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  • Joachim Son-Forget, serial-twitter

    Joachim Son-Forget, serial-twitter

    Il est difficile parfois pour les élus des Français de l’étranger d’être en contact avec leurs compatriotes de la circonscription. Les réseaux sociaux aident souvent. Cela amène cependant parfois à des polémiques. En premier lieu des critiques, le député des Français de Suisse, Joachim Son-Forget.

    Une photo, fausse, de Bill Clinton nu massé par une jeune femme et ce alors qu’il est souvent cité dans l’affaire Epstein ,a été relayée par le député des Français de Suisse et du Liechtenstein, Joachim Son-Forget.

    Le député a depuis effacé cette fake news de sa très riche liste de tweets sur le célèbre réseau américain.

     

    Un député élu grâce à la vague LREM

    L’histoire serait anecdotique si elle n’était que la première qui implique le député, ex-LREM, ex-UDI AGIR, membre de l’union des démocrates, radicaux et libéraux.

    Le député, radiologue en Suisse et soutien de longue date au Président Macron, a été élu sur les listes LREM en 2017. Dans cette circonscription traditionnellement de droite, l’élection de ce jeune homme politique issu du PS a fait figure de la transformation de la vie politique et du nouveau monde.

     

    Une série de tweets polémiques

    Rapidement, le député, loué pour son travail et son intelligence, a fait polémique. Prenant sur Twitter le parti de Marcel Campion après des propos homophobes de ce dernier, il voit une parti de sa formation s’éloigner de lui.

    La situation explose, après par ailleurs des propos polémiques et souvent jugés sexistes contre la sénatrice Esther Benbassa, dans les nuits du 27 et 28 décembre 2018.

    Des centaines de tweets, parfois confus, qui vont de références aux dessins animés à attaques personnelles, ces nuits tweetesques furent particulièrement commentées. Le groupe LREM décida alors de se désolidariser de ce député iconoclaste. Il quitta le groupe rapidement après.

     

    https://twitter.com/sonjoachim/status/1204723528060276738?s=20

    Un rapprochement avec Marion Maréchal, puis un vote à Jean Castex

    Un temps proche, sur les réseaux sociaux en tout cas, de Marion Maréchal, M. Son-Forget a décidé de voter la confiance au Premier Ministre Castex.

    Un retour vers la famille d’origine qui lui a permit d’avoir un siège à l’Assemblée Nationale? Il n’est pas sûr que la photo fake de Bill Clinton relayée aille dans ce sens…

     

    Photo de mise en avant: usage autorisé pour usage éditorial et rédactionnel – copyright: tashatuvango – stock.adobe.com
  • Covid-19 et rentrée scolaire au Maghreb et au Moyen-Orient

    Covid-19 et rentrée scolaire au Maghreb et au Moyen-Orient

    La rentrée scolaire est en cours pour les élèves des lycées français de l’étranger. 250 000 élèves sont attendus. Seront-ils aussi nombreux que la rentrée 2019-2020? Dans quelles conditions? Quelles sont les modalités de fonctionnement de la rentrée au Maghreb et au Proche-Orient? Comment les établissements, et les parents, font-ils face à la pandémie et toutes ses conséquences?

    L’enseignement français est très présent au Maghreb et au Proche-Orient (voir tableau détaillé en bas d’article). 143 établissements répartis sur 17 pays. Le réseau mondial en compte 522. or, il a été durement touché par la crise de la covid-19. Coûts de scolarité du 3ème trimestre contesté par les parents, nombre d’élèves en baisse, budgets sous tension… A cela s’ajoutent des problématiques locales particulières. Il y a guerre civile à Damas, les destructions à Beyrouth, les allers/retours compliqués avec le Maroc. Nous faisons le point sur la situation de l’enseignement français dans la région.

     

    Maghreb : l’épée de Damoclès des frais de scolarité

    L'EFI à Casablanca
    L’EFI à Casablanca

    La situation est très complexe et particulièrement tendue pour le réseau. Au Maghreb mais cependant pas seulement et partout dans le monde au sein des établissements français à l’étranger. Les parents ont eu de grandes difficultés souvent à payer les frais de scolarité. En effet les raisons sont multiples: la crise économique liée à la pandémie, la perte de revenus et le fait que certains contestent le montant demandé en raison d’une offre éducative au troisième trimestre purement digitale.

     

    Mobilisation parentale et associative sur les frais de scolarité du premier trimestre 2020/2021

     

    « il y a peu de baisses en maternelle dans les inscriptions » Michel Bur de la Mlf

    La pandémie et le confinement ont en effet rendu la situation difficile pour de nombreuses familles. Elles furent nombreuses à demander sinon une annulation des frais de scolarité du troisième trimestre, en tout cas une réduction de ceux-ci. Particulièrement dans certains cas, comme en Espagne, pour les classes de maternelle. Ces familles estimant en effet que l’apport en digital pour les petites classes, est faible. « L’apport de l’école maternelle est nul ou quasi nul quand c’est digital » nous indiquait Chantal. Pour autant, « il y a peu de baisses en maternelle » selon Michel Bur, de la Mission laïque française, pour les écoles de leur réseau, particulièrement présent au Maroc et au Liban.

