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  • Les conséquence de l’interdiction du 737 MAX pour vos voyages

    Les conséquence de l’interdiction du 737 MAX pour vos voyages

    Après le crash du vol 302 d’Ethiopian Airlines le 10 mars 2019, plusieurs pays dont l’Union européenne, le Canada et les États-Unis imposent une immobilisation des Boeing 737 MAX. Voici les conséquences à attendre.

    Quelques mois après le crash d’un Boeing 737 MAX de la compagnie indonésienne Lion Air, le crash d’un Boeing 737 MAX d’Ethiopian Airlines le 10 mars 2019 dans des conditions très similaires a poussé nombre de pays à interdire de vol ce modèle. Quelles sont les conséquences si vous devez vous rendre aux États-Unis ? Voici un point selon votre lieu de départ.

    Au départ d’Europe : des conséquences uniquement pour les vols avec escale

    • Si vous partez d’Europe, sachez avant toute chose que le Boeing 737 MAX est un appareil moyen-courrier qui n’a pas la capacité d’effectuer un vol transatlantique direct. Si vous prenez un vol direct entre l’Europe et les États-Unis, vous volerez sur un appareil bien plus gros. Selon les compagnies, il s’agira de Boeing 767, 777 et 787 ou d’Airbus 330, 340 et 380. Ces appareils ne sont pas frappés par l’interdiction car il n’y a là aucune crainte concernant leur fiabilité. Vous pouvez donc voyager l’esprit tranquille !
    • En revanche, si vous deviez prendre un vol avec escale, les choses sont différentes. A l’heure actuelle, 7 compagnies européennes disposent de Boeing 737 MAX : Air Italy, Icelandair, Norwegian, Smartwings, TUI Fly et des polonaises LOT et Enter Air. Deux de ces compagnies proposaient des vols avec escale vers les États-Unis sur Boeing 737 MAX : Icelandair et Norwegian.
    • La compagnie islandaise Icelandair assure ainsi des vols entre Paris et Reykjavik en Boeing 767 puis des vols entre Reykjavik et New York en Boeing 737 MAX 8. La compagnie va donc devoir trouver des solutions… Si vous devez partir à New York avec Icelandair ou Norwegian, avec escale, contactez la compagnie aérienne pour savoir si votre vol est maintenu ou s’il y a des retards à prévoir.

    Au départ du Canada ou des États-Unis : des annulations et des retards à prévoir

    • Si vous partez du Canada ou si vous devez prendre un vol intérieur aux USA pour rejoindre New York, attendez-vous à des conséquences plus importantes qu’en Europe. Les compagnies nord-américaines comptent en effet déjà de nombreux Boeing 737 MAX dans leur flotte. Southwest Airlines en exploite 34, American Airlines en a 24, Air Canada en possède 24 et United Airlines en compte 14.
    • Plusieurs compagnies aériennes ont annoncé qu’elles allaient devoir reprogrammer certains vols et réaffecter les passagers sur d’autres appareils, voire d’autres vols. Si vous devez voler sur ces compagnies pour un vol intérieur américain ou un vol au départ ou à destination du Canada, regardez le type d’appareil qui est prévu sur votre billet d’avion et, s’il s’agit d’une Boeing 737 MAX, contactez rapidement la compagnie pour savoir si le vol sera maintenu. Les compagnies devraient également autoriser des modifications gratuites des billets d’avion, comme cela s’est déjà produit dans de tels cas de force majeure.

    La rédaction avec l’AFP

  • Naufrage au large des côtes françaises : le récit heure par heure

    Naufrage au large des côtes françaises : le récit heure par heure

    Après le naufrage mardi 12 mars du navire italien «Grande America» victime d’un important incendie, une nappe d’hydrocarbures a été détectée par les autorités maritimes mercredi. Le scénario d’un important épisode de pollution est redouté. Ses premiers effets devraient être visibles dimanche ou lundi sur les côtes françaises.

    > Une zone comprise au minimum entre la Charente-Martime et la Gironde risque d’être impactée

    > Le «Grande America» transportait 365 conteneurs dont 45 contenant des matières dangereuses et plus de 2.200 véhicules

    > 2.200 tonnes de fioul lourd étaient dans les soutes du navire lors de son naufrage

    18H14

    Les deux nappes de fioul se déplacent à la vitesse d’environ 30km par jour et pourraient toucher les côtes françaises d’ici une semaine, a-t-on appris lors d’une conférence de presse.

    16H48

    Une deuxième nappe de pollution aux hydrocarbures provoquée par le naufrage du navire italien Grande America a été constatée jeudi matin, a déclaré le ministre de la Transition écologique François de Rugy lors d’une conférence de presse à Brest.

    La première nappe, d’aspect compact, mesure 13 km de long par 7 km de large, tandis que la seconde, d’aspect disloqué, mesure 9 km de long par 7 km de large, a précisé le porte-parole de la préfecture maritime de l’Atlantique Riaz Akhoune, ajoutant que les deux nappes sont distantes d’environ 20 km l’une de l’autre.

