuté en avril 2022, lorsque Shanghai et d’autres grandes villes ont été confinées pour lutter contre la pandémie de Covid-19, des confinements en décalage complet avec le reste du monde. Depuis, la confiance ne s’est pas totalement rétablie ; elle est même de nouveau en baisse depuis juillet.

    La morosité ne se limite pas aux consommateurs.  

    La morosité ne se limite pas aux consommateurs. Les entreprises étrangères se plaignent de l’instabilité croissante des règles. Certains dirigeants de grandes entreprises internationales estiment que la Chine n’est plus prioritaire dans leurs politiques d’investissement. Au deuxième trimestre 2024, les investissements directs étrangers (IDE) dans le pays se sont élevés à moins de 14,8 milliards de dollars, le résultat le plus faible enregistré depuis dix ans. Selon le ministère du Commerce chinois, ces investissements auraient même baissé de près de 30 % au cours des sept premiers mois de l’année, par rapport à la même période l’année précédente.

    Pour retrouver une telle chute, il faut remonter à la crise financière mondiale de 2007-2009. La diminution des investissements s’explique en partie par les mesures prises par les autorités américaines, notamment dans le secteur des microprocesseurs. Les taux d’intérêt élevés aux États-Unis et les plans de soutien à l’industrie américaine (Inflation Reduction Act et Chips Act) ont contribué à attirer dans ce pays des capitaux qui auraient pu se diriger vers la Chine.

    Dans ce contexte, le climat des affaires est également en berne. Selon une étude de l’administration chinoise menée auprès des directeurs des achats d’entreprises, la production, les carnets de commandes, les embauches et les perspectives sont en baisse constante. Selon la dernière enquête d’août, les attentes des entreprises sont tombées à leurs plus bas niveaux, hors période de pandémie.

    @adobestock

    Le Politburo  a exhorté les cadres à « chanter le brillant avenir de l’économie chinoise ».

    Les dirigeants politiques sont quelque peu désemparés face à l’atonie de la croissance chinoise. Lors d’une réunion du Politburo en juillet, ils ont exhorté les cadres à « chanter le brillant avenir de l’économie chinoise ». Ces derniers mois, contre toute attente, les entreprises chinoises ont enregistré de bons résultats à l’exportation. Elles ont conservé une grande partie des recettes issues de ces exportations en dollars afin de profiter des taux d’intérêt élevés aux États-Unis. Elles ont privilégié les placements financiers plutôt que l’investissement, en raison de la faiblesse de la demande interne et de la stagnation de l’économie de la zone euro. La baisse des taux d’intérêt aux États-Unis ne devrait guère modifier leur comportement.

    Ces deux dernières années, les entreprises chinoises exportatrices ont accru de 400 milliards de dollars leurs réserves financières et n’envisagent pas de les convertir en yuans. Elles n’ont pas l’intention de participer au mouvement de dédollarisation souhaité par les autorités chinoises. Ces dernières années, les responsables des entreprises chinoises sont devenus méfiants vis-à-vis des autorités. Les mesures de répression réglementaires brutales prises contre certaines entreprises chinoises ont incité leurs dirigeants à pratiquer l’attentisme et à réduire leurs investissements. Pour éviter d’être accusés de corruption ou de non-respect des valeurs communistes, ces derniers réduisent leur train de vie et privilégient les placements à l’étranger.

    Le manque de réactivité des responsables locaux serait dû à leurs craintes d’être impliqués dans des opérations frauduleuses.

    Le gouvernement chinois tente de relancer l’économie, mais il recourt à des outils traditionnels dont les effets restent limités. Il a ainsi annoncé un assouplissement de la politique budgétaire. Les autorités locales ont été autorisées à émettre des obligations spéciales et les taux des prêts immobiliers ont été abaissés. Pourtant, les agents économiques ne se sont pas précipités pour bénéficier des aides publiques. La preuve en est que le déficit public de la Chine a diminué au premier semestre. La banque centrale n’a pas enregistré de hausse significative de la demande de crédits. Les gouvernements locaux ont peu utilisé les nouveaux canaux de financement qui leur avaient été attribués, malgré la baisse de leurs recettes provoquée par la diminution des transactions immobilières. « Les gouvernements locaux deviennent de plus en plus passifs », déplorait Zhao Jian, économiste de l’Institut de recherche Xijing, dans un rapport rapidement censuré par les autorités.

    Le manque de réactivité des responsables locaux serait dû à leurs craintes d’être impliqués dans des opérations frauduleuses. Afin de lutter contre la corruption et de s’assurer que les priorités de Pékin soient fidèlement mises en œuvre, Xi Jinping a renforcé les contrôles pesant sur les fonctionnaires et responsables politiques locaux. Pour éviter d’être sanctionnés, ces derniers préfèrent ne pas s’engager dans des montages financiers.

    La surveillance accrue du pouvoir central se traduit par un alourdissement des procédures administratives, entraînant un ralentissement dans la mise en œuvre des projets. Pour renouer avec la croissance, le gouvernement chinois doit restaurer la confiance au sein du secteur privé et de l’administration. Il est confronté à des problèmes similaires à ceux des pays occidentaux, à la différence près que la défiance de la population est étroitement liée au système autoritaire et centralisé du régime chinois.

  • Le commissaire français Thierry Breton explique démissionner sous la pression d’Ursula von der Leyen

    Le commissaire français Thierry Breton explique démissionner sous la pression d’Ursula von der Leyen

    Thierry Breton, commissaire au Marché intérieur également en charge de la technologie et de la défense, a annoncé sa démission de la Commission européenne lundi 16 septembre, dans un dernier mouvement visant à remettre en cause la légitimité d’Ursula von der Leyen.

