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  • 80% des pires aéroports du monde sont européens

    Huit des dix pires aéroports au monde sont dans l’UE, selon une nouvelle enquête. Dans le top dix, il n’y a par contre que trois aéroports européens.

    Des aéroports français, britanniques, maltais, néerlandais, portugais et roumain figurent dans le top dix des plus mauvais aéroports en termes de ponctualité, de services et de magasins, selon un classement tenant compte des données de vol officielles et d’une enquête réalisée auprès de 40 000 voyageurs.

    AirHelp assure être le plus grand spécialiste des droits des passagers. Selon son enquête, l’aéroport Portela, à Lisbonne, est le pire des 132 aéroports étudiés, avec la note de 5,7/10. Parmi les mauvais élèves européens, on retrouve aussi Eindhoven, aux Pays-Bas (130e place), Bucarest, en Roumanie (129e), Malta International, Malte (128e), Manchester, Royaume-Uni (127e), Orly, France (126e), Posto, Portugal (125e) et Londres Gatwick (123e).

    La ponctualité est le critère qui a le plus pesé dans la classification, puisqu’elle représentait 60 % de la note finale. Les services et la nourriture représentaient 20 % chacun. L’enquête ne s’est penchée que sur des aéroports « populaires » et pour lesquels assez de données étaient disponibles.

    Le meilleur aéroport au monde selon Airhelp est Hamad International, au Qatar, déjà tenant du titre. Dans le top dix, on ne retrouve que trois aéroports européens : Athens International, en Grèce (3e), Gdansk, en Pologne (5e) et Tenerife North (9e).

    Pour les experts de l’aviation contactés par Euractiv, étant donné l’importance donnée à la ponctualité, il n’est pas surprenant que des aéroports comme Hamad et Athènes soient si bien placés, car ils connaissent très peu de retards liés aux conditions météorologiques. Le mauvais temps expliquerait aussi l’absence totale de représentation des aéroports américains dans le top dix.

    Henrik Zillmer, PDG d’AirHelp, a déclaré que la congestion et les longues files d’attente handicapaient aussi les aéroports les plus connus, qui ont encore du mal à s’adapter à l’augmentation du nombre de passagers.

    Le nombre de kilomètres parcourus par avion dans l’UE a par exemple bondi de 60 % depuis 2005 et cette tendance à la hausse ne devrait se poursuivre qu’à l’avenir, selon un rapport sur l’impact environnemental de l’aviation publié plus tôt cette année.

    La semaine dernière, Eurostat a également révélé qu’un trajet sur six réalisés par les citoyens européens s’était effectué en avion en 2017, soit 218 millions de trajets.

    Sam Morgan

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Hommage aux soldats tombés pour libérer les otages – Video

    Retrouvez les images de la cérémonie avec le journal Le Monde

  • Bruxelles envisagerait une taxe sur le kérosène

    Si le kérosène ne bénéficiait pas d’une dérogation fiscale dans l’UE, l’empreinte carbone de l’aviation chuterait de 11 %, soit de 16,4 millions de tonnes de CO2.

    Imposer une taxe de 330 euros par millier de litres de kérosène contribuerait à la lutte contre le réchauffement climatique, réduirait la pollution sonore et permettrait de lever 27 milliards d’euros par an, selon une étude du bureau de consultant CE Delft pour la Commission européenne.

    Le document, censé être confidentiel, mais obtenu par la presse, indique que le prix des billets augmenterait d’une moyenne de 10 % par an et que l’emploi dans le secteur diminuerait de 11 %.

    Sur le total de 194 millions d’emplois dans l’UE, l’aviation en représente 3,2 millions. « Son impact sur l’emploi dans chaque État membre […] est proche de zéro », estiment les auteurs de l’étude.

    La particularité de cette étude est qu’elle tient compte des dépenses étatiques que permettrait une taxe sur le kérosène. « Toute modification de régime fiscal doit être analysée avec soin, surtout parce que le rôle l’aviation, qui est une industrie prioritaire, varie d’un pays à l’autre », soulignent ses auteurs.

    Le groupe parlementaire Verts/ALE a inclus une taxe sur le kérosène dans son manifeste de campagne et souhaite que les revenus ainsi générés reviennent aux réseaux ferroviaires, afin de renforcer les services, d’augmenter le transport de marchandises et de remettre les trains de nuit à l’ordre du jour.

    « Pour le secteur de l’aviation, toute l’Europe est une sorte de paradis fiscal », souligne l’eurodéputé Bart Staes. « L’idée selon laquelle une taxe sur le transport aérien nuirait à l’économie est clairement un mythe. »

    L’association européenne du rail CER estime que tous les types de transport doivent être tenus responsables de  la pollution qu’ils émettent. Libor Lochman, directeur exécutif de l’association, trouve que les taxes sur l’aviation devraient être utilisées pour des initiatives de mobilité durable et de santé publique ».

    L’aviation est actuellement soumise à différentes formes de taxes en Europe, de la TVA sur les vols intérieurs aux taxes d’aéroport, mais le carburant en est exempté, conformément à un accord international datant de 1944. Ailleurs dans le monde, des taxes sur le carburant existent pour les vols intérieurs. C’est notamment le cas en Arabie saoudite, au Canada, aux États-Unis et au Japon.

    L’ONG de mobilité propre Transport & Environment estime que les pays européens auraient dû imposer une taxe sur le kérosène il y a longtemps. Elle souligne par ailleurs que le texte de 1944 ne prévoit en réalité d’exemption de taxe que pour le carburant restant dans les réservoirs après un trajet.

    L’étude s’est également penchée sur le scénario inverse : l’élimination de toutes les taxes appliquée au secteur dans l’UE. Une telle mesure génèrerait une hausse de 4 % du nombre d’emplois dans le secteur et de 0,2 % du PIB.

