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  • Merkel et Macron proposent un plan de relance inédit de 500 milliards d’euros

    Merkel et Macron proposent un plan de relance inédit de 500 milliards d’euros

    La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Emmanuel Macron, ont présenté une proposition conjointe de plan de relance européen à hauteur de 500 milliards d’euros, pour sortir l’UE de la crise de façon « unie et solidaire ».

    L’Allemagne et la France souhaitent établir un vaste plan de relance pour faire face aux conséquences du COVID-19. La majeure partie de ce fonds, alloué sous la forme de subventions et non de prêts, ira « aux secteurs et aux régions les plus durement touchés », comme l’a précisé Angela Merkel lors d’une conférence de presse.

    À court terme, l’initiative visera à aider les pays les plus affectés à se relever, mais elle permettra aussi de « renforcer l’adaptabilité, la convergence et la compétitivité des économies européennes », explique la chancelière.

    « La nature exceptionnelle de la crise nous a poussés à choisir un chemin exceptionnel », ajoute-t-elle. Par cette démarche, l’Allemagne et la France cherchent à « contribu[er] à la lutte contre la pandémie et à l’avenir de l’Union européenne ».

    La proposition émerge en plein débat à Bruxelles sur la manière de concrétiser le plan de relance de l’UE, que la Commission doit présenter dans le courant du mois. Ursula von der Leyen, la présidente de l’exécutif européen, a salué l’initiative franco-allemande, qui « va dans le sens de la proposition sur laquelle la Commission travaille ».

    Un modèle de reprise fondé sur quatre piliers

    Angela Merkel et Emmanuel Macron proposent un modèle qui se basera sur quatre piliers, le premier étant le plan de relance.

    Le deuxième pilier vise à accroître l’indépendance de l’UE dans le secteur de la santé, en constituant entre autres une réserve commune de matériel médical et en coordonnant l’achat de vaccins et de traitements.

    Le troisième pilier a pour but de « moderniser l’économie européenne et ses modèles d’entreprise », en privilégiant en particulier l’environnement et le numérique. Le président français souligne l’importance de réglementer les domaines du climat, de la biodiversité et de l’environnement.

    Cela comprend notamment une réduction plus significative des émissions de CO2 en Europe d’ici à 2030 pour atteindre la neutralité climatique en 2050, et l’ajout de conditions environnementales aux aides d’État. Les deux leaders plaident également pour une accélération du déploiement de la 5G au sein de l’UE.

    Le modèle tentera aussi de renforcer de la souveraineté européenne. Cette mesure vise à réduire la dépendance de l’Union au marché international, mais aussi à davantage protéger les entreprises européennes en diversifiant les chaînes d’approvisionnement et en établissant « un programme de libre-échange ambitieux et équilibré avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en son cœur ».

    Mais cela ne signifie pas que l’Europe sera coupée du monde. Selon Emmanuel Macron, l’UE « doit être moins naïve […], mieux accompagner les industries-clés […] et poursuivre une stratégie commune pour être autonome économiquement et industriellement ».

    Le quatrième et dernier pilier plaide pour une réinstauration rapide et totale de l’espace Schengen et du marché intérieur, ainsi que des plans d’intégration plus ambitieux dans des domaines tels que la numérisation, l’énergie et les marchés de capitaux.

    Les négociations sur le financement

    Pour financer le plan, les deux chefs d’État appellent à élargir le champ d’action du budget à long terme de l’UE, en « renforçant le cadre financier pluriannuel (CFP) dès le début, au cours des premières années », et en donnant à la Commission le pouvoir d’emprunter sur le marché au nom de l’UE.

    Ces prêts seraient remboursés postérieurement selon une clé de répartition.

    Angela Merkel a une nouvelle fois exprimé son soutien au financement de la relance au moyen du CFP. « Nous avons vraiment besoin de [mener] un effort européen, et le budget de l’UE est exactement [ce qu’il nous faut] », affirme-t-elle.

    La proposition invite à conclure un « accord rapide » sur le CFP et le fonds de relance, jugeant « nécessaire de relever les grands défis de l’UE ».

    Toutefois, il pourrait être difficile de parvenir à un consensus. Le plan devra être approuvé à l’unanimité par les 27 États membres, puis l’extension du budget de l’UE devra aussi être avalisée par les parlements nationaux.

    Si les dirigeants de certains pays comme l’Espagne et l’Italie ont manifesté leur soutien, reste à voir si les « quatre radins » — l’Autriche, le Danemark, la Suède et les Pays-Bas — accepteront l’idée de dette commune, à laquelle ils se sont opposés jusqu’à présent. Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a immédiatement annoncé sur Twitter qu’il s’était entretenu avec ses trois homologues et que « [leur] position rest[ait] inchangée ».

    Pourtant, Emmanuel Macron et Angela Merkel sont convaincus qu’ils seront en mesure de parvenir à un accord. La chancelière a déclaré à la presse que « si l’Allemagne et la France donnent l’élan, cela favorisera l’expression d’opinions en Europe ».

  • Les Français du Maghreb: oubliés de la République?

    Les Français du Maghreb: oubliés de la République?

    10 000 de nos compatriotes sont toujours « bloqués » au Maghreb. Si les efforts furent depuis le début du confinement absolument considérables, 150 vols spéciaux depuis le seul Maroc avec 30 000 rapatriés, 17 000 depuis la Tunisie, moins depuis l’Algérie en raison de vols moins fréquents.

