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  • Paula Forteza, la députée des Français d’Amérique latine, mène la rébellion contre son ancien parti, LREM

    Paula Forteza, la députée des Français d’Amérique latine, mène la rébellion contre son ancien parti, LREM

    Tête de liste dans le XIXème avec Cédric Villani (dissident LREM), Frondeuse contre l’app Covid 19, elle franchit un cap supplémentaire en menant avec Matthieu Orphelin, 66 députés à constituer un 9ème groupe à l’assemblée nationale faisant perdre la majorité absolue au parti présidentiel.

    Ensemble, ces 66 élus proposent un panel de mesures pour une gestion plus sociale de la crise.: Ils appellent aussi à prolonger les changements d’habitue en encourageant le télétravail et en soutenant la révolution des mobilités décarbonée…

    Des mesures plus sociales et une nouvelle organisation du territoire

    Ces élus de sensibilités différentes s’accordent sur des propositions plus précises, notamment la création d’un impôt exceptionnel et ponctuel sur le patrimoine.

    En matière fiscale, ils prônent aussi de lisser l’impôt sur le revenu en le rendant plus progressif. Mais ils oublient, par exemple, de revenir sur la suppression partielle de l’ISF décidée en début de quinquennat.

    Au titre de la santé, ces désenchantés du « Nouveau Monde » promis par Macron, proposent de créer 200 000 postes supplémentaires en trois ans dans les Ehpad, de revaloriser immédiatement de 200 euros par mois le salaire des soignants et de geler la suppression de lits dans les hôpitaux.

    Pour la solidarité, ils font la promotion du revenu universel, et demande de rendre éligible au RSA des jeunes de 18-25 ans.

    Autre pilier  : la souveraineté, un mot très tendance des LR à Mélenchon. Pour eux, elle se déclinera sur tous les échelons, au niveau des territoires pour l’alimentation et la relocalisation de la production d’équipements de protection pour les soignants. Et au niveau européen pour accélérer la transition énergétique que tous ces élus appellent de leurs vœux.

    En rupture avec sa circonscription ?

    Sa candidature dans le 19 ème arrondissement de Paris avait déjà provoqué d’importantes contestations dans sa circonscription. Pas seulement chez les marcheurs locaux, mais de la part de tous les élus de sa circonscription. Une pétition avait même été lancée pour réclamer qu’elle abandonne son mandat. L’affaire s’était conclue par une démission du parti et elle siégeait depuis avec les indépendants.

    Après le premier tour et un résultat calamiteux de 5,82%, arrivant avant dernière juste devant le Rassemblement National, beaucoup pensaient que la carrière de la députée allait s’éteindre.

    Une parole libre

    C’était sans compter sur les capacités de la mathématicienne à échauder de nouvelle hypothèses. Forte de ses connaissances en informatique, elle s’est donc élevée contre le projet de loi portant la nouvelle application pour tracer le Covif-19. La députée s’inquiétait car pour que l’application soit efficace, il faut entre autres qu’elle soit adoptée et utilisée par le plus grand nombre — au moins 60 % selon des chercheurs de l’université d’Oxford. Ce raisonnement mène à considérer l’obligation d’installer l’application, et à aller à l’encontre d’une des particularités européennes.

    « Notre droit en l’état — la directive RGPD et le règlement e-Privacy — interdit l’obligation d’usage et ne fonde son existence que sur la base du consentement, c’est-à-dire le volontariat. Cet arsenal législatif reflète nos valeurs françaises et européennes, et nous ne saurions nous y soustraire  », rappellait Paula Forteza au site Numerama.

    Et aujourd’hui, donc, elle crée, avec Mathieu Orphelin, ce nouveau groupe, qui lui permettra surement d’obtenir une investiture de ce récent mouvement aux législatives de 2022.. La question est ou? Dans le 19ème ou en Amérique latine? 

     

     

     

  • Air France à l’épreuve du Coronavirus

    Air France à l’épreuve du Coronavirus

    Air France, comme l’ensemble du secteur aérien, est frappée de plein fouet par la crise du Coronavirus. 90% de vols annulés pendant le confinement, l’aéroport d’Orly fermé, ceux de Charles de Gaulle et de Schiphol du partenaire KLM tournant au ralenti, une grande partie du personnel en chômage technique, les aides gouvernementales conditionnées à une évolution du secteur et à une plus grande interaction rail – avion, et aussi la peur. La peur des usagers de ces avions qui sont un espace clos ou l’air circule par excellence, de ces terminaux d’aéroports débordant d’une foule venant du monde entier, de ces destinations exotiques.