    Thierry Breton était commissaire européen depuis cinq ans au sein du Collège de la présidente Ursula von der Leyen. Il a été nommé une nouvelle fois à ce poste par le président français Emmanuel Macron cet été.

    « Vous avez demandé à la France de retirer mon nom — pour des raisons personnelles qu’en aucun cas vous n’avez discutées directement avec moi — et avez offert, en guise de compromis politique, un portefeuille prétendument plus influent pour la France dans le futur collège », a écrit Thierry Breton dans une lettre adressée à Ursula von der Leyen et publiée sur X.

    Ursula von der Leyen a demandé aux États membres de privilégier la nomination des femmes pour atteindre la parité dans son prochain Collège de commissaires.

    Mais Thierry Breton, dans sa lettre de démission, l’accuse de proposer d’échanger des noms contre des portefeuilles plus attrayants.

    Impossible de savoir si son appel au changement de nom est basé sur des questions de parité ou des divergences d’opinion. Et le flou demeure sur le fait de savoir si la France nommera une femme à la place de Thierry Breton. L’ancienne candidate française à la tête des Verts, Marie Toussaint, a demandé sur X au gouvernement de Michel Barnier de nommer une femme.

    Thierry Breton s’est souvent opposé à Ursula von der Leyen au cours des derniers mois.  ©EPA-EFE/OLIVIER HOSLET

    Thierry Breton s’est souvent opposé à Ursula von der Leyen au cours des derniers mois. En mars, il a ouvertement critiqué sa candidature en tant que tête de liste du Parti populaire européen (PPE) dans la campagne pour les élections européennes.

    Avec le soutien d’autres commissaires, il lui a demandé en avril de revoir sa décision de nommer Markus Pieper en tant qu’envoyé pour les petites et moyennes entreprises (PME), suggérant que son choix d’un collègue affilié à l’Union chrétienne-démocrate allemande (CDU/PPE) était une manœuvre politique.

    Thierry Breton a ensuite exhorté Elon Musk, propriétaire de X, à se conformer à la loi de l’UE sur la modération des contenus en ligne (Digital Services Act/DSA) avant l’interview en direct d’Elon Musk avec le candidat à la présidence des États-Unis, Donald Trump, le 12 août.

    La Commission a par la suite confirmé que cette décision avait été prise sans consultation préalable du Collège des commissaires, et une source liée au cabinet d’Ursula von der Leyen a déclaré à Euractiv qu’elle « n’avait jamais été aussi en colère » pour avoir discrédité l’application du DSA. Les organisations de la société civile ont également fortement critiqué Thierry Breton.

    La demande de changement de nom d’Ursula von der Leyen, que Thierry Breton suspecte d’être une stratégie politique, est « un témoignage supplémentaire d’une gouvernance douteuse », écrit-il dans sa lettre de démission.

    Parallèlement à sa lettre, il a également publié un cadre avec une toile vierge intitulé « mon portrait officiel pour le prochain mandat de la Commission européenne ».

    On ne sait pas encore si Thierry Breton rejoindra le nouveau gouvernement français, qui devrait être annoncé cette semaine.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 17.09.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 17.09.2024

    Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés du mardi 17 septembre 2024, désormais ouvert à tous, abonnés comme aux non-abonnés. Dans les titres de l’édition du 17 septembre 2024 : Venezuela : alerte du Quai d’Orsay – Résultats de notre consultation sur Michel Barnier – La Caisse des Français de l’étranger : les nouveautés 2025

    Tensions au Venezuela

    À la suite de l’élection présidentielle du 28 juillet 2024, le Venezuela connaît un regain de tensions. Pour cette raison, tout voyage vers ce pays, sauf raison impérative, doit être actuellement reporté selon le Quai d’Orsay qui a émis une alerte ce 16 septembre. Une attention particulière est demandée aux Français installés sur place et il leur est demandé d’éviter les espaces publics où sont prévues des manifestations.

    Des manifestants brandissent des affiches contre le gouvernement du président Nicolas Maduro à Caracas, le 11 septembre 2024.

    58% des consultés soutiennent Michel Barnier   

    Dans une consultation à découvrir sur Lesfrancais.press, on apprend que 58, 7% des participants ont déclaré soutenir cette nomination, il est important de noter qu’ils ne sont que 15,9% à adhérer pleinement à l’homme. Pour 42% des répondants, c’est surtout un soutien à Emmanuel Macron et à sa politique qui s’est exprimé. De l’autre côté de l’échiquier, 25% des consultés se disent choqués par une nomination d’une personnalité non issue du Nouveau Front Populaire. Tous les détails sur le site.

    Michel Barnier

    La Caisse des Français de l’étranger : rencontre avec la présidente

    Dans un podcast avec Isabelle Frej, la présidente de la CFE, Lesfrancais.press aborde entre autres les nouveaux services aux assurés, comme celui de la refonte des espaces personnels, ou bien ceux dédiés aux entreprises. Le tiers payant, qui permet, pour certaines prestations médicales, de ne pas avancer les frais de santé par le patient, a été mis en place au Brésil par la CFE. Cette prise en charge directe de la dépense par la Caisse des Français de l’étranger va-t-elle pouvoir être accessible pour d’autres pays ? Vous le saurez en écoutant le podcast.

    CFE

    C’est ainsi qu’on termine ce flash quotidien des expatriés du mardi 17 septembre 2024.  Bon mardi à toutes et à tous !  

    Écoutez ce bulletin d’actualités des Français de l’étranger

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