    15H42

    «Il faut aller plus loin» en matière de réglementation du transport maritime de marchandises au niveau européen, a plaidé jeudi le député (ex-LREM) Matthieu Orphelin après le naufrage du navire italien Grande America.

    Interrogé sur la nécessité d’un renforcement de cette réglementation au niveau européen, il a répondu «bien sûr : il y a déjà eu des réponses européennes mais il faut aller plus loin». Il faut «avoir plus de transparence, d’obligations, pour que les armateurs disent le plus rapidement possible ce qui est transporté», a également souhaité Matthieu Orphelin, alors qu’il a fallu «plusieurs jours» pour connaître précisément la nature de la cargaison du Grande America.

    13h10

    L’Etat est mobilisé pour «réduire l’impact» sur les côtes de la pollution aux hydrocarbures, ont assuré le ministre de la Transition écologique et le Premier ministre. «Des avions de reconnaissance ont décollé de Bretagne pour aller mesurer l’ampleur de cette nappe et voir si elle continue à être nourrie par les cuves du navire qui a coulé et est actuellement à 4.500 mètres de fond», a notamment détaillé François de Rugy.

    11h11

    Les départements de Gironde et de Charente-Maritime ont placés leurs services en «phase de pré-alerte», pour anticiper la possible pollution des côtes

    09h31

    La nappe d’hydrocarbures faisant suite au naufrage du «Grande America» au large de La Rochelle, pourrait «toucher le littoral français vers dimanche soir ou lundi» a indiqué jeud sur France Info François de Rugy, ministre de la Transition écologique.

    MERCREDI 13 MARS

    21H44

    «Au cours du vol réalisé cet après-midi au-dessus de la zone de naufrage du Grande America par l’avion de patrouille maritime Atlantique 2 de la Marine nationale, une nappe d’hydrocarbures d’une dizaine de kilomètres de long a été localisée», indique la préfecture maritime.

    12h50

    Des experts de lutte antipollution et de lutte contre les risques technologiques  été envoyés sur place, alors que l’on a appris ce mercredi que 45 conteneurs répertoriés comme contenant des matières dangereuses se trouvaient à bord. Par ailleurs, un avion de surveillance maritime Falcon 50 de la Marine nationale, le remorqueur Abeille Bourbon et la «Frégate Aquitaine de la Marine nationale avec hélicoptère et navire de soutien Sapeur pour assurer la sécurité de la zone», ont pu être déployés. Deux remorqueurs, affrétés par la société Ardent, mandatée par l’armateur du navire, Grimaldi Group, sont sur place.

    LE RECIT DU NAUFRAGE

    «Le bateau a coulé par 4.600 m de fond», avait indiqué une porte-parole de la préfecture maritime. Les 27 passagers à bord de ce navire de 214 mètres, en provenance de Hambourg (Allemagne) et qui devait se rendre à Casablanca (Maroc), avaient été évacués dans la nuit de dimanche à lundi, sains et saufs. Il s’agit d’un navire hybride entre un roulier et un porte-conteneurs.

    Sur Twitter, la préfecture maritime avait indiqué que le navire «subissait un incendie depuis le 10 mars en soirée, dont la violence s’est amplifiée durant les vingt-quatre dernières heures. Le navire présentait sur son côté droit une forte inclinaison qui s’est aggravée au fil du temps».

    La rédaction avec l’AFP

  • CV EUROPASS : UN ATOUT MECONNU

    CV EUROPASS : UN ATOUT MECONNU

    Un langage commun, pour postuler à l’étranger

    Ce CV, mieux connu sous le nom de CV Europass, est standardisé aux normes européennes. Disponible dans 27 langues, il permet de postuler plus facilement à un emploi à l’étranger.

    Pour Patrick Meuwissen, responsable du centre Europass en Belgique francophone, les principaux avantages du CV européen sont sa gratuité et sa facilité d’utilisation : « Il pousse les utilisateurs à réfléchir à la prise en considération des compétences qui n’apparaissent pas toujours dans les CV traditionnels. L’esprit d’initiative, la flexibilité, l’esprit d’équipe, le leadership, etc. Ce sont toutes des particularités très appréciées par les employeurs. »

    « La structure du CV Europass permet une clarification de la procédure, lors de laquelle tout le monde travaille avec le même outil, avec un langage commun », ajoute Marc Vandeur, responsable du service Inf-OR emploi au sein de l’ULB. Par exemple, les connaissances linguistiques s’expriment selon la grille des niveaux européens. Le postulant s’y autoévalue sur ses compétences d’écriture, d’expression orale et de compréhension.

    Le grille des niveaux européens va de A1 (débutant) à C2 (expert).

    Plusieurs options pour les utilisateurs

    Sur le portail Europass, l’utilisateur a la possibilité de rédiger une lettre de motivation en ligne, en complément du CV. “Cette option comporte une série de conseils quant au contenu ou à certaines formulations de cette lettre en fonction de la langue utilisée”, détaille Patrick Meuwissen. “Le postulant peut, en outre, ajouter tout document attestant de son expérience professionnelle ou de ses diplômes.”