    En parallèle, le nombre de passagers et d’émissions de gaz à effet de serre augmenteraient aussi de 4 %. Étant donné les engagements de l’UE par rapport à l’accord de Paris et à la lutte contre le changement climatique, de nouvelles exemptions de taxe semblent donc impossibles. Le transport est à ce jour le seul secteur économique où les émissions continuent d’augmenter.  Selon les données d’Eurostat, les Européens effectuent un trajet sur six en avion. Seuls 18 % de ces 218 millions de trajets sont professionnels.

    Le 30 avril, la Commission a enregistré une pétition lui demandant d’établir une taxe sur le kérosène. La collecte de signatures devrait commencer cette semaine.

    Si l’initiative citoyenne récolte un million de signatures d’au moins sept États membres dans les 12 mois à venir, l’exécutif européen devra y répondre. Les appels pour une meilleure taxation de l’aviation ont pris de l’ampleur ces derniers temps. Plus tôt dans l’année, la Belgique et les Pays-Bas se sont tous deux prononcés en faveur de la taxation, sans préciser s’ils recommandaient la taxation du carburant ou des billets.

    Les pactes bilatéraux entre États membres semblent actuellement être la mesure la plus plausible pour une réduction du trafic aérien, car la fiscalité reste un domaine dans lequel l’UE a les mains liées, bien que la Commission ait récemment proposé de modifier la manière dont les taxes environnementales sont gérées, afin d’éliminer la nécessité de l’unanimité.

    Sam Morgan

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Européennes : les Français de l’étranger sollicités

    L’élection européenne arrive dans sa dernière ligne droite et la campagne s’accélère avec des tensions qui se développent. Les Français sont invités à voter pour les 79 députés français au Parlement européen le 26 mai. De nombreux enjeux pour cette assemblée essentielle qui approuve notamment le Président de la Commission européenne. Elle joue également un rôle crucial dans le processus législatif européen qui a une grande importance dans le quotidien des Français. Nous pouvons par exemple évoquer le programme Erasmus, Frontex qui protège les frontières de l’UE où encore les interdictions de produits chimiques toxiques.

    La liste Renaissance et le RN au coude à coude

    Dans les sondages, ce sont la liste Renaissance qui soutient le Président de la République et le RN qui sont en tête avec environ 22,5% des intentions de vote. Les Républicains complètent le podium avec 15% des voix selon les sondages. La gauche, à l’inverse, est partie divisée et le PS par exemple, mené par Raphaël Glucksmann de la plateforme Place Publique, pourrait ne pas dépasser les 5% et ainsi ne pas avoir d’élus.

    Des tensions très vives entre les listes et les candidats

    Nathalie Loiseau lors de sa rencontre avec les Français de Bruxelles

    De vives tensions existent entre Les Républicains et la liste Renaissance . Un échange, non filmé, au cercle interallié entre Nathalie Loiseau (Renaissance) et François-Xavier Bellamy (LR) a montré les divergences et surtout l’hostilité entre les deux têtes de liste.

    Le Rassemblement National, par ailleurs, a récemment fait l’objet d’un reportage d’Envoyé Spécial faisant état de rencontres avec Steve Bannon. Cela a poussé certains politiques à parler d’intelligence avec une puissance étrangère et, en conséquence, à la formation de Marine Le Pen, de porter plainte pour diffamation.

    Les candidats à la rencontre des Français de l’étranger

    François-Xavier Bellamy Tête de liste Les Républicains

    François-Xavier Bellamy et Nathalie Loiseau sont récemment allés à la rencontre des Français de l’étranger. Mme Loiseau lors de déplacements notamment à Londres et Bruxelles et M. Bellamy dans un format inédit avec une vidéoconférence auprès de 12 sections Français hors de France des Républicains

    Les deux têtes de liste ont notamment mis en avant la défense des Lycées Français, même s’il ne s’agit pas d’une prérogative européenne. Pour Mme Loiseau, avec qui lesfrançais.press ont échangé, une solution pour la question du financement passerait par exemple par un partenariat avec des fondations et associations privées sur le modèle des Lycées français aux Etats-Unis. M. Bellamy a quant à lui proposé la création d’un rectorat pour les Lycées à l’étranger.

    Un scrutin qui enthousiasme peu et particulièrement chez les Français de l’étranger

    Les élections européennes mobilisent historiquement peu. Seules 42,5% des personnes inscrites se sont mobilisées lors du scrutin de 2014. La participation des Français de l’étranger est encore infiniment plus faible, et ce particulièrement pour les Français résidant hors de l’Union européenne. Ces élections sont pourtant cruciales pour nos compatriotes hors de France. Pour ceux de Bruxelles et Luxembourg qui vivent l’Europe au quotidien, pour ceux du Royaume-Uni angoissés par le Brexit, pour ceux du monde entier qui sont concernés par les accords de libre-échange.

    La question du libre échange importante pour la France Insoumise et les Républicains

    Sophie Rauszer, candidate Française de l’étranger pour La France Insoumise

    Le libre-échange régulièrement dénoncé par les candidats de la France Insoumise. Sophie Rauszer, candidate de l’étranger pour les insoumis, a évoqué lors d’un échange avec lesfrancais.press, l’incongruité selon elle de l’accord en cours de négociation avec la Nouvelle-Zélande. Très important producteur de lait, la Nouvelle-Zélande pourrait déverser en Europe sa production, mettant en péril l’agriculture européenne et française et posant la question de la cohérence d’importer de l’autre bout du monde un produit disponible localement. Les insoumis qui continuent leur campagne et se réuniront pour un grand meeting à Lille le 24 mai, mettent par ailleurs deux réalisations au Parlement en avant, l’interdiction progressive du glyphosate et la fin de la pêche électrique.

    François Xavier Bellamy estime lui que les accords de libre-échange ne sont bénéfiques que quand il y a une véritable réciprocité. Il pointe ses inquiétudes concernant notamment les rapports avec la Chine et les Etats-Unis.

