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  • Le lycée français Molière de Madrid, creuset fertile du biculturalisme franco-espagnol

    Le lycée français Molière de Madrid, creuset fertile du biculturalisme franco-espagnol

    L’établissement de la Mission laïque française à Madrid développe un programme, en français et en espagnol, qui permet aux élèves de faire partie de la francophonie et de sa culture comme du monde hispanophone. 

    Eh ! La directrice a dit : ‘En français’ !”, rappelle Noa, 9 ans, à ses camarades qui bavardent allègrement en espagnol. Au-dessus de leurs têtes, quatre expressions idiomatiques évoquant des légumes sont peintes sur des panneaux de bois, plantés au fond du “potager” de la cité scolaire de la Mission laïque française (MLF) près de Madrid. Sous le soleil de 13 heures, les élèves de CM1 arrachent les mauvaises herbes, retournent la terre ou observent un escargot, ce mardi 16 mars, quatrième jour de la semaine de la francophonie dans le monde. Une tranche de vie en français dans le cœur de l’Espagne, pour faire germer les graines d’une double culture dans ces esprits en construction.

    Le Potager

    Ici, la semaine de la francophonie, c’est tous les jours”, s’amuse Alix Martelly, directrice des classes de primaire. Implantée à Villanueva de la Cañada, à une vingtaine de kilomètres de Madrid, la cité scolaire Molière accueille des élèves de la petite section de maternelle (autour de 3 ans) à la terminale, au lycée (autour de 17 ans). Ils reçoivent tous les enseignements du système français en même temps qu’ils doivent assimiler les savoirs requis par le système espagnol. Ils terminent leur scolarité avec deux diplômes : le baccalauréat et le bachillerato, son équivalent de l’autre côté des Pyrénées.

    Le multiculturalisme se fait tout seul, dans la cour de récréation. Quand ils sont devant nous les élèves parlent en français, mais dès qu’on a le dos tourné, c’est l’espagnol qui reprend le dessus

    Stéphanie Agathon, documentaliste de la cité scolaire Molière de Madrid

    Le but de l’établissement est de former des esprits dans lesquels cohabitent la culture du pays de Cervantès avec celle du pays de Molière. Plus de 40 % des élèves sont issus de familles espagnoles. Parmi les autres, une bonne partie vient de familles dont un des parents est natif du royaume. La majeure partie de l’équipe pédagogique, elle, vient de France.

    Apprendre le français, apprendre en français

    Alix Martelly, la directrice du primaire dans la salle dédiée à la
    grande section en maternelle à Madrid

    Dans une classe de maternelle, un groupe d’enfants de 4 à 5 ans est absorbé par les couleurs de la peinture qu’ils étalent sur leurs feuilles, un peu avant midi. “Je vais me laver les mains”, annonce une petite fille à l’institutrice avant d’interroger sa camarade : “¿Y tú, ya las tienes limpias?” (“Et toi, tu as déjà les mains propres ?” en espagnol, NDLR). Ils ont encore l’élocution maladroite de la petite enfance mais passent déjà d’une langue à l’autre comme si de rien n’était.

    La francophonie, ce sont deux choses : apprendre la langue et la culture à travers le cinéma, la musique, la lecture ou l’histoire. Mais c’est aussi apprendre en français, ce qui est différent du fait de simplement apprendre la langue

    Valérie Servissol, proviseur du lycée de la cité scolaire.
    Martina, espagnole qui a suivi toute sa scolarité au Lycée Molière

    Résultat : “Je sens qu’il y a une autre culture qui est ancrée en moi, alors que je suis totalement espagnole”, explique Martina, 17 ans, élève de terminale au lycée Molière. Elle est née et a grandi à Madrid, dans une famille espagnole. Mais elle a fait toute sa scolarité ici. La jeune fille s’exprime dans un français parfait. Seul un autre interlocuteur bilingue notera, çà et là, une expression typiquement espagnole traduite dans notre langue. Sans accent.

    Comme les ados de Paris, Marseille ou Lyon, Martina rit aux vannes d’“Amixem ou de Squeezie”, des youtubeurs qui font un carton dans l’Hexagone. Dans ses playlists, la chanteuse bruxelloise Angèle côtoie une certaine Amaia, artiste pop célèbre auprès du jeune public en Espagne. “Dans mes goûts, les livres que je lis, la musique que j’écoute, c’est surtout du français.” 

    Pour elle, le choix est déjà fait. Elle fera ses études en France. Passionnée d’informatique, elle rêve de continuer sa route avec une double licence “maths et info”. 

    Jeter des ponts entre les cultures

    Chaque année, en moyenne, 55 jeunes comme elle sortent du lycée Molière avec le bac en poche. Et un bagage leur permettant de jeter des ponts entre le monde hispanophone et celui de la francophonie. 100 % de réussite au bac, un réseau d’anciens élèves bien placés, cet établissement privé revendique une excellence du modèle français.

