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  • Repli des demandes d’asile en Europe

    Repli des demandes d’asile en Europe

    Après avoir connu une forte augmentation dans les années 2014/2017, le nombre de demandeurs d’asile poursuit son repli au sein des États membres de l’Union européenne. Près de 333 400 demandeurs d’asile ont été enregistrés en 2018, un chiffre en baisse de près de 40 % par rapport à 2017 (533 000). En plus de ce nombre, les États membres de l’Union ont accueilli plus de 24 800 réfugiés réinstallés.

    Les principaux bénéficiaires d’une protection ont été les citoyens de Syrie (96 100 personnes, soit 29 % du nombre total de personnes ayant obtenu un tel statut dans les États membres de l’Union), suivis par les citoyens d’Afghanistan (53 500, soit 16 %) et ceux d’Irak (24 600, soit 7 %).

    L’Allemagne, premier pays d’accueil.

    L’Allemagne reste de loin le premier pays d’accueil pour les demandeurs d’asile (40 % du total, soit 139 600). Ce pays est suivi de l’Italie (47 900) et de la France (41 400). Parmi l’ensemble des personnes ayant obtenu une protection en 2018 dans l’UE, 163 800 se sont vu octroyer le statut de réfugié (49 % de toutes les décisions positives), 100 300 une protection subsidiaire (30 %) et 69 300 une autorisation de séjour pour des raisons humanitaires (21 %).

    Le taux d’acceptation de la demande varie en fonction des nationalités. Parmi les vingt premières nationalités des demandeurs d’asile sur lesquelles ont été prises des décisions en première instance en 2018, les taux de reconnaissance était 5 % pour les citoyens de la Géorgie à 88 % pour les Syriens et 83 % pour les Erythréens.

    Près de 20 000 mineurs ont déposé une demande d’asile en 2018.

    En 2018, 19 700 demandeurs d’asile sollicitant une protection internationale dans les États membres de l’Union européenne étaient considérés comme étant des mineurs non accompagnés. Ce chiffre est en baisse de 33 % par rapport à celui de 2017 (31 400). Il revient ainsi à un niveau inférieur à celui enregistré en 2014 (23 100). Entre 2008 et 2013,l e nombre de demandes était relativement constant, autour 12 000 par an. En 2018, au niveau de l’Union, les mineurs non accompagnés représentaient 10% de l’ensemble des demandeurs d’asile âgés de moins de 18 ans en 2018. En 2018, ces mineurs non accompagnés étaient majoritairement des garçons (86%). Trois-quarts étaient âgés de 16 à 17 ans (soit 14 800 personnes), tandis que ceux âgés de 14 à 15ans représentaient 17% des mineurs non accompagnés (3 400 personnes) et ceux de moins de 14 ans, 7% (1 400 personnes). Plus de la moitié des demandeurs d’asile considérés comme mineurs non accompagnés dans l’UE en 2018 étaient citoyens d’un des 6 pays suivants : Afghanistan (16 %), Érythrée (10 %), Pakistan et Syrie (7 %chacun) ainsi que Guinée et Irak (6 % chacun). 21 % des mineurs non accompagnés ont effectué leur demande en Allemagne et 20% en Italie. Les Afghans constituaient la principale nationalité des demandeurs d’asile considérés comme mineurs non accompagnés.

  • Bénin : les deux touristes français enlevés ont été libérés

    Bénin : les deux touristes français enlevés ont été libérés

    Le président de la République se félicite de la libération de quatre otages au Sahel, dont nos deux compatriotes, M. Patrick Picque et M. Laurent Lassimouillas


    Les deux touristes français disparus depuis le 1er mai alors qu’ils étaient en vacances dans le parc de la Pendjari, au Bénin, ont été libérés. C’est ce qu’annonce l’Elysée dans un communiqué vendredi 10 mai. « Le président de la République se félicite de la libération de quatre otages au Sahel, dont nos deux compatriotes, M. Patrick Picque et M. Laurent Lassimouillas », peut-on lire. Une citoyenne américaine et une ressortissante sud-coréenne ont également été libérées. « Cette libération a pu être obtenue grâce à une opération militaire, conduite par les forces françaises dans la nuit de jeudi à vendredi, au nord du Burkina Faso », précise le communiqué.