    Les informations personnelles ne sont pas stockées automatiquement pour des raisons de respect de la vie privée. Chacun doit sauvegarder son CV (format XML ou PDF) afin de pouvoir l’actualiser ultérieurement. Une fois que le candidat a terminé son CV, il peut le poster en un clic sur le portail Eures, qui est le portail des services publics européens de l’emploi.

    Un outil pour tous les profils

    Graphique représentant l'âge des utilisateurs du CV EuropassBien que la moitié de ses utilisateurs ait moins de 25 ans, le CV Europass peut être utile aux personnes de toutes les tranches d’âges et de tous les horizons professionnels. “Je connais plusieurs jeunes qui ont terminé des études de droit et qui l’utilisent. Mais cela fonctionne pour une multitude d’autres métiers, y compris manuels », témoigne Eric Robert, responsable de la formation professionnelle et de l’aide à la formation au Head Center of Expertise Talent & Labor Market d’Agoria. Depuis son lancement en 2005, plus de 106 millions de CV Europass ont été créés.

    La redaction

  • Brexit quelles conséquences pour les Français de l’Etranger

    Brexit quelles conséquences pour les Français de l’Etranger

    Ignorant les menaces de désastre économique brandies par les institutions internationales, les Britanniques ont décidé de quitter l’Union européenne, ouvrant ainsi une ère d’incertitude sans précédent. Le pays devrait bientôt être rattrapé par les conséquences concrètes de son choix.

    UNE TEMPÊTE FINANCIÈRE

    Dans l’immédiat, c’est une mini-tempête financière qui devrait souffler. Voir la cinquième puissance économique mondiale quitter le navire européen aura en effet un impact planétaire. Les Bourses de Hong Kong et Tokyo ont plongé, celle de Londres a ouvert en baisse de 7% et celle de Paris et Franckfort de 10%. Signe qui ne trompe pas, les marchés se sont précipités sur la valeur refuge par excellence, l’or. Le cours de l’once s’est envolé à l’heure des résultats du référendum à son niveau le plus fort depuis deux ans. Et ce n’est probablement que le début. Il va donc être difficile pour les français du Royaume-uni de pouvoir organiser leur futur retour ou leur retraite en zone euro.

    DES ANNÉES DE NÉGOCIATIONS AVEC SES PARTENAIRES COMMERCIAUX

    Le retrait de l’UE ne va pas se faire en quelques jours. Il devrait s’effectuer sur plusieurs années. Le Royaume-Uni perdra par définition le bénéfice des accords commerciaux passés par l’UE et ses partenaires à travers le monde. Or, entre les conditions de sortie de l’UE, la négociation de nouveaux accords avec elle et les conclusions de traités commerciaux avec les pays extérieurs à l’UE, le gouvernement britannique a prévenu qu’une bonne dizaine d’années pourraient être nécessaires pour mener à bien les diverses négociations ouvertes par un Brexit. Bref, le changement est acté, mais il sera long. Cela va entrainer une chute du pouvoir d’achat pour tous les résidents britanniques. (français inclus)

    UN RELÈVEMENT DES BARRIÈRES DOUANIÈRES

    Avec le Brexit s’ouvre en réalité une longue période d’incertitude, avec des conséquences pour les entreprises britanniques, le commerce et l’attraction des investissements. Les barrières commerciales pourraient être relevées pendant cette période de transition, avec 5,6 milliards de livres (7,2 milliards d’euros) par an de droits de douane supplémentaires à payer pour les exportateurs britanniques, d’après l’OMC. Pas sûr que les secteurs manufacturiers comme l’aéronautique, avec Airbus et BMW entre autres, apprécient ces nouvelles barrières tarifaires. Elles pourraient faire leurs bagages. Une fois de plus la vie pour les Français installés dans le Royaume-Uni verront leur pouvoir d’achat amputé.

    Un pays moins attirants pour les investisseurs

    De nombreuses entreprises utilisent le Royaume-Uni comme porte d’entrée vers l’Europe. Or certaines d’entre elles ont prévenu qu’elles relocaliseraient leur siège européen en cas de Brexit. Et cela n’a pas trainé. La banque américaine JPMorgan, qui emploie 16.000 personnes au Royaume-Uni, a prévenu vendredi qu’elle pourrait déplacer 1.000 à 4.000 emplois hors du pays à la suite de la victoire du Brexit au référendum. D’autres banques pourraient suivre. D’une manière générale, il y a fort à parier sur un repli des investissement chinois et américains. Les emplois seront donc moins accessibles pour tous les résidants.

    Une récession en perspective

    Entre les échanges commerciaux en berne et l’emploi en perte de vitesse, la croissance britannique risque de se réduire. Le FMI envisage deux scénarios possibles : un «scénario limité» et un scénario «défavorable». Dans le premier cas, la croissance du PIB de l’économie britannique ralentirait à 1,7% cette année, puis à 1,4% en 2017 (au lieu de 1,9% et 2,2% actuellement prévus). Dans le second cas, le Royaume-Uni tomberait carrément en récession en 2017 à – 0,8% avant de se redresser à + 0,6% en 2018. Bonus dans ce second cas, l’inflation grimperait à 4% en 2017 (au lieu de 1,9% prévu).

