Selon la consultation menée par LesFrançais.presse, la Gauche, unie sur des listes uniques en Espagne, remporte une très large majorité des intentions de vote. LREM émerge nettement dans la circonscription de Madrid, une liste indépendante arrive deuxième dans les circonscriptions de Barcelone.
Résultat de notre consultation auprès des électeurs de la circonscription de Barcelone
L’union fait la force. C’est ce que semble indiquer la consultation menée par LesFrançais.presse sur les intentions de votes aux élections consulaires du 30 mai prochain, en Espagne. Unie sur des listes communes, la gauche arrive très largement en tête dans les déclarations des répondants. Dans la circonscription de Madrid, les candidats adoubés par La République en Marche (LREM) émergent nettement, quand ceux qui portent la bannière du parti Les Républicains (LR) arrivent derniers.
Résultat de notre consultation auprès des électeurs de la circonscription de Madrid
À la différence d’un sondage, qui collecte des données selon une méthodologie stricte et calcule ses résultats de manière à rectifier les biais statistiques, cette consultation a été effectuée en envoyant un questionnaire par mail à tous les inscrits sur les listes électorales consulaires (LEC) joignables par courrier électronique. Autour de la moitié des inscrits. Sur les 42 633 (ce mardi) noms des LEC de la circonscription de Madrid, 466 personnes ont répondu. Ils étaient 199, sur les 32 654 inscrits (en novembre dernier) à Barcelone. Le questionnaire a été envoyé lelundi 5 avril 2021. La consultation a été clôturée vendredi dernier.
Près de 47 % des répondants annoncent qu’ils donneront leur voix à la gauche dans la circonscription de Madrid, qui couvre la majeure partie du territoire espagnol. Un peu plus de 54 % affirment qu’ils feront de même dans la circonscription de Barcelone, qui regroupe trois régions de l’est du pays : la Catalogne, Aragon et les Baléares.
François Ralle Andreoli
“Ça reste un indicateur qu’il faut prendre avec prudence”, commence François Ralle Andreoli, qui mène la liste “AGISSONS ENSEMBLE”1 à Madrid. “Je crois qu’en période de crise, les Français reconnaissent les qualités de l’union”, avance-t-il cependant. Cette année, la gauche ne présente qu’une seule liste dans la circonscription de Madrid. Elle est appuyée par Europe écologie-Les Verts (EELV), La France insoumise (LFI), le Parti socialiste (PS) et Génération.s. Lors des dernières élections consulaires, en 2014, deux listes concurrentes avaient été présentées. Une soutenue par le PS et EELV. L’autre par le Front de gauche. François Ralle Andreoli avait été élu à la tête de la seconde. Il est aujourd’hui encarté chez EELV.
Même chose à Barcelone, avec une liste unique “AGISSONS ENSEMBLE”2. La reconnaissance du travail effectué sur le terrain depuis 2014, selon Renaud Le Berre, qui mène aujourd’hui les douze candidats de la gauche à l’élection. “Pendant la pandémie, on a pu mettre en place un réseau de livraisons de repas à domicile et de colis alimentaires grâce à l’impulsion des conseillers et des associations qu’il y a derrière. Je pense que la crise a rendu les Français plus sensibles à la solidarité et à l’écologie. Peut-on continuer de consommer de la sorte ?”, estime celui qui émargeait au PS en 2014.
“Nous ne sommes pas face à un sondage au sens classique du terme”, insiste Stéphane Vojetta, qui mène la liste concurrente à Madrid, appuyée par LREM. “Chacun aurait pu essayer de mobiliser son ‘fan-club’. Les intégrants de la liste AGISSONS ENSEMBLE ont une grosse capacité de mobilisation de leurs ‘fans’. Mais il n’est pas impossible que le résultat soit très différent le jour de l’élection.”
En Marche !, vers le conseil consulaire à Madrid
Stéphane Vojetta, avec Samantha Cazebonne
Pour ses premiers pas, “Ensemble pour TOUS les Français d’Espagne”, liste estampillée LREM, récolte légèrement plus de 26,5 % des intentions de vote exprimées dans notre consultation. Fondé en 2016, le parti est maintenant bien installé dans le paysage politique français. De l’autre côté des Pyrénées, Stéphane Vojetta, suppléant de Samantha Cazebonne, députée LREM des Français de l’étranger en Espagne, fait lui aussi ses premiers pas dans la politique consulaire. “En dehors des sigles, ce sont des élections très locales, où nous présentons des personnalités locales, très impliquées au niveau associatif, qui bougent et qui font bouger les choses”, fait-il valoir.
Il ne voit pas d’acte de campagne déguisé dans la lettre ouverte adressée, mercredi dernier, aux Français de l’étranger par Emmanuel Macron, président de la République et fondateur de En Marche !. Certains, au contraire, soulignent le timing, à moins de deux mois des consulaires. “C’est de bonne guerre”, s’amusent François Ralle Andreoli comme Stéphane Vojetta. “Le gouvernement est affaibli en France, et protège tout ce qu’il peut”, estime le premier. “Des élections ont été prévues chaque année depuis 2017. Si le président ne peut s’adresser à ses compatriotes de l’étranger moins d’un an avant un scrutin, quand le pourra-t-il ?”, balaye le second. Campagne ou pas, l’un comme l’autre voient le fait que le président s’adresse enfin aux Français hors de France comme une avancée positive.
À Barcelone, la “Liste indépendante des Français de l’étranger” (LIFE), récolte près de 22 % des intentions de vote chez les électeurs consultés. “C’est intéressant. Ce score correspond plus ou moins à notre résultat aux élections consulaires de 2014”, se félicite Pascal Bourbon, qui a monté cette liste il y a sept ans. “La dernière fois, c’était une surprise. Là, c’est une confirmation. Cela veut dire que nous représentons une alternative à la gauche.”