    60 % des élèves du lycée Molière enchaînent sur des études supérieures en Espagne. 30 % choisissent la France. “Et puis il y a une petite dizaine de pourcents qui va un peu partout dans le monde”, complète Valérie Servissol. En dehors de la “biculture” franco-espagnole, la Mission laïque française (MLF) chapeaute un réseau de 112 établissements scolaires à travers les cinq continents. “Au-delà du biculturalisme, il y a le multiculturalisme. Notre objectif est vraiment l’éducation des citoyens de demain, ouverts sur le monde. L’autre n’est pas un problème, l’autre est intéressant.” 

  • Le retour des années 70 ?

    Le retour des années 70 ?

    Avec la crise sanitaire, le temps serait au retour du keynésianisme et de l’inflation. Un petit air « seventies » flotte sur l’économie mondiale. Avec le stop and go économique qu’elle induit, la crise sanitaire provoque des goulots d’étranglement, des pénuries et des tensions au niveau de la production. Si des similitudes entre les années 1970 et les années 2020 existent, les différences sont néanmoins nombreuses

    Au début des années 1970, avant le premier choc pétrolier, l’industrie employait plus du quart de la population active, voire le tiers, dans certains États. Elle était portée par l’essor de l’automobile. Au sein de l’OCDE, le taux de syndicalisation était alors de 34 % quand il ne dépasse pas 18 % actuellement. Les gains de productivité étaient jusqu’au début des années 1980 affectés aux salaires au détriment des actionnaires. Depuis, la répartition s’est inversée. Le développement du secteur tertiaire qui repose sur des entreprises de plus petite taille et sur la désindustrialisation ont modifié les rapports de force.

    Chômage et concurrence 

    L’affaiblissement des gains de productivité qui sont passés de plus de 2 % à moins de 1 % par tête rend le partage plus délicat à organiser. Afin de mieux rémunérer les actionnaires, dans un contexte d’aversion aux risques croissant, les profits augmentent de 1970 à 2019, passant de 8 à 13 % du PIB. L’inflation s’était répandue dans les années 1970 avec la hausse continue des prix des matières premières et de l’énergie ainsi qu’avec la généralisation des règles d’indexation notamment des salaires. La désinflation compétitive qui s’est imposée à compter des années 1980 a changé la donne. Les clauses d’indexation ont été abandonnées. La progression des salaires nominaux est progressivement passée de 10 à moins de 2 %. 

    Le développement du chômage à partir du premier choc pétrolier et l’accroissement de la concurrence avec la mondialisation et la digitalisation pèsent de plus en plus sur la courbe des prix. Le rapport de force entre salariés et employeurs n’est plus du tout le même entre 1970 et 2020. 

    La pénurie de pétrole repoussée aux calendes grecques

    Au-delà de ces différences, quelques ressemblances sont à noter entre les deux décennies. La hausse des matières premières et de l’énergie n’est pas comparable. Dans les années 1970, les deux chocs pétroliers sont la conséquence d’un changement de rapport de forces entre les producteurs et les consommateurs. En 2021, l’augmentation du cours du pétrole est rendue possible grâce au maintien de quotas de production par l’Arabie saoudite avec l’accord implicite des États-Unis qui sont redevenus autosuffisants. La menace d’une pénurie de pétrole a été renvoyée aux calendes grecques d’autant plus qu’à terme le processus de décarbonisation devrait en diminuer l’usage.

    Contestation de la société de consommation

    En revanche, les pénuries de certains biens intermédiaires comme les microprocesseurs sont liées à une forte hausse de la demande qui peut s’assimiler à celles que nous connaissions à la fin des Trente Glorieuses. Sur le plan salarial, des revendications se font jour tant aux États-Unis avec l’engagement d’un débat sur le niveau du salaire minimum qu’en Europe après de nombreuses années de stagnation des salaires. Certaines professions dans le secteur de la santé ou dans la grande distribution par exemple réclament à la fois de meilleures rémunérations et la reconnaissance de leur travail. 

    L’idée d’un partage des revenus plus favorable aux salariés revient régulièrement au cœur de débats comme cela était déjà le cas dans les années 1970. Sous couvert de transition énergétique, les concepts de circuits courts, d’économie circulaire ou d’agriculture maitrisée reprennent des thèmes qui avaient été popularisés par le Club de Rome en 1972. Un fort courant de contestation de la société de la consommation s’était alors développé débouchant même sur des actes terroristes. Au sein des pays occidentaux, des ministres de l’environnement sont alors créés. C’est également l’époque des grands combats pour l’égalité entre les hommes et les femmes, thème à nouveau au cœur de l’actualité.

    Dépenses et déficits publics 

    Avec les chocs pétroliers, les gouvernements sont contraints d’intervenir pour soutenir l’économie et les revenus. Le montant des dépenses publiques augmente et les déficits publics réapparaissent après avoir disparu au début des années 1960. Les banques centrales sont alors appelées à l’aide à travers des avances aux États, avances accusées de favoriser l’inflation et les déficits et qui seront progressivement interdites (en France en 1973). L’interventionnisme prend alors de multiples formes: indemnisation du chômage, préretraite, nationalisation des entreprises en difficulté. 

