Brexit quelles conséquences pour les Français de l’Etranger

Brexit quelles conséquences pour les Français de l’Etranger

mars 14, 2019 0 Par Fabien Ferasson de Quental

Ignorant les menaces de désastre économique brandies par les institutions internationales, les Britanniques ont décidé de quitter l’Union européenne, ouvrant ainsi une ère d’incertitude sans précédent. Le pays devrait bientôt être rattrapé par les conséquences concrètes de son choix.

UNE TEMPÊTE FINANCIÈRE

Dans l’immédiat, c’est une mini-tempête financière qui devrait souffler. Voir la cinquième puissance économique mondiale quitter le navire européen aura en effet un impact planétaire. Les Bourses de Hong Kong et Tokyo ont plongé, celle de Londres a ouvert en baisse de 7% et celle de Paris et Franckfort de 10%. Signe qui ne trompe pas, les marchés se sont précipités sur la valeur refuge par excellence, l’or. Le cours de l’once s’est envolé à l’heure des résultats du référendum à son niveau le plus fort depuis deux ans. Et ce n’est probablement que le début. Il va donc être difficile pour les français du Royaume-uni de pouvoir organiser leur futur retour ou leur retraite en zone euro.

DES ANNÉES DE NÉGOCIATIONS AVEC SES PARTENAIRES COMMERCIAUX

Le retrait de l’UE ne va pas se faire en quelques jours. Il devrait s’effectuer sur plusieurs années. Le Royaume-Uni perdra par définition le bénéfice des accords commerciaux passés par l’UE et ses partenaires à travers le monde. Or, entre les conditions de sortie de l’UE, la négociation de nouveaux accords avec elle et les conclusions de traités commerciaux avec les pays extérieurs à l’UE, le gouvernement britannique a prévenu qu’une bonne dizaine d’années pourraient être nécessaires pour mener à bien les diverses négociations ouvertes par un Brexit. Bref, le changement est acté, mais il sera long. Cela va entrainer une chute du pouvoir d’achat pour tous les résidents britanniques. (français inclus)

UN RELÈVEMENT DES BARRIÈRES DOUANIÈRES

Avec le Brexit s’ouvre en réalité une longue période d’incertitude, avec des conséquences pour les entreprises britanniques, le commerce et l’attraction des investissements. Les barrières commerciales pourraient être relevées pendant cette période de transition, avec 5,6 milliards de livres (7,2 milliards d’euros) par an de droits de douane supplémentaires à payer pour les exportateurs britanniques, d’après l’OMC. Pas sûr que les secteurs manufacturiers comme l’aéronautique, avec Airbus et BMW entre autres, apprécient ces nouvelles barrières tarifaires. Elles pourraient faire leurs bagages. Une fois de plus la vie pour les Français installés dans le Royaume-Uni verront leur pouvoir d’achat amputé.

Un pays moins attirants pour les investisseurs

De nombreuses entreprises utilisent le Royaume-Uni comme porte d’entrée vers l’Europe. Or certaines d’entre elles ont prévenu qu’elles relocaliseraient leur siège européen en cas de Brexit. Et cela n’a pas trainé. La banque américaine JPMorgan, qui emploie 16.000 personnes au Royaume-Uni, a prévenu vendredi qu’elle pourrait déplacer 1.000 à 4.000 emplois hors du pays à la suite de la victoire du Brexit au référendum. D’autres banques pourraient suivre. D’une manière générale, il y a fort à parier sur un repli des investissement chinois et américains. Les emplois seront donc moins accessibles pour tous les résidants.

Une récession en perspective

Entre les échanges commerciaux en berne et l’emploi en perte de vitesse, la croissance britannique risque de se réduire. Le FMI envisage deux scénarios possibles : un «scénario limité» et un scénario «défavorable». Dans le premier cas, la croissance du PIB de l’économie britannique ralentirait à 1,7% cette année, puis à 1,4% en 2017 (au lieu de 1,9% et 2,2% actuellement prévus). Dans le second cas, le Royaume-Uni tomberait carrément en récession en 2017 à – 0,8% avant de se redresser à + 0,6% en 2018. Bonus dans ce second cas, l’inflation grimperait à 4% en 2017 (au lieu de 1,9% prévu).

Un chômage en hausse

La panne de croissance que devrait enregistrer le Royaume-Uni aura évidemment des conséquences sur l’emploi. Dans son «scénario limité», le FMI, anticipe un taux de chômage à 5,3% en 2017, contre 5% aujourd’hui et à 6,5% d’ici deux ans. Selon le cabinet Pwc, le Brexit coûterait environ 129 milliards d’euros de perte d’activité, ce qui se traduirait par 950 000 emplois en moins d’ici à 2020, et une hausse du chômage comprise entre 2 et 3%. Le secteur financier serait parmi les plus touchés. Si les banques de la City de Londres perdent le droit de vendre sans entrave leurs services financiers depuis le Royaume-Uni vers les pays de l’UE, la cure d’amaigrissement pourrait concerner une centaine de milliers d’emplois d’après la société de lobbying TheCityUK.

La prospérité anglaise qui a conduit nombre de nos concitoyens risquent de les ramener sur le chemin du retour.. Volontairement ou involontairement !

Résider au Royaume-Uni sera plus difficile.

Nous savons grâce aux chiffres de l’ambassade Française de Londres qu’il y a plus de 300 000 Français qui vivent au Royaume-Uni, et qu’il y a en tout presque 4 millions d’expatriés Européens. Qu’est-ce que le Brexit va changer dans leur vie ?

Au niveau du travail, les “expats” pourront continuer de travailler et de vivre au Royaume-Uni tant qu’ils pourront justifier de 5 ans de résidence au Royaume-Uni. Avec les mêmes droits que les citoyens britanniques (droit de séjourner au Royaume-Uni, d’y chercher un emploi, d’y travailler sans permis de travail, et d’y jouir d’une égalité d’accès aux soins de santé, aux pensions de retraite et autres prestations sociales).

C’est le “Settled status”, un nouveau statut créé spécialement pour l’occasion. Si jamais ils ne peuvent pas encore justifier leurs 5 ans de vie sur place,  ils bénéficieront d’un délai pour obtenir leurs statuts de résidents permanents.

Mais le Royaume-Uni et la France n’ont pas encore de solutions pour tous ces Français qui se rendent régulièrement en Angleterre pour le travail mais qui résident quand même en France. Pour les entreprises, rien ne devrait trop changer au niveau des droits grâce à la loi “the European Union Withdrawal Act » votée par le Parlement Britannique en Juin dernier qui a fait s’intégrer la plupart des lois législatives européennes dans le droit anglais.

L’avenir est donc bien trouble pour ceux qui ont fait le pari britannique ou qui en rêvent encore..

Fabien Ferasson de Quental

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