Un peu moins de 15 % des répondants annoncent leur intention de voter pour la liste adoubée par LREM à Barcelone, troisième sur la circonscription.
2,4 % des répondants voteraient pour la droite classique, arrivée en tête en 2014
À droite, “Parlons des Français d’Espagne”, liste sur laquelle le parti Les Républicains (LR) a apposé son étiquette, récolte à peine plus de 2,4 % des votes annoncés par les électeurs qui ont répondu à notre consultation. Rebaptisée LR depuis, l’UMP était pourtant arrivée en tête des élections de 2014. Mais la marque a souffert de dissensions internes.
À Madrid, l’équipe sponsorisée par l’Alliance solidaire des Français de l’étranger (ASFE), parti créé par Jean-Pierre Bansard, ancien sénateur des Français de l’étranger dont l’élection a été annulée en raison d’irrégularités, emporte la préférence de 14,46 % de nos répondants.
Les listes présentées par le Rassemblement national, elles, sont créditées de 9,64 % des intentions de vote sur la circonscription de Madrid, et 9,64 % à Barcelone, où la formation d’extrême droite se présente pour la première fois.
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1 Le nom complet de la liste est “AGISSONS ENSEMBLE – Mouvement citoyen des Française et Français d’Espagne, des élus engagés à vos côtés. Poursuivons ensemble notre action pour plus de solidarité et d’écologie”.
2 Le nom complet de la liste est “AGISSIONS ENSEMBLE – MOUVEMENT CITOYEN POUR L’ÉCOLOGIE ET LA SOLIDARITÉ”.
Ancien directeur des programmes de france2, puis directeur général adjoint chargé de l’antenne et des programmes de France 4, directeur des programmes de RTL, et en janvier 2013 Directeur Général de TV5 Monde et depuis avril 2020 président de la Fondation des Alliances françaises
Yves Bigot : « Quelque chose en nous »
Passionné de musique Yves Bigot a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet dont, en 2012, le livre « Quelque chose en nous », sur Michel Berger.
Qui mieux que lui, pouvait lancer la promotion de la comédie musicale dont TV5 est partenaire, « Il jouait du piano debout », spectacle créé sur une idée de Nasthasia Faure, projet présenté par le french May avec le soutien artistique de l’Alliance Française de Hong Kong.
17 chansons écrites par Michel Berger y sont à l’honneur avec des tableaux ou chant, théâtre et danse se rencontrent autour des chansons de l’artiste français.
Le directeur général de TV5 Monde a accepté de répondre à nos questions, on l’écoute.
Il jouait du piano debout
4, 5 et 6 juin
Hong Kong City Hall, Central
Billets disponible sur Urbtix à partir du 16 avril.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a reçu lundi (12 avril) le président du Conseil européen Charles Michel pour la première fois depuis l’incident protocolaire du « Sofagate » à Ankara et l’a averti qu’elle « ne permettra pas qu’une telle situation se reproduise ».
« Les présidents von der Leyen et Michel ont tenu leur réunion hebdomadaire habituelle et ont discuté d’une série de questions d’actualité », a expliqué le porte-parole de la Commission européenne à l’issue de la rencontre.
2 heures en tête à tête
L’entretien s’est déroulé au Berlaymont, siège de la Commission européenne et a duré près de deux heures. Ursula von der Leyen « a clairement indiqué qu’elle ne permettra jamais qu’une telle situation se reproduise », a précisé une source à la Commission.
Charles Michel a pour sa part réitéré « ses profonds regrets » pour l’incident d’Ankara et a assuré « qu’un tel incident ne doit pas se reproduire », a indiqué son porte-parole. Il a également insisté sur la nécessité de « ne laisser personne diviser l’UE ».
La controverse suscitée par la préséance donnée à Charles Michel lors de leur réunion du mardi 6 avril à Ankara avec le président turc Recep Tayyip Erdogan a été vécue comme un affront par Ursula von der Leyen.
La présidente de la Commission avait été placée en retrait sur un divan, tandis que Charles Michel, représentant des Etats membres de l’UE, et Recep Tayyip Erdogan prenaient place dans les deux seuls fauteuils disponibles.
Préséance pour le président du Conseil des chefs d’Etats
Les services du Conseil assurent que M. Michel a la préséance pour le protocole international. La Commission conteste cette lecture et réclame le même rang protocolaire pour les deux dirigeants.
Mme von der Leyen a demandé à ses services de contacter leurs homologues au Conseil pour « trouver un modus vivendi afin d’éviter de telles situations à l’avenir », avait expliqué plus tôt dans la journée son porte-parole Eric Mamer.
Un memorandum qui expose en cinq points les demandes de la présidente de la Commission sur la base de « l’interprétation des règles en vigueur », a été transmis par email aux collaborateurs de Charles Michel, a-t-il précisé.
Le texte est analysé comme « une série de conditions » imposées par la Commission avec la volonté « d’affaiblir le Conseil européen », a affirmé à l’AFP un représentant du Conseil, l’organe représentant les 27 Etats membres.
« La Commission profite de l’incident pour remettre en cause les traités, notamment l’article 15″ qui détaille les responsabilités de chacun, soutient-il.
L’exécutif européen s’est défendu d’avoir une telle intention: « Nous ne revendiquons rien de plus que ce qui est dans les traités », a assuré Eric Mamer.
« Il ne s’agit absolument pas pour Mme von der Leyen de vouloir parler à la place du président du Conseil sur les questions de politique étrangère et de sécurité commune », a-t-il souligné.
Epinglé par de nombreux élus européens pour son silence à Ankara, Charles Michel s’est défendu de tout sexisme, assurant dans un entretien à plusieurs médias européens n’avoir pas réagi pour éviter « un incident (diplomatique) beaucoup plus grave » avec Ankara.
« Je ne vous cache pas que je ne dors pas bien la nuit depuis », a-t-il confié.