    Au cours de cette intervention, « deux militaires ont trouvé la mort au combat, le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello, tous deux officiers mariniers au sein du commandement des opérations spéciales ».

  • Le chômage au plus bas en Europe depuis 2008

    Le chômage au plus bas en Europe depuis 2008

    Dans la zone euro (ZE19), le taux de chômage corrigé des variations saisonnières s’est établi à 7,7 % en mars quand il s’élevait à 8,5 % un an auparavant. Il s’agit du plus faible taux enregistré dans la zone euro depuis septembre 2008. Au sein de l’Union Européenne, le taux de chômage s’est établi à 6,4 % en mars, en baisse par rapport au taux de 7,0 % de mars 2018.

    1.9% en Tchéquie

    Il s’agit du plus faible taux enregistré dans (répétition) l’Union depuis le début de la série mensuelle sur le chômage en janvier 2000. Douze États sur les vingt-huit de l’Union européenne ont un taux de chômage inférieur à 5 %. Parmi les États membres, les taux de chômage les plus faibles en mars figurent la République tchèque (1,9 %), en Allemagne (3,2 %) et les Pays-Bas (3,3 %). Les taux de chômage les plus élevés ont quant à eux été relevés en Grèce (18,5 % en janvier 2019), en Espagne (14,0 %) et en Italie (10,2 %). Au sein des États membres de l’Union européenne, il y a un rapport de 1 à 10 entre le taux le plus faible et le plus élevé.

    Les écarts sont encore plus marqués entre les régions. Les taux les plus faibles ont été enregistrés dans les régions de Prague (1,3 %) et Sud Ouest (1,5 %) en Tchéquie ainsi qu’en Moyenne-Franconie (1,8 %). À l’autre extrémité de l’échelle, les taux de chômage les plus élevés ont été relevés à Mayotte (35,1 %) à Ceuta (29,0 %), une ville autonome espagnole et dans la région de Macédoine occidentale (27,0 %) en Grèce.

    L’outre mer en crise

    Parmi les dix régions ayant le plus fort taux de chômage, quatre sont espagnoles, trois sont françaises et trois sont grecques. Avec des taux supérieurs à 20 %, les régions d’outre-mer françaises sont confrontées à un problème structurel de chômage de masse qui, à plus ou moins court terme, pourrait déboucher sur une crise sociale de grande ampleur. Ces régions dépendent massivement des prestations sociales, ce qui conduit la population à demander leur revalorisation, rendant le retour sur le marché du travail de plus en plus difficile. La situation est d’autant plus préoccupante que le taux de chômage des jeunes atteint des niveaux extrêmement élevés. Ainsi, à Mayotte le taux de chômage des moins de 25 ans est de 61 %, celui de la Guadeloupe est supérieur à 55 % quand la moyenne européenne est de 15,2 %.

    Les plus faibles taux de chômage des jeunes ont été relevés notamment dans la région Haute-Bavière (4,0 %) en Allemagne et Sud- Ouest(4,1 %) en Tchéquie ainsi que dans les deux régions allemandes Stuttgart et Weser-Ems(4,3% chacune). Hormis les deux régions françaises précédemment citées, le chômage des jeunes des moins de 25 ans est le plus élevé dans les régions de Melilla (66,1 %) et de Ceuta (62,4 %) en Espagne. Autre sujet d’inquiétude dans les régions d’outre mer française, le chômage de longue durée est la règle. Près de 82 % des demandeurs d’emploi le sont depuis plus d’un an à Mayotte. C’est également le cas pour 71 % des chômeurs guadeloupéens.

