Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le lundi 23 septembre 2024 et la France a un gouvernement. Notre flash quotidien des expatriés y sera consacré puisque les Français de l’étranger sont à l’honneur. Dans nos titres : Qui est Sophie Primas, la nouvelle ministre des Français de l’étranger ? – Anne Genetet à l’Education – Marc Ferracci succède à Roland Lescure
Une sénatrice des Yvelines pour les expatriés
Son nom a très certainement été poussé par son président de groupe, Bruno Retailleau, et surtout Gérard Larcher, dont elle est l’une des proches. Proximité géographique oblige. Sénatrice des Yvelines depuis 2011, Sophie Primas prend en charge les portefeuilles du Commerce extérieur et du tourisme auxquels sont ajoutés, comme souvent, les Français de l’étranger, dans le gouvernement de Michel Barnier. Sophie Primas trouvera sur son bureau des dossiers qui touchent au quotidien de nos concitoyens. Des lycées à la santé, en passant par la culture, la protection sociale et le statut de la résidence en France, des sujets qui sont en souffrance désormais depuis plusieurs mois.
Sophie Primas
Anne Genetet, ministre de l’Éducation nationale
C’est un coup de théâtre puisque jusqu’à vendredi après-midi, Violette Spillebout était pressentie pour être ministre de l’Éducation nationale. Mais c’était sans compter sur Gabriel Attal qui a poussé son nom jusqu’au dernier moment. Et ce samedi soir, sur le perron de l’Élysée, Alexis Kohler a confirmé la rumeur, en annonçant la nomination à la tête du premier employeur de France, le ministère de l’Éducation nationale, d’Anne Genetet, la députée des Français d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Océanie. Pour gérer ce paquebot, entre l’été 2023 et l’été 2024, quatre ministres sont passés Rue de Grenelle. Un record. Avec comme conséquences pour la communauté éducative de créer une agitation incessante, des changements de cap peu maîtrisés, au détriment d’un nécessaire travail de fond. Anne Genetet pourra-t-elle réussir là où tant ont échoué ?
Anne Genetet
Marc Ferracci à l’Industrie
Roland Lescure, député des Français d’Amérique du Nord, fut un très bon ministre de l’Industrie, poste qu’il occupe depuis le 04 juillet 2022. Il a mené le combat de la réindustrialisation. Rien qu’en 2023, 57 nouvelles usines ont ouvert en France, soit au total, en incluant les agrandissements de sites avec de nouvelles lignes de production, 201 nouveaux sites industriels, contre 176 en 2022. Marc Ferracci, député des Français de Suisse, prend sa succession, pourra-t-il faire mieux dans le gouvernement Barnier ? De l’université au terrain, les réalités peuvent être différentes. Mais comme les Français de Suisse ont pu le constater, Marc Ferracci a une grande capacité d’écoute et d’adaptation.
Marc Ferracci
C’est ainsi qu’on termine le premier flash quotidien des expatriés de la semaine. On se retrouve demain pour une édition plus classique. Belle journée où que vous soyez !
« Le gouvernement, même pour le meilleur, n’est qu’un mal nécessaire ; pour le pire, c’est un mal insupportable. » (Thomas Paine, 1776). Le nouveau gouvernement compte deux députés élus par les Français de l’étranger, Anne Genetet et Marc Ferracci. Une excellente idée, non parce que les Français de l’étranger seront mieux écoutés, mais parce que les réponses aux questions des Français de l’Hexagone se trouvent à l’étranger. Le meilleur système éducatif : Corée, Finlande, Norvège ? La meilleure médecine : Suisse, Pays bas, Japon ? La meilleure sécurité sociale : Pays-Bas, Allemagne, Danemark ? La meilleure police : Japon, Islande, Finlande ? Le meilleur Fisc ? La France ! Ce qui ne signifie pas la meilleure gestion des finances publiques : plus il y a d’impôts, plus il y a de déficits, moins il y a de pouvoir d’achat. Tout est dans tout.
Le meilleur Fisc ? La France !
Avant d’être formé, le nouveau gouvernement se demande donc s’il ne va pas augmenter les impôts. Marc Ferracci et Anne Genetet pourront expliquer qu’il n’existe pas de pays dans lequel le pouvoir d’achat a cru avec des augmentations d’impôts, qu’aucun n’a réduit sa dette grâce à la pression fiscale. La mécanique du pouvoir d’achat est celle de la création de richesse, de la croissance, elle suit celles de l’investissement et de l’innovation. Banal. C’est de l’étranger que vient ce rappel, par Mario Draghi, sauveur de l’euro et de l’Italie. Le rapport Draghi alerte sur le décrochage de l’Europe par rapport aux États-Unis et à la Chine dans le domaine des nouvelles technologies, clés de la productivité et de la richesse. Ce décrochage sape le niveau de vie et le modèle social.