    « Dans l’hémicycle du Palais Bourbon, j’ai porté cet après-midi la détresse de nos milliers de compatriotes encore bloqués à l’étranger » M’jid El Guerrab

    Le député des Français de la circonscription M’jid El Guerrab a interpellé le ministre Le Drian sur les mesures en court, et à venir. Le ministre a confirmé que la France, via en particulier des vols Air France spéciaux et des bateaux affrétés, allait continuer ses efforts, et ce alors que nos compatriotes sur place, binationaux pour beaucoup, sont souvent sans ressources dans ces pays.

    « Dans l’hémicycle du Palais Bourbon, j’ai porté cet après-midi la détresse de nos milliers de compatriotes encore bloqués à l’étranger. Tout juste rentré du Maroc où j’étais confiné dans ma circonscription, j’ai interpellé le Ministre de l’Europe et des affaires étrangères, M. Jean-Yves Le Drian, sur les nombreuses personnes séparées de leurs proches depuis plus de deux mois, et sur les centaines de situations bouleversantes qui me sont témoignées quotidiennement » indique le député.

    Listes d’attente et angoisse

    Si les efforts mis en place par la diplomatie française sont tout à fait importants, l’impatience pointe cependant fortement chez certains qui sont depuis 2 mois bloqués.

    Les autorités françaises communiquent, et notamment l’Ambassade de France au Maroc : « Depuis le 4 mai, nous avons pu augmenter la fréquence des avions, […] et 6 vols partent désormais chaque semaine […] leur capacité est désormais de 120 places en raison des normes de distanciation sociale. Or vous êtes plus d’une dizaine de milliers à vous être signalés aux consulats généraux, et des dizaines de nouveaux ressortissants se signalent chaque semaine ».

    Le député des Français de la région M’jid El Guerrab

    Les autorités et Air France ont forcément adapté les mesures : le port du masque est obligatoire, la capacité est limitée, les autorités veillent.

    Une présence ancienne et particulièrement importante

    Ancienne puissance coloniale, la France a une présence particulièrement importante au Maghreb : à travers un réseau éducatif très développé et en particulier au Maroc, a travers la très importante communauté binationale, et aussi à travers les liens économiques majeurs pour les deux régions, via notamment le port de Tanger.

    Tout ceci est forcément très largement perturbé par la crise du Coronavirus et les fermetures des frontières. La situation, espérons-le, évoluera positivement rapidement.

     

  • Michel Piccoli : mort d’un géant – Vidéos, ses plus belles scènes.

    Michel Piccoli : mort d’un géant – Vidéos, ses plus belles scènes.

    L’acteur et réalisateur français, célèbre pour ses rôles dans « Le mépris« , « Les choses de la vie » ou « Habemus papam« , est décédé le 12 mai 2020 à l’âge de 94 ans. Artiste incontournable pendant la deuxième moitié du vingtième siècle, Michel Piccoli aura joué dans une cinquantaine de pièces de théâtre et près de 230 films, dont de très nombreux chefs d’oeuvre. Récit d’une vie.

    « Michel Piccoli s’est éteint le 12 mai dans les bras de sa femme Ludivine et de ses jeunes enfants Inord et Missia, des suites d’un accident cérébral », indique ce communiqué de la famille transmis à l’AFP par Gilles Jacob, ami de l’acteur et ancien président du Festival de Cannes.
    Michel Piccoli à Berlin, le 3 décembre 2011.
    Michel Piccoli à Berlin, le 3 décembre 2011. (AP Photo/Gero Breloer)

    Michel Piccoli était né le 27 décembre 1925 à Paris.
    Il est un fils unique un peu particulier, un « fils de substitution » comme il  aimait à dire. Ses parents, en effet, ont eu un autre garçon avant lui. Mais l’enfant n’a pas survécu. Au cours de ces jeunes années, le gamin entendra sa mère, pianiste de profession,  évoquer sans cesse « Ton petit frère, ton petit frère… » sans jamais donner d’autres précisions sur la cause de son décès : « Que signifie ma venue au monde à la place de ce petit frère ? C’est une origine qui vous marque de manière indélibile… » Michel Piccoli vit une enfance sage, un peu ennuyeuse, un peu terne,  avec des parents qui ne sont ni très causeurs ni très démonstratifs dans leur affection.
    Son père est membre de l’orchestre Colonne,  troisième violon : « un fonctionnaire de la musique, très organisé, très discipliné » confiera-t-il à Gilles Jacob, ex président du Festival de Cannes. Il travaille au théâtre du Châtelet où sont alors montées nombre d’opérettes.  » J’étais à l »écoute de tout ce qui se passait. J »ai été protégé pendant la guerre, parce que j »ai échappé à tout. Trop jeune pour entrer dans la Résistance. Trop jeune pour faire le Service du travail obligatoire. J »ai surtout eu la chance d »entendre « en live » l’appel du 18 juin de De Gaulle. Quand un gamin entend un homme dire : « Rejoignez-moi, il faut lutter contre l »ennemi », il en fait son héros ! Cela dit, si j »avais entendu ce traître de Pétain dire : « Suivez-moi, je vais sauver la France ! », peut-être que j »y aurais cru aussi… »

    Pendant la guerre, j’étais à l »écoute de tout ce qui se passait.