    En 2020, les outils diffèrent mais les objectifs restent les mêmes avec l’essor du chômage partiel, le fonds de solidarité ou les plans de soutien aux filières en difficulté. La nature des chocs subis par les économies est néanmoins très différente. Les crises de 1973 étaient imputables à une augmentation des coûts dans un contexte de forte demande nourrie par trente ans de croissance économique et démographique. En 2020, le contexte est différent. La crise est le produit d’une priorité donnée à la vie au sein de pays en proie à un rapide vieillissement.

    Hier, la promesse d’un monde meilleur 

    L’état des opinions n’est également pas le même. Dans les années 1970, la croyance en un monde meilleur était forte, monde que les pouvoirs publics pouvaient changer. En 2021, l’état d’esprit est plus sombre, plus fataliste. L’épidémie conjuguée à la menace climatique constituent une lourde épée de Damoclès. Certains experts prédisent une sixième extinction des espèces sur terre et une augmentation des températures de 2 à 6 degrés rendant en partie la planète inhabitable. Face à de telles prévisions, les pantalons à pattes d’éléphant et la musique disco semblent loin, très loin. 

    Il ne serait peut-être pas inutile de renouer un peu avec l’esprit plus léger de cette décennie vieille de cinquante ans.

  • Liban : colère face à la chute de la monnaie

    Liban : colère face à la chute de la monnaie

    Colère dans tout le pays face à l’effondrement de la monnaie. La livre a perdu 90% de sa valeur. Plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Une crise économique aggravée par l’incurie des responsables politiques.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • STAFE 2021 : un bilan qui déçoit !

    STAFE 2021 : un bilan qui déçoit !

    Lors de la récente semaine de l’Assemblée des Français de l’étranger, les résultats de la commission nationale STAFE ont été officialisés. Hélène Degryse, journaliste pour lesfrancais.press et le « Petit futé », mais aussi élue consulaire aux Pays-Bas, partage avec nous son ressenti sur le dispositif de soutien aux associations de Français à l’étranger, qui ne semble satisfaire personne. Une tribune en coup de gueule qui révèle les dessous de ces subventions bien opaques..

    STAFE : quésaquo

    Le dispositif de Soutien Associatif des Français à l’Etranger (STAFE), vient appuyer les projets associatifs dont l’objet est de nature éducative, caritative, culturelle ou d’insertion socio-économique et contribue au rayonnement de la France et au soutien des Français à l’étranger et des publics francophones. L’enveloppe budgétaire annuelle du dispositif STAFE s’élève à un peu moins de 2 millions d’euros.

    Origines du STAFE : besoin de transparence

    Pour rappel, le STAFE a vu le jour au début du quinquennat actuel suite à la suppression de la réserve parlementaire dans le cadre de la Loi pour la confiance dans la vie politique. Je vous en parlais déjà ici.

    Aux Pays-Bas, la réserve parlementaire avait fait ses preuves en soutenant activement de nombreuses structures et divers événements qui ont animé positivement le tissu associatif.

    Sur le principe, la création de la subvention STAFE va très certainement dans le sens de la transparence et de l’équité. Qu’en est-il dans la pratique ? A l’automne 2019, je partageai déjà mes réserves quant au STAFE dans la pratique dans un article, à lire ici, qui avait, à l’époque pas mal fait réagir.

    2021 : la grande déception

    En raison de la pandémie les crédits STAFE 2020 avaient été redirigés vers l’aide sociale et la campagne 2021 a été effectuée en décalé. Notre conseil consulaire (les conseillers des Français de l’étranger et notre consule) a donc travaillé à l’automne 2020 sur la campagne 2021.

    Nos débats avaient été très fructueux et nous avions émis les avis suivants.

    Avis du conseil consulaire en formation STAFE

    PrioritéNom de l’associationNom du projetMontant retenu
    1Fondation « L’Echappée Belle »Festival Tapis Rouge20 000 euros
    2Fondation Avenir Emplois Pays-BasLes Rendez-vous de l’Emploi2 600 euros
    3Association « Français des Pays-Bas »Festival Brassens 20211 500 euros
    4Accueil des Francophones de La HayeCréation de parcours pour la visite de musées et la découverte des villes néerlandaises en Français4 000 euros

    Ces avis sont ensuite transmis à la commission consultative du STAFE qui s’est tenue le 5 mars 2021 en visio.

    Avis de la commission nationale STAFE

    Cette commission s’est prononcée comme suit pour les Pays-Bas :

    Nom de l’associationNom du projetMontant retenu
    Projet retenuFondation Avenir Emplois Pays-BasLes Rendez-vous de l’Emploi2600 euros
    Projet retenuAssociation « Français des Pays-Bas »Festival Brassens 20211 500 euros
    Projet rejetéFondation « L’Echappée Belle »Festival Tapis Rouge
    Projet rejetéAccueil des Francophones de La HayeCréation de parcours pour la visite de musées et la découverte des villes néerlandaises en Français

    Les résultats complets et les conditions d’éligibilité figurent ici.