    L’aéroport Charles de Gaulle tourne au ralenti

    Forcément le secteur va devoir s’adapter, et vite. Certains n’ont déjà pas survécu : la compagnie à bas-coûts Norwegian met en faillite certaines de ses filiales, Brussels Airlines filiale de Lufthansa licencie 25% de son personnel, des dizaines d’autres luttent pour leur survie.

    Air France, qui est endettée, qui doit payer la location de ses avions même quand ils sont cloués au sol, qui fut l’objet de mouvements de grève qui ont entamé sa trésorerie, devra forcément s’adapter. L’heure actuelle est cependant avant tout à la gestion de la crise tel qu’elle est.

    Des centaines de milliers de rapatriements, des contrôles mis en place

    Près de 300 000 personnes ont été rapatriées par des vols Air France, dont la moitié de ressortissants français. La compagnie nationale, un des symboles les plus forts de l’Hexagone dans le monde, a pu utiliser le réseau tentaculaire de ses destinations et correspondances a permit de couvrir la quasi-totalité du globe. Pour autant, des vols spéciaux ont dû être mis en place, notamment en provenance du Maroc et d’Amérique du Sud. Un certain nombre de passagers sont aussi passé par des compagnies tierces avec escales à Singapour ou dans le golfe persique.

    Tout ceci a un coût : 2000 euros pour Marie pour faire rapatrier ses parents qui lui rendaient visite en Australie, environ 1000 euros en moyenne pour un New-York / Paris, parfois beaucoup plus pour des destinations ou l’offre est plus rare encore.

    Des mesures de sécurité draconiennes

    Les compagnies, en tout cas, s’adaptent à la pandémie et aux mesures à prendre. Le port du masque est obligatoire depuis le 11 mai sur l’ensemble des vols Air France et la compagnie déploie petit à petit un contrôle de température au départ de tous ses vols.

    De quoi rassurer les usagers ? Les salariés, en tout cas, sont inquiets. Véronique, 25 ans de travail dans la compagnie française, est inquiète: « j’ai connu toutes les crises possibles à Air France, mais rien de comparable avec ce qui se passe actuellement ». Une crise sans précédent, et un monde demain fort différent.

  • La France rapatrie plus de 150 Européens bloqués au Panama et au Honduras – TV5 Monde

    La France rapatrie plus de 150 Européens bloqués au Panama et au Honduras – TV5 Monde

    Une soixante d’Européens coincés en Amérique centrale ont pris un premier vol ce lundi 11 mai. Un rotation vers Paris affrétée par la France. Un second vol similaire de rapatriement est, d’ores et déjà, programmé pour ce mercredi 13 mai.

    L’ambassadeur de France à Panama, Brice Roquefeuil, a salué « un vaste effort de coordination » avec ses partenaires de l’Union européenne pour transporter tous ces Européens. Parmi eux, 59 Français, 27 Espagnols, 18 Allemands, 12 Italiens ou encore 10 Néerlandais, entre autres nationalités représentées.

    Beatriz Perez, Espagnole de 40 ans, a expliqué à l’AFP qu’elle devait revenir dans son pays en avril, mais que son vol avait été annulé en raison des restrictions dues à la pandémie de coronavirus.

    Enfin, on a pu embarquer sur ce vol. On retourne en Espagne, mais on ne sait pas comment est la situation là-bas. Beatriz Perez, rapatriée espagnole

    Distanciation sociale

    Le projet était à l’origine de rapatrier 300 personnes de 22 nationalités européennes, mais la réglementation en vigueur en France a contraint à diviser le contingent en deux pour respecter la distance recommandée entre passagers. L’ambassade de France à Panama a donc annoncé un second vol.

    « Je devais partir par le vol de rapatriement d’aujourd’hui [lundi], mais je vais devoir attendre deux jours de plus au Panama parce qu’ils font l’embarquement avec la moitié des gens en raison de la distanciation sociale« , a déploré la Française Roxane Bergougnoux, interrogée par l’AFP.

