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  • Suite des Grands Débats chez les Français de l’étranger

    Suite des Grands Débats chez les Français de l’étranger

    Les Français de l’étranger continuent, tout comme leurs compatriotes de l’Hexagone et de l’Outre-Mer, à participer au Grand Débat. Celui-ci se terminera le 15 mars prochain. Le Président a, lui, annoncé vouloir continuer ses rencontres avec les Français. Une manière de continuer la séquence et de faire la campagne des élections européennes ?

    Le Grand Débat s’est notamment déroulé aux Pays-Bas, à Munich, à Londres.

    Un débat à Londres initié par le député Holroyd

    A Londres, capitale du Brexit et où de nombreux Français sont désemparés face à l’échéance de cette décision, M. Alexandre Holroyd a initié le Grand Débat.

    Organisé au lycée international Winston Churchill de Londres devant une cinquantaine de personnes, nettement moins que dans d’autres capitales européennes comme Bruxelles, l’une des réunions fut l’occasion de parler notamment du gaspillage de l’argent public. Deux conclusions sur ce point : l’Etat dépense trop, et il est nécessaire de rétablir les dépenses symboliques. Une manière de souhaiter le retour de l’ISF qui est pourtant l’une des raisons pour lesquelles certains Français de l’étranger sont stigmatisés.

    Une méfiance concernant le personnel politique

    C’est par ailleurs une véritable méfiance, pour ne pas dire une défiance, qui concerne le personnel politique. Comme à Munich et auparavant dans d’autres villes, les Français de Londres ont exprimé leur ras le bol concernant l’écart entre les élus et les citoyens, ainsi pour certains que la volonté de réduire le nombre de parlementaires.

    Cette revendication se retrouve dans de nombreux grands débats à travers le monde et dans l’Hexagone. Il résulte, aussi, d’une des questions posées qui porte spécifiquement sur ce thème.

    Des expériences locales plébiscités au Pays-Bas

    Aux Pays-Bas, le grand débat a été organisé par les conseillers consulaires à Amsterdam et La Haye. Il fut riche de propositions inspirées de la vie locale des expats.

    Hélène Degryse, élue consulaire avec qui nous avons échangé, a identifié plusieurs éléments:

    -l’utilisation d’un identifiant unique donné à vie et activement valable dans plusieurs systèmes qui communiquent entre eux (santé, impôts, retraite, municipalité)a pratique constante de l’évaluation des services (avec un questionnaire par exemple).

    -le respect de la ponctualité dans les différents secteurs de l’Etat. Il a été suggéré de faire payer certains services (notamment les actes délivrés) comme cela se fait aux Pays-Bas.

    -la création d’une carte nationale de transports (à débit automatique) valable dans les trains bus trams métro a été suggérée ainsi qu’une carte des musées a été souhaitée.

     

    Le Grand Débat continue pour quelques jours encore, ses conclusions seront rendues en avril.

    Retrouvez l’article sur les débats en Algérie et dans les pays d’Europe centrale (Allemagne, Luxembourg, Pologne, etc.)

  • Elections consulaires: pas de réforme avant les élections prévues en 2020 selon Jean-Baptiste Lemoyne

    Elections consulaires: pas de réforme avant les élections prévues en 2020 selon Jean-Baptiste Lemoyne

    Lesfrancais.press ont rencontré le Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et européennes Jean-Baptise Lemoyne à l’occasion des rencontres de la francophonie à Bruxelles. Nous l’avons notamment interrogé sur les élections consulaires, prévues en 2020, avec quelques révélations à la clé.

    Pas de réformes avant 2020 selon Jean-Baptiste Lemoyne

    Pour Jean-Baptiste Lemoyne, il n’est pas prévu de faire des réformes concernant les élections consulaires à un an de l’élection. Celle-ci est programmée en 2020 mais certaines informations tendent à faire penser que le scrutin sera reporté, voir que les élus consulaires seront supprimés.

    « Il convient de garder un réseau d’élus de proximité particulièrement important » selon le Secrétaire d’Etat. Celui-ci souligne par ailleurs que des réformes pourront être apportées mais que « d’ici là, il y aura vraisemblablement les élections de 2020 ».

    Des inquiétudes chez de nombreux élus consulaires

    Une position du gouvernement français qui pourra sans doute rassurer les élus consulaires. De très nombreux d’entre eux sont en effet inquiets des possibles réformes qui pourraient les affecter. Le Grand Débat, notamment, montre le désir de nombreux Français de réduire le nombre d’élus. Cela concerne l’Assemblée Nationale, mais cela pourrait donner des idées au Gouvernement concernant les consulaires aussi.

    Des rumeurs persistantes concernent ceux-ci et la possibilité de la suppression pure et simple de leur fonction.

    Un élu de proximité, acteur du Grand Débat et de la vie citoyenne

    Conseillers et délégués consulaires constituent le corps des grands électeurs pour l’élection des Sénateurs des Français de l’étranger. Les conseillers tiennent par ailleurs des permanences consulaires pour assister leurs compatriotes de la circonscription pour leurs demandes administratives et interrogations.

