Transition, investiture, nouveau gouvernement, visites officielles… le programme des prochains jours d’Emmanuel Macron.
La victoire, et après ?
Réélu à l’Elysée avec 58,54 % des voix face à Marine Le Pen, dimanche 24 avril, Emmanuel Macron va désormais pouvoir se projeter vers les cinq années à venir, en traversant deux grandes séquences. Une première, institutionnelle, afin d’entériner sa reconduction et peaufiner la constitution de sa nouvelle équipe, va démarrer au lendemain du scrutin présidentiel ; la seconde, plus politique, débutera après les élections législatives des 12 et 19 juin (les 05 et 19 juin 2022 pour les expatriés), avec le lancement des premiers chantiers de réformes.
Jean Castex, dernier Premier Ministre d’Emmanuel Macron de son premier mandat lors de son vote le 24 avril 2022
S’il est le premier président de la Ve République réélu hors période de cohabitation, Emmanuel Macron ne sera pas le premier président sortant à commencer un nouveau mandat. Comme ce fut le cas pour François Mitterrand en 1988 et Jacques Chirac en 2002, il n’y aura pas de cérémonie de passation de pouvoir mais une cérémonie d’investiture, qui doit marquer le début du nouveau quinquennat. Celle-ci aura lieu entre la proclamation officielle des résultats par le Conseil constitutionnel, prévue mercredi 27 avril (ou le lendemain), et la fin officielle du mandat de l’actuel président, le 13 mai.
La réélection du président français Emmanuel Macron a renforcé sa vision d’une Europe souveraine et pourrait également réduire le potentiel de leadership politique de l’Allemagne au sein de l’Union européenne.
Si le résultat de l’élection présidentielle française a été accueilli avec soulagement dans de nombreux États membres de l’UE, la réélection de M. Macron souligne également le fort rôle de leadership de la France.
« Je pense que Macron s’est maintenant imposé comme la voix incontournable, la voix légitime de l’Europe, même si le résultat était relativement serré », a confié à EURACTIV Henning Vöpel, directeur au Centre de politique européenne (CEP) à Berlin.
Le fait que la France joue un rôle de leader plus important en Europe est renforcé par plusieurs facteurs, selon M. Vöpel.
Emmanuel Macron lors de sa réélection au Champs de Mars à Paris – 24 avril 2022
La position hésitante du gouvernement allemand sur la guerre menée par la Russie en Ukraine notamment, une position qui a considérablement affaibli la place de l’Allemagne dans l’UE. Non seulement Berlin a freiné les choses en ce qui concerne les sanctions de l’UE, mais son refus de fournir des armes lourdes à l’Ukraine a également réduit ses possibilités de leadership.
« Je pense que l’Allemagne doit maintenant se contenter de remplir au mieux le deuxième, voire le troisième rôle en Europe. Et cela, bien sûr, est en partie dû aux tergiversations et aux hésitations du chancelier Olaf Scholz », a expliqué M. Vöpel.
Dans le même temps, la guerre a également mis en évidence les faiblesses de ses politiques de ces dernières décennies relatives à la Russie.
Alors que la France a toujours mis en garde contre une trop grande dépendance économique à l’égard de la Russie — notamment en ce qui concerne la construction du gazoduc controversé Nord Stream 2 — la politique russe de l’Allemagne était motivée par la tentative de rapprocher la Russie de l’Occident par une intégration économique plus étroite. Cette approche a largement échoué, compte tenu de la guerre menée par la Russie en Ukraine.
Dans le même temps, l’Allemagne est également beaucoup plus isolée que la France dans d’autres domaines. Emmanuel Macron, par exemple, a cherché une alliance étroite avec son homologue italien, Mario Draghi, sur la réforme des règles de la dette européenne.
« En particulier face aux crises actuelles, Macron va essayer de travailler avec Draghi pour faire pression en faveur d’une plus grande marge de manœuvre financière afin de pouvoir assumer les investissements nécessaires », a souligné M. Vöpel.
Bien que l’Allemagne, en particulier, a hésité à soutenir la réforme et l’assouplissement des règles fiscales de l’UE, l’équilibre des forces en Europe s’est déplacé vers la réforme des règles, a-t-il ajouté.
La place de l’Allemagne dans l’UE
Cependant, les positions de l’Allemagne coïncident désormais avec les visions de M. Macron dans de nombreux domaines, notamment la volonté de favoriser la souveraineté européenne.
Alors que les appels de M. Macron en faveur d’une Europe souveraine dans son discours visant à présenter son programme à la Sorbonne en 2017 sont principalement restés lettre morte au sein du gouvernement allemand, la question figure désormais en tête de l’ordre du jour en Allemagne. Le Zeitenwende — le « tournant » — de M. Scholz est déjà profondément ancrée dans le discours allemand et va au-delà des effets immédiats de la guerre en Ukraine.
Mercredi dernier, par exemple, le ministre des Finances du pays, Christian Lindner, a appelé à une réinitialisation stratégique complète de la politique allemande.
« Nous sommes dans une situation à triple risque. Nous sommes devenus trop dépendants de l’énergie russe, de la sécurité américaine et du commerce avec la Chine », a estimé M. Lindner dans un entretien accordé à Focus Online. Par conséquent, a-t-il ajouté, l’Allemagne doit maintenant « redéfinir son modèle économique ».
Lors d’un entretien avec EURACTIV, l’eurodéputé SPD allemand Udo Bullmann a également souligné qu’il était désormais nécessaire de renforcer la souveraineté européenne.