    Mes commentaires :

    • Je suis ravie que la demande de la Fondation Avenir Emploi ait été honorée. Cette fondation s’occupe avec brio et professionnalisme des demandeurs d’emploi aux Pays-Bas depuis longtemps. Depuis quelques années, la fondation a su se renouveler et propose une belle panoplie d’outils pour les solo-entrepreneurs du pays.
    • Je suis déçue du rejet des autres demandes.
    • L’accueil de La Haye est un acteur important de notre communauté et aurait mérité une aide.
    • Je suis plus que déçue par le rejet de la demande de soutien au Festival du film français Tapis Rouge. La fondation « L’échappée Belle« , menée de main de maitre par Pierre-Pascal Bruneau, a su mettre en place un magnifique événement, temps fort de notre communauté et symbole du rayonnement de la France et son industrie du cinéma. Lors de la validation de la première édition du festival, nous nous étions engagés sur le principe d’un soutien sur plusieurs années pour bien ancrer cet événement aux Pays-Bas. La première édition a été un magnifique succès. La seconde, en dépit de la seconde vague du Covid et des restrictions sanitaires, fut elle aussi un succès et accueillit plus de 2000 spectateurs prouvant, si besoin en est, la ténacité des organisateurs et l’adhésion de notre communauté à cet événement. Nous verrons comment pourra se passer la 3e édition et j’espère de tout cœur qu’elle pourra avoir lieu en dépit de cette décision inique.
    • Le montant cumulé versé aux associations françaises des Pays-Bas est de 4100 €, soit 0,21 % de l’enveloppe globale STAFE alors que les Français des Pays-Pays représentent 1,37 % de la population française établie hors de France. S’il ne s’agit pas de revendiquer un pro-rata de l’enveloppe, il aurait été juste de voir dans les décisions prises la reconnaissance du travail et du service rendu par les structures associatives du pays.

    Mes interventions à ce sujet durant la semaine AFE

    Je suis intervenue à deux reprises à ce sujet durant la semaine AFE. J’ai partagé avec Laurence Haguenauer la nécessité d’être très prudents face aux demandes STAFE qui témoignent d’un clientélisme certain, surtout en période (pré)électorale. La directrice m’a assuré que les postes y seraient très attentifs.

    Lors de la présentation du rapport de la commission Enseignement, Affaires culturelles, audiovisuel extérieur et francophonie, j’ai réitéré mon étonnement face à l’arbitraire des décisions de la commission STAFE. A l’instar de collègues d’Allemagne, d’Autriche et de Washington j’ai rappelé que derrière le secteur culturel se trouvent aussi des femmes et des hommes qui sont actuellement en souffrances et qu’il convient d’aider.

    Je me tiens naturellement à votre disposition comme d’habitude pour discuter de ces sujets. Si vous souhaitez déposer une demande pour la campagne STAFE à venir, je suis là pour vous aider.

    Pour un résumé très complet de la semaine AFE, je vous invite à lire l’excellent hebdo du Sénateur Robert del Picchia.

  • Les trois éléments clés du certificat vert numérique de l’UE

    Les trois éléments clés du certificat vert numérique de l’UE

    Être vacciné, avoir un test PCR ou une preuve qu’une personne a guéri du COVID-19 seront les trois éléments clés du certificat vert numérique de l’Union européenne, le fameux « Green Pass » qui a été présenté aujourd’hui par la Commission européenne.

    « Si l’on n’a pas l’un de ces éléments, il faudra reconsidérer son voyage« , ont déclaré des sources européennes à EURACTIV.

    L’exécutif européen a présenté aujourd’hui une proposition de règlement juridiquement contraignant sur la question, qui devra ensuite être approuvée par les États membres de l’UE.

    Les sources de l’UE ont précisé qu’il ne s’agit pas d’un « certificat de vaccination », mais plutôt d’un certificat qui couvre essentiellement les éléments ci-dessus avec un QR code.

    « Cela n’introduira pas l’obligation de vacciner mais l’obligation de certifier l’état de santé des Européens désireux de voyager […] c’est une clé de la mobilité », ont précisé les sources.

    Une obligation nationale de délivrer des certificats

    Tous les États membres seront tenus de délivrer ces certificats et si un État impose des restrictions aux détenteurs de ces certificats, il devra le justifier par une excuse approuvée par la Commission.

    Les sources ont indiqué qu’un « portail numérique » géré par l’exécutif européen sera créé, qui sera ensuite relié aux systèmes nationaux et les citoyens de l’UE pourront télécharger leurs informations pertinentes.

    Les mêmes sources ont ajouté que les trois grands groupes du Parlement européen (PPE, S&D, Renew Europe) ont accepté de suivre une procédure accélérée pour son approbation, tandis qu’au niveau du Conseil de l’UE, il existe un large consensus pour faire avancer la proposition.

    Lorsque la proposition de certificat a été initialement faite par le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, un certain nombre d’États membres avaient régi, affirmant qu’il était encore trop tôt ou que cela serait perçu comme discriminatoire, étant donné que tous les citoyens n’ont pas le même accès aux vaccins.

    Cependant, au cours des dernières semaines, la situation a changé et un nombre croissant de pays ont adhéré à l’idée d’un certificat. Il existe toujours une certaine opposition, principalement de la part des pays du Benelux et, dans une certaine mesure, de la France également.