    Michel Piccoli

    Le déclic à 15 ans

    Mais l’enfant n’est pas aveugle pour autant. Adolescent, à la fin des années 30, il entend les déclarations haineuses de Hitler à la radio, se rend compte du succès de librairie de  Mein Kempf et, plus tard, il n’ignorera rien des lois anti-juives qui seront mises en place  :  »  J’habitais place d »Italie ; pour les Juifs au Vél’d »Hiv, je l’ai su le lendemain. Je ne supporte pas d »entendre les gens dire : « On ne savait pas » ! Je n’accepterai jamais qu’on parle ainsi devant moi, parce que c’est le plus grand des mensonges et la plus grande des lâchetés. »  

    Michel Piccoli en 1957
    Michel Piccoli en 1957 (capture écran)

    Le déclic viendra à l’âge de 15 ans. Pour la premiere fois, en Corrèze,  il monte sur scène et déclame un texte. Les adultes présents l’écoutent attentivement. Le gamin a trouvé sa voie. Bientôt sa voix.  Un professeur de français remplaçant, « un conteur hors pair » achève de le convaincre de s’engager sur ce chemin-là. Lui qui ratera son bac, prend le chemin des cours d’art dramatique et travaille d’arrache-pied : « J’étais heureux d »apprendre des textes, de jouer la trahison, la passion. De jouer à séduire. » 
    Le théâtre est sa passion. Dévorante.
    D’une année l’autre, il joue Luigi PirandelloAugust StrindbergJacques AudibertiRacineFélicien MarceauJacques Deval. Le public applaudit. La critique aussi. Dès ses premières apparitions sur la scène, son talent éclate comme une évidence. En 1955, l’acteur formé au cours Simon à Paris enchaine les rôles avec un appétit d’ôgre. Il brûle les planches, joue jusqu’à cinq créations dans l’année !
    Après l’avoir vu dans  » Trois coups au cœur  » à la Comédie de Paris, un journaliste écrit : « Une autorité magnifique. Masque et voix, il est vrai. Par instant, il est poète. Et puis monstrueux ; un reptile… »  Et tout est dit. Ou presque.

    Renoir, Bunuel, Godard et Melville

    L’année précédente, en 1954, il apparait dans French Cancan de Jean Renoir «  J’ai un peu approché Gabin. On aurait pu devenir amis. On raconte qu »il était distant et extrêmement exigeant. Je crois qu »il aimait tout simplement le travail bien fait et qu »il ne fallait pas déconner avec ça« .
    Mais son premier rôle important sera dans Le Doulos (Jean-Pierre Melville, 1962) face à Jean-Paul Belmondo, un film où les critiques, pour la première fois, citent son nom.

    Son premier rôle important, c’est Luis Bunuel qui le lui donnera, en 1963, dans « Le journal d’une femme de chambre » : «  Buñuel était d »une très grande rigueur dans le travail et dans son existence, mais il savait aussi jouir de la vie. Tout en étant révolté, il avait un grand goût de la farce.  » Il tournera six films avec le réalisateur espagnol.

    Cette même année 1963, il s’envole pour l’Italie et l’étonnant décor de la villa Malaparte à Capri pour tourner « Le Mépris » de Jean-Luc Godard aux cotés de Brigitte Bardot, Fritz Lang et Jack Palance.

    Mais l’encrage dans le coeur du grand public se fera vraiment en 1970. Claude Sautet en fait son comédien fétiche. Avec lui, il tournera cinq films, autant de chefs d’oeuvres.
    Il y fait la connaissance de RomySchneider, qui restera son amie et complice jusqu’à son décès :  » Je lui disais : « Tu es moche aujourd »hui, mal maquillée. » Ça la rassurait que je lui parle ainsi. Grâce à Claude Sautet et moi, elle avait trouvé un couple d’hommes qui réussissait à la sécuriser, à l »amuser et à lui donner confiance en elle. J’allais même jusqu’à lui faire des farces pour qu »elle soit plus détendue. »  

    Loin de se prelasser dans une carrière somme toute confortable, l’acteur prend des risques. Il  n’aime rien tant que d’écorner son image  d’homme classe, au charme  ambigu et pervers.
    Chaque film est une rencontre. Chaque film est une aventure. Il alterne grands films commerciaux et projets à risques.  « J’ai toujours essayé d »être à l’avant-garde de ce qui peut se passer dans l »existence.. »
    dit-il. On le trouve aussi à l’aise chez Agnès Varda (l’écrivain des Créatures, 1965), chez  Alain Resnais (il apparaît dans La Guerre est finie, 1966) ou chez  Jacques Demy (le Simon Dame des Demoiselles de Rochefort, 1966).
    Il travaille aussi en Allemagne, en Italie et  sous la direction d’Alfred Hitchcock (L’Etau, 1968). Léos Carrax, cinéaste prodige de 26 ans,  fera appel à lui  pour « Mauvais Sang » où son personnage de Marc, vieux truand désabusé, est inoubliable.Le début des années 80 le consacre avec deux prix d’interprétation prestigieux, à Cannes pour son rôle de juge  dans Le Saut dans le vide (Marco Bellocchio, 1980), et à Berlin pour le mystérieux homme d’affaires de Une étrange affaire (Pierre Granier-Deferre, 1982).

    Michel Piccoli fascine et séduit. Il y a chez lui une attirance vénéneuse, un aspect sombre, inattendu et potentiellement inquiétant. L’acteur ne dément pas : «  Je n’aime pas dire complètement ce que je pense. J’aime les relations de fidélité dans l’ambiguïté, les rapports secrets qu »il peut y avoir entre les êtres. C’est un peu compliqué tout ça, mais moi, je me noie très bien là-dedans et je ne crois pas que la franchise soit la plus grande des qualités. »  

    Eléonore, Juliette et Ludivine

    Michel Piccoli épouse la comédienne Eleonore Hirt en 1954, dont il a une fille, Cordelia puis, de 1966 à 1977, il est marié à Juliette Gréco :  » Un jour, elle m’a dit va-t-en. Presque de cette façon. Ça a été doulou­reux de mon côté en tous cas…  »
    Depuis 1980, Michel Piccoli vivait aux côtés de la scéna­riste Ludi­vine Clerc. Le couple avait adopté deux enfants polo­nais, Missia et Inord.