    Les conseillers consulaires siègent par ailleurs, par intermittence, à l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE), assemblée consultative qui offre des recommandations et un autre regard au gouvernement. Leur implication dans le Grand Débat, qu’ils organisent souvent eux même dans leurs circonscriptions, montre aussi leur rôle, leur utilité. Résidants locaux par rapport aux Députés et Sénateurs parfois hors-sol où logeant dans des circonscriptions gigantesques, les élus consulaires sont les véritables relais locaux des Français de l’étranger.

    Il ne fait nul doute que les précisions de M. Lemoyne vont rassurer nombre d’élus.

     

  • les Gilets jaunes jouent leur dernière carte !(?)

    les Gilets jaunes jouent leur dernière carte !(?)

    Après 16 semaines de mobilisation, et un début d’essoufflement constaté samedi dernier à Paris et en régions (39 000 manifestants recensés par le ministère de l’Intérieur), les Gilets jaunes entendent, pour ce qu’ils appellent « l’acte 17 », redynamiser leurs troupes et relancer leur mouvement avec quelques formes d’action nouvelles. Avec, en ligne de mire, la fin du Grand débat national prévue le vendredi 15 mars et les quatre mois de mobilisation qui seront atteints le samedi 16 mars.

    Parmi ces actions inédites annoncées sur les pages Facebook des différentes leaders et des divers groupes, citons des actions menées cette fois sur trois jours, de ce vendredi soir à lundi matin, les « femmes Gilets jaunes » qui appellent à s’associer à des collectifs féministes, un sit-in géant à Paris ou encore un flash-mob à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.

    Défilés communs avec les collectifs féministes

    Les Gilets jaunes voulant cette fois étendre leurs actions tout au long du week-end, et non plus seulement le samedi, des rassemblements sont prévus dès ce vendredi 8 mars au soir. En cette journée internationale des Droits femmes, une centaine de manifestations sont prévues partout en France. Les « femmes Gilets jaunes » ont annoncé qu’elles se joignaient à l’initiative et appellent à dédier « l’acte 17 » de la contestation aux droits des femmes.

    Dans ce contexte, leur mouvement appelle à la « convergence des luttes » en s’associant à des collectifs féministes comme « 8 mars 15 h 40 » et à défiler en tête des cortèges.

    Un rassemblement est notamment prévu ce samedi matin à Paris, qui doit ensuite rallier les Champs-Élysées.

    Sit-in à Paris

    Sur Facebook, le groupe La France en colère, animé notamment par Priscillia Ludosky, invite les Gilets jaunes à se rassembler sur le Champs-de-Mars, de ce vendredi 8 mars à 18 h 30 au lundi 11 mars au matin. Avec un slogan : « Installons nos ronds-points au cœur de la capitale ».

    En clair, Priscillia Ludosky, Eric Drouet et Maxime Nicolle (alias Fly Rider) appellent à un sit-in géant près de la Tour Eiffel. « Camping & convivialité… On dort sur place », annonce la page Facebook de La France en colère.

    Toutes les régions sont donc invitées à Paris ce week-end. « Samedi, ça va être une date très très importante », promettait ce lundi Eric Drouet. « Il y a énormément de choses qui se mettent en place : les covoiturages, les hébergements… Ça va être une grosse date ».

    Flash-mob à Roissy

    Parmi les actions inédites annoncées cette semaine, certains des Gilets jaunes souhaitent organiser un flash-mob (rassemblement éclair avec danse et musique) à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, au nord de Paris.

    À midi, les manifestants devraient converger vers le terminal 1 de l’aéroport, puis enfiler leur gilet jaune au moment où la musique commencera, vers 13 h, avant de se disperser rapidement.

    Actions en régions

    Comme presque chaque week-end maintenant, certaines villes régionales focalisent l’attention. Ce samedi 9 mars, Bordeaux pourrait ainsi connaître à nouveau un important rassemblement de Gilets jaunes. Le rendez-vous, intitulé « Acte 17 : 20 000 à Bordeaux », est fixé à 13 h place de la Bourse.

    D’autres actions sont prévues à Toulouse, à 13 h 30 à Jean Jaurès, ou encore Lille, à 12 h 30 sur la place de la République.

    Dans l’Ouest, à Nantes, après les défilés à répétition dans les rues de la ville, les Gilets jaunes appellent à bloquer de nouveau les centres commerciaux. En ligne de mire, ce samedi, Atlantis et son fameux au rond-point d’Armor.

    Reste évidemment la question de la mobilisation, encore incertaine aujourd’hui. Nul doute que nombre de manifestants penseront déjà au week-end du 16 mars et 17 mars, qui marquera les quatre mois d’action des Gilets jaunes, et qui verra aussi la tenue de la Marche du siècle, pour le climat, à l’appel de 140 organisations et ONG.

    Un article publié avec nos partenaires

     

     

  • Journée des femmes: Le premier prix Simone-Veil à une Camerounaise

    Journée des femmes: Le premier prix Simone-Veil à une Camerounaise

    Emmanuel Macron a remis vendredi le premier prix Simone-Veil à la Camerounaise Aissa Doumara Ngatansou qui gère une association d’aide aux victimes de viols et de mariages forcés dans son pays.

