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  • L’Allemagne a mis la dernière main à sa feuille de route pour la présidence de l’UE

    Une semaine avant que l’Allemagne ne reprenne la présidence du Conseil de l’UE, son programme a été passé au crible par le cabinet. Mais ses principaux objectifs, qui visent à gérer la crise sanitaire et ses répercussions, ne suffisent pas à l’opposition.

    « Les attentes de nos partenaires sont élevées », a indiqué Ulrike Demmer, la porte-parole adjointe du gouvernement fédéral, lors d’une conférence de presse. Pour le ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, l’Allemagne n’est rien moins que « le moteur et le modérateur de l’Europe ».

    Le programme de la présidence, qu’Euractiv Allemagne a pu consulter, tire les leçons de la pandémie. L’État allemand souhaite non seulement que les instruments de gestion de crises de l’UE soient évalués, mais aussi que les équipements de protection et les médicaments soient produits en Europe. Cela vaut également pour les denrées alimentaires.

    Question d’argent

    Les négociations sur le cadre financier pluriannuel (CFP) figurent en première place sur le calendrier du redressement économique post-coronavirus, étant donné que le fonds de relance « Next Generation EU » dépend du budget septennal de l’UE.

    La tâche la plus ardue pour Berlin consistera à trouver un accord sur ce point. L’Allemagne devra parvenir à un consensus avec les États membres qui ne souhaitent pas verser l’argent des contribuables aux pays de l’UE les plus touchés, et qui insistent sur l’instauration de contrôles et sur la mise en place d’un taux de remboursement le plus élevé possible.

    Souveraineté technologique

    Pour préserver la compétitivité de l’Europe pendant la crise et garantir sa souveraineté, l’Allemagne compte « mettre en place une infrastructure numérique européenne performante, souveraine et résistante ».

    Le projet européen GAIA-X pourrait par exemple être soutenu pour ne plus dépendre des fournisseurs de « cloud » américains. Il s’agit d’une initiative franco-allemande, dans laquelle les ministres français et allemand de l’Économie, Bruno Le Maire et Peter Altmaier, ont investi des intérêts politiques.

    Comme l’indique la stratégie européenne en matière de données, l’Allemagne mise aussi sur les espaces de données européens

    L’utilisation conjointe des données sanitaires serait régulée par un « code de conduite ». L’État allemand souhaite aussi que l’intelligence artificielle puisse être intégrée « à tous les secteurs », « tout en veillant au bien-être de notre société libre et démocratique ».

    Nouvelles taxes européennes

    Les États membres devraient collaborer plus étroitement sur le plan de la cybersécurité, en particulier pour protéger les infrastructures essentielles. Berlin prône l’établissement d’un « niveau minimum de sécurité informatique pour tous les appareils sur le marché ».

    Mais le programme de la présidence allemande ne mentionne pas le développement de la 5G, alors même qu’une taxe sur le numérique doit être instaurée dès que l’OCDE parviendra à un accord à ce sujet.

    L’Allemagne plaide aussi pour une taxe sur les transactions financières, un projet ambitieux lancé par le ministre des Finances, Olaf Scholz (SPD).

    Démarrage rapide de la conférence sur l’avenir de l’Europe

    Les questions sociales ont fait l’objet d’un long débat entre les différents partis de la coalition allemande. Le gouvernement désire créer des « cadres  » européens pour la mise en place de salaires minimums nationaux et de systèmes de sécurité sociale de base.

    L’Allemagne espère par ailleurs obtenir « un signal politique » en faveur de l’égalité des sexes, et notamment concernant les problèmes de genre causés par la pandémie.

    La conférence sur l’avenir de l’Europe figure au programme — chose que le Parlement européen et la société civile réclament depuis des semaines.

    Berlin espère donc « que le Conseil, la Commission et le Parlement européen trouve[ront] rapidement un accord sur la structure et le mandat de la conférence », afin qu’elle puisse démarrer ses travaux au plus vite.

    Rien de nouveau sur le plan environnemental

    La politique allemande en matière de changement climatique est assez floue.

    En vertu des dispositions de l’accord de Paris sur le climat, l’Allemagne veut définir une position commune au Conseil de l’UE sur la stratégie en faveur de la biodiversité et sur la loi climat, pour pouvoir donner le coup d’envoi à ces deux politiques.

    Elle appelle aussi la Commission à engager la discussion « sur les secteurs où des mesures politiques additionnelles sont nécessaires ». Un autre élément nouveau du programme allemand mentionne explicitement les questions du bien-être animal et de l’étiquetage des denrées alimentaires.

