Le mercredi 9 mars a débuté en ligne la grande enquête 2022 sur les besoins et les attentes des Français de l’étranger. Au cours des trois prochaines semaines, vous pouvez participer à ce baromètre.
Une initiative de l’ADFE
La deuxième édition de la grande enquête a commencé mercredi 9 mars sur le site de Français du monde-adfe. A l’origine du projet, Gaëlle Barré, Laure Pallez et Florian Bohême, tous trois des élus consulaires des Français de l’étranger en Italie, aux Etats-Unis et au Cambodge. En 2019, ils avaient réalisé le premier baromètre afin de “prendre le pouls de la communauté des Français de l’étranger”, connaître leurs attentes et les faire remonter aux élus. Une première édition synonyme de réussite et qui s’était inscrite comme précurseur du grand débat national organisé par le gouvernement en France mais aussi dans les ambassades et les consulats, le 15 janvier 2019.
“ Après deux années sous Covid-19, nous avons voulu réitérer l’expérience car de nombreux compatriotes ont été isolés et les Français de l’étranger ont connu de nombreuses déconvenues pendant cette période”.
Gaëlle Barré, conseillère des Français de l’étranger en Italie et membre du bureau national de Français du monde-adfe
“Une enquête faite par des Français de l’étranger, pour les Français de l’étranger”
Le succès de la première grande enquête sur les attentes et les besoins des Français de l’étranger, réside dans le fait qu’elle a été organisée par des Français de l’étranger pour les Français de l’étranger. Effectivement, Gaëlle Barré vit depuis vingt-cinq ans entre Rome et Florence en Italie. De son côté Laura Pallez a passé douze ans à Shanghai et Hong-Kong, avant de s’envoler en Floride où elle réside depuis cinq ans. Comme nombre de leurs concitoyens, les deux élues consulaires sont mères de deux enfants binationaux chacune. Enfin, Florian Bohême vit au Cambodge depuis 2015 et partage sa vie professionnelle entre Phnom Penh et Siem Reap. Ainsi, ils connaissent les problématiques, les difficultés et les réalités de la vie à l’étranger.
De fait, ils ne se sont appuyés sur aucune étude pour rédiger le questionnaire, mais ont simplement échangé entre eux en souhaitant toucher un maximum de sujets. Leur but est donc de percevoir “où sont les problèmes et les difficultés” de sorte à “améliorer le cadre existant”.
Une année électorale importante
Entre la pandémie de coronavirus, la guerre en Ukraine mais aussi les futures élections présidentielles et législatives, il semblait important au trio de s’enquérir de la communauté française à l’étranger. Aussi, lors des années électorales, les citoyens ressentent systématiquement un lien plus fort avec leur pays d’origine. Généralement, les suffrages pour élire le chef de l’État et les députés recensent les plus forts taux de participation.
“Les législatives approchent et les Français vont voter pour leurs élus directs. Il peut donc être intéressant pour les futurs candidats d’être avertis de leurs préoccupations et besoins”.
Laure Pallez, conseillère des Français de l’étranger aux Etats-Unis et administratrice de Français du monde-adfe
En 2019, les doléances recueillies avaient principalement concerné le besoin urgent de répondre à la transition écologique, d’améliorer la justice fiscale en France, et de travailler contre la stigmatisation des Français de l’étranger, “trop souvent perçus comme des évadés fiscaux”. Une forte demande concernant le besoin de renforcer la numérisation des dispositifs démocratiques tels que le vote, avait aussi émergé. Sur ce dernier point, des efforts ont été perçus avec la mise en place du vote en ligne pour une partie des dernières élections consulaires, mais aussi pour les prochaines législatives.
Les partenariats
Pour mener à bien leur enquête, Gaëlle Barré, Laure Pallez et Florian Bohême ont fait le choix des partenariats. En 2019, ils avaient déjà travaillé en collaboration avec le “Dauphine Junior Conseil”, la junior-entreprise de l’Université Paris-Dauphine, qui s’occupe de traiter statistiquement les données recueillies.
“C’est l’occasion de transmettre aux jeunes étudiants le goût de l’étranger et des grands horizons !”
Laure Pallez
Aujourd’hui, ils se sont également rapprochés de l’association non partisane “Rendez les doléances”. Ses membres ont pour objectif de restituer leurs réclamations aux Français en les numérisant et en les partageant sur leur site Internet. Par conséquent, les demandes des Français de l’étranger qui ressortiront de cette enquête seront disponibles sur le site de l’association.
Un démarrage en trombe
Alors que le questionnaire a été posté mercredi matin sur Internet, les organisateurs ont recensé plus de 5000 participations en seulement vingt-quatre heures. Désireux d’en recueillir un maximum afin de voir si des tendances spécifiques ressortent (en fonction des profils, des régions du monde), ils les laisseront accessibles durant trois semaines. Vous pouvez dès à présent y participer.
En 2019, ils avaient recueilli plus de 16 000 réponses et doléances et en avaient partagé plus de 3000 avec le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian.
Français du monde – adfe
Français du monde – adfe est une association reconnue d’utilité publique et apartisane. Elle se positionne dans « la grande famille de la gauche républicaine » et plaide pour la défense des valeurs humanistes et démocratiques. Présente dans plus d’une centaine de pays, sa vocation est d’apporter des réponses aux Français de l’étranger sans prendre en compte leur origine et leur condition, en favorisant l’exercice de la citoyenneté et en luttant pour la diversité des cultures.
Le confit ukrainien est une bataille de la communication, les Ukrainiens utilisant toute la palette des outils digitaux. Dans les conflits passés, l’attaquant avait souvent la maitrise de la communication. Pour celui en cours, les victimes exploitent la caisse de résonnance des nouveaux médias. L’Ukraine comme la Russie sont deux puissances économiques de premier rang dont les populations sont connectées.
L’Ukraine bénéficie, par ailleurs, d’un soutien matériel de la part des pays européens et des États-Unis. Face à ce front, le Président Vladimir Poutine a levé un tabou en menaçant d’user de l’arme nucléaire. Les États occidentaux à défaut d’intervenir directement ont opté pour une guerre économique totale qui pourrait asphyxier la 11e puissance économique mondiale, mais également amoindrir sa croissance.
L’unité est un message clair
La réaction commune des occidentaux tranche avec l’image de faiblesse et de division qu’ils avaient donnée lors de la crise sanitaire. L’unité est un message clair non seulement adressé à la Russie mais aussi aux autres dictatures dont la Chine. La priorité pour l’Occident est de gagner la confrontation économique avec la Russie. En réaction à l’invasion de l’Ukraine, plus de 50 pays ont décidé de bannir des entreprises, des dirigeants publics et privés russes par milliers. Seul le commerce de l’énergie et des matières premières échappe aux sanctions.
Face à la pression de l’opinion, de nombreuses sociétés occidentales ont décidé de quitter la Russie ou de fermer leurs boutiques. C’est le cas de Shell, BP, d’Hermès, de Kering ou de LVMH, etc. Au début de la crise ukrainienne, la Russie a sous-estimé l’importance des sanctions et leurs effets. À tort, elle a considéré que les mesures prises par la communauté internationale seraient proches de celles adoptées après l’invasion de la Crimée en 2014. Les mesures financières avec l’interdiction d’accès pour certains échanges à SWIFT pèseront sur les échanges avec les Occidentaux. Les décisions de fermeture d’établissements appartenant à des entreprises occidentales ou de cessions d’activités en Russie ont une valeur symbolique mais pourraient à terme peser sur la compétitivité du pays. L’accès aux biens d’équipement dans les secteurs de pointe est rendu plus compliqué ce qui pénalisera l’industrie pétrolière ainsi que celles de l’aéronautique et du spatial.
Les sanctions financières visent à empêcher la Russie à accéder à une grande partie de ses réserves, évaluées à plus de 600 milliards de dollars. Depuis 2015, les autorités russes ayant réduit leur exposition aux banques occidentales devraient néanmoins pouvoir disposer d’une part non négligeable de ces réserves. Les éléments statistiques en la matière sont assez contradictoires.
Les taux directeurs russes à 20%
Les premières victimes sont les Russes qui doivent faire face à une forte inflation provoquée par la chute du rouble, chute qui a amené la Banque centrale à porter ses taux directeurs à 20 %. La croissance qui devait atteindre cette année 3 % devrait laisser place à une récession de deux à cinq points. L’objectif des sanctions est d’obtenir un infléchissement de la politique russe, voire la chute du régime de Vladimir Poutine, même si dans le passé, les embargos n’ont pas entraîné de chute des régimes comme le prouvent l’Iran ou la Corée du Nord. L’évolution de l’Afrique du Sud fait exception, la fin de l’apartheid tenant à la rencontre de deux hommes qui ont décidé de mettre de côté leur antagonisme, Nelson Mandela et Frederik de Klerk.
La décision pouvant provoquer réellement un effondrement de l’économie serait d’instituer un embargo généralisé sur le pétrole et le gaz qui assurent 30 % du PIB de la Russie et fournissent 50 % des recettes publiques. Pour le moment, seuls les États-Unis ont décidé d’un tel embargo mais ils sont des consommateurs marginaux d’hydrocarbures russes. L’Allemagne y est opposée en raison de sa dépendance énergétique au gaz russe.
La Russie est dépendante de ses clients européens qui absorbent près de 50 % de ses exportations de pétrole. Un embargo de leur part ne pourrait pas être compensé immédiatement par d’autres clients.