C’était la première fois lundi que les deux dirigeants se parlaient depuis l’incident, malgré des tentatives précédentes de Charles Michel de contacter Mme von der Leyen.
« Après Ankara, la présidente est allée en Jordanie, puis elle s’est rendue en Allemagne pour la première fois depuis Noël pour retrouver sa famille, et durant ce séjour, elle a privilégié ses relations familiales », a expliqué le porte-parole de la Commission.
Les présidents des deux institutions seront entendus mardi en fin de journée par les chefs des groupes politiques au Parlement européen, où un débat sur le « Sofagate » a été réclamé.
Les pays occidentaux se sont engagés dans une course de vitesse afin de vacciner au plus vite leur population et retrouver ainsi le plus rapidement possible le cours normal de la vie. Au premier trimestre 2021, les 14 pays les plus riches ont acquis plus de 55 % des vaccins produits. L’Union européenne a commandé 2,6 milliards de doses pour ses 450 millions de citoyens.
Si l’obtention de l’immunité collective au sein de l’OCDE est cruciale pour espérer une reprise de l’économie, celle-ci devra également concerner l’ensemble des pays. À défaut, les transports et le tourisme ne retrouveront pas leur niveau d’activité d’avant-crise.
Le « Covax » programme mondial d’aide à la vaccination »
La vaccination des populations des pays émergents et des pays en développement constitue un défi tant sur le plan financier que sur celui de l’organisation. La persistance de foyers épidémiques constituerait un réel danger avec un risque de mutation du virus qui pourrait remettre en cause les campagnes de vaccination actuellement menées.
Par souci éthique et au nom de l’efficacité vaccinale, un programme d’aide à la vaccination, dénommé « Covax », a été lancé l’année dernière. 192 États y participent et ont pris l’engagement de vacciner au moins 20 % de la population de tous les pays.
Les États les plus riches devraient financer l’équivalent de deux milliards de doses à destination des pays les plus pauvres. Des tensions sont apparues, certains donateurs ayant remis en cause leur engagement, comme ce fut le cas le 24 mars dernier de l’Inde qui est l’un des principaux fabricants de vaccins à l’échelle mondiale. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont également signifié qu’ils entendaient limiter, toute comme l’Union européenne, leurs exportations de doses de vaccins. L’administration américaine préfère envoyer des fonds à la Covax, les États-Unis limitant leurs envois à l’étranger de vaccins au Mexique et au Canada.
Des campagnes de vaccination sur plusieurs années
40 millions de doses attendues en mars et jusqu’à 50 millions de doses en avril n’ont pas été livrés à la Covax, mettant à mal l’objectif de 350 millions de doses au premier semestre. Emmanuel Macron a répété récemment l’engagement de faire un don de 4 à 5 % des doses reçues par la France. Face à la propagation de variants, les autorités britanniques ont déclaré qu’à partir de septembre 2021, une nouvelle campagne de vaccination sera ouverte pour les personnes âgées de plus de 70 ans, les personnels de santé et les personnes vulnérables afin d’effectuer un rappel.
La production de nouvelles variantes de vaccins diminuera la capacité de produire des vaccins contre la souche d’origine. Il est également question de vacciner les enfants, lorsque les essais seront terminés, ce qui limitera les exportations.
À demi-mots, les gouvernements estiment que les campagnes de vaccination pourraient se répéter sur plusieurs années, nécessitant d’importantes capacités de production de vaccins.
La diffusion la plus large des vaccins est une ardente nécessitée pour éradiquer l’épidémie. Elle ne sera pas, au-delà des problèmes financiers et de logistiques, aisée à réaliser au sein de populations qui sont moins exposées au virus qu’en Occident. Les populations jeunes des États africains seront moins enclines à se faire vacciner et cela d’autant plus si l’accès aux vaccins est difficile et coûteux.
Ce lundi 12 avril à 21h, après plus de 15 jours de débats, le Sénat a adopté par 208 voix pour et 109 voix contre le projet de loi « Projet de loi confortant le respect des principes de la République et de lutte contre le séparatisme » après l’avoir modifié par de nombreux amendements.
Si le coeur de la loi fait consensus, certains amendements déposés par le groupe LR font polémique et en particulier celui liant l’absentéisme scolaire et l’immigration qu’a défendu la sénatrice LR des Français établis hors de France sur France Inter.
Racisme ou maladresse ?
La sénatrice Jacky Deromedi, à l’origine de l’amendement, a eu toutes les peines du monde à justifier ce choix au micro de l’humoriste Guillaume Meurice sur France Inter ce vendredi 9 avril 2021.
Interrogée sur les populations auxquelles elle fait référence dans son texte, la sénatrice précise qu’il ne s’agit «pas nécessairement des musulmans». Elle affirme que les personnes issues de l’immigration viennent parfois de pays où «il y a des civilisations, il y a des éducations différentes».
«C’est dans la loi séparatisme parce que malheureusement, on constate que la plupart des enfants qui ont des problèmes viennent un peu de l’immigration. C’est des enfants, la plupart du temps, qui ne sont pas des enfants… euh… je ne sais pas comment vous dire. Des enfants qui sont dans des quartiers où peut-être les parents s’occupent moins d’eux, où le respect de la République est moins une évidence»
La sénatrice Jacky Deromedi sur France Inter le 9 avril
Précédemment dans un entretien à Marianne daté du 8 avril, la sénatrice explicite autrement cette inscription dans la loi sur le séparatisme, déclarant que l’absentéisme est une forme d’«exclusion d’un système où les enfants auraient la chance de côtoyer d’autres élèves».
Cependant le mal est fait, la séquence n’a pas tardé à susciter un tollé, Libération allant jusqu’à dénoncer le «racisme ordinaire» de l’élue.
Un impact sur les consulaires ?