    Politique migratoire

    En matière d’immigration, l’Allemagne accorde une attention particulière à la réforme longtemps attendue du régime d’asile européen commun (RAEC). Bien que le gouvernement fédéral souhaite faire avancer les réformes « sur la base des propositions présentées par la Commission », le programme présente ses propres idées.

    Ces propositions de réforme portent clairement la signature du ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer (CSU). Elles incluent notamment une redéfinition des responsabilités, et la mise en œuvre très controversée de procédures d’asile aux frontières extérieures de l’UE.

    La valorisation du principe de l’État de droit fait aussi partie des piliers de la politique allemande.

    Berlin soutient à ce titre la proposition de la Commission de lier le respect des principes de l’État de droit par les États membres au versement des fonds de l’UE.

    L’Allemagne à moitié tournée vers la Chine

    Selon le programme allemand, la politique étrangère de l’UE se focalisera sur la Chine.

    L’Allemagne veut « œuvrer pour une plus grande réciprocité dans tous les domaines politiques » et « établir des conditions de concurrence plus équitables » avec l’État chinois, par exemple dans le cadre de l’accord bilatéral d’investissement.

    Mais si des négociations doivent avoir lieu en matière de politique climatique, les questions relatives aux droits de l’homme et à la démocratie ne sont pas mentionnées.

    En ce qui concerne les pourparlers sur le Brexit, le gouvernement allemand insiste sur l’importance d’établir « une relation équilibrée entre droits et obligations, et des conditions de concurrence équitables ».

    L’Allemagne qualifie en outre les États-Unis de « partenaire le plus proche en matière de politique étrangère et de sécurité hors d’Europe » et souhaite par conséquent renforcer la coopération avec ceux-ci. Reste à savoir si les Américains partagent cet avis ; ce qui dépendra probablement du résultat des élections présentielles de novembre.

    L’opposition déçue

    L’opposition s’est montrée critique envers le programme. Franziska Brantner, une porte-parole des Verts pour la politique européenne, a indiqué à Euractiv que la présidence allemande « ignorait l’avenir » et que le contenu de son programme était « décevant », parce que « le gouvernement a revu ses ambitions climatiques à la baisse ».

    Le programme est aussi « bien en deçà des attentes » sur le point de l’égalité des sexes, juge-t-elle.

    Dans un communiqué de presse, son homologue de « Die Linke » (gauche), Andrej Hunko, déplore l’absence d’une « clause sur le progrès social, qui ferait passer la protection des travailleurs européens et de leurs droits avant les libertés du marché intérieur européen ». Il regrette aussi que le salaire minimum à l’échelle européenne ne figure pas au programme.

  • OIF : les jeunes au coeur d’une consultation

    À l’occasion du cinquantenaire de la Francophonie, et en amont du XVIIIe Sommet, l’OIF lance une grande consultation auprès des jeunes âgés de 15 à 35 ans, intitulée « La Francophonie de l’avenir ».

    L’objectif est d’associer les jeunes à la construction de l’avenir de la Francophonie. Ils seront invités à partager leurs attentes et propositions, ainsi qu’à raconter la Francophonie telle qu’ils la vivent aujourd’hui ou l’imaginent demain.

    La consultation Francophonie de l’avenir se déroule du 13 mai au 17 juillet sur une plateforme dédiée qui s’appuie sur des méthodologies innovantes pour solliciter l’intelligence collective de la jeunesse dans un parcours passant par le diagnostic, le dialogue puis l’action.

    Il s’agit d’interroger et de recueillir les points de vue et les aspirations des jeunes et leur vision de la Francophonie de demain à partir de leurs réalités actuelles à travers deux thèmes principaux portant sur les ressorts de l’identité francophone (« Être francophone ») et la Francophonie qui agit pour relever les grands défis qu’elle connait (« Construire ensemble dans l’espace francophone »).

    Comment se déroule la consultation

    Depuis le mercredi 13 mai 2020, la grande consultation des jeunes #Francophoniedelavenir a été lancée sur la plateforme consultation-jeunesse-francophonie.org !

    La consultation se décline sur la plateforme dédiée qui permet plusieurs formats de participation (questionnaire en ligne, débats, récits) et par l’organisation d’ateliers présentiels ou virtuels (atelier causerie avec personnalité, atelier créatif collaboratif et débat sur des thématiques issues de la consultation).