    En moyenne, dans les régions européennes, le chômage de longue durée concerne 43 % des demandeurs d’emploi. Les plus faibles proportions de chômage de longue durée ont été enregistrées dans la région de Gloucestershire, Wiltshire et Région de Bristol/Bath au Royaume-Uni (12,1 %), dans la macro-région méridionale Silésie en Pologne et dans la région suédoise Norrland supérieur (12,5 % chacune). L’acuité de la question du développement économique des régions d’outre-mer françaises qui rassemblent plus de 2,1 millions d’habitants ne pourra que s’accroître dans les prochaines années. Pour le moment leur appartenance à l’Union européenne et l’harmonisation des prestations avec la métropole garantissent une égalité relative de traitement mais n’a pas permis l’émergence d’une croissance équilibrée et pérenne nécessaires à un rattrapage économique.

  • Europe, l’Etat du Droit

    Europe, l’Etat du Droit

    L’Etat n’a pas été créé pour protéger les citoyens mais pour les contraindre. C’est ce que l’on entend par « monopole de la violence légitime ». Par une perversion de ce besoin de légitimité, l’Etat en est venu, aussi, à défendre les citoyens. D’où ce que l’on appelle « état de droit ». Ce raccourci permet de mieux comprendre l’actualité récente : La justice espagnole a permis à Carles Puigdemont, le leader indépendantiste catalan, de se présenter aux élections européennes du 26 mai prochain. Après l’avoir contraint à l’exil et emprisonné d’autres élus indépendantistes. Elle craignait un recours devant la justice européenne. Elle a bien fait.

    Emprisonner des élus parce qu’ils ont organisé un référendum illégal est une mauvaise politique, qui s’est traduite par un renforcement de l’indépendantisme catalan aux dernières élections. Reconnaitre un droit européen qui garantit les droits des citoyens, est un atout considérable de l’Europe et des citoyens face aux Etats. Cela ne veut pas dire que l’Europe est favorable à l’indépendance de la Catalogne, elle a plutôt prouvé le contraire, tout simplement parce qu’elle reste une création des Etats. Mais elle renforce l’état de droit dans chaque Etat, c’est-à-dire la soumission de l’Etat au droit, et notamment des droits des citoyens. Cela n’est pas toujours simple. Ni en Espagne, ni en Hongrie, ni en Pologne, ni en Bulgarie, ni en Roumanie … ni en France. Le Conseil constitutionnel a heureusement censuré dernièrement une disposition de la loi anti casseurs qui aurait permis aux préfets d’interdire de manifestation certaines personnes. On connait cela en Azerbaïdjan et en Russie. L’Etat est assez fort, s’il est bien dirigé, pour éviter les débordements. Ce n’est pas la loi qui est faible, c’est la pratique, et le commandement.

    De ces turbulences, de ces contestations qui ici et là prenne le tour de revendications indépendantistes, en Espagne, mais aussi en Italie ou en Ecosse, de ces demandes d’Etat forts en Hongrie ou en Pologne, de ces Jacqueries, en France, peut-on conclure à la crise de la démocratie ou à celle de l’Etat ? Evidemment. Mais connait-on des périodes pendant lesquelles les démocraties ne furent pas en crise ? Et connait-on des périodes où les Etats ne furent pas contestés? L’Histoire récente de l’Europe, avec ses soixante millions de morts sur le dernier siècle, suffirait à s’en convaincre, sans avoir besoin d’y ajouter les guerres civiles de Chine, des Indes, de Russie, d’Afrique, etc.

    Toute vie politique n’est que gestion de crise. Celles que nous vivons sont d’autant plus passionnantes qu’elles promettent non de sanglantes victoires mais de nouveaux horizons : l’Europe est le continent où la primauté du droit peut l’emporter sur les abus de pouvoir, où la démocratie, toujours imparfaite, peut amortir et régler les conflits, où les intérêts nationaux peuvent être surmontés par des solidarités obligés.