Que le gouvernement soit humble ! Il évitera les bêtises.
Ce décrochage est beaucoup celui de la France. La France a un nouveau gouvernement, déjà un peu dépassé dans le vaste maelström du monde. Sans majorité, il ne fera rien, ce qui n’est pas forcément un mal. Tous annoncent sa chute, font un procès en légitimité, comme si une arithmétique miraculeuse aurait permis à d’autres de gouverner. La coalition minoritaire du plus gros tiers forme le gouvernement ? Ni vivats ni scandale. Comme il faut bien un gouvernement, celui du plus petit dénominateur commun n’est pas le pire. Après tout, un gouvernement modeste fera moins de bêtise qu’un superbe qui se croirait vainqueur. Que le gouvernement soit humble ! Il évitera les bêtises. Qu’il suive la ligne de crête européenne, sur l’Ukraine comme sur le reste, voire qu’il l’anime. En politique, la sagesse c’est l’Alliance.
Trois mois après les élections européennes, la Commission est au complet. Exit les barons comme Breton, Timmermans ou Vestager, Ursula reste. Est-ce une bonne idée, rien n’est moins sûr. Tout pouvoir entraîne un phénomène de Cour qui enferme. La Commission vit en vase clos, n’a pas de langage propre, sinon un Anglais technocratique qui ne trouve grâce dans aucun pub. Là est la marque de toute technocratie : le langage dévitalisé interdit toute pensée. L’administration n’est pas la vie, heureusement.
Abus de pouvoir.
Ursula pense diriger la Commission, certains la croient. Elle ne dirige rien, parce que l’Europe n’a pas de direction. Qui peut et doit diriger l’Europe ? Peste soit des envieux, l’alliance franco-allemande. Inutile de crier à l’égalité entre pays, si les différences entre petits et grands pays n’existaient pas, alors Belgique, Irlande, Slovénie et autres ne seraient pas surreprésentés. Égalité en dignité, pas en volonté.
La Construction européenne est un mouvement, non une architecture. Elle est l’alliance permanente entre la France et l’Allemagne, qui doit, comme toute alliance, vivre, s’émouvoir. Depuis mille ans, les héritiers de la Francie occidentale affrontent ceux de la Francie orientale, avec pour enjeu la Lotharingie, des Pays-Bas au Pô, sanglants terrains de jeux. Les victimes collatérales de ces guerres ont applaudi à l’alliance franco-allemande : Pays-Bas, Belgique Luxembourg, Italie, voilà l’Europe des Six. Moteur.
Soit, l’Europe a changé. Ils sont 27 autour de la table. Et puis ? Ils sont bien 193 à l’ONU, 32 à l’Otan. Égaux ? Celui qui fait semblant de le croire est un menteur, injuste par surcroît. Parce que l’alliance franco-allemande a été un succès, l’Europe agit comme un aimant ; que l’attraction cesse, les divergences l’emportent aussitôt. Tant pis alors pour la Pologne, la Hongrie et les Baltes.
Sans un soldat, l’Europe s’est élargie aux pays de l’ex-bloc soviétique. Les sociétés européennes sont pacifiées, jusqu’en Biélorussie. L’Europe est aujourd’hui le continent le moins violent de l’histoire de la planète.
À regarder tous les indices, toutes les enquêtes, – éducation, suicide, violence, droit de minorités, justice, corruption, couverture médicale, retraites, inégalités, droit des femmes, homicides – aucun continent n’approche les performances européennes. Avec des succès économiques spectaculaires comme en témoignent l’Irlande, hier misérable, la Pologne, la Slovénie, l’Espagne, le Portugal, la Grèce…
Sans impulsion franco-allemande, le marché intérieur, la monnaie commune, les standards juridiques, ces succès auraient-ils été possibles ? Évidemment non.
Abus de faiblesse.
La réussite européenne vient de ce que France et Allemagne ont des intérêts divergents, que personne n’arbitre leurs différents, à charge pour eux de trouver un accord, que tous acceptent. L’Europe est un système de contre-pouvoirs permanents, avec un leadership politique. Telle fut la mécanique. Certains pensent que c’est du passé. La Commission imagine qu’elle peut diriger l’Europe, profitant de la faiblesse de la coalition allemande, de sa panne économique, méprisant une France en défaut budgétaire, avec un président déboussolé. Aussi Ursula von der Leyen éjecta Breton, avec la complicité du Président qui l’avait désigné, et nomme les autres commissaires à sa guise. Abus de faiblesse.