    Le Panama est l’un des pays d’Amérique centrale les plus touchés par l’épidémie, avec 244 morts et plus de 8.000 cas recensés à la date de dimanche. Le pays peine aussi à se sortir d’un scandale de détournement de fonds présumé dans l’achat d’une centaine de respirateurs portables (ou ventilateurs) pour la somme de 5,2 millions de dollars. Le parquet panaméen avait ouvert une enquête, le mois dernier, pour déterminer si le montant présumé avait été surévalué. Quelques heures après l’ouverture de cette enquête, le gouvernement panaméen annonçait, devant la presse l’annulation de cet achat par la société partenaire et assurait  que ce montant élevé s’expliquait par l’importante demande mondiale.

  • Aides aux Français de l’Etranger. Familles, écoles, entreprises, quels sont les dispositifs mis en place?

    Aides aux Français de l’Etranger. Familles, écoles, entreprises, quels sont les dispositifs mis en place?

    Le gouvernement à travers le Ministre des Affaires Etrangères Le Drian et le Ministre du Budget, Gérard Darmanin, ont annoncé le 30 avril dernier, le déblocage d’une aide exceptionnelle pour les Français de l’Etranger.

    Le budget dédiée aux associations a été abondé pour passer de moins de 2 millions d’euros à 50 millions afin que ces dernières puissent assurer la distribution des fonds aux Français en difficulté. Les établissements scolaires n’ont pas été oublié avec des aides directes mais aussi des bourses scolaires exceptionnelles afin de permettre aux familles de régler les frais du 3ème trimestre. Tandis que les entreprises peuvent compter sur les Chambre de Commerce Internationales réparties en 124 chambres dans 93 pays pour les accompagner dans les démarches locales afin d’obtenir les aides mises en place.

    Du Vietnam à l’Espagne, les Français sont frappés de plein fouet par la crise du coronavirus. Enseignants, restaurateurs, hôteliers, guides, etc. la liste des métiers, que nos compatriotes ne peuvent plus exercer, est longue. Les réponses des gouvernements locaux aux urgences économiques sont trés variables d’un pays à l’autre. Et c’est sur ce constat, que les parlementaires se sont mobilisés afin d’obtenir ce plan exceptionnel de 240 millions (toutes aides cumulées).

    La France n’abandonne donc pas ses compatriotes. Sauf que.. sur le terrain les situations sont bien plus complexes.

    Manque de coordination

    En absence de consignes claires des autorités, chaque consulat a lancé des procédures de façon autonome.

    Pour les bourses scolaires, les familles ont théoriquement jusqu’au 22 mai pour déposer leurs dossiers. Mais dans de nombreux pays, les commissions d’attribution des bourses se sont déroulées en avril ou tout début mai. Par ailleurs, les établissements ont été libres quant à leur mode de communication sur cette aide exceptionnelle. Les élus consulaires se mobilisent, donc, pour réorganiser des réunions et informer au mieux.. Sans moyen et entravée par les mesures liées aux Covid-19, l’information circule mal.

    Des aides compliquées à mettre en place, loin des réalités du terrain

    Sur les aides aux citoyens en difficulté, le ministère n’a pas communiqué, non plus, de méthodologie fixe. Certains consulats ont donc décidé de faire appel aux OLES comme l’indiquer la déclaration du gouvernement. Ces établissements sont des associations de droit locale fondée par des Français et qui sont reconnues par les consulats. Tandis que d’autres services consulaires ont décidé de traiter en interne les dossiers soit par absence d’associations soit par choix.

    C’est donc dans l’application que les problèmes s’accumulent. Tout d’abord, les associations, malgré l’urgence, doivent constituer un dossier, porter un ensemble de justification à l’administration consulaire. Pour cela, elles ont du être informées par leur consulat de tutelle, souvent par mail, ce qui n’a pas raccourci le délais de réaction, bien au contraire. Autre frein, c’est la non connaissance de ces associations ou des services sociaux consulaires par nos compatriotes. Et aucune campagne de communication n’est prévue pour alerter les familles en situation précaire, ni par les associations (par manque de moyen), ni par les services des consulats. 

