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  • Le sommet du G5 Sahel s’ouvre alors que la région s’enfonce dans la crise

    Le sommet du G5 Sahel s’ouvre alors que la région s’enfonce dans la crise

    Le sommet du G5 Sahel s’est ouvert ce mardi 30 juin en Mauritanie, en présence du président français Emmanuel Macron et du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, venus manifester leur soutien à la région en ces temps difficiles.

    L’alliance du G5, constituée de la Mauritanie, du Mali, du Niger, du Tchad et du Burkina Faso, principalement fondée dans le but de lutter contre le terrorisme, connaît des problèmes financiers depuis sa création. Mais ceux-ci se sont aggravés avec la pandémie de coronavirus, qui a littéralement ravagé l’économie de l’une des régions les plus pauvres du monde.

    Le président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani, qui assure actuellement la présidence tournante du G5, a accueilli ce mardi 30 juin ses homologues sahéliens, ainsi que le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, et les dirigeants français et espagnol.

    Premier point de l’ordre du jour : l’état d’avancement des engagements pris à Pau en janvier dernier en présence des cinq chefs d’État africains, qui incluent notamment la création de la Coalition pour le Sahel.

    Initiatives pour soutenir le développement au Sahel

    Cette coalition devait normalement être créée au mois d’avril dernier et rassembler une quarantaine de membres, principalement des pays africains et européens, ainsi que des organisations internationales. Mais entretemps, le monde entier a été touché par le coronavirus.

    Après ce sommet qui réunit les intervenants à Nouakchott, une seconde réunion se tiendra par vidéoconférence. Les dirigeants de l’Allemagne, de l’Italie, de l’ONU et du Conseil européen y seront conviés.

    La coalition vise à regrouper toutes les initiatives internationales de soutien au Sahel pour les rendre plus efficaces autour de quatre piliers : la lutte contre le terrorisme, le renforcement des armées nationales, l’aide au développement, et le renforcement de la présence de l’État sur les territoires où il n’est plus présent, comme au Mali.

    Mais sur le terrain, ces initiatives n’ont abouti à aucun résultat concret, tandis qu’Al-Qaïda, l’État islamique et leurs alliés locaux restent très actifs contre les forces internationales, les armées locales et même la population civile.

    Parallèlement, les groupes terroristes se servent des conflits ethniques d’ordre structurel — tantôt raciaux, tantôt liés au contrôle des terres — pour monter les communautés les unes contre les autres et ainsi miner l’autorité de l’État. C’est notamment ce qui se passe actuellement au Mali.

    Le 3 juin dernier, la mort du chef de la « branche sahélienne » d’Al-Qaïda, Abdelmalek Droukdel, tué par les forces françaises, a porté un coup sévère à l’organisation, mais elle ne provoquera pas la chute du groupe terroriste.

    L’action de la force conjointe du G5, créée en 2017 avec un premier effectif de 5 000 hommes, n’a pas donné de résultats sur le terrain. Son inefficacité est principalement due à un manque de moyens militaires et financiers.

    La dette des pays africains, un obstacle au développement

    Le même problème se pose dans le domaine du développement. Les 40 projets transfrontaliers qui devaient être concrétisés entre 2019 et 2021 dans le cadre du Programme d’investissements prioritaires (PIP) sont encore en attente à cause du manque de fonds : sur les 2 milliards d’euros promis, seuls 249 millions d’euros (12 %) ont été déboursés.

    Le Sahel reste donc confronté aux mêmes défis, que le COVID-19 n’a fait qu’aggraver.

    Selon les observateurs présents à Nouakchott, le président mauritanien souhaiterait profiter du sommet pour appeler une fois de plus à l’annulation de la dette africaine, nécessaire pour faire face aux conséquences les plus graves de la pandémie.

  • « #cetétéjevisitelafrance » – La campagne qui vous donne une envie de France.

    Ce mot d’ordre à l’initiative du collectif Patrimoine 2.0 devrait raisonner chaque année comme une évidence.

    Il prend pourtant aujourd’hui un sens particulier, alors que les frontières ont été fermées, que certains pays sont toujours inaccessibles, que les boites de nuit n’ouvriront pas cet été, que les sports sont encadrés, que les plages sont surveillées.. Ce collectif de blogueurs voyages a décidé de soutenir le tourisme en France grâce à l’opération « Cet été je visite la France » en partenariat avec Atout France.