    Un chômage en hausse

    La panne de croissance que devrait enregistrer le Royaume-Uni aura évidemment des conséquences sur l’emploi. Dans son «scénario limité», le FMI, anticipe un taux de chômage à 5,3% en 2017, contre 5% aujourd’hui et à 6,5% d’ici deux ans. Selon le cabinet Pwc, le Brexit coûterait environ 129 milliards d’euros de perte d’activité, ce qui se traduirait par 950 000 emplois en moins d’ici à 2020, et une hausse du chômage comprise entre 2 et 3%. Le secteur financier serait parmi les plus touchés. Si les banques de la City de Londres perdent le droit de vendre sans entrave leurs services financiers depuis le Royaume-Uni vers les pays de l’UE, la cure d’amaigrissement pourrait concerner une centaine de milliers d’emplois d’après la société de lobbying TheCityUK.

    La prospérité anglaise qui a conduit nombre de nos concitoyens risquent de les ramener sur le chemin du retour.. Volontairement ou involontairement !

    Résider au Royaume-Uni sera plus difficile.

    Nous savons grâce aux chiffres de l’ambassade Française de Londres qu’il y a plus de 300 000 Français qui vivent au Royaume-Uni, et qu’il y a en tout presque 4 millions d’expatriés Européens. Qu’est-ce que le Brexit va changer dans leur vie ?

    Au niveau du travail, les “expats” pourront continuer de travailler et de vivre au Royaume-Uni tant qu’ils pourront justifier de 5 ans de résidence au Royaume-Uni. Avec les mêmes droits que les citoyens britanniques (droit de séjourner au Royaume-Uni, d’y chercher un emploi, d’y travailler sans permis de travail, et d’y jouir d’une égalité d’accès aux soins de santé, aux pensions de retraite et autres prestations sociales).

    C’est le “Settled status”, un nouveau statut créé spécialement pour l’occasion. Si jamais ils ne peuvent pas encore justifier leurs 5 ans de vie sur place,  ils bénéficieront d’un délai pour obtenir leurs statuts de résidents permanents.

    Mais le Royaume-Uni et la France n’ont pas encore de solutions pour tous ces Français qui se rendent régulièrement en Angleterre pour le travail mais qui résident quand même en France. Pour les entreprises, rien ne devrait trop changer au niveau des droits grâce à la loi “the European Union Withdrawal Act » votée par le Parlement Britannique en Juin dernier qui a fait s’intégrer la plupart des lois législatives européennes dans le droit anglais.

    L’avenir est donc bien trouble pour ceux qui ont fait le pari britannique ou qui en rêvent encore..

    Fabien Ferasson de Quental

  • Lycées français à l’étranger, crises et polémiques

    Lycées français à l’étranger, crises et polémiques

    Il y a quelques semaines, François Ralle Andreoli, conseiller consulaire et enseignant à Madrid, tirait sur lesfrancais.press la sonnette d’alarme concernant le Lycée Français de Madrid. L’Enseignement français à l’étranger est « un navire que l’on laisse sciemment dériver » selon M. Andreoli. Il ajoute que par exemple dans sa circonscription, « pour le Lycée français de Madrid, le plan d’économie 2017 a imposé de réduire drastiquement de plus de 30% les crédits pédagogiques ».

    Comment, dès lors, maintenir un réseau d’excellence reconnu comme tel y compris par les acteurs locaux ? Les grèves des parents, au Lycée Français de Madrid, et des enseignants dans de nombreux Lycée Français, montrent un indéniable malaise. Le 8 mars, les syndicats du Lycée de Madrid et l’association de parents d’élèves ALI a publié un communiqué commun. Il demande la fin de la transformation des contrats français en contrats locaux. Il demande aussi le gel des coûts de scolarité pour les parents et la fin des coupes budgétaires.

    Un réseau tentaculaire, mal répartie et aux coûts très inégaux

    Tout comme sa diplomatie, l’éducation française compte un important réseau partout dans le monde. Le réseau de l’AEFE, l’agence pour l’enseignement du français à l’étranger, ce sont 500 établissements, 8 000 enseignants de l’éducation nationale (contrats français ou locaux) et 25 000 enseignants locaux, le tout avec des différences de rémunérations qui font polémiques. La Mission laïque française (MLF) ajoute à ce réseau une centaine d’établissements.

    Plus important encore, ces réseaux comptent 350 à 400 000 élèves accueillis avec une ambition affichée par le Président Macron : doubler ce chiffre d’ici 2030. Ce réseau cache cependant de très importantes variations : le Lycée Français de New York, établissement de grand prestige dans la ville, compte parmi ceux fréquentés par l’élite financière, en raison de ses frais d’inscription. Au Maroc, les Lycées français sont présents en nombre, plus abordable mais également plutôt fréquentés par la bonne société, et ont aussi comme mission de pallier un enseignement public marocain parfois défaillants.