Or la Commission ne peut faire que ce que font les administrations, Sécurité sociale ou Banque mondiale : des plans, de la dette, du règlement. Ce faisant, elle manque la cible, avec, par exemple, des règles administratives de marché énergétique qui deviennent erratiques, des politiques industrielles qui font la part belle aux Chinois. En Ukraine ou en Méditerranée, que valent les engagements de l’UE sans la France et l’Allemagne ?
L’Europe, ne peut avoir de vision politique sans les pays qui en ont une. Il n’y en a que deux, toujours les mêmes, France et Allemagne. L’Europe n’a pu mener aucune politique en Afrique, au Moyen Orient, en Asie centrale, en Méditerranée, sans parler du Pacifique ou de l’Amérique latine. Du coup par coup, sans plus. L’euro est une construction politique, mais il ne fait pas plus de politique que le franc suisse.
Absence de pouvoir.
Draghi souligne le danger d’un décrochage économique. Il y a, maintenant, le danger d’un découplage politique. Les États-Unis peuvent s’éloigner de l’Europe. Que faire, alors, de la Russie ? Que faire de l’alliance anti européenne qui se dessine en Méditerranée et en Afrique ? Que faire face aux cinquièmes colonnes qui se font jour dans tous les pays européens ? La Commission, sans légitimité, concentrée en sa seule présidente peut-elle y faire face ? Aujourd’hui les gouvernements français et allemands sont faibles. Leur faiblesse n’est une bonne nouvelle que pour les adversaires de l’Europe. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils les laissent survivre.
L’Europe est en danger, non seulement extérieur, mais interne. La première responsabilité de la Commission n’est pas de courir après un pouvoir illusoire mais de renforcer le couple franco-allemand. Sans lui, les forces de dislocation l’emporteront. Le rôle de la Commission est de sécuriser la pierre d’angle de l’Europe.
À quoi sert un gouvernement ? À éviter le pire en contrariant les pentes faciles. Le principal attrait est celui du vide. Qu’Ursula prenne garde : L’abus de faiblesse n’est plus seulement un abus de pouvoir mais un abus d’ivresse du pouvoir, illusoire.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de France Pay
Le premier numéro de l’émission Vagabondage donne la parole à un écrivain diplomate, Olivier Favry, directeur de l’institut français de Slovaquie et conseiller culturel auprès de l’Ambassade. Ce nouveau podcast a pour ambition d’évoquer la culture française à l’étranger à travers ces promoteurs et acteurs qu’ils soient publics ou privés, issus de l’administration comme du monde des arts et lettres.
Un parcours entre Boston et Bratislava, autour d’une sensibilité d’écrivain et diplomate engagé
Le diplomate a été en poste à Boston comme attaché culturel et directeur de la Villa Albertine et son parcours est une passerelle entre le vieux monde et le plus nouveau, entre le rêve américain protéiforme d’un côté et les racines d’une Europe continentale riche de son passé. L’historien qu’il est, docteur de l’école des hautes études des sciences sociales, s’épanouit à Bratislava au cœur d’un un pays carrefour qui possède des frontières communes avec l’Autriche comme avec l’Ukraine, entre une Europe que l’on rêve pacifiée et des terres ravagées par une guerre qui s’allonge.
Olivier Favry
Un ton qui se veut libre et engagé
Le ton de l’émission se veut éloigné de l’institutionnel, émancipé de la langue de bois. Nos invités sont choisis pour l’atypisme de leur parcours, leur propos libéré, ou pour leur identité d’artistes ou d’auteurs. Olivier Favry collait parfaitement à notre casting : Le diplomate a connu une jeunesse punk et quelques déboires et tumultes qui ont nourri son goût de la composition musicale et irrigué une plume fertile. Écrivain, il a fait paraître chez Plon en 2022, la Promesse américaine sous son nom de plume Samuel Corvair. Le roman met en scène un trio amoureux rouge sang pris dans une cavalcade meurtrière sur le sol américain.
L’auteur nous propose dans l’émission une courte lecture en forme de mise en bouche de cette fiction et développe également une vision de la diplomatie engagée face aux populismes et à toutes les manipulations médiatiques. À l’heure où le gouvernement slovaque s’en prend aux milieux culturels et cherche à mettre au pas les directeurs d’institutions culturelles publiques de la capitale, ouvrir nos ondes à l’écrivain diplomate engagé pour le respect de la liberté d’expression allait parfaitement de soi.