Il n’y a pas que la presse de Gauche qui a retenu cette déclaration maladroite. Anne Genetet, députée des Français établis hors de France, en Europe orientale et en Asie, mais aussi en charge des élections consulaires pour le parti présidentiel, LREM, est montée au créneau dès samedi 10 avril sur Facebook.
Anne Genetet n’hésite pas à faire le lien avec les candidats aux élections consulaires Les Républicains. Ces derniers ont fait profil bas, ne réagissant pas publiquement à la polémique. Cependant, en « off », la plupart sont indignés et s’interrogent, en cas d’élection comme Conseiller ou Délégué des Français de l’Etranger , sur le vote qu’ils feront lors des sénatoriales de cet automne.
En effet, Jacky Deromedi est pressentie pour être la numéro 2, derrière le sénateur Frassa, sur une liste « Les Républicains » lors du renouvellement de 6 des 12 sénateurs représentant les élus consulaires au Sénat français.
Quel sera l’impact de cette déclaration ? Sur les consulaires ? Les sénatoriales ? La réponse dans les prochaines semaines.
Initialement prévues en mai 2020, les élections consulaires arrivent à grands pas, en Australie comme ailleurs.
En mai 2021, les Français expatriés sont invités aux urnes pour élire leurs nouveaux représentants. À quelques semaines des élections, nous faisons le point sur le bilan du mandat actuel des élus de l’île-continent. Nous avons échangé avec Jean-Philippe Grange, Elise Léger, Serge Thomann & Sébastien Vallerie, têtes de liste, sur les enjeux de ces élections consulaires en Australie et sur les projets de leur liste.
Bilan du mandat consulaire actuel
En 2014, la réforme de la représentation des Français établis hors de France a permis l’élection des premiers conseillers consulaires d’Australie. Ainsi, 5 personnes ont été élues à cette occasion. La liste « Français en Australie » est arrivée en tête avec 3 élus (Bernard Le Boursicot, Sébastien Vallerie et Danièle Kemp) devant la liste Citoyens et Solidaires de Français du Monde avec Jean-Philippe Grange et Marie-Claire Guilbaud. À la suite de ce scrutin, Daniele Kemp et Jean-Philippe Grange ont été élus à l’Assemblée des Français de l’Etranger pour y représenter la région Asie-Océanie. Ce premier mandat s’est articulé autour de plusieurs chantiers.
Tout d’abord, une volonté de transparence et de proximité anime les nouveaux conseillers consulaires, ces derniers rendant compte en temps réel de leur mandat via les réseaux sociaux. L’enseignement en français, la validation des diplômes français ainsi que les questions de retraite et d’assurance-santé sont au cœur du mandat.
« notre engagement d’élus, à la fois ancré sur le terrain tout en étant en contact constant avec les parlementaires et localement avec le Consulat Général, nous a permis d’obtenir des résultats plus ou moins importants, mais réels dans tous ces domaines ».
Sébastien Vallerie, Conseiller Consulaire élu en 2014 et candidat à sa succession
Il subsiste malgré tout une certaine méconnaissance de cette fonction auprès des Français établit hors de France. L’un des enjeux de ce scrutin sera alors le taux de participation.
Les impacts de la crise sanitaire
En 2020, le monde s’est arrêté suite à la crise sanitaire sans précédent lié au Covid-19. Parmi les impacts au niveau politique, la première chose a été le report du vote, initialement prévu en mai 2020. Ainsi, le mandat des conseillers des Français à l’Étranger a été prolongé d’un an.
Pour les 5 élus des Français en Australie, la crise sanitaire a renforcé le mandat de Conseiller des Français de l’Etranger. Ainsi, ces hommes et ses femmes, élus de proximité au service bénévole des Français, se sont retrouvés dans une situation totalement inédite. Cela a permis de mettre en avant l’importance des conseillers dans l’accompagnement des Français au quotidien mobilisés et unis aux côtés du réseau consulaire, des associations et de tous les groupes d’entraide. Les situations difficiles, aussi bien sur le plan matériel que psychologique, ont été traitées par les conseillers qui ont pu apporter des solutions adaptées.
« La tenue des deux dernières sessions de l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE) s’est fait en format hybride en octobre 2020 et distanciel intégral en mars 2021 permettant à tous les Conseillers des Français à l’Étranger de pouvoir y assister ce qui, à mon sens, est un progrès ».
Sébastien Vallerie, Conseiller Consulaire élu en 2014 et candidat à sa succession
Présentation des listes aux élections consulaires en Australie
Pour ces nouvelles élections, 5 listes sont candidates pour renouveler le conseil consulaire. Voici les listes dans l’ordre dans lequel elles seront présentées sur le bulletin de vote :
Mme Elise LEGER (tête de liste), M. Alain ETCHEGARAY, Mme Christine CASERIS, M. Cédric THIERY, Mme Pascale TOUSSAT, M. Eric FUSIL, Mme Cindy PRUNAUX-CAZER, M. Jean-Philippe GILBERT, Mme Maud PIOVESAN, M. Emmanuel DESPROGES, Mme Marie VARNIER-GITTARD
M. Sébastien VALLERIE (tête de liste), Mme Jocelyne POIRIER, M. Thomas MERCIER, Mme Solveig COULON, M. Sébastien CROS, Mme Isabelle GAULT, M. Etienne DE ROQUEFEUIL, Mme Françoise MERIT, M. David BITTON, Mme Sandra IRA, M. Marcel POUALION
Liste soutenue par Français du monde et Europe Ecologie Les Verts
M. Jean-Philippe GRANGE (tête de liste), Mme Caroline BRUNEL, M. Philippe LESAGE, Mme Florence LA CARBONA, M. Thibaut CLAMART, Mme Sandra BACCHI, M. Sylvain MARTRE, Mme Aaricia HELLOIN, M. Jean-Marc LEQUEVRE, Mme Bréane GRANGE, M. Jean-Claude OHAYON
M. Serge THOMANN (tête de liste), Mme Priscilla KOUKOUI, M. Gaspard BIDOT, Mme Audrey BARUCCHI, M. Philippe GRAVIER, Mme Christine SMITH, M. Pierre LELONG, Mme Valérie BLAYAC, M. Romain BAPST, Mme Sophie PINON, M. Jean-Paul ESNAULT
Alliance Solidaire des Français d’Australie
Mme Valérie VILLIERE (tête de liste), M. Jonathan LEGAULT, Mme Tiphanie COSTEUR, M. Faris CHEVALIER, Mme Camilla CREUGNET, M. Harry OHAYON, Mme Clara BAUTISTA, M. André MURRAY-JONES, Mme My HOLLAND, M. John BLICQ, Mme Marie-Françoise ATTENCIA
Solidarité Français en Australie
Pour Elise Léger, tête de liste Solidarité Français en Australie, cette campagne s’inscrit dans la continuité des actions menées depuis des années. En effet, au niveau individuel, les membres de la liste Solidarité Français en Australie ont chacun, à leur manière, apporté leur soutien aux Français en Australie.