    147 propositions dans le rapport Cazebonne

    La phase actuelle est à la réflexion et à la consultation. Dans ce contexte, la députée des Français de l’étranger Samantha Cazebonne a remis un rapport contenant 147 propositions. Après 400 consultations et des propositions écrites remises par 20 000 acteurs du terrain, Mme Cazebonne a remis en février 2019 ce rapport très attendu.

    L’ambition de Mme Cazebonne ? « Une redéfinition de notre conception stratégique de ce que doit être le réseau d’enseignement français à l’étranger, autour de l’AEFE, un décloisonnement et une meilleure coordination de l’ensemble des acteurs qui y participent, qu’il s’agisse de création ou d’intégration au réseau de nouveaux établissements partenaires ».

    Parmi les propositions de Mme Cazebonne, une gestion plus participative, c’est-à-dire une meilleure intégration des associations de parents d’élèves, une gestion financière et immobilière optimisée, et la reconnaissance et considération du rôle de l’AEFE dans le rayonnement de la France.

    Samantha Cazebonne organise à cet égard à l’Assemblée nationale ce 15 mars un colloque sur l’enseignement français à l’étranger. Un colloque auquel participera notamment l’organisation « Avenir des Lycées Français en danger », très active sur Facebook. Plusieurs thèmes seront développés: la qualité de l’enseignement, la coopération éducative, la gouvernance, et le développement du réseau.

    Enseignement du Français : la piste locale

    Le Gouvernement réfléchit à une réforme de l’enseignement français à l’étranger. Le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères l’a confirmé dans l’interview exclusive qu’il a donné à La French Radio et lesfrancais.press.

    « Nous avons une ambition intacte » annonce d’emblée M. Lemoyne. Reprenant l’action des gouvernements précédents, M. Lemoyne les accuse d’être responsables de cette situation avec deux exemples précis. La mise à la charge de l’AEFE des charges patronales pendant la présidence Sarkozy et à la baisse significative de la subvention de l’AEFE par le gouvernement Hollande.

    Comment résoudre des impératifs contradictoires ? Doubler le nombre d’élèves dans les établissements français d’ici 2030, comme l’a annoncé le Président de la République et diminuer les dotations ? Après le rapport Cazebonne, dont on a compris que l’avalanche de propositions masquait l’indigence de crédits, l’incertitude est toujours la même.

    Une orientation se dégage : s’appuyer sur des institutions et écoles privées. Ce qui suppose : 1. Internationaliser les établissements (il s’agirait moins d’établissements d’enseignement français que d’enseignement international avec une dominante de langue française) 2. Nationaliser l’enseignement, en s’intégrant plus dans la culture et les exigences académiques locales. 3. Avoir recours de plus en plus au privé.

    La piste la plus intéressante consisterait à développer des établissements nationaux avec une ouverture internationale, une gouvernance locale, une homologation et évaluation française dans le cadre d’accords de coopération et un enseignement international conjuguant la langue nationale, le Français et l’Anglais. C’est un peu l’exemple suivi au Maroc et en Angola. De toute façon, le développement de l’enseignement français à l’étranger ne sera possible qu’avec un fort soutien local, ce qui l’obligera peut-être à s’ouvrir de plus en plus aux souhaits des parents d’élèves et à s’intégrer dans le contexte de la concurrence locale.

  • Les Européens pourraient imposer le No deal

    Les Européens pourraient imposer le No deal

    Trois ans de négociations. Des heures et des heures de débats, de réunions, de commissions et sous-commissions. Des milliards de milliards de milliards de connexions de neurones d’intelligences supérieures, et à la fin : rien. On ne sait rien.

    Le Royaume-Uni, cet ancien maître du monde, inventeur du Parlement et de l’Habeas Corpus, est en panne politique et intellectuelle. La Parlement a une nouvelle fois rejeté l’accord sur le Brexit, deux mois après un premier rejet. Il a aussi rejeté la possibilité d’un « no deal ». Ils devraient logiquement décider d’un report du Brexit après le 29 mars. Mais ce n’est pas si simple.

    Tout d’abord parce que Teresa May a perdu toute crédibilité. Pour les Brexiters, les antibrexiters les Européens. Tous la voient comme un chef de gouvernement en sursis.

    Beaucoup considèrent de plus en plus probable la victoire prochaine de Jeremy Corbyn, qui représente l’aile gauche du Parti Travailliste. Autant dire que Brexit + Corbyn n’attire pas la confiance de la City. Mais cela représente une maigre chance de voir surgir l’hypothèse d’un nouveau referendum, puisque Corbyn a finalement accepté cette éventualité. Tout cela reste de l’ordre de l’hypothèse et de l’incertain.

    Il n’est même pas certain que la date du Brexit reste fixée au 29 mars. Les Britanniques peuvent demander un report, mais les Européens doivent l’accepter, à l’unanimité. Et beaucoup se disent : pour quoi faire ? Les Ambassadeurs se réunissent jeudi prochain à Bruxelles pour examiner une éventuelle demande. En attendant, toutes les capitales se préparent à un No deal, car désormais, ce sont peut-être les Européens qui risquent de l’imposer !