Ce qu’il faut maintenant, c’est « une politique européenne pleine de confiance en soi, mais aussi d’objectifs clairs de maintien de la paix, du rôle international de l’Union européenne, et d’un nouveau modèle économique et de développement face au changement climatique », a déclaré M. Bullmann.
De son côté, le directeur du CEP Paris, Marc Uzan, a également exprimé sa confiance dans la capacité de l’Allemagne à changer.
« L’Allemagne est à un tournant, et je pense que Berlin sera à la hauteur du défi », a-t-il indiqué à EURACTIV.
Selon lui, la France pourrait également jouer un rôle clé pour l’Allemagne dans ce bouleversement politique.
« Marcon pourrait être le pont qui aidera l’Allemagne à changer son modèle de croissance et peut-être aussi son modèle géopolitique », a souligné M. Uzan.
La France a voté. Bravo aux Français de l’étranger qui ont patienté parfois des heures pour mettre leur bulletin dans l’urne. Bravo aux volontaires qui ont tenu les bureaux de vote. Chacun tient la démocratie pour un acquis, elle est pourtant fragile. Elle a ses ennemis et ses démons. Système rare dans l’histoire de l’humanité, elle est destructible.
Détruire la démocratie devrait être assez facile. Le plus simple, ce sont les bombes.
En Normandie, pas loin de Tocqueville, d’immenses tumulus ont été construits il y a des milliers d’années pour quelques princes, comme si les peuples louaient plus volontiers la servitude que la liberté. Tocqueville justement : « La dégradation des mœurs publiques amènera dans un temps court, prochain peut-être, à des révolutions nouvelles. Est-ce donc que la vie des rois tient à des fils plus fermes et plus difficiles à briser que celle des autres hommes ? » Et la vie des démocraties ? Détruire la démocratie devrait être assez facile. Comment faire ?
Le plus simple, ce sont les bombes. La méthode Franco reste d’actualité. Pourtant, le résultat n’est pas garanti : Poutine voit même, en Ukraine, les « Nazis » d’un Président juif résister à ses Brigades Tchétchènes au nom de la liberté. A qui se fier ?
La guerre n’est pas sûre. Ni pour détruire un régime, ni pour l’installer : on l’a vu en Afghanistan. Mais il n’est pas certain que les régimes démocratiques soient moins forts, militairement, que les autres. L’Histoire montre plutôt l’inverse.
Eliminer par le poison le poison démocratique. Le doute qui ronge, la suspicion, la honte de soi.
Mieux que les bombes, les poisons. Eliminer par le poison le poison démocratique. Si l’on ne peut faire taire opposants et journalistes par des juges, les éliminer directement. La chasse à l’opposant est un classique, mais cela ne marche que dans les pays où le pouvoir est déjà bien installé : Nicaragua, Venezuela, Russie, Turquie, ces pays ont failli être des démocraties.
Comment faire pour détruire des démocraties installées ? Encore le poison, mais d’un autre genre : le doute. Le doute qui ronge, la suspicion, la honte de soi. Moquer le modèle. Que les démocrates aient honte d’eux-mêmes comme ces communistes qui confessaient leurs péchés lors des purges.
Insinuer la suspicion sur l’acte majeur des démocraties pour commencer : le vote. Les partisans de Trump pensaient que l’élection avait été volée, s’ensuivit l’assaut du Capitole. Selon un sondage, 15% des Français pensent que l’élection française est truquée. C’est vrai : beaucoup d’élections sont manipulées, victimes de boîtes à fake news: Les interventions des pirates du Kremlin dans les campagnes électorales américaines, britanniques, allemandes, françaises sont documentées. Le Rapport officiel parlementaire sur les interventions russes dans la campagne du Brexit est d’autant plus stupéfiant qu’il n’a pas remis en cause le vote.
Il n’existe pas de citoyen passif. Il est supposé disposer d’informations d’autant plus fiables qu’elles sont diverses et pluralistes.
C’est que les citoyens sont censés être capables de se faire un avis quelles que soient les manipulations. Il n’existe pas de citoyen passif. Il est supposé disposer d’informations d’autant plus fiables qu’elles sont diverses et pluralistes. A lui de faire son travail. Pas de démocratie sans presse libre. Ni d’électeur sans lecteur.
Instiller le doute : faire apparaitre la presse comme peu fiable. C’est le cas : La confiance dans les médias est à peine plus élevée que dans les partis. Pourquoi les médias occidentaux seraient-ils plus fiables que les Russes ? Le charnier de Timisoara était une fabrication, les armes de destruction massives un mensonge. Qui dit que les Russes commettent des crimes de guerre ? Les Américains ? Pourquoi les croire plus que Poutine ? Chez Poutine, on ne parle d’ailleurs pas de guerre, c’est interdit. En revanche, la presse américaine dénonçait la guerre du Vietnam, au grand étonnement d’Hanoï. Les tares de l’Occident font sa force : il n’y a pas de critique de l’Occident plus aigüe qu’en Occident, c’est à cela que l’on reconnait une presse libre.
La réponse ce n’est pas moins d’information, mais plus de rigueur.
Les Etats-Unis abritent même des conférences sur le fait que les attentats du 11 septembre étaient une invention. Cela est lié à la multiplication des fake news, des thèses complotistes, qui, par un travers psychologique qui commence à être bien étudié, montre qu’un « fausse nouvelle » attire plus et se multiplie plus vite qu’une vraie.