     

    Tentatives de réduction des frais pour les parents d’élèves

     

    En Tunisie, le directeur de l’établissement de la Marsa (dans la région de Tunis) a été interpellé par l’UFE Sousse. Le but? Geler le paiement du 1er trimestre 2020-2021au règlement des négociations sur le 3ème trimestre 2019-2020. Celles-ci portent sur une déduction des frais de voyage, une répartition des économies sur les frais fixes, un règlement de la question des internats.

     

    L’Etat marocain accompagne les établissements

     

    Au Maroc, les autorités ont mis en place une série de mesures. Celles-ci s’appliquent également au réseau éducatif français. « Nous nous adaptons à la législation en vigueur dans les pays ou nous avons des établissements » nous indique Michel Bur.

    « Nous nous adaptons à la législation en vigueur dans les pays ou nous avons des établissements » Michel Bur

    michel bur mlf
    Michel Bur, directeur général adjoint de la Mission laïque française

    Les autorités du Royaume Chérifien ont précisé les procédures « conformément aux annonces du ministère de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche du Royaume du Maroc, les enfants dont les parents en feront la demande pourront être accueillis dans nos établissements dès le 7 septembre ».

     

    L’enseignement à distance n’est plus favorisé au Maghreb

     

    Le communiqué indique que « L’enseignement intégralement à distance a constitué un recours indispensable durant les mois de confinement, mais l’expérience montre qu’il ne présente pas les mêmes garanties que l’enseignement en présentiel pour le suivi individualisé des élèves et pour leur bien-être »

     » L’expérience montre qu’il [l’enseignement digital NDLR] ne présente pas les mêmes garanties que l’enseignement en présentiel pour le suivi individualisé des élèves et pour leur bien-être » selon les autorités marocaines

    Concrètement, et même si certains établissements ne le précisent pas encore, les élèves pourront être accueillis. Les modalités sont cependant strictes: port du masque, gestes barrières, gel… Et les établissement peuvent limiter la capacité d’accueil comme l’indique par exemple le lycée français Lyautey de Casablanca.

     

    Une rentrée avec protocoles renforcés en Tunisie

     

    En Tunisie aussi, les règles évoluent vers une rentrée autant que possible en présentiel. C’est le cas au lycée français de Tunis, et de Sousse.

    Plusieurs règles obligatoires pour élèves, enseignants et corps administratifs ici aussi: le masque, le gel, la distanciation sociale.

    Voici ci-dessous un calendrier indicatif, susceptible de modifications, de la rentrée et ses modalités dans les principaux établissements du Maghreb

    Ville Lycée Date Rentrée Modalités rentrée
    Casablanca Lyautey à partir du 7 septembre 7 septembre, modalités adaptées selon les capacités (Présentiel/non présentiel)
    Casablanca Maïmonide N/A – selon les décisions des autorités marocaines N/A – selon les décisions des autorités marocaines
    Casablanca Louis Massignon N/A – selon les décisions des autorités marocaines N/A – selon les décisions des autorités marocaines
    Casablanca EFI N/A – selon les décisions des autorités marocaines N/A – selon les décisions des autorités marocaines
    Casablanca Léon l’Africain à partir du 7 septembre 7 septembre, modalités adaptées selon les capacités (Présentiel/non présentiel)
    Marrakech Victor Hugo à partir du 7 septembre 7 septembre, modalités adaptées selon les capacités (Présentiel/non présentiel)
    Agadir Lycée français d’Agadir à partir du 7 septembre 7 septembre, modalités adaptées selon les capacités (Présentiel/non présentiel)
    Rabat St Exupéry à partir du 7 septembre 7 septembre, modalités adaptées selon les capacités (Présentiel/non présentiel)
    Tanger Renault à partir du 7 septembre 7 septembre, modalités adaptées selon les capacités (Présentiel/non présentiel)
    Alger Alexandre Dumas À partir du 6 septembre 6 septembre, modalités adaptées selon les capacités (Présentiel/non présentiel)
    Tunis Mendès France A partir du 2 septembre Protocole sanitaire renforcé
    Sousse Philippe Séguin A partir du 2 septembre Protocole sanitaire renforcé

    Source: AEFE – Informations sur l’ensemble des établissements disponibles ici

    Diversité des pratiques au Proche-Orient à l’occasion de la rentrée

     

    Guerre en Syrie – Destructions à Beyrouth

    Lycée français de Damas
    Lycée français de Damas

    La situation est différente selon les pays. La guerre civile depuis des années a empêché le lycée français de Damas de fonctionner pendant plusieurs années. Il est cependant maintenu en état autant que possible par des responsables sur place et la rentrée 2020 est désormais prévue pour le 20 septembre.

    A Beyrouth, les dégâts sur le Grand Lycée Franco-Libanais de Beyrouth sont considérables. « La rentrée se fera de manière digitale » nous a indiqué Michel Bur dont la Mlf gère l’établissement. Pas d’inquiétudes à long-terme cependant pour l’avenir du lycée. « Les assurances sont solides pour l’avenir de l’établissement » selon la Mlf.