    Peu de candidats Français de l’étranger sur les listes

    Nous pouvons noter la faible présence de candidats Français établis hors de France sur les listes. Un candidat sur la liste Renaissance à la 40ème place, l’avocat Pierre Marc par exemple. Notons également Sophie Rauszer et Sergio Coronado pour la France Insoumise. Par ailleurs, la présence de Mélanie Vogel pour EELV, Cécilia Gondard pour la liste Place Publique / PS ou encore Laurence Saillet pour les Républicains qui a été candidate aux législatives pour la circonscription de la Péninsule Ibérique.

    Les Français de l’étranger, « ambassadeurs de la France »

    « les témoins de l’ouverture française sur le monde, et les porteurs de l’excellence française dans le monde »

    Un point de consensus entre les différents interlocuteurs avec qui nous avons échangé, le fait de considérer les Français de l’étranger comme les ambassadeurs de la France. Hervé Juvin, 5ème sur la liste RN, nous a fait part de ses sentiments, considérant les Français de l’étranger comme « les témoins de l’ouverture française sur le monde, et les porteurs de l’excellence française dans le monde ».

    Tous s’accordent à mettre en avant le besoin de défendre les intérêts des Français de l’étranger. Il reste à savoir si cela permettra de mobiliser pour ce scrutin tendu.

  • Hommage national aux Invalides pour nos héros

    La France va rendre mardi matin un hommage national, lors d’une cérémonie dans la cour des Invalides en présence du président de la République, aux deux commandos de Marine tués en libérant des otages au Burkina Faso.

    Les cercueils de Cédric de Pierrepont, 33 ans et Alain Bertoncello, 28 ans, recouverts du drapeau tricolore, vont d’abord à 10H00 (08h00 GMT) traverser la Seine sur le pont Alexandre III, où « tous ceux qui veulent saluer une dernière fois les militaires pourront venir se recueillir », a indiqué lundi le ministère des Armées.

    Cette tradition d’hommage citoyen aux soldats tombés au combat, sur le plus beau pont de la capitale française, est relativement récente: elle remonte à 2011, à l’initiative d’associations d’anciens combattants et du gouverneur militaire de Paris.

    Les cercueils et les portraits des deux militaires seront ensuite disposés côte à côte dans la cour d’honneur des Invalides, où le président Emmanuel Macron fera une brève allocution, suivie de la sonnerie aux morts et de la Marseillaise.

    « L’hommage national, c’est essentiel, c’est ce qui accompagne notre travail de deuil et surtout le travail de deuil des familles », a souligné sur la chaîne BFMTV le colonel Patrik Steiger, porte-parole du chef d’état-major des armées.

    Une cérémonie d’honneurs militaires, réservée aux familles et aux proches des deux membres des Forces spéciales, a déjà eu lieu lundi après-midi aux Invalides, au cours de laquelle le chef d’état-major de la Marine, l’amiral Christophe Prazuck, a présenté ses condoléances aux familles et a décoré les soldats, à titre posthume, de la médaille militaire et de la Croix de la valeur militaire.

    Ils recevront aussi, des mains du président français, le titre de Chevaliers de la Légion d’Honneur. Leurs cercueils seront ensuite portés par leurs camarades des Forces spéciales, clôturant une cérémonie d’environ 45 minutes.

    Les obsèques d’Alain Bertoncello auront lieu samedi chez lui en Haute-Savoie (Centre-est) « dans l’intimité familiale ». Ceux qui le souhaitent pourront se recueillir devant sa dépouille, à la maison funéraire de la ville d’Annecy.

    Les obsèques de Cédric de Pierrepont auront lieu mercredi après-midi en l’église de Larmor-Plage (Morbihan-Ouest).

     « Il a fait son job »

    Les compagnes des deux hommes ont confié à la presse la profondeur de leur engagement et de leur détermination.

    Pour Florence Charton, compagne de Cédric de Pierrepont, « il est mort pour ce qu’il aimait faire, ce dont pour quoi il était fier. Il a fait son job. C’est ce qu’il m’aurait dit », a-t-elle dit à TF1.

    Léa Latourte, militaire de 26 ans basée à Bordeaux, compagne d’Alain Bertoncello, a déclaré à RTL qu’il « était conscient des dangers encourus et il les affrontait avec réalisme. Si c’était à refaire, il le referait ».

    Le père d’Alain, Jean-Luc Bertoncello, a également rappelé l’engagement de son fils, qui l’avait conduit jusqu’au prestigieux commando Hubert, élite de l’élite au sein de la Marine.

    « Ils ont fait ce qu’ils avaient à faire, pour lui ça s’est mal terminé mais pour, les autres, ils ont réussi la mission » a-t-il dit.

    Aucune de ces deux familles n’est entrée dans la polémique autour du risque pris par les deux touristes – Patrick Picque et Laurent Lassimouillas – enlevés alors qu’ils se trouvaient dans une zone déconseillée par le ministère français des Affaires étrangères, dans le nord du Bénin.

    « On n’entre pas du tout dans cette polémique. Ce qui compte c’est l’ordre qui est donné de les libérer », a de son côté ajouté le colonel Steiger.

    Le commando Hubert, auquel appartenaient les deux soldats, a lancé une cagnotte en ligne intitulée « Cédric et Alain, nos frères d’armes », qui avait recueilli près de 70.000 euros lundi après-midi.

    Une autre, à l’initiative d’amis de Cédric de Pierrepont et destinée à sa mère, dans le Morbihan, a été lancée en mémoire de « ce héros qui a fait le sacrifice ultime » et a recueilli plus de 21.000 euros.

  • La bataille des émissions de CO2

    Depuis 1750, notre développement repose en grande partie sur les énergies fossiles, charbon puis pétrole. Il y a une corrélation entre la croissance et la consommation énergétique. Cette dernière rend possible la réalisation de gains de productivité tant dans l’agriculture que dans l’industrie.