    Avec Jean-Luc Godard à Cannes en mai 1982
    Avec Jean-Luc Godard à Cannes en mai 1982 (AP Photo/Jean-Jacques Levy)

    Michel Piccoli était également connu pour son engagement politique de gauche que ce soit pour Francois Mitterand ou encore pour sa fameuse lettre à 150 intellectuels leur disant de voter pour Segolene Royal et contenant cette fameuse phrase « contre une droite d’arrogance, pour une gauche d’espérance « .

    Il réalisera trois longs métrage Alors Voilà (1997), La Plage noire (2001), C’est pas tout à fait la vie dont j’avais rêvé (2005) qui rencontreront un succès d’estime.
    Dans le documentaire « L’Extravagant monsieur Piccoli » de Yves Jeuland (2016) , l’acteur confiait qu’il aurait aimé qu’on retienne de lui : « Il a aimé son métier, l’a servi de son mieux. Ce ne serait pas mal et je crois que c’est vrai. « 

    Nous avons retenu (arbitrairement) 5 films où excelle le talent de  Michel Piccoli : «   Tout en restant dans le système, il faut arriver à jouir de son métier sans être tributaire du diktat du public. » 

    Don Juan (Téléfilm, 1965)

    Michel Piccoli, habillé de cuir noir et botté comme un chevalier, interprête un Don Juan suicidaire qui s’achemine vers la mort avec un cynisme à toute épreuve.  Tourné en 35 mm  pendant plus de huit semaines au château de Versailles, ce Don Juan ( « une insurrection contre Dieu » selon les mots du réalisateur, Marcel Bluwal,) est resté comme une oeuvre légendaire, un sommet artistique au sein de la télévision française. Le grand public, dès sa diffusion, sait désormais mettre un visage sur le nom de Michel Piccoli.  »

    Les choses de la vie (1970)

    Michel Piccoli et Claude Sautet. Pour l’acteur, véritable double du cinéaste, Sautet était « le fou total qui a toujours eu peur de le montrer complètement « . Sans cesse rediffusé, le film Les choses de la vie  est devenu un classique du cinéma.  Michel, victime d’un accident de voiture est mortellement blessé. Il revoit sa vie en accéléré et réalise alors l’importance de ces multitudes de petites choses de l’existence et repense aux deux femmes de sa vie : son ex, Catherine (Léa Massari), et Hélène (Romy Schneider), dont il se sent de moins en moins proche depuis quelques semaines.

    La grande bouffe (1973)

    https://youtu.be/4fzLb1_kxs8

    Le film-bombe dialogué par Françis Blanche et réalisé parMarco Ferreri.  Reiser signa l’affiche.  A l’époque, en 1973, lors de sa présentation au Festival de Cannes, le film avait ulcéré la critique comme les spectateurs.  Pour la première fois, un cinéaste mélangeait le sexe et la bouffe. Des acteurs de renoms (Lui, Philippe Noiret, Marcello Mastroianni, Ugo Tognazzi, Andréa Ferréol) misaient leur notoriété dans ce jeu de massacre, un film  poétiquement désespéré. «  La provocation, dira-t-il,  fait partie de la vie. On fait un métier de libertaires. Si on n’épouse pas les questions, les doutes, les angoisses et les délires de la société, pas la peine d »être acteur.  »  Avec Marco Ferreri,  il tournera à neuf reprises jusqu’à Y’a bon les Blancs (1987)

    Le mépris (1963)

    « Comme on a un coup de foudre pour une fille, on peut avoir un coup de foudre pour un homme. J »ai eu un coup de foudre pour Godard. Et il n »y avait rien de sexuel entre nous ! « 
    Dans le film, il est Paul Javal, un scénariste français qui vient proposer son scénario en Italie à un producteur coléreux et sarcastique pendant que le réalisateur allemand Fritz Lang tourne un film sur L’Odyssée (d’Ulysse). Paul se sert de sa femme Camille pour l’appâter. Celle-ci, découvrant le stratagème, développe un profond mépris pour son mari.

    Habemus Papam (2011)

    En 2011, Michel Piccoli incarne un pape qui doute et prend la clé des champs dans les rues de Rome dans Habemus Papam.  » Je n’ai même pas lu le scénario dira-t-il à l’Express.  Nanni m’a simplement demandé de passer un essai. Ce qui était une idée merveilleuse. Et j’ai adoré ça. Aujourd’hui, on ne passe plus d’essais et d’ailleurs beaucoup de mes confrères refusent de le faire. Ils ont tort. Le réalisateur Nanni Moretti  ressortira enchanté de ce tournage avec Michel Piccoli :  » Je me souviens  de son extraordinaire capacité à être en totale syntonie avec tous les acteurs, sans distinction, au moment des prises.  » Radio Vatican  jugera le film  » sans ironie, très humain, avec un excellent Michel Piccoli « . Presque une bénédiction.

     

  • En Hongrie, s’exprimer sur la pandémie peut valoir une arrestation

    En Hongrie, s’exprimer sur la pandémie peut valoir une arrestation

    Des arrestations ont lieu en Hongrie parmi ceux qui expriment leur opinion sur la crise du coronavirus. C’est ce que dénoncent certains eurodéputés hongrois et des organisations de défense des droits de l’homme.

    Un article d’Euractiv Italie.