     

    Des bourses exceptionnelles pour les élèves libanais

     

    La crise économique libanais, dure depuis des mois et est accentuée par la covid-19 et l’explosion à Beyrouth. Beaucoup de familles dans des établissements au nord du pays sont dans une situation complexe. Les non-français ayant des enfants dans les écoles homologuées pourront bénéficier d’une aide spéciale et exceptionnelle. Cela ne concerne pas les établissements conventionnés et notamment ceux de la Mlf comme le Grand Lycée. Une façon de tenter de sauver ces écoles qui sont en grande difficulté.

     

    Des stratégies différentes concernant le présentiel pour les pays de la région

     

    Concernant les stratégies adoptées pour la rentrée, elles varient selon les pays. Beaucoup privilégient le distanciel, par exemple l’Arabie Saoudite, Egypte, Liban, Turquie…. En revanche, Israël, ou la rentrée a lieu le 1er septembre, la situation variera selon les établissements et selon les zones.

    Voici ci-dessous, à titre indicatif, quelques établissements de la région:

    Ville Lycée Date Rentrée Modalités rentrée
    Riyad Ecole française internationale de Riyad 6 septembre Enseignement à distance pendant 7 semaines
    Dubai Georges Pompidou A partir du 2 septembre Rentrée progressive et enseignement à distance possible
    Doha Bonaparte 9 septembre N/A
    Le Caire LFC 6 septembre distanciel au moins jusqu’au 15 septembre
    Beyrouth GLFL A déterminer selon l’état du bâtiment distanciel, situation à déterminer par la suite
    Jounieh LFNI 16 septembre distanciel
    Istanbul Pierre Loti A partir du 2 septembre distanciel sauf maternelles (présentiel dégradé)
    Tel Aviv Mivkei 1er septembre N/A

    Source: AEFE – Informations sur l’ensemble des établissements disponibles ici

    Rayonnement de l’enseignement français à l’international

     

    Lors de la période 2019-2020, l’enseignement français à l’étranger comptait 250 000 élèves. L’ambition du Président de la République était, au début du quinquennat, de doubler ce chiffre d’ici 2030. Ambition forcément remise en cause désormais. Comme indiqué, la situation est très tendue dans certaines écoles du Liban, et les demandes d’aménagement des frais sont nombreuses sur tout le réseau.

     

    L’enjeu de la francophonie

     

    Par ailleurs, dans la région, l’enjeu est aussi culturel, linguistique et géopolitique. 4 Etats de la région sont membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et 2 autres sont associés: Maroc, Tunisie, Egypte, Liban, EAU et Qatar.

    Surtout, le réseau français est présent dans toute la région, même si il est surreprésenté dans certains pays, en particulier le Maroc et le Liban.

    Voir le tableau ci-dessous, à titre indicatif:

    Gestion directe Convention Partenariat
    Algérie 1 1
    Arabie Saoudite 1 2
    Bahreïn 1
    Égypte 1 9
    EAU 1 1 5
    Irak 2 2
    Israël 1 3
    Jordanie
    Koweït 1
    Liban 6 46
    Libye 1
    Maroc 19 18
    Oman 1
    Qatar 1 1
    Syrie 1 1
    Tunisie 7 7
    Turquie 1 1 1

    Source: AEFE – https://aefe.fr/

     

    Les enjeux pour le réseau sont considérables. Accueil des élèves, gestion des budgets et des réclamations des parents, avenir du réseau. Celui-ci, est particulièrement dense. Il demeure cependant plein d’ambitions et d’atouts.

  • Inondation, un combat partagé en Méditerranée

    Inondation, un combat partagé en Méditerranée

    Ils partagent le même risque et bénéficient du même fonds de soutien. Au sein du projet Proterina-3Évolution, quatorze partenaires italiens et français travaillent main dans la main pour lutter contre les risques d’inondation.

    Les inondations y sont fréquentes. Pourtant, jeudi 11 juin, les habitants des quartiers est de la ville d’Ajaccio n’ont pas manqué de prendre en vidéo ces torrents d’eau boueuse qui emportaient poubelles et voitures.

    « Près de 160 millimètres d’eau sont tombés ce jour-là », précise Nicole Ottavy, adjointe à la mairie d’Ajaccio et déléguée à l’Urbanisme, lors d’un entretien pour Euractiv France. « Nous avons alors pour la première fois utilisé les équipements anti-inondation. » Cinq sirènes, deux groupes électrogènes, un drone professionnel pour la surveillance des eaux, une quarantaine de barrières pour couper les routes, et surtout un poste de commandement communal, équipé d’un tableau numérique « pour contacter directement la préfecture en cas de problèmes ».

    La liste peut faire sourire, on est pas loin du film d’espionnage. Ce matériel est pourtant fondamental à Ajaccio rappelle Mme Ottavy : « La commune fait face à différents risques d’inondation. Les crues de deux rivières, la San remedio arbitrone et la Gravona-Prunelli, sont à surveiller », détaille l’élue. « Mais le vrai risque, c’est le ruissellement, qui coule des hauteurs d’Ajaccio pour inonder les zones en contrebas. » Les quartiers de Cannes et des Salines, inondés en juin dernier, sont particulièrement vulnérables.