    Le problème des énergies dites fossiles est que leur combustion provoque l’émission de dioxyde de carbone (CO2). Ce gaz à effet de serre s’accumule dans l’atmosphère et a un cycle de vie assez long. La concentration de CO2 est restée stable pendant près de 10 000 ans avant de connaître une augmentation dès le début de la révolution industrielle. Elle est ainsi passée de 280 parts par million (ppm) au début du XIXe siècle à 410 ppm en 2018. L’augmentation qui était de 0,5 ppm durant l’entre-deux guerres atteint désormais 2 ppm par an. Avant la révolution industrielle, la photosynthèse et les océans arrivaient à absorber le CO2 émis. Depuis, le déséquilibre ne cesse de s’accroître avec des effets cumulatifs. La température de la planète a augmenté d’un degré depuis 1750. Elle pourrait s’accroître de deux à cinq degrés d’ici la fin du siècle.

    Pour limiter l’augmentation à deux degrés, la concentration de CO2 ne devrait pas dépasser 450/480 ppm contre 410 aujourd’hui. Au rythme de progression actuelle, le seuil sera atteint d’ici le milieu du siècle.

    Accords de Paris irréalistes

    Dans les années 1970 voire 1990, certains comptaient avec la pénurie de pétrole pour amener une transition énergétique. Or, il apparaît de plus en plus clairement que la planète regorge de pétrole pour de nombreuses décennies. La décision de décarbonerla production énergétique devra donc être une décision collective. Elle ne nous sera pas imposée par l’absence d’énergie fossile.

    L’Accord de Paris prévoit de stabiliser les émissions des gaz à effet de serre puis de les diminuer afin de pouvoir cantonner la hausse de la température à deux degrés. Même si aucun engagement formel n’a été pris, l’objectif retenu à Paris était de baisser les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 40% à 70% d’ici à 2050 (par rapport au niveau de 2010).

    Quatre ans après son adoption, nul ne croit ce schéma réalisable. Le retrait des États-Unis, redevenus le premier pays producteur de pétrole, symbolise la difficulté pour la communauté internationale d’organiser une mutation économique de grande ampleur. De 1973 à 2012, la consommation mondiale d’énergie primaire a doublé. D’ici 2050, compte tenu de l’harmonisation des comportements de consommation, un nouveau doublement est attendu.

    L’Europe bon élève

    Si les émissions de CO2 ont atteint en 2018 un niveau sans précédent dans le monde, elles ont diminué en Europe. Selon Eurostat, les émissions de CO2 provenant de la combustion de combustibles fossiles ont diminué de 2,6% dans l’Union européenne en 2018 par rapport à l’année précédente. Les baisses les plus élevées ont été relevées au Portugal (-9,0%), en Bulgarie (-8,1%) et en Irlande (-6,8%). Les émissions actuelles sont plus de 20% au-dessous des niveaux de 1990. Cette baisse est imputable au recours croissant aux énergies renouvelables dans la production d’électricité en Europe, le charbon et le gaz étant en déclin. Du fait de la désindustrialisation, les transports sont la première source d’émission.

    La France, un premier de la classe…

    La France est responsable de 10% des émissions de CO2 de l’Union européenne, à égalité avec l’Italie et la Pologne, proche du Royaume-Uni (11,4%). Le premier pays émetteur est, de loin, l’Allemagne (22,5%) en raison de la force de son industrie et d’une production d’électricité en partie réalisée grâce au charbon. Selon l’indice de la performance environnementale de l’université américaine de Yale, la France arrive en deuxième position sur 180 États derrière la Suisse. Elle devance le Royaume-Uni (6e), l’Allemagne (13e), l’Italie (16e), le Japon (20e) et les États-Unis (27e). La Chine est 120e et l’Inde 177e.

    La France émet un peu moins d’un demi-milliard de tonnes de CO2 chaque année, soit le centième des émissions mondiales. La quantité qu’elle a émise a baissé d’un tiers depuis quarante ans, davantage que pour l’Union européenne (un quart), tandis qu’elle augmentait de 10% aux États-Unis et de 600% en Chine (chiffres du Global Carbon Project, 1979 à 2017).

    La France a respecté sa première cible du protocole de Kyoto, concernant la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2008-2012. Selon les calculs de la Banque mondiale, elle émet 114 grammes de CO2 par dollar de PIB (chiffres 2014, à taux de change assurant la parité de pouvoir d’achat). Elle n’est devancée au sein de l’OCDE que par la Suède (96 grammes). Le Royaume-Uni est à 160 grammes, l’Allemagne à 189, les États-Unis à 301.

    … grâce au nucléaire

    La France figure parmi les bons élèves de l’Union européenne en raison du choix opéré dans les années 1970 de privilégier le nucléaire pour la production d’énergie électrique. Plus de 72% de son électricité est d’origine nucléaire. Si la France ne disposait pas de centrales nucléaires, les émissions seraient supérieures de plus de 33%. Le bon bilan carbone s’explique également par le recul important de l’industrie qui ne représente plus que 11% de la valeur ajoutée contre 23% en Allemagne. En prenant en compte non pas la production mais la consommation, l’empreinte carbone de la France est moins flamboyante. Les émissions de gaz à effet de serre en équivalent CO2 passent de 7 tonnes par habitant à 12 tonnes.

    Surmonter le catastrophisme

    Face aux risques environnementaux, la tendance en France ou en Europe est au catastrophisme. Des experts et des représentants politiques en appellent à la décroissance, à la fin du transport aérien, etc. Ces thèses sont reprises autant par les déclinistes que par les anticapitalistes. L’économie libérale est accusée d’avoir engendré un système mortifère pour la planète et pour l’Homme. La recherche du profit aurait abouti à la non pris en compte des externalités du système productif. Comme le prouve la déforestation de l’Île de Pâques, les êtres humains n’ont pas attendu le capitalisme pour avoir des comportements irrationnels en ce qui concerne l’environnement. Ce qui n’excuse rien mais, rapporté à l’histoire, doit conduire à relativiser certaines affirmations. Dans le discours actuel, un élément clef de l’économie contemporaine est négligé : le progrès. Ce dernier a mauvaise presse car il est accusé tout à la fois de générer de la pollution, des maladies, de réduire la biodiversité, etc.