La promesse américaine de Samuel Corvair (nom de plume d’Olivier Favry)
Le gouvernement de Michel Barnier se compose de 19 ministres de plein exercice (dont huit femmes), 15 ministres délégués et cinq secrétaires d’État. Et parmi les nouveaux dirigeants de la France, on retrouve Anne Genetet à la tête de l’Éducation nationale et Marc Ferracci qui succède, à un autre député des Français de l’étranger, Roland Lescure (élu sur la première circonscription), au ministère de l’industrie.
Une ascension record pour le député des Français de Suisse liée à un parcours tout autant exceptionnel.
Qui est Marc Ferracci ?
Marc Ferracci était professeur en sciences économiques à l’université Panthéon-Assas, et est engagé politiquement auprès d’Emmanuel Macron depuis 2017. Il a notamment été son conseiller économique au cours de sa première campagne présidentielle.
Suite à l’investiture du chef de l’État, l’universitaire entre au gouvernement comme conseiller spécial de la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Il a mis en place plusieurs réformes, telles que celles de l’apprentissage et de l’assurance chômage. A l’été 2020, il devient le conseiller d’Emmanuel Macron chargé du suivi des mesures de soutien à l’activité et de l’agencement du plan de relance.
En 2022, il se jette dans le bain en se présentant dans la VIème circonscription des Français de l’étranger soit la Suisse et le Liechtenstein. Il y est élu avec 64,97 % des voix face à la candidate de la NUPES, et est reconduit lors de la dernière élection en juillet 2024.
Le ministère de l’industrie
Depuis le 20 mai 2022, Bruno Le Maire est ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Le 4 juillet 2022, Roland Lescure le secondait comme ministre délégué chargé de l’Industrie.
Ce ministère a un périmètre relativement large. En effet, il est le coordinateur de la défense et de la promotion de l’emploi dans le secteur industriel et les services. Il exerce la tutelle des établissements des réseaux des chambres de métiers et de l’artisanat et des chambres de commerce et d’industrie. Il exerce les attributions relatives à la création d’entreprises et à la simplification des formalités leur incombant.
Dans ce cadre, Roland Lescure fut d’ailleurs un très bon ministre menant le combat de la réindustrialisation. Rien qu’en 2023, 57 nouvelles usines ont ouvert en France, soit au total, en incluant les agrandissements de sites avec de nouvelles lignes de production, 201 nouveaux sites industriels, contre 176 en 2022.
Marc Ferracci pourra-t-il faire mieux dans le gouvernement Barnier ? De l’université au terrain, les réalités peuvent être différentes. Mais comme les Français de Suisse ont pu le constater, Marc Ferracci a une grande capacité d’écoute et d’adaptation.
C’est un coup de théâtre puisque jusqu’à vendredi après-midi, Violette Spillebout était pressentie pour être ministre de l’Éducation nationale. Même Anne Genetet, la députée des Français d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Océanie, depuis 2017, semblait, elle aussi, l’ignorer. Vendredi en début de soirée sur les plateaux de télévision, elle ne mâchait pas ses mots sur la constitution du gouvernement rappelant que « « Les LR n’ont jamais voulu travailler avec nous, ce n’est pas faute de leur avoir tendu la main, ils nous ont tapés dessus ».
Mais c’était sans compter sur Gabriel Attal qui a poussé son nom jusqu’au dernier moment. Et ce samedi soir, sur le perron de l’Élysée, Alexis Kohler a confirmé la rumeur, en annonçant la nomination à la tête du premier employeur de France, le ministère de l’Éducation nationale, d’Anne Genetet.
Qui est Anne Genetet ?
Vous le savez, nous l’avons reçue à de nombreuses occasions, Anne Genetet est une des députées des Français de l’étranger, mais plus globalement du parti Renaissance, les plus actives. Mais quel fut son parcours ?
La nouvelle ministre de l’Éducation nationale est née à Neuilly sur Seine en 1963. Curieuse du monde, elle attaqua des études de médecine à Paris de 1984 à 1994 avant de finalement bifurquer. En effet, en 2000, elle décroche un diplôme en journalisme médical et en communication. C’est ainsi qu’elle rejoint la rédaction de la revue médicale Impact médecine puis une agence de communication.
C’est en 2005 qu’elle part pour Singapour où elle rejoint International SOS, une société spécialisée dans les prestations de prévention médicale et sécurité, d’accès aux soins et d’intervention en cas d’urgence aux entreprises mettant en place des opérations à l’international. Un sens du service qu’elle conserve en créant une structure locale, en 2009, dédiée aux emplois à domicile pour les familles d’expatriées, si nombreuses à Singapour.