La Chine ne souhaitera pas être dépendante de la Russie tout comme les pays d’Amérique latine non producteurs. Les problèmes d’acheminement compliquent en outre la réallocation rapide des flux pétroliers.
Une politique de la terre brûlée ?
Face à un durcissement de la situation économique, le Président russe pourrait opter pour la politique de la terre brûlée en fermant le robinet du gaz et du pétrole, à l’image de son lointain prédécesseur, Alexandre 1er face à l’invasion de Napoléon en 1812. Pour le moment, les autorités russes ont, au contraire, indiqué qu’elles livreraient l’ensemble des quantités prévues.
De la guerre commerciale à la fragmentation du monde
En l’absence de montée paroxysmique de la crise, le risque d’une fragmentation dangereuse de l’économie mondiale existe, rappelant les années 1930.
Après la récession de 1929, l’autarcie s’était diffusée, conduisant à des tensions nationalistes de plus en plus fortes. L’accès à l’énergie et en particulier le pétrole est une source de tensions entre les Royaume-Uni et l’Allemagne. La partition du monde sur toile de fond de crise ukrainienne met dans l’embarras certains pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil. La Chine qui a développé ses échanges avec la Russie de 40 % en sept ans n’est néanmoins pas disposée à perdre les marchés européen et américain dont le poids économique est sans comparaison.
Si depuis le conflit en Crimée la Chine s’est rapprochée de la Russie, une méfiance perdure entre les deux pays qui partagent une longue frontière à l’Est. La Chine dépend des achats occidentaux et de la technologie. Elle a une autre vision du temps que la Russie et ne souhaite pas une focalisation des médias sur la région des Ouighours ou sur Taïwan. En revanche, elle entend travailler avec la Russie et le cas échéant avec l’Inde à l’instauration d’un nouveau système financier indépendant de celui géré par les Occidentaux. L’essai de monnaie de banque centrale numérique chinoise entre dans cette logique. L’objectif est de mettre un terme à la suprématie du dollar qui représente 60 % des réserves de change, contre 2 % pour le RMB. La Chine est consciente que son statut de première puissance commerciale mondiale, de premier producteur de biens industriels du monde doit à un moment ou un autre s’accompagner d’une domination financière. Le conflit en Ukraine peut l’aider à accélérer sa marche en avant dans ce domaine.
Les dirigeants européens lors du sommet à Versailles
Un risque d’instabilité au sein des pays émergents ou au sein des autocraties
En multipliant les sanctions, les États occidentaux risquent de pousser de plus en plus de pays à se déconnecter du système financier qu’ils contrôlent. Faute de pouvoir intervenir militairement, les pays anciennement industrialisés recourent à l’arme commerciale et à l’arme juridique créant un risque d’instabilité au sein des pays émergents ou au sein des autocraties. Si cette situation perdurait, ces derniers pourraient s’associer pour disposer d’un système d’échanges étanche. L’Inde qui entretient des relations complexes avec la Chine et la Russie ne souhaite pas s’aligner, fidèle à sa tradition. Elle pourrait jouer le rôle d’intermédiaire de référence au sein du monde des pays en développement et émergents.
Le Brésil, comme souvent, hésite sur son positionnement, notamment en raison des fortes divisions politiques internes. Les autorités brésiliennes n’ont pas critiqué l’intervention russe. Leur dépendance à la Russie en matière d’engrais et le souhait de s’émanciper de l’Europe et des États-Unis démocrates justifient, en partie, ce choix.
Les années 1990 et 2010 se sont caractérisées par une internationalisation de l’économie se traduisant par l’éclatement des chaînes de valeurs. L’ensemble des zones économiques ont été interconnectées avec, comme symbole de ce mouvement de fond, les porte-conteneurs qui sillonnent toutes les mers. Le développement d’un système financier mondial a facilité amplement la mondialisation tout comme le recours aux outils numériques. La mondialisation a connu un premier infléchissement avec la crise financière de 2008.
Le conflit ukrainien ne provoquera pas le retour à la logique de blocs
Au sein des pays occidentaux, elle est accusée de provoquer une désindustrialisation. La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine durant le mandat de Donald Trump a symbolisé le renouveau du courant protectionniste que l’épidémie de covid n’a fait que conforter. La croissance du commerce mondial dans les années 2010 s’est ralentie. La pandémie a donné lieu à un double mouvement, une forte contraction en 2020 suivie d’un rebond massif et rapide dont a profité la Chine.
Le conflit ukrainien ne provoquera pas, pour autant, le retour à la logique de blocs qui était en vigueur dans les années 1950/1980. Depuis, la Chine est devenue la première puissance commerciale mondiale ; le poids économique des Occidentaux est passé de 1973 à 2021 de près de 75 à 42 % du PIB mondial ; l’interdépendance s’est accentuée. Ce qui vaut pour les pays anciennement industrialisés vaut également pour la Chine ou l’Inde.
Les dirigeants européens ont souligné, lors de la réunion informelle du Conseil européen à Paris, la nécessité de rendre l’économie européenne plus résiliente et moins dépendante des importations russes, le président français Emmanuel Macron proposant des emprunts communs similaires à ceux mis en place pour le Fonds de relance.
Une nouvelle dette commune au niveau de l’UE pourrait accélérer la souveraineté européenne future et absorber les conséquences économiques de la rupture avec la Russie, a souligné M. Macron.
Emmanuel Macron a déclaré que les 27 pays étaient « unanimes » sur la nécessité d’investissements massifs pour atteindre la souveraineté européenne dans tous les domaines, a résumé le chef d’État français à l’issue d’un sommet européen de deux jours qui s’est tenu au château de Versailles.
Il faut investir dans l’énergie, la défense, les matières premières et les technologies pour assurer la souveraineté européenne, a déclaré M. Macron aux côtés de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du président du Conseil de l’UE, Charles Michel, passant en revue les nombreux secteurs dans lesquels les 27 doivent devenir pleinement souverains.
Charles Michel a également souligné l’importance de « consolider notre base économique » et de rendre l’économie européenne « plus robuste et plus résiliente. »
Toutefois, pour atteindre cet objectif, « nous devrons financer ces grandes stratégies en Européens », a souligné le président français, ajoutant que l’Europe doit « éviter toute fragmentation du marché et des dettes souveraines européennes ».
Il a néanmoins suggéré que, même si l’option est sur la table, il s’agit d’abord de « s’accorder sur les objectifs » avant que les « instruments ne suivent ».
Des sources au sein du Parlement européen ont déclaré à EURACTIV que cette option est « actuellement sur la table » et que la Commission est en train de l’évaluer.
La déclaration finale du sommet a mis en évidence plusieurs domaines qui sont actuellement affectés par les sanctions et où les dépendances devraient être réduites.
La forte dépendance de l’Europe à l’égard des importations d’énergie russe est l’une des questions qui figurent en tête de l’ordre du jour, puisque l’UE importe actuellement environ 40 % de son gaz et 45 % de son charbon de Russie.
« Tout d’abord, notre devoir est de continuer à garantir un approvisionnement énergétique fiable, sûr et abordable aux consommateurs européens », a déclaré Mme von der Leyen, ajoutant que cela impliquerait que l’Europe se débarrasse de sa dépendance au gaz russe à moyen terme.
« D’ici la mi-mai, nous présenterons une proposition visant à éliminer progressivement notre dépendance à l’égard du gaz, du pétrole et du charbon russes d’ici 2027 », a ajouté la présidente de la Commission.
Toutefois, l’énergie n’est pas le seul domaine dans lequel les dirigeants européens s’efforcent de réduire la dépendance et de découpler la Russie de leurs chaînes de valeur.
La Russie est l’un des plus grands marchés d’importation européens lorsqu’il s’agit de matières premières comme le nickel ou le palladium, ce dernier étant particulièrement important pour l’industrie des puces, un secteur majeur pour l’Allemagne.
Et si la guerre en Ukraine était spirituelle ? Le patriarche Kirill a béni l’opération militaire de Poutine, dénoncé les « forces du mal » occidentales, qui veulent « rééduquer mentalement les Ukrainiens ». Il y a du vrai dans tout cela : quel est le démon qui pousse les Ukrainiens à s’opposer aux chars russes ?
Dans l’Occident décadent, on parle sanctions et gros sous, prix du pétrole et de la baguette. En Ukraine, Zelenski réclame « de la poudre et des balles ». Les Occidentaux ne donnent pas d’avions, mais envoient des missiles portatifs. L’Europe ne coupe pas le gaz, mais augmente son aide, sanctionne la Russie, accueille 2 millions de réfugiés. L’Europe s’est plus unie en dix jours qu’en dix ans. Seulement l’émotion ?
Le bombardement d’une maternité à Marioupol a été plus qu’un choc : un fait politique. Le ministre des affaires étrangères russe, Lavrov, justifie: « Dans cet hôpital, il y avait des nationalistes ukrainiens ». Qu’il y ait des nationalistes ukrainiens en Ukraine légitime donc de bombarder un hôpital. Pourquoi y aurait-il des nationalistes en Ukraine, puisque l’Ukraine n’a, en fait, pas droit à l’existence ? « Dénazifier » l’Ukraine signifie la purifier de tout ce qui s’oppose à son appartenance à la Grande Russie.
Poutine et Kirill sont sincères, comme cet éditorialiste de Novosti : « Qui, dans les vieilles capitales européennes, à Paris ou à Berlin, pouvait réellement croire que Moscou renoncerait à Kiev ? Que les Russes seraient à jamais un peuple divisé? ». Il s’agit pour « la Russie de retrouver son unité. »
Les Ukrainiens ont dit non.