    La « patate chaude »

    À la question de savoir ce qui se passera si certains États membres décident d’étendre son utilisation au-delà des voyages, par exemple pour entrer dans un restaurant ou assister à un concert, les sources européennes ont répondu qu’il s’agissait d’une discussion à suivre entre les États membres de l’UE.

    « Une approche simple consisterait à l’utiliser pour des raisons de voyage […] personne n’exclut le scénario selon lequel, dans certains pays, il serait également utilisé à d’autres fins, par exemple pour entrer dans un cinéma », ont déclaré les sources.

    « C’est alors aux tribunaux nationaux de déterminer si cela introduit un facteur de discrimination », ont expliqué les sources.

    Il est dit que les pays du Benelux feront pression dans les négociations à venir pour mettre des limites strictes à l’utilisation de ces certificats.

    Quels vaccins reconnaître ?

    Un autre sujet crucial de cette discussion est de savoir si les certificats de l’UE reconnaîtront également les vaccins non autorisés par l’Agence européenne des médicaments (EMA).

    Il s’agit d’une question cruciale, notamment pour les pays de l’UE dont l’économie repose sur le tourisme et qui souhaitent ouvrir la prochaine saison d’été le plus tôt possible.

    L’agence européenne des médicaments a jusqu’à présent reconnu les vaccins de Pfizer-BionTech, Moderna, AstraZeneca et Johnson & Johnson. Toutefois, la Hongrie a également approuvé le Sputnik russe, tandis que la République tchèque, la Slovaquie et Chypre sont en pourparlers avec Moscou pour acheter également le vaccin russe.

    En outre, la grande majorité des pays des Balkans occidentaux vaccinent leur population avec des vaccins russes et chinois.

    « Officiellement, notre proposition suggère de reconnaître les vaccins approuvés par l’EMA […] mais ce sera aux États membres de décider s’ils veulent reconnaître des vaccins non autorisés par l’EMA », ont précisé les sources.

    Quant aux citoyens de pays tiers qui souhaitent voyager en Europe, ils pourront toujours le faire à condition que leurs certificats « offrent le même degré de certitude que celui de l’UE ».

    Depuis le début de la pandémie, l’exécutif européen a recommandé d’interdire les voyages inutiles d’un certain nombre de pays tiers vers l’UE.

    « Il va sans dire que si nous ouvrons la porte à la reconnaissance de ces certificats, nous devrons reconsidérer cette décision afin que quiconque possède ce certificat puisse voyager », ont déclaré les sources.

    En pratique, cela signifie qu’un citoyen d’un pays tiers qui souhaite voyager en Europe pourra le faire, si le pays de destination reconnaît les vaccins de ces pays et si les certificats de ces pays fournissent des données sanitaires similaires à celles du certificat européen.

  • Les démarches d’état-civil dématérialisées

    Les démarches d’état-civil dématérialisées

    Depuis vendredi 12 mars 2021, les Français de l’étranger peuvent demander et recevoir les copies et extraits de leurs actes relatifs à des événements de leurs vies de famille ou patrimonial (naissance, mariage, décès, acte notarié), selon un procédé totalement dématérialisé.

    Cette nouvelle possibilité accompagne la procuration semi-dématérialisée, le vote électronique. L’administration consulaire fait sa révolution pour être accessible pour l’expatrié depuis son fauteuil. Un net avantage quand le plus proche consulat est à des centaines de kilomètres.

    Registre d’Etat-Civil Electronique

    C’est une première étape du projet RECE (Registre d’Etat-Civil Electronique) établi par la loi « pour un État au service d’une société de confiance » du 10 août 2018, et piloté par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères. Ce projet vise trois principaux objectifs : un service plus rapide, plus accessible et de qualité pour les usagers ; une expertise juridique accrue des officiers d’état-civil ; des économies grâce à la réduction des coûts d’impression et d’envoi des actes papier.

    Ce nouveau dispositif répond également à un impératif de sécurité pour garantir la protection des données des usagers et l’authenticité des actes d’état-civil produits.

    France consulaire : votre portail administratif en ligne

    Avec France Consulaire et le vote par internet, le RECE est l’un des trois projets stratégiques du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, mis en oeuvre par la direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire, visant à améliorer la vie des citoyens. Les prochaines étapes du RECE consisteront notamment en une refonte approfondie du système de traitement du Service central de l’état civil (SCEC) et de la possibilité de déclarer en ligne les naissances et les mariages.

  • Métro, bus, train : le gouvernement français autorise le recours à la vidéo pour évaluer le port du masque

    Métro, bus, train : le gouvernement français autorise le recours à la vidéo pour évaluer le port du masque

    Dans un décret publié mercredi dernier (10 mars), la France autorise le « recours à la vidéo intelligente pour mesurer le taux de port de masque dans les transports ». Désormais, les images captées par les caméras des métros, des bus et des trains pourront être utilisées afin de voir si la mesure est bien respectée dans les transports en commun – ce qui n’est pas sans inquiéter les associations de défense des droits.