    L’Espagne, le Portugal, la Grèce, l’Irlande revivent. Douloureux, mais pas si mal. La crise de la démocratie en Europe, la crise de l’Etat nation, la crise de l’Europe, c’est angoissant, inquiétant, mais à y bien regarder, c’est aussi une chance. Les Etats n’ont plus le droit de faire n’importe quoi, ni de la monnaie, ni de la police, ni du droit. Enfin, presque.

    On rétorquera que cela n’empêche pas les fonctionnaires de Bruxelles de faire n’importe quoi. C’est parfois vrai. C’est oublier qu’ils ont sous surveillance des … Etats. En fait, on n’évite jamais les erreurs et les outrecuidances du pouvoir, national et européen, que par les interstices provoqués par les contre pouvoirs.

    L’Europe n’est pas que la mise en commun de politiques communes, elle n’est pas qu’un grand marché, elle est une harmonisation des droits, une zone d’élaboration progressive de l’état de droit. C’est pourquoi les accords de libre échange, les réglementations sur internet, les droits d’auteurs, les normes techniques sont aussi importantes. Face aux autres grands ensembles, Etats-Unis, Chine, Russie (si c’est encore un grand ensemble), Inde  (si elle le devient), la fabrique du droit est un atout plutôt qu’une faiblesse. L’Europe ne sera pas un super Etat. Personne n’en veut. Ni super impôt, ni super armée, ni super budget. Mais elle peut être cette zone de droit stable et cohérent qui permet justice et stabilité. L’Etat du droit, en somme. Si l’Europe devenait la source du droit mondial, faudrait-il s’en plaindre ?

     

  • Merkel au Conseil, Barnier à la Commission

    Merkel au Conseil, Barnier à la Commission

    Il y a les élections européennes, il y a  l’après élection.  Le Parlement, certes, changera. On sait déjà que personne n’y aura la majorité. Que les « Eurosceptiques » enregistreront un progrès, sans contester la majorité d’ « Euroconstructifs. »  Parmi ces derniers, le Parti Populaire Européen sera prééminent. Ce qui signifie, avec des alliances, notamment avec les Ecologistes, les libéraux et les sociaux-démocrates, que la prochaine Commission devrait correspondre à un compromis entre ces différentes forces. Et un compromis entre les Etats.

    Signes : Michel Barnier s’est récemment prononcé pour la liste « Les Républicains », tout en expliquant qu’il fait sans aucun doute partie de la minorité de cette famille qui entendait rassembler, à sa création, toutes les familles de la droite et du centre.  Les Républicains, c’est le PPE.  Personne ne sera Président de la Commission sans le PPE. Mais le PPE, c’est aussi l’Allemagne. Et Angela Merkel. Qui, elle, a fait une déclaration pour refuser toute alliance avec les « populistes », c’est-à-dire la Ligue italienne,  le FN français, et quelques autres. Ce qui signifie que Merkel compte toujours sur l’alliance, qui a cours en Allemagne, entre sociaux démocrates et conservateurs. Compte tenu de l’affaiblissement de la gauche dans toute l’Europe, celle-ci ne pourra pas prétendre à des postes d’importance. Restent les Libéraux et les écologistes, qui négocieront au prix fort leurs soutiens, sans prétendre non plus aux premiers rôles, à moins qu’une fleur ne leur soit faite au Parlement, ce qui serait étonnant. Mais tout est possible.

    Résultat : Les relations d’Angela Merkel avec les pays d’Europe centrale et du Nord, ainsi qu’avec la France, lui permettent d’envisager avec tranquillité la succession de Donald Tusk à la Présidence du Conseil Européen. Personne ne pourrait s’opposer à elle.  En quelque sorte, si elle le décide, ce sera elle. Ce qui renforcera les chances de Michel Barnier comme Président de la Commission. Le candidat du PPE, est en effet l’allemand Manfred Weber. Impossible d’avoir deux Allemands. D’autant que l’idée selon laquelle ce sont les partis qui désignent le candidat à la Présidence de la Commission n’a jamais été avalisée par les Etats. Il faudra donc un candidat issu du PPE, équilibrant une présidence allemande du Conseil, accepté par tous les Etats, et notamment la France. Or la France a déjà dit oui à Barnier. Ce que les lecteurs de « lesfransais.press »savent depuis longtemps.