L’invasion devait donc durer trois jours. Un gouvernement pro-russe s’installer, l’armée ukrainienne garantir l’ordre en échange de la paix. Le monde aurait salué Poutine, constaté la fin de l’ordre mondial occidental, moqué la décadence « spirituelle » des démocraties libérales.
Les Ukrainiens ont dit non. Kharkov la russophone a chassé les soldats de Poutine. Son artillerie, en représailles, la bombarde. Le chef de la brigade tchétchène, Kadirov, se plaint : « La tactique russe ne fonctionne pas ». La colonne de 60 km de long (6000 véhicules) est immobilisée. Les tanks n’ont plus d’essence, les soldats cherchent des vivres, rentrent à pied, abandonnent des centaines de véhicules, que brûlent ou récupèrent les Ukrainiens. Les Russes ont perdu entre 500 et 800 véhicules, entre 5000 et 10 000 hommes, entre 30 et 50 avions. Leur aviation ne contrôle toujours pas le ciel.
Poutine ne peut plus gagner.
L’armée russe encercle Kiev, mais une armée n’avance que d’un km par jour face à une guérilla urbaine. Marioupol n’a plus d’eau, de chauffage, de vivres. Les Ukrainiens seront-ils soumis, comme du temps de Staline, par la famine ? Dans les villes occupées, les civils demandent aux jeunes soldats russes de rentrer chez eux. Par téléphone, les mères russes sont appelées à venir chercher leurs fils prisonniers.
Poutine ne peut plus gagner. Le front nord a dû reculer. L’armée préparée en Biélorussie reste immobile. Loukachenko craint une nouvelle révolte contre son régime s’il intervient. Un mauvais esprit démocratique pourrait revenir à Minsk.
Peu de temps avant d’envahir l’Ukraine, Poutine a dissout « Mémorial », l’association créée par Sakharov sur la mémoire du Goulag. La police a saisi les archives, les traces du mal. Depuis, elle a arrêté plus de 10 000 manifestants russes contre la guerre. La Russie de Poutine serait-elle incompatible avec sa mémoire ? La naissance d’une Russie libre était possible en 1991. A cette date, l’indépendance avait été votée par plus de 90% des Ukrainiens, indépendance reconnue et garantie dans ses frontières trois fois par la Russie depuis. La Russie serait-elle incompatible avec l’Ukraine libre ? Les Ukrainiens veulent vivre libres dans un pays libre, les Russes pourraient vouloir la même chose. Des Russes libres dans une Russie libre, voilà le cauchemar. Voilà en quoi ce combat fratricide en Europe est une guerre « spirituelle ».
Le Kremlin est cerné : par le fantôme de la liberté ?
Attribuer les mêmes responsabilités aux victimes et aux bourreaux n’est pas qu’une faute « morale », c’est un manque de réalisme. Selon certains, Zelensky aurait dû céder, l’Otan refuser les demandes ukrainiennes (ce qu’elle a fait). Il serait encore temps. Illusion : la paix est possible et souhaitable, la reddition n’est pas la paix.
Oter à un pays le vœu de ses alliances, c’est lui enlever son indépendance. Voir dans cette guerre un affrontement entre les États-Unis et la Russie est une courte vue. L’Otan n’est pas en Ukraine. Elle a diminué ses troupes en Europe. La Russie, pays le plus étendu du monde, ne peut être encerclée. Mais c’est vrai, le Kremlin est cerné : par le fantôme de la liberté.
Poutine n’a pas réveillé que l’Otan ou l’Europe, il a ranimé « l’Alliance des démocraties », proposée dans l’indifférence générale par Joe Biden. La concentration du pouvoir qu’incarne un régime autoritaire, effraie. Surtout avec des bombes nucléaires, l’arme du gaz et des céréales. Tous les régimes plus ou moins despotiques de la planète font courir un risque. L’Allemagne s’arme. Même la Suisse sort de sa neutralité.
Quant à la France, elle tient sa ligne : Maintenir le dialogue, ne pas céder, ni faiblesse, ni surenchère, ni provocation. Ceux qui la souhaitent « équidistante », « non alignée », font semblant d’ignorer ce que cela veut dire d’abandon, de reniement, de danger. Agiter le souvenir de De Gaulle oblige à rappeler qu’il n’a jamais été non aligné, ni équidistant. On peut reprocher mille choses aux Etats-Unis, de là à se vouloir aussi proche de Poutine ou de Xi Jinping que d’eux, c’est un risque absurde, suspect.
La résistance ukrainienne construit la paix.
D’ailleurs, l’adversaire des États-Unis n’est pas la Russie, c’est la Chine. Et le principal adversaire de Poutine n’est pas les Etats-Unis, mais l’Europe démocratique et libérale, parce que la Russie est européenne, qu’elle n’est ni démocratique ni libérale. Les Européens avaient raison de vouloir séduire la Russie, et Poutine d’empêcher ce mariage, quitte à se donner aux Chinois.
Peut-on espérer que la tragédie finisse bien ? Par le principe même de la leçon tragique : le courage. Parfois le courage gagne. Parfois il ne suffit pas. Il a besoin d’aide. Mais toujours le manque de courage appelle la défaite. La résistance ukrainienne construit la paix. La vraie paix, fondée sur l’échec de la violence, de la guerre, de la sujétion.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
Anne Hidalgo, la maire de Paris et la candidate à l’élection présidentielle du Parti socialiste, nous a reçus dans son siège de campagne au coeur du quartier populaire du 12ème arrondissement. Pas de chichi chez la candidate socialiste, un simple plateau de « co-working » accueille l’équipe qui accompagne la candidate à l’élection présidentielle. Elle nous reçoit avec autant de simplicité. Alors que les interviews s’enchainent, Mme Hidalgo partage avec nous sa vision de l’expatriation et les actions qu’elle imagine mener pour les expatriés si elle est élue Président de la République française.
Anne Hidalgo, l’expatriation en racine
Pour sa déclaration de candidature à la présidentielle , depuis la ville de Rouen, il y a deux mois, Anne Hidalgo avait évoqué ses parents, Antonio et Maria, ouvrier et couturière, et son grand-père paternel qui a connu l’exil pour fuir l’Espagne franquiste. Logiquement, on commence notre interview en revenant sur cette expérience qu’elle partage avec sa famille, l’occasion de nous dévoiler sa vision de l’expatriation.
La transmission de la langue française et l’Education pour tous
Au cours de notre interview, nous revenons avec elle sur la situation de la Culture française dans le monde. Loin du rayonnement promis au début du quinquennat d’Emmanuel Macron, la candidate du parti socialiste dénonce un « soft power » au rabais et le renoncement du gouvernement à ouvrir l’Education française à l’étranger à plus de jeunes Français.
Elle répond aux expatriés inquiets avec des propositions concrètes comme la différenciation tarifaire.
Le service aux expatriés dans les consulats
L’autre cheval de bataille d’Anne Hidalgo, c’est le service aux expatriés dans les consulats. Pour elle, comme pour d’autres, il s’est dégradé de façon considérable. Si elle salue le travail des équipes sur place, elle s’interroge sur les moyens mis à disposition par le gouvernement. Alors que la population est en croissance depuis 10 ans, le nombre de fonctionnaires a reculé, une situation qu’elle juge inacceptable et à laquelle elle compte trouver une solution rapidement.
Valider une candidature à l’élection présidentielle
Pour qu’une candidature à l’élection présidentielle soit validée par le Conseil constitutionnel, le ou la candidate doit répondre à des exigences :
être de nationalité française ;
ne pas être privé de ses droits civiques concernant l’éligibilité ;
être âgé d’au moins 18 ans ;
être inscrit sur une liste électorale ;
avoir satisfait aux obligations imposées par le code du service national ;
ne pas être placé sous tutelle ou sous curatelle ;
Mais surtout il doit avoir obtenu au moins 500 parrainages par des élus locaux. Ce système de parrainages est souvent remis en cause, mais en quoi consiste-t-il ?
Le parrainage, une longue histoire
La procédure ne date pas d’hier, mais elle a beaucoup évolué au fil du temps. Tout remonte à 1958, lors de l’élection du Président de la République. A l’époque, il existait un collège de grands électeurs « dont la composition est proche de celle du corps électoral qui désigne les sénateurs depuis la IIIe République », explique le Conseil constitutionnel. Le candidat avait besoin de seulement 50 présentations de la part des membres du collège électoral. A ce moment-là, les identités et fonctions des personnes qui parrainent les candidats ne sont pas rendues publiques.
Un premier changement date de 1962 : cette année, la mise en place du système de suffrage universel direct pour l’élection du président est actée dans une loi. Le système de présentation est alors modifié : chaque candidat doit « être présenté par au moins 100 citoyens titulaires d’un mandat électif de la nature de ceux des « grands électeurs » des élections sénatoriales. »
Le système tient bon, jusqu’à la moitié des années 1970. L’augmentation du nombre de candidats et les problèmes organisationnels qui se présentent à chaque élection montrent que le système doit être réformé. En 1976, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing (élu en 1974), une reforme acte les changements. Désormais, pour être candidat, il faut avoir réuni 500 parrainages qui proviennent « d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer sans que plus du dixième de ces 500 signatures (soit 50) proviennent d’un même département ou territoire« , rappelle-t-on sur le site du Conseil constitutionnel. A partir de cette date, il a été établi que la liste de 500 parrains devait être rendue publique et ce, même si le candidat en question en comptait plus que 500.