    Ce prix, remis à l’occasion de la 42e journée internationale des droits des femmes, a été créé par le chef de l’État en hommage à l’ancienne ministre Simone Veil, décédée en 2017, qui a défendu la loi de 1975 sur la légalisation de l’IVG en France. Il est doté de 100.000 euros.

    S’exprimant à l’Elysée devant un grand portrait en noir et blanc de Simone Veil, Aissa Doumara Ngatansou a déclaré accueillir ce prix « avec beaucoup d’émotion » et l’a dédié « à toutes les femmes victimes de violences et de mariages forcés, à toutes les rescapés de Boko Haram », le groupe jihadiste actif au Nigéria et dans les zones frontalières.

    Emmanuel Macron a salué son « engagement de plus de 20 ans au service des femmes, mené dans le silence, parfois l’opprobre ». « Vous vous êtes indignée et vous n’avez pas cédé (…) C’est un exemple de courage, celui de remettre en cause le poids des héritages », a-t-il ajouté.

    Le chef de l’État a annoncé que la France allait consacrer 120 millions d’euros à un fonds pour soutenir « la lutte contre les violences et les discriminations faites aux femmes » dans le monde. Il a aussi souhaité que 2019 soit « une année utile pour les droits des femmes » à l’occasion de la présidence du G7 par la France. Des mesures seront ainsi prises pour l’éducation des jeunes filles, en particulier au Sahel, ou la création d’une banque pour l’entrepreneuriat féminin en Afrique. Paris propose également d’accueillir en 2020 une conférence mondiale sur les femmes 25 ans après celle organisée par l’ONU à Pékin en 1995.

    Née en 1972 dans le nord du Cameroun, Aissa Doumara Ngatansou a perdu sa mère à 11 ans avant d’être mariée, à 15 ans, sans son consentement. Elle décide néanmoins de poursuivre ses études.

    En 1996, elle cofonde une section de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF) dans la ville de Maroua, dont elle est aujourd’hui la coordinatrice.

    Son association vient en aide chaque année à plus d’un millier de femmes, qu’elle aide à « retrouver le goût à la vie » après un viol ou un mariage forcé, a-t-elle expliqué. Elle mène aussi des actions dans les villages pour qu’aucune jeune fille ne soit contrainte à se marier sans avoir fini ses études et sans son choix.

    L’ALVF s’est également engagée, avec l’aide d’ONG, auprès des femmes victimes de Boko Haram dans les régions frontalières avec le Nigéria, où elles sont parfois victimes d’esclavage sexuel.

    Aissa Doumara Ngatansou a indiqué que le montant du prix allait permettre à son association de se doter d’un « nouveau centre complet de prise en charge » des victimes et d’étendre ses activités ailleurs en Afrique.

    « Beaucoup de femmes sont en première ligne dans ce combat mais c’est la société toute entière qui doit se mobiliser, y compris les hommes », a souhaité Emmanuel Macron en remettant le prix en présence notamment de son épouse Brigitte et de membres de la famille de Simone Veil.

    La rédaction avec l’AFP

  • Révolution

    Révolution

    « Révolution »  était le titre du livre de campagne d’Emmanuel Macron.  En guise de révolution, on a la crise des Gilets Jaunes, Jacquerie anti-fiscale transformée en tournée des popotes du coté présidentiel, en tour de ronds-points du côté des manifestants. La France est un vieux pays, un pays de vieux qui, pour certains, ont autant la nostalgie des « journées de mai » que peur de la prochaine réforme des retraites. De révolution, en Franc e, il ne risque pas d’y en avoir. D’autant que la mythologie du « grand soir » a pris un coup mortel avec l’effondrement du communisme. Le socialisme est devenu au mieux social-démocrate, au pire populiste, sans que l’on ne sache plus très bien ce que l’un ou l’autre de ces termes veulent dire.  Pourtant des révolutions sont en cours.

    La révolution digitale. La révolution  de la globalisation. La révolution sociétale, celle des femmes. Et puis de vraies révolutions politiques, révolutions encore et toujours démocratiques.

    Au Venezuela, un jeune inconnu, Juan Guaido,  défie Maduro, l’armée (et les narcotrafiquants). Soutenu par la quasi-totalité des pays d’Amérique latine, les Etats-Unis, l’Europe, les étudiants , la rue, il sape le régime, qui n’aura bientôt plus d’autre recours  -mais il en est capable, comme son ami Ortega au Nicaragua- qu’un bain de sang.

    En Algérie, la jeunesse sort de l’ombre. Elle n’a jamais connu la liberté. Elle n’a connu que Bouteflika. Paravent plus que président d’un pays riche, corrompu, ruiné. Des centaines de milliards sortent d’Algérie quand le chômage des jeunes atteint 40%. Le système politique est aussi mort-vivant que Bouteflika, et comme lui, ne le sait pas. Qui l’emportera ? L’armée tient tout. Comme au Venezuela. Que décidera-t-elle pour mieux se conserver ? La mort ou la vie ?