     

  • La Fête de l’Europe – Kezako ? – VIDEO

    La Fête de l’Europe – Kezako ? – VIDEO

    a Journée de l’Europe célèbre la paix et l’unité en Europe.

    Le 9 mai 1950, sur proposition de Jean Monnet, Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères français, fait une déclaration historique dans le salon de l’Horloge du Quai d’Orsay : il appelle à la mise en commun sous une autorité internationale des productions française et allemande de charbon et d’acier.

    La Journée de l’Europe est célébrée chaque année le 9 mai dans tous les pays européens pour rendre hommage à ce moment fondateur que fut le 9 mai 1950. C’est au Conseil européen de Milan, en juin 1985, que les Etats membres se sont mis d’accord sur cette date symbolique.

     

    Robert Schuman, 9 mai 1950

    “L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait”.

    Pourquoi une telle coopération ?

    Les pays européens peinent à effacer les ravages de la Deuxième Guerre mondiale, qui avait pris fin cinq ans plus tôt. Résolus à empêcher un autre conflit aussi dévastateur, les gouvernements allaient pourtant faire le pari audacieux qu’avec la mise en commun de certains intérêts économiques, toute guerre entre la France et
    l’Allemagne, historiquement rivales, deviendrait, selon Robert Schuman, “non seulement impensable, mais matériellement impossible”.

    La réunion des intérêts économiques contribuera à relever les niveaux de vie et sera un premier pas vers une Europe plus unie, pense-t-on alors. La CECA est ensuite ouverte à d’autres pays membres.

    La déclaration affirme: “L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble: elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait.”

    Et après ?

    Six pays répondent à cet appel et créent, par le traité de Paris du 18 avril 1951, la Communauté économique du charbon et de l’acier (CECA) : l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Au cours du même Conseil européen, les pays de l’Union européenne se dotent d’autres symboles de leur unité : un drapeau à douze étoiles et un hymne européen.

    Qui célèbre la Journée de l’Europe ?

    Pour célébrer la Journée de l’Europe, les institutions de l’Union européenne ouvrent leurs portes au public début mai à Bruxelles et Strasbourg. Les bureaux locaux de l’Union en Europe et dans le monde organisent un éventail d’activités et de manifestations pour tous les âges.

    Chaque année, des milliers de personnes participent à des visites, des débats, des concerts et d’autres événements lors de cette journée destinée à mieux faire connaître l’Union européenne.

  • Croissance en berne pour l’Europe

    Croissance en berne pour l’Europe

    La Commission a une nouvelle fois abaissé ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2019 et 2020, dans un contexte d’incertitudes sur le commerce mondial et l’éventualité d’un Brexit sans accord.

    Les mauvais indicateurs se multiplient sur le Vieux continent. Alors que les économies allemande et italienne ont connu une année 2018 douloureuse, la Commission européenne dans ses prévisions de printemps, a révisé ses chiffres à la baisse pour le produit intérieur brut (PIB) européen. En zone euro, les économistes de l’institution basée à Bruxelles annoncent une croissance de 1,3% en 2019 et 1,6% en 2020 contre 1,9% et 1,7% à l’automne dernier. Tous les pays de l’union monétaire vont connaître un ralentissement hormis la Grèce entre 2018 et 2019. L’exécutif européen table désormais sur une hausse du PIB de 1,2% en 2019, et 1,5% en 2020, pour l’ensemble des 19 pays ayant adopté la monnaie unique, après 1,9% en 2018.

    Du côté de l’Union européenne (UE), les projections ont également été revues à la baisse. Pour 2019 et 2020, les experts de la Commission prévoient 1,5% et 1,7% contre 1,9% et 1,8% précédemment. Alors que les chefs d’État doivent se réunir à Sibiu en Roumanie le 9 mai prochain pour évoquer l’avenir de l’UE, ces prévisions décevantes pourraient encore fragiliser ce continent, ébranlé par la montée des populismes à la veille des élections européennes.