    Un projet en attente depuis 2020

    Que vous preniez le métro ou le bus pour rentrer chez vous, les exploitants de services de transport public pourront désormais surveiller si le masque est bien porté à l’aide des caméras de vidéosurveillance après qu’un décret autorise cette pratique « dans les territoires où, pour faire face à l’épidémie de covid-19, une loi ou un décret impose le port d’un masque de protection dans les véhicules ou les espaces accessibles au public et affectés au transport public de voyageurs ».

    L’initiative ne date pas d’hier. En mai dernier, l’entreprise Datakalab avait offert ses services à la Régie autonome des transports parisiens (RATP) pour qu’elle puisse utiliser son système de détection intelligent du masque pour les caméras installées dans les rames.

    La start-up avait ensuite fait machine arrière, après avoir sollicité la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), qui a rappelé, en juin, que cette pratique n’était encadrée par aucun cadre juridique, et par conséquent, illégale.

    Ce « développement incontrôlé présente le risque de généraliser un sentiment de surveillance chez les citoyens, de créer un phénomène d’accoutumance et de banalisation de technologies intrusives, et d’engendrer une surveillance accrue, susceptible de porter atteinte au bon fonctionnement de notre société démocratique »

     soulignait la CNIL

    Jusqu’à la semaine dernière, où le gouvernement a officiellement autorisé cet usage de la vidéo. Un revirement qui semble embarrasser l’exécutif ; Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué aux Transports, a supprimé son tweet annonçant l’arrivée de ces « caméras intelligentes » qui « permettent de compter les personnes sans identification individuelle ».

    https://twitter.com/DatakaLab/status/1370007135208284165?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1370007135208284165%7Ctwgr%5E%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.euractiv.fr%2Fsection%2Feconomie%2Fnews%2Fmetro-bus-train-le-gouvernement-autorise-le-recours-a-la-video-pour-evaluer-le-port-du-masque%2F

    Un décret illégal ? 

    La Quadrature du Net, un collectif de défense des droits et liberté sur Internet, est vent debout contre cette « offensive autoritaire ». Dans un communiqué, ils estiment que ce décret est non seulement illégal, mais aussi anti-démocratique.

    Illégal car il contreviendrait au code de la sécurité intérieure qui limite les objectifs possibles que peuvent poursuivre la captation d’images, ainsi qu’à l’article 5 du Règlement général sur la protection des données (RGPD) qui porte sur le « traitement des données à caractère personnel ». Selon la Quadrature, la start-up Datakalab s’exposerait, en théorie, à cinq ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende, comme prévu par la loi.

    Un argument juridique que balaie Xavier Fischer, le directeur de Datakalab. Il explique à EURACTIV France qu’il y a « une différence entre la reconnaissance faciale et l’analyse vidéo » et que, dans le cas de la technologie que son entreprise a développée, « compatible avec le RGPD », les images sont traitées localement et ne sont pas stockées : « en quelques dizaines de milliseconde, l’image n’existe plus ».

    Il souligne également avoir souhaité developpé un outil « souverain », face à un besoin grandissant auquel les moyens humains seuls ne suffisent pas.

    La Quadrature du Net reproche également au gouvernement d’avoir abusé de ses prérogatives et contourné le Parlement. Ils appellent par ailleurs le Sénat à réaffirmer l’interdiction de la reconnaissance faciale, alors que celui-ci a rejeté un amendement au début du mois visant à généraliser cette pratiques via les caméras de vidéosurveillance dans le cadre du projet de loi dit de « sécurité globale ».

    « Nous manifesterons pour cela devant le Sénat mardi 16 mars à 16h, square Poulenc à Paris, le jour où commenceront les débats en séance publique sur cette loi »,

    La Quadrature du Net
  • Le Luxe, l’atout maître de l’économie française

    Le Luxe, l’atout maître de l’économie française

    Le marché des biens personnels de luxe a été confronté à une baisse de son activité de 23 % en 2020, le chiffre d’affaires de ce secteur passant de 280 à 217 milliards d’euros. Cette forte baisse s’est concentrée sur le premier semestre 2020 lors de la première vague de l’épidémie. La reprise de l’activité a été forte à partir de l’été. La diminution des ventes en 2020 a été très importante (-36 %) en Europe faute de touristes internationaux. En revanche, les ventes ont enregistré une croissance de 45% sur le second semestre. La contraction de l’activité en raison de l’épidémie est cependant sans précédent pour un secteur habitué à une croissance rapide depuis une dizaine d’années. Le précédent recul datait de 2009 et n’était que de 7,5%.

    Trois premières places du podium 

    Le secteur du luxe est dominé par les entreprises françaises qui occupent les trois premières places du podium au niveau mondial avec Louis Vuitton (près de 52 milliards de dollars), Chanel (36 milliards de dollars) et Hermès (33 milliards de dollars). Ces entreprises devancent l’italien Gucci ou le suisse Cartier. Les neuf premières entreprises françaises réalisent près du quart des ventes mondiales du luxe. Le secteur porte en France, un million d’emplois directs et indirects. La mode, le cuir et l’horlogerie-joaillerie représentent 40 % des emplois, suivis des vins et spiritueux (17%), des parfums et cosmétiques (17%) et de la gastronomie (15%).