    En Corse, ces équipements sont clés. Cette zone de Méditerranée affronte chaque année des épisodes dits « cévenols », des pluies intenses et soudaines, typiques du sud-est de la France, et qui causent chaque année de lourds dégâts. Mme Ottavy, qui vit à Ajaccio depuis une cinquantaine d’années, note une fréquence et une intensité des inondations accrue ces dernières décennies : « C’est difficile de l’analyser à l’échelle humaine, mais c’est vrai que ces événements sont moins rares qu’auparavant. D’autant plus que de nouveaux quartiers ont été construits en dessous du niveau de la mer dans les années 1960. »

    Un aléa partagé en Méditerranée

    Le dérèglement climatique amplifie les phénomènes météorologiques violents, et l’urbanisation forcenée fait le reste. Bétonisation, densité du bâti, imperméabilisation des sols : les terres ne sont plus à même d’absorber ces fortes pluies, et la probabilité pour qu’une inondation menace des zones d’habitation s’accroît à chaque nouvelle vente de terrains.

    La côte méditerranéenne, où les projets immobiliers font florès et qui attire chaque année des flots de touristes, est particulièrement vulnérable. C’est pourquoi, depuis 2017, les risques hydriques font l’objet d’une lutte conjointe de la part de la France et de l’Italie. Réunis au sein du projet Proterina-3Évolution, 14 partenaires basés en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Corse, en Sardaigne, en Ligurie et en Toscane bénéficient de financements à hauteur de 6 millions d’euros, dont cinq millions proviennent du fonds européen au développement régional (Feder).

    Ces trois dernières années, des outils pour prévenir les inondations, surveiller les risques hydriques et sensibiliser les populations ont été mis en place sur différents territoires. Les équipements dont bénéficie Ajaccio en font partie. « La Corse, tout comme la Sardaigne d’ailleurs, est une montagne dans la mer. Ici, les phénomènes météorologiques sont très difficiles à prévoir. Le budget pour la Corse se devait d’être conséquent », martèle l’élue.

    Avec près d’un million d’euros pour la seule région corse, l’agglomération a misé sur des équipements d’alerte et de protection de la population. « On arrêtera pas les orages, donc autant bien informer les habitants sur les gestes à adopter », confie Mme Ottavy.

    À Nice, les autorités ont opté pour une autre stratégie : surveiller en temps réel la hauteur du fleuve Magnan, à l’ouest de la métropole. Après les caméras à reconnaissance faciale, la mairie a fait installer des caméras intelligentes qui analysent le niveau et débit des eaux du fleuve niçois à l’aide de capteurs. Le but de ces appareils est de prévenir d’éventuelle crue dans une zone où le bâti est dense. Un usage assurément moins controversé que celui des caméras de ville.

    En France, 23 000 communes concernées

    Le projet transfrontalier doit prendre fin cette année. Face à l’ampleur du risque hydrique en Méditerranée, Nicole Ottavy espère « qu’un projet du même type que Proterina sera à nouveau mis en place ».

    En France, pas moins de 23 000 communes sont déclarées à risque inondation par les préfets, soit environ 64% du territoire. Selon le dernier rapport du ministère de la Transition écologique sur les risques naturelles, 180 événements naturels dommageables ont affecté la France entre 1900 et 2017. Deux tiers d’entre eux correspondaient à des inondations.

    Un article de notre partenaire

  • Europe : Cinq ans après le décès d’Aylan, quelle politique migratoire ? – Podcast Vidéo

    Europe : Cinq ans après le décès d’Aylan, quelle politique migratoire ? – Podcast Vidéo

    Les traversées en Méditerranée continuent. Certains survivent : comme les passagers sauvés par le bateau affrété par Banksy. D’autres meurent : comme le petit Aylan. C’était il y a 5 ans, au plus fort de la crise migratoire. Le point avec la députée européenne Saskia.

     

    Un podcast vidéo de notre partenaire TV5 Monde 

  • Retour ou voyages en France ?  tout ce qui change ce 1er septembre 2020 !

    Retour ou voyages en France ? tout ce qui change ce 1er septembre 2020 !

    Voyages ou retour en France.. Masque obligatoire en entreprise, importation de tabac, consommation de drogues, chômage partiel, etc. : voici tout ce qui change ce mardi 1er septembre 2020 dans la vie quotidienne de nos compatriotes.

     

    Vivre avec le virus : la France entame ce mardi 1 er septembre un nouveau chapitre dans sa gestion de la crise sanitaire, avec, entre autres, l’entrée en vigueur du port du masque obligatoire au collège, au lycée, et en entreprise.

    Mais l’un des plus gros changements initialement annoncés pour ce mardi, la mise en place du second volet de la réforme de l’assurance-chômage, a été reporté en raison de la crise économique. Parce qu’il n’y a pas que le coronavirus, tour d’horizon des nouveaux tarifs réglementés et autres mesures prenant effet, comme la généralisation des amendes forfaitaires pour consommation de drogues.

    Hausse des tarifs du gaz

    Les tarifs réglementés de vente du gaz appliqués par Engie vont augmenter de 0,6 %. Cette augmentation sera de 0,2 % pour les clients utilisant le gaz pour la cuisson, de 0,4 % pour ceux qui ont un double usage cuisson et eau chaude, et de 0,7 % pour le chauffage.

    Electricité : attention aux retards de paiement

    Côté électricité, ce mardi marquera la fin de la mesure de suspension de toute réduction ou interruption de fourniture d’électricité et de gaz et des pénalités de retards de paiement pour tous les clients.