    Pour autant, c’est ce progrès qui a permis de tripler ou presque l’espérance de vie, d’améliorer nos conditions de vie, de supprimer les famines et de réduire l’impact de nombreuses maladies.

    La transition énergétique ne pourra se réaliser qu’à la condition de ne pas anéantir la croissance et de tirer parti du progrès technique.

    Pourquoi les énergies carbonées sont-elles bonnes pour l’économie mondiale? Pourquoi le pétrole est aujourd’hui incontournable? Il est relativement facile à produire, à transporter et son pouvoir énergétique est élevé. Le charbon est un d’un usage moins facile et son efficience est moindre mais il est moins cher et est présent en grande quantité sur toute la planète. Ces raisons expliquent pourquoi il est la première matière énergétique utilisée pour produire de l’électricité.

    Par ailleurs, si aujourd’hui, les énergies dites renouvelables ont le vent en poupe, leur coût tant économique qu’environnemental laisse parfois à désirer. Si la substitution d’énergies dites propres à celles qualifiées de carbonées est positive sur le papier, il peut en être, en effet, autrement dans les faits. Ainsi, l’International Ressource Panel (groupe d’experts mis en place par l’ONU en 2007 afin de surveiller et d’étudier les ressources planétaires) a mesuré les besoins en acier et en métaux rares nécessaires pour la production d’un kilowatt heure d’électricité.

    L’avantage du gaz naturel

    Selon cette étude, la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables consomme de deux à six fois plus de matières que celle réalisée de manière conventionnelle. L’éolien et le solaire concentré sont les moins rentables. L’énergie la moins consommatrice de matière est le gaz naturel. L’exploitation des énergies renouvelables nécessite le recours à du cuivre, de l’argent, de l’aluminium, du zinc, du platine, du neodymium, de l’indium dont l’extraction ou la production exige de grandes quantités d’énergie. Par ailleurs, au rythme actuel de consommation, les stocks de métaux rares pourraient être épuisés pour un certain nombre d’entre eux d’ici le milieu du siècle. Ainsi, les réserves d’indium, minerai utilisé dans les panneaux photovoltaïques, auront disparu en 2040. Il est possible de favoriser le recyclage de ces minerais mais pour le moment l’industrie éprouve quelques difficultés à trouver les solutions techniques. Les batteries utilisées par les voitures électriques sont actuellement difficiles à retraiter.

    Rendement énergétique

    Le retour sur investissement en énergie est le ratio de la quantité d’énergie extraite ou produite sur l’énergie nécessaire pour l’obtenir. Doit être intégrée l’éventuelle déperdition au moment de la production, du transport ou de l’utilisation. Le pétrole et le gaz bénéficient de retour sur investissement élevé. Pour le pétrole, ce ratio a longtemps été de 15 pour 1. Le coût d’exploitation des nouveaux gisements étant en hausse, il est tombé à 10 pour 1. Le retour sur investissement du gaz naturel est de 20 mais il tend également à diminuer. Cette énergie est pénalisée par le coût des transports.

    L’énergie nucléaire a longtemps été jugée très efficiente mais son rendement tend à décroître avec la multiplication des normes de sécurité. Les énergies renouvelables ont, de leur côté, des ratios variables. La plus performante reste de loin l’hydraulique sous réserve de la taille de l’équipement et de la régularité de l’alimentation. Le ratio peut atteindre 30. L’éolien ou le solaire ont des ratios faibles se situant entre 1 à 5. Leur pouvoir énergétique reste faible. Les équipements à réaliser nécessitent en amont une forte consommation en énergie et en matières premières. Elles souffrent par ailleurs de problèmes de stockage.

    Transfert de pollution vers les pays émergents

    En l’état actuel des techniques, le recours croissant aux énergies renouvelables n’aboutit qu’à déplacer la pollution. Les pays avancés transfèrent sur les pays émergents une partie des émissions de CO2 dont ils étaient à l’origine. Sans un réel saut technologique, le mix énergétique restera dominé par des combustibles fossiles dans les prochaines années. Sans le développement de l’énergie nucléaire, une réelle réduction des émissions de gaz à effet de serre est pour le moment hypothétique, sauf à revoir de fond en comble le paradigme de croissance économique. Selon le spécialiste du climat, Jean-Marc Jancovici, en l’absence d’énergies fossiles, notre production serait le centième de ce qu’elle est aujourd’hui.

    L’éternel débat sur la tarification du carbone

    Les taxes « carbone » ont été, en France, à l’origine du mouvement des « gilets jaunes ». Aux États-Unis, Donald Trump a également fait campagne en 2016 en mettant en avant son refus de l’Accord de Paris et des taxes sur l’énergie. Pour autant, l’instauration d’une taxe sur les activités polluantes et donc sur les émissions de CO2 est le seul moyen pour réduire les externalités négatives. Les coûts de ces nuisances ne sont pas intégrés au prix de vente. Il n’y a donc pas de mécanisme de sanction du marché. En instituant une taxe qui compense le prix des nuisances, les consommateurs sont amenés soit à renoncer à leurs achats, soit à participer financièrement à la remise en état de l’environnement ou aux dépenses de santé.

    Que ce soit en France ou dans une grande majorité de pays, si les citoyens veulent que les pouvoirs publics agissent en faveur de l’environnement, les consommateurs ne veulent pas en supporter le prix.

    Selon l’étude de l’organisation indépendante « Chemical Information Service », cité par le quotidien « les Echos » du 10 mai 2019, le prix du carbone n’aurait joué aucun rôle dans la baisse des émissions de CO2 en Europe. La réduction des permis de polluer dans les prochaines années devrait contribuer à une hausse du prix de la tonne de carbone. Il pourrait atteindre 40 euros en 2023. Malgré tout, pour certains experts, en-dessous de 50 euros, l’impact est insuffisant.