    Elle se déroule en trois temps :

    • Dès le 13 mai, la jeunesse francophone est invitée à partager ses préoccupations et ses attentes et à rebondir sur celles des autres. Rendez-vous en ligne mercredi 19 mai 2020 pour une causerie en ligne organisée avec Flavien Kouatcha, jeune camerounais, lauréat du Prix Jeune Entrepreneur(e) Francophone 2019, à 18 h GMT+2 (heure de Paris) !
    • À partir du 17 juin, les jeunes seront incités à venir proposer des solutions en faveur de la jeunesse francophone et à débattre sur les moyens pour les mettre en œuvre.
    • À partir du 8 juillet, les jeunes pourront voter pour les projets qui les ont le plus convaincus.

    Vous aussi, participez à cette consultation et faites-là connaître auprès de vos réseaux !

  • Comment est attribué le bac pour les élèves des lycées à l’étranger ?

    L’année scolaire 2019-2020 aura été particulièrement complexe ! Pour les établissements déjà, et particulièrement ceux à l’étranger, pour les professeurs, qui ont dû mettre en place des cours et des préparations en ligne, les parents avec des inquiétudes parfois sur la possibilité de payer les frais de scolarité et ce alors que leur situation économique a pu être bouleversée par la covid-19, et les élèves surtout, premiers concernés.

    Quelles sont les règles applicables aux candidats des établissements français à l’étranger ?

    Tous les candidats scolarisés dans les établissements français à l’étranger homologués ou en cours d’homologation (dossier déposé avant le 16 mars 2020), seront évalués en contrôle continu pour l’examen du baccalauréat ou des autres diplômes auxquels ils sont candidats. Ils ont présenté un livret scolaire ou un dossier de contrôle continu au jury académique qui se prononcera sur cette base, dans les prochains jours.

    « N’avons-nous pas le mérite en tant qu’élèves du système français d’avoir droit à une seconde chance ? » Extrait de la pétition en ligne

    Les candidats issus des  établissements étrangers sans aucune démarche d’homologation et les candidats individuels devront passer les épreuves programmées au début de l’année scolaire 2020-2021. Cette situation particulière, pour ces établissements, suscite la colère de certains qui se matérialise dans une pétition en ligne . Les auteurs de la pétition soulignent que l’organisation d’un examen en septembre rendra impossible une session de rattrapage, créant de facto une rupture d’égalité des chances. « N’avons-nous pas le mérite en tant qu’élèves du système français d’avoir droit à une seconde chance ? » s’interrogent les pétitionnaires ?

    Comme pour les autres candidats au baccalauréat, un dispositif particulier permettra à ceux issus des établissements français à l’étranger de conserver le bénéfice de leur inscription dans l’enseignement supérieur, acquise dans le cadre de la procédure Parcoursup, jusqu’à la proclamation des résultats.

    Des établissements français à l’étranger souvent considérés comme des lycées d’excellence

    Le problème lié au contrôle continu dans les établissements est celui d’un paradoxe : si ils surperforment en général pour les examens , avec notamment quasiment 100% de réussite au baccalauréat, les notes pendant l’année sont

    Samantha Cazebonne

    cependant souvent moins bonnes que dans d’autres établissements, comme l’ont évoqué aux francais.press Samantha Cazebonne et son suppléant .

    Les lycéens de la promotion 2019-2020 des lycées de l’étranger seront ils pénalisés ? Les résultats qui tomberont bientôt et qui pourront être comparés avec ceux des promotions précédentes permettront d’amener des éléments de réponse.

  • Le calendrier politique des Français de l’Etranger : 2021 l’année du grand renouvellement

    La crise sanitaire liée à la Covid-19 a bousculé l’agenda politique de l’année 2020.

    Car cette décennie devait débuter avec un renouvellement en profondeur de la représentation des Français de l’Etranger. En mai 2020,  lors des « Consulaires 2020« , les expatriés auraient du être invités à voter pour choisir leurs représentants au niveau de leur circonscription consulaire. Dans la foulée, les nouveaux élus devaient procéder à l’élection des membres de l’Assemblée des Français de l’Etranger et participer aux sénatoriales pour élire 6 sénateurs pour le mandat 2020-2026.