    Pour ses dernières semaines de mandat avant le renouvellement des états-majors au sein des institutions européennes, le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a déclaré : « Ce ralentissement devrait être plus prononcé qu’on ne le prévoyait l’automne dernier, en particulier dans la zone euro, en raison d’incertitudes entourant le commerce mondial et de facteurs nationaux dans les grandes économies de l’UE. Les fondamentaux économiques de l’Europe restent solides et nous continuons de recevoir de bonnes nouvelles, en particulier sur le front de l’emploi. La croissance devrait progressivement rebondir au second semestre de cette année et en 2020. »

    L’économie allemande tourne au ralenti

    Cette révision à la baisse repose en grande partie sur l’essoufflement de l’économie allemande. Dans le détail, le PIB de la première puissance européenne pourrait passer de 1,5% à 1,1% entre 2018 et 2019 contre 1,7% et 1,8% lors des prévisions d’automne. Les difficultés de l’industrie allemande rencontrées en 2018 semblent se poursuivre. Les exportations allemandes de véhicules ont particulièrement souffert des normes antipollution et des tensions sur la scène du commerce international. Le modèle de l’économie allemande fortement exposée aux aléas du commerce mondial pourrait encore caler cette année si les discussions entre les États-Unis et la Chine s’enveniment une nouvelle fois.

    Les prévisions pour l’économie italienne ont également été révisées à la baisse. Pour 2018 et 2019, l’organisation européenne table désormais sur 1% et 0,2% contre 1,1% et 1,2% à l’automne dernier. L’économie italienne est entrée en récession en fin d’année 2018 et devrait encore connaître de sérieuses difficultés cette année malgré la politique de soutien budgétaire mise en oeuvre par le gouvernement populiste. Le déficit public italien devrait quant à lui atteindre 2,5% du PIB en 2019, puis 3,5% en 2020, selon la Commission, tandis que l’Italie a annoncé un déficit de 2,4%, réduit à 2,1% en 2020. En conséquence, selon Bruxelles, la dette publique italienne devrait atteindre des niveaux record : 133,7% en 2019, puis 135,2% du PIB, contre 132,2% l’an passé.

    Pour le Royaume-Uni, les révisions sont légèrement orientées à la hausse malgré toutes les incertitudes liées au Brexit. La Commission européenne anticipe 1,4% en 2018 et 1,3% en 2019 contre 1,3% et 1,2% précédemment. L’organisation internationale précise tout de même que « c’est une hypothèse purement technique d’un maintien du statu quo dans les relations commerciales entre l’Union post-Brexit et le Royaume-Uni. Il s’agit là d’une hypothèse servant uniquement à l’élaboration des prévisions et sans influence aucune sur le processus en cours dans le cadre de l’article 50 ».

    Des prévisions en baisse pour l’économie française

    Si la France devrait mieux s’en sortir que l’Allemagne et l’Italie cette année, la Commission européenne a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour le PIB tricolore. La croissance devrait passer de 1,5% en 2018 à 1,3% en 2019 contre 1,7% et 1,6% à l’automne dernier.

    « La demande intérieure devrait monter en puissance et contribuer à la croissance du PIB en 2019 et 2020 », explique la Commission dans une note spécifique à la France. « La consommation des ménages devrait accélérer progressivement au-delà de 2019 grâce à l’augmentation des salaires nominaux qui devraient booster le revenu disponible et au ralentissement de l’inflation ».

    Les mesures socio-fiscales annoncées par le gouvernement le 10 décembre dernier devraient « soutenir le pouvoir d’achat des foyers les plus modestes qui ont une forte propension à consommer ». Au niveau du chômage, le taux au sens du bureau international du travail (BIT) devrait passer de 9,1% en 2018 à 8,8% en 2019 et 8,5% en 2020

     

     

  • Barnier n’est pas candidat.. dans l’immédiat (?)

    Barnier n’est pas candidat.. dans l’immédiat (?)