Pourquoi croirait-on la presse si on met aussi en doute la science ? La confiance dans la science a baissé. La faute à la Covid, aux réseaux sociaux, aux experts déficients et prétentieux de plateau télé. La réponse, dans cette société de l’information malade de l’information, obèse, ce n’est pas moins d’information, mais plus de rigueur.
L’échelle de valeurs des informations dépend, comme toujours, de la qualité de l’émetteur. Aucun n’est parfait, il y en a de plus douteux que d’autres. Les infos qui viennent des régimes où la presse est sous contrôle ont une tenace odeur de prison.
En Suède, sans obligation, on dépasse les 80%. C’est aussi un des pays les plus heureux du monde. Votent-ils parce qu’ils sont heureux, ou sont-ils heureux parce qu’ils votent?
A force, doutant de la science, de l’info, des dirigeants, l’électeur citoyen se lasse. Comme toujours, le véritable danger est à l’intérieur. Gauche et droite ne disparaissent pas, ils se radicalisent. En France, plus de la moitié des électeurs ont voté pour les extrêmes, contre le « système ». Dans des débats hors du monde, où l’on fait assaut de primes et de bonus, oubliant dette et déficits, traitant les électeurs comme des consommateurs, la démagogie, le manque d’ambition désole. Rarement les affaires du monde n’ont eu autant d’importance sur la vie quotidienne des Français, rarement le débat aura été si hexagonal, si rétréci. Cela plaît ? Pas vraiment, le désintérêt s’accroit : le débat n’a été suivi que par 15 millions de téléspectateurs ; Giscard-Mitterrand, c’était 40 millions.
Record donc, d’abstention. La Belgique est le pays où l’on vote le plus : plus de 85% de participation, mais le vote y est obligatoire, comme au Brésil. En Suède, sans obligation, on dépasse les 80%. C’est aussi un des pays les plus heureux du monde. Votent-ils parce qu’ils sont heureux, ou sont-ils heureux parce qu’ils votent ? La participation en France reste au-dessus du Royaume-Uni ou des Etats-Unis. L’abstention peut-elle tuer la démocratie ? Quand plus personne ne votera, qui décidera ? Un commissaire, un colonel, un trader ou une Intelligence artificielle ? Au moins ce serait une intelligence, disent les mauvais esprits, comme si le bon gouvernement n’était justement pas celui qui pouvait être dirigé par n’importe qui, y compris des imbéciles ? (C’était le cas des monarchies…)
Plus de 40 élections ont lieu dans le monde ces douze derniers mois. Le vote est le principe universel de toute légitimité. Même les dictateurs veulent un vote.
Quand on voit la démocratie malade, se rappeler que c’est parce ses défauts apparaissent au grand jour qu’ils peuvent se soigner. Plus de 40 élections ont lieu dans le monde ces douze derniers mois. Le vote est le principe universel de toute légitimité. Même les dictateurs veulent un vote. Qu’on le détourne, le truque, le malaxe, le mâche et le remâche, le vote reste de bon goût.
La fatigue démocratique ne vient pas d’une lassitude. Elle vient d’un surplus d’exigence. La méfiance vis-à-vis des informations ne vient pas des fake news, elle vient de ce chacun veut en savoir plus. Ce ne sont qu’apprentissage. A la fin, ceux qui croyaient Poutine voient bien les bombes, les réfugiés, et les cadavres. La réalité s’impose, les mensonges se dévoilent. Plus le monde est ouvert, plus les exigences sont fortes. Et plus le métier de citoyen devient exigeant et passionnant. Et moins les dirigeants sont omnipotents, du moins dans les démocraties, et c’est tant mieux. Ils ne peuvent pas faire n’importe quoi. Ce qui compte le plus dans le pouvoir, ce n’est pas ce qu’il peut faire, ce sont ses limites.
La France a voté, personne n’est content. C’est bon signe. La démocratie ne s’épuise pas dans un vote, les gouvernants devront encore et toujours faire leur preuve. Pas de lauriers pour la vainqueur, parce qu’il n’est jamais que provisoire. A ces étudiants qui occupaient la Sorbonne en refusant « l’horrible choix » Macron-Le Pen, faut-il souhaiter un deuxième tour, dans quelques temps, Mélenchon-Le Pen ? La démocratie y serait-elle plus forte ? A la fin, elle ne repose que sur l’électeur. Une élection s’achève, une autre commence : les Législatives, c’est demain. Elle n’est pas belle, la République ?
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
Le dimanche 24 avril, la rédaction Lesfrancais.press et la radio StereoChic se sont associées pour le Grand direct de la Présidentielle. Retour sur les réactions politiques en rapport avec les Français de l’étranger.
Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’étranger, a été invitée hier sur les ondes de StereoChic pour commenter la victoire du président réélu. Elle a félicité toutes les personnes qui ont contribué au projet du président de la République et notamment les Français de l’étranger.
La réaction du Rassemblement national
« Le résultat de ce [second tour de l’élection] représente en lui-même une éclatante victoire » a déclaré Marine Le Pen à la suite des résultats. Effectivement, avec 41,2% des scrutins en sa faveur, la candidate de l’extrême droite a réalisé le meilleur score de son parti à une élection présidentielle. Un avis qu’a partagé Denis Franceskin, représentant de la Fédération des Français hors de France pour le RN.
Invité également sur le plateau du Grand direct, il a partagé sa déception mais d’après lui le parti a encore de beaux jours devant lui. Il évoque ainsi les futures élections législatives, pour lesquelles son parti appelle au rassemblement « des personnes et non des partis”.