    Mais la Covid-19 est passée par là. Après un passage dans les deux assemblées du parlement, qui fut assez consensuel, une loi portant sur l’annulation du second tour du renouvellement général des conseillers municipaux et communautaires, des conseillers de Paris, et des conseillers de la métropole de Lyon de 2020 ainsi que l’organisation d’un nouveau scrutin dans les communes concernées, déposé le 27 mai, prévoyant également le report à mai 2021des élections consulaires, a été définitivement votée par l’Assemblée Nationale le 17 juin, puis par le Sénat le 18 juin.

    Cela a des conséquences concrètes :

    • Le mandat des conseillers et délégués consulaires ainsi que des conseillers élus à l’Assemblée des Français de l’Étranger est prorogé jusqu’à mai 2021.
    • Les nouvelles possibilités prévues pour les nouveaux élus et qui devaient être mises en application au plus tard le premier octobre 2020 ont, pour certaines, été décalées comme l’élection de la présidence du Conseil Consulaire. Alors que d’autres comme la dénomination de ces élus, actuellement « Conseiller Consulaire » et vraisemblablement dès septembre 2020  « Conseillers des Français de l’Étranger  » ont été maintenues.
    • Les déclarations de candidature enregistrées en vue du scrutin prévu en mai 2020 ne sont plus valables. Le jeu est donc à nouveau ouvert pour les candidats. 

    Cette loi aussi précise certaines modalités pratiques. En effet, la charte de l’élu local, qui s’appliquera donc dès septembre aux élus des Français de l’Etranger, laissait imaginer, comme pour la formation ou la protection juridique, une professionnalisation des revenus, ce qui ne sera pas le cas. 

    Par ailleurs, les élections en vue du renouvellement partiel du Sénat sont maintenues pour septembre 2020, hormis pour ce qui concerne les 6 sénateurs et sénatrices des Français de l’Étranger élus en 2014, dont le mandat, qui aurait dû normalement venir à échéance en septembre 2020, est, aussi,  prorogé d’un an, jusqu’à septembre 2021, date à laquelle auront lieu de nouvelles élections pour élire les 6 nouveaux représentants des Français de l’Étranger.

    À noter également que tant le mandat des Conseillers des Français de l’Étranger et délégués consulaires élus en mai 2021 que celui des 6 sénateurs et sénatrices élus en septembre 2021 sera raccourci de 6 à 5 ans et prendra donc fin respectivement en mai et en septembre 2026, afin d’ éviter tout télescopage avec les élections présidentielle et législatives de 2027.

  • Coronavirus : l’UE discute de sa réouverture aux pays tiers, les USA risquent d’être exclus

    Les pays de l’UE poursuivent leurs discussions pour élaborer une liste de pays dont les ressortissants seront autorisés à entrer dans l’Union à partir du 1er juillet, sur la base de critères épidémiologiques qui risquent d’exclure les Etats-Unis, a-t-on appris mercredi 24 juin de sources diplomatiques.

    « L’objectif à atteindre est d’avoir une liste approuvée à la fin de la semaine », a indiqué à l’AFP une source européenne.

    Cette liste, qui devrait comprendre entre dix et quinze Etats, sera au menu d’une réunion vendredi des ambassadeurs des Etats membres.

    Ces derniers ont débattu mercredi d’une série de critères à prendre en compte pour autoriser les voyageurs en provenance de pays tiers à entrer dans l’Union et l’espace Schengen, mais ces discussions doivent se poursuivre, selon plusieurs sources.

    Les voyages non-essentiels vers le bloc sont interdits depuis la mi-mars et les restrictions doivent être progressivement levées à partir du 1er juillet, alors que la pandémie a reflué en Europe.

    Selon un document interne du Conseil de l’UE vu par l’AFP, les pays qui pourront être concernés par une levée des restrictions devront avoir une situation épidémiologique « comparable ou meilleure » que dans l’UE.

    Le seuil de 16 infections pour 100.000 habitants sur une durée de 14 jours est mentionné. Ce qui exclurait les Etats-Unis, si l’on s’appuie sur les chiffres des Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).

    Les Etats-Unis sont le pays le plus endeuillé par le COVID-19 avec plus de 121.000 décès. Plus de 2,3 millions de cas ont été détectés et plusieurs Etats du Sud et de l’Ouest du pays enregistrent une flambée des infections.

    « Les critères sont avant tout épidémiologiques », a-t-on indiqué de source européenne. Le critère de réciprocité, c’est-à-dire les mesures prises à l’égard des voyageurs en provenance de l’UE par les Etats tiers, « vient dans un deuxième temps, c’est un levier de négociation », commente-t-on de même source.