    Les arts de la table ou encore le design génèrent également de nombreux emplois. La vallée de la Bresle (Seine Maritime) regroupant près de 10 000 salariés rassemblés au sein de 70 entreprises, fournit plus de 70 % de la production mondiale pour la parfumerie, les spiritueux et la cosmétique. Le secteur des cosmétiques comprend plus de 3 200 entreprises qui disposent d’importantes structures de recherche et de formation, reconnues au niveau mondial. Ces cinq dernières années, le secteur a créé plus de 3 500 emplois avec l’ouverture de nouveaux sites. Les métiers du parfum avec Guerlain, ou Chanel, ont inauguré 5 usines, avec plus de 900 emplois.

    Embauches et création  

    Malgré la crise sanitaire, les entreprises du luxe ont maintenu leurs projets : neuf nouveaux sites sont en cours de création, dont dans le cuir, et dans les métiers d’art. Hermès qui connaît une forte croissance grâce à sa notoriété en Chine devrait lancer six projets entre 2021 à 2023 avec, à la clef, 1 500 créations d’emploi notamment à Louviers (Eure) et à Tournes (Ardennes). Le secteur du luxe éprouve des difficultés à embaucher du fait d’un manque de candidats. Tous les groupes ont des formations internes, des écoles ou des partenariats avec des lycées. Un développement rapide des ventes sur Internet. 

    Pendant de nombreuses années, le secteur du luxe était réticent à vendre en ligne par crainte d’une banalisation. Acheter du luxe était censé être une expérience unique nécessitant un passage dans une boutique. L’essor du commerce en ligne et la multiplication des ventes frauduleuses ou de contrefaçons ont incité les entreprises à opérer leur « Bad Godesberg ». La pandémie n’a fait que renforcer cette tendance d’autant plus que le luxe est de plus en plus dépendant des consommateurs chinois.

    e-commerce aussi pour le luxe 

    Le choix du e-commerce a été gagnant. Les ventes en ligne de cosmétique haut de gamme en 2020 ont augmenté de 60 % en Chine. Près de 40 % des achats en biens de luxe en Chine passent par Internet. Les marques du luxe sont de plus en plus présentes sur les réseaux sociaux en vogue chez les jeunes acheteurs et embauchent de plus en plus d’influenceurs.

    L’Internet chinois, en général, et le site Tmall, en particulier, sont devenus un passage quasi obligé pour toucher les millennials et la génération Z (née après 1995). Ce choix est lié à l’âge moyen des consommateurs chinois du luxe qui est de 10 à 15 ans plus jeune qu’en Europe. La Covid a également contraint la clientèle senior à changer du jour au lendemain ses modes de consommation. Cette clientèle qui restait très attachée aux boutiques physiques et à un accompagnement hyper-personnalisé, est passé rapidement aux achats en ligne rejoignant ainsi les autres catégories de consommateurs. Il n’est pas certain qu’après la crise, ils reviennent dans les boutiques.

    Le luxe et l’eau

    Un secteur rattrapé par les questions environnementales et sociales. L’industrie du luxe est accusée de polluer de consommer beaucoup d’eau et de maltraiter des animaux. L’ensemble de la filière mode serait la troisième industrie la plus gourmande en eau (source ADEME) et la deuxième industrie la plus polluante au monde, après le pétrole. Les marques s’engagent de plus en plus à réduire leur empreinte carbone et veillent à ne pas contribuer à la mise en dangers d’espèces animales. Si jusqu’à peu les entreprises du luxe s’interdisaient de s’immiscer sur le marché de l’occasion, elles commencent à s’en emparer. Elles acceptent de participer aux côtés de start-ups à la mise en place de plateformes d’échanges et de revente, ou de certification. Ces ventes bien organisées contribuent à conforter l’image de marques des sociétés. 

    Avec une croissance annuelle de 12 à 15 %, le marché de la seconde main représente déjà 15 % du marché en 2019. C’est le cas de Trust-Place dont le but est de développer l’économie circulaire, notamment le marché de la seconde main des articles de luxe et haut de gamme. Malgré l’absence de tourisme international, les ventes de luxe étaient à la fin de l’année dernière à 12 % de leur niveau d’avant crise. Les entreprises du secteur espèrent effacer la crise d’ici 2022. Elles considèrent que d’ici 2025 le marché du luxe comptera plus de 450 millions clients contre 390 en 2019.

  • Vite, un vaccin contre la panique !

    Vite, un vaccin contre la panique !

    Un an que le coronavirus sévit. Un virus qui tue, un virus qui rend fou[1]. Après une année d’hésitations, de contradictions, d’errements -que l’on peut comprendre sans être obligé de les approuver- on pouvait penser que l’habitude d’une crise apporterait une relative sérénité. C’est le cas. En bas. La population supporte, s’organise, s’entraide. Les entreprises fonctionnent, les services publics, à commencer par l’hôpital et l’école, font face.

    L’ivresse des sommets perturbe le sens commun

    En haut, c’est l’inverse. L’ivresse des sommets perturbe le sens commun. La campagne de vaccination démarrait à peine (3%), les messages anxiogènes effeuillaient la marguerite du confinement –un peu, beaucoup, passionnément, à la folie-, voilà que le Président de la République, tout de blouse blanche vêtu, surprend encore son gouvernement en suspendant l’usage de l’Astrazeneca.