    En Chine, Xi-Ping le tout puissant  se voit contesté. Ce n’est qu’en sourdine. Mais à l’Assemblée du peuple, on n’a plus parlé de dominer le monde. Seulement de mobiliser les cadres du Parti pour faire face aux « défis idéologiques ». 185.000 fonctionnaires ont été condamnés. Que se passe-t-il ? La croissance ralentit, la dette augmente, l’écart de richesse explose, les corps intermédiaires sont ignorés par le Guide. Il y a urgence : on lâche les vannes du budget pour relancer la machine économique, calmer le peuple et  les envieux.  Et on en envoie quelques-uns an prison. Même l’armée, pourtant gâtée, s’interroge : son budget augmentera moins vite que prévu. Une question surgit , qui ne se posait pas depuis vingt ans : la Chine peut elle connaitre une crise ? Or une crise économique ou financière sera forcément une crise politique. Car l’Etat parti n’a d’autre légitimité que le succès économique. Un système autoritaire est-il compatible avec une économie de marché, une économie numérique, une économie de l’innovation perpétuelle ? Révolution en Chine ? Nous y sommes déjà, encore, toujours, elle prend simplement les mille formes du dragon.

    Au Vatican un cardinal australien est mis sous les verrous, un autre, américain, déchu : le scandale d’une Eglise tolérante au Mal, notamment aux abus sexuels  de ses prêtres et évêques sur les enfants de chœur, provoque un étrange choc en retour. Après le pape conservateur, Benoit XVI, démissionnaire, le Pape  François est contesté par les conservateurs. L’offensive est publique. C’est Monseigneur Vigano qui la mène, reprochant au Pape d’avoir toléré l’intolérable. Le scandale est total. Les conseillers du Pape dénoncés. Le Vatican bouleversé,  combien de divisions internes ?

    Le Venezuela, c’est important. Un pays dont les réserves de pétrole comptent parmi les premières du monde, qui n’est plus soutenu que par Cuba, la Russie et la Chine, fleure bon la guerre froide et la bataille idéologique.

    L’Algérie, c’est une clé multiple. Pour les religieux et pour les démocrates. Pour le Maghreb et les pays arabes, qui, en dehors de la Tunisie, ont tous raté leur printemps. Pour la France et pour l’Europe. Car l’avenir comme les menaces, pour  l’Europe, sont au sud.

    La Chine, c’est le centre du monde. Un des centres  du monde en tout cas. Une crise en Chine, c’est une crise mondiale. Une tectonique des plaques économique et politique.

    Une crise au Vatican, c’est plus que cela : la fin d’un monde.

    On peut toujours se dire que l’Eglise en a vu d’autres. Que La Chine ne risque pas de s’écrouler. Que l’Algérie nouvelle ne sera pas pire qu’avant. Que le Venezuela reviendra tout ou tard sous la coupe américaine, comme le Viet-Nam est redevenu capitaliste. Il n’empêche. Rome n’est plus dans Rome. Le monde bouge. Tout est possible. Le meilleur (pour moi, la si faible, et si controversée démocratie) comme le pire (la guerre civile et le fanatisme).

    Quoiqu’il arrive, j’aimerais que la France, à défaut de révolution, fasse son aggiornamento, qu’elle se mette en ordre de marche pour les crises et révolutions, heureuses ou malheureuses, qui ne manqueront pas de venir. Car dans ce brouillard il y a une certitude : des révolutions, il y en a déjà et il y en aura encore plus. Un autre monde est à l’œuvre : mieux vaut l’épouser que le museler.

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site lesfrancais.press

  • Entretien avec le Secrétaire d’Etat Lemoyne – Francophonie – Élections Européennes et consulaires – Éducation – les sujets clés des Français de l Étranger

    Entretien avec le Secrétaire d’Etat Lemoyne – Francophonie – Élections Européennes et consulaires – Éducation – les sujets clés des Français de l Étranger

    Les 6 et 7 mars ont eu lieu à Bruxelles les rencontres du multilinguisme et de la francophonie. Cette rencontre avec des panels thématiques organisée par l ’Ambassade de France en Belgique, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l’Alliance Française Bruxelles-Europe fut l’occasion d’une rencontre de la rédaction avec M. Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat attaché au Ministre des Affaires Etrangères et de l’Europe. Une occasion d’évoquer les prochaines élections consulaires. Celles-ci, programmées pour 2020, sont l’objet de nombreuses rumeurs : leur report, voir leur annulation, la réduction du nombre d’élus, et la modification du mode de scrutin. M. Lemoyne, membre du gouvernement, a été à cet égard assez clair : un grand respect de la majorité à la présence de ces élus locaux, en nombre, et concernant les élections de 2020, aucune réforme n’est à l’ordre du jour, le débat aura lieu par la suite.

    une interview réalisée en collaboration avec la French Radio 

  • L’actu en capitales: La «renaissance» macronienne vue d’Europe

    L’actu en capitales: La «renaissance» macronienne vue d’Europe

    L’actu en capitales récapitule l’info de toute l’Europe, grâce au réseau de rédactions d’Euractiv.