    Dans tous les cas, un report ne peut aller au delà du 24 mai, lendemain de sélections européennes. Et encore. Si les Britanniques sont encore membres de l’Union, ils ont droit à des députés. Beaucoup de responsables européens se demandent ce que les Britanniques peuvent faire en deux mois. Car les Européens considèrent qu’ils n’ont rien de plus à offrir. La question est : voulez-vous rester dans l’Union douanière ou voulez vous en sortir ? Si vous en sortez, L’Irlande du nord aussi. Et cela brise les accords de paix en Irlande. Si vous y restez, vous devez en respecter les règles. Voilà, pour simplifier, le fond de la crise. Et pour la rendre plus concrète, certains se disent qu’il vaut mieux trancher tout de suite. C’est notamment l’avis des Français et des Néerlandais, deux pays qui ont pourtant de forts liens commerciaux avec le Royaume-Uni. Ceci explique peut-être cela. Jouer le tout pour le tout. Et préparer de nouveaux accords à partir d’une table rase.

    L’hypothèse d’un refus européen est peut-être celle qui plairait le mieux, sans qu’elle l’avoue, à Teresa May. Elle ne prendrait pas la responsabilité du No deal, elle resterait au pouvoir. La seule façon pour elle de contenter Brexiter et antibrexiters, d’éviter Corbyn, de nouvelles élections et un nouveau referendum.

    Le gouvernement britannique a d’ailleurs annoncé qu’en cas de No deal il exonérerait de droits de douane 87% des produits venant de l’UE. Et qu’il ne contrôlerait pas la frontière en Irlande. En somme un No deal qui accepterait l’Union douanière.

    Quand on est dans le flou, on y reste. Le flou, c’est fou.

  • Panne mondiale des réseaux sociaux

    Panne mondiale des réseaux sociaux

    Les géants des réseaux sociaux connaissent, en ce mercredi soir, une panne géante et mondiale impactant les utilisateurs. En France, les internautes ne sont pas en reste même si minoritairement touchés comparés à leurs voisins européens comme au Royaume-Uni.

    « Message non délivré », « fenêtre impossible à ouvrir » ou encore « publication non disponible ». Vous avez peut-être vu apparaître ce type de messages en vous connectant sur Instagram, Facebook ou encore WhatsApp. Les géants des réseaux sociaux connaissent, en ce mercredi soir, une panne géante et mondiale impactant les utilisateurs, dans de très nombreux pays y compris la France.

    11000 rapports de pannes

    Le site Downdetector, spécialisé dans le recensement des « bugs » informatiques a d’ores et déjà recensé plus de 11 000 de rapports de pannes du réseau social Facebook. Un mot-clef sur Twitter, qui semble encore fonctionner, circulait en cette fin de journée #FacebookDown (Facebook est hors d’usage).

    Selon Downdetector, les difficultés concernent l’étape de connexion au site, ou de chargement du fil d’actualité mais un tiers d’entre eux n’avait aucun accès au site ! Comme précisé par Facebook, cette panne concerne aussi Facebook Messenger et WhatsApp, propriété du géant.

    C’est sur Twitter que Facebook a reconnu ses difficultés. Le géant social ne connait pour l’heure pas l’origine du problème technique, et la situation n’est toujours pas maîtrisée.

    Utilisateurs mécontents

    Beaucoup d’utilisateurs ne cachaient pas leur exaspération et enjoignaient le réseau social, parfois en termes orduriers, à régler le problème au plus vite.

    Sur un ton plus léger, certains s’amusaient de leur propre dépendance au réseau social, un usager disant « s’ennuyer au travail » à cause de la panne, un autre expliquant avoir du coup passé du temps avec sa famille.

    Ironie aussi pour le journal local de San Jose dans la Silicon Valley, berceau mondial de la technologie: « Facebook est en panne. Le monde survivra-t-il? », s’interrogeait The Mercury News.

    D’après le site downdetector.com, les problèmes semblaient concentrés aux Etats-Unis ou au Japon, une partie de l’Europe, l’Amérique du Sud ou l’Australie semblant aussi touchées.

    « Je n’ai jamais vu de panne Facebook aussi longue », disait un usager sur downtector.

    Un utilisateur sur la côte ouest des Etats-Unis a expliqué à l’AFP n’avoir pas pu envoyer des photos via Messenger, tandis que plusieurs autres, situés sur la côte est, ne pouvaient pas du tout avoir accès aux services, lisant à la place ce message: « Facebook est inaccessible pour maintenance en ce moment mais vous devriez pouvoir y revenir dans quelques minutes ».

    L’AFP a aussi recueilli des témoignages d’usagers français rencontrant eux aussi des difficultés de connexion.

    Facebook, qui compte 2,3 milliards d’usagers, a simplement précisé que la panne ne venait pas d’ »une attaque par déni de service », qui consiste à inonder un service de demandes de connexions.

    En outre, des usagers américains rapportaient sur Twitter des pannes affectant d’autres sites et applications, sans que l’on sache si les problèmes étaient liés.