    Coté Français de l’étranger, le message a été bien reçu. Selon notre consultation (plus de 1987 participants au 30 juin), 80% des expatriés ont décidé de rentrer en France cet été, en grande majorité pour rejoindre famille et amis dans sa région d’origine.

    Une crise économique majeure pour le secteur du tourisme

    Sur l’ensemble du territoire français, la facture pour les professionnels sera lourde en termes de recettes touristiques: selon « un premier schéma » de projections d’Atout France, c’est 40 à 45 milliards d’euros de CA pour l’ensemble de 2020, sur un total de 170 milliards d’euros annuels qui se sont déjà évaporés.

    En 2019, au cours de l’été, c’est plus de  41 milliards d’euros que les touristes internationaux ont dépensés. Tandis que les résidents en France n’ont généré, eux, « que » 14 milliards de recettes pour les professionnels. 

    Atout France et l’Office de tourisme de Paris ont mis en place un baromètre commun pour mesurer les intentions de voyage vers la France de 4.000 vacanciers potentiels, issus de 10 pays (France, Allemagne, Belgique, Chine, Espagne, États-Unis, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suisse).

    « Après avoir géré la crise, on est dans une phase de gestion des incertitudes, les repères sont chamboulés, il y a un besoin de comprendre comment la France est perçue afin d’aider les professionnels à mieux cibler leurs offres », indique Caroline Leboucher d’Atout France au journal belge « Le Soir ».

    L’envie de voyages est toujours présent mais les destinations locales sont privilégiés par une grande majorité des sondés.  Le baromètre précise, cependant, que  « pour tous ceux qui franchiront les frontières, la France maintient sa place de leader des destinations européennes ». L’espoir est donc permis. 

    L’ouverture de l’Espace Schengen

    La circulation dans l’espace Schengen s’est rétablie pour une grande majorité d’Etats… Mais en ce qui concerne l’extérieur, une poignée de pays vont voir leurs résidents autorisés à venir en France librement. Les Européens ont validé ce mardi une liste restreinte de 15 pays dont les ressortissants seront autorisés à voyager dans l’UE à partir de mercredi.

    Elaborée par les ambassadeurs des pays de l’Union européenne vendredi soir, objet de difficiles tractations, la liste des visiteurs admis dans l’UE et l’espace Schengen compte l’Algérie, l’Australie, le Canada, la Géorgie, le Japon, le Monténégro, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, le Rwanda, la Serbie, la Corée du Sud, la Thaïlande, la Tunisie et l’Uruguay. Elle inclut également la Chine, mais uniquement à condition qu’elle admette sur son sol les visiteurs venant de l’UE, ce qui n’est actuellement le cas que de façon limitée.

    C’est donc une minorité de touristes internationaux qui vont avoir accès aux plages françaises, les nationalités les plus « dépensières » soit les américains, les russes est les saoudiens sont exclus.

    Une liste réactualisée deux fois par mois

    L’espoir pour les professionnels du tourisme résident dans l’actualisation de la liste toutes les deux semaines.

    Cependant les Etats-Unis, pays le plus touché au monde par la pandémie avec 125.928 décès pour près de 2,6 millions de cas répertoriés, le Brésil, la Russie, l’Inde, la Turquie et Israël notamment, doivent traiter leur épidémie avant que les restrictions soient modifiées pour leurs ressortissants. Bien qu’ayant quitté l’UE le 31 janvier, le Royaume-Uni n’était pas concerné par les restrictions de voyage profitant du statut de transition actuel.

    Venir en France

    En tant que Français, vous pourrez accéder, dans tous les cas, au territoire national.

    Si vous êtes résident d’un des pays de l’UE ou dans des pays énoncés dans la liste de l’Union européenne, vous n’avez pas besoin d’attestation ou de vous préparer à une « quatorzaine » volontaire. Le plus dur sera d’obtenir un vol. En effet, l’avion est le  principal moyen d’accès à la France pour la plupart des expatriés, comme l’indique notre consultation, dans laquelle plus de 70% des personnes ayant répondues déclarent qu’ils utiliseront ce mode de transport cet été.