    Pour les candidats, le parcours est aussi compliqué. En effet, Les personnes souhaitant bénéficier de ces sommes devront en outre justifier de leur perte ou diminution de revenus du fait de la crise. L’aide n’étant pas systématique, il faut aussi être éligibles, elles ne doivent donc pas disposer de  moyens propres pour traverser cette crise, ni de possibilité d’aide familiale, amicale, etc. Enfin, ces demandeurs ne doivent pas pouvoir obtenir les dispositifs d’aides mis en place par les gouvernements de leurs pays de résidence. Enfin ils doivent être inscrit au registre consulaire. C’est un véritable dossier aux innombrables justificatifs, qui doit donc être constitué. Les critères sont aussi sujets à interprétation : Comment prouver que votre famille ou vos amis ne peuvent pas vous aider ? Et si ils en auraient les moyens, doivent-ils se justifier de pas aider le foyer concerné ?

    Enfin une fois que les associations comme les éventuelles bénéficiaires ont pu réunir l’ensemble des pièces, les familles peuvent toucher l’aide tant attendue. Et là c’est la douche froide ! Les enveloppes attribués, une seule fois, aux foyers, et qui sont définies par les services administratifs parisiens, évoluent de 44€ à 300 € par adulte et de 29€ à 200€ par enfant.  Comment ont-elles été calculées ?  Selon le niveau de vie du pays en ayant comme référence le montant de l’aide d’urgence fournie par les CAF (caisses d’allocation familiales) en France. Cette aide complète, en métropole, l’important dispositif comme les allocations familiales, l’aide au logement, le chômage technique, les soutiens aux indépendants, etc,  auxquels les Français de l’Etranger n’ont pas accès.

    La complexité du montage du dossier et la faiblesse de l’aide risquent de décourager plus d’une famille. Certains craignent que ce système soit juste un effet d’annonce avec peu de conséquences concrètes pour les expatriés. 

     

     

  • Les premiers effets du déconfinement

    Les premiers effets du déconfinement

    Fin avril, des pays comme l’Autriche, l’Allemagne et les États-Unis ont d’ores-et-déjà entamé un processus de déconfinement de la population et de levée des restrictions de l’activité. En Allemagne, la première phase de déconfinement a été initiée au niveau fédéral le 20 avril avec la réouverture des commerces d’une surface inférieure à 800 m², ainsi que des concessionnaires, des vendeurs de vélos et des librairies sans condition de surface. Une deuxième phase a débuté le 4 mai avec la réouverture progressive des écoles et des salons de coiffure. La sortie du confinement dépend également des Länder. Ainsi, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, les commerces de proximité même non alimentaires accueillent les clients depuis le 20 avril quand la Bavière et Hambourg les ont maintenus fermés jusqu’au 27 avril.

    Italie

    En Italie, seules les entreprises stratégiques et exportatrices ont pu reprendre leurs activités le 27 avril (comme certaines usines du groupe Fiat-Chrysler ou encore Valentino), et seulement après examen et accord de la préfecture. Le 4 mai, les branches de la chimie, des matières plastiques, de la métallurgie, des machines-outils, de la construction et des télécommunications ont été autorisées à reprendre leurs activités.

    Espagne

    En Espagne, dès le 11 avril, les activités productives ont pu reprendre progressivement mais la population reste confinée jusqu’au 9 mai. Aux États-Unis, certains États, essentiellement des États du Sud des États-Unis et des grandes plaines (Alaska, Alabama, Colorado, Géorgie, Tennessee, Caroline du Sud, …) ont décidé de rouvrir les commerces non essentiels, dont certains dès le 21 avril.

    Selon des premières données issues des requêtes effectuées sur Google, les ventes au détail en Allemagne atteindraient désormais 70 % de leur niveau dit normal. Pour les centres commerciaux, la baisse d’activité serait pour la dernière semaine d’avril de 35 % quand elle était de 70 % la semaine précédente. Au Royaume-Uni ou aux États-Unis, en revanche, l’activité commerciale reste inférieure de 70 à 80 % par rapport à 2019 à la même époque.