171 élus des Français de l’étranger ont apporté leur parrainage
Pour les expatriés, ce sont donc les élus consulaires, mais aussi les députés et les sénateurs qui peuvent apporter leur parrainage. Ils sont 171 à avoir fait la démarche. On découvre ensemble leur choix.
Les expatriés ont largement soutenu Emmanuel Macron et son parti « La République En Marche » lors des précédentes élections, logiquement c’est donc ce dernier qui récolte le plus de parrainages. On retrouve dans le tableau ci-dessous, les députés, quelques sénateurs et 40 élus consulaires dont la Présidente de l’Assemblée des Français de l’étranger, Hélène Degryse, pourtant officiellement indépendante.
LAKRAFI
Amal Amélia
Députée
10ème circonscription
GENETET
Anne
Députée
11ème circonscription
LESCURE
Roland
Député
1ère circonscription
HOLROYD
Alexandre
Député
3ème circonscription
ANGLADE
Pieyre-Alexandre
Député
4ème circonscription
VOJETTA
Stéphane
Député
5ème circonscription
PETIT
Frédéric
Député
7ème circonscription
EL GUERRAB
M’Jid
Député
9ème circonscription
FRASLIN
Jean-Hervé
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique centrale, australe et orientale
REDDAD
Mehdi
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique du Nord
ARNULF
Nicolas
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique du Nord
RUELLE
Jean-Luc
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique occidentale
LANGLET
Jean-Marie
Président du conseil consulaire
Allemagne – 2e circonscription
GROMIER-HEIM
Laurence
Présidente du conseil consulaire
Allemagne – 3e circonscription
PLUDERMACHER
Bruno
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
COL
Alexandre
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
FOUQUES-WEISS
Nadine
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
METAYER
Catherine
Présidente du conseil consulaire
Andorre
SLAIMAN
Zaïda
Présidente du conseil consulaire
Arabie saoudite – 2e circonscription(avec Koweït)
AYOUB
Ghassan
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie centrale et Moyen-Orient
CHAAYA
Nadia
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie centrale et Moyen-Orient
BARTHELEMY
Franck
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie-Océanie
LEGER
Elise
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie-Océanie
CONSIGNY
Thierry
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie-Océanie
TRESSARD
Fabrice
Président du conseil consulaire
Autriche, Slovaquie, Slovénie
MASSON
Thierry
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Benelux
SCHAULI
Frédéric
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Benelux
DEGRYSE
Hélène
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Benelux
MANÇO-QUIROGA
Maurice
Président du conseil consulaire
Bolivie
OUÉDRAOGO
Ousmane
Président du conseil consulaire
Burkina Faso
MALLET
Guillaume
Président du conseil consulaire
Chine – 4e circonscription
BOULO
Anne
Présidente du conseil consulaire
Congo
MARINI
René
Président du conseil consulaire
Congo
SADEQUE
Vincent
Président du conseil consulaire
Djibouti
LEMOINE
Dominique
Président du conseil consulaire
Etats-Unis – 1re circonscription
ORAND
Stanislas
Président du conseil consulaire
Etats-Unis – 7e circonscription
RICHARD
Pascale
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Etats-Unis d’Amérique
LE GLAND
Loïc
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Etats-Unis d’Amérique
SOUIHI
Warda
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Etats-Unis d’Amérique
CONNELL
Patricia
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Europe du Nord
LE CARDINAL
Hugues
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Péninsule Ibérique
LE VAILLANT
Stéphanie
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Péninsule Ibérique
BERTHIER
Pierre
Président du conseil consulaire
Pérou
YEBKA
Belma
Présidente du conseil consulaire
Singapour
AVEZOU
Odile
Présidente du conseil consulaire
Suisse – 1re circonscription
COLLETTE
Marlène
Présidente du conseil consulaire
Suisse – 2e circonscription
FRANCK
David
Président du conseil consulaire
Ukraine
CAZEBONNE
Samantha
Sénatrice
CADIC
Olivier
Sénateur
36 élus pour Valérie Pécresse
Deuxième personnalité à obtenir le plus de soutiens, Valérie Pécresse. La candidate du parti Les Républicains reçoit les parrainages de 36 élus dont le seul député non LREM, Meyer Habib (UDI). Par contre, elle fait le plein des sénateurs qui dominent la haute chambre de la République. Du côté des élus consulaires, les soutiens proviennent des 4 coins du monde.
HABIB
Meyer
Député
8ème circonscription
DENDÈNE
Karim
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique du Nord
SENAC
Gérard
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique occidentale
BOUTALEB
Abdelghani
Président du conseil consulaire
Algérie – 2e circonscription
DE ZIEGLER
Nicolas
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
SIGNORET
Gérard
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Amérique latine et Caraïbes
BENHAIM
Avraham
Président du conseil consulaire
Angola
BARDON-HAMBARDZUMYAN
Lusine
Présidente du conseil consulaire
Arménie, Géorgie
RIGAUD
Laurent
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie centrale et Moyen-Orient
SIVA
Prédibane
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie-Océanie
REMIGI
Victor
Président du conseil consulaire
Cambodge
PESTOTNIK PREBEG
Tea
Présidente du conseil consulaire
Croatie
BERNARD
Jean-Pierre
Président du conseil consulaire
Etats-Unis – 8e circonscription
HULOT
Sandrine
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Etats-Unis d’Amérique
PITON
Olivier
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Etats-Unis d’Amérique
EPELBAUM
Gérard
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Etats-Unis d’Amérique
DUBARD-KAJTAR
Jeanne
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Europe centrale et orientale (y compris Russie)
LEMAÎTRE
Christian
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Europe centrale et orientale (y compris Russie)
BEZARDIN
Alexandre
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
EELV a remporté son pari des élections consulaires. Avec de nombreux élus sur tous les continents, le candidat écologiste réussit à obtenir 28 signatures. On y retrouve la sénatrice Mélanie Vogel mais aussi la députée d’Amérique du Sud, pourtant élue sous l’étiquette LREM, Paula Forteza. Sinon, comme en mai 2021, c’est l’Europe qui fournit le plus gros contingent de soutiens.
FORTEZA
Paula
Députée
2ème circonscription
Français de l’étranger
DOMELEVO ENTFELLNER
Jean-Baka
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique centrale, australe et orientale
Français de l’étranger
RAHAL
Radya
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique du Nord
Français de l’étranger
MAIGNÉ
Stéphan
Président du conseil consulaire
Allemagne – 1re circonscription
Français de l’étranger
LECLERC
Audrey
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
Français de l’étranger
KOKOT
Guilhem
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
Français de l’étranger
CHATEAU-DUCOS
Alexandre
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
Français de l’étranger
OLLIVIER
Mathilde
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
Français de l’étranger
LAVERGNE
Cécile
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Amérique latine et Caraïbes
Français de l’étranger
GUILLEMOT-PEACOCK
Géraldine
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie-Océanie
Français de l’étranger
GRANGE
Jean-Philippe
Président du conseil consulaire
Australie, Fidji, Papouasie-Nouvelle-Guinée
Français de l’étranger
LIBEAUT
Catherine
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Canada
Français de l’étranger
BERT
Laetitia
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Canada
Français de l’étranger
BADACHE
Pascal
Président du conseil consulaire
Danemark
Français de l’étranger
URVOY
Marianick
Présidente du conseil consulaire
Egypte
Français de l’étranger
MARIN-CUDRAZ
Benoit
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Europe du Nord
Français de l’étranger
BERTIN
Olivier
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Europe du Nord
Français de l’étranger
VAZEILLE
Rémi
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Europe du Nord
Français de l’étranger
GERVEREAU
Caryl
Président du conseil consulaire
Maroc – 4e circonscription
Français de l’étranger
GOERGLER
Xavier
Président du conseil consulaire
Panama, Cuba, Jamaïque
Français de l’étranger
LE BERRE
Renaud
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Péninsule Ibérique
Français de l’étranger
RALLE
François
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Péninsule Ibérique
Français de l’étranger
BLANCHOT
Isabelle
Présidente du conseil consulaire
Royaume-Uni – 2e circonscription
Français de l’étranger
CUMBO
Georges
Président du conseil consulaire
Vanuatu
Français de l’étranger
VOGEL
Mélanie
Sénatrice
Français de l’étranger
Mélenchon s’implante chez les expatriés de gauche
Comme dans les sondages réalisés en France, Jean-Luc Mélenchon semble s’imposer comme la figure de référence à gauche. Avec 19 élus, tous locaux, le candidat de LFI récolte le plus de signatures chez les Français de l’étranger parmi les nombreuses candidatures « progressistes ».
BELBACHIR-BELCAID
Khadija
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique du Nord
CLAQUIN
Gaël
Président du conseil consulaire
Afrique du Sud, Mozambique, Namibie, Bostwana
HEINTZ
Baptiste
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique occidentale
GLOCK
Denis
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Amérique latine et Caraïbes
DELUCHEY
Jean-François
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Amérique latine et Caraïbes
LAVEANT
Pierre
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Péninsule Ibérique
BÉGUÉ
Jean-Christophe
Président du conseil consulaire
Togo, Ghana
FISCHER
Laurent
Président du conseil consulaire
Vietnam
VILLARD
Marc
Président du conseil consulaire
Vietnam
La surprise : Eric Zemmour
Le candidat du parti Reconquête est la surprise de ce classement. Comme les consultations des expatriés qui créditent de 20% des intentions de vote des expatriés Eric Zemmour, 11 élus ont passé le cap et soutiennent l’ancien polémiste. Le député des Français de Suisse, Joachim Son-Forget, est le seul élu national à apporter sa signature à Eric Zemmour.