Depuis quelques heures, les bureaux de vote situés dans les Amériques sont ouverts. Que ce soit dans les DOM comme la Martinique ou Saint-Pierre-et-Miquelon ou à Montréal comme à New-York, les Français de l’étranger comme tous leurs compatriotes sont appelés à choisir le prochain Président de la République. Sur cette page que nous mettrons à jour jusqu’à 20 heures dimanche 24 avril 2022 (CET), nous vous rapportons les faits marquants de ce second tour dans les bureaux de vote à l’étranger.
MAJ le 24 avril à 20h (CET)
Les Amériques
Les informations disponibles ci-dessous ont été mises à jour le 24 avril à 18h (CET).
Canada
Consulat de Montréal
A Montréal, on reprend les mêmes et on recommence. Même centre de vote géant, concentration de tous les électeurs de la plus grande communauté de Français en dehors du continent européen sur le Palais des expositions de la ville québécoise, et mobilisation contre Marine Le Pen ont entrainé à nouveau un embouteillage géant. Ainsi une longue file organisée par des dizaines de bénévoles serpentait dès le début de matinée autour du palais des congrès. Beaucoup avaient un café dans une main, un livre ou leur téléphone dans l’autre, pour patienter. Le temps va être à long.
En début d’après-midi, l’attente diminuait et les files se résorbaient, tout le monde a-t-il pu voter ou certains ont-ils abandonné ? On le saura avec la participation qui devrait être supérieure à celle du 10 avril si on en croit les réseaux sociaux et les Français croisés par nos citoyens-témoins aux abords du Palais des congrès de Montréal.
Le choix des Français de Montréal sera particulièrement suivi. C’est le seul bureau de vote de la circonscription qui avait placé Jean-Luc Mélenchon en tête, loin devant Emmanuel Macron, alors auront-ils fait le choix du Président sortant ou vont-il voter pour Marine Le Pen ? Avec ce vote des expatriés, nous aurons un bon indice de ce que les électeurs de la France insoumise feront en France.
Toronto : une réorganisation bien menée
Dans la capitale canadienne, la leçon de 2017 avait été bien apprise. Un dédoublement des bureaux de vote entre le consulat et le Lycée français a permis de réduire les files d’attente et de fluidifier le scrutin.
L’équipe consulaire, en harmonie avec les élus consulaires et les associations, a ainsi pu compter sur le renfort de 50 bénévoles. La participation avait d’ailleurs été en hausse dans cette circonscription au premier tour par rapport à 2017. Comme quoi si on les traite comme des « Français à part entière », les expatriés font leur devoir citoyen.
USA
Aux Etats-Unis, la participation, est décevante, en début de scrutin, l’espoir était grand de voir un sursaut de mobilisation. Mais finalement sur place, de Los Angeles à New-York, les Français des Etats-Unis d’Amérique se sont peu mobilisés tout en confirmant un vote acquis au Président de la République qui était arrivé en tête dans toutes les circonscriptions consulaires du pays de l’Oncle Sam au premier tour (moyenne de 58%).
Au premier tour, dans la circonscription de Washington – qui englobe cinq États américains ainsi que la capitale du pays – le taux de participation n’était que d’environ 30%, on peut imaginer un bond important. Résultat du vote des expatriés dans quelques heures !
— Consulate of France in New York (@franceinnyc) April 23, 2022
Brésil
Dans l’Etat géant du sud du continent, le vote des expatriés est une vraie aventure. On l’avait évoqué dans un article consacré aux circonscriptions géantes. Eloignement, insécurité, coût des transports, les écueils sont nombreux. Et logiquement, la participation reste faible avec 34%.
Sur ces terres de la France insoumise, le résultat comme à Montréal sera scruté avec attention, Jean-Luc Mélenchon ayant un grand vivier de partisans sur place. La responsable des Français établis hors de France du parti mélenchoniste, Florence Poznanski, qui y a longtemps vécu, n’a pas lésiné pour faire entendre la consigne de Jean-Luc Mélenchon de s’opposer à Marine Le Pen.
Mexique
Les chiffres de Mexico montrent une participation stable avec 15 000 électeurs qui se sont rendus aux urnes.
Panama
Dans ce petit Etat d’Amérique centrale, à la réputation sulfureuse, les Français sur place ont voté à plus de 20% pour Eric Zemmour tandis que Jean-Luc Mélenchon obtenait près de 15% des bulletins et Marine Le Pen, elle, fermait la marche des opposants à Macron avec près de 9% des voix. Quels seront les choix de ces électeurs ? Peut-être l’abstention ? On ne se pressait pas ce matin aux bureaux de vote.
Océanie
Les informations disponibles ci-dessous ont été mises à jour le 24 avril à 18h (CET).
Australie
Pour ceux qui vivent dans les grandes villes australiennes comme Melbourne ou Perth, exercer son droit de vote est relativement aisé. Mais pour les autres, c’est quasiment mission impossible. Ainsi, les Français vivant dans le territoire du Nord doivent voter à Sydney, une ville située à 4000 kilomètres de Darwin par exemple. La participation semble toujours être faible.
Lors du premier tour, seulement 34% des électeurs inscrits s’étaient rendus aux urnes, une participation en forte baisse par rapport à la présidentielle de 2017, où un peu plus de 50% des électeurs s’étaient abstenus. Une participation faible, mais qui dans un pays grand comme 14 fois la France, est avant tout de nature structurelle. Sur tout le territoire, les autorités consulaires ont ouvert 11 bureaux de vote.