    La circulation routière dans les grandes villes allemandes aurait, selon l’INSEE, reprise depuis le 20 avril en prenant comme référence l’indice de congestion routière publié par TomTom. L’indice n’est que de 2 % inférieur à l’indice moyen en 2019 entre le 20 et le 27 avril, alors qu’il lui était inférieur de près de 34 % entre le 13 et 19 avril. Cette situation peut s’expliquer par un recours plus important de la voiture en raison des craintes de contamination dans les transports publics. En France, en Italie et en Espagne, les conditions de circulation ne changent que très modérément. Fin avril, l’indice de congestion y demeure entre 60 % et 75 % inférieur à l’indice moyen de 2019 contre une baisse comprise entre 66 % et 80 % la semaine qui précède. Au RoyaumeUni tout comme aux États-Unis, la circulation routière semble augmenter légèrement mais reste très inférieure aux conditions de 2019.

    Trafic aérien

    Le trafic aérien commercial de voyageurs reste au point mort dans la plupart des pays européens, hormis, à nouveau, l’Allemagne. Il est également au point mort au Royaume-Uni et aux États-Unis et il reste encore très au-dessous de la normale en Chine. Le trafic demeure quasi arrêté en France avec la fermeture symbole du 2e plus grand aérien, Orly.

    Le rebond économique en France dépendra de la capacité des entreprises à reconstituer rapidement leurs stocks de biens intermédiaires et à appliquer au mieux les mesures sanitaires.

    Le principe de précaution transcende l’ensemble de la population. Les décideurs craignent de voir leur responsabilité engagée quand les actifs, toutes catégories sociales confondues craignent pour leur santé. Le psychodrame de la rentrée scolaire témoigne de ce climat. Le retour à un niveau correct d’activité dépendra de la levée des doutes sur la crise sanitaire.

  • L’affaire qui empoisonne les relations franco-russes

    L’affaire qui empoisonne les relations franco-russes

    Les relations entre la France et la Russie sont complexes, depuis toujours. Elles le sont encore de nos jours. L’affaire « Delpal » risque de ne pas les arranger. Philippe Delpal, banquier français vivant de longue date en Fédération de Russie et y travaillant pour le fonds Baring Vostok, fondé par un important homme d’affaire américain, est assigné à résidence depuis 9 mois, tout comme son ancien employeur.

    La raison ? Une accusation de fraude sur un montant de 33 millions d’euros. Une accusation « montée de toute pièce » selon les accusés qui contestent un procès qui n’aurait pas été conforme à l’état de droit et des droits de la défense. Traductions aléatoires, changement des accusations en cours de procès, absence de preuves, la accusés et leurs conseils sont sans concession. Surtout, ils estiment qu’il s’agit d’une manipulation liée à un des associés du fonds, proche du Kremlin et y disposant de solides relais.

    Un sujet récurrent entre les deux présidents

    L’affaire, en tout cas, complique les relations entre la France et la Russie et fait l’objet de discussions régulières, y compris au plus haut de l’Etat entre les deux Présidents.

    La députée des Français de la circonscription, Anne Genetet, vient d’estimer dans un communiqué, qu’il y avait un risque que l’affaire puisse devenir une « victime collatérale » du covid-19 et que les 1000 autres sujets entre les deux

    Anne Genetet

    pays ne relèguent que très loin dans la liste des priorités le sort de M. Delpal. Elle invite la diplomatie française à inclure la libération de M. Delpal dans un « package » de négociations de rapprochement entre les deux pays.

    Certains Français de Russie, en tout cas, sont particulièrement critiques de l’action de la France sur le sujet. Un homme d’affaires que nous avons contacté et qui ne souhaite pas être nommé estime « qu’à force d’insulter la Russie, la France n’a pas créé un climat de confiance propice aux négociations de ce type ».

    Marie, qui travaille elle aussi pour une entreprise américaine, est également inquiète : « franchement c’est vrai que la diplomatie française patine dans cette histoire, mais soyons honnêtes, ceux qui sont proches du pouvoir russe peuvent faire quasiment tout ce qu’ils veulent, l’Etat de droit ce n’est pas la réalité de ce pays ».