    Renaissance européenne : L’appel d’Emmanuel Macron en faveur d’une « renaissance européenne » a suscité des réactions dans toute l’Europe. Certains ont salué les propositions de réforme de l’UE, alors que d’autres ont gardé leurs distances ou accusé le président français d’être irréaliste et d’utiliser l’Europe pour servir ses propres objectifs politiques.

    Dans l’est de l’Europe, la tribune d’Emmanuel Macron a certainement suscité des discussions sur l’avenir de l’Europe. Bien qu’en désaccord avec cette vision, certains pays de Višegrad ont vu dans son intervention l’occasion d’ouvrir le débat tant attendu sur l’Europe. Mais elon eux, ce débat ne devrait pas conduire à plus d’Europe, mais plutôt à moins d’Europe.

    En Allemagne, le Spitzenkandidat du PPE aux élections européennes, Manfred Weber, s’est félicité de la proposition de modifier les traités en supprimant, par exemple, la règle de l’unanimité dans les affaires étrangères. De même, le ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, a déclaré au Tagesspiegel que la proposition était opportune avant les européennes : « Emmanuel Macron donne une impulsion très précieuse » au débat, a-t-il dit.

    Contrairement aux élus, le secteur des affaires allemand dit « Nein ». Le conseil économique, organisation traditionnellement liée à la CDU et représentant plus de 11 000 entreprises, estime que si le président français parle de liberté, il favorise en réalité davantage d’institutions, de bureaucratie et de protectionnisme. « Les idées d’Emmanuel Macron sur l’Europe sont façonnées par les réglementations, les interdictions, le protectionnisme et les nouvelles institutions », lit-on dans un communiqué.

    La lettre ouverte française a reçu une réponse discrète au Royaume-Uni, élus et commentateurs ayant tendance à se concentrer sur ses dernières critiques à l’égard du Brexit plutôt que sur les projets de réforme de l’UE. Henry Newman, directeur du groupe de réflexion Open Europe, proche de nombreux ministres conservateurs, a averti Emmanuel Macron que son « arrogance risque d’exacerber les problèmes de l’Europe sans les résoudre […] vous aggravez les divisions sans les aborder ».

    Pour les pays d’Europe de l’Est, l’appel du président français est l’occasion de tracer des frontières claires entre deux camps opposés en vue des élections européennes de mai prochain. Un bras de fer entre deux avenirs européens possibles.

    En Pologne, l’eurodéputé Ryszard Legutko, de l’ultra conservateur PiS (affilié au CRE), a déclaré que les propositions montraient que « l’autre camp » – c’est-à-dire les libéraux ou les partis de gauche – était « en panique ». Il estime aussi que l’idée d’une « Agence pour la protection des démocraties » « fait peur ».

    Aucun homme politique polonais de l’opposition n’a abordé cette question jusqu’à présent, mais le chef du Conseil de l’UE, Donald Tusk, lui-même polonais, partage la vision du dirigeant français et a tweeté : « Tous ceux qui se soucient de l’UE devraient coopérer pendant et après les élections européennes. La renaissance de l’Europe doit commencer maintenant ». La coalition pro-européenne récolte pour l’instant la majorité des intentions de vote en Pologne.

    Le Premier ministre tchèque, Andrej Babiš (ANO-ALDE), a pour sa part déclaré que les propositions étaient « totalement déconnectées de la réalité ». « J’ai remarqué que lorsque la France dit ‘plus d’Europe’, cela signifie en fait ‘plus de France’ », a-t-il indiqué. « Mais ce n’est pas la voie à suivre. Nous sommes tous égaux en Europe. »

    En Slovaquie, le Premier ministre socialiste, Peter Pellegrini, a salué les mesures proposées, tandis que le parti d’opposition conservateur SaS (CRE) a jugé que le président français « faisait du tort » à l’Europe. Ses membres soulignent évidemment le soutien français aux quotas de réfugiés, auxquels ils s’opposent farouchement. Ils voient aussi dans nombres des suggestions un potentiel de multiplication du fardeau bureaucratique.

    Assez étonnamment, le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, s’est montré moins critique, peut-être dans une tentative de modérer son discours anti-UE avant une réunion cruciale du PPE le 20 mars, lorsque son futur au sein du parti sera discuté.

    « Cela pourrait marquer le début d’un débat européen sérieux […] dans les détails, bien sûr, nous avons des divergences de vues, mais l’important ne sont pas ces divergences, mais que cette initiative offre un bon point de départ à un dialogue sérieux et constructif sur l’avenir de l’Europe », a-t-il déclaré à Reuters.

    En Roumanie, le dirigeant du parti socialiste au pouvoir, Liviu Dragnea, est d’accord sur le fait que l’UE devrait revenir aux valeurs sur lesquelles elle est née, mais il n’a pas manqué cette occasion de s’en prendre à son adversaire politique, le président Klaus Iohannis.

    En Croatie, les partis politiques ont évité de prendre vraiment position publiquement. Les socialistes et les libéraux ont plutôt réagi positivement tandis que le centre droit était plus prudent.