Le scrutin s’est achevé à un taux d’abstention de 62%.
Indonésie
Les Français de ce pays où les conflits avec la CFE sont nombreux n’en ont pas tenu rigueur à Emmanuel Macron selon les premiers chiffres et ce malgré une participation aussi en baisse.
Asie
Les informations disponibles ci-dessous ont été mises à jour le 24 avril à 18h (CET).
Les Français de Chine ont commencé à voter au second tour de l’élection présidentielle, mais ceux de Shanghai sont à nouveau privés de scrutin du fait de la mise en quarantaine de la capitale économique chinoise. Les expatriés français restent confinés chez eux, comme la plupart des 25 millions d’habitants de la mégapole depuis le début du mois et sans perspective de déconfinement.
Hong-Kong
Participation en hausse ! La situation liée à la Covid et les nombreux départs peuvent expliquer une participation faible au premier tour, le sursaut républicains a battu son plein dans la cité entre deux mondes.
Chine
1 Français sur deux s’est déplacé et ce malgré le confinement stricte imposé à la ville de Shangai où il ne fut même pas possible d’organiser le scrutin/
Moyen-Orient
Les informations disponibles ci-dessous ont été mises à jour le 24 avril à 18h (CET).
Près de 22 000 Français établis aux Émirats se rendent aussi aux urnes à Abu Dhabi et à Dubaï. Afin d’éviter l’affluence en fin d’après-midi, le consulat général de France à Dubaï a recommandé aux électeurs d’y être le plus tôt possible.
Afrique
Les informations disponibles ci-dessous ont été mises à jour le 23 avril à 18h (CET).
Le vote commence à 06h du matin (CET).
Europe
Les informations disponibles ci-dessous ont été mises à jour le 24 avril à 20h (CET).
Belgique
A Bruxelles, l’organisation a été revue afin de fluidifier le parcours des électeurs. Dès l’ouverture, ils étaient nombreux à se presser au centre de vote au Parc des expositions.
A Lisbonne, la situation fut difficile pour ce second tour. Une mobilisation en hausse qui a entrainé 3 heures de file d’attente au consulat basé à Lisbonne.
Royaume-Uni
Une participation en hausse et une organisation bien rodée ont marqué ce scrutin dans le pays du Brexit.
Comme en 2017, Emmanuel Macron a remporté le second tour de la présidentielle face à Marine Le Pen avec 58,2% des voix contre 41,8 %, selon les premières estimations (Ifop). Le président sortant était favori de ce match retour, alors que jamais l’extrême droite n’avait parue si proche du pouvoir, sur fond de participation en berne tant en France que chez les expatriés.
Emmanuel Macron, qui a pris deux bains de foule à la mi-journée avant de voter au Touquet (Pas-de-Calais), a été reconduit pour un deuxième mandat, ce qui n’était encore jamais arrivé, hors période de cohabitation, depuis l’adoption de l’élecion présidentielle au suffrage universel direct en 1962.
Cette réélection d’Emmanuel Macron, 44 ans, représente la continuité, même si le président-candidat a promis, durant sa campagne démarrée tardivement de se renouveler en profondeur, assurant vouloir placer l’écologie au coeur de son second – et dernier – mandat. Il doit s’exprimer devant ses partisans ce dimanche soir, à l’issue du scrutin, sur le Champ-de-Mars, au pied de la tour Eiffel.
« Bonnet blanc et blanc bonnet »
Les 48,7 millions de Français appelés à voter ne se sont pas bousculés vers les urnes, alors que les trois zones scolaires du pays sont en vacances scolaires et que l’abstention pouvait être le grand arbitre du scrutin. L’abstention a atteint 28 %, soit 2,5 points de plus qu’en 2017 (25,44 %), selon les estimations convergentes de quatre instituts de sondage.
Jamais une abstention aussi forte n’a été enregistrée à un second tour d’une présidentielle, à l’exception du record de 1969 (31,3 %), quand les électeurs de gauche avaient, à l’appel du candidat communiste éliminé au 1er tour, massivement refusé de choisir entre « bonnet blanc et blanc bonnet » (Georges Pompidou et Alain Poher).
Militants LREM lors de l’annonce de la réélection d’Emmanuel Macron le 22 avril 2022 sur le Champs de Mars
Le mercredi 20 avril, la Russie a fait un premier tir d’essai du Sarmat. Une réussite pour le président Vladimir Poutine.
La Russie a annoncé être parvenue au lancement d’un missile baptisé Sarmat. Il fait partie des derniers missiles balistiques russes créés et est une « arme unique » d’après Moscou. Peu de temps après avoir annoncé la réussite du lancement, Vladimir Poutine a déclaré que cette nouvelle munition fera « réfléchir les ennemis de la Russie ». Une menace directement dirigée envers les Américains.
Vladimir Poutine, le président russe – TASS News Agency
Un coup de pression vers les États-Unis
Le choix du jour du lancement test du missile n’est pas anodin. Effectivement, le même jour des rumeurs comme quoi un avion espion aurait survolé la mer Noire le jour où le bateau amiral russe a coulé, ont circulé. Procéder à ce tir test revient donc à adresser un message de force aux Américains.
Par ailleurs, le projet de construire de tels missiles date de 2009. Le 1er mars 2018, le président russe en avait fait la présentation en annonçant la création d’une nouvelle arme stratégique hypersonique.