    Mardi 12 mai, deux personnes qui avaient exprimé leur désaccord avec certaines décisions du gouvernement hongrois concernant la crise du coronavirus, ont été arrêtées. Ceux qui aujourd’hui sont en train de devenir de véritables dissidents dans le pays, dénoncent le fait que ces arrestations sont effectuées dans le seul but de faire de l’intimidation, car les gens sont arrêtés puis libérés.

    L’eurodéputée hongroise Katalin Cseh est membre du parti libéral Momentum (Renew Europe), tout comme l’un des hommes arrêtés. Selon elle, les épisodes qui ont eu lieu sont suffisants pour justifier le lancement d’une procédure d’infraction contre la Hongrie, étant donné que « la loi sur le coronavirus est contraire à la liberté d’opinion et sert à intimider les journalistes, la société civile et le personnel hospitalier ».

    S’il est facile d’arrêter ceux qui n’expriment pas des positions « appréciées » par le gouvernement, c’est grâce à la législation adoptée par l’exécutif dans le contexte de la pandémie.

    Attaque contre la démocratie et l’Etat de droit

    Selon l’eurodéputée, les attaques de Viktor Orbán contre la démocratie et l’État de droit conduisent le pays à une dérive autoritaire, sur le modèle des « démocratures » euro-asiatiques. « Sur le papier, nous pouvons organiser des élections libres et fonder des partis d’opposition, mais le gouvernement cherche à intimider les gens, à les décourager de participer », déclare-t-elle.

    Des préoccupations que partagent les organisations internationales de défense des droits civils. Elles affirment que les actions de la police ont pour but de museler les citoyens. « Les autorités hongroises n’acceptent pas les critiques du « cher leader », dès lors, la police accueille ceux qui ne pensent pas comme lui », écrit Andrew Stroehlein de Human Rights Watch.

    Selon la loi, la diffusion de « fausses nouvelles » sur le virus ou les mesures du gouvernement peut être punie de 1 à 5 ans de prison.

    La police a déclaré avoir arrêté un homme tôt mardi 12 mai, en raison d’un post sur les médias sociaux. Selon les autorités, celui-ci stipulait « que les dirigeants du pays avaient délibérément programmé la suppression du couvre-feu au moment du pic de [l’épidémie] de coronavirus ». Elles précisent que le 19 avril, Viktor Orbán avait annoncé que le pic des cas de coronavirus devrait être atteint le 3 mai, tandis que le premier assouplissement des restrictions a eu lieu le 4 mai.

    Une autre arrestation par la police a eu lieu mercredi 13 mai. Un homme a alors été interrogé pour avoir partagé le post d’un homme politique de l’opposition qui protestait contre l’évacuation forcée des lits d’hôpitaux, a indiqué le magazine satirique hongrois Magyar Naranc.

    Les médias hongrois locaux font en effet état d’hôpitaux publics qui ont dû libérer 60 % de leurs lits en avril pour disposer de 36 000 places. Des patients en phase terminale ou en convalescence ont ainsi été renvoyés chez eux prématurément.

    Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Hongrie comptait près de 3 400 cas confirmés de COVID-19 le 15 mai, et 436 décès.

  • Rupture ?

    Rupture ?

    La France en 1789, la Russie en 1917, l’Europe des années 30 et l’ouverture économique de la Chine au monde en 1978 sont autant de grandes étapes qui marquèrent l’histoire de l’Humanité. Le XXIe siècle ne semble pas être avare de dates génératrices de ruptures.

    La date de naissance de ce siècle est souvent fixée au 11 septembre 2001, avec les attentats d’Al-Qaïda aux États-Unis symbolisés par la chute des deux tours jumelles du World Trade Center. Ces attentats mirent fin à l’idée de « la fin de l’histoire » qui avait vu le jour avec l’effondrement du Mur de Berlin et de l’Empire soviétique entre 1989 et 1991.

    La victoire des démocraties libérales et des États-Unis, devenus la seule superpuissance mondiale, avait donné l’impression que le modèle occidental était la voie logique pour tous les peuples et les États. La faillite de la banque Lehman Brother, le 15 septembre 2008, marqua pour certains, la fin de la suprématie du capitalisme occidental.

    La fin de l’histoire s’effaça définitivement le 29 juin 2014 avec l’annonce du rétablissement du califat dans les territoires contrôlés par Daech. L’État islamique avec comme chef, Abou Bakr al-Baghdadi, est à l’origine d’une vague d’attentats sans précédent entre 2015 et 2016.

    Deux décennies riches en évènements

    Les deux premières décennies du XXIe siècle sont également celles de la prise de conscience du réchauffement climatique provoqué en grande partie par les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine. Cette prise de conscience mondiale est néanmoins à l’origine de nombreuses tensions tant au niveau des relations internationales que de la politique intérieure comme l’ont prouvé, les manifestations des « gilets jaunes » en France.

    Cette série d’évènements a fragilisé les Démocraties et contraste avec la période de gloire qu’elles avaient connue à la fin du XXe siècle. La crise du Covid-19, par son caractère planétaire, par sa double résonnance sanitaire et économique apparaît à première vue comme une nouvelle rupture au sein de ce siècle qui a vingt ans. Sans remettre en question l’ancien ordre, elle peut jouer le rôle d’accélérateur des tendances en cours.

    Inégalité et Rigueur

    La question des inégalités soulevée depuis plusieurs années par Thomas Piketty ou par Paul Krugman s’est accrue. Le Covid-19 a révélé les forces mais aussi certaines faiblesses structurelles des économies. Les masques, les respirateurs, les applications mobiles sont devenues des marqueurs du succès ou de l’échec des États.