    L’incertitude juridique pèse sur le climat des affaires

    En tout cas, ce type de situation ne risque pas d’inciter les hommes d’affaires français à investir en Russie, encore moins à y travailler. Et pourtant les relations commerciales entre les deux pays sont anciennes, et les investissements importants : plus de 1000 entreprises françaises sont implantées en Russie. Cette dernière n’a pour l’instant que peu souffert du coronavirus mais son économie est très largement dépendante du pétrole et ce dernier est à des prix historiquement bas.

    Une pandémie mondiale, un baril de pétrole vendu à des prix ridicules et des inquiétudes sur l’indépendance de la justice russe vont avoir un impact sur le climat des affaires. Reste à savoir de quelle ampleur…

  • Quatorzaine à l’arrivée en France, quels voyageurs seront soumis à la mesure ?

    Quatorzaine à l’arrivée en France, quels voyageurs seront soumis à la mesure ?

    Comme nous l’indiquions, il y a quelques jours, la France a décide de mettre en place une quatorzaine pour les voyageurs en provenance de pays à risques, quelque soit leur nationalité.

    Les élus consulaires, des pays hors Schengen, ont été nombreux à alerter les parlementaires sur la mise en place de contrôles aux frontières avec l’entrée en vigueur de la loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire en France.

    Ainsi les sénateurs représentants les Français de l’étranger ont tenu à apporter des modifications au texte proposé par le Gouvernement.

    « Nous ne connaissons pas à cette heure l’entrée en vigueur des textes d’application qui sont du domaine du gouvernement, ni la liste des pays « à risque » (liste qui sera révisée régulièrement) », indiquent les sénateurs.

     

    En effet, Le Parlement a définitivement adopté samedi soir le texte de prolongation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 juillet en France, face à l’épidémie du coronavirus, avec un ultime vote de l’Assemblée nationale. Ce texte adapte la réglementation des déplacements, des transports et de l’ouverture des établissements recevant du public en vue du déconfinement qui doit débuter lundi. Mais Il précise, surtout, les régimes de mise en quarantaine et déplacement à l’isolement, élargit la liste des personnes habilitées à constater les infractions aux mesures de l’état d’urgence sanitaire, et créé un système d’information rassemblant des données relatives aux personnes atteintes du COVID-19 et aux personnes ayant été en contact avec elles.

    Cependant alors que la loi acte la mise en quatorzaine des voyageurs entrant sur le territoire nationale, elle fait aussi   référence à une liste que doit émettre le gouvernement ! Au moment, où, nous écrivons ces lignes, la liste n’est toujours pas disponible. Les Français expatriés dans le monde, hors Europe, sont particulièrement inquiets.. Quid des rendez-vous professionnels ? Quid des retrouvailles familiales ? Des Etudiants ?

     

  • Quand internet sera chinois…..

    Quand internet sera chinois…..

    L’internet chinois séduit et menace

    Au siège de l’Union Internationale des Télécommunications, un organisme des Nations-Unies, à Genève, des ingénieurs chinois mandatés par leur gouvernement ont présenté en septembre 2019, devant les délégués de quarante pays un nouvel Internet censé remplacer l’architecture du Web actuel. L’IUT est l’organisme chargé d’émettre les normes internationales en matière de télécom. Une nouvelle réunion a eu lieu en février dernier. L’enjeu : l’Internet de demain.

    A sa création, Internet avait laissé de coté les Etats, même l’Etat américain. Le Web appartient à tout le monde et à personne. Chacun essaie de s’immiscer dans l’internet du futur, sachant le pouvoir et l’argent seront là.

    Un cahier des charges sur mesure

    Les ingénieurs réunis à Genève venaient tous de Huaweï, le géant chinois accusé par les Américains d’être un peu trop lié au Parti communiste chinois. Leur initiative s’appelle « New IP », « nouveau protocole Internet ». Le protocole est ce qui régit l’élaboration et le transport des données. La thèse chinoise est simple : l’ancien protocole a atteint ses limites, la technologie permet plus et mieux, nous allons le faire.

    Les délégués dépêchés par les gouvernements à Genève étaient d’autant plus intéressés que la nouvelle architecture, qui permet plus de trafic, donne aux Etats une place qu’ils n’ont pas dans l’Internet actuel. Avec une architecture descendante, l’Etat peut contrôler Internet. C’est la logique chinoise, qui plait à beaucoup et représente une menace pour les citoyens qui veulent garder internet libre du contrôle des Etats.