    L’ajout d’un prix du carbone émis vise essentiellement à changer les comportements et à faire payer les externalités négatives. Il peut évidemment servir à financer les dépenses de recherche et permettre la transformation du parc de centrales électriques.

    La lutte contre le réchauffement climatique devrait donner lieu, à l’échelle internationale, à l’engagement de vastes programmes de recherche rassemblant les pays émergents et les pays occidentaux. Ces programmes devraient se concentrer sur quelques axes précis : la fusion nucléaire, le solaire, le stockage de l’énergie électrique, l’hydrogène et le stockage du CO2.

  • Les partis français veulent tous une taxe carbone – à la frontière de l’UE

    Barrière écologique ou taxe carbone aux frontières, la fiscalité écologique est défendue par la plupart des partis français aux élections européennes. Un nouveau protectionnisme vert plus ou moins assumé.

    Déjà défendue par Sarkozy puis Hollande, la taxe carbone aux frontières est une idée bien française, qui a fini par convaincre tout le monde.

    Outil de lutte contre la pollution et le réchauffement climatique, levier d’exportation des bonnes pratiques environnementale, ou encore protectionnisme, chacun y trouve son compte.

    Le président Macron a récemment été le seul chef d’Etat à s’opposer à l’ouverture de négocations commerciales avec les Etats-Unis qui ne veulent pas rester dans l’Accord de Paris, et l’idée de lier environnement et commerce international est désormais acquise en France.

    « Face à l’Amérique de Trump et le Brésil de Bolsonaro, nous n’avons pas le choix, il faut imposer des conditions environnementales » assure un candidat LREM.

    Le protectionnisme vert à la sauce française a encore du pain sur la planche pour convaincre les partenaires européens. En Allemagne la CDU/CSU ont affiché leur opposition à une taxe carbone nationale, préférant défendre la réforme du marché européen du carbone. La Suède reste aussi viscéralement attachée au libre-échange, et même ses élus Verts refusent d’introduire des contraintes au marché tout puissant.

    Le Rassemblement national propose dans son programme de « favoriser le localisme en détaxant les circuits courts et en surtaxant les importations mondialisées anti-écologiques ». Si le mot  de taxe carbone européenne n’est pas prononcé, le concept s’en approche.

    En rapprochant la protection de l’environnement de celle des frontières, le RN a trouvé un angle d’attaque qui lui permet de verdir son programme européen sans sortir de son discours nationaliste.

    Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a lui aussi intégré l’idée d’une taxe carbone aux frontières dans son programme, sous la forme de droits de douane « anti-pollution ». Pour le candidat de Debout la France, l’objectif est de « protéger notre environnement, nos emplois et notre mode de vie des importations déloyales ». Tout à droite de l’échiquier, seul François Asselineau, s’oppose à une taxation européenne, affirmant que la sortie de l’UE doit précéder toute initiative en la matière. Et rappelant que l’unanimité requise au niveau européen bloque les initiatives en la matière, à l’image de la taxe sur les géants du numérique.

    Taxe européenne

    A l’autre bout de l’échiquier politique, le protectionnisme vert a aussi le vent en poupe. La France Insoumise, voit dans la taxe carbone européenne un outil pour mettre en œuvre un « protectionnisme solidaire », en favorisant « les productions écologiques et de proximité ». Aucune dérogation n’est envisagée par la liste menée par Manon Aubry.

    Chez les Verts, la mise en place d’un « protectionnisme vert » devrait reposer sur l’instauration d’ « une taxe socio-environnementale aux frontières, qui permettra de tenir compte du vrai coût des produits ». Les écologistes vont plus loin dans leurs propositions en prévoyant des « sanctions contraignantes » contre ceux qui tenteraient de se soustraire à la transition écologique.

    Benoît Hamon et son parti Génération-s prévoient un mécanisme assez proche du reste de la gauche, mais en introduisant une idée de progressivité « indexée sur le niveau de développement de chaque pays et de ses émissions». Enfin, la liste commune Place publique et Parti socialiste  estime que cette taxe devrait permettre de « financer les politiques de transition et d’aide au développement ».

    Si le concept de protectionnisme vert fait recette auprès de beaucoup de partis, il demeure répulsif pour d’autres, à l’image des Républicains, qui se sont positionnés pendant toute la dernière mandature européenne en faveur de la très libérale politique commerciale européenne, en votant en faveur des accords de libre-échange.

    Pour Les Républicains, le soutien à la taxe carbone européenne n’est pas directement associée à l’idée d’un protectionnisme européen ; mais c’est bien la même idée qui se dessine derrière la  proposition 31 de la liste emmenée par François Xavier-Bellamy.

    Le parti qui affiche environ 15% des intentions de vote dans les derniers sondages propose d’instaurer une «barrière écologique», grâce à la mise en œuvre de droits de douane anti-pollution sur les produits importés de pays qui ne respectent pas nos normes environnementales ou sociales ». Les recettes issues de cette taxe carbone au frontières qui n’en porte par le nom seraient affectée à au budget européen dédié à la recherche et l’innovation.

    Cécile Barbière

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  • Beyrouth : fortes perturbations au Lycée franco-libanais de Verdun avec le renvoi de 49 élèves

    La tension demeure au sein du Lycée franco-libanais de Verdun à Beyrouth. 49 familles de parents ont reçu, de la part du proviseur Krop, un courrier les informant que leurs enfants « ne serons pas réinscrits dans l’établissement pour l’année 2019-2020 ». Une véritable sanction qui fait suite à un conflit qui s’éternise entre ces familles et le Lycée.