    Tabac : Les prix augmentent et limitation de l’import à une cartouche

    Les prix des paquets de cigarettes vont évoluer légèrement, suite à un arrêté paru au Journal officiel le 11 août 2020. Certains paquets à 9,20 euros vont augmenter de 10 centimes, d’autres, à 9,60 euros, vont au contraire baisser un peu. Attention, il est désormais interdit d’importer plus d’une cartouche de cigarettes même en cas d’arrivée d’un autre pays de l’Union Européenne. 

    Les masques en entreprise aussi

    C’est la grande nouveauté de la rentrée dans les entreprises : le port du masque est désormais obligatoire dans les espaces clos et partagés, des open spaces, aux salles de réunion en passant par les couloirs. L’employeur doit pourvoir ces masques, et le salarié qui refuse d’en porter un peut être considéré en faute.

    Fin du chômage partiel pour les salariés employés à domicile

    Attention, le dispositif de chômage partiel pour les employés à domicile, mis en place en mars pour aider les particuliers employeurs en difficulté à rémunérer leurs salariés à domicile et assistantes maternelles, prend fin en métropole.

    Consommation de drogue : 200 euros d’amende

    Jean Castex l’a annoncé au début de l’été : « ce 1 er septembre, l’amende forfaitaire est généralisée pour consommation de drogue. »

    Ça veut dire quoi? Que les consommateurs interpellés ne passeront plus par la case tribunal, à condition toutefois d’être majeur, de reconnaître les faits, et d’être en possession de moins de 10 grammes de cocaïne ou 100 grammes de cannabis : ils seront verbalisés directement, et recevront donc un procès-verbal et une amende, comme pour une grande quantité de délits routiers. Celle-ci est établie à 200 euros, mais peut être minorée à 150 et majorée à 450.

    En Ile-de-France, un nouveau Pass pour les petits

    Ile-de-France Mobilités lance ce mardi un passe « junior » pour les enfants âgés de 4 à 11 ans, permettant d’emprunter tous les transports en commun de la région pour 24 euros par an.

  • Mouvement anti masques, manifestation à Berlin, qu’en pensent les Français d’Allemagne?

    Mouvement anti masques, manifestation à Berlin, qu’en pensent les Français d’Allemagne?

    Plusieurs dirigeants allemands ont dénoncé dimanche une « atteinte à la démocratie » après une tentative de prise d’assaut du Parlement national lors d’une manifestation anti-coronavirus qui a marqué une nouvelle étape dans la radicalisation du mouvement. Le Sénateur Ronan Le Gleut, ancien Français d’Allemagne, décrypte pour nous les évènements.

     

    Les images samedi soir montrant plusieurs centaines de protestataires forcer un barrage de police pour monter sur les marches du célèbre bâtiment du Reichstag à Berlin, où siègent les députés, et tenter d’y pénétrer, ont créé une onde de choc en Allemagne.

     

    PHOTO CHRISTIAN MANG, REUTERS
    PHOTO CHRISTIAN MANG, REUTERS

    Cet incident a été le point d’orgue d’une manifestation d’anti-masques qui a rassemblé près de 40 000 personnes protestant contre les restrictions liées à la pandémie de COVID-19 et s’est soldée par environ 300 interpellations lors d’échauffourées avec la police.

    Le président allemand Frank-Walter Steinmeier s’est élevé contre une « attaque insupportable visant le cœur de notre démocratie ». Il a dénoncé « les outrances d’extrême droite » ainsi que les « drapeaux du Reich » allemand aux couleurs noire, blanche et rouge brandis par les manifestants en souvenir de l’Empire ayant disparu en 1919 après la Première Guerre mondiale.

     

    « Nous n’accepterons jamais cela », a ajouté, le président de la République allemande M. Steinmeier, considéré comme la caution morale du pays.

     

    La ministre de la Justice, Christina Lambrecht, a appelé elle à « se défendre contre ces ennemis de notre démocratie », alors qu’un débat est lancé sur l’opportunité de continuer à autoriser ce type de manifestations.

    « L’image insupportable de néonazis devant le Reichstag […] ne peut pas se répéter », a-t-elle dit au groupe de presse régionale Funke, tandis que son collègue de l’Intérieur Horst Seehofer a parlé d’un dérapage « inacceptable » visant le « centre symbolique de notre démocratie ».

    Les manifestants ont été empêchés de justesse samedi soir de pénétrer dans l’enceinte du bâtiment par les forces de l’ordre, qui ont utilisé des gaz pour disperser la foule et interpellé plusieurs personnes.

     

    PHOTO CHRISTIAN MANG, REUTERS
    PHOTO CHRISTIAN MANG, REUTERS
     

    Lieu chargé d’histoire

    Le Reichstag, où se réunissent les députés allemands en session plénière, a une forte charge symbolique en Allemagne.

    Le bâtiment et sa célèbre coupole avaient été incendiés en 1933 par les nazis, dans un acte perçu comme destiné à mettre à genoux ce qui restait de la démocratie allemande de l’entre-deux-guerres.