Depuis un peu plus d’un an, des actions collectives se sont également mises en place. Ainsi, ils ont régulièrement relayé les informations importantes et officielles, via les réseaux sociaux, aux Français en Australie. Ils ont notamment œuvré pour trouver des solutions d’hébergement aux personnes bloquées en Australie ou encore participé à l’organisation des vols affrétés par l’État Français avec le Consulat général (identification des cas prioritaires, logistique le jour du vol, etc.)
Plusieurs rencontres avec la communauté française d’Australie ont déjà été organisées, toujours en présence d’experts sur certains sujets (ministres ou députés par exemple).
« Les Français d’Australie nous ont déjà fait remonter leurs principales préoccupations sur l’éducation française en Australie, la gestion administrative des retraites, certains problèmes administratifs en général ou encore la fiscalité. C’est donc sur ces sujets que nous travaillerons en particulier. » nous confirme Elise Léger. « Nous sommes heureux de pouvoir être un trait d’union entre nos concitoyens en Australie et nos représentants nationaux (députés, sénateurs, ministres). C’est un rôle essentiel d’être au cœur de la communauté pour en connaître ses besoins et pouvoir agir pour y répondre. »
Elise Léger, tête de liste Solidarité Français en Australie
Pour Sébastien Vallérie, la question de la participation est essentielle pour ses élections. En effet, « Le droit de vote est un privilège auquel je suis fondamentalement attaché. Selon moi, il est essentiel d’exercer son droit pour faire entendre sa voix. » Cette année, le vote par Internet, du 21 au 26 mai, devrait permettre une forte participation des Français en Australie.
Au-delà de la question de la participation, les enjeux de cette seconde élection pour la liste #TeamFrancaisd’Australie est de poursuivre l’engagement aux services des compatriotes, et d’assurer une représentativité plus large des élus (notamment au niveau géographique). Les conseillers souhaitent également s’engager en matière d’éducation et des questions de l’enseignement en français, afin d’accompagner la demande d’une offre d’enseignement en français élargie et adaptée aux besoins locaux.
Concernant la fiscalité, le travail de l’équipe sera de poursuivre le combat et d’obtenir du Gouvernement et de l’Assemblée Nationale la fin de l’imposition discriminatoire à la CSG + CRDS des Français à l’étranger hors EEE (dont ceux d’Australie, Fidji et PNG).
Enfin, l’amélioration continue des questions consulaires et sociales et le soutien au tissu associatif, entrepreneurial et culturel, font partie des enjeux de la liste. Le programme complet est à retrouver ICI.
Ensemble, Citoyens et Solidaires !
Pour Jean-Philippe Grange, Conseiller des Français de l’Étranger sortant, ces élections consulaires sont l’occasion de poursuivre la mobiliser sur les sujets qui concernent le plus les Français de la circonscription.
En effet, parmi les thèmes qui animent la campagne de la liste Ensemble, Citoyens et Solidaires ! on retrouve en un grand nombre de leurs préoccupations :
Étudier, se former, faire reconnaître son diplôme, travailler, entreprendre en Australie
La sensibilisation à l’éco-citoyenneté et à la nécessité d’une transformation des modes de vie, notamment par la promotion des principes de l’économie sociale et solidaire
L’accès plus large à la culture, à l’enseignement en français et à la langue françaises pour nos tous
La défense des services publics consulaires
L’action et la protection sociale des Français de l’étranger, la lutte contre l’injustice fiscale touchant les Français non-résidents en dehors de l’Union Européenne ou encore la lutte contre l’isolement, notamment pour les retraités vivant à l’étranger
L’appui aux initiatives associatives françaises, notamment en matière de solidarité et de défense de l’environnement
Pour Serge Thomann, tête de liste Ensemble, maintenant !, être Conseiller des Français de l’étranger est avant tout un travail d’entraide, de solidarité et d’assistance sociale.
Les parcours des membres leur permettent d’être efficaces et proches des Français en Australie. Au-delà des questions administratives qui animent la liste et sont des questions primordiales, Serge Thomann nous confie :
« Nous voulons ajouter un angle culturel à notre engagement en encourageant des rencontres soit en personne, soit virtuelles, en utilisant toutes les technologies nouvelles. Vu les parcours des membres de notre équipe, nous sommes les seuls à pouvoir atteindre ces objectifs fort ambitieux. »
Serge Thomann, tête de liste Ensemble, maintenant !
Parmi les grands thèmes qui font le programme de la liste, on retrouve à part la culture, le soutien pour une éducation bilingue, l’aide au niveau administratif, le soutien associatif, un volet écologie mais également sécurité et fiscalité. Le programme complet est à retrouver ICI.
Comment abordez-vous ces élections ?