    « la porte n’est pas fermée « 

    Le journal libanais de langue française L’Orient – Le Jour indique que selon ses sources, il ne s’agit pas d’une décision irrévocable et « la porte n’est pas fermée ». L’intégration des élèves pour l’année 2019-2020 serait en revanche soumise à plusieurs conditions. Notamment, selon le journal, « signer le budget scolaire et le règlement intérieur de l’établissement », mais aussi de « retirer les recours en justice ». En cause, le conflit qui perdure entre certains parents d’élèves et la direction.

    Une institution intransigeante, un conflit portant sur les coûts

    Les parents d’élèves contestent une augmentation des frais de scolarité qui fut décidée par le Lycée. La raison de cette augmentation, l’application d’une loi libanaise entrainant une hausse des salaires. Cette hausse étant compensé par cette hausse des frais. Cette augmentation a été contesté en référé, pas moins de 7 recours pour certains parents. Cela a entrainé son gel, et une réaction en chaine avec le gel de l’augmentation des salaires et une grève du personnel.

    Le Lycée, dans un communiqué, a indiqué regretter que certaines familles n’aient « manifestement plus confiance dans l’établissement ». Il s’agit d’une crise qui a, précédemment, touchée également les autres établissements de la Mission laïque française au Liban. L’application de cette loi qui engendre une hausse des coûts a en effet engendré une crise dès aout 2017. Les tensions sont cependant retombées dans les autres établissements de la mission, avec des accords pour assumer l’augmentation des coûts sur une période étendue.

    Une communauté française importante, une présence éducative de premier plan

    La France et le Liban ont une proximité culturelle et même affective de longue date. L’importante communauté libanaise en France et la diaspora française et franco-libanaise au Liban sont un élément essentiel de cette relation particulière. La France a toujours été attentive à la question libanaise, notamment lors de l’assassinat du Premier Ministre Rafic Hariri ou les tensions entre son fils, également Premier Ministre, et l’Arabie Saoudite quelques années plus tard.

    Outre les 5 établissements de la Mission Laïque, l’enseignement francophone compte également la très prestigieuse Université Saint-Joseph, université catholique trilingue qui compte parmi les meilleures du Moyen-Orient. L’influence passant par l’enseignement, il est à souhaiter que cette situation de tensions trouve un terme rapidement.

  • La Chine tente de rassurer l’UE sur ses projets d’infrastructure

    La Chine tente de rassurer l’UE sur ses projets d’infrastructure

    « La coopération sur la nouvelle route de la soie entre dans une nouvelle phase », a promis l’ambassadeur chinois auprès de l’UE, qui regrette les réticences européennes face à ce grand projet d’infrastructure.

    « L’idée est de construire un partenariat mondial sur la connectivité », grâce aux « synergies » entre l’initiative de nouvelle route de la soie, « Belt and road », et d’autres projets d’infrastructure, a indiqué Zhang Ming, l’ambassadeur de la Chine auprès de l’UE, lors d’un sommet d’affaires à Bruxelles.

    Dans une intervention censée apaiser les craintes européennes face aux ambitions titanesques de l’initiative, l’ambassadeur a promis un projet plus ouvert, plus vert et plus exigeant. Pékin souhaite en effet que l’UE lui emboîte le pas. « Nous nous féliciterions de voir davantage de pays européens s’impliquer dans la coopération de l’IBR, individuellement ou en tant que bloc », a-t-il souligné.

    Certains États membres, dont la Hongrie, la Pologne, la Bulgarie, la Grèce, le Portugal et l’Italie se sont déjà joints à l’aventure. L’Union a cependant refusé de s’engager dans le projet, lancé il y a cinq ans.

    « Nous avons des désaccords, mais l’UE et la Chine font face à des défis communs et à de grandes opportunités », a plaidé Zhang Ming, reprenant les mots de Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission, qui a représenté l’UE lors du dernier sommet sur la nouvelle route de la soie.

    Le Chinois a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération sur la connectivité, malgré les réticences de certains États. « La question n’est pas ‘oui ou non’, mais ‘comment’. Il est temps de faire avancer les choses. »

    Anti-protectionnisme

    Sans faire de référence explicite aux États-Unis, les représentants chinois ont clairement orienté l’initiative vers un soutien au multilatéralisme et  la lutte contre le protectionnisme.

    « Alors que nous sommes aux prises avec les difficultés de l’unilatéralisme et du protectionnisme, l’IBR fournit un bel espace d’échange », estime Zhai Dongsheng, qui dirige le centre de promotion du projet.

    « Avec leur engagement partagé pour le multilatéralisme, l’UE et la Chine doivent renforcer leur coopération sur la gouvernance mondiale. La Chine et l’UE doivent rejeter ensemble l’unilatéralisme et le protectionnisme pour préserver l’OMC », a renchéri Zhang Ming. L’ambassadeur souhaite plus de coopération dans les domaines de la science et de l’innovation, de l’économie circulaire, du commerce en ligne et des normes et règles.

    « L’UE est une pionnière de la régulation, et la Chine a beaucoup de choses utiles à apprendre de ses amis européens », assure-t-il. « Il est dans notre intérêt à tous d’agir ensemble. »

    Scepticisme européen

    BusinessEurope, la principale association d’entreprises européenne, est sceptique quant aux promesses de transparence et de réglementation chinoises. « Nous voulons le voir pour le croire », indique Luisa Santos, directrice des relations internationales de l’organisation.

    La Chine n’est plus une puissance émergente, mais un vrai leader économique. Or, cette position doit s’accompagner de responsabilités, insiste-t-elle. « Nous ne comprenons pas encore l’objectif [de l’initiative] Favoriser le commerce ? Les régions en développement ? Du point de vue de l’UE, ce n’est pas clair. »

    Quelques entreprises européennes ont bien décidé de s’engager dans des projets liés à l’IRB, mais il n’y a pas d’approche commune des entreprises. Pour Luisa Santos, les autorités chinoises devront mettre en place plus de transparence et d’ouverture avant de les convaincre.