    La municipalité de Berlin avait tenté d’interdire le rassemblement de samedi, en arguant de l’impossibilité de faire respecter les distances de sécurité et gestes barrière, vu le nombre de personnes annoncées et leur détermination. Mais la justice, saisie par les organisateurs, a finalement autorisé la manifestation.

     

    PHOTO JOHN MACDOUGALL, AGENCE FRANCE-PRESSE

    Les personnes interpellées l’ont été devant le Reichstag mais aussi l’ambassade de Russie, non loin de là en plein centre-ville, où les protestataires ont jeté bouteilles et pierres sur les forces de l’ordre.

    Les protestataires s’étaient réunis pour dénoncer les mesures imposées en raison de la pandémie de nouveau coronavirus, comme le port du masque ou les distances de sécurité à respecter, qu’ils perçoivent comme une atteinte à leurs libertés. Plusieurs autres rassemblements similaires, mais moins importants, ont eu lieu en Europe, en Grande-Bretagne, en France ou en Autriche.(Vidéo de France 24). 

     

    L’extrême droite mobilisée

    Celui de Berlin est intervenu deux jours après l’annonce par le gouvernement d’Angela Merkel de nouvelles restrictions face à la recrudescence observée des infections.

    La foule était comme souvent dans ce type de rassemblements hétéroclite composée de militants anti-vaccin, de complotistes, de citoyens authentiquement préoccupés par les restrictions liées à la pandémie mais aussi, et de plus en plus selon les autorités, de sympathisants d’extrême droite.

    « Il faut stopper le virus brun ! », titre dimanche Bild, journal le plus lu d’Allemagne.

     

    « Voir des drapeaux de l’Empire devant le Parlement est une honte », a tweeté le ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas.

     

    Si le droit de manifester doit être défendu, « personne ne devrait aller jusqu’à défiler derrière les extrémistes de droite », a-t-il ajouté.

    Parmi les manifestants interpellés devant l’ambassade de Russie figurait une des figures du mouvement « anti-masques » en Allemagne, Attila Hildmann, devenu célèbre en tant que cuisinier végan et désormais membre autoproclamé de « l’ultra-droite ».

     

    Sénateur Ronan Le Gleut
    Sénateur Ronan Le Gleut

    Interview du Sénateur Ronan Le Gleut, ancien élu consulaire des Français d’Allemagne

     

    Le sénateur Ronan Le Gleut, avant de siéger à Paris, est un Français d’Allemagne. Né à Berlin, il a étudié en France avant de retrouver Berlin comme cadre de l’office européen des brevet. Lesfrancais.press lui ont demandé de nous éclairer sur le mouvement anti-masques dont le bastion semble être l’Allemagne en Europe.

     

    Lesfrancais.press : Alors que les mouvements anti-masques pullulent dans le monde, dont la France, ce samedi 29 aout, des européens se sont réunis dans la capitale allemande. Comment expliquez-vous qu’un tel mouvement puisse prendre cette ampleur dans ce pays ? Est-ce un vrai questionnement de la population allemande ou sommes-nous face à une manipulation de l’extrême-droite ?

     

    Sénateur Ronan Le Gleut : Paris, Londres, mais surtout Berlin, ont connu une manifestation anti-masques ce samedi 29 août. Avec 38.000 manifestants, l’ampleur de la manifestation à Berlin est une surprise pour le gouvernement allemand. D’abord interdite par la ville, le tribunal administratif a finalement autorisé cette manifestation, qui a rapidement été dispersée par la police. Puis un groupe a tenté d’entrer dans le Reichstag, dérapage évidemment qualifié d’inacceptable par le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer, 300 interpellations ont eu lieu. Pour répondre précisément à votre question, les manifestants étaient hétéroclites, on trouvait des complotistes et conspirationnistes, des militants anti-vaccins, des sympathisants d’extrême-droite mais aussi des citoyens authentiquement inquiets.
    Mon opinion est que nous devons davantage alerter sur les risques bien réels d’une seconde vague, la courbe des contaminations prend une forme exponentielle, que le port du masque doit devenir une habitude et que nous devons collectivement faire preuve d’esprit de responsabilité pour empêcher un second confinement qui serait fatal à notre économie et nos emplois.

    Lesfrancais.press : Près de 160 000 français vivent en Allemagne, quel est leur sentiment sur les mesures prises ? Sont-ils inquiets pour leurs libertés ? Pour le coronavirus ? Pour la crise économique ?

    Sénateur Ronan Le Gleut : Aujourd’hui l’inquiétude porte principalement sur les mesures de quarantaine au retour d’Ile-de-France et de Provence-Alpes-Cote d’Azur, désormais classées comme zones à risque par l’autorité sanitaire fédérale allemande, l’institut Robert Koch. En effet, il est désormais obligatoire de fournir un test PCR négatif de moins de 48 heures ou d’effectuer un test de dépistage dans les 72 heures suivant l’entrée en Allemagne. Dans l’attente des résultats, il convient de se placer en auto-quarantaine. Ces mesures inquiètent et interrogent les Français établis en Allemagne qui comprennent le sens de ces mesures mais voient combien elles limitent la mobilité entre nos deux pays.

    Lesfrancais.press : Enfin en tant qu’élu de la nation, comment analysez-vous la gestion de cette crise sanitaire sans fin par le gouvernement français ? Ne faut-il pas plus d’Europe pour harmoniser la réponse au Coronavirus ?