Elise Léger, Solidarité Français en Australie
« Organiser une campagne en Australie n’est pas une mince affaire ! D’une part, avec les mesures sanitaires et d’autre part, avec la géographie contraignante du pays. Pour pallier ces contraintes, nous organisons à la fois des réunions d’information numériques, mais aussi des rencontres que nous mettrons en place dans toutes les grandes villes d’Australie » (premières réunions mi-avril 2021). « De façon générale, nous sommes confiants quant à la détermination et l’expérience des membres de notre équipe, répartie dans toute l’Australie et fortement impliquée dans la communauté française. »
Elise Léger, Solidarité Français en Australie
Sébastien Vallerie, #TeamFrançaisd’Australie
« Je suis reconnaissant à nos compatriotes de m’avoir confié un premier mandat passionnant et dont je mets l’expérience au total service de notre liste Indépendance, Expérience, Proximité et du programme que nous proposons aux Français d’Australie, Fidji et PNG. En tant que liste, nous sommes conscients d’avoir la chance d’être en Australie, où la pandémie est bien gérée, ce qui nous place dans une situation privilégiée pour pouvoir mener notre campagne. Nous sommes également optimistes quant à une participation en forte hausse par rapport aux premières élections consulaires en 2014. Enfin, nous sommes par-dessus tout déterminés à être des élus de terrain, engagés au service des Français d’Australie, Fidji et PNG. »
Sébastien Vallerie, #TeamFrançaisd’Australie
Jean-Philippe Grange, Ensemble, Citoyens et Solidaires !
« Notre équipe aborde ces élections fort de ses valeurs et de son expérience de terrain, et sera à l’écoute de nos concitoyens dont les préoccupations sont au cœur de sa démarche. Dans cette période de campagne électorale que nous souhaitons constructive, sans aucun sectarisme mais sans concessions face aux faux-semblants et autres apparences trompeuses, nous mettons en valeur, en toute transparence, les convictions humanistes, solidaires et écologistes qui nous animent et qui nous apportent en toute logique les soutiens officiels de l’Association Français du Monde et d’Europe Ecologie-Les Verts »
Jean-Philippe Grange, Ensemble, Citoyens et Solidaires !
Serge Thomann, Ensemble maintenant
« Nous sommes sereins. Cela fait plus d’un an qu’on travaille ensemble, en particulier en apportant de l’aide aux Français affectés par le Covid. Nous sommes fiers d’être indépendants, proches et solidaires. Mais bien connectés. Notre moto : écouter, comprendre et agir. Le travail efficace de campagne que nous avons fait ensemble depuis plusieurs semaines en particulier avec Priscilla Koukoui, Gaspard Bidot et Audrey Barucchi me donne grand espoir pour tout ce que nous pourrons réaliser ensemble si nous sommes élus. Je tiens à noter que je suis la seule tête de liste qui ne soit pas basée à Sydney ! Nous sommes prêts à écouter, comprendre et agir – au service de nos compatriotes. »
Serge Thomann, Ensemble maintenant
Comment voter pour les élections consulaires en Australie ?
Pour pouvoir voter aux élections consulaires en Australie, vous devez être inscrit sur la liste électorale consulaire.
Les bureaux de vote à l’urne en Australie le 30 Mai
Si vous n’êtes pas encore inscrit sur la liste électorale consulaire, pas de panique. Vous avez jusqu’au 23 avril 2021 pour le faire, en vous rendant sur le site de France diplomatie.
Cette année, Le vote par internet est ouvert pendant 5 jours consécutifs, du vendredi 21 mai au mercredi 26 mai. Pour cela, vous devez renseigner votre adresse électronique et un numéro avant le 23 avril afin de recevoir vos identifiants. Vous pouvez contacter votre consulat ou vous rendre sur www.service-public.fr.
Vous pouvez retrouver l’ensemble des informations pour les élections consulaires en Australie sur le site du consulat général de France à Sydney.
Impossible de garantir un été touristique « normal » a affirmé ce dimanche 11 avril Clément Beaune, le secrétaire d’État aux Affaires européennes. Un article de notre partenaire Euractiv.
Pourra-t-on voyager à l’étranger cet été ? Rien n’est moins sûr. Il est impossible de garantir que l’évolution de la situation sanitaire permettra à la France de connaître une saison touristique « normale » cet été, a déclaré ce dimanche 11 avril Clément Beaune, le secrétaire d’État chargé des Affaires européennes.
Malgré les progrès des campagnes de vaccination, les pays européens peinent encore à définir des calendriers de réouverture progressive de leurs frontières permettant une reprise du tourisme.
« Moi, aujourd’hui, je ne sais pas vous dire à partir de quand on pourra reprendre des voyages en Europe, a dit Clément Beaune sur RTL et LCI. J’espère qu’on pourra le faire cet été. »
L’Europe ouverte avant l’été ?
Le secteur du tourisme mondial, largement mis à mal par la crise sanitaire, a déjà perdu 1 300 milliards de dollars en 2020 sous l’effet des restrictions de déplacements provoquées par la pandémie.
Qualifiant de « mal nécessaire » les restrictions actuelles aux voyages internationaux, Clément Beaune a souligné qu’un éventuel assouplissement de ces mesures devait être coordonné à l’échelle européenne, a-t-il dit. « On fait tout pour que les déplacements d’abord entre régions françaises, puis en Europe j’espère avant l’été, et puis plus largement au cours de l’été puissent reprendre, mais je ne peux pas vous donner aujourd’hui un calendrier précis. »
En Grande-Bretagne, le plan de réouverture de l’économie présenté vendredi a déçu le secteur du tourisme, le gouvernement s’étant abstenu de donner une date de reprise des voyages internationaux et renvoyant à de nouvelles annonces début mai.
L’ex-LR Xavier Bertrand, candidat à la présidentielle de 2022, promet dans une interview aux Echos lundi de doper l’industrie, s’il est élu, en baissant de moitié les impôts touchant la production.