    Si vous êtes résidents d’un autre pays (donc la grande majorité de la planète), il vous faudra vous munir d’une attestation et vous munir des documents justifiant la raison impérieuse que vous indiquerez dans la dite attestation. Et surtout, il vous sera demandé de procéder à votre isolement volontaire pendant une période de 14 jours en France. Renseignez vous, votre pays de résidence pourra aussi, éventuellement, vous imposer une « quarantaine » à votre retour.

    L’espoir est là, mais la Covid-19 aussi, solidaires, les expatriés le seront…dans les limites du raisonnable… et des possibilités qui leur seront offertes ! 

  • Chine : loi sur la sécurité votée pour Hong Kong – Podcast Vidéo

    Promulgation mardi par Pékin de sa loi controversée sur la sécurité nationale à Hong Kong. Une loi accusée par ses détracteurs de vouloir museler l’opposition et condamnée par l’UE et Washington. Elle entrera en vigueur dès mardi et entend réprimer « le séparatisme, le terrorisme, la subversion ».

  • Les Russes regardent Israël frapper l’Iran

    Les raids de l’aviation israélienne s’intensifient. En une semaine, ils ont détruit quatre cibles d’importance en Syrie. La première est une base au sud de Damas, proche du Golan, à 80 km de la frontière israélienne, à Salkad. Etaient visés un entrepôt de missiles sol-sol iranien et un radar qui guidait les batteries antiaériennes fournies par les Russes et qui pouvaient gêner les opérations aériennes. La deuxième est bien plus éloignée, près de Deïr ez-zor, ville placée sur « l’autoroute chiite » entre Téhéran et le Liban, passant par l’Irak et la Syrie, il s’agit d’une base utilisée par les Pasdarans iraniens, le Hezbollah et d’autres milices chiites irakiennes. La troisième est un entrepôt de munitions à la frontière irakienne, à Boukamal.

    Raid contre les gardiens de la révolution

    Le raid le plus important a visé les forces gouvernementales syriennes, les Gardiens de la révolution iraniens et les miliciens du Hezbollah près de la grande ville de Ham, plus exactement à Salamyeh. Il y a là des aéroports et des usines d’engrais chimiques, soupçonnés de ne pas fabriquer que des engrais, des bases militaires, avec un entrepôt souterrain contenant des missiles iraniens.

    Malgré les menaces, ni le Hezbollah ni l’Iran n’ont été capables de répliquer d’une façon ou d’une autre depuis qu’Israël a déclenché son offensive il y a quelques mois. Sans cesse les Iraniens envoient des armes, notamment au Hezbollah, sans cesse elles sont détruites. Sur place, ni les Palestiniens, encore moins les Pays arabes ne soutiennent l’alliance chiite. Les pays de la Ligue arabe ont appelé Israël à renoncer aux annexions, ont soutenu l’Egypte en Lybie, mais n’ont rien dit sur la guerre en cours, parce que leur ennemi commun est l’Iran.

    Une annexion sous bienveillance américaine

    Le gouvernement israélien a fait savoir qu’il dévoilerait son plan d’annexion, dans la droite ligne du plan américain, la semaine prochaine.

    La nomination de Benny Gantz au ministère de la défense nationale n’a en rien changé l’option stratégique définie par le chef d’Etat major Aviv Kokhavi. C’est dire qu’elle était commune avant la formation du nouveau gouvernement et qu’elle explique cette alliance surprenante entre Gantz et Netanyahou.

    Le raid israélien près de Hama est passé sous les yeux du quartier général russe à Khmeimim. Les batteries de missiles, uniquement dans les mains des Russes (depuis que celles mises entre les mains des soldats syriens ont détruit un avion russe) sont restés inactives, comme d’habitude. L’accord passé entre Netanyahou et Poutine prévoit que les Israéliens avertissent les Russes de leurs raids quelques temps avant et que ceux ne réagissent.

    Les Russes sont dans une situation compliquée. Ils sont alliés, en partie, aux Turcs.  Mais ils sont leurs adversaires à Idlib en Syrie, où ils ont gelé la situation, et désormais en Lybie. L’alliance rêvée, qui consiste à soustraire la Turquie à l’influence américaine, est semée d’embûches.