SON-FORGET
Joachim
Député
6ème circonscription
LETANCHE
Hugues
Président du conseil consulaire
Arabie saoudite – 2e circonscription(avec Koweït)
LEDUCQ
Pierre
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Israël et Territoires palestiniens – 1re circonscription
GIRAUD-MALIVEL
Michèle
Présidente du conseil consulaire
Maurice, Seychelles
LOMBARDO
Florent Marc
Président du conseil consulaire
Panama, Cuba, Jamaïque
CHEVRIER
Christian Henri
Président du conseil consulaire
Thaïlande, Birmanie
MAIZOUE
Jean-Philippe
Président du conseil consulaire
Togo, Ghana
Hidalgo, des troupes timides
Anne Hidalgo ne fait pas le plein chez les élus des expatriés. Alors qu’elle aurait pu espérer une cinquantaine de soutiens, elle ne récolte, elle aussi, que 11 signatures. Les sénateurs comme la présidente de la fédération PS des Français établis hors de France, Cécilia Gondard, sont fidèles au poste, mais où sont les autres ?
YOUMNI
Abdelghani
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Afrique du Nord
BOUVERET
Ellen
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse
BOHEME
Florian
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Asie-Océanie
GONDARD
Cécilia
Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger
Benelux
PAJOT
Franck
Président du conseil consulaire
Chine – 2e circonscription (avec Mongolie et Corée du Nord)
JOINAU
Benjamin
Président du conseil consulaire
Corée du Sud, Taïwan
CURIONI
Monique
Présidente du conseil consulaire
Etats-Unis – 6e circonscription
AHMAR
Samy
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Europe du Nord
SPIESSER
Olivier
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger
Le numérique est le chantier phare sur lequel la francophonie doit investir pour davantage peser culturellement, ou a minima défendre la place de la langue française. L’essor des grandes plateformes numériques américaines laisse craindre l’uniformisation de la création culturelle au profit de standards anglo-saxons. Cette tendance, déjà bien engagée, n’est cependant pas une fatalité, la semaine de la Francophonie 2022 vous le démontre.
Valoriser tous les créateurs francophones
TV5 Monde est le média officiel de la francophonie comme nous le rappelle Yves Bigot, son PDG, dans une interview exclusiveà découvrir sur notre site. TV5Mondeplus constitue, en sus, une vitrine, facile d’accès et gratuite, pour toutes les oeuvres francophones de tous les continents. Pour cette semaine dédiée à la Francophonie, nous avonssélectionné, avec les équipes de la plateforme 100% gratuite, non géo-bloquée, TV5MONDEplus, les webcréations incontournables de cette cuvée 2022. Une façon inédite et originale de découvrir lescréateurs francophones d’aujourd’hui et de demain.
6 webcréations à découvrir de toute urgence
TV5Monde a lancé en 2019 au un nouveau label, « webcréations », afin de favoriser l’éclosion de talents francophones. On vous présente ici la promotion 2022.
Saviez-vous pourquoi le mot “tantôt” ne s’utilise pas de la même manière en Belgique et au Québec ? Ou ce que signifie “bisser” ou “beurrer épais” ? C’est du français pourtant ! Laissez-vous guider par la linguiste Aurore Vincenti, pour un tour du monde tout en modernité, au pays des mots francophones ( avec des mots issus du Dictionnaire des francophones).
Laélia Véron, linguiste et stylisticienne, décrypte et décortique les paroles de chansons francophones du moment pour savoir ce qui se cache derrière les paroles de Julien Doré, Gaël Faye, Pomme, Hoshi et bien d’autres.
Mini-série d’animation poétique, pédagogique et piquante, « Un point, c’est tout » dévoile la typographie, révèle ses anecdotes, raconte ses codes et ses petits secrets.
« Comment te dire », une websérie pour apprendre à parler avec éloquence dans toutes les situations du quotidien, avec Natoo et Julien Ménielle. La langue française est riche et belle, apprenons à bien nous en servir !
On a beau parler la même langue, on ne se comprend pas toujours… Dans un café qui pourrait aussi bien de se trouver à Montréal, Bruxelles, Genève ou Paris, se croisent des personnages du monde entier. Dans ce huis-clos cosmopolite, les conversations engendrent bien des quiproquos !
Les chefs d’États et de gouvernement de l’UE, réunis en sommet à Versailles, ont exclu jeudi 10 mars toute adhésion rapide de l’Ukraine à l’Union européenne, tout en ouvrant la porte à des liens plus étroits.
Les dirigeants des 27 se sont réunis pour élaborer les réponses économiques et militaires au choc de l’invasion russe. « L’Europe a changé sous le coup de la pandémie, elle va changer plus vite et plus fort sous le coup de la guerre », a prédit le président français Emmanuel Macron, qui recevait ses hôtes dans le cadre prestigieux du Château de Versailles.
En campagne pour sa réélection, il assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l’UE.
« Est-ce qu’on peut aujourd’hui ouvrir une procédure d’adhésion avec un pays en guerre ? Je ne le crois pas. Est-ce qu’on doit fermer la porte et dire jamais ? Ce serait injuste », a résumé Emmanuel Macron.
« Sans tarder, nous renforcerons encore nos liens et approfondirons notre partenariat afin de soutenir l’Ukraine dans la poursuite de son parcours européen. L’Ukraine fait partie de notre famille européenne », ont finalement proclamé les dirigeants dans une déclaration écrite.
Le Premier ministre slovène, Janez Jansa, n’a pas caché les divisions entre ceux « qui pensent que (…) les Ukrainiens se battent pour leur vie et méritent un message politique fort (…) et ceux qui débattent encore des procédures ». Des pays d’Europe centrale, Pologne en tête, souhaitent en effet accélérer la reconnaissance de la candidature ukrainienne.
Les débats se sont achevés dans la nuit, vers 2H30 (1H30 GMT), après un dîner dans la Galerie des Glaces, où fut signé le traité mettant fin à la Première Guerre mondiale.
Emmanuel Macron voit dans la crise actuelle la confirmation de la nécessité d’une Europe plus souveraine.
Cette guerre va conduire les 27 à prendre « des décisions historiques » pour « complètement redéfinir l’architecture de notre Europe », a-t-il affirmé, en souhaitant notamment « des décisions en matière d’énergie » qui aboutiront à des propositions fin mars lors d’un prochain sommet. Il a aussi appelé à « des décisions en matière de défense » avec « vraisemblablement un Conseil exceptionnel » sur ce dossier en mai.
La guerre déclenchée par Vladimir Poutine a souligné le manque de capacités militaires européennes, les 27 Etats membres ayant très largement réduit leurs budgets depuis la fin de la Guerre froide.
EU leaders attend a summit to discuss the fallout of Russia’s invasion in Ukraine, at the Palace of Versailles, near Paris, on March 10, 2022. – EU leaders are scrambling to find ways to urgently address the fallout of Russia’s invasion of Ukraine that has imperilled the bloc’s economy and exposed a dire need for a stronger defence. (Photo by Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Dépendance envers la Russie
Elle a également mis en lumière l’extrême dépendance de l’UE envers le gaz importé de Russie, qui représente 40 % de sa consommation et limite sa capacité d’action contre Moscou. Même si elle a adopté un paquet de sanctions inédit, l’Europe continue de financer la Russie par ses achats énergétiques dont elle est incapable de se priver à très court terme.
Selon un projet de conclusions, les 27, qui réaffirment le rôle clé de l’Otan, vont souligner leur volonté d’investir « plus et mieux dans les capacités militaires », alors qu’une stratégie de défense doit être publiée avant la fin du mois.
Ils vont également examiner le projet de la Commission de réduire des deux tiers la dépendance au gaz russe dès cette année, mais aussi de diminuer les importations de charbon et pétrole de Russie, en diversifiant les fournisseurs et en développant des énergies alternatives comme les renouvelables ou l’hydrogène.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a indiqué sur Twitter qu’elle proposerait l’objectif d’une indépendance de l’UE envers les énergies fossiles russes d’ici à 2027.
Le renforcement du stockage de gaz, mais aussi « l’optimisation du fonctionnement du marché de l’électricité », réclamés par l’Espagne et la France, sont également évoqués, tout comme de nouvelles mesures urgentes destinées à amortir l’impact de la hausse des prix de l’énergie pour les consommateurs. Le litre d’essence à plus de 2 euros fait craindre des révoltes sociales de type « gilets jaunes ».
« Nous devons soutenir le pouvoir d’achat des familles avec la même rapidité que nous avons répondu à l’action de la Russie », a déclaré le chef du gouvernement italien, Mario Draghi.
La seconde journée du sommet vendredi 11 mars sera consacrée aux discussions sur le renforcement du modèle économique de l’UE, avant une conférence de presse finale dans l’après-midi.
À la gare centrale de Varsovie, j’ai rencontré des héros ordinaires, discrets et humbles dans la solidarité : les Polonais se mobilisent spontanément pour accueillir des milliers de réfugiés ukrainiens.