    L’eurodéputé libéral Ivan Jakovčić a déclaré qu’Emmanuel Macron était « courageux » de proposer des mesures radicales dans cette période difficile, alors que Miro Kovač, un politicien de centre droit et président de la commission parlementaire des affaires étrangères, a estimé que cette lettre qui arrive trois mois avant le scrutin ne fait que servir des intérêts électoraux français

    « Emmanuel Macron se bat contre la droite en France et veut envoyer un message sur l’orientation européenne de son parti. L’attitude ‘L’Europe, c’est moi’, que l’on peut lire entre les lignes, est répugnante pour certains. »

    LONDRES

    Pas de solution sur le filet de sécurité : Le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, a déclaré mercredi qu’à l’heure actuelle, des pourparlers « difficiles » ont réduit à néant toute avancée sur le filet de sécurité irlandais.

    « Les discussions ont été difficiles et aucune solution n’a été trouvée qui soit compatible avec l’accord de retrait, y compris le protocole sur l’Irlande du Nord qui, comme vous le savez, ne sera pas rouvert », a révélé le porte-parole, après que le négociateur européen sur le Brexit, Michel Barnier, eut informé les fonctionnaires de la Commission sur l’état des négociations. (Samuel Stolton, Euractiv)

    ROME

    Flirt avec Pékin : L’Italie pourrait être le premier membre du G7 à se joindre à l’initiative chinoise « Belt and Road », a déclaré le secrétaire d’État Michele Geraci au Financial Times. La Commission européenne n’a pas voulu faire de commentaire, mais un porte-parole a averti que tous les États membres doivent « assurer la cohérence [de leurs engagements] avec la législation et les politiques de l’UE et respecter l’unité de l’UE dans la mise en œuvre des politiques européennes ». Les États-Unis se sont inquiétés de cette implication possible dans l’énorme projet chinois d’infrastructure. (Gerardo Fortuna, Euractiv)

    PRAGUE

    Signature du pacte fiscal : Le président tchèque, Miloš Zeman, a finalement signé le Pacte fiscal – le document de coordination des politiques économiques au sein de l’UE. La République tchèque était le dernier État membre de l’UE à rester en dehors du pacte, avec le Royaume-Uni. La ministre des Finances, Alena Schillerová, a déclaré que l’adhésion permettrait à la République tchèque de participer aux sommets de la zone euro. (Aneta Zachová, Euractiv République tchèque)

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • La droite modérée se rallie à Macron pour les élections européennes

    La droite modérée se rallie à Macron pour les élections européennes

    Après l’annonce du ralliement du parti Agir à LREM pour les élections, c’est au tour de l’ancien premier ministre de Jacques Chirac d’annoncer publiquement son soutien au mouvement d’Emmanuel Macron.

    La droite modérée serait-elle en train de devenir macroniste ? Dans la foulée de la publication de la tribune du président de la République, la majorité a vu les ralliements se multiplier à sa droite.

    Premier à avoir franchi le pas, le ministre de la Culture, Franck Riester, a annoncé  que son mouvement Agir rejoindrait la liste de La République en marche (LREM) aux élections européennes.

    « Nous avons pris la décision (…) de nous rassembler nous les pro-européens pour avoir le maximum de députés au Parlement européen pour accompagner ce mouvement de refondation que souhaite le président de la République », a-t-il déclaré sur France Culture le 5 mars.

    « Nous sommes le parti de la droite pro-européenne » alors que « les Républicains sont sur une dérive plus eurosceptique, plus identitaire », a précisé le président d’Agir. L’annonce de Franck Riester n’est qu’une demi-surprise, puisque le mouvement regroupe déjà les élus LR ayant choisi de rallier la majorité parlementaire, ainsi que certains eurodéputés du centre-droit en désaccord avec la ligne politique de Laurent Wauquiez.

    Lors du lancement officiel du mouvement politique en septembre, Franck Riester avait d’ailleurs d’emblée évoqué la possibilité de faire liste commune avec LREM. L’annonce officielle du ralliement d’Agir a été faite le jour même de la publication de la tribune d’Emmanuel Macron, mais aussi alors que la droite européenne fait face à des divisions profondes sur l’appartenance du parti de Viktor Orban à la famille du PPE (Parti populaire européen).

    Le sort du dirigeant hongrois et de son parti, le Fidesz, devrait être tranché le 20 mars prochain, et risque de faire éclater l’unité de la plus grande famille politique européenne, où les dissensions entre pro-européens et les eurosceptiques se font de plus en plus fortes. Si les agissements d‘Orban contre les libertés publiques et les migrants en Hongrie ont jusqu’ici rencontré une tolérance de la part de l’ensemble du clan PPE, ses attaques frontales contre le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ne passent plus. Et plusieurs partis nationaux ont réclamé son expulsion.

    C’est d’ailleurs l’absence de prise de position contre le chef d’État hongrois de la part des Républicains qui a été mise en avant par Franck Riester lors de son annonce, estimant qu’il était «  hallucinant » que les Républicains ne fassent pas partie « de ces partis qui ont demandé une clarification du PPE concernant M. Orban. […].C’est triste et révélateur de l’évolution des Républicains en France vers une droite extrême », a-t-il poursuivi.