    Michel Barnier, le négociateur en chef Brexit de l’UE, un temps pressenti comme candidat à la présidence de la Commission, a assuré soutenir pleinement Manfred Weber, Spitzenkandidat du PPE à la présidence de la Commission européenne. Même s’il n’est « pas dans la campagne », il voudrait « être utile » au prochain exécutif européen.

    Le Français était à Zagreb le 8 mai pour rencontrer participé à un dialogue avec les citoyens sur l’avenir de l’Europe avec le Premier ministre, Andrei Plenković.

    Son nom a circulé en tant que successeur potentiel de Jean-Claude Juncker dans les cercles bruxellois, surtout après sa ligne européenne stricte dans les négociations Brexit. En outre, les socialistes et les libéraux se sont ouvertement opposés à la candidature de Manfred Weber. Or, l’appui des deux groupes sera nécessaire pour obtenir une majorité au prochain Parlement européen.

    Quelques jours plus tôt, à Munich, Michel Barnier avait déclaré se concentrer avant tout sur le Brexit, avant de lister sur les quatre piliers qui, selon lui, sont cruciaux pour l’avenir de l’UE : un nouvel accord « vert » ; la migration ; l’économie, notamment face aux bouleversements technologiques ; ainsi que la défense et la sécurité. « Si nous agissons seuls, nous sommes hors-jeu […] nous deviendrons définitivement spectateurs de notre avenir, de notre propre destin. Et je ne suis pas engagé en politique pour être un spectateur. Nous devons être acteurs. »

  • 100 millions de vues pour la vidéo de l’UE pour les élections « Choose your future »

    100 millions de vues pour la vidéo de l’UE pour les élections « Choose your future »

    Son titre, « Choisissez votre futur », est classique. C’est bien tout l’enjeu des élections européennes, que de voter pour les eurodéputés qui feront les lois de demain.
    Le traitement est en revanche original : il jette un regard cru et émotionnel sur la naissance.

    La première partie montre le travail et l’accouchements, réels, d’une quinzaine de femmes qui ont accouché de petits Européens, nés début 2019, en février et mars, dans quatre pays : Grèce, République tchèque, Danemark et Hongrie.
    Des visions de douleur plutôt angoissantes, suivies d’images crues des accouchements et des réactions des uns et des autres.

    «Un film pur et honnête»

    « L’Europe a beaucoup de détracteurs. Alors c’était important pour moi de faire un film très pur, honnête : ce sont des vrais gens, pas des acteurs, les bébés ont moins de un jour, voire moins de cinq minutes. Pareil pour la souffrance avant l’accouchement : on a été honnêtes par rapport au sujet de la naissance, qui est un moment de douleur, de doute, de questionnement » explique Frederic Planchon, réalisateur du film de trois minutes

    La seconde partie évoque au contraire la joie et l’accueil des nouveaux nés par les familles, symbole du vivre ensemble et de l’accueil de la communauté. L’idée véhiculée par le film est d’inciter les électeurs à intervenir dans les choix qui guideront le futur des nouveau-nés.

    Voter pour un avenir meilleur

    « Je crois que c’est un sujet qui n’a jamais été traité : pourquoi est-ce qu’on vote ? Et bien pour l’avenir ! On est dans un moment de doute, d’angoisses, ce qui explique que certains se tournent vers les extrêmes. Mais je crois que l’avenir peut être meilleur que le présent : c’est ça le message du film », assure Frédéric Planchon, qui se dit impressionné par l’agressivité des anti-européens.

    La video sera diffusée dans des cinémas et des spots TV jusqu’aux élections européennes du 26 mai, un peu partout en Europe

     

  • Sibiu: la course aux postes clés démarre

    Sibiu: la course aux postes clés démarre

    Les dirigeants des pays de l’UE se retrouvent à Sibiu sans le Royaume-Uni, pour plancher sur leur « agenda stratégique » des cinq prochaines années, et ouvrir le bal des prétendants aux grands postes européens.