    Le New York Times a fait état mardi soir de deux projets de liste de pays qui feraient l’objet de négociations au sein de l’UE dont les Etats-Unis seraient exclus.

    Mercredi, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a dit espérer une solution « dans les prochaines semaines » pour rouvrir la frontière USA-Europe, estimant qu’il était « important pour les Etats-Unis que les Européens puissent revenir », et inversement. Mais il s’est gardé de prendre un engagement précis.

    Le président Donald Trump a interdit depuis le 13 mars l’entrée dans son pays aux voyageurs venant de la plupart des Etats européens pour tenter de stopper la propagation de la pandémie de COVID-19, comme il l’a également fait avec la Chine, l’Iran, le Brésil, le Mexique et le Canada.

    La Commission européenne a recommandé une « réouverture partielle et progressive » des frontières extérieures après le 30 juin, une fois les frontières internes rouvertes au sein l’espace Schengen. Si la gestion des frontières est une prérogative nationale, les Etats membres tentent de se coordonner sur les frontières extérieures.

  • Les enfants scolarisés dans les établissements français à l’étranger face à l’inégalité du fait de la Covid-19

    100 millions d’euros sont théoriquement consacrés au soutien des établissements scolaires  en gestion directe ou non !

    50 millions supplémentaires sont aussi venus abonder les enveloppes pour les bourses distribués à nos compatriotes expatriés. 

    Face à la Covid-19, l’AEFE a fait de l’aide à la mise en œuvre et à l’amélioration permanente de l’enseignement à distance sa priorité afin que tous les établissements du réseau, quel que soit leur statut, quelle que soit leur taille, puisse établir et développer un dispositif de continuité pédagogique solide, cohérent, qui tienne dans la longue durée. Les équipes d’inspection et des enseignants formateurs ont mené depuis février plus de 45.000 actions de formation et d’accompagnement.

    Cependant pour certains, la fermeture des établissements du fait de la pandémie, n’a fait qu’aggraver un mal existant. Tandis que les autres lycées internationaux ont réagi rapidement, les lycées français ont du de grande difficulté à mettre en marche un enseignement à distance efficace. Malgré les efforts de nombreux enseignants, aucune ligne directrice n’est donnée ni par les chefs d’établissement ni par l’AEFE. Résultat : la multitude d’outils utilisés sème la confusion auprès des familles, chaque enseignant appliquant la méthode qu’il juge opportune.

    L’enseignement à l’étranger ne peut pourtant pas être dispensé tel qu’il l’est en France.

    D’une part, parce que les lycées français sont payants et que leurs clients, les familles, ont un niveau d’exigence accru. D’autre part, parce que leur public est constitué en grande partie de familles non-francophones (plus de 60%), pour qui le suivi des devoirs s’avère difficile voire impossible sans la présence du professeur. En effet, la quasi-absence de cours par visio-conférence sur certains niveaux représente un véritable problème pour ces foyers qui perdent le lien avec le français et se retrouvent délaissés. Pour ces familles, l’égalité des chances entre élèves n’est plus assurée.

    Les frais liés au dernier trimestre, une rupture entre les parents et l’AEFE ?

    Malgré de multiples requêtes auprès de l’AEFE pour un dispositif pédagogique performant et une remise sur les frais de scolarité qui tienne compte d’un enseignement dégradé, les familles restent inaudibles. Un mouvement mondial « #jeretardelepaiement » s’est mis en place pour contester les méthodes de l’Agence. Au Lycée Français de Madrid, les parents de plus de 1.300 élèves ont retardé le règlement du 3e trimestre, exigeant une remise comme c’est le cas dans les lycées alentours. Lassées de financer un système centralisé à l’excès et dans lequel elles n’ont aucun pouvoir décisionnaire, elles exigent aussi une refonte de la gouvernance dès septembre 2020.

    Ces écoles qui ont réduit la contribution des parents

    Alors que l’AEFE semble dans l’impossibilité de créer une politique au cas par cas pour ses établissements, d’autres réseaux comme les écoles attachés à la Mission laïque française, ont pu, après une forte mobilisation des parents, comme au Maroc en particulier, procéder à un ajustement des frais adapté à la situation réelle.

    De nombreux autres établissements, en Asie ou en Afrique, alors qu’ils sont plus fragiles financièrement que les établissements en gestion directe, ont entamé les mêmes actions et ont dans leur grande majorité procédé à un gel des augmentation prévues pour la rentrée 2020-2021.