    Sénateur Ronan Le Gleut : Je reste stupéfait par la communication chaotique du gouvernement français sur les masques au début de la pandémie. On a pris un mauvais départ mais dorénavant les Français ont pour la plupart changé leur habitudes et font preuve d’une grande capacité à s’adapter aux exigences nouvelles. Pour stopper la deuxième vague de contaminations, qui est particulièrement inquiétante, les Français ont besoin d’un discours clair et intelligible. Les premières cartes de Paris, en forme de gruyère, avec ces rues où le port du masque était obligatoire et pas d’autres, n’avaient aucun sens. De même, le manque de clarté sur ce que les écoles doivent faire si un enfant est contaminé suscitent de légitimes interrogations. Le gouvernement doit clarifier sa position.
    Concernant le rôle de l’Union européenne, l’Europe est la bonne échelle pour réserver des vaccins auprès de géants pharmaceutiques. Par ailleurs rappelons que des patients français de la Covid-19 ont été hospitalisés chez nos voisins européens, au moment où nos hôpitaux du Grand Est étaient débordés, notamment en Allemagne. Enfin, au delà de l’enjeu sanitaire, crucial, l’enjeu économique et social est tout aussi sensible et le plan de relance ne suffira probablement pas. Nicolas Sarkozy a intitulé son ouvrage « Le Temps des Tempêtes », nous y sommes à nouveau
  • À Berlin, les enjeux sont décisifs pour les relations entre l’UE et la Turquie

    À Berlin, les enjeux sont décisifs pour les relations entre l’UE et la Turquie

    L’exacerbation des tensions concernant les frontières maritimes et les réserves de gaz naturel entre la Turquie et le reste de l’UE, en particulier la Grèce et la France, met à rude épreuve la politique étrangère fragmentée et sinueuse du bloc. 

     

    Les ministres européens des Affaires étrangères devraient s’entretenir sur les relations bilatérales avec Ankara au cours d’une réunion informelle organisée sous la présidence allemande de l’UE à Berlin. Toutes les questions en suspens concernant la Turquie seront ainsi traitées ces 27 et 28 août. Il va sans dire que les relations qu’entretiennent la Turquie avec l’UE entrent dans une phase décisive. 

    Bien que le bloc ait dénoncé, à maintes reprises, des violations perpétrées par Ankara dans l’espace aérien et maritime grec ainsi que sur le territoire chypriote, il n’a pris aucune mesure phare jusqu’à présent afin de condamner ces agissements par crainte de s’éloigner d’un voisin stratégique important. 

    Toutefois, pour Josep Borrell, haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (HR/VP), il est primordial qu’Ankara et Athènes poursuivent leurs efforts afin de pallier leurs différences. 

    Néanmoins, les tensions se sont aggravées lorsque la Turquie a déployé son vaisseau sismique, Oruç Reis, et sa marine de guerre dans les eaux contestées de la Grèce lundi 10 août. Athènes avait alors envoyé sa propre flotte pour surveiller les navires turcs. 

    Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a longtemps eu maille à partir avec Bruxelles en raison des motifs de son pays pour rejoindre l’UE, a campé sur ses positions. 

    « Nous voulons que tout le monde se rendent compte que la patience, la détermination, les ressources et la bravoure de la Turquie ne seront plus mis à épreuve. Si nous affirmer que nous allons lancer des actions, nous les lancerons, et nous en payerons les prix », a ajouté le président turc Recep Tayyip Erdogan. 

    De son côté, la Grèce doublera l’étendue de ses eaux territoriales avec l’Italie à 12 milles nautiques, a annoncé le Premier ministre grec Kyrios Mitsotakis ce mercredi (26 août). Il n’exclut pas la possibilité de prendre une mesure semblable à l’est, soit avec la Turquie. Pour Ankara, une telle décision constituerait un acte de guerre. 

    L’Italie et la Grèce ont signé un accord sur leurs frontières maritimes en juin, mettant ainsi en place une zone économique exclusive (ZEE) et résolvant un litige de longue date sur les droits de pêche dans la mer Ionienne. De plus, le parlement grec débat actuellement au sujet d’accord maritime avec l’Égypte — un accord qui enfreint le droit international, selon la Turquie. Ainsi, les législateurs à Athènes devraient voter sur ces accords le 27 août. 

    L’accord gréco-égyptien annulerait le mémorandum de compréhension contesté entre la Turquie et la Libye visant à démarquer les zones maritimes de la région. L’entente turco-libyenne délaisse l’île de Crète et aux yeux de la Grèce, Ankara souhaite établir un précédent juridique par l’entremise d’un mémorandum en violation avec le droit international. 

    En Libye, la Turquie contourne sans arrêt l’embargo sur les armes que l’UE tente d’imposer par le biais de l’opération Sophia. Pour Ankara, ces mesures coercitives privilégient l’armée nationale libyenne à Tobruk menée par le général Khalifa Haftar. 

    En outre, M. Erdogan a exprimé son soutien à Fayez el-Sarraj, chef du Conseil présidentiel du Gouvernement d’union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par l’ONU. 