    L’alliance avec les Iraniens les gêne aussi. Elle ne les sert, comme d’habitude, que contre les Etats-Unis. Mais les Russes ont aussi peu confiance en les Iraniens que les Iraniens en eux. Les Russes n’ont aucune sympathie pour les Ayatollahs, et combattent l’islamisme radical. Ce qui explique, en partie, leur soutien à Assad. Quant à ce dernier, il n’est pas toujours un allié docile. Les Russes ont gagné une place en Syrie (qu’ils avaient depuis longtemps) mais que vaut cette place ? Pas de quoi se frotter à l’aviation israélienne. Leur position n’a d’intérêt que pour le marchandage qu’ils peuvent faire avec les Américains et les Européens.

    Le retour à la table de discussion avec les Saoudiens, grâce aux Etats-Uunis, un apaisement avec l’Union européenne en Ukraine, un soutien en Lybie, vaut mieux que la défense d’alliés incertains en Syrie. D’autant que la Russie n’a aucun intérêt à un renforcement de l’Iran au Liban et en Méditerranée.

    C’est peut être le moment de tenter de discuter entre Européens, si l’on veut considérer les  Russes comme des Européens.

    Comme les Israéliens auront annoncé d’ici là leurs projets d’annexion, Emmanuel Macron pourra expliquer en quoi une annexion est une violation du droit international. Comme en Crimée.

  • Merkel et Macron font preuve d’unité en vue d’un sommet européen crucial

    Trois semaines avant le sommet européen au cours duquel le fonds de relance doit être négocié, l’Allemagne et la France affichent leur unité, signalant ainsi aux pays réfractaires qu’ils ne pourront pas compter sur d’éventuelles divergences entre Paris et Berlin.

    Le moteur franco-allemand est plus fort que jamais. C’était la devise officieuse de cette première visite d’État faite à la chancelière Angela Merkel depuis l’apparition de la pandémie de coronavirus. Le président français Emmanuel Macron est venu à Meseberg, au nord de Berlin, ce lundi 29 juin, pour peaufiner avec la cheffe de l’exécutif allemand la ligne de conduite que Paris et Berlin entendent tenir lors du prochain sommet européen. Un rendez-vous qui s’avérera crucial pour la prochaine reconstruction de l’Union européenne.

    Les discussions entre les deux dirigeants ont principalement porté sur le fonds de relance européen que la France et l’Allemagne ont proposé conjointement le 18 mai. Ce jour-là, l’Allemagne a fait volte-face, car Angela Merkel avait jusqu’alors prôné l’austérité, notamment dans le cadre des plans de sauvetage pour la Grèce. Son soutien à un plan de reconstruction fondé sur des subventions signifie que les États européens dits « frugaux » (Autriche, Pays-Bas, Danemark et Suède), réfractaires au plan de relance proposé par la France et l’Allemagne, ont perdu un allié important.

    Le fonds et le cadre financier pluriannuel (CFP) dans lequel il doit être intégré constitueront les thèmes principaux du prochain sommet européen qui aura lieu les 17 et 18 juillet à Bruxelles. À cette occasion, les chefs d’État et de gouvernement de l’UE se rencontreront à nouveau en personne pour la première fois depuis le début de la pandémie.

    Lors de leurs interventions conjointes, les deux dirigeants ont signalé à l’intention des pays réfractaires qu’il n’y aurait pas la moindre faille à exploiter entre les positions de Paris et Berlin. Si les négociations échouent, « ce ne sera pas de notre faute », a ainsi déclaré la chancelière lors de la conférence de presse commune.

    Accord budgétaire en juillet

    Durant son intervention, le président Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité d’avancer rapidement sur le CFP et le plan de reconstruction. « Un accord doit être conclu en juillet, c’est notre priorité absolue », a-t-il déclaré, ajoutant que l’attente ne faciliterait pas les choses.

    Emmanuel Macron a également souligné que « les subventions » devaient constituer « le cœur » du plan de relance européen, les prêts ne faisant qu’ajouter aux difficultés économiques déjà présentes. Raison pour laquelle le plan proposé par la France et l’Allemagne présente un bon équilibre entre dettes mutualisées et subventions, a-t-il expliqué.