« Nous ne relèverons le pays que si nous réussissons à le réindustrialiser »
Xavier Bertrand
M. Bertrand propose de réduire de moitié les impôts de production, « ce qui représente 33 milliards d’euros, pour revenir à la moyenne de la zone euro ». Il promet « une compensation par l’État aux collectivités concernées », et assure qu’une telle réforme se ferait sans « augmentation du niveau des prélèvements obligatoires ».
« Nous financerons les baisses de rentrées fiscales notamment par des efforts sur la dépense publique. Je ne laisserai ni filer les déficits ni augmenter la dette »
Xavier Bertrand
Bertrand le mieux placé pour représenter la droite
Parmi les autres mesures proposées pour l’industrie, Xavier Bertrand évoque un « crédit d’impôt de production » associé à « tout investissement productif » dans l’industrie et prenant modèle sur le crédit d’impôt recherche existant.
Il veut aussi « mettre en place dans chaque région une ‘task force’ permanente réunissant les services de l’Etat et les collectivités locales pour diviser par deux au moins les délais d’instruction des dossiers d’implantation ». Un « pouvoir d’adaptation de la réglementation nationale » serait ainsi laissé aux préfets.
Au plan européen, il taxe l’Europe de « naïveté » et réclame « un principe de réciprocité, et interdire l’accès à nos marchés publics pour des pays qui n’ouvrent pas les leurs ». Il demande aussi « un mécanisme pour contrer l’extraterritorialité du droit américain qui pénalise scandaleusement nos entreprises ».
Selon un sondage Ifop-Fiducial dimanche, Xavier Bertrand serait, à un an du scrutin, le mieux placé pour incarner la droite en 2022. Les intentions de vote lui accordent 16% au premier tour, contre 11% si la candidate est Valérie Pécresse, 7% s’il s’agit de Laurent Wauquiez et 6% dans le cas de Bruno Retailleau.
Invité à commenter cette étude qui le place en 3e position de la course à l’Elysée, avec une dizaine de points de retard sur respectivement le président sortant Emmanuel Macron et la candidate du RN Marine Le Pen, M. Bertrand affirme aux Echos que « ce duel annoncé n’aura pas lieu, car les Français n’en veulent pas. Il nous plongerait à coup sûr dans une crise alors que notre pays a besoin d’apaisement et d’espoir. »
Vladimir Poutine a paraphé la loi qui lui permet de rester au pouvoir jusqu’en 2036. Pour l’instant, l’affaire Navalny -son empoisonnement puis son arrestation et celle de ses partisans- renforce la condamnation du régime par les Européens et les Américains. Pourtant, L’attitude de Vladimir Poutine n’a pas vraiment de quoi surprendre. Navalny n’est pas le premier opposant à être menacé, emprisonné ou empoisonné. Le pouvoir s’en cache à peine, signifiant que personne n’échappe à sa vigilance, même en dehors de la Russie. C’est un comportement assez commun aux mafias, aux services secrets et aux polices politiques.
Mais Poutine, hormis la révérence classique du vice à la vertu, celles des autocrates à la démocratie dont on copie les formes, n’a jamais prétendu tromper qui que ce soit. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur, de la Tchétchénie à la Centrafrique en passant par la Géorgie, l’Ukraine, la Crimée, la Syrie, la Lybie, ce ne sont ni les considérations humanitaires, ni les émotions de l’opinion publique, fut-elle occidentale, qui guident sa politique. 16 vetos -avec la Chine- au Conseil de sécurité pour bloquer l’aide humanitaire en Syrie en témoignent.
Une forme de pouvoir assez classique reposant sur la propagande, la contrainte et la corruption
Certes, l’épisode Navalny a révélé aux Russes eux-mêmes que Poutine n’incarnait pas toute la Russie, simplement une forme de pouvoir assez classique reposant sur la propagande, la contrainte et la corruption. Pour autant, personne n’imagine Poutine quitter le pouvoir avant au moins 2036. Il aura alors largement dépassé la durée du règne de Staline. Personne non plus n’imagine qu’un autre dirigeant puisse transformer la Russie en démocratie libérale.
On peut bien sûr espérer, comme pour la Turquie et d’autres, que la Russie évoluera peu à peu vers un état de droit, ainsi que son adhésion au Conseil de l’Europe, décidé par Eltsine, en témoigne. Pour l’heure, les succès chinois, les errements américains, les doutes européens et les répressions arabes, ont un peu fait passer la démocratie de mode.
Logique, puisque les démocrates n’en finissent pas de gratter le nombril de leur crise. Comment convaincre de l’excellence de votre système si vous le dépeignez comme rongé de l’intérieur ?
Les sanctions conduiront-elles la Russie vers plus de démocratie ?
Les sanctions conduiront-elles la Russie vers plus de démocratie ? Chacun connait la réponse. D’autant que, déjà à l’œuvre depuis plusieurs années, on en mesure les effets : La Russie s’est rapprochée de la Chine, elle s’est empressée de forger un réseau d’alliance anti occidental.
Alors, pourquoi des sanctions ? Il ne faut pas sous estimer l’importance de la politique intérieure dans les décisions de politique étrangère. Si Joe Biden traite Vladimir Poutine de « killer » dans une émission télévisée, ajoutant qu’il « paiera le prix de ses forfaits », c’est qu’il préfère incarner un Rocky angélique plutôt qu’un ramollo à la langue de bois.
Les sanctions sont d’ailleurs une mode, on voit pour la première fois l’Union Européenne en prendre contre des responsables chinois à cause du traitement infligés aux Ouïghours. Le sort des Ouïghours en sera-t-il amélioré ? Non, mais les Américains savent que les Européens sont bien dans leur ligne.
Les dirigeants prennent aussi des positions « morales », pour satisfaire leur opinion publique, du moins une partie d’entre elle. C’est pourquoi Russes, Chinois, Arabes, entretiennent des réseaux d’influence dans les milieux politiques et la presse. Et craignent plus encore les réseaux d’influence occidentaux chez eux.