    L’unité et la rigueur sont des facteurs clefs dans la lutte contre la maladie comme en témoigne les résultats de l’Allemagne, de la Corée du Sud, de Taïwan ou du Danemark. La rupture n’intervient que sur une maison fragile ou fragilisée. Il en fut ainsi en 1789 en France, pays qui devait faire face à une crise financière et à des problèmes d’organisation récurrents. Il a alors suffi que Louis XVI demande l’avis des Français à travers les cahiers de doléances pour générer un climat révolutionnaire.

  • Scandales

    Scandales

    « Le scandale de l’univers n’est pas la souffrance, c’est la liberté[1] » écrit Bernanos au sortir de la guerre. La facilité avec laquelle les gouvernements du monde ont mis en résidence surveillée la moitié de l’humanité est un exploit sans précédent.

    La peur engendre d’autant plus facilement l’obéissance que le pouvoir se veut protecteur. Le Premier ministre Thaïlandais l’a bien dit : « La santé prime sur la liberté ». C’est pourquoi l’Azerbaïdjan, inquiet de la santé des opposants au régime, les a isolés. Ils étaient si faibles. Isolés aussi, quoique bien portants, les leaders démocrates à Hong Kong. En Algérie, on arrête ceux du Hirak. On sait combien compte la santé au pays de Bouteflika. En Jordanie, à Oman, aux Emirats Arabes Unis, la presse écrite est suspendue. Elle serait contagieuse. La lutte contre les fake news justifie la censure. Au Zimbabwe désormais, diffuser un mensonge coûtera 20 ans de prison. On s’inquiète pour le sort des ministres, tant les fausses nouvelles viennent plus souvent des officiels que des blogueurs, raison pour laquelle on fait plus confiance aux illuminés qu’aux institutions.

    Homo domesticus

    Homo domesticus[2], « l’homme domestiqué », qualifie l’espèce humaine autant qu’homo sapiens. Par la sélection naturelle, ne seraient restés que les hommes qui acceptaient d’être domestiqués, comme ils domestiquaient ânes, vaches, chiens,  brebis, chèvre, chevaux, chameaux … rats, poux, et autres parasites, chacun vivant de l’autre, avec les maladies de l’autre. Cette organisation domestique se figeait sur une terre cadastrée, protégée, ponctionnée par un pouvoir de plus en plus fort et distant. La réponse à la souffrance serait la soumission, de l’adoration de la divinité à la révérence au prince. Si cette forme de domestication de l’espèce était si simple, l’histoire serait simple, elle aussi.

    Réseaux et pyramides

    Salamine contre l’Empire perse, le citoyen face aux tyrans, le droit contre l’arbitraire, l’Eglise contre le prince, les imprimeurs contre le Pape, la Grande Charte contre le roi, les clubs contre la monarchie, partout, des pouvoirs contre les pouvoirs créent des failles où se glissent droits et libertés, agrégés par des révoltes constantes contre l’impôt et l’abus.

    Parfois, elles s’appuient sur un drapeau, moins pour l’identité nationale que pour revendiquer la condition d’hommes libres. Les Américains n’étaient pas d’une autre « nation »  que les Britanniques : ils voulaient l’indépendance pour être encore plus libres que les plus libres des Européens. L’architecture des réseaux vaut celle des pyramides, c’est celle des résistances, du cerveau et … d’Internet, une chance.

    Obéissance volontaire

    Confortés par des medias avides de catastrophes, deux milliards quatre cents millions d’êtres humains se sont enfermés à l’appel des gouvernements. Un confinement volontaire pour se protéger d’une épidémie qui a déjà fait 300.000 morts, 300.000 drames individuels. C’est beaucoup. A l’échelle de la planète, à peine visible.

    Cette obéissance remarquable fut plus forte dans les démocraties riches que dans les pays pauvres ou les autocraties. La Chine n’a décidé de confiner qu’une seule province, 50 millions d’habitants, 3,5% de sa population. Comme si, en France, seules les Bouches du Rhône avait été confinées.

    En une semaine, toutes les libertés furent suspendues. C’est librement qu’elles le furent.

    Le triomphe de la vie

    Ce renoncement augure-t-il du pire ou du meilleur ? Les peuples libres sont-t-ils devenus si craintifs qu’ils sont prêts à sacrifier leur liberté pour repousser (un peu) la mort ? Ou, au contraire, sont-ils devenus à ce point humanistes qu’ils sacrifient leur richesse pour la santé, célébrant le triomphe de la vie ?

    Cette civilisation qualifiée d’ultramatérialiste est la première dans l’histoire qui a sacrifié son économie pour la santé de quelques uns, en l’occurrence les plus âgées. Personne ne pensait le capitalisme à ce point éthique. D’où ce doute : N’aurait-on pas sacrifié sa liberté -provisoirement- plus par peur que par solidarité ?

    Demain, une autre épidémie. Avec instruments de traçage, caméras thermiques, reconnaissance faciale dans les rues, drones dans les montagnes, rues, plages, balcons. Plus: caméra à la maison, historique des dossiers médicaux, liste des fréquentations, antécédents génétiques. Mieux : Des anticipations génétiques calculeront la capacité de chacun à transmettre les virus. Qui s’y opposerait ?

    Ou de la peur ?