    Le président français n’a pas manqué de mettre les pays réfractaires un peu plus sous pression à propos de la feuille de route : « Les frugaux sont les bénéficiaires nets du marché unique, il leur rapporte beaucoup plus qu’à d’autres, » a-t-il indiqué, en insistant sur le fait qu’il était dans leur intérêt d’adopter ce plan de relance économique.

    Ne pas adopter le plan de relance « aggraverait tous les problèmes » en nourrissant le populisme, avait préalablement averti la chancelière dans une interview accordée à des journaux européens samedi 27 juin.

    Pour Berlin, l’enjeu est de taille : si la France et l’Allemagne parviennent à vaincre les réticences des « frugaux », pour l’heure opposés au plan de relance, la présidence allemande sera en partie couronnée de succès. Emmanuel Macron a assuré Berlin du soutien de la France pendant ce mandat à la tête de l’UE. « Nous serons à vos côtés pour la présidence allemande, » a-t-il déclaré.

    La France assurera pour sa part la présidence du Conseil de l’Union européenne au premier semestre 2022, ce qui coïncidera avec la prochaine élection présidentielle et les prochaines élections législatives dans le pays.

    Taxe carbone aux frontières

    Les deux dirigeants ont également affiché un front commun sur la proposition d’une taxe carbone européenne aux frontières, une idée qui ne fait pourtant pas nécessairement l’unanimité outre-Rhin. « C’est un avis que l’on partage [avec la France] : nous avons besoin d’une telle taxe. Elle doit être compatible avec l’Organisation Mondiale du Commerce, » a indiqué Angela Merkel. Ce n’est pas anodin, a-t-elle ajouté, car l’UE doit se protéger contre les pays qui veulent importer des produits à forte empreinte carbone.

    Cette taxe est envisagée comme un éventuel moyen de rembourser les subventions, et sur ce volet également, les deux pays doivent surmonter les réticences parfois fortes d’autres Etats membres.

  • Tunisie : Quel avenir pour les Français sur place ? – Podcast audio des responsables associatifs

    Tunisie : Quel avenir pour les Français sur place ? – Podcast audio des responsables associatifs

    La Tunisie, comme le reste du monde, sort peu à peu du cauchemar de la pandémie.

    Relativement peu touché par la crise liée à la Covid-19 en termes d’hospitalisation et de décès, 1.096 infections et 49 décès dus au coronavirus selon les statistiques officielles, le pays, ou le secteur touristique est particulièrement important, a malgré tout subit de plein fouet le confinement et se prépare à la crise économique.

    Roselyne Cordin, de l’UFE Sousse , candidate aux élections consulaires et Laurent Caizergues, de l’UFE Côtes de Carthage conseiller consulaire sortant et également candidat aux élections de mai 2021, les deux se présentant sur des listes différentes, ont répondu à nos questions.

    Ecoutez l’interview de Mme Cordinv- UFE Sousse

    Ecoutez l’interview de Mr Caizergues – UFE Côtes de Carthage 

    3 profils d’expatriés en Tunisie 

    Laurent Caizergues, conseiller consulaire sortant et à nouveau candidat a répondu aux francais.press

    Environ 22 000 de nos compatriotes sont inscrits au Consulat, mais l’inscription au Consulat n’est pas obligatoire, tandis que la communauté compte une très importante présence de binationaux. De très nombreux retraités profitent également du climat dans le pays et de sa stabilité politique retrouvée, et enfin de nombreux entrepreneurs tentent leur chance, notamment dans le tourisme et dans des industries comme le textile. 

    Ces derniers ont particulièrement souffert. Le tourisme a été totalement à l’arrêt et ne reprend que maintenant. Les autres secteurs sont également fortement touchés, et en particulier l’industrie textile, très importante également. Usines en partie à l’arrêt, production focalisée sur les masques, exportations compliquées voire impossible, c’est toute une industrie qui a été gelée pendant ce confinement, et ce d’autant plus que les marchés d’exportation, Europe en tête, avaient fermé l’ensemble de leurs magasins.