Seul le refus de l’appareil policier de soutenir un régime conspué par la foule le fait s’effondrer
Le seul pays qui souffre effectivement des sanctions est l’Iran. Pourtant, malgré les annonces, le régime des Ayatollahs ne tombera pas. Comme toute dictature, ses dirigeants sont prêts à sacrifier jusqu’au dernier iranien pour sauver la Révolution. Et l’Iran vient de signer un accord de défense stratégique avec … la Chine.
Seul le refus de l’appareil policier de soutenir un régime conspué par la foule le fait s’effondrer. C’est un constat historique, plus machiavélique et simple que marxiste ou libéral. Les dictatures s’effondrent quand les gardes s’en vont, trop riches, trop las, ou trop apeurés.
Les grands pays, qui se prétendent des modèles, sont aussi dans une rivalité idéologique. L’Amérique de Biden veut redorer l’aspiration démocratique, malmenée par Trump, et opposer au succès chinois, à nouveau, le rêve américain.
Les sanctions ne font que souligner la dépendance des Européens, leur absence « d’autonomie stratégique »
Dans cet esprit, l’Europe est bien obligée de suivre. D’une part parce que sa cohérence se fait sur la démocratie, qu’elle agite comme son marqueur de politique étrangère (comme si cela en était une) ; d’autre part parce qu’elle suit les Etats-Unis, n’ayant justement pas de politique étrangère propre. C’est un paradoxe puisque l’on voit que les sanctions la pénalisent au premier chef. Les entreprises européennes ont du renoncer à travailler avec l’Iran, elles se désengagent de Nordstream 2, toujours par crainte des sanctions américaine. Pourtant, ce n’est pas l’intérêt de l’Europe, ni de la démocratie. Parce qu’avant de propager la démocratie ailleurs, il faut la renforcer chez soi, par des succès et des progrès.
Une autre politique est-elle possible ?
Les sanctions ne font que souligner la dépendance des Européens, leur absence « d’autonomie stratégique ». Emmanuel Macron a bien essayer, de relancer les relations avec Poutine, avec l’Iran, mais cela n’a jamais rien donné. Personne ne voit la France capable d’influence sur les grandes décisions. D’autant que contrairement à ce que l’on dit, l’OTAN n’est pas en situation de « mort cérébrale » : elle suit ses plans à long terme, selon les intérêts planétaires des Etats-Unis, notamment vis-à-vis de la Russie.
Une autre politique serait-elle possible ? Normalement, une politique qui ne cherche pas à convaincre les autres dirigeants de quitter le pouvoir est certainement acceptable. Inutile de prétendre transformer nos voisins en démocratie libérale avancée. Cela se fera, avec le temps. Parier sur l’avenir démocratique de la Russie voire de la Chine n’est pas aberrant, mais penser que ces bouleversements viendront de pressions extérieures est stupide. Si tous les peuples aspirent à la liberté, d’autant qu’elle apporte, par surcroit, la richesse, ils détestent qu’on les traite d’esclaves et de tortionnaires. Avec une sélection morale à géométrie variable.
Nous ne choisissons pas nos voisins, ni leurs dirigeants
Il faudrait accepter ensuite que nous ne choisissons pas nos voisins, ni leurs dirigeants. Nous vivrons avec la Russie (mais aussi la Suisse, très démocratique et peu regardante sur la moralité des clients) tant que la France durera. Et peut être avec Poutine tant qu’il vivra.
Doit-on l’aimer ? Doit-on lui faire confiance ? Il n’en demande pas tant. Doit-on se lier à la Russie ? Autant qu’il est possible, autant qu’elle se liera à nous. N’est-ce pas retrouver la politique étrangère de la très démocratique Troisième République avec la très autocratique Russie impériale ? L’Alliance franco-russe confortait la République.
Doit-on répondre aux menaces ? Toujours. Aux cyberattaques par des cyberattaques, aux drones par les drones. Mais aux crimes par des discours, cela manque certainement la cible. Et puis il ne faut pas inventer des menaces : la Russie ne menace pas l’Europe, l’Europe a enlevé à l’Empire russe toute l’Europe de l’Est, les pays baltes, l’Ukraine, cajole la Géorgie et aurait adopté l’Arménie si elle n’avait pas besoin des Russes contre l’Azerbaïdjan.
Rares sont les saints parmi ceux qui nous entourent
Un dialogue permanent avec la Russie, tel qu’il avait été mis en place par Jacques Chirac, aurait-il eu une influence néfaste en Syrie, en Turquie, au Liban, en Afrique ? Israël s’accorde tous les jours avec la Russie, pour bombarder les Iraniens et le Hezbollah. Il était un temps où la France parlait aussi avec la Syrie. Elle parle avec l’Egypte, les Emirats, l’Arabie, l’Algérie, etc… Un tel dialogue avec la Russie est-il impossible alors que nous avons tant d’intérêts – et de conflits – communs?
Qui sait si cela ne serait pas plus utile pour Navalny et ses amis ? A sanctionner, on se prive de réseaux, de contacts, d’influence. Le commerce extérieur de la France avec la Russie a diminué de moitié. Le nombre d’étudiants russes en France diminue, le nombre de Français en Russie aussi. Plus nous serons ouverts à la Russie, plus la Russie sera ouverte. Il faut, sinon épouser la Russie, du moins ne pas lui lâcher la main. Poutine est sans doute un assassin, il n’est pas le seul, rares sont les saints parmi ceux qui nous entourent. Churchill, qui a sauvé le monde libre, n’était il pas prêt à avoir un mot gentil pour le diable ?
Se fier à la seule intelligence diplomatique des Etats-Unis et regarder se créer une alliance hostile à nos portes est plus dangereux que de dîner avec le diable.