    Va-t-on enfermer, par précaution, les porteurs d’un gène proviral ? Qui accepterait de côtoyer de virtuels vampires ? Tel groupe ne serait-il pas génétiquement contaminant ? Les roux ? Les Blancs trop blancs ou les Noirs trop noirs ? En Afrique le virus est réputé blanc. Aux Etats-Unis on l’a vu chinois. Les Chinois se vantent de le porter mieux que les Blancs et les Africains, qui, suspects, sont mis à la porte. Au Moyen-Orient on expulse. En Afrique du sud, en Ethiopie aussi. Quant aux Indiens ils s’expulsent entre eux. On n’est jamais trop prudent.

    Quelques statistiques qui lieraient l’épidémie au ramadan ou à un pigment de peau ne suffiraient-elles pas à exciter les médias, à obliger les gouvernements de renforcer leurs pouvoirs ? Pour le bien commun et la santé de tous, évidemment.

    Quand la peur gouverne, la liberté disparait dans la servitude volontaire, masquée par l’argent tombé du ciel, l’helicopter money, le plaisir de la technologie et le vide fascinant des écrans. Qui regardent en détail vos manies et vos datas. Axiome franglish : big peur, big power, big brother.

    Heureusement, si le monde a peur, il adore le scandale. Or, comme l’a dit Bernanos, le vrai scandale, c’est la liberté.

    Laurent Dominati

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    [1] « Le scandale de l’univers n’est pas la souffrance, c’est la liberté ; Dieu a fait libre sa création, voilà le scandale des scandales, car tous les autres scandales procèdent de lui (…) A la place de la liberté, j’aurais pu aussi bien dire l’amour.» Bernanos. Conférence « Nos amis les saints », 1947

    [2] James Scott, Homo domesticus.

  • Elections consulaires, quelle date pour renouveler les élus locaux ? Le gouvernement tranchera cette semaine – Voter à notre consultation

    Elections consulaires, quelle date pour renouveler les élus locaux ? Le gouvernement tranchera cette semaine – Voter à notre consultation

    Dans le Journal du dimanche de ce 17 mai, 36 maires de grandes villes ainsi que des élus signent une tribune pour organiser le second tour des municipales dès le mois de juin.

    5000 communes sont en attente d’un second tour. L’exécutif doit trancher sur la question cette semaine mais aussi sur celle des élections des Français de l’Etranger.

    Vivement critiqués pour avoir maintenu le premier tour des élections municipales le 15 mars, Emmanuel Macron et Édouard Philippe doivent désormais décider de la date du second tour. Prévu initialement le 22 mars mais reporté en raison de la pandémie de Covid-19, celui-ci concerne environ 5 000 communes. La loi d’urgence prend aussi en compte les Français de l’Etranger car leurs élections devaient avoir lieu ce dimanche 17 mai afin de renouveler les conseillers des Français de l’étranger.

    Le rôle des élus consulaires des 130 circonscriptions a été, lors d’une réforme en 2019, renforcé, ils vont désormais présider les conseils consulaires, fonction qui est actuellement dévolu à l’ambassadeur ou au consul, leur nom va changer passant de conseillers consulaires à conseiller des Français de l’étranger. Mandat souvent méconnu, il est pourtant essentiel pour les Français de l’étranger : attribution des bourses, permanence consulaire pour le suivi administratif, association à la gestion des établissements scolaires français, gestion des fonds d’urgence, attribution de subvention aux associations locales, animation de la vie consulaire, lien avec la métropole …

    Avis du conseil scientifique

    La loi d’urgence sanitaire du 23 mars prévoit que le Conseil scientifique donne son avis sur la tenue des élections et que le Premier ministre remette ensuite, « au plus tard le 23 mai », un rapport au Parlement pour déterminer si le second tour des élections municipales et l’unique tour des élections des conseillers des Français de l’Etranger peuvent avoir lieu en juin. Mais Édouard Philippe a voulu accélérer, selon Le Parisien, en demandant dès mercredi au Conseil scientifique de lui fournir son avis.

    Le signe d’un désir de l’exécutif d’en finir au plus vite avec ces scrutins électoraux ? Alors que le feu vert a été donné mardi pour l’installation dans les prochains jours des conseils municipaux élus dès le premier tour, l’idée d’un second tour organisé en septembre, voire octobre, semblait tenir la corde ces dernières semaines. Mais, toujours selon Le Parisien, le président de la République aurait finalement opté pour le mois de juin. Est ce que les élections consulaires vont suivre le même chemin ?

    Rien n’est moins sur, car hors de France, de nombreux pays sont toujours soumis à des mesures de confinement et dans tous les cas les rassemblements sont proscrits.. Alors comment organiser ces élections ? En Europe, les autorités locales avaient indiqué qu’il ne serait pas possible d’organiser des bureaux de vote comme à Bruxelles (des bureaux avec plus de 10 000 électeurs), à Londres, etc.

    Cependant la rumeur courait dans les couloirs du sénat dès mardi dernier affirmant que les élections auront bien lieu en juin. Plusieurs raisons à cela.

    Tout d’abord, les Français de l’Etranger disposent de la possibilité de voter en ligne, ce qui permet en théorie de se passer de bureaux de vote. Sauf, que l’utilisation du dispositif est encore peu répandu et que les personnes les plus âgées peuvent être récalcitrantes alors qu’elles sont les plus fidèles au devoir républicain. Certains craignent un effondrement du taux de participation, qui n’était déjà pas élevé.

    La deuxième raison c’est la volonté du gouvernement et de son parti LREM de voir les élections sénatoriales d’Octobre 2020 maintenues. En effet, le sénat est aujourd’hui le premier, voir le seul, opposant institutionnel à un Président et à sa majorité. Les sénateurs sont élus par les Grands Electeurs (ceux que nous éliront dans les élections municipales, cantonales, régionales, et pour les Français de l’Etranger, les consulaires). Ces derniers n’ont pas été renouvelés depuis l’élection de 2017.