    Les aides pour les parents d’élèves des lycées français au cœur des débats

    Comme nous l’a indiqué M. Caizergues, le nombre d’élèves dans les établissements français en Tunisie a augmenté de manière très importante comme les homologations des établissements sous label AEFE : « il faut aller vite, la société évolue et les processus doivent s’adapter à la vitesse de l’information » selon M. Caizergues. La demande est toujours croissante selon lui, malgré une baisse de 25% des demandes par rapport à l’année dernière, le réseau serait toujours en sous capacité.

    « les établissements partenaires ont été beaucoup plus réactifs dans le cadre de cette crise » Laurent Caizergues

    Le lycée français de Tunis

    Au sein des établissements, une distinction doit être faite entre les établissements partenaires et les établissements en gestion directe pour Laurent Caizergues : « les établissements partenaires ont été beaucoup plus réactifs dans le cadre de cette crise

    Mme Cordin nous a fait part de sa satisfaction de voir la députée Samantha Cazebonne, des Français de la péninsule ibérique, l’une des spécialistes de la question de l’enseignement français à l’étranger, comme le député de la circonscription, M’jid El Guerrab, soutenir les dispositions mettant en place les aides supplémentaires concernant les parents d’élèves des lycées français hors de France.

    Roselyne Cordin de l’UFE Sousse

    En attendant, la situation reste complexe. Dans le service de bus vers le lycée français de Tunis dont Mme Cordin a notamment la charge dans le cadre de ses activités associatives, elle nous a indiqué que 8 parents, sur 75, ont décidé de rentrer en France, préférant partir que de devoir continuer à assumer les frais scolaires.

    Une saison touristique qui pourrait grandement aider l’économie

    « Dès le mois d’avril le secteur touristique a souffert » nous a indiqué Mme Cordin. En revanche, nous indique-t-elle, « la Tunisie a besoin du tourisme et les frontières s’ouvrent » malgré une certaine inquiétude de la population à voir arriver massivement des populations de régions, d’Europe et de France notamment, qui ont été durement touchées par la pandémie.

    Pour ceux qui rentrent en France, le confinement est strict, 14 jours avec possibilité en cas de confirmation médicale préalable, de sortir de chez soi préalablement.

    Une situation compliquée en somme, une économie qui redémarre, et qui espère grandement de la saison touristique. La Tunisie, phare du monde arabe à bien des égards, saura-t-elle tirer son épingle du jeu du fait de sa bonne gestion de la Covid-19 ? La réponse, pas avant plusieurs mois sans doute…

  • Macron répond à la convention citoyenne

    Que faut-il retenir de la réponse du Président de la République aux propositions de la Convention citoyenne pour le climat ?

    Une semaine après avoir transmis son rapport au gouvernement, et neuf mois après avoir été formée, la Convention citoyenne pour le climat s’est exprimée devant Emmanuel Macron ce 29 juin 2020. Comme prévu, le président de la République a fourni sa réponse aux 149 mesures proposées par les 150 citoyens et citoyennes tirés au sort pour cette assemblée. Rappelons que l’objectif de cette convention est de proposer des mesures aptes à réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 tout en gardant la justice sociale à l’esprit.

    « L’urgence climatique est l’affaire de tous. Nous avons compris qu’il fallait revoir notre système en profondeur et que nous sommes l’une des clés pour le changer. Nous espérons que vous serez fidèle à votre engagement de passer nos mesures [au Parlement] sans filtre », a déclaré l’un des membres de la Convention, Lambert, avant que le président s’exprime.

    « Tout dans cette aventure constitue une première mondiale », s’est réjoui d’emblée Emmanuel Macron, avant de remercier les membres de la convention d’avoir pris sur leur temps pour participer, avec sérieux, à cette assemblée citoyenne. Il a également salué le contenu des propositions, « conjuguant ambition et recherche de consensus ».

    LA TRANSMISSION DES PROPOSITIONS

    «  Je vous confirme ce matin que j’irai au bout de ce contrat qui nous lie en transmettant l’intégralité des propositions au Parlement, à l’exception de trois jokers. Je veux que toutes les propositions soient mises en œuvre au plus vite ». Les propositions qui relèvent du champ réglementaire seront abordées d’ici fin juillet. D’autres seront intégrées au plan de relance et seront soumises au Parlement dès la fin de l’été.