C’est en 2016, avec la création d’En Marche et l’annonce de la candidature d’Emmanuel Macron, qu’Anne Genetet est piquée par le virus de la politique. Candidate pour la première fois en 2017, elle écrase le député sortant, le très conservateur Thierry Mariani (UMP puis RN) avec 71,72 % des voix contre 28,28 %.
De la fiscalité à la défense..
En janvier 2018, Anne Genetet relève le défi de se pencher sur la fiscalité des Français de l’étranger, alors que la nouvelle majorité comptait alourdir celle-ci. Elle prend donc en charge une mission d’information à l’Assemblée nationale afin d’examiner la fiscalité et la protection sociale des expatriés ».
Si les Français de l’étranger ont pu saluer son action en février 2018 alors qu’elle s’oppose à une hausse de cotisations pour les Français non-résidents, censée compenser la hausse de la Contribution sociale généralisée applicable aux personnes résidant en France. Surtout qu’elle remporta ce premier combat forçant le gouvernement à revenir sur cette mesure.
Puis, Anne Genetet a remis à la fin de l’année 2018 son projet de refonte du système d’imposition avec un objectif de simplification. Mais les nouvelles règles qui devaient s’appliquer en janvier 2020, créaient des effets de bord mal mesurés lors du vote à l’Assemblée, faute d’étude d’impact détaillée. Pour exemple, un fonctionnaire français, résident en Belgique mais travaillant en France aurait vu son impôt se multiplier par deux en 2020 sans parler des couples de retraités, résidents en Amérique du Nord, mais percevant une pension française, dont l’imposition aurait enflé de plus de 60 %.
Pour autant la députée des Français d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Océanie n’est pas restée inactive. Sincèrement engagée, elle se pencha sur les problématiques liées à la couverture sociale des expatriés. Mais élue, entre autres, par les Français d’Ukraine et de Russie, la guerre entre ces deux pays, orienta rapidement Anne Genetet sur les problématiques sécuritaires et militaires.
Nous la recevions, d’ailleurs, ce 1er septembre dans le premier numéro de « En toute confidence » de la saison 2024/2025 où elle est revenue longuement sur ce thème. Elle prévenait le futur gouvernement que « notre sécurité n’est pas négociable, même sous l’autel de l’austérité » comme elle l’avait d’ailleurs écrit dans une tribune publiée dernièrement sur les médias nationaux. À l’Assemblée nationale, Anne Genetet avait d’ailleurs choisi de travailler au sein de la Commission de la défense nationale et des forces armées.
Désormais au gouvernement, elle pourra rappeler ses propos aux ministres concernés lors des réunions hebdomadaires du salon Murat le mercredi matin. Mais avant tout, elle va devoir apprendre à connaître le ministère dont elle a la charge et sur lequel bon nombre de ténors de la politique se sont cassé les dents.
… Au ministère de l’Éducation
Car si elle est au gouvernement, c’est un réel défi qu’elle va devoir relever pour cette première expérience ministérielle. Rappelons que le ministère de l’Éducation c’est 6,8% du PIB français avec un budget de plus de 168 millions d’euros, plus de 12 millions d’élèves pour près d’un million d’enseignants.
C’est aussi une des autorités de tutelles (avec le ministère des Affaires étrangères) de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’étranger (AEFE) qui gère les réseaux scolaires hors de France soit plus de 500 établissements. Comme en France, cette dernière est aussi victime des faiblesses du recrutement et de la baisse des budgets, la directrice Claudia Scherer-Effosse trouvera peut-être une oreille plus attentive désormais avec l’arrivée d’Anne Genetet.
Mais ces 500 établissements sont une goutte d’eau dans le gigantesque dispositif de l’Éducation nationale. Et pour gérer ce paquebot, entre l’été 2023 et l’été 2024, quatre ministres sont passés Rue de Grenelle. Un record. Avec comme conséquences pour la communauté éducative de créer une agitation incessante, des changements de cap peu maîtrisés, au détriment d’un nécessaire travail de fond. Anne Genetet pourra-t-elle réussir là où tant ont échoué ?
« L’architecture et la composition du gouvernement finalisées ont été transmises à l’Élysée », indiquait ce vendredi soir l’entourage de Michel Barnier. Ce samedi en fin de journée, le secrétaire général de l’Élysée, sur le perron du palais républicain, comme le veut la tradition, a annoncé les noms des 38 ministres. Avec, parmi les ministres de plein exercices, sept macronistes, trois Républicains, deux MoDem, un Horizons, un UDI et un divers gauche. Aussi, on a pu découvrir le nom de Sophie Primas, qui aura en charge le portefeuille du Commerce extérieur, du Tourisme et des Français de l’étranger. Découvrons ensemble qui est cette sénatrice des Yvelines et quels sont les dossiers qui l’attendent.