    Le cas des candidats au Bac issus d’établissements non homologués

    Un décret du ministre français de l’Education, Jean-Baptiste Blanquer, a instauré une véritable discrimination entre les candidats au bac résidant à l’étranger. Ces derniers pourront passer leur bac en 1ère session, soit actuellement, sur présentation de leur carnet de notes s’ils sont présentés par des lycées homologués. Les candidats au bac présentés par les lycées non homologués ne pourront pas bénéficier de cette mesure mise en place à cause de la pandémie de COVID-19 et devront passer leur bac, uniquement, à la session de septembre.

    Cette discrimination a pour conséquences que ces candidats ne bénéficieront pas des deux sessions et seront bons derniers pour leur inscription dans le cursus universitaire Parcours Sup. Ils sont des centaines de milliers de par le monde à subir cette injustice. Sans compter les cas exceptionnels, comme en Israël où certains candidats ne pourront pas passer cette session de septembre en raison de leur incorporation militaire.

  • « Retour vers la culture » pour le théâtre de l’Européen – Podcast Vidéo

    « Retour vers la culture »: une soirée très spéciale pour le théâtre de l’Européen.

    Après trois mois de fermeture pour cause de coronavirus, la salle parisienne rouvrait ses portes ce lundi 22 juin avec un grand show réunissant plusieurs humoristes. Un jour J pour ce théâtre alors que la plupart des salles de spectacle françaises, fragilisées par la crise, ont reporté leur programmation à septembre. L’Européen a pris les devants, avec une soirée sous le signe de l’humour mais aussi avec la volonté de rassurer le public, en misant sur la sécurité.

  • Ode à la coopération internationale

    Avec la crise économique brutale générée par la crise sanitaire, la tentation du repli sur soi est forte. Elle était déjà manifeste avant la diffusion à l’échelle planétaire du virus. Les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis en étaient une des manifestations. La montée du populisme dans de très nombreux pays prédispose à la recherche de solutions nationales. Pour autant, cette épidémie invite à plus de coopération internationale, les virus ne respectant pas les frontières.

    Par ailleurs, les multiples défis à relever sont de nature multilatérale, qu’il s’agisse du climat, des matières premières, des échanges internationaux ou des politiques monétaires. La réduction des émissions des gaz à effet de serre ne peut passer que par une coopération internationale poussée.

    Jusqu’à maintenant, les pays occidentaux ont diminué leurs émissions, aidés en cela par leur désindustrialisation. En contrepartie, les émissions se sont accrues au sein des pays émergents. La mise en place de mesures contraignantes ne peut être que mondiale, faute de quoi les distorsions de concurrence conduiraient à des politiques protectionnistes dans certaines régions. Les pays ne respectant pas les accords joueraient le rôle de passagers clandestins. Ils profiteraient des efforts des autres sans avoir à en supporter les coûts. En l’état actuel, plusieurs pays dont les États-Unis refusent un système international coercitif au niveau de ces émissions.

    Une révision des règles du commerce internationale

    Depuis 2008, le poids du commerce international par rapport au PIB mondial stagne en raison des remises en cause du bienfait des échanges internationaux. Les arguments environnementaux ou sociaux sont soulevés. La crise sanitaire a pointé du doigt la dépendance des États occidentaux vis-à-vis de la Chine et des pays émergents, que ce soit pour les masques ou pour les équipements dont les hôpitaux ont besoin. La tentation souverainiste ou protectionniste serait préjudiciable non seulement aux échanges mais aussi à la croissance. Le retour à des chaînes de valeurs purement locales aurait un coût économique important. Ces dernières années, le règlement des différends s’est réalisé en-dehors des instances qui y sont pourtant dédiées. Le conflit entre les États-Unis et la Chine s’est réglé de manière bilatérale et non par l’Organisation Mondiale du Commerce.

    L’abandon du multilatéralisme au niveau commercial serait préjudiciable et constituerait un dangereux retour en arrière avec un risque de surenchère entre les États. La question du traitement de la Chine qui bénéficie de la clause de la nation la plus favorisée se pose. De même, le libre-échange suppose que tous les pays puissent accéder aux matières premières ou aux biens. Un pays ne doit pas avoir la possibilité de limiter ses exportations de terres rares ou de matériels médicaux pour des raisons de politique internationale, comme c’est le cas avec la Chine.