D’après les autorités russes, le missile aurait une vitesse de 20 000 à 25 000 km/h, et serait donc impossible à intercepter. Cela envoie deux messages clairs, toujours, aux États-Unis. D’un côté, la Russie veut leur faire comprendre que leurs systèmes antimissiles sont inutiles. D’un autre, elle cherche à répondre à l’Advanced Hypersonic Weapon, un système d’arme américain équivalent au projet russe. Celui-ci permet à notre voisin outre-Atlantique d’attaquer n’importe où sur le globe en moins d’une heure.
Ils œuvrent dans l’ombre à l’Elysée, en pleine lumière sur la scène politique ou dans la société civile : Emmanuel Macron s’appuie sur des hommes et des femmes – moins nombreuses – aux parcours divers pour présider la France depuis cinq ans et mener la campagne présidentielle.
L’équipe de l’Elysée
– Alexis Kohler. C’est le bras droit du président, auquel il est fidèle depuis huit ans. Extrêmement discret, se tenant loin des médias, ce haut fonctionnaire de 49 ans occupe le poste stratégique de p depuis le début du quinquennat. Installé dans un bureau voisin du président, il gère au quotidien les situations d’urgence, les gros dossiers économiques et sociaux, mais aussi politiques, et « tient la maison » lorsqu’Emmanuel Macron est en déplacement. Il est visé par une information judiciaire depuis juin 2020 portant sur ses liens avec l’armateur italo-suisse MSC, et par une enquête du PNF ouverte en juin 2021 pour des soupçons de « trafic d’influence » autour de la fusion Veolia-Suez.
– Brigitte Macron. Elle n’occupe aucune fonction officielle à l’Elysée et présente son rôle comme celui d’ « épouse de président » . Mais son influence est majeure à ses côtés, selon leur entourage, et elle a publiquement reconnu avoir des échanges parfois « musclés » avec lui.
– Le cabinet. Il est composé d’une soixantaine de personnes et a été profondément renouvelé à plusieurs reprises depuis 2017. Certaines d’entre elles s’occupent de la bonne marche de l’Elysée, comme le directeur de cabinet Patrick Strzoda, tandis que d’autres, recrutées pour leur expertise, conseillent le président sur les grands thèmes comme la sécurité, l’emploi ou la culture. Très influent, le pôle diplomatique comprend une douzaine de diplomates, dirigés par Emmanuel Bonne, « sherpa » du président pour les grands rendez-vous internationaux.
Parmi les conseillers les plus proches d’Emmanuel Macron figurent Jonathan Guémas, chargé des discours, Clément Léonarduzzi, qui a la haute main sur la communication, et Bruno Roger-Petit, un ex-journaliste qui supervise les questions mémorielles.
Enfin, Emmanuel Macron peut compter sur un proche à Matignon, son témoin de mariage: l’économiste Marc Ferracci, conseiller chargé du suivi du plan de relance auprès de Jean Castex.
Brigitte et Emmanuel Macron le 11 novembre 2018
Les politiques
Ils n’ont pas de bureau à l’Elysée mais y ont leurs entrées ou échangent par téléphone, SMS ou sur les boucles des réseaux sociaux avec le président. Ils viennent de la droite, du centre ou de la gauche et ont rejoint Emmanuel Macron avant ou depuis la victoire de 2017.
Parmi les autres élus venus de « l’ancien monde » pré-2017 figurent Richard Ferrand, ex-socialiste qui préside l’Assemblée nationale, le patron des députés En Marche Christophe Castaner ou les ministres estampillés à droite comme ceux de l’Economie Bruno Le Maire, de l’Intérieur Gérald Darmanin et des Outre-mer Sébastien Lecornu.
Des jeunes membres du gouvernement, comme Clément Beaune, Julien Denormandie et Gabriel Attal, ont également une influence grandissante.
Sans apparaître publiquement, certains piliers de la campagne 2017 continuent à peser, comme l’ancien conseiller David Amiel ou Grégoire Potton, qui coordonne la campagne, dans laquelle jouent aussi un rôle important le député Roland Lescure et l’ex-secrétaire générale adjointe de l’Elysée Anne de Bayser.
Les capteurs extérieurs
Se méfiant de la « bulle » politique, Emmanuel Macron cherche aussi à consulter des personnalités de la vie civile, que ce soit dans le monde des affaires, le numérique, la culture voire le sport.
A l’instar de Jean-Marc Dumontet, patron de plusieurs théâtres parisiens, l’animateur Stéphane Bern sur le patrimoine ou encore le patron du groupe d’économie sociale et solidaire Jean-Marc Borello. Tradition familiale oblige, il apprécie aussi les échanges avec des médecins.
L’association Ahora Dónde – Le Refuge est à destination des jeunes LGBTQI+ qui se font exclure de chez eux, à cause de leur identité sexuelle. Pour Véronique de Saint Sauveur, une Française installée dans la ville, sensibiliser autour de ces questions est primordial.
“Il est inconcevable que des enfants se retrouvent à la rue à cause de leur orientation sexuelle” tonne Véronique de Saint Sauveur. Il y a sept ans, lorsqu’elle s’est installée à Barcelone, elle a été surprise de la différence de liberté et de visibilité entre la communauté LGBTQI+ française et espagnole. Si la première a tendance à se cacher, la seconde semble vivre plus librement. Effectivement, il n’est pas anodin de voir un couple homosexuel se tenir la main ou s’embrasser dans la grande ville catalane. Une réalité qui lui fait dire que l’hexagone a du retard sur les questions liées à l’identité sexuelle.