Une fidèle de Gérard Larcher
Son nom a très certainement été poussé par son président de groupe, Bruno Retailleau, et surtout Gérard Larcher, dont elle est l’une des proches. Proximité géographique oblige. Sénatrice des Yvelines depuis 2011, Sophie Primas prend en charge les portefeuilles du Commerce extérieur et du tourisme auxquels sont ajoutés, comme souvent, les Français de l’étranger, dans le gouvernement de Michel Barnier.
Native de Saint-Mandé dans le Val-de-Marne, âgée de 62 ans, Sophie Primas est ingénieure en agriculture et diplômée d’un Master en Marketing de l’ESSEC. Mère de trois enfants, et ancienne maire de la commune d’Aubergenville dans les Yvelines, elle est également depuis 2020 présidente de l’observatoire Territoria, engagé pour l’innovation territoriale.
En sus, son expertise dans le tourisme et le commerce extérieur sont de notoriété publique. En effet, le poste semble être taillé pour cette parlementaire qui a occupé pendant six années la présidence de la commission des affaires économiques de la haute assemblée. Avec ses collègues, elle a poussé les travaux relatifs à l’énergie, l’agriculture ou encore le logement au rang de priorités.
Notons aussi qu’elle a claqué la porte du parti » Les Républicains » début juin, à « contrecœur », furieuse contre la stratégie d’alliance avec le Rassemblement national décidée unilatéralement par le président contesté Éric Ciotti. Elle s’était rapprochée en amont du mouvement « Nouvelle énergie » de David Lisnard.
Changement de cap pour le Commerce extérieur ?
Là où la nouvelle ministre est le plus attendue, c’est sur le commerce extérieur, le point faible de l’économie française qui entraîne de lourds déficits de notre balance commerciale depuis des décennies. Surtout que Sophie Primas est connue pour son opposition au traité UE-Mercosur, qu’elle qualifie de « rouleau compresseur agricole ».
Très critique sur l’envolée du déficit commercial, la sénatrice a également ciblé à de multiples reprises la stratégie énergétique sous Emmanuel Macron, et l’indisponibilité de plusieurs réacteurs nucléaires au moment de tensions sur le marché des hydrocarbures. « Je pense que nous n’aurions pas un tel déficit en matière énergétique, si nous n’avions pas été dans l’obligation d’acheter autant d’énergie en cette période », avait-elle dénoncé.
Dans un rapport transpartisan intitulé « cinq plans pour reconstruire la souveraineté économique », elle affirme que la politique commerciale est « aujourd’hui affaiblie par le manque de réciprocité de nos échanges ». À l’image d’une majorité de sénateurs, Sophie Primas alerte à plusieurs reprises sur les risques de distorsion de concurrence, dans les échanges transnationaux, et insiste sur la nécessité de protéger certaines filières sensibles. Au sujet de l’accord Union européenne – Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay), elle évoque un « rouleau compresseur agricole ». Elle fait également partie de la majorité de sénateurs qui se sont opposés au volet commercial du CETA (UE-Canada).
Les attentes des Français de l’étranger
Alors que cet été, la liaison directe et exclusive entre expatrié et exilé fiscal a refait surface à la une de l’actualité. Il est bon de rappeler que les sujets concernant les Français de l’étranger ne se réduisent donc pas à la simple façon de les faire payer davantage de taxes. C’est pour cela que Sophie Primas trouvera sur son bureau des dossiers qui touchent au quotidien de nos concitoyens. Des lycées à la santé, en passant par la culture, la protection sociale et le statut de la résidence en France, des sujets qui sont en souffrance désormais depuis plusieurs mois.
Dans un article dédié, notre rédacteur en chef adjoint, Jeremy Michel liste les priorités auxquelles doit s’attaquer la nouvelle ministre des Français de l’étranger, Sophie Primas. N’hésitez pas à le consulter en cliquant sur l’e bouton ci-dessous.
L’Union européenne (UE) est à la peine économiquement face à la Chine et aux États-Unis, elle doit investir et créer de la richesse. Portrait des commissaires qui vont devoir définir les grandes orientations économiques de la nouvelle Commission.
« Une vingtaine d’États membres souhaitaient un portefeuille économique important. Or, nous n’avons pas 20 portefeuilles économiques importants », a expliqué Ursula von der Leyen, mardi 17 septembre, en dévoilant la structuration du nouveau collège des commissaires.