    Le navire européen souhaite que l’OTAN lance des actions en la matière, mais le secrétaire générale Jens Stoltenberg a laissé entendre qu’Ankara bloquait les démarches envisagées. 

    Actions et sanctions 

    Josep Borrell présentera une boîte à outils d’options afin d’aborder la situation critique en Turquie. Selon une source diplomatique proche du dossier, ces options devraient être « plus larges que des sanctions ». En revanche, aucun détail à ce jour n’a été révélé sur ce sujet, pas même aux États membres. 

    L’Allemagne tentera une nouvelle fois d’inciter la Turquie et la Grèce au dialogue, à condition qu’Ankara cesse toute activité illégale en Méditerranée orientale dans les plus brefs délais. Elle réitérera son soutien à l’égard de la Grèce et de Chypre. 

    Athènes souhaite que des sanctions sectorielles soient imposées sur les banques turques, ce qui paralyserait une économie déjà chancelante. Toutefois, d’autres pays se montrent plus durs, comme l’Autriche, et appellent à un retrait total de la candidature turque à l’adhésion à l’UE, une action dont les répercussions géopolitiques seraient bien plus profondes.

    Ainsi, Ankara se rapprocherait de Moscou et Erdogan compterait alors un autre « ennemi extérieur » supplémentaire qu’il pourrait utiliser pour asseoir une nouvelle fois son pouvoir à l’échelle nationale. 

    L’objectif de M. Borrell au cours des réunions à Berlin sera d’élaborer un plan concret qui témoignera d’une approche européenne unifiée et évitera une nouvelle entrave dans la politique étrangère. 

    Questionné sur le choix d’options ou de sanctions, le représentant européen a répondu que « l’unanimité allait de pair avec l’ambition […] Il incombe à M. Borrell de satisfaire les intérêts des États membres dans leur ensemble ». 

    Bisbilles diplomatiques 

    Athènes encadre actuellement des exercices de guerre avec la France, l’Italie et Chypre dans le sud de la Crète pour une durée de trois jours, tandis que la Turquie a effectué des forages en présence de la flotte américaine, et ce, dans la même zone. Voilà qui devrait mettre le feu aux poudres. 

    Ces manœuvres militaires ont eu lieu le lendemain de l’offre de médiation faite par le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, lors d’un voyage à Athènes et Ankara.

    La ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, a déclaré, à l’issue de ses entretiens avec ses homologues européens à Berlin mercredi (26 août), que « nous devions trouver un point de départ pour nous permettre d’entrer à nouveau dans des discussions et des négociations politiques ».

    « Les manœuvres qui ont eu lieu aujourd’hui ne sont certainement pas utiles », a ajouté La ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer.

    En revanche, un représentant de l’UE a indiqué que l’exercice était « complémentaire » à l’incitation au dialogue renforcée par l’Allemagne et Josep Borrell. 

    « L’effort diplomatique en faveur du dialogue et l’exercice naval ont tous deux un objectif : établir la stabilité dans la région et enclencher un apaisement des tensions », a soutenu la représentante.

    Les dirigeants de la France et de l’Allemagne, Emmanuel Macron et Angela Merkel, ont récemment admis qu’ils n’étaient pas toujours d’accord sur la voie à suivre, mais que leurs objectifs étaient les mêmes. Lors d’une réunion en France la semaine dernière, les deux leaders se sont engagés à « préserver » la souveraineté de l’UE en Méditerranée orientale.

    Il semblerait que Berlin et M. Borrell étaient tous deux au courant de l’initiative de l’exercice, ce qui signifie qu’ils utilisent les canaux diplomatiques pour pousser la Turquie vers le dialogue, tandis que d’autres, menés par la France, souhaitent rappeler à Ankara que la Grèce n’est pas sans allié. 

    La France, devenue la plus grande puissance militaire de l’UE après le Brexit, a souligné ce soutien, la ministre des Armées Florence Parly ayant déclaré que la région « ne devrait pas être un terrain de jeu pour les ambitions de certains — c’est un atout partagé ».

    Les tensions ont également été fortes ces derniers temps entre la France et la Turquie à propos du conflit en Libye, où Paris et Ankara se sont accusés mutuellement d’ingérence. Dans le dernier incident en Méditerranée orientale — qui fait maintenant l’objet d’une enquête de l’OTAN — Paris affirme que les frégates turques ont été « extrêmement agressives » envers un navire de la marine française participant à une mission de l’OTAN dans la région.

     L’Europe s’est mise en situation de dépendance avec la Turquie 

    L’Allemagne, pour sa part, s’efforce d’être un « intermédiaire impartial » pendant sa présidence du Conseil de l’UE, bien qu’elle ait des intérêts économiques importants en Turquie.

    Mais Berlin tient particulièrement à éviter que la crise migratoire de 2015-2016 ne se reproduise. M. Erdogan avait alors menacé d’ouvrir les frontières de la Turquie aux migrants, afin de forcer Bruxelles à faire des concessions. En février, il a permis à des réfugiés de passer en Grèce, entraînant ainsi des conflits à la frontière. 

    La crise migratoire de 2015 n’a pu être résolue qu’un an plus tard, après la signature d’un accord historique avec l’UE par Ankara visant à endiguer le flux migratoire en échange d’incitations financières. 

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