    La veille, le Premier ministre expliquait pourtant que sur « cinq millions de personnes vaccinées en Europe avec AstraZeneca, trente ont présenté des troubles de la coagulation”, « un chiffre qui n’est pas supérieur à la normale », ajoutait-t-il avec un sourire qui engageait à la confiance. 

    En fait, 48 heures après la vaccination, huit graves cas de coagulation, dont 4 décès, ont été recensés en Europe. Pour l’instant, aucun lien de causalité n’a été confirmé entre la vaccination et ces pathologies. Mais  la rareté de ce type de thromboses a provoqué l’alerte. Selon l’Agence Européenne de Médicaments, la fréquence de ces thromboses n’est pas supérieure avec l’Astrazeneca que dans la population en général. Logiquement, on suppose qu’elle est donc la même avec les autres vaccins. Et il semble que ce soit le cas. Tous les vaccins devraient-ils être suspendus ? Sinon, pourquoi l’Astrazeneca seulement? Et si l’Astrazeneca a été indument autorisé, que penser de ceux qui donnent ces autorisations ? 

    Demain, quel crédit pour demander à la population de se faire vacciner ? 

    Gerdons notre sang froid : Si les décès en question étaient effectivement la conséquence de la vaccination,  le taux de décès serait alors inférieur à 1 pour un million de vaccinations. Le virus, lui, provoque 7500 décès par million de contamination. La balance coût-avantage conduira donc l’Agence à valider une nouvelle fois l’Astrazeneca. Comme l’OMS, qui a réaffirmé qu’ « il n’y avait pas de raison pour ne pas utiliser le vaccin. » Mais, demain, quel crédit auront ces institutions et ces dirigeants pour demander à la population de se faire vacciner, quel que soit, d’ailleurs, le vaccin ? 

    Et si l’Agence confirmait les doutes ? Les cinq millions de personnes vaccinés ne seraient elles pas en droit de porter plainte ? Comment utiliser un vaccin sans être certain de son innocuité ? On reproche justement aux Russes, aux Chinois d’avoir commencé à vacciner en brûlant les étapes. L’enjeu de la vaccination n’est pas que médical. Il apparait comme le seul outil, pour l’instant, capable d’autoriser un retour à une vie normale, tant la peur est profonde. Le seul moyen d’éviter une catastrophe de santé publique en raison des reports d’examen médicaux et des effets psychiatrique de cette oppression qui n’en finit pas. Sans parler de la catastrophe économique.

    Une décision pour ne pas être isolé  

    On dira, outre la désastreuse communication et l’atteinte à la crédibilité de la parole publique, que la France n’est pas la seule à avoir suspendu le vaccin Astrazeneca. Elle a suivi l’Allemagne, comme l’Italie et l’Espagne. L’Irlande, le Danemark, la Norvège, la Bulgarie et les Pays-Bas avaient déjà pris cette mesure le 8 mars. C’est d’ailleurs pour ne pas être isolé que Macron aurait pris cette décision, prenant son Premier ministre à contrepied. Il voulait éviter « trois jours de stress », avant la nouvelle communication de l’Agence Européenne du Médicament. Elle répétera encore une fois jeudi comme elle l’a fait hier que “les bénéfices du vaccin AstraZeneca sont supérieurs aux risques d’effets secondaires” (comme c’est la règle pour tout médicament). Si elle dit autre chose, elle ferme.

    Un choc de défiance monumental 

    A l’Elysée, on explique qu’on s’aligne surtout par souci de « cohérence européenne ». Cohérence, ce n’est pas le mot qui vient immédiatement à l’esprit. L’Elysée attendrait même de la décision positive de l’Agence, un « choc de confiance ». Pour l’instant, c’est un choc de défiance monumental. On a le choix entre : « Oh, excusez-nous, on s’est trompé de vaccin ». Et « Oh excusez nous, on a cru que c’était dangereux mais c’était une erreur ».  A quel moment est-on sûr qu’ il n’ya pas d’erreur ?

    A se demander si derrière tout cela il n’y a pas simplement le soulagement de trouver des dérivatifs aux ratés de la campagne de vaccination. 

    En attendant, le feuilleton du confinement continue. Le Premier ministre expliquait vendredi que l’Ile de France n’était pas encore confiné car elle restait en dessous du seuil des « 400 cas pour 100 000 habitants ».  Le mardi, le seuil était dépassé, mais on ne confine pas. Le seuil, c’était une façon de parler. S’ils pouvaient se taire un peu, qui sait, la confiance reviendrait. 

    Jouent-ils, au sommet, la vaccination, le confinement, le couvre feu, -c’est-à-dire les libertés publiques-, au gré des humeurs? « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés[2] ». Du virus de la panique, c’est certain. Ils devraient tous se confiner. 


    [1] Titre du livre de Bernard Henri Lévy, « Ce virus qui rend fou », Grasset.

    [2] Les Animaux malades de la Peste, La Fontaine. 

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