    La rédaction avec l’AFP

  • Brexit ? No-deal ??

    Brexit ? No-deal ??

    Les députés britanniques ont retoqué pour la deuxième fois l’accord de Brexit malgré les ultimes modifications obtenues la veille par Theresa May, plongeant le Royaume-Uni dans l’inconnu à 17 jours de la date fatidique.

    Le Traité de retrait de l’UE, conçu pour permettre une sortie en douceur du Royaume-Uni de l’Union européenne, a été largement recalé par 391 voix contre 242. La Chambre des communes l’avait déjà rejeté massivement une première fois le 15 janvier.

    Parmi les premiers à réagir, le porte-parole du président du Conseil européen Donald Tusk a estimé que ce rejet avait accru de façon « significative » le risque d’un Brexit sans accord, redouté par les milieux économiques.

    « L’impasse peut uniquement être surmontée par le Royaume-Uni », a déclaré le négociateur de l’UE pour le Brexit Michel Barnier, ajoutant que les préparatifs de l’UE en cas de divorce sans accord « étaient maintenant plus importants que jamais ».

    « La France regrette le vote de ce soir », a de son côté déclaré la présidence française, ajoutant que Paris ne pourrait « en aucun cas accepter une extension (de la date du Brexit) sans une stratégie alternative, crédible, de la part du Royaume-Uni ».

    Le chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn a lui estimé que l’accord de Mme May était « clairement mort ».

    Ce vote est un cinglant désaveu pour la Première ministre conservatrice qui a âprement négocié ce texte de près de 600 pages pendant de longs mois, et pose la question de sa survie à la tête de l’exécutif.

    « Je regrette profondément la décision que cette chambre a prise », a-t-elle déclaré immédiatement après le vote, l’air fatigué et la voix enrouée, comme une métaphore des difficultés qu’elle rencontre dans ce processus d’une incroyable complexité, né du vote des Britanniques en faveur du Brexit lors du référendum du 23 juin 2016.

    Avant de demander à la Chambre des communes ce qu’elle veut désormais: « Souhaite-t-elle révoquer l’article 50 (qui a lancé le processus de divorce, ndlr)? Veut-elle organiser un deuxième référendum ? Où partir avec un accord, mais pas cet accord ? ».

    No deal? Report?

    Et maintenant? Les députés voteront mercredi sur la possibilité de sortir de l’UE sans aucun accord.

    Si cette option est exclue, le Parlement votera à nouveau jeudi, cette fois sur une proposition de report « limité » du Brexit. L’Union européenne serait « prête à considérer » un report de la date du Brexit, si le Royaume-Uni devait en faire une demande « motivée », a déclaré une porte-parole de la Commission européenne.

    Quant à lancer des discussions avec Bruxelles pour obtenir de nouveaux changements, la partie semble loin d’être gagnée. « Il n’y aura pas de troisième chance », avait averti lundi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

    Pour tenter d’éviter une nouvelle défaite, Theresa May s’était rendue lundi soir à Strasbourg pour des négociations de dernière minute avec M. Juncker, au terme desquelles elle avait annoncé avoir obtenu des « changements légalement contraignants ».

    Déterminée à défendre ce texte jusqu’au bout, la dirigeante avait mis en garde les députés contre les conséquences d’un rejet.

    Son appel n’a pas convaincu. La publication de l’avis du conseiller juridique du gouvernement, l’attorney général Geoffrey Cox, n’y a pas aidé. Selon lui, « le risque juridique » présenté par l’accord « reste inchangé » malgré les concessions de Bruxelles revendiquées par Mme May.

    Celles-ci concernent le « backstop » (« filet de sécurité »), la disposition la plus controversée de l’accord de divorce. Il s’agit d’un dispositif de dernier recours qui vise à éviter le retour d’une frontière physique entre les deux Irlande afin de préserver les accords de paix de 1998 et l’intégrité du marché unique européen.

    Les « Brexiters » craignent en effet de rester indéfiniment « piégés » dans une union avec l’Union européenne, car le « filet de sécurité » implique un alignement étroit de tout le Royaume-Uni sur les règles commerciales européennes en attendant la conclusion d’un accord sur les futures relations.

    Un « pas de plus » vers l’UE

    Le rejet de l’accord a ravi des europhiles rassemblés devant le Parlement de Westminster et militant pour l’organisation d’un nouveau référendum.

    « C’est merveilleux, c’est un pas de plus vers un maintien dans l’UE », a déclaré à l’AFP Nina Hawl, 82 ans.

    Satisfaction aussi du côté des militants pro-Brexit, prêts à quitter le giron européen le 29 mars sans accord. « Je suis contente », mais « c’est encore trop tôt pour célébrer », a dit Gulia Astell, 58 ans, souhaitant que le Parlement vote pour l’option du « no deal » mercredi.

    La rédaction avec l’AFP

  • LREM prend ses distances avec l’ALDE

    LREM prend ses distances avec l’ALDE

    Le parti d’Emmanuel Macron a déclaré ne pas avoir vocation à faire partie du parti européen centriste, accusé par l’extrême-droite de recevoir des contributions d’entreprises privées dont Bayer.