    Un projet de loi spécifique sera présenté à la fin de l’été. Il intégrera l’ensemble des mesures relevant du champ législatif, « y compris celles qui méritent encore d’être affinées ou complétées » — travail où les membres de la Convention seront associés. Dès le 30 juin 2020, des groupes de travail seront mis en place, avec les membres. Dès la semaine prochaine, le Président de l’Assemblée nationale les recevra.

    Pour les mesures nécessitant des changements à l’échelon des collectivités locales (augmenter le nombre de parkings relais, interdire les véhicules polluants, instaurer des clauses environnementales dans les marchés publics ), Emmanuel Macron propose de réunir les associations d’élus pour discuter de ces propositions à l’échelon des collectivités locales. Restent alors des propositions d’échelon européen ou international : pour la proposition « Aucun accord commercial avec des États ne respectant pas l’Accord de Paris », Emmanuel Macron a répondu que le traité Ceta polémique était en cours d’évaluation, et « si l’évaluation n’est pas conforme à la trajectoire de Paris, je serai le premier à proposer qu’on l’abandonne ».

    Le gouvernement fera le point avec la Convention chaque mois. « La démocratie délibérative ne doit pas s’arrêter à la porte des ministères et des assemblées. »

    LES TRANSFORMATIONS LANCÉES

    « Notre société a besoin d’une transformation profonde », a réaffirmé Emmanuel Macron. Il a répondu positivement à travers 4 piliers :

    • «  Vous avez assumé de placer l’écologie au cœur du modèle économique » : cela signifie selon Macron de ne pas produire sans se soucier de l’écologie. Il s’agit de remettre l’ambition écologique au cœur du modèle productif, afin de «  produire différemment ». Il a relevé également que les membres de la Convention n’ont pas non plus opté pour la décroissance, qu’il a rejetée également de son côté. «  Investir, transformer, innover, c’est ce qui correspond à notre pays. » Dès le plan de relance, 15 milliards d’euros supplémentaires seront injectés sur deux ans dans la conversion écologique de l’économie du pays. Une démarche qui permettrait de renforcer la souveraineté alimentaire, rappelle Emmanuel Macron, élément très présent dans les propositions de la Convention.
    • Le principe de justice sociale : le Président souhaite voir toutes les propositions en la matière retranscrites. Le chèque alimentaire par exemple en fait partie. Idem pour les aides renforcées pour l’achat de véhicules propres même pour les plus précaires. Il faut «  investir pour transformer plus vite » et «  investir pour accompagner les ménages les plus modestes ».
    • Écologisation de notre société et de notre économie : Emmanuel Macron a confirmé que les vols seront supprimés si des trajets de moins de 2h30 sont possibles, mais n’ira pas au-delà de 2h30 afin de ne pas « ré-enclaver » certains territoires. Il a aussi donné son accord avec l’esprit de toutes ces mesures d’écologisation du quotidien, du développement des circuits courts au moratoire sur les zones commerciales en périphérie des villes.
    • La responsabilité de chacun : « c’est l’engagement d’une nation dans toutes ses composantes ». Emmanuel Macron a confirmé être en accord avec l’enseignement du développement durable dès l’école ; ou encore avec le CO2 Score permettant à chacun de savoir si ce qu’on achète est bon pour le climat. 

    LES PROPOSITIONS DE RÉFORME DE LA CONSTITUTION ET DU DROIT FRANÇAIS

    La Convention citoyenne proposait de réécrire le préambule de la Constitution en inscrivant l’environnement au-dessus des valeurs fondamentales. « Telle que proposée, la rédaction pour le préambule menace de placer la protection pour l’environnement au-dessus des règles démocratiques » : Emmanuel Macron ne souhaite pas reprendre cette proposition, ne voulant pas mettre un droit de la nature au-dessus des droits humains.

    Introduire les notions de biodiversité, d’environnement et de lutte contre le changement climatique dans le Premier article de la Constitution : Emmanuel Macron se dit favorable à cette proposition. Un texte va être engagé afin de lancer une réforme constitutionnelle d’ici fin 2021. La soumission au référendum se fera après validation des chambres du Parlement, en respect des règles constitutionnelles.