    « Il y a une volonté collective de ne pas parler du Brexit »

    À une quinzaine de jours des élections européennes, les chefs d’État et de gouvernement auront à cœur d’afficher une image d’unité des États membres. Et d’éviter de parler du départ britannique, qui a accaparé bon nombre de leurs derniers sommets.

    « Il y a une volonté collective de ne pas parler du Brexit », dont la date butoir a été repoussée au 31 octobre, et de             «reprendre en main l’agenda européen », a expliqué la présidence française.

    La date choisie du 9 mai correspond à l’anniversaire de la déclaration prononcée par le Français Robert Schuman en 1950, où il proposa la création d’une Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), l’ancêtre de l’UE.

    Dans la petite ville montagneuse roumaine, les 27 devraient se contenter plus modestement jeudi d’approuver « dix engagements » dans une courte déclaration, qualifiés de « dix commandements » par un diplomate européen ironique.

    Ces grands principes devraient inclure la promesse de défendre une Europe unie, « de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud », dont les membres seront toujours « solidaires entre eux en cas de besoin ».

    Succession de Juncker

    Certains dirigeants mettront l’accent sur des thèmes particuliers, comme Emmanuel Macron avec l’environnement. La France, avec une coalition de sept autres pays, va ainsi plaider pour un objectif de neutralité carbone en 2050 au niveau européen.

    Ce ne sera « pas un sommet de décisions exceptionnelles », il servira de préliminaire pour préparer le « nouvel agenda stratégique de l’UE jusqu’en 2024 », qui devra être bouclé dans les prochaines semaines, a indiqué un haut responsable européen. « Mais il est assez difficile de discuter du futur agenda stratégique sans toucher à la question du renouvellement des dirigeants des institutions », a-t-il admis.

    Le sommet informel de Sibiu devrait ainsi permettre de poser les premiers jalons de la course aux présidences, qui va commencer avec celle du Parlement européen à l’issue des élections prévues du 23 au 26 mai.

    C’est surtout la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne qui occupe les esprits, et qui fait déjà l’objet de bras de fer. L’élection du nouveau chef de l’exécutif bruxellois se fera par un vote du Parlement européen, qui tient à tout prix à ce qu’il soit à nouveau choisi parmi les chefs de file désignés par les différentes familles politiques pour les européennes.

    « Spitzenkandidat »

    Cela avait été le cas en 2014 avec Jean-Claude Juncker, qui était le chef de file des conservateurs du PPE arrivés en tête des élections européennes. Mais le choix du candidat soumis au vote des eurodéputés appartient lui au Conseil européen, l’instance réunissant les dirigeants des États membres, qui refusent, Emmanuel Macron en tête, de promettre qu’ils le désigneront parmi l’un des Spitzenkandidaten en lice.

    Le président du Conseil européen Donald Tusk devrait , aussi, « informer les dirigeants sur la façon dont il compte organiser le processus de nomination des prochains dirigeants des institutions de l’UE », a expliqué une source européenne.

    « il a fallu trois sommets et trois mois pour décider »

    Outre la tête de la Commission, ces nominations concerneront aussi plus tard la présidence du Conseil européen, celle de la Banque centrale européenne (BCE) et le chef de la diplomatie européenne.

    En 2014, « il a fallu trois sommets et trois mois pour décider » des principaux postes, a rappelé un responsable européen.

    Plusieurs sources ont indiqué que le principe d’un sommet européen le 28 mai était déjà quasiment acquis pour discuter de ces présidences à la lumière des résultats des élections européennes.

    Le sommet de Sibiu devrait aussi être l’occasion de plusieurs rencontres bilatérales, comme celle prévue entre Donald Tusk et le Premier ministre national-conservateur hongrois, Viktor Orbán.

    Ce dernier, dont le parti est suspendu du PPE pour ses dérapages contre Bruxelles, a annoncé lundi qu’il retirait son soutien au candidat de sa famille politique à la tête de la Commission, l’Allemand Manfred Weber.

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