    Sous la houlette de Laurent Wauquiez, Les Républicains ont choisi une tête-de-liste au profil conservateur, François-Xavier Bellamy, qui s’est déclaré en faveur du maintien d’Orban au sein de la famille politique du PPE, même si la cohabitation est extrêmement difficile.

    Dans le sillage d’Agir, l’ancien premier ministre de Jacques Chirac, le très pro-européen Jean-Pierre Raffarin, a lui aussi annoncé soutenir le projet européen d’Emmanuel Macron.

    Poussé à la clarification par le président de LR Laurent Wauquiez,  Jean-Pierre Raffarin est sorti du bois le 5 mars dans la foulée de la publication de la tribune d’Emmanuel Macron.  « Je ne dispose que du texte écrit par le président. Mais il s’agit du projet européen le plus abouti. J’adhère au constat, à la vision et au projet. C’est donc le projet du président que je soutiendrai sans aucune hésitation », a-t-il fait savoir dans une interview au Figaro.

    Dans les derniers sondages, la liste des Républicains est créditée de  12 % et 14 % de voix, soit environ 15 sièges dans l’hémicycle européen. Emmenée par le trio François-Xavier Bellamy, Agnès Evren et l’eurodéputé sortant Arnaud Danjean, la liste LR doit être complété le 6 mars par 27 nouveau noms. La liste finale devra compter 79 candidats.

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  • Belgique : Un glissement vers l’extreme-droite chez certains LR ?

    Belgique : Un glissement vers l’extreme-droite chez certains LR ?

    Mardi 5 mars, Victoria de Vigneral, élue municipale française sur la commune de Saint-Gilles (région bruxelloise) a rejoint Alain Destexhe pour les élections régionales, législatives et européennes de mai 2019. M. Destexhe, membre du Mouvement Réformateur (droite libérale) a fait acte de dissidence et présentera ses « listes Destexhe » lors de ces scrutins.

    Destexhe, un temps proche de la section locale de l’UMP et contributeur du figaro, est un spécialiste de la dénonciation de l’immigration. Classé par certains à l’extrême droite, il fit récemment une sortie accusant la politique migratoire de Mme Merkel d’être à l’origine du Brexit. Il annonce en janvier 2019 quinze mesures pour freiner l’immigration « avant qu’il ne soit trop tard».

    Mme de Vigneral, qui n’a selon nos informations pas prévenue sa section locale de son départ sur une liste concurrente, fut longtemps une proche collaboratrice du journaliste Alain Lefebvre dans la publication « Juliette et Victor ». M. Lefebvre considéré en octobre 2018 par le journal Le Monde comme un journaliste d’extrême droite y fut désigné comme la figure de proue de cette tendance politique chez les Français de Belgique.

    La campagne LR de 2017 portée à bouts de bras par Sens Commun

    Mme de Vigneral, membre des Républicains, est par ailleurs proche des éléments chrétiens de cette famille politique, et notamment de Sens Commun. Cette obédience, qui fut le fer de lance de la lutte contre le mariage pour tous lors du mandat de François Hollande, fut également fortement mobilisée pour la candidature des LR aux législatives 2017.

    Une mobilisation qui ne fut pas couronnée de succès, la liste LR finissant à une petite 4èmeplace. Les Français de Belgique, comme beaucoup de Français de l’étranger, ont très largement plébiscité Emmanuel Macron et les candidats de la République en Marche. La droite française de Belgique est largement libérale et profondément pro-européenne. Le positionnement de Mme de Vigneral est à cet égard étonnant.

    L’hommage à la mémoire de Léopold II, bourreau du Congo

    Parmi les nouveaux collègues de Mme de Vigneral au sein des « listes Destexhe », citons par ailleurs M. Aymeric De Lamotte. Ce dernier, représentant de l’association « mémoire du Congo » eut l’occasion lors d’une récente émission de la télévision belge, de défendre la mémoire du souverain belge Léopold II. Ce dernier, qui colonisa l’actuelle République Démocratique du Congo comme une propriété personnelle et la géra en entrepreneur, est accusé par certains historiens d’être responsable de la mort de 10 millions de personnes et de nombreuses exactions. Ce scandale, à l’époque déjà, poussa le gouvernement de son pays à prendre le contrôle du pays et à en faire le Congo belge. Nul doute que cette position, extrêmement critiquée, fera polémique lors de la campagne de M. Destexhe et de Mme de Vigneral.

     

  • Bruxelles tâcle les plateformes en ligne sur la désinformation

    Bruxelles tâcle les plateformes en ligne sur la désinformation

    À l’approche des élections européennes, l’agence européenne de cybersécurité appelle à des lois nationales contre les fake news, alors que la lutte des plateformes contre la désinformation demeure lacunaire.

    Insuffisant. Le constat dressé par la Commission a quelques semaines des élections européennes sur la lutte contre la désinformation est sans appel. « Nous avons besoin de voir plus d’avancées dans les engagements faits par les plateformes en ligne pour lutter contre la désinformation », indique un communiqué de l’exécutif européen publié le 28 février.