Lundi 7 mars. L’horloge centrale affiche 22h30. Le hall de la principale gare de Varsovie est plein à craquer. Et il en est ainsi des deux autres gares de la ville. Les réfugiés affluent sans discontinuer. La Pologne accueille déjà plus d’un million deux cent mille ukrainiens. Ceux qui ne sont pas partis vers la Hongrie ou la Turquie convergent ici, vers la capitale polonaise, parfois en simple étape d’un périple vers l’ouest de l’Europe. Certains ont fui directement les bombes, les chars russes et des zones de guerre. Mais tous ont fui la peur et l’angoisse, l’incertitude d’un conflit qui en est à son douzième jour.
Varsovie, havre de paix
Les trains déposent ces personnes éprouvées par vagues permanentes. A chaque heure du jour et de la nuit. L’exil prend la forme d’un flux humain continu. Ces réfugiés débarquent dans une ville inconnue qui fait office de havre de paix pour ceux qui ont dû tout quitter. Beaucoup ont connu la longue attente dans le froid à la frontière. Les plus chanceux ont ici à Varsovie un ami ukrainien. Un parent. Un vague cousin. Mais la plupart ne peuvent compter sur aucun contact précis et doivent compter sur la générosité des Polonais. Comble de malchance : la hryvnia, la monnaie ukrainienne, n’a plus cours en Pologne. Les bureaux de change refusent désormais de l’acheter. A moins de faire des démarches chronophages auprès d’une banque nationale, ses billets sont devenus aussi utiles que du papier à jeter.
Paul ou comment aider spontanément
Paul Lasinski, un ami journaliste franco-polonais, porte deux grands sacs pleins à craquer. De l’eau. Des médicaments et des serviettes hygiéniques. Il passe à la gare presque tous les jours. Alors, ce soir, c’est lui qui fait mon éducation aux premiers secours dans une supérette voisine où nous complétons ses achats : « Tu ne dois prendre que les produits directement utilisables, emballés individuellement, pour faciliter le tri et la distribution ». Le coffre de sa voiture est rempli de produits de première nécessité. Et les vivres s’entassent dans la gare. La générosité des Polonais se mesure à la hauteur des piles de denrées. Paul précise : « En journée c’est différent. Certains produits sont plus vite épuisés que de nuit. Les trains n’arrêtent pas de déposer des gens. C’est clair : on va finir par être débordés ». Il tend au jeune bénévole blond et tonique les soupes lyophilisées qui trouveront bientôt preneur. Elles disparaissent derrière un comptoir en demi-cercle qui sert de lieu de stockage.
Nous retournons à sa voiture pour compléter notre livraison. Dehors, sur l’avenue Chalubinskiego, nous croisons dans la pénombre un couple de quinquagénaires chargés de lourds cabas. Mines placides. Pas assurés. La solidarité polonaise est sans éclat. Efficace et discrète. D’autres groupes arrivent aux abords de la gare. Des jeunes, nuques épaisses, biceps tatoués et allures de supporters de foot nerveux, les bras débordant de cartons remplis à ras-bord. Tous convergent vers le grand bâtiment gris et massif, reliquat d’architecture communiste des années 1970 noyé aujourd’hui au milieu de buildings flambants neufs. Le palais de la culture, réplique parfaite de son jumeau de Moscou, impose sa silhouette éclairée comme une lanterne magique. « Offert » à l’époque par Joseph Staline, ce même bâtiment rappelle plus tristement que c’est aussi un homme russe, Vladimir Poutine, qui est responsable – là aussi – d’un désastre humanitaire. Dans la ville des affiches le comparent à un nazi. Visiblement, les Russes n’ont pas ici que des amis.
Cette fois-ci nous déposons des coussins. A peine déposés, ils sont saisis par une femme qui les récupère et qui repart rapidement, déjà engloutie par la foule. Tant de gens à l’intérieur. Mais tant de calme. Ça circule avec fluidité dans le hall. Deux agents de police veillent de façon débonnaire à la sécurité. Mais la placidité est collective. Dignité dans la souffrance du peuple ukrainien. Au fond de la gare, devant les guichets, une longue file patiente silencieusement. C’est ici que les réfugiés peuvent récupérer un billet de transport gratuit, sésame vers d’autres régions polonaises ou vers les promesses de l’ouest. Montrer son passeport tamponné avec une date postérieure ou égale au 24 février suffit : jour armé, jour désormais sinistre dans la mémoire des Européens. Jour du déclenchement du conflit et jour de baptême des réfugiés.
ci en Pologne la prise de conscience a été collective. Ce pays – habitué par sa longue histoire tourmentée à subir des calamités durables venues de l’Est – est sur le pied de guerre. Un projet de loi en discussion à la Diète, la chambre basse du parlement national, prévoit de porter les effectifs de l’armée de 250 000 hommes à 300 000 hommes. L’OTAN y est déployé et ce sont principalement des avions américains qui assurent pour l’heure « la police du ciel ». Une nouvelle fois, les Polonais se sentent en première ligne européenne, gardiens de la bordure extérieure. Ils ne sont pas seuls. La visite de la vice-présidente américaine est annoncée pour la semaine suivante, tout comme le déploiement de missiles Patriot.
La menace de la guerre plane sur Varsovie
Crédit photo : Paul Lasinsk
La menace de la guerre plane sur Varsovie
Notre civilisation européenne et nos valeurs sont mortelles car sous le feu possible de l’arsenal nucléaire russe. Personne ne fait confiance au président russe et beaucoup mettent en doute son équilibre mental ou sa santé physique.
L’armée de Poutine piétine dans les faubourgs de Kiev et déplorerait déjà de 2 à 3000 morts. On raconte ici en Pologne que les Russes ne voudraient pas reconnaître ces décès, refusant d’avouer leurs faiblesses militaires face à la courageuse armée ukrainienne et que les cadavres seraient abandonnés en conséquence sur le champ de bataille. Preuve que la désinformation et les rumeurs nourries par l’anxiété collective règnent souvent en temps de guerre…
L’ouest de l’Europe a en tout cas découvert l’Ukraine et sa géographie. Le Donbass, pourtant en guerre depuis 2014, est enfin devenu familier aux Français.
Un exemple de solidarité concrète
Paul, le binational, raconte sa prise de conscience : c’était un jeudi. Après une journée à structurer un dossier pour Science et Vie Découvertes, magazine jeunesse pour lequel il bosse. Ce jour-là il fait une pause-café en scrollant les réseaux sociaux sur son smartphone. Et sans surprise les images du conflit se déversent et l’image d’une multitude de réfugiés dans la détresse s’impose à l’écran. Un flash dans sa tête. Se rendre utile. Aller à la rencontre de ce peuple voisin. Aider. Paul se lève, fonce vers la supérette la plus proche. Entretemps, il mobilise son entourage qui achète pour plus de 1000 euro de médicaments. Il embarque tout ce que le coffre de sa voiture de sport peut contenir. Le temps de passer un coup de fil à son amoureuse pour lui dire de ne pas l’attendre pour le dîner et il est parti vers la frontière. « Pour aider en direct. Sans intermédiaire. Sans attendre. Je suis parti vers un point de passage le plus proche de chez moi, à 3 heures de route, au plus près de la Biélorussie. Je n’avais pas vraiment idée de là où j’allais. ». Après avoir déposé ses dons et les médicaments, il en reviendra avec deux personnes hébergées le soir même, chez lui. Le lendemain, au petit matin, il les déposera à la gare dans un train qui les emmènera vers leurs proches, au nord de la Pologne. Aider c’est simple quand on y met du cœur.
Des bénévoles polonais en action à la gare centrale
Dans le hall de la gare, les bénévoles sont affairés derrière de grandes tables. Jeunes pour la plupart. Polyglottes et devenus professionnels dans leur manière de gérer l’urgence. On ne voit aucune ONG institutionnelle qui ait pignon sur rue. La solidarité polonaise est active mais autogérée. C’est la générosité d’un peuple jusque-là divisé par la politique gouvernementale du PiS et harassé par une gestion critiquable de l’épidémie de Covid qui l’a fait redevenir grand et uni face à l’épreuve de la guerre à ses frontières. Les Ukrainiens sont des frères et sœurs. Accueillis comme tels. Aucun chichi. Les Polonais sont des faiseurs. Pas des causeurs.
Crédit photo : Paul Lasinsk
Le gouvernement PiS restaure son image
Parmi les bénévoles qui s’activent on se fiche de savoir qui soutient le parti droit et justice ou pas. Le PiS, parti au pouvoir pointé du doigt par les autorités européennes, est soudain redevenu fréquentable après des années d’atteintes à l’état de droit et à l’indépendance de la justice. Le gouvernement est en première ligne face à une crise migratoire inédite par son ampleur depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ici dans cette gare, peu importe si tu fais du business et que tu votes PO, le parti libéral et pro-européen. Ici la seule politique qui vaille ce soir, c’est celle de la main tendue à l’autre. Ici les réfugiés repartent avec des bananes, des gâteaux secs, du café. Ils s’en vont avec un sourire ou un mot d’encouragement. Déjà un peu réconfortés.
Les anges gardiens de la route : des conducteurs bénévoles
Certains réfugiés s’organisent un téléphone à la main. Les plus jeunes surtout. Qui paraissent déjà prêts à partir. Dehors, une file de voitures et de minibus circule au pas devant le bâtiment de béton gris. Des groupes embarquent avec quelques bagages. Personne n’est lourdement chargé. Ils ont embarqué le strict nécessaire. Mais sans oublier les animaux de compagnie. Chiens, chats, lapins ou hamsters font partie du voyage. Un cousin à Hambourg ? Une solution de repli à Bratislava ? On est partis ! Nombreux sont les Polonais à s’improviser chauffeurs de longue distance pour convoyer gratuitement ces personnes vers la prochaine étape de leur périple de peine.