Selon la présidente de la Commission, ce dernier sera « plus fluide et plus connecté ». Certains portefeuilles économiques comme la Concurrence seront en effet confiés à des commissaires dont les responsabilités s’étendent bien au-delà de l’économie, pour englober par exemple le changement climatique. Tour d’horizon.
Teresa Ribera et Stéphane Sejourné sur le Pacte pour une industrie propre
L’Espagnole Teresa Ribera, vice-présidente exécutive chargée de la Transition propre, juste et compétitive, dirigera également le portefeuille de la Concurrence, détenu jusqu’à présent par la commissaire danoise Margrethe Vestager.
L’Espagnole devra mettre en œuvre une « nouvelle approche de la politique de concurrence », selon la lettre de mission envoyée par Ursula von der Leyen, « plus favorable aux entreprises qui se développent sur les marchés mondiaux ».
Teresa Ribera travaillera avec Stéphane Séjourné, le vice-président exécutif pour la Prospérité et la stratégie industrielle, afin de présenter un Pacte pour une industrie propre (Clean Industrial Deal) dans les 100 premiers jours de la nouvelle Commission.
Le rôle de Stéphane Séjourné sera d’assurer la cohérence entre les aides d’État nationales et le marché unique européen, de réviser les règles relatives aux marchés publics afin de « permettre la préférence pour les produits européens », et d’élargir la définition des petites et moyennes entreprises (PME).
L’Italien Raffaele Fitto à la tête de la politique de cohésion
Selon les plans d’Ursula von der Leyen, Raffaele Fitto sera vice-président exécutif chargé de la Politique de cohésion et des Réformes.
En attribuant ce portefeuille à un vice-président exécutif, la présidente de la Commission répond à ceux qui s’inquiétaient que la Politique cohésion, qui représente un tiers des dépenses de l’UE, puisse perdre du terrain face aux nouvelles priorités de l’UE, telles que la défense.
Chargé de rendre la politique de cohésion « plus ciblée, plus simple et plus efficace », le commissaire italien devra également mettre en œuvre la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) post-pandémie de Covid-19.
Son rôle consistera aussi à tenir la promesse d’un « droit de séjour » — initialement proposé par Enrico Letta dans son rapport sur le marché unique — qui visera à rapprocher l’UE de ses citoyens.
Valdis Dombrovskis s’attaque à la bureaucratie, Piotr Serafin au budget
Le Letton Valdis Dombrovskis, qui occupait jusqu’à présent le poste de vice-président exécutif, est rétrogradé au rang de commissaire à l’Économie, ce qui lui permettra de prendre en charge la mise en œuvre des règles fiscales de l’UE.
De son côté, le Polonais Piotr Serafin dirigera les travaux pour la préparation du prochain budget de l’UE (2028-2034), une tâche épineuse qui l’obligera à trouver un équilibre entre les nouvelles priorités de l’UE et ses dépenses traditionnelles.
Ursula von der Leyen a annoncé que Piotr Serafin devrait lui rendrait directement compte, ce qui devrait paradoxalement lui donner plus d’indépendance dans les affrontements qui ne manqueront pas de survenir entre les commissaires chargés de la Politique de cohésion, de l’Agriculture mais aussi avec les bénéficiaires des dépenses de l’UE.
La fiscalité ne fera en revanche pas partie des responsabilités du commissaire polonais, mais sera confiée à Wopke Hoekstra, commissaire au Climat et ancien ministre néerlandais des Finances. Ce dernier sera chargé, entre autres, de trouver des « solutions innovantes pour un cadre fiscal cohérent pour le secteur financier de l’UE ».
Le Commerce et la Sécurité économique reviennent à la Slovaquie
Nommé pour un cinquième mandat à Bruxelles par le gouvernement slovaque, Maroš Šefčovič succédera à Valdis Dombrovskis au poste de commissaire au Commerce.
Homme politique expérimenté et très respecté, Maroš Šefčovič, qui a déjà occupé le poste de superviseur du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal), assumera également le nouveau portefeuille de la Sécurité économique et poursuivra son rôle actuel de superviseur des relations interinstitutionnelles.
Le Slovaque devra naviguer dans des eaux géopolitiques turbulentes, dans un contexte de tensions commerciales croissantes avec la Chine et les États-Unis. Il devra enfin « finaliser les accords commerciaux en cours de négociation » et contribuer à l’effort de l’UE pour diversifier son approvisionnement en matières premières essentielles.
Le Portugal travaillera à renforcer l’intégration de l’UMC
L’ancienne ministre portugaise des Finances, Maria Luís Albuquerque, succédera à la commissaire irlandaise Mairead McGuinness, comme commissaire européenne chargée des Services financiers.