    Sur le plan des matières premières, les fortes variations de prix des matières premières et de l’énergie ont des conséquences négatives aussi bien sur les pays importateurs que sur les pays producteurs. Les revenus des pays producteurs concernés connaissent des fluctuations importantes quand les marchés au sein des marchés de consommation peuvent être déstabilisés.

    L’intérêt de tous réside dans la stabilité des prix des matières premières à un niveau correctement rémunérateur pour les producteurs, mais cela nécessite une coordination au niveau international. Pour le pétrole, la coopération entre l’OPEP et la Russie a permis de stabiliser les cours. Pour être pérenne, cette stabilisation supposerait que les États-Unis acceptent d’intégrer le processus de régulation de la production.

    La sortie de la crise sociale ne peut pas être nationale

    Depuis une quarantaine d’années, l’austérité salariale est de mise au sein des pays de l’OCDE en raison de la concurrence mondiale et des faibles gains de productivité. Aucun pays ne peut faire cavalier seul, sa perte de compétitivité se traduisant par une augmentation du déficit extérieur. Cette règle vaut à l’intérieur de la zone euro dans laquelle il n’y a plus, par définition, de dévaluation possible. La dévaluation de la monnaie était la reconnaissance d’un appauvrissement général mais offrait la possibilité de restaurer la compétitivité des exportateurs sous la réserve de l’augmentation du prix des importations.

    Un changement de paradigme social ne peut passer qu’à l’échelle mondiale ou à minima à l’échelle de pays ayant des caractéristiques voisines (OCDE ou Union européenne par exemple).

    Une coordination monétaire et financière incontournable

    Depuis 2008, les banques centrales occupent une place de plus en plus importante dans l’élaboration des politiques de résorption des crises. Les politiques monétaires expansionnistes se sont imposées à l’échelle mondiale. Avec l’accroissement des dettes publiques, les banques centrales ont perdu leur indépendance qui leur avait été plus ou moins reconnue dans les années 90. Elles sont désormais tributaires de la solvabilité des Etats pour la fixation des taux directeurs. De même, les programmes d’achats d’obligations obéissent à des considérations tout autant économiques que monétaires.

    Si la coordination au niveau des gouvernements n’est pas toujours aisée à réaliser, les banques centrales des grands pays ou zones économiques ont, jusqu’à maintenant, réussi à harmoniser leurs positions. Au sein de la zone euro, la BCE supplée la faiblesse de l’échelon fédéral. Compte tenu du doublement des dettes extérieures des États depuis le début du siècle (elles sont passées de 90 à 180 % du PIB aux États-Unis et de 100 à 225% du PIB pour la zone euro) et des actifs placés à l’étranger, l’interdépendance financière est très élevée. Une remise en cause brutale aurait des conséquences en cascade pour l’économie.

    Une bataille des changes entre les grandes monnaies aurait également des effets dévastateurs. Des experts s’inquiètent de la croissance de la liquidité globale générée par les Banques Centrales. En vingt ans, la base monétaire mondiale est passée de 4 000 à 25 000 milliards de dollars. Ils craignent des mouvements financiers spéculatifs de grande ampleur et des variations importantes des taux de change. Ce risque est limité par le fait que tous les États ou presque mènent des politiques similaires. En cas de changement non coordonné des politiques monétaires, il pourrait alors y avoir des tensions économiques et politiques.

    Le retour de la question du développement des pays les plus pauvres

    La crise sanitaire a frappé durement les pays les plus pauvres en les privant de débouchées pour la vente d’énergie ou des matières premières. Ils sont, par ailleurs, exposés au risque sanitaire en raison de la faiblesse de leur système de santé. L’écart de richesse a de forts risques de s’accroître avec la crise économique mondiale. Cette situation est préoccupante pour l’Afrique. Le PIB par habitant des États africains ne représentait que 18 % de celui de l’OCDE en 2019. Cette proportion est stable depuis vingt ans.

    Depuis 2009, les pays d’Amérique latine sont confrontés à un déclin économique se traduisant par une régression de leur PIB par habitant par rapport à la moyenne des pays occidentaux. La pauvreté en Afrique ou en Amérique latine est source de déstabilisation et peut déboucher sur des mouvements d’émigration.

    La relance des plans de développement multilatéral en faveur des pays les plus pauvres devrait être une priorité.