    Afin de réaliser les réformes institutionnelles prévues dans le programme d’Emmanuel Macron, une majorité des 2/3 du Parlement (Assemblée nationale et Sénat) est nécéssaire. En l’état, c’est impossible, d’où l’envie pressante de voir le corps électoral dont est issue cette assemblée se modifier afin que de nouveaux sénateurs LREM puissent rejoindre les bancs de la vénérable assemblée au plus vite. Et avec plus de 90% des voix au second tour des élections présidentielles, LREM fonde de grands espoirs sur les conseillers des Français de l’Etranger qui pourraient, théoriquement, envoyer jusqu’à 6 sénateurs LREM.

    Les élections municipales et consulaires sont donc un enjeu politique majeur pour la présidence de la République qui peut conditionner la fin du mandat. Le Sénat détient la clé du bilan Macron, alors que toutes les réformes importantes ont été annulées du fait de la crise liée à la Covid-19, il reste au Président de la République la carte des réformes institutionnelles.. pour sauver un bilan qui, sinon, sera bien maigre….

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  • Justice et équité pour notre réseau scolaire – Tribune de 6 députés des Français de l’Etranger

    Justice et équité pour notre réseau scolaire – Tribune de 6 députés des Français de l’Etranger

     Alors que le gouvernement, à travers le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et du Secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne, vient d’envoyer un signal fort à notre réseau scolaire français à l’étranger en lui accordant un soutien public de 150 millions d’euros, nous tenons à rappeler que, derrière cet élan de solidarité, les attentes de notre communauté scolaire sont fortes et expriment une impatience légitime de mise en oeuvre au niveau international.

    Parce que l’ampleur de la crise sanitaire dans le monde est inédite, la mobilisation au sein du réseau prend elle aussi une tournure sans précédent.

    Parce que de nombreuses associations de parents d’élèves dans le monde appellent à la justice dans le traitement des familles de leurs établissements, toutes nationalités confondues. Ils lancent tous ce même appel car ils savent que c’est ensemble, unis, que ce réseau survivra. Les ministres ont clairement signifié cet esprit dans leur allocution, nous le soutenons et nous souhaitons avec eux le faire vivre concrètement car les parents d’élèves appellent à la transparence, l’équité, en soulignant l’urgence face à la détresse d’un grand nombre de situations.

    Parce que nous craignons que d’ici fin juin un grand nombre d’enfants soient malheureusement obligés de quitter leur école, provoquant un déchirement pour eux comme pour leurs parents, et entraînant des situations tout aussi malheureuses de départ du côté des personnels enseignants recrutés localement, nous demandons une mise en oeuvre rapide d’aide à la trésorerie des écoles pour éviter tant que faire ce peu ces conséquences.

    Parce que nous croyons en la force de notre réseau d’influence, en son potentiel et en sa capacité à faire face à la crise de confiance qu’il rencontre, nous soutiendrons et défendrons les mesures nécessaires à sa pérennité.

    Et si la nécessaire adaptation au contexte de crise et post-crise, si l’indispensable recherche d’efficience et d’efficacité de notre modèle d’éducation à l’étranger nous amènent, pour la survie du réseau, à devoir soutenir l’évolution de l’organisation des structures, alors nous devrons ensemble, avec la communauté scolaire, assumer cette évolution.

    Dans chaque gestion de crise il y a des changements, des impulsions nouvelles, des adaptations indispensables : l’enseignement français à l’étranger, comme tout modèle en RÉPUBLIQUE FRANÇAISE LIBERTÉ – ÉGALITÉ – FRATERNITÉ 

    Cette difficulté, n’échappera pas à la règle, mais il est des changements qui peuvent devenir de réelles opportunités pour l’avenir de tous, c’est à cela que nous aspirons.

    Répondre aux enjeux, aux nouveaux défis qui s’annoncent lourds à relever, demande l’engagement et la force de conviction de chacun et ceux qui ne verront en la gestion de cette situation de crise qu’une énième difficulté qui trouverait sa résolution par l’enlisement à force de saupoudrage donneraient des perspectives funestes à une dynamique que la France doit retrouver rapidement et qu’elle n’aurait jamais dû voir s’arrêter sans l’arrivée de la pandémie.

    Nous adapter, nous réinventer, pour créer les conditions indispensables de la survie de notre modèle, de notre réseau scolaire français à l’étranger, voilà ce que nous soutenons et c’est pour cela que nous soutiendrons, nous parlementaires cosignataires, le plan de sauvegarde et le cahier des charges votés par le bureau de la commission des Affaires étrangères, regroupant l’ensemble des forces politiques de l’Assemblée Nationale.

    Ce plan que nous soutenons répond aux exigences de transparence, d’équité, de justice, d’un esprit conforme aux valeurs de la République, dont ont profondément besoin notre réseau et ses acteurs respectueux des règles, pour que soit retrouvée une confiance en notre magnifique modèle d’éducation, vecteur d’influence française dont nous sommes nombreux à nous honorer. Retrouvez le cahier des charges en cliquant ICI.

    Samantha CAZEBONNE Députée des Français établis hors de France (5e circonscription)

    M’jid EL GUERRAB Député des Français établis hors de France (9e circonscription)

    Anne GENETET Députée des Français établis hors de France (11e circonscription)

    Meyer HABIB Député des Français établis hors de France (8e circonscription)

    Amélia LAKRAFI Députée des Français établis hors de France (10e circonscription)

    Frédéric PETIT Député des Français établis hors de France (7e circonscription) 

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