Cependant, en septembre dernier, elle a été effarée de sa rencontre avec Gemma Brulles, la présidente de Ahora Dónde, au salon des associations. Cette dernière lui a expliqué qu’une quinzaine de jeunes âgés entre 18 et 25 ans, ont trouvé refuge dans son association. Un fait qui a poussé Véronique à s’engager, renforcée par la bienveillance et l’esprit d’ouverture qui règne dans la structure. De plus, Barcelone Accueil, l’association dont elle était déjà membre à l’époque, organise régulièrement des actions conjointes avec Ahora Dónde, afin de défendre la communauté arc-en-ciel, leurs valeurs et leurs droits.
“J’étais atterrée et de voir qu’Ahora Dónde accueillait quinze jeunes à ce moment-là. Dans la ville qui est considérée comme la capitale de la communauté LGBTQI+, ils ont été chassés de chez eux à cause de leur orientation sexuelle. En tant que mère ça fait quelque chose”.
Véronique de Saint Sauveur, Française de Barcelone
L’association Ahora Dónde
“J’ai créé Ahora Dónde pour tous les jeunes qui n’ont pas eu la chance de mon fils » déclare Gemma Brulles. Il y a cinq ans, lors d’un séjour en France, celui-ci découvre l’association Le Refuge. Cette structure créée en 2003 vise à “prévenir l’isolement et le suicide des jeunes LGBT+ de 14 à 25 ans” victimes d’homophobie à cause de leur orientation sexuelle. Gemma y est sensible et cherche à entrer dans une association similaire à Barcelone, en vain. Elle décide donc de la créer en se rapprochant de l’organisme originel. Ahora Dónde voit le jour en 2019.
L’accueil des jeunes et la médiation avec la famille
Depuis sa création, une vingtaine d’adolescents ont trouvé terre d’asile chez Ahora Dónde. Ils sont tous acceptés indépendamment de leur origine, mais doivent tout de même avoir leur famille installée à proximité de la capitale catalane.
Si certains ont directement pris contact avec l’association via les réseaux sociaux ou le site internet, d’autres ont été amenés par des proches qui étaient dans la même situation. A leur arrivée, les bénévoles se donnent pour mission de leur redonner confiance en eux. Pour ce faire, la commission d’accompagnement émotionnel met en place des cellules d’écoute psychologique avec des psychologues, des thérapeutes et des coachs spécialistes des jeunes LGBTQI+. Un processus long mais nécessaire avant toute nouvelle étape. Pour ceux dont c’est nécessaire, ils sont placés chez des familles d’accueil qui se portent volontaires.
D’autre part, l’organisme cherche à renouer les liens entre la victime et sa famille. Effectivement, si le jeune est d’accord, les bénévoles essaient d’entrer en contact avec ses proches afin de comprendre les raisons d’un tel rejet et d’entamer une médiation. D’après la fondatrice, les raisons sont souvent d’origine religieuse ou propres à des questions d’image : “mais que vont penser les voisins s’ils l’apprennent ?!” En d’autres termes, des problèmes nés de la méconnaissance.
Si jamais le cercle familial n’est pas réceptif à la médiation ou que le jeune ne la souhaite pas, les volontaires d’Ahora Dónde cherchent à l’insérer professionnellement.
L’équipe Ahora Dónde et Barcelone accueil jeunes lors de la réunion au sein du Lycée Français de Barcelone le 29 mars
Les campagnes de sensibilisation conjointes
“L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence” écrivait Averroès. Une déclaration qui illustre parfaitement les véhémences dont sont victimes les jeunes LBTQI+ au sein de leur foyer. Ainsi, pour Gemma, accompagner, écouter et aider les jeunes n’était pas suffisant. Il est nécessaire de sensibiliser la population pour tuer l’homophobie à la racine. De cette manière, l’association organise de nombreuses rencontres dans les établissements scolaires, dans les entreprises et dans les structures associatives afin de discuter autour des notions liées à la communauté LGBTQI+, et de créer des partenariats qui peuvent déboucher sur une insertion professionnelle pour certains. Aussi, des ateliers pratiques sont mis en place tout au long de l’année, tels que des cours de maquillage pour les femmes transexuelles.
Grâce à cela, plusieurs Français ont rejoint les rangs des bénévoles, à l’instar de Véronique. Elle et ses collègues de Barcelone Accueil ont tissé des liens avec Gemma, et organisé plusieurs campagnes de sensibilisation conjointement. Une a par exemple été tenue au Lycée français de Barcelone, où est inscrite la fille de Véronique. Durant une heure, les intervenants questionnent et sont questionnés par les élèves ou les parents sur tous les sujets concernant l’identité sexuelle.
Par ailleurs, Ahora Dónde est sans cesse à la recherche de familles d’accueil pour les jeunes exclus de leur foyer familial. Or, Véronique songe sérieusement à devenir famille d’accueil si des jeunes sont dans le besoin. En effet, sa fille étant élève de terminale, devrait s’envoler du nid à la rentrée prochaine et donc libérer sa chambre. L’occasion pour la Française de s’investir davantage au sein de l’association militante.
“Plusieurs adultes sont sortis de la réunion en me disant qu’ils se sentaient grandis. Qu’ils comprenaient mieux les différents problèmes psychologiques, sociaux ou physiques que peuvent rencontrer les personnes LGBTQI+ à différents moments de leur vie. On doit continuer de sensibiliser pour aller vers plus de tolérance !”