    Le crime d’écocide : Emmanuel Macron «  partage cette ambition ». Il portera cette proposition dans les instances multilatérales, au niveau international. Le projet sera étudié pour être inscrit dans le droit français.

    Emmanuel Macron a également indiqué «  laisser ouverte la possibilité de conduire dès 2021 un référendum sur la base de l’article 11 de la Constitution, sur un ou plusieurs textes de loi », sans toutefois préciser sur quelles mesures cela pourrait advenir.

    LES OBJECTIONS D’EMMANUEL MACRON

    Le Président de la République a posé 3 jokers :

    • Il se dit en désaccord avec la taxe de 4 % sur les dividendes : mettre sur tous les investissements une taxe relève d’un risque de réduire les investissements, selon Emmanuel Macron, qui préfère une démarche plus incitative.
    • Emmanuel Macron souhaite reporter le débat sur les 110 km/h. Le Président a déclaré que le travail de la Convention risquait d’être réduit à cette proposition. « Pour que cela marche, il ne faut pas stigmatiser ni diviser les gens, mais les embarquer tous ensemble. »
    • Comme nous l’avons évoqué, il s’est également prononcé contre la réécriture du préambule de la Constitution, pour ne pas mettre un droit de la nature au-dessus des droits humains.
  • Les nouvelles années folles

    Au XXe siècle, après la Première Guerre mondiale et la Grippe espagnole, qui, à elles deux, ont tué environ 70 millions de personnes, un désir de vie, de plaisirs et de création s’est exprimé en Europe comme aux États-Unis.

    L’influence de ce dernier pays sur les comportements et les mœurs a été alors très important. « L’american way of life » devient une référence. Les années 20 furent ainsi baptisées « années folles » en raison d’un goût pour l’excentricité de la rapidité des changements. Un bouillonnement culturel se fait jour grâce à la radio. Dans les foyers, des voix étrangères entrent, l’actualité en temps réel s’immisce dans le quotidien. C’est le temps du jazz et du surréalisme.

    Les années folles sont également une période de forte croissance économique.

    En parallèle à la reconstruction des territoires détruits par les combats, surtout en France et en Belgique, de nouveaux produits et services se diffusent. La vente de matériels électroménagers et d’automobiles s’accroît. L’utilisation du pétrole et de l’électricité se développe tout comme l’aviation. La production française d’hydroélectricité est multipliée par huit sur la décennie. À la Bourse de Paris, les cours des actions gagnent 500 %.

    Un siècle après les années folles, la pandémie du covid-19 rend obsolètes bien des règles. En quelques semaines, de nombreux interdits, de nombreux murs comptables sont tombés. Les banques centrales injectent des milliers de milliards de dollars ou d’euros. Les États occidentaux financent les ménages, les salariés ou les entreprises sans limite ou presque. Les plans de soutien se succèdent à un rythme effréné au point qu’il est difficile de savoir ce qui relève de la pure communication ou de la réalité sonnante et trébuchante. La crise actuelle permet d’épurer les vingt ou trente dernières années. Elle offre aux États la possibilité de renouer avec l’interventionnisme économique voire de renforcer les pouvoirs de contrôle de la population.

    Dans le passé, les épidémies ont toujours donné lieu à un renforcement des administrations et à des ruptures sur le plan économique et social. Avant la crise sanitaire, l’aversion aux risques atteignait des sommets. Avec l’épidémie en cours, les ménages seront peut être contraints d’accepter une dose supérieure de risques. Il en fut ainsi avec l’épidémie de choléra de 1832 qui provoqua, dans les premières semaines une peur sans précédent au niveau de la population avant de se transformer en une menace récurrente mais acceptée.

    Le problème des années folles du siècle dernier est leur conclusion en 1929 du fait de la spéculation boursière. L’Allemagne n’a pas en la matière la même nostalgie sur le sujet car ces années 20 préfigurent l’arrivée d’Hitler et qu’elles sont synonymes d’inflation. La double menace de la spéculation générée par une augmentation de la masse monétaire en circulation et de l’inflation qu’elle pourrait à terme générer n’est pas à prendre à la légère.

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