Polonais et Ukrainiens ne parlent pas la même langue. C’est donc parfois en silence qu’ils partageront l’intimité d’un habitacle sur quelques centaines de kilomètres. La voiture est chauffée. Et elle est sûre. La passagère et ses enfants récupèrent sur la banquette arrière pendant qu’un homme inconnu et aidant les convoie sur une route qui ne risque pas d’être bombardée.
On se quittera dans le matin blême, à côté d’un immeuble lointain, dans une ville parfois étrangère à chacun. Une accolade. Un sourire qui précède un timide « Do widzenia ». (Au revoir en polonais) A croire que c’est ainsi que grandit l’idée d’une véritable fraternité européenne…
La première vague de réfugiés, celle des plus débrouillards
Des voitures avec des plaques ukrainiennes sont garées aux abords de la gare. Parfois des grosses berlines très récentes. Ceux-là sont venus par leurs propres moyens. Paul encore « ceux qui sont arrivés à Varsovie sont la première vague. Souvent les plus éduqués, les plus débrouillards. Et Kiev compte des notables et une bourgeoise prospère. Ils sont arrivés rapidement, s’adaptant à la nouvelle situation, sans avoir subi le danger grandissant de jour en jour. Le pire ce sera bientôt. Les personnes pauvres, sans repère, sans contacts. Ceux qui viendront de plus loin. Plus fatigués. Chargés d’images atroces vues au cours de leur périple. C’est une crise qui va durer sauf si Zelensky et Poutine trouvent un compromis. Il leur faudra peut-être céder l’est du pays aux Russes, la Crimée et l’accès aux ports… C’est triste mais il faut espérer le un moindre mal ».
À la gare, des jeunes Ukrainiens qui parlent anglais recueillent des informations auprès des Polonais de leur âge. Les transports publics sont gratuits. C’est l’engagement du maire de Varsovie et des pouvoirs publics. Ce petit groupe a trouvé un hébergement en ville. Les cités universitaires offrent des lits vacants. D’autres sont simplement en attente d’une solution d’hébergement plus long.
Des réseaux sociaux utiles pour organiser la solidarité locale
Les groupes Facebook fonctionnent parfaitement bien. Les posts tombent en continu sur les groupes de solidarité polonais. On a besoin d’un hébergement pour une famille ukrainienne avec trois enfants en bas âge. Un médecin est-il disponible pour passer rapidement ausculter un vieil homme à la gare de Varsovie-Ouest ? Et un transport vers Praga c’est possible maintenant ? Des commentaires et autant de solutions arrivent en ligne. Incroyable. Mark Zuckerberg peut-il donc vraiment aider les gens avec sa plateforme pilleuse de données numériques ? Les réseaux sociaux retrouvent leur vocation originelle : mettre en contact des gens qui ne se connaissent pas par-delà les différences. Créer du lien, offrir de nouveaux services. Et du bonheur.
Des femmes courages : les mères ukrainiennes
Dans le hall, à l’étage, il y a ceux qui n’iront pas plus loin. Deux enfants d’une douzaine d’années aux bottes boueuses, le bonnet enfoncé sur les oreilles, et un regard à faire pleurer les pierres. Des familles menées par des femmes courages. Demain c’est la journée de la lutte pour les droits des femmes, ce sera le 8 mars, et nous devrions célébrer partout ces mères ukrainiennes qui nourrissent, rassurent et câlinent. Deux garçons d’une dizaine d’années dorment enlacés, ignorant la guerre dans leurs rêves peut-être doux ou plus tourmentés. Leurs visages se touchent. Leurs joues sont collées sur le carton qui est ce soir leur seul matelas de fortune. Ils ont l’âge de mes fils.
Crédit photo : Paul Lasinsk
Peine dans le cœur…
Paul m’entraîne plus loin. Les bénévoles ont pensé à tout. Des couvertures pour ceux qui ont froid. Mais pas de lit, pas de matelas ou trop peu. Le verdict de Paul est sans appel « l’Etat polonais est absent ». Il dépose des albums à colorier. Des feutres. Des tétines. Nos sacs sont vides.
Paul est un père lui aussi. Sa fille vit et travaille à Paris. Elle a grandi avec lui ici, à Varsovie. Paul a deux langues et deux cultures. Et un cœur qui bat. « Tu n’en feras pas trop sur moi stp dans ton papier. Je fais juste ça comme ça, comme les autres… »
Je promets. Mais quand même l’ami, tu méritais un petit coup de chapeau.
Devant nous une mère vient chercher des couvertures supplémentaires pour ses enfants. Paul m’explique « le plus dur c’est pour ces mères isolées avec de jeunes enfants. Aller aux toilettes ou se ravitailler, c’est les laisser seuls quelques minutes. Et avec la fatigue l’angoisse arrive. La peur d’égarer un enfant dans la foule… Donc souvent elles ne bougent pas. Ou peu. Les besoins c’est ça aussi : les identifier et les ravitailler dans le coin de la gare où elles se trouvent avec les petits« .
Mon cœur se serre. Poutine a bien une mère, non ?
Partir ou rester : le dilemme d’un peuple
Paul le pense « on va finir par être débordés. Les réfugiés vont sortir de la gare. À côté, il y a Zlote Tarasy (un grand centre commercial moderne et luxueux). Les réfugiés iront tôt ou tard là-bas. Les centres d’hébergement officiels dignes de ce nom tardent à être mis en place. Et l’hébergement privé finit déjà par atteindre ses limites…«
Dans le hall, la majorité sont des femmes. Les enfants sont nombreux. Les hommes jeunes sont très minoritaires : les autorités ukrainiennes les ont mobilisés pour la guerre. Au passage de la frontière on a assisté à des drames. Des familles séparées. Des hommes en âge de porter les armes sont refoulés. Même si la plupart jouent le jeu du patriotisme nécessaire. Ils iront se battre.
Des personnes âgées sont là, à attendre près des escaliers, à observer le chaos depuis leur fauteuil roulant. Tous calmes et dignes. Mais la plupart des anciens sont restés au pays. Russes armés jusqu’aux dents ou pas, difficile de quitter son village, sa maison, son passé. Le tout, pour quel futur ? Ces visages dans le hall bondé sont graves et marqués. Ils ont connu le bloc soviétique et sa stabilité. Leurs yeux interrogent : ce monde est-il devenu fou ?
23h30. Le sommeil est dur à trouver quand on est installé sur un banc de fer ou sur une couverture au sol. Un homme de grande taille prend son visage dans ses mains. Secoue sa tête de tous côtés. À ses côtés, son camarade regarde fixement l’écran de son portable. Les prises sont toutes utilisées. Des câbles alimentent les GSM alignés. L’électricité est précieuse quand le téléphone portable est le seul lien avec ceux qui sont restés là-bas. Et un outil incontournable pour trouver des solutions, suivre l’actualité ou – tout simplement – traduire le polonais en leur langue.
Nous quittons le hall de gare. Ma nuit sera courte. Le soleil se lève tôt dans cette partie de l’Europe. Et je n’ai pas le cœur à dormir beaucoup.
La solidarité privée sera-t-elle encore au rendez-vous dans un mois ?
e m’installe avec Magda dans un café du centre. Beau soleil dans le ciel et froid sec dehors. Elle profite de sa pause déjeuner pour témoigner. C’est une fonctionnaire de la ville de Varsovie. Elle regarde discrètement les notifications sur son portable. Elle aussi est connectée à Facebook et ses groupes d’entraide. Elle cherche un hébergement durable pour une de ses amies ukrainiennes. « La solidarité est au rendez-vous, c’est une vague spontanée. Ok. Mais le plus dur est à venir. Il faut s’attendre à plusieurs millions de réfugiés. Vous, les Européens de l’ouest, vous serez encore là dans un mois ?«
Pour elle, la gratuité des transports pour les réfugiés aide beaucoup. Elle m’évoque en revanche les problèmes de scolarisation qui vont advenir pour les réfugiés qui choisiront de s’installer à Varsovie « Les classes sont déjà surchargées avec la réforme de l’éducation. Il y a déjà jusqu’à 35 élèves par classe. Et deux petites réfugiées en plus viennent d’arriver dans la classe de ma sœur. Elle doit leur consacrer du temps pour simplement les aider à communiquer, elles qui ne parlent pas notre langue. Ça va vite devenir impossible ».
Les bénévoles sur le pont
En ville, la guerre est peu visible. Les drapeaux sont certes pavoisés aux couleurs de l’Ukraine, des façades affichent le jaune et bleu désormais familier aux quatre coins de l’Europe. On croise pour l’heure relativement peu de réfugiés qui sont pour certains de passage et qui ne trainent pas dans les rues. Aucun ne fait la manche. Question de dignité sûrement. Ici, ce sont les gares qui font office de vitrine terrible du conflit. Et aussi le premier des refuges. J’y retourne. Seul cette fois-ci. Les piles de nourriture ont diminué. Il est 11h00. Il y a de l’hypoglycémie et de la nervosité dans l’air. Les gens se pressent devant les étals. Et les bénévoles polonais, bien qu’épuisés, répondent toujours présents face à l’immense besoin de solidarité. Je reconnais les visages de la veille, ils sont toujours en service. Voilà des héros discrets et ordinaires.
Je me pose dans un coin. Je prends des photos en essayant de saisir les réfugiés de dos. Question de dignité aussi.