    « Nous ne voulons pas que le projet ne bénéficie qu’à un petit nombre, mais au plus grand nombre possible, et pas seulement aux Européens », a-t-elle déclaré, exprimant des préoccupations particulières concernant l’accès aux marchés publics chinois. « Il est essentiel que nous comprenions les conditions des marchés publics, que les règles s’appliquent de la même manière à tous […] Nous assistons à un rééquilibrage des relations [entre l’UE et la Chine], mais nous avons encore besoin de quelques corrections. »

    Beatriz Rios

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  • L’économie libérale défié par les oligopoles

    L’économie libérale défié par les oligopoles

    L’économie dite libérale s’est construite autour du principe de la libre concurrence. La croissance serait la conséquence d’une émulation permanente entre les agents économiques. La fermeture des marchés, les situations de monopole aboutissent à la constitution de rente qui ne permettent pas une bonne allocation des ressources, ni une diffusion optimale des gains de productivité et moins encore une croissance pérenne. L’absence de concurrence réduit l’intérêt à investir, à innover et à prendre des risques. Les monopoles ont tendance à vouloir préserver les revenus de leurs actionnaires à travers la distribution de dividendes ou à travers des rachats d’actions. Les libéraux estiment que des bénéfices excessifs sont la preuve d’un dysfonctionnement, d’un marché insuffisamment concurrentiel.

    Le bénéfice, selon la théorie libérale, doit tendre vers zéro. Il ne peut être que temporaire.

    Depuis la première révolution industrielle à compter de 1750, le combat contre les tentations monopolistiques est permanent. La première loi Antitrust date de 1890 aux États-Unis (Loi Sherman du nom d’un sénateur américain). Elle fut complétée par le Clayton Act et le Federal Trade Commission Act en 1914. L’application des lois antitrust abouti à l’éclatement de la Standard Oil de John Rockefeller en 30 sociétés. En 1974, ATT, l’opérateur de télécommunications, est contraint de se scinder en sept sociétés. D’autres secteurs ont été visés par des procédures antitrust comme ceux du sucre, de la sidérurgie, des cartes de paiement bancaire.

    Au sein de l’Union européenne, le droit de la concurrence relève de la Commission qui est accusée d’être soit trop rigoureuse (refus de la fusion Siemens Alstom) ou trop laxiste (à l’encontre par exemple des GAFA).

    Avec la mondialisation et la digitalisation, l’économie mondiale connaît un processus de concentration de plus en plus important. Les indices mesurant la concentration des marchés ont augmenté de plus de 20 points en vingt-cinq ans. Les situations de monopole sont fortes pour la production d’acier, d’aluminium ou d’avions. Quelques entreprises réalisent plus de 70 % de la production mondiale. Cette concentration est également marquée dans le secteur informatique. Les GAFA sont en position dominante sauf en Chine où des entreprises nationales captent les parts de marché de manière tout aussi monopolistique. La mondialisation a favorisé l’émergence de grands groupes ou a conforté ceux qui étaient déjà de taille internationale. Une production éclatée à l’échelle de la planète suppose une implantation internationale et une forte maîtrise des flux. Les barrières à l’entrée sont importantes. Il est très difficile pour une entreprise naissante ou de taille réduite de s’imposer à l’échelle internationale.

    Certes, les start-ups devenues les GAFA prouvent l’inverse. Leur modèle repose sur le principe que le premier prend l’ensemble du marché. Leur succès s’explique par la conquête rapide de parts de marché et par l’élimination des concurrents. Amazon en étant en situation de proposer un très grand nombre de références sur l’ensemble de la planète met en difficulté les distributeurs nationaux. Cette entreprise a perdu durant des années de l’argent sur la vente des produits mais en gagnait en louant ses capacités informatiques.

    Les entreprises en situation de monopole ou d’oligopole, qu’elles soient technologiques ou non, ont tendance à privilégier la hausse de leurs marges bénéficiaires et à réduire leurs investissements. Ainsi, aux États-Unis, le taux d’investissement des entreprises est plus faible en 2018 qu’il ne l’était avant l’an 2000. Les gains de productivité ont été en un quart de siècle divisés par deux. La réglementation de plus en plus lourde rend plus complexe l’immixtion de concurrents. En outre, les entreprises ont tendance à adopter des codes de bonne conduite. Elles évitent de débaucher le personnel de leurs concurrents tant pour éviter une inflation des salaires que par crainte de mesures de rétorsion. Même si les autorités tentent de démasquer les ententes commerciales, ces dernières sont de plus en plus nombreuses. Elles peuvent être explicites ou implicites. Considérant que les gains de productivité sont faibles et que le marché ne s’accroît que faiblement, les entreprises privilégient le maintien de leur chiffre d’affaires et ne s’engagent sur le terrain de la conquête qu’avec prudence.

    Après l’échec des procédures contre IBM dans les années 1970 et Microsoft dans les années 1990, les autorités semblent être démunies vis-à-vis des monopoles ou des oligopoles. Leur force économique et leur lobbying sont tels que les pouvoirs publics sont bien souvent amenés à les défendre sur la scène internationale. Ainsi, si Amazon suscite de lourdes critiques en mettant en difficulté des enseignes de la grande distribution, les collectivités publiques se battent pour accueillir sur leur territoire ses centres logistiques générateurs de centaines d’emplois. La compétition accrue avec les pays émergents conduit à un degré d’acceptabilité plus élevé en matière de concentration. La Chine, du fait de son poids démographique et de son capitalisme nationaliste, incite les États occidentaux à favoriser le développement de champions internationaux ayant à prendre des positions dominantes sur leurs marchés. Il en est ainsi dans les transports, l’agroalimentaire, l’énergie, les entreprises minières, la sidérurgie, l’informatique. Même le luxe n’échappe pas à la règle avec la constitution de très grands groupes (comme LVMH et Kering) qui ont acheté de très nombreuses marques.

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