En Hongrie, s’exprimer sur la pandémie peut valoir une arrestation

En Hongrie, s’exprimer sur la pandémie peut valoir une arrestation

Des arrestations ont lieu en Hongrie parmi ceux qui expriment leur opinion sur la crise du coronavirus. C’est ce que dénoncent certains eurodéputés hongrois et des organisations de défense des droits de l’homme.

Un article d’Euractiv Italie.

Mardi 12 mai, deux personnes qui avaient exprimé leur désaccord avec certaines décisions du gouvernement hongrois concernant la crise du coronavirus, ont été arrêtées. Ceux qui aujourd’hui sont en train de devenir de véritables dissidents dans le pays, dénoncent le fait que ces arrestations sont effectuées dans le seul but de faire de l’intimidation, car les gens sont arrêtés puis libérés.

L’eurodéputée hongroise Katalin Cseh est membre du parti libéral Momentum (Renew Europe), tout comme l’un des hommes arrêtés. Selon elle, les épisodes qui ont eu lieu sont suffisants pour justifier le lancement d’une procédure d’infraction contre la Hongrie, étant donné que « la loi sur le coronavirus est contraire à la liberté d’opinion et sert à intimider les journalistes, la société civile et le personnel hospitalier ».

S’il est facile d’arrêter ceux qui n’expriment pas des positions « appréciées » par le gouvernement, c’est grâce à la législation adoptée par l’exécutif dans le contexte de la pandémie.

Attaque contre la démocratie et l'Etat de droit

Selon l’eurodéputée, les attaques de Viktor Orbán contre la démocratie et l’État de droit conduisent le pays à une dérive autoritaire, sur le modèle des « démocratures » euro-asiatiques. « Sur le papier, nous pouvons organiser des élections libres et fonder des partis d’opposition, mais le gouvernement cherche à intimider les gens, à les décourager de participer », déclare-t-elle.

Des préoccupations que partagent les organisations internationales de défense des droits civils. Elles affirment que les actions de la police ont pour but de museler les citoyens. « Les autorités hongroises n’acceptent pas les critiques du « cher leader », dès lors, la police accueille ceux qui ne pensent pas comme lui », écrit Andrew Stroehlein de Human Rights Watch.

Selon la loi, la diffusion de « fausses nouvelles » sur le virus ou les mesures du gouvernement peut être punie de 1 à 5 ans de prison.

La police a déclaré avoir arrêté un homme tôt mardi 12 mai, en raison d’un post sur les médias sociaux. Selon les autorités, celui-ci stipulait « que les dirigeants du pays avaient délibérément programmé la suppression du couvre-feu au moment du pic de [l’épidémie] de coronavirus ». Elles précisent que le 19 avril, Viktor Orbán avait annoncé que le pic des cas de coronavirus devrait être atteint le 3 mai, tandis que le premier assouplissement des restrictions a eu lieu le 4 mai.

Une autre arrestation par la police a eu lieu mercredi 13 mai. Un homme a alors été interrogé pour avoir partagé le post d’un homme politique de l’opposition qui protestait contre l’évacuation forcée des lits d’hôpitaux, a indiqué le magazine satirique hongrois Magyar Naranc.

Les médias hongrois locaux font en effet état d’hôpitaux publics qui ont dû libérer 60 % de leurs lits en avril pour disposer de 36 000 places. Des patients en phase terminale ou en convalescence ont ainsi été renvoyés chez eux prématurément.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Hongrie comptait près de 3 400 cas confirmés de COVID-19 le 15 mai, et 436 décès.

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