Crédit photo : Paul Lasinsk
Frédéric, un Français engagé
Un tour sur Facebook. Je tombe sur le post de Frédéric Chauveau. C’est un professeur de l’école française de Varsovie qui est aussi conseiller élu par la communauté française pour la représenter.
Solidarité active : il vient d’héberger pour deux nuits une famille de quatre personnes. La maman, dentiste à Kiev, a laissé au pays son époux enrôlé dans l’armée. Elle voyage avec sa mère et ses deux enfants de 7 ans et un an et demi. Ils repartent par le train pour le Bade-Wurtemberg. Les visages sont souriants pour la photo partagée en ligne.
Frédéric ne porte pas dans son cœur l’hôte du Kremlin : « Voilà ce que ça donne quand un frappadingue se prend pour un tsar ».
Marta et Macek et la solidarité de proximité
18h30. Je retrouve Marta et Piotr dans un café du centre. Elle a étudié le français et travaille dans le secteur éducatif. Lui a réussi sa reconversion : après avoir travaillé pendant une décennie comme fonctionnaire dans les services du Premier Ministre, il gère désormais des locaux professionnels ouverts aux sociétés publicitaires qui cherchent un lieu pour faire des tournages ou des shootings. Sa société est enfin bénéficiaire depuis un an. Même si l’inflation et la faiblesse du PLN (ou Zloty, la devise polonaise) l’inquiète…
Piotr situe l’origine des groupes de solidarité qui fonctionnent à plein sur Facebook : » ils sont nés clairement avec l’épidémie de Covid. On avait 14 jours de confinement obligatoire quand on était touché. Et il fallait bien aider pour approvisionner les gens coincés chez eux et vaincre l’isolement des plus vulnérables« .
Marta analyse l’élan de solidarité polonais comme de la générosité de proximité. Les femmes de ménage et les nounous ukrainiennes, souvent parfaitement intégrées aux familles polonaises qui les emploient, font partie intégrante de la société varsovienne. Nadia est une femme ukrainienne qui a travaillé pour les parents de Marta vieillissants avant de travailler à son tour pour elle. « Mes parents sont même allés en Ukraine dans le village natal de Nadia. C’est un peu la famille. Et Ici tout le monde a une « pani Nadia » (une « Madame Nadia »).
Marta m’explique que sa voisine a organisé l’aménagement d’un appartement pour sa femme de ménage. « Elle a fait une liste de fournitures de ce qui manquait et chacun a contribué dans la famille ou le quartier« .Son fils Titus fait aussi de la collecte. Elle trouve ça normal. « Mais il y a un risque de saturation. Que les gens ne puissent pas donner davantage« . Les scouts organisent aussi des collectes comme les écoliers. Chacun s’y met.
Crédit photo : Paul Lasinsk
Un problème de coordination au niveau de l’action du gouvernement polonais ?
Piotr vient justement sur le terrain politique « je pense que c’est la stratégie de Poutine que la Pologne arrive à saturation et que la solidarité privée cesse. D’ailleurs maintenant les gens commencent à se poser la question : mais où est le gouvernement ? Il y a clairement un problème de coordination« .
Le gouvernement a certes annoncé en grande pompe qu’il donnerait 40 PLN par personne accueillie aux Polonais qui hébergent des réfugiés sous leur toit. Une loi vient d’être votée en urgence par la diète ce même jour. Le gouvernement veut légaliser le séjour des Ukrainiens réfugiés en Pologne, leur donner le droit de travailler, le droit à l’éducation et aux soins médico-sociaux pour une période d’au moins 18 mois et qui pourrait être prolongée jusqu’à 3 ans. Le marché du travail semble en capacité d’absorber 700 000 travailleurs d’après les estimations des experts économiques qui pointent notamment les besoins du secteur de la restauration, affecté par l’épidémie de Covid.
Tous les Ukrainiens ne veulent cependant pas fuir leur pays. Loin de là.
La belle-mère de Piotr est Ukrainienne. Sa famille a refusé de quitter l’est de l’Ukraine pour éviter que leur maison neuve ne soit pillée ou détruite. Piotr se veut lucide : « Notre enthousiasme collectif va retomber. Cela fait deux semaines qu’on accueille. Mais qu’est ce qui se passera après deux mois ou dans deux ans ?« .
Des ambitions militaires russes qui inquiètent
Le couple s’inquiète des ambitions russes. Et fait des réserves en conséquence. « J’ai acheté de l’essence. De la nourriture déshydratée. Et nous avons changé nos zlotys en dollars. Nous avons même repéré une maison dans la campagne qui pourrait servir de base de repli si la situation dégénère« .
Piotr s’inquiète aussi de la stratégie américaine trop belliciste à ses yeux : « Les Américains nous poussent vers la guerre en nous proposant de nouveaux avions de chasse« . Piotr souhaite une action diplomatique pour résoudre ce conflit… Les tentatives diplomatiques du Président Macron ne sont même pas évoquées… Il est toujours ingrat de discuter avec un président autoritaire qui n’en fait qu’à sa tête.
Retour à Paris dans un avion plein de réfugiés
Mercredi 9 mars. Avion retour pour Paris. L’Airbus est plein à craquer. 45 minutes de retard au décollage. Contrôle des passeports et longue file devant le comptoir Air France. Des réfugiés qui voyagent en famille. Les hommes portent sur le ventre des sacs – ceintures qu’on devine remplis de devises. Les femmes vont se rafraîchir aux toilettes. Avant de partir, la police de l’air appelle deux passagers pour un dernier contrôle. L’homme d’une soixantaine d’années, très élégant, qui doit répondre à la police n’emmène pas large. Mais il se rassoit et l’avion finit par s’envoler.
Je tente de discuter avec ma voisine. L’échange tourne court. Elle ne parle pas un mot d’anglais. À l’arrivée avec sa fille et son gendre, elle s’oriente dans le terminal d’arrivée de l’aéroport Charles de Gaulle avec assurance. Ceux-là ont sans doute un but précis. Un point de chute. Ils sont à Paris. Ils sont déjà sauvés. Au moins temporairement.
Dans le kiosque à journaux, la guerre s’étale partout en une. Et des réfugiés ukrainiens continuent d’arriver à Varsovie…
Le peuple européen vaincra. Et c’est la solidarité qui forgera la victoire.
CAGNOTTE POUR LES REFUGIES UKRAINIENS
Il y a une cagnotte pour les réfugiés, il faut ajouter le lien Aide DIRECTE aux Réfugiés FR-PL-Ukraine: https://zrzutka.pl/en/v7fhmx
A l’occasion du lancement de la semaine de la Francophonie le 12 mars, Yves Bigot, président et directeur général de TV5MONDE, a accordé une interview à Lesfrancais.press.
Avec un nouvel habillage jugé “plus humain”, une campagne éco-responsable, un nouveau président et des records d’audience en janvier 2022 (11,6 millions de visites), la chaîne gratuite internationale est en pleine transformation. En constant développement pour porter la francophonie dans le monde entier, elle doit rivaliser d’ingéniosité pour se renouveler, surtout lors de l’annuelle Semaine de la francophonie.
La Semaine de la langue française et de la francophonie
Pour autant, Yves Bigot et son équipe y arrivent avec brio. Ainsi, la saison 2022 sera l’occasion de (re)voir des films, documentaires, séries, films d’animation issus du monde francophone.
De plus, grâce à une idée de l’ambassadrice du Canada à Paris Isabelle Hudon, le catalogue de la chaîne va être étoffé de dix-neuf nouvelles œuvres venues du continent africain. Effectivement, le Canada a investi dans un fonds pour aider à la production de films, séries télévisées ou autres, des pays du Sud, au moyen d’un reliquat de financements canadiens. Une initiative suivie par la Confédération suisse et la France en 2021 et par d’autres en 2022.
Les temps forts de la semaine
Comme à l’accoutumée, les festivités débuteront par la rencontre avec la secrétaire générale de la Francophonie Louise Mushikiwabo, et son message adressé au monde entier.
Le nouveau magazine TV5MONDE “Par monts et par mots”va également voir le jour. Il sera entièrement dédié à la langue française et ses particularités.
Enfin, les émissions habituelles accueilleront sur leur plateau de nombreuses personnalités intellectuelles du milieu de la francophonie. Cependant, Yves Bigot se réserve le droit de modifier les contenus des émissions au dernier moment, en raison de l’actualité.
“La francophonie se porte bien”
“La francophonie se porte bien de manière générale car elle est portée par la démographie africaine dans toute sa diversité” affirme le président de la chaîne. Néanmoins, il fait état de la façon dont elle faiblit dans certains pays pour des raisons politiques, comme en Algérie ; mais aussi à cause de sa rivalité constante avec l’anglais et le retour des langues locales.
Ainsi, elle est assez contrastée et doit être entretenue en permanence. Il appelle donc à investir dans les “programmes d’apprentissage”, les lieux scolaires, les Alliances françaises et Instituts français.
Yves Bigot, président et directeur général de TV5MONDE
Si la chaîne francophone ne fait pas d’amalgame entre le gouvernement de Vladimir Poutine et son peuple, et entretient d’excellentes relations avec ce dernier, le directeur général reste attentif au déroulement des évènements, mais est assez pessimiste.
Enfin, Yves Bigot reste relativement neutre quant à l’interdiction de diffusion de RT France. Avouant ne pas suffisamment connaître le contenu informationnel de la chaîne de télévision, il préfère ne pas porter d’avis.
Regarder l’interview d’Yves Bigot – PDG du groupe TV5MONDE