    « Nous ne faisons pas partie de l’ALDE et nous n’avons pas vocation à en faire partie ». Le parti d’Emmanuel Macron, LREM, s’est fortement démarqué du groupe centriste ALDE dans un communiqué de presse publié le 12 mars, après des accusations de l’extrême-droite évoquant les financements privé du parti européen.

    Le parti centriste ALDE, dirigé par Guy Verhofstadt, a en effet pour habitude d’organiser son congrès annuel avec le soutien de sponsors.

    Cet automne, Yelp, Bayer ou encore Microsoft étaient ainsi partenaires de leur évènement organisé en Espagne.

    Or LREM a noué des relations avec l’ALDE, au point de participer à ce congrès.

    Vu le positionnement d’Emmanuel Macron, plutôt centriste, un rapprochement avec l’ALDE semblerait logique. Certaines projections du futur Parlement européen installent d’ailleurs d’ores et déjà les quelques 20 eurodéputés LREM avec le groupe ALDE, qui s’en trouverait renforcé.

    Ce n’est pourtant pas l’idée prioritaire du parti français, qui rêve d’une nouvelle force politique pro-européenne.

    « Nous avons des contacts avec une trentaine de partis en Europe, et nous continuons d’approcher de nouveaux partis. Nous avons une stratégie d’alliance qui repose sur une vision commune de l’Europe » explique-t-on chez LREM.

    LREM, qui ne ferme pas la porte à l’ALDE, promet « d’être ferme » sur le sujet des financements privés. Le financement privé de partis politiques est interdit en France. Il est autorisé dans la limite de 18.000 euros par an pour les partis politiques européens.

    Des financements transparents

    La dénonciation du groupe ALDE par l’extrême-droite est toutefois peu convaincante : le groupe accepte certes des financements privés, dans la limite de 4 % de son budget annuel, ce qui est anecdotique.

    Il a par ailleurs toujours été transparent sur le sujet, avant même que le Parlement européen ne modifie ses règles en réclamant aux partis d’être plus transparents sur leurs financements, avec la mise en place de l’autorité des partis politiques européens.

    Selon les premières déclarations officielles déposées auprès de l’autorité en question, seuls les partis ALDE et CRE, le parti auquel Nicolas Dupont-Aignan s’est désormais affilié, ont déclaré des donations supérieures à 12.000 euros par an.

    La question du financement des partis politiques européens se pose néanmoins. Certains partis reçoivent en effet des contributions en provenance de leurs membres dont l’origine n’est guère transparente, à commencer par le premier parti européen, qui est également le plus riche, le PPE.

    Aline Robert

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Nicaragua, Ortega s’accroche au pouvoir malgré les prières.

    Nicaragua, Ortega s’accroche au pouvoir malgré les prières.

    Les évêques ont quitté la table des négociations entre les représentants de l’Alliance civique et le régime du Président Ortega. Pourtant, Ortega, dans le passé, quoique ancien guérillero, les avait choyés. Mais trop c’est trop. Trop de morts : 325 selon la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme, plus de 500 selon les ONG. Et trop de corruption. L’Alliance Civique pour la Justice et la Démocratie, qui regroupe des mouvements issus de la société civile plus large que la seule opposition (elle aussi, longtemps achetée par Ortega), a réussi à maintenir son unité.

    Il y a presque un an, le cardinal Leopoldo Brenes avait déjà été invité comme médiateur. Mais Ortega avait quitté la table. Depuis les provocations des groupes paramilitaires contre les Eglises n’ont pas cessé.

    Des centaines d’opposants sont en prison. Des dizaines de milliers de Nicaraguayens se sont réfugiés au Costa Rica. Poussés non seulement par la répression politique mais aussi par la crise économique. Le PIB a reculé de 4% l’an dernier et devrait plonger cette année. D’autant que les Américains s’en mêlent. Ils  détestent l’ancien guérillero qui le leur rend bien : l’antiaméricanisme était la base de sa popularité. Ils veulent couper l’accès du Nicaragua aux crédits internationaux. Comme Ortega ne peut plus compter sur le Venezuela et son pétrole, le régime sandiniste commence à flancher.

    Que réclame l’opposition ? Libération des prisonniers politiques, réforme de la loi électorale, élections anticipées. Que peut-elle offrir à Ortega ? Un sauf conduit, une assurance sur ses biens. Un certain nombre de ses anciens amis sandinistes répètent que c’est la seule chose qui l’intéresse. Difficile de croire qu’Ortega partirait comme un vulgaire Babydoc ou comme le dernier des Somozas. Il voudra rester dans un poste de pouvoir et de contrôle, sur place, et garder au moins quelques rênes en main. Comme Maduro, il est prêt à tenir jusqu’au sacrifice de son dernier paramilitaire. Toute sa vie a été consacrée à la lutte pour le pouvoir, à la conservation du pouvoir. Imaginer Ortega à la retraite semble difficile. A moins que les prières de l’Eglise, jointes à celle des pasteurs ne convainquent l’armée de le lâcher.

     

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