    Total contrôle

    En Chine, opérateurs télécoms, hébergeurs, entreprises privées collaborent avec les autorités. On peut contrôler l’accès aux contenus en ligne, les plateformes, toutes les connexions d’un appareil à un réseau, remonter l’historique des connexions. Si on ajoute à cette capacité de surveillance celle qui s’opère sur la voie publique et la mise en place du « crédit social personnel », le contrôle du pouvoir sur les individus est total.

    A l’IUT, Huaweï dirige un groupe de discussion sur la technologie de réseau qu’il serait idéalement souhaitable de mettre en place d’ici 2030, un peu comme la définition du cahier des charges d’un appel d’offres. Ce n’est donc pas un hasard si leur « New IP » correspond déjà aux critères demandés.

    Européens et Américains en désordre

    Les Démocraties libérales -Etats-Unis, Europe, Royaume-Uni ne sont pas opposés à ce que les Etats prennent une part plus grande dans la gestion des protocoles internet. Les entreprises, comme les GAFAs, y règnent plus que les Etats. Elles souhaitent adapter le système actuel pour faire une plus grande place aux systèmes de régulation nationaux. Actuellement, il n’existe aucune instance de régulation.

    Les Chinois, eux, ont un projet radicalement différent. Ils proposent un système centralisé du réseau, à l’inverse de l’architecture actuelle, qui n’a pas de centre et n’est pas pyramidal. Ils sont soutenus par l’Iran, la Russie ou l’Arabie saoudite, qui, chez eux, recourent à tous les moyens, y compris la coupure, pour contrôler Internet et la vie quotidienne de ses utilisateurs.

    La proposition chinoise est forte : nous allons construire un nouveau système, les pays qui le voudront s’y rallieront. Beaucoup le feront, car cela donnera à chaque gouvernement un système de surveillance extraordinaire. Et aux Chinois le rôle des gardiens des gardiens.

    A cette dimension politique, les Chinois ajoutent une véritable amélioration technologique en termes de rapidité et de puissance. Les transferts seront plus fiables et plus rapides, ce qui est fondamental pour la téléchirurgie, la fabrication 3D, l’exploitation des données par l’intelligence artificielle.

    Rendez-vous en novembre, en Inde

    La prochaine conférence de l’IUT sur le nouvel internet aura lieu en Inde en novembre. D’ici là, les manœuvres seront intenses. D’autant que les ingénieurs chinois font savoir que les phases de test de leur « NewIP » commenceront dés l’année prochaine. De quoi attirer bien des pays.

    L’ambition chinoise est affichée : contrôler le cyberespace mondial, offrir à ceux qui le souhaitent la possibilité d’acquérir leur « souveraineté numérique », c’est-à-dire contrôler leur opposition. Eux-mêmes restant contrôlés par les Chinois.

    Tout l’enjeu est de trouver un moyen d’accroitre à la fois la capacité des réseaux, la sécurité des données, la transparence des acteurs publics et privés, et de trouver un consensus au moins entre Européens et Américains sur le sujet.

    Les Américains comptent sur les Gafas pour résister aux Chinois. La voie des Européens est celle du droit. Il y a de fortes chances que les Européens, qui n’ont hélas, aucun des géants de l’internet, mais qui représentent un marché essentiel, jouent un rôle fondamental dans l’édiction de normes. Surtout si les Américains, selon la doctrine Trump, continuent à pourfendre le multilatéralisme et se désengagent des organisations internationales, alors que la Chine y développe une politique de prise de pouvoir méthodique.

    Modèle libre ou autocratique

    Le point le plus positif reste que, malgré la puissance technologique chinoise, les fondements d’internet- construction en réseaux, absence de contrôle, inventivité, open source- correspondent à un modèle plus libertaire qu’autocratique. Il y a une sorte de contradiction fondamentale à penser un internet pyramidal. Mais rien n’est impossible à ceux qui veulent la concentration des pouvoirs et des technologies.

    Diplomatie, économie, technologie, commerce, la bataille mondiale pour le contrôle d’internet a commencé. C’est aussi une bataille pour la démocratie. Elle n’est pas gagnée d’avance. C’est peut-être la bataille du siècle.

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