    « Les plateformes n’ont pas fourni assez de détails montrant que les nouvelles politiques et outils sont déployés dans des délais opportuns et avec des ressources suffisantes à travers tous les États membres », est-il écrit dans le document conjoint des commissaires en charge de la justice, Věra Jourová, en charge de la sécurité (Julian King), de l’économie numérique (Mariya Gabriel) et du marché unique numérique (Andrus Ansip).

    Des mots qui font écho à ceux déjà employés par l’exécutif européen en janvier quand Facebook et d’autres médias sociaux ont publié leur premier rapport sur le code de bonnes pratiques contre la désinformation.

    Les rapports sont censés détailler la manière dont les plateformes suivent et respectent le code de conduite de la Commission, un cadre légal décidé par les régulateurs européens pour endiguer la diffusion des infox en ligne.

    L’UE a publié les premiers rapports de conformité du code le 29 janvier. Les signataires des mesures sont entre autres Facebook, Google et Twitter. À ce moment-là, le commissaire à la sécurité, Julian King, avait décrit les premiers rapports de « incomplets et opaques ».

    Facebook

    Le communiqué du 28 février adopte un ton similaire et reproche à Facebook de ne pas avoir fait le rapport « des résultats des activités entreprises en janvier pour ce qui est de la surveillance du placement de publicités » et de ne pas avoir divulgué « le nombre de faux comptes supprimés à cause d’activités malveillantes ciblant principalement l’Union européenne. »

    Ce à quoi Facebook a répondu sur la défensive. « Nous sommes en train de développer des indicateurs de performance autour de la publicité politique, mais ceux-ci ne seront disponibles seulement quand les archives publicitaires seront lancées en dehors des États-Unis », a déclaré un porte-parole de Facebook.

    « Quant au nombre de faux comptes que nous avons éliminés de Facebook, nous fournissons des données à ce sujet dans notre rapport semestriel sur la transparence. Nous nous engageons à soumettre des rapports à la Commission européenne pour mettre en lumière les progrès effectués dans chaque domaine du code de conduite. »

    Twitter

    Dans le même temps, Twitter a aussi fait l’objet de critiques pour le manque de données montrant son engagement à améliorer la surveillance des placements publicitaires. Le réseau social rechigne également à dévoiler ses efforts pour rendre les publicités politiques plus transparentes.

    « Nos rapports continueront de mettre la lumière sur nos efforts pour garantir la sécurité, l’intégrité et la transparence dans la période précédant les élections européennes », a déclaré un porte-parole de Twitter.

    « Nous sommes impatients de détailler dans notre prochain rapport les nouvelles règles sur la transparence des publicités politiques pour les élections. »

    Les indicateurs fournis par Google à la Commission « ne sont pas assez spécifiques et ne précisent pas l’ampleur des mesures prises pour lutter contre le désinformation », indique par ailleurs le communiqué.

    En janvier, Sir Nick Clegg, responsable des affaires internationales chez Facebook, a révélé que les publicités politiques payantes devraient respecter un ensemble de nouvelles règles à l’approche des élections européennes. Les nouvelles mesures devraient être déployées par Facebook en mars.

    Règlementer ou non ?

    Après deux retours insatisfaisants sur le rapport de conformité, l’idée d’une réglementation s’impose de plus en plus.

    Jeudi également, l’agence de cybersécurité de l’UE, l’ENISA, a publié un document d’opinion sur la cybersécurité des élections européennes.

    Dans ce document, l’ENISA recommande aux États membres de l’UE d’envisager « d’introduire une législation nationale pour relever les défis liés à la désinformation en ligne ». Combinée aux efforts de l’UE pour réglementer les médias sociaux et les plateformes en ligne, cette mesure « assurerait une approche harmonisée à travers l’UE pour lutter contre la désinformation en ligne visant à saper le processus démocratique », a déclaré l’agence.

    Udo Helmbrecht, directeur exécutif de l’ENISA, soutient que les motivations de ceux qui cherchent à perturber le processus démocratique, « peuvent être multiples, par exemple pour des gains financiers, la gloire et la réputation, ou pour provoquer le chaos et l’anarchie, miner la confiance en la démocratie et renverser l’opposition politique ».

    Intégrité des élections

    Et au Parlement européen, les législateurs qui font pression pour une réglementation dans le domaine des fausses informations ne manquent pas à l’appel.

    À la suite de la déclaration de la Commission du 28 février, le président du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt, s’est exprimé avec force.

    « L’intégrité des prochaines élections européennes et de nos démocraties est en danger », a-t-il tweeté. « On ne peut pas continuer comme ça. Les arguments en faveur d’une réglementation sont écrasants. »

    En marge d’une récente conférence sur la cybersécurité qui s’est tenue à Bruxelles, Euractiv a rencontré Julian King, commissaire chargé de la sécurité.

    Selon lui, la réglementation serait sans aucun doute à l’ordre du jour si les plateformes n’intensifiaient pas leurs efforts dans la lutte contre la désinformation.

    Cependant, à la question de savoir si une réglementation future serait « inévitable », Julian King a répondu qu’il voulait « donner aux plateformes la chance de faire leurs preuves ».

    Samuel Stolton

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