    La santé au cœur de la coordination internationale

    La crise de la Covid-19 a fait prendre conscience que l’épidémie était un problème mondial et nécessitait par conséquent de trouver des solutions également à l’échelle supranationale. L’Organisation Mondiale de la Santé est sortie affaiblie de la crise sanitaire. Il apparaît néanmoins de plus en plus nécessaire de renforcer la coopération en matière de santé, aussi bien pour la surveillance des virus que pour la mise au point de remèdes ou de vaccins. 12 Une épidémie incite au repli d’autant plus quand elle se double d’une crise économique. Or, au regard de la situation économique, financière, sociale et environnementale, la coordination des politiques menées par les États semble la seule voie possible. Le choix du bilatéralisme par les États-Unis, les tendances nationalistes de plusieurs États européens et l’hégémonisme naissant de la Chine peuvent évidemment empêcher cette nécessaire coordination. La prise de conscience de l’interdépendance devrait, en revanche, la faciliter.

  • MUNICIPALES À PARIS: HIDALGO EN TÊTE POUR LE SECOND TOUR, DEVANT DATI

    À quelques jours du scrutin, les listes soutenues par la maire sortante et l’écologiste David Belliard sont créditées de 44% des suffrages à l’échelle de la capitale.

    Le second tour des élections municipales à Paris semble définitivement plié, comme il est dit dans le jargon. Selon la dernière enquête Elabe réalisée pour BFMTV, la maire sortante socialiste de la capitale, Anne Hidalgo, jouit d’une confortable avance sur ses deux adversaires, Rachida Dati et Agnès Buzyn. À l’échelle de la ville, les listes soutenues par la candidate PS et l’écologiste David Belliard, avec qui elle a passé un accord, sont créditées de 44% des intentions de vote.

    Derrière, les listes Les Républicains de Rachida Dati sont créditées de 35%, suivies des listes La République en marche-MoDem-UDI soutenues par Agnès Buzyn, qui n’obtiendraient en scores cumulés que 18% le 28 juin d’après ce sondage. L’édile sortante bénéficie d’abord d’un bon report (83%) des voix recueillies au premier tour par David Belliard. En revanche, il s’agit là d’un électorat dont la mobilisation est incertaine le jour du scrutin.

    Qui plus est, rappelons-le, l’élection à Paris se fait par arrondissement, et ces scores prédictifs sont des moyennes qui ne reflètent pas toujours les différents rapports de force en présence localement.

    • Mauvais report de voix pour Buzyn

    Comme Anne Hidalgo, Rachida Dati bénéficie d’une forte mobilisation de son électorat de premier tour, mais aussi de celle d’abstentionnistes du premier tour qui aurait l’intention de se mobiliser pour le second. Ils penchent, pour 40% de ceux qui ont été interrogés, en faveur de la candidate LR, contre 37% pour Anne Hidalgo. Une partie (18%) de l’électorat de premier tour d’Agnès Buzyn dit vouloir se reporter au second sur les listes de Rachida Dati.

    C’est là toute la difficulté de l’ancienne ministre des Solidarités et de la Santé: à la fois mouvant et acquis à l’idée que son camp va probablement perdre, son électorat n’est que partiellement fidèle à Agnès Buzyn. Si 66% de cet électorat compte à nouveau voter pour elle, environ un tiers se déporterait vers ses rivales PS et LR.

    • Hidalgo perçue comme plus sympathique

    Les Parisiens inscrits sur les listes électorales perçoivent Anne Hidalgo comme une personnalité plus sympathique (42% des personnes interrogées lui reconnaissent cette qualité) que Rachida Dati (35%) et Agnès Buzyn (34%) et également plus sincère (40% contre 33% et 26%).

    Les candidates de gauche et de droite sont sur un pied d’égalité concernant leur projet pour la capitale: 44% des Parisiens sondés ont un point de vue positif sur celui de Rachida Dati et 43% pour Anne Hidalgo. Le projet d’Agnès Buzyn – dont une part conséquente est restée telle qu’il a été porté par Benjamin Griveaux – n’est bien perçu que par un Parisien sur quatre (25%).

    • Dati populaire chez les plus de 65 ans

    Il en va de même pour la proximité: 38% des Parisiens interrogés considèrent que Rachida Dati (38%) et Anne Hidalgo (38%) sont « proches de leurs préoccupations » et 23% d’entre eux pour Agnès Buzyn. C’est auprès des plus jeunes électeurs (moins de 35 ans) que l’image d’Anne Hidalgo est la plus positive, ainsi 64% des 18-24 ans et 55% des 25-34 ans estiment qu’elle a un « bon projet pour Paris », ou encore 58% et 52% la jugent « compétente ».

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