La présidente de la Commission a vanté sa « vaste expérience » en tant que ministre et son « énorme expérience » dans le secteur privé, en tant que directrice non exécutive de la société de gestion d’actifs Arrow Global, basée au Royaume-Uni.
La principale tâche de la commissaire portugaise sera de promouvoir une intégration plus poussée de l’Union des marchés de capitaux (UMC), ce qui, selon les experts, pourrait permettre de mobiliser des centaines de milliards d’euros pour des investissements essentiels.
Maria Luís Albuquerque devrait toutefois se heurter à une forte résistance des États de l’UE concernant leur intégration plus poussée à l’UMC, notamment en ce qui concerne la supervision financière centralisée et l’harmonisation de la législation en matière de fiscalité et d’insolvabilité.
La lettre de mission de la Portugaise précise que cette dernière sera également chargée de stimuler l’éducation financière des consommateurs et des investisseurs, de débloquer le financement bancaire en « révisant l’utilisation de la titrisation », et de travailler avec la nouvelle diplomate en chef de l’UE, Kaja Kallas, afin d’empêcher le contournement des sanctions contre la Russie.
La Bulgarie sera chargée de la Recherche européenne et la Roumanie des Compétences
L’ancienne ministre bulgare de la Justice et des Affaires étrangères, Ekaterina Zaharieva, dirigera les efforts de l’UE pour stimuler l’innovation.
« Nous devons placer la recherche et l’innovation, la science et la technologie au cœur de notre économie », a déclaré Ursula von der Leyen mardi 17 septembre. « Ekaterina Zaharieva contribuera à faire en sorte que nous investissions davantage et que nous concentrions nos dépenses sur les priorités stratégiques et sur l’innovation révolutionnaire. »
De son côté, Roxana Mînzatu répond au souhait du Premier ministre roumain Marcel Ciolacu de disposer d’un portefeuille « pertinent » en étant élevée au rang de vice-présidente exécutive chargée des Personnes, des Compétences et de la Préparation, reprenant ainsi le portefeuille des « droits sociaux » du Luxembourgeois Nicolas Schmit.
La commissaire roumaine devra introduire un « droit à la déconnexion », améliorer l’accès des citoyens de l’UE à des emplois de qualité, contribuer à la construction de logements abordables et combler le fossé croissant entre l’Europe et les États-Unis en matière de compétences.
Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le vendredi 20 septembre 2024. Dans les titres du dernier flash quotidien des expatriés de la semaine : Barnier : un gouvernement ou une démission ? – La diplomatie culturelle en Israël et dans les territoires palestiniens – Refaire le monde en français sur TV5MONDEplus
Fumée blanche en vue à Matignon ?
Michel Barnier a mené ce jeudi ses « dernières » consultations en vue de la formation d’un gouvernement. Il a reçu au cours de la matinée Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, et son homologue du Sénat, Gérard Larcher tandis qu’au cours de l’après-midi, il recevait de nouveau les partis. À l’heure où on enregistre ce flash, la question se posait toujours : Gouvernement ou démission ce vendredi ?
Frédéric Petit et la diplomatie culturelle
À l’Assemblée nationale, le parlementaire Modem, Frédéric Petit, député pour les Français d’Allemagne, d’Europe centrale et des Balkans, est rapporteur pour avis du budget lié à la « Diplomatie culturelle et d’influence », le Programme 185. Dans ce cadre, il est actuellement en déplacement en Israël et dans les territoires palestiniens. Mais au-delà des aspects budgétaires du programme 185, l’influence ne peut se résumer uniquement à des chiffres. Ainsi qu’est-ce qu’il faudrait également ajouter pour que la « Diplomatie culturelle et d’influence » soit plus efficace ? Quel ingrédient manque-t-il ? Les réponses dans un podcast à découvrir sur Lesfrancais.press
J-15 avant le Sommet de Villers-Cotterêts
Les 4 et 5 octobre 2024, la France accueillera, pour la première fois depuis 33 ans, le Sommet de la Francophonie, officiellement dénommé Sommet de Villers-Cotterêts. Adossé à cet évènement majeur, un Festival de la francophonie met en lumière celles et ceux qui expriment leur créativité et leur ingéniosité en français : il s’agit de donner corps à la thématique retenue pour le Sommet, « créer, innover et entreprendre en français ». À cette occasion, TV5MONDEplus met à l’honneur la langue française à travers le monde ! Découvrez les programmes sur Lesfrancais.press ou directement sur la plateforme.
C’est sur ces mots qu’on referme cette semaine, on se retrouve lundi pour un nouveau flash quotidien des expatriés, peut-être avec un gouvernement. En attendant, passez un bon week-end où que vous soyez !