Véronique de Saint Sauveur
Sensibiliser encore et toujours. Tel est le nerf de la guerre contre le déni, le rejet et la violence. A une époque où la tolérance semble s’être enfuie de notre monde, il est d’autant plus important de s’ouvrir et de chercher à comprendre les autres.
Depuis la fin mars, les habitants de Shanghai subissent un confinement strict en accord avec la politique zéro Covid de la Chine. Pour nos concitoyens sur place, la situation est difficile à vivre. Entretien avec Alexandra Taulin, conseillère des Français de Shanghai.
Pour la première fois depuis le début de la pandémie, la ville de Shanghai est tenue à un confinement sévère. Effectivement, même en 2020 les habitants avaient pu circuler librement. Aujourd’hui, la situation paraît irréelle et jamais Alexandra Taulin ne pensait la vivre un jour.
Infirmier en déplacement pour réaliser des tests PCR devant les logements à Shangai
Un confinement inflexible
Alexandra Taulin, élue consulaire des Français de Shanghai
Depuis le début de la pandémie, le gouvernement chinois prône une politique zéro Covid et les autorités territoriales doivent tout faire pour y parvenir. De cette manière, chacune y va de ses restrictions, tantôt plus sévères ou plus allégées. A Shanghai, près de 30 millions d’habitants sont confinés. En fonction des quartiers, ils ont l’interdiction de sortir de chez eux, ne serait-ce que pour s’aérer, promener leur chien ou faire des courses. Des interdits qui peuvent s’avérer dangereux s’il y a une urgence, mais aussi traumatisants sur le plan psychologique. De plus, étant donné que tous les magasins ont tiré le rideau, c’est le gouvernement qui est chargé d’approvisionner la population.
Afin de faciliter les échanges, les Français communiquent par WeChat, une application de messagerie instantanée chinoise. Dessus, sont disponibles des QR code afin de faire remonter les problèmes et obtenir certaines informations. Aussi, depuis le début de la crise sanitaire, le consulat a mis en place des numéros d’urgence à la disposition des usagers et utilisables 7/7 jours.
Par ailleurs, une box alimentaire vient de voir le jour au sein de la communauté française. Le 1er avril, lorsque la ville chinoise a décrété l’instauration d’un confinement, les habitants se sont rués sur les magasins et en quelques heures les rayons étaient vides. Or, certains n’ont pas eu le temps de pouvoir faire des stocks et se ravitailler est compliqué. Ainsi, l’Emergency box est apparue. Un système D mis en place par les Français et financé par les associations pour ceux qui n’en ont pas les moyens. Effectivement, de nombreuses personnes rencontrent des difficultés financières car leur entreprise a fermé, momentanément ou définitivement. La situation étant déjà suffisamment compliquée, ne pas percevoir de revenus la rend d’autant plus complexe et angoissante.
Le futur incertain des élèves français à Shanghai
Depuis plusieurs mois, le Lycée français de Shanghai donne ses cours à distance. Seulement, avec la période d’examens qui arrive, le stress est croissant. A l’heure actuelle, aucune solution n’a véritablement été apportée, mais des possibilités ont été émises. En effet, si au moment du Baccalauréat le confinement est toujours en vigueur, nous pourrons envisager une obtention du diplôme sur la base du contrôle continu. Sinon, les élèves pourront passer les épreuves.
Cependant, plusieurs zones grises sont à prendre en compte comme le rappelle Alexandra Taulin. Nous pouvons imaginer une levée partielle du confinement, en fonction des zones de la ville. Par conséquent, certains élèves pourront se rendre aux épreuves et d’autres non. Une éventualité qui inquiète de nombreuses familles, qui cherchent par tous les moyens à inscrire leurs enfants dans les établissements européens pour la fin de l’année.
Alexandra Taulin en tenue pour aller faire du porte-à-porte
Le retour en France, une possibilité envisageable ?
Sortir du pays est extrêmement compliqué, nous confie l’élue consulaire. Non seulement, il faut pouvoir sortir de chez soi, avoir un test PCR négatif, et des papiers valides, mais en plus le prix du trajet est faramineux. Avec très peu de vols par jour, les prix se sont envolés. Donc si de nombreux compatriotes aimeraient pouvoir sortir du territoire, la réalité les en empêche.
Un futur incertain
Alexandra Taulin espère que la situation va se décanter au fur et à mesure à partir de mai. Elle pense qu’il s’agira d’une levée par districts, et que des tests Covid quotidiens seront demandés par les autorités. Toutefois, ce ne sont que des suppositions et des rumeurs qui circulent. Le gouvernement chinois n’a rien annoncé pour l’instant.
D’après elle, l’objectif zéro Covid du pays peut être discutable. Néanmoins elle souligne la différence de population entre la Chine et l’Europe. Là-bas, les habitants sont extrêmement concentrés, âgés et peu vaccinés. Des facteurs qui favorisent la bonne circulation du virus. Donc, si la situation peut nous apparaître hors norme d’un point de vue occidental, l’élue rappelle qu’ils sont invités dans le pays et doivent se plier aux règles ou partir.
Désinfection et distribution de riz dans les résidences à Shangai
Par ailleurs, le consulat et les associations ont encore de la marge devant eux avant de craquer, selon la Française. Elle estime que la dynamique instaurée est forte et peut tenir jusqu’à la fin mai, voire juin. De plus, une aide a été proposée à plusieurs reprises par les autres communautés françaises en Asie, et par Paris. Par conséquent, si le consulat et les associations arrivent à bout de souffle, une aide pourra être apportée pour les soulager.
Ecoutez le podcast avec Alexandra Taulin
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